Archives pour la catégorie Culture

Bientôt des forêts urbaines ?

Cela fait tout un temps que je voulais vous présenter le concept de forêt urbaine pour le futur de Bruxelles. De petites forêts, en pleine ville, peuvent rafraîchir l’air de 1 à 3 degrés et capter beaucoup de carbone. Elles ne demandent presque aucun entretien et sont plus accessibles que les parcs. On les décrit fort bien ICI. Elles favorisent toutes sortes d’usages publics, comme dans cette forêt urbaine d’Osaka, où l’on trouve des familles, des enfants, des lectrices, des rêveurs, des musiciens (sans amplification), des cyclistes, des joggeurs, des picniqueurs. Pas de poubelles: chacun emporte ses déchets et les trie à la maison. Les préposés éducateurs y veillent.

Depuis les canicules et le réchauffement climatique en cours, plusieurs villes ont commencé à implanter des minis forêts urbaines. Près de chez nous à Neder-Over-Heembeek (un peu trop excentré), mais aussi en Flandre, en Wallonie, à Paris, à Nantes, à Barcelone, et même à Osaka et dans les Indes, où Shubhendu Sharma nous explique gentiment et en 9′ les secrets d’une implantation réussie par la méthode Miyawaki, grâce à laquelle les arbres poussent dix fois plus rapidement que dans une forêt traditionnelle.

Attention, il ne s’agit pas de planter n’importe quoi. Certaines espèces courantes, comme le platane, sont contre-indiquées, tout comme la monoculture et les espèces réputées causer des allergies. Les spécialistes nous informent, mais nous espérons qu’ils ne tarderont pas trop à convaincre, pour que les arbres aient le temps de grandir et de nous permettre de jouir de leur ombre salutaire. Cela doit en être fini avec la minéralisation à outrance. Un jour, la  » forêt du Sablon «  fera sans doute le succès de ses commerces, quoi qu’en pensent les commerçants, qui exigent toujours de pouvoir parquer leurs véhicules sur cette belle place qui n’est pas leur propriété.

Photos: Osaka urban forest à côté du Château de la ville.

 

Happy Monday: la cohabitation rajeunit Bruxelles

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Le jour même où je vous annonçais la construction d’un immeuble de cohabitation américain de 800 unités, dépassant la taille du leader londonien, Bruzz publiait un reportage très vivant avec photos (texte traduit ICI en français) sur la progression rapide de la cohabitation à Bruxelles. Plus qu’un projet immobilier, c’est un nouveau mode de vie qui commence à se développer en ville, dans la foulée du concept de partage des biens plutôt que de leur possession. Des grands groupes ont commencé à s’y intéresser, à développer leur marque et à concevoir une architecture pour demain.

A Bruxelles, l’achat d’une maison devient inaccessible pour les jeunes, qui sont aussi très nomades, tout en disposant rarement de leur propre voiture. Ils recherchent des logements meublés avec plus de services et moins de solitude. Chez le promoteur Cohabs: «  Nous ne nous contentons pas d’assurer le nettoyage des maisons, nous offrons aussi la télévision par câble, internet, des séances de yoga, des espaces communs conviviaux et même un petit-déjeuner mensuel pour les résidents de toutes nos maisons ». Plus discret, le promoteur Ikoab semble bien être actuellement à la tête du marché coliving à Bruxelles. A Liège, Horizon Groupe arrive à maintenir un niveau de prix plancher – entre 500€ et 700€ euros maximum, charges comprises.

Dans des quartiers trendy, des maisons de maître unifamiliales et des espaces désaffectés,  proches des transports en commun, sont transformés en cohabitations et trouvent rapidement preneurs. La crainte d’une augmentation des loyers dans ces quartiers se fait jour, mais ce type de logement n’est-il pas nécessaire pour retenir en ville une classe moyenne jeune et active ? Qu’attendent les pouvoirs publics pour développer, sans but lucratif, des logements sociaux ou intergénérationnels sur le même modèle ? plutôt que de continuer à construire des barres anonymes et des homes.

document bruxellois extrait du site de Cohabs

 

 

La cohabitation, mode de vie urbain du futur ?

Dans la Silicon Valley, où le prix du logement est prohibitif, la startup Starcity projette de démarrer, cet automne, la construction du plus grand immeuble de cohabitation jamais construit: 800 unités de logement répartis sur 18 étages, avec un grand nombre d’espaces communs. C’est un pari fou, qui est soutenu par le City Council de San Jose, qui vient de créer un nouveau zoning de catégorie « co-living », en vue d’écarter les obstacles qui pourraient entraver le développement de ce nouveau mode d’habiter. Une réponse au problème du logement des employés des entreprises ? une alternative au rêve de villa quatre façades, qui a montré ses limites sur le plan urbanistique et sociologique ?

