Archives pour la catégorie Tourisme

Happy Monday: être un bon touriste

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Le comportement des touristes est-il pire qu’avant ? Slate s’interroge ICI: il semble loin, le temps où les touristes étaient perçus principalement comme une opportunité: celle de faire connaître son pays et de dynamiser l’économie locale. Avec le tourisme de masse, quelques destinations prisées font la guerre à certaines catégories de voyageurs et voyageuses. A côté de Rome et de Bali, Venise – sous les eaux – se rebiffe et Barcelone n’en pense pas moins.

Il y aurait beaucoup à dire sur le développement du tourisme de masse et les habitants du centre historique de Bruxelles craignent de voir leur lieu de vie transformé progressivement en un parc à thème historico-folklorique, dont ils seraient priés d’être les figurants bénévoles,  un cornet de frites à la main et un accent bruxellois à couper au couteau de rigueur. Nous en reparlerons. Pas si simple, parce qu’il s’agit de maintenir la cité habitable sans réserver l’accès à la ville à un tourisme élitiste et fortuné.

En attendant, Slate  propose ICI un inventaire, mi-figue, mi-raisin, des touristes  (un peu vite) considérés comme indésirables ou peu rentables. Vous voyez ce qu’il vous reste à faire pour être un « bon » touriste. C’est fort court et il est sans doute temps que le tourisme pour tous s’interroge et trouve différentes manières de rencontrer d’autres peuples et d’autres cultures au travers d’échanges enrichissants, pour les visiteurs comme pour les visités.

 

Vos déplacements sont analysés

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Rassurez-vous, ils sont anonymes. Ils ont néanmoins été récoltés par Proximus et ses associés depuis quelques mois, à la demande de la ville de Courtrai, grâce à la fonction de géolocalisation des téléphones portables. Il a dû en être de même pour les visiteurs des Plaisirs d’Hiver à Bruxelles ou pour tous ceux qui pointent la carte Mobib de la STIB à chaque voyage. Ces données fournissent de précieux renseignements: le nombre et l’origine des personnes se trouvant dans un lieu donné à un moment précis. Les premiers résultats de l’été dernier à Courtrai sont à présent connus et dévoilés dans un article en français de vrt NEWS.

lI a fallu un certain temps avant que la première évaluation puisse être faite, car la Commission pour la protection de la vie privée avait examiné ce projet avec suspicion. Lorsqu’il s’est avéré que les conditions de confidentialité étaient garanties – il s’agissait de données anonymes et non individuelles – une première évaluation a pu être effectuée.

Chaque année, la ville de Courtrai verse ainsi 40 000 euros à Proximus pour obtenir ces données. Elle considère que c’est de l’argent bien dépensé. « En plus du nombre de personnes, on peut également connaître leur nationalité, leur origine par province et même leur commune. Si nous combinons ces chiffres avec les données de l’utilisation de la carte Visa et/ou Bancontact, nous savons où l’argent a été dépensé et pourquoi les gens viennent dans notre ville. Ou quel événement a attiré le plus de visiteurs « , ajoute l’échevin Arne Vandendriessche (Open VLD).  Big brother approche à grands pas pour le journal Het Laatste Nieuws. Un article de Bruzz met en garde et signale que Proximus cherche (enfin) à installer un opt-out pour échapper à la traque.

Il leur manquera toujours à l’appel, les visiteurs qui n’ont ni GSM, ni carte de crédit … mais comptent-ils encore ?

 

Des forêts en ville

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La grisaille automnale ne doit pas empêcher la ville de penser aux prochains étés. Multiplier les les plans d’eau dans l’espace public et développer de nouveaux espaces verts. Des forêts urbaines bien pensées ont démontré leur capacité à dégager de la fraîcheur, à capter le CO2 et bien sûr à générer un ombre propice. Nous en comptons quelques unes en bordure de ville, comme les campus de l’ULB et de la VUB (s’ils ne lotissent pas trop) et ceux des Cliniques Saint-Luc. Il est aussi une forêt urbaine en plein centre ville, face à la cathédrale. Ces forêts urbaines demandent moins d’entretien que les parcs.

Nombre d’espaces urbains ont été minéralisés à l’extrême, dont la place de la Monnaie, la place Jourdan, la place Rogier et encore plus récemment, la place De Brouckère. La pierre et le béton accumulent la chaleur tout au long de la journée (jusqu’à 50° au centre de De Brouckère cet été) et ils la rejette la nuit, augmentant la température de la ville de plusieurs degrés. Alors qu’au boulevard Adolphe Max, de simples acacias en pot, arrivent à créer une voûte verte ombragée. Sciensano attire l’attention sur la surmortalité lors des dernières canicules et Guy Castadot met en garde contre la déforestation prévue au futur Mediapark à Schaerbeek.

