Archives pour la catégorie Culture

Happy Monday: vers un nouvel âge d’or

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Vous lirez sans doute avec plaisir, que la crise du coronavirus pourrait conduire à un âge d’or. C’est une professeure d’économie à l’Institute for Innovation and Public Purpose à Londres qui l’affirme. Carlota Perez, du haut de ses 80 ans, a toujours l’oreille des pouvoirs publics et des grandes institutions, qui la considèrent comme une autorité dans le domaine de l’étude des grandes évolutions technologiques des siècles derniers. Pour elle, nous sommes à un point de basculement difficile, qui voit émerger les populismes à cause de la haine de ceux qui se sentent exclus. Mais les crises finissent par ouvrir la porte à de grands changements. Les destructions peuvent être créatrices. Retourner au « business as usual » ? ou franchir le pas vers une croissance intelligente, verte et équitable ?

En plein confinement marqué par la rareté des contacts sociaux, difficile de croire que nous connaîtrons bientôt un âge d’or. Carlota Perez répond à cette question et à bien d’autres.

Quatre petites phrases pour vous donner envie de lire son interview complète dans L’Echo.

« Avant, les consommateurs prenaient pour acquis que la propriété était la base d’une vie prospère, mais aujourd’hui c’est la location qui règne en maître. »
« Aujourd’hui, la pandémie a créé une situation comparable à une guerre en termes de destruction de l’économie et des moyens de subsistance des populations. »
« Je suis convaincue qu’un revenu de base universel représente la meilleure forme d’assurance contre le chômage au sein de l’Etat Providence moderne. »
« Les pouvoirs publics doivent faire évoluer les règles du jeu de manière à ce que le potentiel technologique se traduise par des bénéfices aussi nombreux que possible pour l’ensemble de la société.

Lucas Cranach l’ancien – L’age d’or – 1530

Faire classe dans les bois ?

Alors que la reprise dans les écoles suscite des interrogations chez les enseignants, les parents et les élèves, l’école dans les bois – très répandue au Danemark en toutes saisons – ne pourrait-elle pas être une solution à envisager en période de pandémie ? A Bruxelles, parc et bois sont proches, mais les écoliers restent confinés à l’intérieur, les excursions sont interdites, alors que le virus est beaucoup moins actif à l’air libre que dans les classes. Comprenne qui pourra.

Habillés d’une combinaison, de bottes et de gants, les parents danois n’ont aucune crainte à voir grimper les enfants aux arbres, à jouer avec de l’eau et à se salir. Faire l’expérience de la nature. Etre émerveillé. Ressentir de la joie, du bonheur, mais aussi de la peur, en sachant entouré par les autres. Apprécier les odeurs, les sons, les goûts, les textures, … S’asseoir près de la chaleur et des bruissements du feu. S’interroger pour comprendre ce qui se passe dans la nature. Croiser la vie et la mort.

Dans le Nord, faire la sieste en terrasse, quelle que soit la météo, est une tradition, car le froid renforce le système immunitaire des enfants. A Bruxelles, vous vous rappellerez l’expérience de BOS évoquée ICI et aussi tentée au Luxembourg et dans plus de 1000 écoles en Allemagne. « Faites du monde naturel – y compris la peur et le risque – une part de l’expérience d’apprentissage quotidienne des enfants ».

Où le virus se propage-t-il le plus aisément ? Où les enfants développent le mieux leur curiosité et leur autonomie ?

 

La future place Sainctelette

une simulation des architectes Arcadis et d’autres vues de taille plus grande sur BX1

Elle n’a de place que le nom, mais depuis l’arrivée du projet de centre d’art contemporain Kanal à la place du garage Citroën, l’échangeur routier Sainctelette se devait de subir un profond lifting,  pour accueillir confortablement ses visiteurs. Ce sont les bureaux AgenceTer, Karbon et Arcadis qui ont été sélectionnés, pour repenser entièrement le croisement entre la Petite Ceinture et le canal. Les retards se sont accumulés suite à de nécessaires études supplémentaires. Après une phase participative encore mise en place avant la fin de cette année, il y aura le dépôt de la demande de permis au printemps 2021. Les travaux ne commenceront qu’en avril 2022, pour se terminer en 2025, selon Bruzz, en même temps que d’autres chantiers dans le quartier.

A quoi ressemblera la future place Sainctelette ? Une grande esplanade s’installera devant Kanal et une place arborée verra le jour côté Molenbeek. Deux passerelles seront ajoutées sur les côtés du pont actuel, afin de pouvoir mettre trams et le bus en site propre et de réserver un espace protégé pour les piétons et les vélos. Les deux fois deux bandes pour les voitures seront maintenues sur Léopold II, mais les voitures ne pourront plus traverser le carrefour depuis le boulevard de Dixmude. Il était aussi question d’une sortie métro plus proche de Kanal et de Tours et Taxis que la station Yser, mais ce projet ne figure pas sur les plans.

