Archives pour la catégorie Tourisme

Plantations ou évènements: le bourgmestre répond

________________________________

Nous avons dit ICI tout le bien que nous pensions de la conception du nouveau parc Fontainas, bien qu’actuellement il soit mal entretenu. Mais c’est suite aux deux billets, à propos de la minéralisation des places du centre-ville, de leur manque de fraîcheur et d’ombre, qui ont paru ICI et , que Philippe Close nous détaille son point de vue.

« Nous avons cherché à atteindre un équilibre entre les espaces dédiés à la promenade, aux rencontres et à l’événementiel. Equilibre signifie toujours compromis et par conséquent nous ne pourrons jamais satisfaire tout le monde. Néanmoins, nous avons dû composer avec les contingences de terrain, comme la dalle de métro citée et les travaux d’étanchéité.

Ceci étant, en fonction des études menées par les spécialistes, nous avons pu ménager suffisamment d’espaces verts et de plantations… sachant aussi que les espaces de verdure de la place Fontainas annoncent aussi la belle superficie du parc Fontainas. La place De Brouckère, quant à elle, comporte peu d’arbres étant donné sa vocation d’agora. L’entrée du métro a d’ailleurs été repoussée vers le boulevard Adolphe Max pour accroître encore davantage la surface disponible. Quant à l’espace fraîcheur, il s’agira effectivement du plan d’eau de la rue Auguste Orts ».

Dont acte. De Brouckère, agora pour de futurs grands événements. Mais la Bourse pourra-t-elle devenir cet espace de fraîcheur annoncé, sans les bancs et les arbres qui génèrent de l’ombre propice à la rencontre ? ou est-ce un deuxième lieu pour accueillir des événements ?

photo extraite de Brussels the place to be

Place aux arbres ou aux évènements ?

_____________________________________

Suite au billet « A la recherche de fraîcheur », un lecteur m’invite à lancer un échange ouvert à propos de l’absence d’arbres à la Bourse et à De Brouckère. Il demande d’en dire plus sur les causes de cette absence. Il fait probablement allusion à la dalle du métro, qui couvre la presque totalité de la surface du piétonnier et empêche des plantations en pleine terre. Ce problème a cependant été résolu à de nombreux endroits, par l’installation de bacs souterrains permettant l’installation d’arbres grâce à un arrosage automatique. Vous pouvez en voir l’excellent résultat sur cette photo, prise au boulevard Anspach.

Quand la Ville nous dit, qu’à De Brouckère côté UGC, elle a planté six arbres aux seuls endroits où elle disposait de pleine terre, elle a raison, elle va d’ailleurs en rajouter de ce côté. Toutefois, on a connu de vigoureux platanes en bac, côté Métropole, ne suffisait-il pas d’enterrer les bacs, comme à Anspach ? Cette photo de la RTBF révèle le contraste avec la nouvelle place minérale.

Quant à la Bourse, le même système de bacs enterrés aurait pu être adopté en de nombreux endroits. Il y avait la profondeur nécessaire comme le démontre cette photo, mais on s’est contenté d’un unique petit arbre. Mon hypothèse: rien ne pouvait faire obstacle à la tenue de Grands Evénements occasionnels sur ces deux places. Même le plan d’eau de la Bourse à été repoussé vers la rue Orts. Cette minéralisation des places du centre ville – dont font aussi partie la place de la Monnaie et la place Rogier – prive les habitants de nature, ombre et fraîcheur.
C’est mon point de vue, le débat est ouvert à vous et à la Ville, si elle désire justifier ses choix.

Qu’en est-il du piétonnier ?

La piétonisation des boulevards du centre aura fait couler beaucoup d’encre et d’oppositions. Devenue enjeu électoral majeur, après le succès de l’occupation massive de la place de la Bourse par les activistes de PicNic the Streets, cette grande zone piétonne n’aura cependant pas tardé à être adoptée par les Bruxellois et les visiteurs de la ville, particulièrement en cette période coronavirus.  Cinq ans après leur fermeture au trafic automobile, la mue des grands boulevards est enfin sur le point de s’achever. Il reste à installer le plan d’eau de la rue Orts, face à la Bourse, dont la rénovation a commencé. Et puis, il subsiste le nouveau « square »  Fontainas, qui ne verra ses plantations achevées qu’en automne et qui se verra doté d’une oeuvre d’art de grand format, à l’issue de l’appel à projet que s’apprête à lancer la Ville.

Accusé de tuer le commerce, le piétonnier aura pourtant réussi à attirer de nouveaux projets commerciaux que détaille le journal L’Echo, qui y consacre une analyse détaillée et y a joint un impressionnant reportage photo avant/après. Pour ouvrir ces articles, il suffit de s’inscrire à L’Echo, pas obligatoire de s’abonner. Si l’arrivée (encore éloignée) de Eataly devrait donner une image plus diverse et plus qualitative à l’offre commerciale. il est regrettable que la Régie foncière de la Ville ne se soit pas montrée plus sélective dans le choix des locataires pour ses nombreux espaces commerciaux sur le boulevard Anspach, en particulier entre Plattesteen et Fontainas. Un meilleur mix commercial serait en mesure d’accueillir sur le piétonnnier cette part de Bruxellois.e.s qui ne le fréquente pas encore et pourrait ainsi assurer une plus grande mixité des visiteurs.

