Archives pour la catégorie Urbanisme

Fuir la ville ? vous reviendrez

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C’est le tire d’un article de CityLab par le chroniqueur bruxellois de Bloomberg Opinion, traduit en français ICI par DeepL. Il fait un parallèle avec le film Metropolis de Fritz Lang de 1927, dont la bande-annonce est à découvrir ICI. Des foules d’ouvriers y défilent la tête basse dans des tunnels souterrains pour se rendre à leurs tâches quotidiennes, tandis que les riches vivent dans des palais de plaisance situés sur les hauteurs. Si le film était refait aujourd’hui, il pense qu’il y aurait encore plus d’éléments dystopiques de la vie du XXIe siècle à y inclure, particulièrement avec le Covid-19, qui a transformé des villes densément peuplées et dynamiques en espaces stériles où le contact humain doit être évité.

Il n’est donc pas étonnant que les citadins, qui en ont les moyens, sortant de mois d’enfermement, soient plus que jamais enclins à quitter leurs maisons urbaines et à partir à la recherche d’utopies verdoyantes. Mais même si une correction immobilière urbaine semble inévitable – mais peut-être pas à Bruxelles – nous ne devrions pas passer les villes post-pandémie par pertes et profits trop rapidement. L’article explique pourquoi.

Creuset de diversité et de créativité, les villes pourraient changer pour un mieux après la pandémie. Elles vont devoir se rendre plus vivables: plus de parcours marchables et cyclables, moins de voitures, des bâtiments végétalisés, des habitats groupés avec services, des logements publics modernes bien disséminés. Dans le Brabant, l’exode pourrait rendre la vie moins verte et moins pratique qu’aujourd’hui. Les abeilles ont déjà compris: elles rappliquent en ville à cause des pesticides. Les grandes villes de l’histoire – Athènes, Rome, Bagdad, Constantinople – ont montré les formidables effets de réseau qu’engendre le mélange du commerce, de l’art, de la science et du pouvoir en un même lieu.

Et il conclut : vous fuyez la ville, mais vous reviendrez !

Happy Monday: moins de magasins de souvenirs ?

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En centre-ville, les magasins de souvenirs se sont très fortement multipliés ces dernières années, à la faveur de l’augmentation des Citytrips, liée à la fois aux vols low cost et aux logements Airbnb. Ils ont progressivement remplacé des commerces spécialisés et de proximité, utiles aux habitants. Ils sont tellement nombreux et avec un assortiment tellement stéréotypé, que l’on peut se demander comment ils trouvent encore acheteurs pour leurs Manneken Pis en tire-bouchon, leurs chocolats supposés belges et leurs gaufres chantilly à 2€.

Bien qu’ils soient à nouveau autorisés à lever leurs volets, la plupart ont choisi de rester fermés, parce que cela leur coûterait plus cher d’ouvrir, vu qu’ils ne vendent rien à la population locale et que le retour des touristes n’est pas pour demain. Un article de BX1 répercute leur demande urgente d’une aide spécifique de la part du gouvernement. Le gouvernement régional ne devrait-il pas se poser la question de l’utilité de garder en vie une telle quantité de magasins de souvenirs ?

Même s’il n’y a pas lieu de se réjouir de cette fatalité, faut-il sauver de la faillite ces magasins en surnombre, qui ont pris seul la décision de se multiplier ainsi ? A Amsterdam, pour tenter de réduire le tourisme de masse et de rendre la cité aux habitants, le conseil municipal a décidé d’interdire l’ouverture de tout nouveau magasin orienté vers le tourisme, dans près de 40 rues du centre. Il en précise les modalités ICI.

image extraite de la vidéo de BX1

 

https://www.rtbf.be/tendance/voyage/actu/detail_amsterdam-limite-les-echoppes-pour-touristes-de-son-centre-ville?id=9732044

Notre Plan Mobilité récompensé par l’Europe

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Le plan régional de mobilité Good Move avait déjà reçu un accueil plutôt favorable de la pat des citoyens de Bruxelles. Voilà qu’il vient de gagner l’édition 2020 du prix européen de la planification de la mobilité urbaine durable. Un prix décerné chaque année par la Commission européenne par l’intermédiaire du réseau des villes et régions européennes, coopérant pour des solutions de transport innovantes (Polis).

