Archives de catégorie : Culture

Happy Monday: ici et nulle part ailleurs ?

Acquittés. Quatre citoyens bruxellois, qui ont hébergé sept migrants en errance, avaient été condamnés pour « trafic d’êtres humains ». La cour d’appel de Bruxelles les a acquittés en juin. Les migrants – qui avaient aussi été condamnés en première instance – ont vu leurs peines allégées, la cour reconnaissant à tous les prévenus leur position « en première ordre » de victimes dans cette affaire. Une claque de la cour pour le procureur général et un ouf de soulagement pour les victimes d’une très longue procédure, dont l’un a cependant purgé 8 mois et demi de  prison préventive, qui ont chamboulé sa vie.

Nos musées ont osé. Confronter un Saint-Sébastien du XVe siècle d’Hans Memling à une oeuvre récente de l’artiste bruxellois Fabrice Samyn, ne manque pas d’audace, mais le pari est gagné. Fabrice Samyn défie les temps, défie le temps et son érosion, la dégradation de toute chose. Il maîtrise parfaitement la peinture et s’avère soucieux du savoir-faire des maîtres anciens, mais il n’hésite pas à les confronter aux médias d’aujourd’hui. Il les réveille. Ses œuvres sont judicieusement dispersées dans les salles Old masters et celles du musée Magritte rue de la Régence.

Policier par passion. « Choisis un job que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie » repris par Mohammed Youfsi, inspecteur de police depuis juillet 2019. Il ajoute sur twitter « Un métier que je ne changerais pour rien au monde, servir et protéger est une réelle passion pour moi, ayant grandi dans un quartier difficile à Bruxelles, je veux prouver que quand on veut, on peut ! ». Le voilà avec le sourire irremplaçable de sa mère.

Bruxsels, ville de la connaissance ?

Ce week end, s’ouvre au Heysel le festival « I love Science ». Pendant 3 jours les visiteurs pourront découvrir (presque) tout ce qu’il est possible de faire grâce aux sciences et aux nouvelles technologies. Si ce festival semble s’adresser plus particulièrement aux jeunes, en réalité il s’adresse à tous et à toutes. Ceux qui apprécient les expériences surprenantes ne seront pas déçus. Des stands interactifs seront consacrés à l’espace, à la nature, aux phénomènes météo et bien sûr à la réalité augmentée, aux drones et aux robots.

Chacun pourra y résoudre des énigmes, y fabriquer des produits ou des objets. Un camion XperiLab.be – avec neuf petits laboratoires – permettra aux jeunes de mener des expériences en biologie, chimie et physique. Liens entre causes et effets. Caractère reproductible d’une expérience. Apprentissage par essais et erreurs. Tout cela participe au développement de l’esprit scientifique. Le festival veut y contribuer. Il est gratuit, mais il faudra un Covid Safe Ticket ou passer un test négatif sur place (gratuit pour les moins de 18 ans).

Bruxelles est la première ville étudiante de Belgique. Des formations s’y donnent en français, en néerlandais et de plus en plus en anglais. Les étudiants étrangers sont toujours plus nombreux dans nos établissements. La Région a l’ambition de positionner Bruxelles comme ville de la connaissance et de la recherche. Et même si elle place un point d’interrogation derrière « ville de connaissance ? »,  Brussels Studies Institute a fait un bilan et a  analysé notre enseignement supérieur. Bruxelles, ville de la connaissance et de la recherche, ne se développera que si elle attire et forme suffisamment des chercheuses et des chercheurs.

Le plaisir de vivre ensemble

« Nous tous » c’est le titre du film que vient de terminer Pierre Pirard. Cela peut sembler naïf, voire ingénu, mais lorsque l’on sait qu’il a eu une carrière de dirigeant de société avant de devenir enseignant, il faut peut-être en demander plus ICI. Pierre passe le canal. Il est frappé par les différences et les méconnaissances entre communautés bruxelloises. Les attentats de mars 2016 ainsi que la lecture du livre Les identités meurtrières d’Amin Maalouf, le bouleversent profondément. Le professeur décide alors de devenir cinéaste.

Il part à travers le monde pour recueillir le témoignage de communautés qui arrivent à vivre  ensemble après un conflit. Au Sénégal des chrétiens et des musulmans vivent en harmonie. Il part dans d’anciennes zones de conflits comme en Bosnie où des ennemis d’hier apprennent à se connaître par le sport. Mais aussi en Indonésie, au Liban ou encore aux Etats-Unis dans une famille juive et musulmane. Loin des crispations autour des questions identitaires et de la peur de « l’autre », si nous montrions d’autres réalités ?

