Archives de catégorie : Tourisme

Rouler en polluant moins.

La voiture qui pollue le moins restera toujours celle que l’on n’utilise pas, mais si vous ne pouvez pas encore vous en passer, Google va pouvoir vous proposer une option qui préconise l’itinéraire le moins susceptible de consommer du carburant. C’est évidemment aussi un itinéraire plus économique, au moment où le prix de l’essence flambe. La fonction est déjà en service aux USA et au Canada, mais sera bientôt aussi accessible à Bruxelles.

L’occasion de revenir sur Google Maps, ce service qui a changé la manière de s’orienter à Bruxelles, mais aussi pour plus d’un milliard d’utilisateurs. Grâce à son accès gratuit et sa simplicité d’utilisation, il est devenu le réflexe de nombreux utilisateurs pour accompagner les itinéraires du quotidien, pour les professionnels comme pour les particuliers.

C’est encore plus vrai lorsque l’on se déplace à l’étranger. Fini la boussole et la carte Michelin à déplier. Google sait évidemment où vous êtes et vous dit en un instant comment aller à l’endroit où vous souhaitez vous rendre. C’est magique, et tant pis donc pour votre vie privée et les pubs spécifiques qui vont suivre. Certains ont cependant noté une perte relative du sens de l’orientation de la part des usagers habituels du service, qui s’en remettent totalement au navigateur sans plus réfléchir.

Un voyage en ville

Pas nécessaire de prendre l’avion pour découvrir les cultures et les cuisines du monde, elles sont (presque) toutes présentes à Bruxelles, dont les citoyens sont issus de plus 170 nationalités. Encore faut-il aller à leur découverte. C’est ce que Hans Vandecandelaere a fait pendant deux ans, avant de rédiger en 2012 son ouvrage « Bruxelles, un voyage à travers le monde » en néerlandais, avant de le traduire en 2014. Hans est un historien dont je n’appréciais par toujours le caractère parfois trop partisan, particulièrement à propos de la gentrification, mais j’ai découvert son talent de brillant raconteur d’histoires grâce à cet ouvrage que m’a offert un lecteur du blog.

Oui, ce livre de 500 pages se lit comme un récit de voyage. Narrations et témoignages sont au centre de ses propos. Le livre est documenté mais passionnant de bout en bout. C’est un véritable ouvrage de référence, que tout Bruxellois devrait avoir lu pour pouvoir prétendre connaître sa ville. Il est parfois difficile de le trouver neuf, mais il figure toujours en bibliothèque et aussi en occasion.

C’est particulièrement à partir des années 50 qu’une nouvelle ville a éclot au coeur d’un paisible Bruxelles de province. Aujourd’hui plus de la moitié de ses habitants ont des racines hors du pays. Restaurateurs chinois et vietnamiens dans le quartier de la Bourse, restaurants turcs de la chaussé d’Haecht, expatriés super diplômés dans le quartier Schuman, aristocratie russe dans une vallée uccloise. Et puis toutes ces personnes d’origine mixte, ces nouveaux zinnekes, qui participent au classique métissage bruxellois. Un voyage à travers les humains et la littérature.

 

Peaceful Monday: le dernier des Mohicans

Sous les applaudissements

Avec les funérailles de Freddy – que personne n’appelait Monsieur Thielemans – c’est une page d’histoire de Bruxelles qui vient d’être tournée. Celle d’un municipaliste qui se voulait bourgmestre pour tous, qui incarnait cette brusselitude comme personne avant lui ni après, maintenant que son parent Toots et Lange Jojo ont aussi disparu. Le dernier des Mohicans s’en est allé sous les applaudissements, au cours d’une cérémonie comme seule Bruxelles peut les imaginer: digne, simple, mais résolument humaine.

Un vrai Bourguignon polyglotte, plus érudit qu’une forme de modestie ne le laissait paraître. Un bon vivant qui aimait la bonne chère tout comme la dive bouteille. Un amateur de bagnoles et d’Harley Davidson. Plus vraiment dans l’esprit du temps, avec la mobilité active et la diététique d’aujourd’hui. Voilà cependant une esquisse de bilan. Une génération de Bruxelloises et de Bruxellois, de toutes origines, ont reconnu en lui, une part d’eux-mêmes.

