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Les Bruxellois seront ce qu’ils mangent

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Le futur de Bruxelles passe aussi par ce que nous mangeons. A Bruxelles, nous ingurgitons trop de (mauvaises) graisses, trop de sel, trop de sucre (ajouté), trop de viande et pas assez de fruits, de légumes et de fruits secs. Voilà un bilan sommaire vite fait, avec le cortège de problèmes d’obésité et de santé qui se développent. Si pas vous, peut-être vos enfants ou vos parents ?

Pour illustrer cette malbouffe: vous connaissez la « mitraillette » comme repas de midi rapide par chez nous ? Constituée d’une demi-baguette avec une viande cuite, des frites et une sauce de préférence andalouse ou alors lapin … sans le moindre légume (ou alors une demi feuille de laitue), elle est le plus souvent accompagnée d’une canette de Coca qui titre près de 42 g de sucre (8 morceaux). Si on aime, pourquoi pas de temps en temps, mais alors compensé par d’autres types de repas, si possible plus variés et sains.

A l’autre extrême, un nombre croissant de jeunes ont réagi en devenant végétarien ou alors carrément vegan – presque une entrée en religion – mais en oubliant souvent de compenser les protéines de la viande par la consommation de légumineuses, des fruits secs, voire de poissons contenant des omégas-3 s’ils peuvent se le permettre. Un professeur de nutrition de l’UCL fait ICI des propositions pratiques et réalistes. D’autres vont plus loin en supprimant aussi les produits laitiers.

La mitraillette de midi chez Fritland

Une langue qui véhicule plusieurs cultures

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On ne peut plus dire que le Bruxsels d’aujourd’hui soit une ville de culture française, même si la ville comporte toujours une importante minorité de Bruxelloises et de Bruxellois francophones. Par contre, le français reste toujours la véritable lingua franca de Bruxelles, un outil précieux qui permet aux Bruxellois de toutes origines de se comprendre et d’échanger. Une lingua franca qui véhicule donc plusieurs cultures, dont la culture française.

Ce n’est évidemment pas parce qu’un Bruxellois néerlandophone, anglophone ou originaire d’Italie s’exprime en français qu’il participe ou cultive la culture française. C’est en français qu’il exprime sa pensée, avec les accents et les valeurs de sa culture propre, en vue d’être compris par une majorité de Bruxellois. Tous ces efforts méritent le respect et contribuent aussi à enrichir les débats qui se déroulent dans la ville la plus cosmopolite du monde (cependant derrière la ville de Dubaï).

Si demain, le français devait être supplanté par l’anglais comme langue véhiculaire, cette nouvelle lingua franca de notre ville, ne ferait pas de nous des citoyens de culture anglaise. Chacun se contenterait de traduire sa pensée en anglais, sans renier sa culture propre.

Un devoir de protection

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Tout a été dit sur l’inimaginable incendie de Notre Dame de Paris en pleine restauration. Je m’étonne cependant de ne pas (encore) entendre grand-chose à propos de l’absence de surveillance efficace d’un tel chantier. Alors que des détecteurs de fumée sont obligatoires dans le moindre appartement de Bruxelles, on peut être surpris de constater que rien ne semblait avoir été mis en place pour monitorer efficacement un chantier où soudures et chalumeaux représentent un danger connu et prévisible. L’enquête permettra de voir s’il y a eu manque de prévoyance ou défaillance des systèmes de surveillance en place. Détecté dès son origine, tout foyer d’incendie peut être maîtrisé par les hommes du feu, ce qui n’est plus le cas dès que le brasier s’emballe.

Cette tragédie ne soulève-t-elle pas la question de la conservation d’œuvres d’art majeures dans des églises qui ne peuvent être monitorées et protégées comme le sont des musées modernes ? A Bruxelles, et surtout en Flandre, des oeuvres d’art inestimables, des reliques et des trésors se trouvent conservés dans des églises pour lesquelles ces oeuvres ont été réalisées, mais dont les bâtiments ne peuvent assurer efficacement la protection contre le feu, mais aussi contre les dégâts des eaux, de l’humidité ou contre le vandalisme et le vol.

