Archives de catégorie : Culture

Où sont les enfants des villes ?

Nous y revoilà. Les enfants des villes sont-ils devenus des enfants d’intérieur ? Est-ce de notre faute à nous, parents ? Comment leur redonner les clés de la rue ? A quel âge et en quelle occasion avez-vous laissé vos enfants sortir seuls ? Et vous-même, enfant ?  Quatre questions auxquelles quatre experts tentent de répondre dans ces extraits du journal Le Monde.

A Bruxelles, comme à Paris, on ne voit quasiment plus d’enfants seuls dans la rue. Moi, à 10 ans j’allais seul à l’école à 3 km à vélo. Aujourd’hui, pour aller à l’école, 97 % des élèves d’élémentaire sont accompagnés. Ils sont devenus des enfants d’un intérieur, pas forcément celui de l’appartement, mais celui des activités extrascolaires : l’académie, les sports, les arts plastiques… Ils sortent pour être à nouveau enfermés. Les enfants sont confinés. Depuis deux ans, le mot est un peu galvaudé, mais c’est bien de cela qu’il s’agit.

Chez nous l’affaire Dutroux n’est pas pour rien dans cette prudence excessive, qui a coûté cher à l’autonomie des enfants et des ados. L’automobile n’y est pas pour rien non plus. Ni le téléphone portable. Etre un « bon » parent suppose de savoir à tout instant où se trouvent ses enfants et avec qui. Un gamin de rue est assimilé à la « racaille ». Ne pas les surveiller d’assez près culpabilise souvent les parents. Faudra qu’on reparle des terrains d’aventure.

LE MONDE  – ROGER MAYNE / MARY EVANS PICTURE LIBRARY / PHOTONONSTOP

Décréter l’urgence climatique.

 « Il faut décréter l’urgence climatique, comme pour la crise du covid », c’est Rob Hopkins, mis en avant dans le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, qui l’affirme. Ce militant britannique parie sur l’imagination et les communautés locales pour accélérer la transition écologique. Aux projections de fin du monde, ce professeur, auteur de plusieurs livres sur la transition écologique, préfère les histoires inspirantes qui stimulent l’imagination et qui devraient permettre de construire un autre futur. Ce sont les considérations encourageantes qu’il livre au journal Le Soi.

« Son mouvement, Transition Network, fondé en 2006 et décrit ICI, vise à façonner un avenir durable, résilient, plus solidaire et égalitaire en imaginant et en expérimentant comment vivre sans les énergies fossiles, avec de nouvelles formes d’économie, de consommation, de gouvernance: atteindre plus d’autonomie dans les villes grâce à une relocalisation de l’alimentation et de l’énergie, transférer une partie du pouvoir à des collectivités, réimaginer une économie plus locale où l’argent reste là où il est généré ». Les communautés d’énergie en sont des exemples.

« Les structures démocratiques sont en train d’échouer. Il ne faut pas renoncer à la démocratie, mais elle peut prendre d’autres formes. Je crois beaucoup dans les assemblées citoyennes, comme les conseils de quartier à Barcelone ». « Si on ne parle que d’effondrement, d’extinction, le risque est que les gens soient si terrifiés qu’ils ne fassent rien. Oui, les prévisions sont effrayantes. Mais il faut aussi des voix qui portent un autre message. Je préfère parler des initiatives qui fleurissent: ce n’est pas mentir aux gens que de dire qu’il y a encore une fenêtre d’action pour améliorer le futur si on agit vite ». Il donne des exemples vécus ICI.

Photo Transition Network/ Coopératives citoyennes de production d’énergie

Quelle image pour Bruxelles ?

Le bourgmestre de Bruxelles se réjouit du retour des touristes en ville. Il est vrai qu’ils alimentent l’industrie hôtelière, qui met au travail une grande partie de notre main d’oeuvre peu qualifiée. Cela ne devrait-il cependant pas nous dispenser de réfléchir au type de touristes que nous voulons voir revenir ? Qu’avons-nous à offrir au-delà de la bière, des frites, du chocolat et des gaufres ? Voulons-nous le retour des hordes de Chinois  tristement cornaqués par leur guide ?