Les deux pieds dans un folklore bruxellois indéniable, grand laïque et franc-maçon sans trop d’intolérance et résolument à l’écoute du peuple de Bruxelles, Freddy pouvait aussi rêver l’avenir de sa ville, par exemple en optant rapidement pour le projet de piétonnier ou en s’embarquant dans de grands événements ou même dans le discutable projet Néo. La Région c’était pas trop son truc. Avant de lui succéder, Philippe Close fut son chef de cabinet pendant 6 ans. Il y a beaucoup appris … sauf le parler brusseleir et la gouaille houblonnée.

Merci de prendre l’avion …

Si vous prenez souvent l’avion, vous pouvez accumuler des « milles », une sorte de bons points qui vous récompensent pour votre fidélité et vous permettent de profiter de voyages gratuits ou de lounges feutrés. On voudrait encourager les déplacements en avion, pourrait-on agir mieux ? Pourquoi ne pas plutôt vous dire que votre voyage à New York a généré près d’une tonne de CO2, qui s’ajoute à celles de vos autres déplacements en avion ? A partir d’un certain montant, ce pourrait plutôt être un avertissement, pour vous dire que vous entamez déjà votre quota (?) pour l’année suivante.

Pour Jos Dings, le directeur de la fédération Transport et Environnement il n’y a aucune cohérence : “avec l’attitude actuelle de l’industrie, aviation et environnement sont incompatibles. Beaucoup de choses doivent changer“. Les émissions de CO2 de l’aviation ont augmenté de 70 % en 20 ans. Un aller/retour vers New York émet en moyenne ce qu’une personne consomme pour se chauffer pendant 1 an. Plus fort encore: Brussels Airlines va effectuer 3.000 survols de Bruxelles à vide pour maintenir ses slots privilégiés !

Le conclave budgétaire d’octobre de la Vivaldi avait débouché sur une « taxe avion » de 10 € pour les vols de transit au départ d’aéroports belges de moins de 500 km, afin d’encourager des alternatives comme le train. La taxe serait de 2 euros si la destination finale au départ de la Belgique (hors transit) est située à plus de 500 km, mais dans l’Espace économique européen et de 4 euros en dehors. Un bon début, même si ces quelques petits euros ont peu de chance de suffire pour favoriser un transfert vers le train … souvent plus cher que l’avion. Où reste la taxe sur le kérosène à l’échelle de l’Europe ?

Des plaisirs d’hiver

Ne boudons pas notre plaisir, à l’aube de l’hiver, il est réjouissant de se retrouver au cœur de la chaleureuse féérie lumineuse que la Ville a orchestrée pour la 20ème fois, après une année d’interruption. Le monde et la bonne humeur sont au rendez-vous, mais on s’y bouscule moins que d’habitude, suite aux mesures Covid. Masque de rigueur et Covid Safe Ticket pour obtenir un bracelet de couleur, qui permet de faire des achats aux nombreux chalets et de s’installer avec son vin chaud avec les autres fondus de la raclette.

Le parcours est beaucoup plus vaste et s’étend même jusqu’au bois de la Cambre avec une seconde patinoire, en plus de celle de De Brouckère. Le train est l’invité d’honneur. Une carte pour s’y retrouver et BX1 qui dit tout ce qu’il faut savoir. La RTBF complète. Cette année, la sélection des chalets semble plus rigoureuse et donne à voir un vrai marché de Noël, avec des artisans venus d’un peu partout. De vraies grillades au feu de bois, un manège à l’ancienne, une piste de luge synthétique et l’incontournable Grande Roue au Vismet.

Avec un volume sonore rigoureusement sous contrôle, des consignes de sécurité largement appliquées, il ne faut pas craindre de s’y aventurer avec des enfants, il y a même un baby corner pour allaiter les bébés. Sur la Grand-Place, un spectacle son et lumière disneylandien s’anime toutes les heures. En son centre sa crèche et un sapin de 18m de haut. C’’est une famille de Dilbeek qui en a fait don à Bruxelles, parce qu’il devenait trop imposant dans leur jardin. Tout s’arrête à 22h, bien à temps pour rentrer en métro ou en tram. Bien du plaisir cet hiver.