L’Adoration de l’Agneau Mystique des frères Van Eyck visible ICI en haute définition, a connu bien des aventure et vient d’être restaurée dans toute sa splendeur, mais cette oeuvre est-elle bien à l’abri du feu et des dégradations dans la cathédrale Saint-Bavon ? Malgré toutes les précautions prises, est-ce le lieu idéal pour sauvegarder ce trésor mondial de l’humanité ? L’incendie de Notre Dame de Paris, n’a-t-il pas démontré à suffisance l’impuissance des hommes du feu face à des bâtiments d’une telle ampleur et difficilement approchables ? Autant vitraux, orgue et mobilier fixe font partie intégrante de l’édifice, autant les œuvres d’art qu’abritent les églises pourraient être mieux protégées dans les bâtiments conçus à cette fin. Une réflexion ne s’impose-t-elle pas à Bruxelles comme ailleurs ?

Images Google Arts @ culture & Lukas Art in Flanders 

Bruxelles Grand Ecran

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C’est à Bruxelles et nulle part ailleurs, qu’il a été possible pour Luc Jabon de tourner ce long métrage à la découverte d’une ville, au fil de ses rues et de ses places et des ses habitants. Une ville qui se raconte sans forfanterie et se donne à voir telle qu’elle est: imprévisible, bordelesque, envahie, non formatée, émouvante, belle, négligée et tellement surréaliste. Le Bruxelles qui se déroule devant nos yeux est celui que nous aimons. Tout le peuple de Bruxelles est là et bien là, avec son sens inné de l’autodérision et dans sa super-diversité. Le film a d’ailleurs failli s’appeler « Bruxelles, ville-monde ».

La ville comme vous ne l’avez jamais vue. Ni documentaire didactique, ni film de propagande touristique, ni plaidoyer social ou historique, ni film de fiction. On ne s’ennuie pas une seconde. Des images superbes de Michel Baudour et des perspectives inconnues grâce à l’usage d’un drone. La ville aux cents comités d’habitants, qui rivalisent d’énergie et d’audace pour revendiquer des espaces à taille humaine et pour jouir d’une vie urbaine de qualité. La musique de Martin Salemi est aussi à l’image de ce jazz inimitable qui fleurit dans les clubs et les caves de Bruxelles, où plane toujours l’ombre du grand Toots.

Le film « Bruxelles-Brussel, une traversée urbaine » sera présenté en avant-première le jeudi 2 mai à 20h dans la grande salle de Bozar, après un verre de l’amitié dans le Hall Horta dès 19h.
Je dispose d’invitations gratuites pour les 20 premières personnes qui en feront la demande à bruxsel@gmail.com

 

 

 

Le futur de la grande mosquée

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Suite aux attentats du 22 mars 2016, la Commission parlementaire avait demandé de mettre fin au contrat établi avec le Centre Culturel de Belgique, financé par la Ligue islamique mondiale, très liée à l’Arabie saoudite. Une infrastructure que le roi Baudouin avait « cédée » au roi Fayçal en 1967. Ce 31 mars le préavis a expiré et les clefs ont été rendues. L’Exécutif des Musulmans de Belgique – instance reconnue par l’Etat – en assurera la gestion matérielle et a déjà engagé un concierge. Pour la prière il y aura une rotation d’imams rémunérés par le SPF Justice: des imams rattachés à des mosquées reconnues par la région bruxelloise.

La future Grande Mosquée du Cinquantenaire serait composée de quatre entités. La première, l’Exécutif des Musulmans en permanence. La deuxième, un Institut de formation pour les imams. La troisième consacrée à un musée islamique et puis une quatrième, la Grande Mosquée comme lieu de culte. Son but: faire éclore un islam de Belgique, celui du juste milieu, du dialogue et de la coexistence pacifique éloigné de celui de la péninsule arabique.

Il ne suffit évidemment pas de couper le lien pour que l’idéologie wahhabite – à tendance salafiste – s’évapore, alors qu’elle a percolé dans une partie de la communauté par son influence dans un grand nombre de mosquées. Par exemple, deux ASBL se sont déclarées candidates pour reprendre la gestion et on y trouve des personnes nommées par les Saoudiens salafistes. Mais ce n’est pas tout, c’est plus compliqué que cela, voilà ce qu’en disent quelques médias.

RTBF Et si l’Arabie saoudite lorgnait toujours la Grande Mosquée de Bruxelles?
La Libre La politisation de la foi musulmane en Belgique doit cesser
RTBF Où en est la gestion de la Grande Mosquée ?
La Libre Les appétits s’aiguisent pour la reprise de la Grande Mosquée
Carte blanche Décoloniser la Grande Mosquée de Bruxelles, voilà l’urgence
De Morgen interview imam Khalid Benhaddou