Parmi les personnes interrogées, plusieurs regrettent que le projet ait fait part si belle à la pierre et si peu aux arbres et à l’eau. Sans doute l’obsession de la Ville pour les grands événements aura justifié ce choix malheureux en plein réchauffement climatique. Toutefois, à De Brouckère, un vingtaine d’arbres supplémentaires vont finalement être plantés, la Bourse se contentant elle d’un seul et unique exemplaire. La cohabitation entre piétons et vélos est encore loin d’être harmonieuse et rien ne semble venir règlementer l’usage de cet espace public, pas même pour y interdire d’y jouer au foot. Contrairement au petit bus électrique 33, les grands bus articulés 95et 48 de la STIB perturbent la dense circulation piétonne. Ne boudez cependant pas votre plaisir de vous y promener seul ou en famille.

La mouvance PicNic the Streets de 2012 qui a provoqué la mutation des grands boulevards centraux

 

 

La demande citoyenne de verdurisation a été entendue par Beliris, qui a annoncé récemment la plantation d’une vingtaine d’arbres vélo, commerces bus articulés Uccle

 

L’avion mis au pas par le covidus ?

________________________________________

Les Bruxellois survolés, de jour comme de nuit, vont-ils pouvoir retrouver leur santé physique et mentale grâce à un redoutable virus ?

« Moins d’avions et des prix de billets plus élevé : le COVID-19 va ébranler l’aérien. On ne voyagera plus en avion comme avant » c’est Raphaël Meulders qui l’affirme dans La Libre. Il répond aussi à ces deux questions: « Le train, la voiture ou le bus vont-ils supplanter l’avion sur les courtes distances ? »  « Est-ce la fin de l’heure de gloire pour les compagnies aériennes ? ». Le journaliste s’en explique ICI et encore LA. Il est aussi question du remplacement de l’avion sur les courtes distances par le train. Une résolution du PS vise à soutenir financièrement les trains de nuit en Europe, grâce à la taxation du kérosène des avions. Le MR, la N-VA et le Vlaams Belang on voté contre, comme vous le verrez ICI.

Austrian Airlines va recevoir une aide d’Etat conditionnée à des mesures sociales et environnementales. Plus aucun billet d’avion sous les 40 €. « Cette mesure fait de nous des pionniers en Europe” affirme la ministre autrichienne de l’Environnement, l’écologiste Leonore Gewessler. C’est l’un des points clés du plan de sauvetage de la compagnie. Le but ? Lutter contre le dumping “social et environnemental” des compagnies low cost.

On le voit, le développement incontrôlé de l’aéroport urbain de Zaventem et le soutien demandé à l’Etat pour sauver Brussels Airlines ne vont plus de soi aujourd’hui. L’Etat belge serait mal inspiré de ne pas y mettre des conditions. Tout récemment, face à un Arnaud Feist – patron de Brussels Airport Company – qui déclare ICI « À part le PTB, je ne vois pas qui voudrait nationaliser l’aéroport », sept professeurs d’université rétorquent dans une carte blanche « Nationaliser Brussels Airlines est le seul choix d’avenir ».

Que faire de nos statues ?

______________________________________________

Léoplod II vient de faire la une. Toutes les villes érigent cependant des statues à la gloire de leurs dirigeants, héros et bienfaiteurs … et les capitales héritent en plus de personnages qui ont fait l’histoire et la gloire du pays. Cela forme une sorte de livre d’histoire en plein air. C’est le bariolage de Léopold II qui a soulevé la question du sens de cette histoire et du maintien de certaines statues dans l’espace public. Personnellement, je serais plutôt favorable à leur maintien, parce qu’elles sont une partie de notre histoire. Par contre, je serais d’avis de modifier les inscriptions qui figurent généralement au pied des statues. Godefroy de Bouillon, 1er roi de Jérusalem, franchement ? Léopold II, roi bâtisseur et roi du Royaume Indépendant du Congo sans aucun commentaire à propos de « l’oeuvre civilisatrice de la Belgique au Congo » ?

Qu’une Commission – comme on les aime en Belgique – composée d’historiens et de philosophes, soit chargée de rédiger de nouvelles notices bi ou trilingues à apposer sur toutes ces statues commémoratives. Un exercice d’histoire critique et une information actualisée pour les générations à venir. Il ne peut s’agir de renier ou d’oublier notre passé et les agissements de nos aïeux, il s’agit de remettre tout cela dans son contexte et tenter de comprendre, mais pas nécessairement d’excuser, des actions que nous n’acceptons plus aujourd’hui. Godefroy de Bouillon ne doit pas être déboulonné, mais les croisades ne peuvent plus se résumer à  la délivrance du tombeau du Christ.

Si Anvers s’illustre par un une glorieuse statue de Silvius Brabo coupant la main d’un géant romain qu’il jette dans l’Escaut et Liège, par deux fiers taureaux, Bruxelles, avec son sens de la dérision, se contente d’un petit garçon qui se soulage en plein centre – ville et un Zinneke qui en fait autant rue des Chartreux. Nous n’avons pas que des rois et des princesses, nous avons aussi François Anneessens et les comtes d’Egmont et Hornes, tous trois décapités à la Grand-Place. Mais, nous nous nous asseyons  sur les genoux du bourgmestre Charles Buls et nous avons statufié Tintin, Gaston, Jacques Brel, Nasreddin, Madame Chapeau, un policier qui chute … et bien cachées dans un pavillon du Cinquantenaire, nous illustrons « Les Passions Humaines » avec Jef Lambeaux. Et vous, qui voulez-vous voir statufié à Bruxelles ?