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Kanal cherche directeur.

Une fois le centre d’art contemporain Kanal ouvert fin novembre, son directeur Yves Goldstein passera la main. Suite à cette annonce surprise, le conseil d’administration va devoir se mettre à la recherche d’une nouvelle personne pour porter à bout de bras la direction générale du paquebot, qui se veut une nouvelle image de marque pour la ville. La diminution des subsides prévus ne serait pour rien dans sa décision.

Kanal aura coûté la bagatelle de 230 millions d’euros. C’est 80 millions de plus que le devis initial. Une sacrée facture pour une Région bruxelloise lourdement endettée. Et c’est sans compter les 35 millions d’euros de frais de fonctionnement annuels. Si le nouveau gouvernement va allonger les 60 millions nécessaires pour finir le chantier, il n’octroiera qu’une dotation de 28 millions en 2026, puis de 24 en 2027, de 22 en 2028 et de 10 en 2029.

Yves Goldstein : avec 10 millions d’euros, il y aura ce qu’il faut pour entretenir, climatiser et sécuriser ses quelques 40 000 m2. Plus rien pour la programmation des expos et des animations. Il faudra augmenter le tarif d’entrée, mais aussi annuler de grosses expositions. Comment maintenir les accès gratuit à la nef et au rooftop ? Obligé de fermer les lundis et mardis. Trouver  tardivement des mécènes pour compléter semble aussi illusoire que le soutien du fédéral. Projet Phare ou Titanic ? la presse en dénoue les fils ICI.

document Visit Brussels

 

Un tourisme maîtrisable.

Vendredi et samedi il faisait beau. Très beau. Le centre-ville comptait déjà plus de touristes que de Bruxellois. Les commerces ses sont adapté à cette évolution et on ne compte plus les boutiques qui leur sont destinées. Frites, chocolats, gaufres et boutiques de souvenirs bas de gamme s’ajoutent aux snacks, aux nightshops, aux hôtels et aux cafés avec terrasses. Même si cela génère de l’emploi, cela se fait surtout au détriment de la qualité de vie des résidents.

A Barcelone, à Venise et à Amsterdam c’est bien pire. Le surtourisme y a fait tellement de dégâts, que les municipalités ont pris des mesures drastiques. À Bruxelles, avant que la situation soit hors de contrôle, Ville et Région pourraient s’inspirer de l’exemple d’Amsterdam. Vous trouverez ICI les mesures mises en place courageusement pour rendre la ville à ses habitants. Non, le surtourisme n’est pas une fatalité.

Amsterdam interdit l’ouverture de  toute nouvelle boutique de souvenirs et de nightshops en centre-ville, pour favoriser le retour des commerces de proximité (boulangeries, librairies, épiceries) qui répondent aux besoins des habitants exaspérés. La ville lutte  aussi contre la mutation des logements en locations touristiques (Airbnb) pour maintenir les résidents et éviter un tsunami touristique bien décrit par la RTBF.

Prêt à Manger qualitatif.

Vous connaissez les restaurants Prêt à Manger BON ? Si la marque Bon n’a pas encore percuté dans l’esprit de la plupart des Bruxellois, cela n’empêche pas cette chaîne bruxelloise de restaurants « fast good » de se développer à marche forcée, en proposant des petits-déjeuners et des lunchs qualitatifs.

Les cinq établissements bruxellois que comptait la chaîne en 2019 se sont multipliés. Ils sont aujourd’hui 16. Ce n’est pas fini: d’ici quatre ans, Bon entend doubler de taille et s’implanter dans d’autres villes du pays. Il s’agit avant tout d’un projet commercial, soutenu par Colruyt. Ce qui est nouveau et intéressant c’est que pour se développer, le commerce s’intéresse à une alimentation locale de qualité produite à Woluwe.

L’article de L’Echo révèle que le projet commercial a enregistré en 2024 une perte opérationnelle de 1,1 million, mais qu’elle persiste et vise l’équilibre en 2027. « Nous voulons être rentables en 2030, quand nous aurons 32 implantations ». L’alimentation saine commencerait-elle à intéresser la finance ? Une nouvelle plutôt encourageante si la qualité est au rendez-vous.

20.000 congressistes !

Les palais des expositions du Heysel appartiennent à la Ville de Bruxelles et ont un besoin urgent de rénovation. La Ville semble avoir trouvé une solution, en confiant la réaffectation des trois palais centraux à une société Newco, dont la Région deviendrait actionnaire, avec un investissement de 150 millions d’euros. Reste encore à trouver 250 millions supplémentaires auprès d’investisseurs privés pour finaliser le projet.

Bien sûr, avec une telle capacité d’accueil pour les congrès, le secteur hôtelier se réjouit déjà. Après 5 ans, une étude estime que le projet devrait générer environ 2 milliards d’euros de dépenses directes à Bruxelles. L’activité induite représenterait près de 35.000 emplois cumulés sur 5 ans, ainsi qu’environ 10 millions de nuitées hôtelières. Une partie des 982 millions de retombées fiscales reviendrait à la Région. L’article de la RTBF en dit plus.

Des chiffres qui donnent le tournis, mais qui supposent de trouver suffisamment de grands événements pour remplir ces palais. Curieux aussi de voir la Région désargentée se lancer dans une telle opération, qui se déroule dans des bâtiments dont elle n’est pas propriétaire. Elle prévient d’ailleurs qu’elle n’épongera pas d’éventuelles dettes, si l’aventure devait mal évoluer. Quant aux autres palais, la Ville devrait prendre leur rénovation en charge, mais ne se prononce pas encore.

plans  JWE fournis par l’ARAU

 

 

 

Réforme d’Airbnb.

Des milliers de logements – et parfois même des immeubles entiers – échappent au parc locatif bruxellois, parce qu’ils sont loués à court terme à des touristes. Une opération apparemment plus rentable que la location à long terme avec bail. Les logements type Airbnb doivent cependant s’enregistrer auprès de la Région. Selon Bruzz, plus de 90 % ne seraient pas enregistrés. Cela représenterait 2 500 appartements, maisons ou villas.

On est loin de la simple chambre chez l’habitant louée occasionnellement. Cependant, à entendre les personnes qui souhaitent mettre une chambre en location, les démarches à accomplir sont nombreuses, pénibles et dispersées. Le ministre-président est conscient du problème et veut instaurer un guichet d’enregistrement unique pour les personnes qui continuent à y habiter elles-mêmes.

Par contre, pour celles qui mettent un immeuble entier en location touristique, la législation va devenir plus sévère et coûteuse, dans la mesure où elles entrent en concurrence déloyale avec le secteur hôtelier et soustraient trop de logements au parc locatif bruxellois. Comme d’autres grandes villes, Bruxelles est victime d’un développement anarchique d’une formule qui demande à être règlementée d’une manière juste et efficace.