Si, grâce à ces récits glanés aux quatre coins de la planète, nous commencions à voir émerger ce que pourrait être le monde multi identitaire harmonieux de demain ? Et si, nous y prenions part ? Il espère que ces images donneront de nouvelles idées aux Bruxellois. Il n’oublie pas l’importance de l’enseignement et de la rencontre avec l’autre. C’est au cinéma Palace que vous pourrez voir le film « Nous tous ». Voilà de quoi en  savoir plus.

Revoir des étoiles

La nuit, un halo blanchâtre flotte au-dessus de la ville. De toutes les villes. La pollution lumineuse fait moins parler d’elle que celle de l’air ou de l’eau, mais elle est omniprésente et les LED à basse consommation l’ont encore amplifiée. Selon un article documenté du journal Le Monde, elle provoquerait des perturbations majeures dans le cycle de vie des animaux et des plantes, mais pourrait également affecter le rythme de sommeil et la santé mentale des êtres humains. En plus de masquer à peu près totalement les étoiles et le ciel nocturne.

C’est à la fois pour lutter contre la pollution lumineuse et pour des raisons d’économies d’énergie que Strasbourg est devenue pionnière dans la diminution de la luminosité artificielle. Il faut un peu d’attention pour découvrir le secret de l’ambiance feutrée qui règne désormais dans la vieille ville. On y éclaire davantage les espaces destinés à la marche, le reste peut passer à la pénombre. Sur l’une des rives d’un canal illuminé de douces lueurs colorées, dans les ruelles résidentielles ou sous le couvert des arbres, s’étalent de grandes taches de semi-obscurité. L’éclairage des nombreux bâtiments historiques s’éteint à 1 heure du matin. L’âge des villes sans sommeil toucherait-il à sa fin ?

Dans certaines villes, l’intensité de la lumière augmente automatiquement lorsque des piétons arrivent. A Strasbourg, les nouveaux éclairages diffusent une lumière chaude, à l’intensité modulable selon les heures de la nuit. Si l’ambiance mystérieuse et presque féérique étonne, l’éclairage urbain ne se laisse cependant pas réduire sans susciter certaines angoisses. La lumière reste synonyme de sécurité dans l’inconscient collectif. « Il ne faudrait pas sous-estimer ce sentiment d’insécurité, même s’il n’y a pas d’augmentation des agressions. Le risque, c’est de voir les femmes déserter l’espace urbain» .

photo de Guillaume Chauvin figurant dans l’article du Monde

Wallonie Bruxelles: Stop ou Encore ?

Voilà 50 ans que la Wallonie et Bruxelles ont créé une entité fédérée pour gérer les matières qui relèvent de la langue et de la culture française. Parmi elles, l’école, la jeunesse, la culture, la RTBF, mais aussi les sports et la recherche scientifique, qui ne relèvent pas précisément de la langue ou de la culture. Avec sa dénomination « Communauté française », elle était peu lisible, elle a donc choisi de s’appeler « Fédération Wallonie Bruxelles », pour mieux marquer le lien entre les deux Régions dont l’une (Bruxelles) n’est pas exclusivement francophone. Ce lien n’est pas toujours réellement vécu. On n’en a parfois plus grand-chose à faire des Wallons du côté bruxellois et vice-versa. Explications et avis critique ICI.

Plombée par sa dette et par un fait régional de plus en plus partagé, cet anniversaire de la fédération pour bien être un des derniers. En 2024, une nouvelle réforme de l’Etat sera au centre de la table. Le ministre-président – Pierre-Yves Jeholet – se livre à la DH : « L’heure est venue pour les francophones de Belgique d’exprimer leur volonté commune et de répondre à la question de savoir ce qu’ils veulent faire ensemble à l’intérieur de la maison belge. Changer la forme pour ne rien changer au fond ne m’intéresse pas ». Il en dit plus sur Twitter. Il répond aussi aux questions de Thomas Gadisseux. Et Rudy Demotte d’ajouter: « La Flandre, elle-même serait-elle prête à renoncer à sa Communauté et à sa capitale ? ».

Comme d’habitude, on n’a pas entendu grand-chose de Rudi Vervoort, mais en 2024 nous ne pourrons pas continuer à être demandeurs de rien. Régionaliser la RTBF ? ou l’enseignement qui est géré par les deux Communautés ? ce ne sera pas si simple. Il y a la question des dotations mais aussi celle d’un ministre bruxellois de l’Education. Difficilement acceptable pour la Communauté flamande, qui gère bien son enseignement. Il reste deux ans pour identifier les problèmes et rechercher des solutions. Bruxelles ne peut arriver à la table des négociations les mains vides.

Document RTBF