Archives de catégorie : Tourisme

Un droit à l’eau.

L’eau n’est pas une marchandise. Tout comme l’air, l’eau est une ressource essentielle indispensable à tout être humain. Chacun devrait être assuré d’avoir accès à de l’eau potable. Comment font les personnes sans domicile fixe ? ou les demandeurs d’asile ? En cette période de fortes chaleurs, la question se pose avec  plus d’acuité.

Il y a longtemps que les habitants de la ville n’ont plus accès à l’eau d’une source qui surgit naturellement du sol à certains endroits. Les sources ont été canalisées et leur eau potable s’est écoulée dans les différentes fontaines de la ville, dont Manneken Pis ou le Cracheur restent des témoins. Aujourd’hui, notre eau potable vient de loin et surtout de la Meuse. Tous les Bruxellois y ont accès … pour autant qu’ils payent leur facture à Vivaqua. Si le prix du m3 est élevé, c’est qu’il comporte de lourdes infrastructures, mais aussi les frais d’épuration des eaux usées.

Des points d’eau publics mettent cependant de l’eau potable à disposition de tous gratuitement  … et même pétillante au siège de Vivaqua à côté de la gare centrale ! Si le pentagone en compte 30, les 18 autres communes n’en alignent, toutes ensemble, que 63 pour 1.200 à Paris. Les Infirmiers de rue ont dressé la carte de nos points d’eau. Vivaqua et les autorités se sont engagés à les multiplier: 100 de plus d’ici 2025. Cet article du Soir et celui de BX1 en disent plus sur ces perspectives d’avenir.

Photo de l’article de BX1

Rue Neuve: un révélateur

Principale artère commerçante du pays, la presse annonçait il y a peu que la rue Neuve avait retrouvé le même nombre de chalands qu’avant la pandémie. Quelques jours plus tard Bruzz analyse et s’inquiète du nombre de commerces vides et de pop-up stores temporaires dans une rue qui semble avoir perdu le nord. Même Galeria Inno a dû mettre son personnel au chômage pendant plusieurs jours …

Alors qu’on y comptait 3 cinémas et un théâtre, un nightclub, un glacier et des restaurants, la rue Neuve vivait jour et nuit. Ils ont été remplacés par des chaînes de vêtements prêtes à débourser des loyers faramineux pour s’y installer. Les propriétaires n’ont pas hésité. Aujourd’hui tous les volets se baissent à 18 heures et les clients aux revenus confortables n’y viennent plus, vu la banalité de l’offre. Chez Primark on continue à faire la file. Les fast food et les baskets se multiplient. Les commerces se sont adaptés à la clientèle très homogène de la rue … dont le pouvoir d’achat a diminué.

Comment arrêter l’hémorragie ? Comment faire revenir en ville une clientèle avec des revenus plus confortables ? La Ville a peu de prise sur les choix commerciaux des propriétaires, et sur Anspach – où elle est gros propriétaire – elle tarde à améliorer le mix commercial. Ajoutez à cela les propriétaires gourmands qui ont chassé les jeunes designers de Dansaert et l’offensive de la commune d’Uccle pour débaucher les beaux commerces du centre, et vous verrez mieux de quoi la crise de la rue Neuve est le révélateur. N’est-il pas urgent d’agir pour plus de mixité en centre-ville ?

Rouler en polluant moins.

La voiture qui pollue le moins restera toujours celle que l’on n’utilise pas, mais si vous ne pouvez pas encore vous en passer, Google va pouvoir vous proposer une option qui préconise l’itinéraire le moins susceptible de consommer du carburant. C’est évidemment aussi un itinéraire plus économique, au moment où le prix de l’essence flambe. La fonction est déjà en service aux USA et au Canada, mais sera bientôt aussi accessible à Bruxelles.

L’occasion de revenir sur Google Maps, ce service qui a changé la manière de s’orienter à Bruxelles, mais aussi pour plus d’un milliard d’utilisateurs. Grâce à son accès gratuit et sa simplicité d’utilisation, il est devenu le réflexe de nombreux utilisateurs pour accompagner les itinéraires du quotidien, pour les professionnels comme pour les particuliers.