La Maire de Paris va créer des forêts urbaines sur quatre place emblématiques, dont la place de l’Hôtel de Ville. A Neder-Over-Heembeek, la Ville de Bruxelles a réalisé un bel exemple participatif aux confins de la ville. Avec la méthode Miyawaki, ces forêts peuvent pousser 10 x plus rapidement, comme démontré ICI et encore LA.

Quelles places bruxelloises verriez-vous bien transformées en forêts urbaines rafraîchissantes ?

Boulevard Adolphe Max, des arbres en pot créent une véritable voûte verte

Effet placebo ?
Des forêts urbaines collées sur les cabines électriques  » rafraîchissent  » Bangkok

 

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Pour les abonné.e.s qui n’ont pu ouvrir le chapitre  » Assumer son cosmopolitisme  » d’Henri Goldman dans Demain Bruxsels, le revoilà ICI.

Identité en péril

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C’est à Dublin. CityLab relate ICI la disparition de la peinture murale d’Attenborough qui a fait grand bruit, mais qui n’est pas la seule oeuvre de street art à avoir disparu des murs. Des marchés de rue ont été supprimés, des bars et lieux culturels ont été fermés. Souvent, les constructions qui les remplacent sont conçues pour les touristes. Les habitants craignent que la vitalité et le caractère de la ville ne soient définitivement dépouillés. Ils redoutent que Dublin soit totalement abandonnée aux pressions exercées par les promoteurs et l’industrie du tourisme de masse.

Autres victimes de ce mois: le Bernard Shaw, un pub et une salle de concert, Eatyard, un marché alimentaire sur la parcelle voisine, le départ du Théâtre Tivoli, un bâtiment des années 1930, qui sera remplacé par un hôtel et la démolition programmée d’un pub traditionnel populaire dans le quartier nord de la ville.

Les problèmes actuels de Dublin semblent être les effets secondaires de la popularité et du développement de la capitale irlandaise. L’économie de la ville est en plein essor. Elle a enregistré des niveaux d’emploi record au dernier trimestre de 2018, tandis que la ville s’est fixé un objectif de 3 millions d’arrivées touristiques annuelles supplémentaires d’ici 2028. L’identité et la culture de la ville sont en péril. Le tourisme de masse risque de la mener à un point de non retour. Un avertissement pour la touristification galopante du centre historique de Bruxelles ?

photo CityLab Paul Faith/AFP/Getty

Happy Monday: la fin des échafaudages

© Youtube – Balo

Il n’a fallu que 12 heures à Balo pour enlever, une par une, toutes les tubulures qui dénaturent notre Palais de Justice depuis plus de 37 ans. Mais, inutile de courir place Poelaert pour le voir enfin sans ses échafaudages … parce que c’est sur Youtube qu’il publie son travail réalisé patiemment avec Photoshop.

Il faudra encore attendre 2040 – comme le révèle un article détaillé de la RTBF – pour que la Régie des Bâtiments du fédéral ait terminé la rénovation du plus grand bâtiment public d’Europe, travail qu’elle vient seulement d’entamer. Contrairement à ce qu’affirme Balo, ce n’est pas la Ville de Bruxelles qui est responsable de cette négligence coupable, mais bien l’Etat fédéral, qui est propriétaire du palais.

Créée en 2011 par le barreau de Bruxelles, la Fondation Poelaert s’est donné pour mission de sauver la Palais de Justice. Elle a élaboré une vision et des principes directeurs, en vue d’un masterplan pour le Campus Poelaert. Un site qui compte de nombreux bâtiments loués par l’Etat pour pallier, notamment, au manque de locaux encore accessibles dans le palais de Justice. La Fondation reste aussi vigilante face à toutes sortes de projets qui pourraient dénaturer la fonction du Palais, dont un jardin suspendu, un centre culturel ou un shopping center … Elle a publié « Justice pour le Palais » un bel ouvrage qu’on peut commander ICI.

Si les mondanités ne vous font pas peur, la Fondation Poelaert et Quartier des Arts vous convient le 30 novembre, à une soirée de gala à l’Autoworld du Cinquantenaire, en vue de récolter des fonds pour sauver le Palais de Justice.