Archives de catégorie : Mobilité

Métro 3 sur pause ?

Nous apprenons par Bruzz – traduit ICI pour vous – que le ministre Quintin (MR) veut suspendre les travaux du Métro 3 pendant cinq à dix ans, jusqu’à ce le budget de la Région soit en ordre. Le « demi métro » qui devrait subsister entre Albert et la Gare du Nord – pour ne pas perdre les travaux déjà entrepris – serait lui aussi à l’arrêt. Peut-on imaginer un instant que l’avenue de Stalingrad reste ainsi éventrée pendant cinq à dix ans ?

Que resterait-il des commerces et des habitants ? Quid du Palais du Midi ? Qu’en pense la Ville de Bruxelles ? Si c’est le budget Beliris du fédéral qui est en charge du tunnel à creuser entre la Gare du Nord et Bordet ainsi que des sept stations à aménager, c’est cependant la STIB qui reste en charge de la « métroisation » du tunnel prémétro existant d’Albert à la Gare du Nord.

Vu les dépassements de budget, la STIB est en attente d’un gouvernement bruxellois pour aller plus loin et résoudre les passages mal évalués sous les voies de la Gare du Nord et sous le Palais du Midi. Peut-être devrait-elle reconsidérer l’offre alternative du Groupe Denys, à la fois moins chère et plus rapide ? Politico profite de ce désarroi pour évoquer l’effondrement de la Région de Bruxelles. Propos qui n’engagent que Politico, mais dont la classe politique bruxelloise  – aussi en pause – doit assumer la responsabilité.

Illustration by Natália Delgado for Politico

 

Produire de l’ignorance.

On peut produire de l’ignorance sans le vouloir. Le faire intentionnellement, ne devrait-il d’ailleurs pas s’appeler tout simplement un mensonge ? Au palais des Académies, on s’est intéressés cette semaine aux mécanismes de l’ignorance: de la théorie à la pratique. Le Survol de Bruxelles et le Métro 3 y ont fait l’objet d’une analyse critique.

Survol. Laurette Onkelinx à remplacé la route Chabert qui traversait Bruxelles par la route « industrielle » du canal. Melchior Wathelet a prétendu n‘appliquer que le programme de son prédécesseur et ne pas survoler de zones densément peuplées, comme le canal  dit « industriel ». Un accident, lié à une erreur humaine, a permis de limiter l’usage d’une piste impactant des populations privilégiées. Ces contre-vérités ont permis de traverser la ville de part en part, en survolant des populations souvent défavorisées, qui n’ont pas les moyens de se plaindre ni d’aller en justice.

Métro 3. Un mégaprojet dont l’utilité n’a pas été démontrée par une saturation et dont la Région a caché qu’elle n’avait pas les moyens financiers. Un projet à l’arrêt. Beliris refuse le devis du tunnel vers Bordet. Faudra se contenter d’un demi métro d’Albert à Gare du Nord ? Mais aucune étude préliminaire n’a mis en évidence l’existence d’un sol marécageux qui  bloque le passage sous le Palais du Midi et la gare du Nord. Des ingénieurs et la STIB silencieux, même au parlement. Des mécanismes d’ignorance en action.

Voilà  l’aspect de la zone qualifiée « d’industrielle » pour justifier la route aérienne du canal

Sera-t-elle électrique ?

Outre le prix d’achat, l’angoisse de l’autonomie et celle de la recharge conduisent encore une grande majorité des Bruxellois à privilégier l’achat d’une voiture à moteur thermique ou une hybride. Le rejet est bien réel, comme l’atteste le sondage du CNCD, mené en collaboration avec Le Vif: 48% des Belges interrogés se disent contre la substitution du thermique par l’électrique. Essentiellement portée par les voitures de société, l’électrification du parc de véhicules est bien plus timide chez les particuliers.

Au troisième trimestre 2024, une voiture vendue sur quatre (27%) était 100% électrique, d’après la FEBIAC. Un gain de 7,4 points de pourcentage par rapport à la fin 2023. La Flandre y est pour beaucoup, notamment grâce à une prime qui s’est terminée fin novembre 2024. Tout cela incite de nombreux constructeurs à prolonger la production de véhicules diesel et essence. Par contre, les installateurs de bornes de recharge ne relâchent par leurs efforts. 2025  devrait marquer d’importants progrès en la matière.

Si vous ne pouvez absolument pas vous passer d’une voiture individuelle et en attendant que des véhicules électriques citadins de plus petite taille et à des prix plus abordables voient le jour, voilà déjà des infos sur ce qui changera à partir de 2025 à Bruxelles et une autre enquête révélatrice, réalisée par Europ Assistance.

Voitures propres ?

Annoncé pour 2025, le durcissement de la zone de basses émissions (LEZ) a été reporté de deux ans pour des raisons sociales. Ce report a été vivement critiqué par le Conseil d’État, parce qu’il met à mal le droit constitutionnel de chacun à un environnement sain. Ce report ne fera cependant que déplacer les difficultés éprouvées par une population modeste, qui ne peut assumer l’achat d’un véhicule électrique, toujours hors de prix.

Pour les personnes qui disposent d’une voiture de société, ce passage à l’électrique se fait sans trop de difficultés. Pour les personnes aux revenus modestes, le fédéral envisage d’introduire un « leasing social ». Il devrait leur permettre  d’utiliser une voiture électrique pour seulement 100 euros par mois pendant quatre ans. Cet article en dit plus.

Reste un bon tiers de la population de classe moyenne, qui ne dispose pas d’une voiture de société et n’aura pas accès au leasing social. Tant que les constructeurs européens n’auront pas produit des voitures plus abordables, ce problème ne sera pas résolu. Soulignons encore l’insuffisance du réseau de rechargement, indispensable pour alimenter le parc automobile électrique.

Paris vote pour 500 rues piétonnes.

Les Parisiens ont majoritairement approuvé le projet de piétonnisation et de verdurisation de 500 rues de la ville, lors de la votation citoyenne organisée par la Maire de Paris. Parmi les Parisiens qui se sont déplacés pour voter, 66% se sont montrés favorables à ce projet, qui a cependant soulevé les critiques de l’opposition.

Les 56.000 votants ne représentent effectivement que 4% des électeurs, pourtant éligibles dès 16 ans. Suite à ce feu vert, la mairie de Paris va cependant amplifier ses mesures ambitieuses, visant à remettre en cause la domination de la voiture et à développer l’accès des piétons et l’augmentation des plantations. Le plan supprimera également 10 % des places de stationnement actuelles

La participation ne sera cependant pas négligée. Dès le mois d’avril, des concertations démarreront dans chaque arrondissement pour identifier les voiries éligibles – entre 5 et 8 par quartiers. Pour une mise en œuvre d’ici à trois ou quatre ans, et un coût moyen estimé à 500.000 euros par rue. Paris, ville verte et piétonne. 7/7, TF1 et CityLab en disent plus.

photo wikimedia Vert

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