C’est encore plus vrai lorsque l’on se déplace à l’étranger. Fini la boussole et la carte Michelin à déplier. Google sait évidemment où vous êtes et vous dit en un instant comment aller à l’endroit où vous souhaitez vous rendre. C’est magique, et tant pis donc pour votre vie privée et les pubs spécifiques qui vont suivre. Certains ont cependant noté une perte relative du sens de l’orientation de la part des usagers habituels du service, qui s’en remettent totalement au navigateur sans plus réfléchir.

Un voyage en ville

Pas nécessaire de prendre l’avion pour découvrir les cultures et les cuisines du monde, elles sont (presque) toutes présentes à Bruxelles, dont les citoyens sont issus de plus 170 nationalités. Encore faut-il aller à leur découverte. C’est ce que Hans Vandecandelaere a fait pendant deux ans, avant de rédiger en 2012 son ouvrage « Bruxelles, un voyage à travers le monde » en néerlandais, avant de le traduire en 2014. Hans est un historien dont je n’appréciais par toujours le caractère parfois trop partisan, particulièrement à propos de la gentrification, mais j’ai découvert son talent de brillant raconteur d’histoires grâce à cet ouvrage que m’a offert un lecteur du blog.

Oui, ce livre de 500 pages se lit comme un récit de voyage. Narrations et témoignages sont au centre de ses propos. Le livre est documenté mais passionnant de bout en bout. C’est un véritable ouvrage de référence, que tout Bruxellois devrait avoir lu pour pouvoir prétendre connaître sa ville. Il est parfois difficile de le trouver neuf, mais il figure toujours en bibliothèque et aussi en occasion.

C’est particulièrement à partir des années 50 qu’une nouvelle ville a éclot au coeur d’un paisible Bruxelles de province. Aujourd’hui plus de la moitié de ses habitants ont des racines hors du pays. Restaurateurs chinois et vietnamiens dans le quartier de la Bourse, restaurants turcs de la chaussé d’Haecht, expatriés super diplômés dans le quartier Schuman, aristocratie russe dans une vallée uccloise. Et puis toutes ces personnes d’origine mixte, ces nouveaux zinnekes, qui participent au classique métissage bruxellois. Un voyage à travers les humains et la littérature.

 

Peaceful Monday: le dernier des Mohicans

Sous les applaudissements

Avec les funérailles de Freddy – que personne n’appelait Monsieur Thielemans – c’est une page d’histoire de Bruxelles qui vient d’être tournée. Celle d’un municipaliste qui se voulait bourgmestre pour tous, qui incarnait cette brusselitude comme personne avant lui ni après, maintenant que son parent Toots et Lange Jojo ont aussi disparu. Le dernier des Mohicans s’en est allé sous les applaudissements, au cours d’une cérémonie comme seule Bruxelles peut les imaginer: digne, simple, mais résolument humaine.

Un vrai Bourguignon polyglotte, plus érudit qu’une forme de modestie ne le laissait paraître. Un bon vivant qui aimait la bonne chère tout comme la dive bouteille. Un amateur de bagnoles et d’Harley Davidson. Plus vraiment dans l’esprit du temps, avec la mobilité active et la diététique d’aujourd’hui. Voilà cependant une esquisse de bilan. Une génération de Bruxelloises et de Bruxellois, de toutes origines, ont reconnu en lui, une part d’eux-mêmes.

Les deux pieds dans un folklore bruxellois indéniable, grand laïque et franc-maçon sans trop d’intolérance et résolument à l’écoute du peuple de Bruxelles, Freddy pouvait aussi rêver l’avenir de sa ville, par exemple en optant rapidement pour le projet de piétonnier ou en s’embarquant dans de grands événements ou même dans le discutable projet Néo. La Région c’était pas trop son truc. Avant de lui succéder, Philippe Close fut son chef de cabinet pendant 6 ans. Il y a beaucoup appris … sauf le parler brusseleir et la gouaille houblonnée.