C’est BX1 qui annonce tout cela dans un article d’actualité, mais si vous voulez découvrir les différents aspects de ce nouvel espace, allez donc voir cet autre article très illustré de BX1 de 2019. Avec quelques passerelles de plus, de véritable barrière, le canal pourrait progressivement devenir un trait d’union entre ces deux parties de la ville basse.

 

Happy Monday: vivre les uns avec les autres

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Cela ressemble à un slogan facile ou a un lieu commun, mais lorsque c’est le ministre flamand de l’Intégration et de l’Égalité des chances qui affirme que son objectif est « d’encourager les Flamands à vivre les uns avec les autres et nous plus les uns à côté des autres » on peut se demander comment il va s’y prendre pour en faire une réalité ? Mais l’homme sait de quoi il parle, il a été bourgmestre de Malines. Il a été nommé « meilleur bourgmestre du monde » en 2016 par la City Mayors Foundation pour s’être s’investi, avec sa communauté, dans l’accueil des réfugiés et l’intégration des migrants dans une ville plutôt négligée, qu’il a  transformée en l’une des cités les plus attrayantes de Belgique.

C’est bien du ministre Bart Somers qu’il s’agit. Peut-être serez vous surpris d’apprendre qu’il est élu sur les listes de l’Open VLD. C’est un article de la Gazet Van Antwerpen – heureusement traduit ICI par Daardaar – qui nous apprend comment il s’y est pris à Malines. « Chaque primo-arrivant est encadré par un parrain ou une marraine avec lequel ou laquelle il va passer plusieurs heures par semaine durant un certain nombre de mois. Il apprendra ainsi non seulement notre langue, mais aussi nos valeurs et coutumes. Il étoffera son réseau de connaissances et augmentera ses chances d’accéder à un emploi et un logement. Nous voulons l’étendre à d’autres groupes cibles, comme les personnes dans la précarité, atteintes d’un handicap ou appartenant à la communauté LGBT. Nous pourrons ainsi renforcer les liens au sein de notre société ».

Multiplier les contacts entre les individus, ne pas se contenter de vivre un entre soi confortable. Avec « School in Zicht », Bart Somers compte aussi favoriser la mixité au sein des écoles avec le ministre de l’Enseignement. Non par la contrainte, mais en encourageant les parents à opter pour des écoles mixtes. La société a tout à y gagner. La jeune génération est amenée à évoluer dans une Flandre multiculturelle. Le fédéral gère les arrivées sur le sol belge, la Flandre veille à l’intégration des primo-arrivants, mais les pouvoirs locaux jouent un rôle déterminant dans la participation réelle au projet de société. Un exemple pour Bruxelles ? où la Région a tardé à mettre des programmes d’accueil et d’intégration en route. Alors qu’elle les a enfin rendus obligatoires au 1er janvier 2020 (pour les primo-arrivants non UE), rien ne sera finalement prêt avant le 1er janvier 2021… Même G-L Bouchez au MR regrette ces retards et ces discriminations.

 

Osez la forêt !

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Ce samedi après midi pourrait être un des plus beau moment de l’automne avec une température annoncée de 16°.  Comme le shopping est limité à l’essentiel, pourquoi ne pas tenter une escapade en forêt de Soignes ? Une forêt cathédrale dont les hêtres majestueux sont si proches de la ville. « Un lieu hors de l’espace et du temps qui ne s’inscrit dans le monde que pour mieux s’en abstraire ». Peu de grandes ville ont la chance de bénéficier d’une forêt aussi accessible. Les Japonais qui pratiquent les bains de forêt, le Shinrin-yoku et les « câlins aux arbres » leur attribuent un renforcement du sytème immunitaire et des vertus contre le stress … Ce qui est certain, c’est qu’on en revient comme d’un vrai voyage.

Si vous prenez tout simplement le tram 44 à Montgomery, vous débarquez en pleine forêt aux arrêts Auderghem-Forêt, Drève des Brûlés ou Tir aux Pigeons. Et si vous allez jusqu’au terminus à Tervuren, vous découvrirez un beau parc à la française, mais aussi le Bois des Capucins et son très riche arboretum, encore plus beau en automne. Vous pouvez aussi accéder à la forêt de Soignes par le Bois de la Cambre ou alors par le parc Tournay Solvay et par le Rouge Cloître accessibles par le M° Hermann Debroux, par le 95 à Wiener, par le 94 à l’Hippodrome. Les gares de Boitsfort et de Groenendael sont aussi des portes d’accès, à moins que vous leur préfériez le vélo ?

Au creux de cette forêt, se trouvent même des vestiges néolithiques  et le monument aux forestiers vous emportera vers un rêve druidique sous les hêtres. Les surprises ne manquent pas, mais Bruxelles Environnement vous révèle tout à propos de la forêt de Soignes: sa faune, sa flore, ses oiseaux, ses champignons … et vous présente aussi des itinéraires et une carte détaillée au bas du document. Vous laisserez-vous tenter ? Peut-être s’y croisera-t-on ?

photo extraite de la promenade de 6 km proposée par Natagora