La crise du Covid 19 a été l’occasion d’une remise à plat pour beaucoup de grandes villes européennes. Barcelone, Venise ou Prague se sont demandées comment changer leur image et faire du tourisme une véritable occasion de rencontre tant pour les touristes que pour leurs habitants. Moins de touristes, plus curieux et qui séjournent plus longtemps. Amsterdam n’est pas en reste et s’est montrée plus radicale.

La maire écologiste amstellodamoise est aussi une écrivaine. Elle veut désormais attirer des visiteurs pour d’autres raisons que son « pittoresque » quartier rouge et ses bars à cannabis. Fini d’être un parc à thème sans morale. Il ne faut plus que les habitants se sentent devenir étrangers à leur ville. Elle n’y va pas par quatre chemins. Si son approche vous intéresse, je vous convie à lire l’article que CityLab lui consacre et que j’ai traduit ICI pour vous avec DeepL.com

Happy Tuesday: vacances en ville

Nous revoilou. Sans doute avez-vous passé de bonnes vacances ? Mais qui peut se permettre de partir deux mois ? Bon nombre de Bruxellois ne peuvent d’ailleurs pas partir du tout. Faute de piscines en plein air, certaines communes ont pris des initiatives ludiques et humides. La ville de Bruxelles n’a pas été en reste avec son Festival In the Streets, ses nouveaux espaces pour les jeunes et avec la finale belge de beach volley organisée place de la Monnaie et sur le piétonnier sous un beau soleil, mais par une température caniculaire, qui commence heureusement à baisser.

Dès ce 16 août, le Plan Good Move est entré en application dans tout le pentagone. Pas facile à intégrer, il est détaillé ICI. Davantage de place pour les piétons, pour les enfants et pour les déplacements  deux roues, mais de nouvelles habitudes à prendre pour les automobilistes et les livreurs. Tout le centre-ville reste accessible, mais le trafic de transit n’est plus le bienvenu et renvoyé sur la petite ceinture. Un moment d’adaptation difficile à passer, heureusement encore en période de vacances.

Les berges du canal commencent à fleurir ! C’est l’heureux résultat des « radeaux flottants » qui ont été déposés sur l’eau et ont vite été envahis par une flore et une faune, qui semblaient n’attendre que cela pour revenir en ville. Longtemps réduit au rôle de simple voie navigable, le canal commence à tenir son rôle de principal cours d’eau de Bruxelles … en attendant de pouvoir y nager un jour.

photos extraites des reportages de BX1 et de Bruzz

Co-habiter ?

Billet d’humeur

J’ai travaillé quatre ans aux Etangs Noirs, voilà pourquoi ce reportage molenbeekois de La Libre m’interpelle. Il relate l’expérience vécue par un certain nombre de jeunes flamands, qui ont fait choix de s’installer à Molenbeek. Ils y vivent et souhaitent co-habiter avec la population existante. Ils organisent parfois des activités festives ouvertes à tous, avec plus ou moins de succès. La plupart s’accrochent. Certains pensent qu’ils ne restent que parce que les loyers y sont moins chers …

On peut sans doute leur reprocher de préférer traverser le canal le soir pour aller boire un verre au Walvis. Mais que faut-il penser des salons de thés sombres de Molenbeek, où ils ne sont généralement pas bien accueillis pour un bière avec leur copine ? Les habitants de Molenbeek – qui y ont remplacé les travailleurs italiens et espagnols – considèrent-ils être aujourd’hui chez eux à Marokebeek de manière immuable ? Pensent-ils pouvoir imposer leur mode de vie à tous ? Répéteraient-ils le genre d’exclusion dont ils ont eux-mêmes été victimes ?

« Les jeunes flamands chassent les locaux ». Les locaux ne chassent-ils  pas les nouveaux venus qui ne partagent pas leurs habitudes ? Sauf à considérer que le vieux Molenbeek ou Anneessens doivent rester des enclaves marocaines, ne faudrait-il pas y favoriser une mixité active et joyeuse ? N’est-ce pas plutôt à Woluwe ou à Ixelles qu’il faudrait construire de nombreux petits logements à prix sociaux, si là aussi on souhaite une mixité active ? Ce n’est pas le clientélisme politique actuel qui y poussera. Moi j’y crois, malgré une opposition tenace et argumentée à coups de « gentrification » et du confort de tous les « entre-soi ».