Archives pour la catégorie Culture

Un Musée du Chat ?

Ouverture prévue pour 2024, le Musée du Chat vient de recevoir son permis pour la construction d’un bâtiment à la gloire du Chat de Philippe Geluck, à proximité de la place Royale. Même parmi les fans du Chat, des questions se posent à propos de cette initiative promotionnelle, financée en grande partie avec l’argent du contribuable. Un Musée du Cartoon Belge, pourquoi pas ? Mais il y a déjà le Centre Belge de la Bande Dessinée pour l’accueillir. Et puis pourquoi un musée spécifique consacré à l’autopromotion d’un seul dessinateur de presse ?

A 18 millions d’euros, le budget fut un sacré challenge. Il sera financé pour moitié par la Région bruxelloise et à hauteur de 4,5 millions par la vente d’œuvres de Philippe Geluck, notamment les Chats de bronze exposés en mai sur les Champs-Élysées. Restent 3,5 millions à provenir de sponsors divers, tandis que l’auteur offrira une partie de ses planches originales aux collections de la Région de Bruxelles-Capitale.

Une pétition circule depuis dimanche pour demander à la Région d’abandonner ce projet. Elle a déjà recueilli plus de 1.700 signatures en trois jours. Vous pouvez la signer ICI. Parmi les artistes à l’initiative de cette démarche, on entend des voix s’étonner de ce projet très individuel, alors que des dizaines d’oeuvre d’artistes modernes reconnus et appréciés dorment dans les caves du musée de la rue de la Régence, faute d’un Musée d’Art Moderne ou d’un Musée du Surréalisme à Bruxelles.

L’Islam de Belgique se fait attendre

Le mois de jeûne a débuté pour les Bruxelloises et les Bruxellois de confession musulmane dans des conditions difficiles pour cause de Covid-19. Malgré diverses suggestions et protestations, aucune dérogation ne leur a été accordée, comme cela fut le cas pour les commémorations des autres religions reconnues. Cette situation soulève à nouveau la question de l’instauration d’un islam de Belgique soumis aux lois du peuple belge. sur laquelle la revue Hommes et Migrations jette un regard. L’Allemagne aussi se trouve dans la même situation.

L’ingérence du salafisme de l’Arabie Saoudite, celle de la Turquie – avec sa Diyanet – et celle de l’ambassade du Maroc, s’avèrent être des obstacles à l’émergence d’un véritable islam de Belgique, dans lequel certains voient une tentative de « vaticanisation » par l’Etat (voir pdf en bas de page). C’est l’Exécutif des musulmans de Belgique qui est supposé prendre l’organisation du culte en charge. Musulmans d’origine marocaine et turque s’y partagent le pouvoir, mais faute de nouvelles élections, il est dans la tourmente, ne se réunit plus et ne décide donc de rien. Il est attendu du ministre de la Justice et des Cultes – qui participe à son financement – qu’il oblige ses membres à fixer un calendrier pour la tenue d’élections.

C’est à cet Exécutif qu’il appartient de jeter les base d’un Islam de Belgique adapté au contexte démocratique belge et européen, respectueux de ses lois et de ses valeurs fondamentales, notamment la séparation Eglise/Etat, la liberté d’expression, l’égalité hommes/femmes, le rejet de tout forme de radicalisme violent. C’est lui aussi – en collaboration avec les autorités compétentes – qui doit se charger d’organiser la formation des imams. Trop souvent, ils ne parlent aucune des langue de notre pays et en ignorent les structures politiques et institutionnelles. Les bases se trouvent dans différents documents, dont le pdf de la Commission mise en place par le ministre Marcourt.

Image par Ahmad Ardity de Pixabay

En finir avec les punitions générales

Faute de repérer les vrais coupables de la propagation du Covid-19, c’est l’injuste punition générale qui s’applique à tous les établissements horeca, au secteur culturel et sportif, aux commerces dits « non essentiels »…  Une carte blanche de trois scientifiques – parue dans Le Soir – a fait beaucoup de bruit ICI et LA. Elle  propose une stratégie à la fois plus juste et présentée comme plus efficace.

Selon Marius Gilbert (l’expert préféré des Bruxellois)  “Il est temps de sortir de cette logique d’ouverture ou de fermeture aveugle. Lors du premier déconfinement, on n’avait pas le temps de réfléchir autrement. Mais un an plus tard, on a des masques, des tests, des connaissances scientifiques bien plus larges sur les méthodes de transmission du virus.”