C’est CityLab qui publie cette info et y consacre un article très documenté, qui va vous étonner. C’est bien à l’éclosion d’un nouveau mode de vie urbain, moins individualiste, auquel on pourrait assister. Peut-être aussi une réponse pour les nombreuses familles recomposées, pour les mères célibataires, pour les seniors, pour les personnes isolées ou volontairement célibataires. Il sera intéressant de voir comme la vie s’y déroulera, une fois ce grand bâtiment construit et occupé. Ce n’est cependant pas la première expérience de Starcity qui se trouve face à une waiting list de plus de 8.000 personnes… Même si les loyers sont en-dessous des prix du marché, il ne s’agit clairement pas de logements sociaux, même s’ils pourraient en être une source d’inspiration contemporaine

Jon Dishotsky, un de co-fondateurs, se souvient ICI avec émotion, que son père – professeur à Stanford – a hébergé une douzaine d’étudiants du monde entier dans sa maison de Palo Alto. Ils payaient un loyer modeste, partageaient les repas avec la famille et s’occupaient de Jon quand ses parents étaient occupés. Un étudiant ingénieur nigérian l’a même aidé à construire une zip line (tyrolienne) dans le jardin et à gagner plusieurs concours scientifiques. Son père est toujours en contact avec certains de ses ex-students. La co-habitation, Jon est donc tombé dedans était petit.

 

Bruxelles capitale d’un pays bilingue ?

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Un rêve dépassé. En 1932, quand les francophones ont refusé l’inscription du bilinguisme au niveau de l’ensemble du pays, la Belgique a raté le train du bilinguisme. C’est la conclusion du  résumé historique qu’Olivier Mouton a publié dans La Libre. « Revendications du Mouvement flamand, les francophones estiment que le bilinguisme étendu à tout le pays représente une concession trop importante « . Puisque le bilinguisme pour l’ensemble de la Belgique est refusé, la Flandre et la Wallonie seront des régions strictement unilingues … qui décideront plus tard que la Région de Bruxelles se doit d’être une région bilingue comme capitale du pays.

La scission du ministère de l’Instruction publique au profit de deux Communautés linguistiques  et la fixation d’une frontière linguistique auront tôt fait de faire de la Belgique un Etat fédéral composé de 3 Régions et de 2 Communautés. Olivier Mouton écrit : La frontière virtuelle devient un mur de non-communication. La Belgique a raté le train du bilinguisme.

Philippe Van Parijs apprécie ce résumé, mais estime que même si le train du bilinguisme obligatoire avait été pris en 1932, il se serait vite enlisé. Il s’en explique dans son livre « Belgium : Une utopie pour notre temps ». Vous en trouverez ICI un extrait, qui souligne la faible motivation des jeunes à apprendre la langue de l’autre et induit facilement une attitude dédaigneuse. L’irruption de l’anglais a amplifié la situation. Tant en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles, les plus jeunes sont désormais en moyenne bien plus compétents en anglais qu’ils ne le sont dans la deuxième langue nationale. Promoteur du Plan Marnix, Philippe Van Parijs livre ICI ses conclusions personnelles sur le débat très positif qui a réuni les têtes de liste à la Bourse, à propos de l’avenir des langues à Bruxelles.

 

Happy Monday: Bruxelles en marche vers le futur

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Bruxelles a voté pour la transition écologique et la solidarité. Bruxelles peut être fière d’avoir entendu l’appel des jeunes qui n’ont pas le droit de voter, mais qui hériteront de la ville de demain. Le PS et Ecolo sont les gagnants des élections et il est peu vraisemblable qu’une nouvelle coalition puisse se mettre en place sans eux. Un accord de gouvernement avec la majorité néerlandophone devra organiser une transition écologique dont les plus démunis ne peuvent cependant faire les frais.

A voir la répartition des votes, la Ville-Région peut apparaître comme coupée en deux. D’un côté on a voté rouge et de l’autre vert. Ceux pour qui chaque euro compte ont voté en faveur d’une sécurité sociale garantie et ceux pour qui la lutte contre réchauffement climatique est devenu une priorité évidente ont voté en faveur d’une transition écologique dont chacun devrait pouvoir bénéficier.

L’écologie politique est encore une notion fort abstraite pour nombre de Bruxellois, alors que l’interdiction d’utiliser leur véhicule diesel est pour certains une réalité concrète et coûteuse. Il va falloir faire preuve de pédagogie. Les Bruxellois ont aussi voté pour des gens qu’ils connaissent et dont les noms les rassurent. Certains partis l’ont mieux compris que d’autres. Les Belges ont-ils voté femmes interroge Le Vif ? Une lectrice se demande si aujourd’hui, toutes les Bruxelloises peuvent se reconnaître dans des candidates en cheveux qui se disent résolument féministes ? Je pense que oui, et sans doute de plus en plus. Culture et éducation ont évidemment aussi eu leur mot à dire ce dimanche.

… j’ai beaucoup hésité à parler d’un Happy Monday, alors qu’un parti d’extrême droite se trouve désormais en 2è position en Flandre et pourrait finir par être fréquentable. Nous en reparlerons demain, avec un oeil aussi sur l’Europe où la droite extrême n’a pas fait le score prévu par les sondages et où les verts progressent.

Photo The Bulletin