 A Bruxelles, un établissement de la Grand-Place se dit prêt pour le label « Covid safe« . Neuf nouveaux extracteurs d’air ont été installés dans l’établissement pour permettre une meilleure désinfection de l’air, et ainsi éviter la propagation du virus à l’intérieur. Ce label ne sera toutefois pas actif tout de suite: un test est actuellement mené à la Ville pour vérifier l’efficacité de cette solution.

Reste à voir ce qui sera décidé ce matin par le fédéral et les entités fédérées en conclave.

photo extraite de la vidéo de BX1

L’identité qui enferme

« Je ne veux pas annuler les identités, mais je veux montrer la violence que les identités produisent ainsi que les effets néfastes du courant identitaire ». Je pense que nos identités sont multiples et complexes. « On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. L’écrivaine Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d’origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l’heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pédigrée » alors que l’injonction est de choisir un camp ? Rachel Khan refuse toute assignation identitaire et victimaire.

« Un artiste ne peut pas rentrer dans une case, être assigné. Lorsqu’on lui dicte ce qu’il a à créer, à dire ou à penser, en fonction de son « identité », on l’enferme. Le rôle de l’artiste est de penser autrement pour que la société change: il n’a pas à obéir à une idéologie ».  « On pense que l’émancipation consiste à s’indigner sur les réseaux sociaux avec sa communauté. Il n’y a plus d’émancipation individuelle. « Metoo » c’est un « nous », et non la voix d’une personne. Avant, l’émancipation était quelque chose d’intime: il s’agissait de sortir de la masse, de se singulariser. Aujourd’hui, le groupe nous rattrape constamment ».

Dans son livre « Racée », elle critique notamment les nouvelles idéologies « décoloniales » et « intersectionnelles » qui, sous prétexte d’antiracisme et de lutte pour la reconnaissance des minorités, ne font que diviser notre société et alimenter les ressentiments. « Les minorités déchirent notre société en mille morceaux », assène-t-elle dans L’Echo, où elle en dit bien plus.

L’article intégral est disponible si vous vous inscrivez gratuitement à L’Echo, où vous trouverez aussi cette belle photo de Rachel Khan par ©AFP

Happy Monday: le pays le plus heureux

Le pays le plus heureux du monde est pour la quatrième fois la Finlande, selon un article du Télégramme et le rapport de l’ONU. La Belgique se situe à une belle 20ème place, sur 150 pays analysés. Assez curieusement, il n’y a pas eu – en moyenne – de déclin du bien-être enregistré depuis la Covid-19. La pandémie semble avoir été vécue comme une menace commune et extérieure, qui nuit à tout le monde. Elle aurait aussi entraîné un plus grand sens de la solidarité et de l’empathie. La fréquence d’émotions négatives a cependant été  significativement supérieure dans un bon tiers des pays.

Dans ce petit pays qu’est la Finlande, les autorités ont rapidement réussi à contrôler l’épidémie et les habitants ont plutôt bien vécu les restrictions imposées au printemps. Pour un quart d’entre eux leur qualité de vie s’est même améliorée. Le plaisir de voir la vie quotidienne tout d’un coup ralentir ? Le pays bénéficie d’un très haut niveau de vie, de services publics performants, de vastes étendues de nature (forêts et lacs notamment), et est également très bien classé en matière de solidarité ainsi que dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Sans oublier la qualité de leur enseignement et donc « Fiers d’être Finlandais ! »

S’il faut toujours s’interroger sur la pertinence des critères retenus, l’Europe domine très largement le top 10, qui inclut les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Luxembourg et l’Autriche. Seule invitée non européenne: la Nouvelle-Zélande, qui figure à la 9e place. L’Allemagne (13e), le Canada (14e), le Royaume-Uni (17e), les Etats-Unis (19e) et la Belgique (20e) devancent la France (21e). L’Espagne et l’Italie en 27e et 28e place. Le Brésil en 35e position. Le Japon n’est que 56e, la Russie 76e et la Chine 84e. Au bout, l’Afghanistan figure devant le Zimbabwe, le Rwanda, le Botswana et le Lesotho. L’Inde est la grande puissance la moins bien classée, à une 139e place.

photo d’Anastasia Borisova pour Pixabay