Selon l’article de BX1, le jury aurait particulièrement apprécié la participation importante des citoyens lors d’une enquête publique de 4 mois, ainsi que cette conception de la ville “comme un écosystème“ soutenue par un programme clarifiant les échéances et les moyens à mettre en œuvre. Bruxelles Mobilité précise “Nous avons réalisé des ateliers avec les communes, les zones de police, l’organisation patronale bruxelloise Beci, les opérateurs de transports comme la Stib et différents types d’acteurs pour élaborer ce plan.

Le plan, repris par Le Soir, trace les grandes orientation pour améliorer la mobilité de la capitale au cours des dix prochaines années. Ce plan est censé permettre de réduire l’usage de la voiture de 24% d’ici à 2030 et 34% pour le trafic de transit. Il entend aussi multiplier l’usage du vélo par quatre, de rendre l’espace public aux habitants et de créer 50 quartiers apaisés sans trafic de transit. Tous les détails  de ce plan sont développés ICI.

Des citoyens devant le fait accompli

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Samedi 25 avril, à la première heure, sans aucun affichage ni aucune information à la population, une excavatrice a créé une large voie de plus de 100 mètres de long à travers la friche Josaphat. Ces travaux ont été entrepris à la surprise totale des habitants et de la commune de Schaerbeek. Quelle est l’urgence, pour la Région, de procéder à de tels travaux de terrassement, en plein confinement, alors que les résultats de l’enquête publique ne sont pas encore connus, que le PAD Josaphat n’a pas encore été présenté en deuxième lecture au gouvernement bruxellois, qu’il n’y a aucun permis d’urbanisme ?

« Quelle considération pour les Bruxellois qui se sont exprimés en décembre dernier, lors de l’Enquête publique », demande le collectif Sauvons la friche Josaphat, qui exige que que les travaux de terrassement s’arrêtent, jusqu’à la clôture des procédures de consultation publique. Rien ne vient justifier cette action coup de poing. Il n’y a ni urgence, ni permis, ni justification. Un juriste guide-nature développe ses arguments ICI.  L’échevin du Climat Vanhalewyn (Ecolo) de la commune de Schaerbeek regrette la procédure, mais estime un recours au Conseil d’Etat perdu d’avance, vu que ces travaux préparatoires ne sont pas illégaux.

Entre la Région, qui veut construire un nouveau quartier à Josaphat, pour répondre au défi démographique et les partisans du maintien d’une friche, dont la richesse écologique est reconnue par le monde scientifique, le conflit dure depuis longtemps. Sans entrer dans le fond de la question, ce ne sera pas à coup d’excavatrice, qu’il pourra se régler de manière démocratique.

 

La ville du quart d’heure

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Tout à un quart d’heure à pied de chez vous, ou a un quart d’heure en transports en commun pour les destinations plus occasionnelles. Le rêve. Un rêve que seul la ville pourrait concrétiser, si elle profitait de la crise coronavirus pour revoir ses priorités et son organisation. Vous imaginez le temps gagné en terme de déplacements, si un espace vert, une crèche, une bonne école et un coiffeur se trouvaient proches de chez vous ? Un boulanger, un légumier, une épicerie, un boucher et un poissonnier pourraient vous éviter l’hypermarché en voiture et vous offrir des produits en circuit court.

En ville, en pleine crise du coronavirus, le pouvoir ne peut se contenter d’offrir un soin médical, cela pourrait aussi être l’occasion pour lui de réfléchir – avec la société civile – à la vie dans la ville. Aux conditions nécessaires pour favoriser un autre rythme de vie, une autre sociabilité. Les solidarités qui sont nées à la faveur du confinement ne peuvent disparaître. Le président de la république d’Allemagne a dit « La pandémie n’est pas une guerre mais un test d’humanité ». Le bourgmestre de Bruxelles Ville a déjà évoqué une ville avec tout à 10 minutes, même si c’est encore sans aucune feuille de route.

Dans Le Monde, Carlos Moreno constate que “la vie urbaine est cadencée pour que chacun aille d’un lieu à l’autre, « plus vite et plus loin », sans aucune maîtrise du temps utile.Ces déplacements nombreux, qui empiètent sur le temps que nous pourrions consacrer à nos proches, nous conduisent à une forme de lassitude”. Dans cet article, il développe une réflexion plus générale sur la vie en ville et ses quartiers. Pour lui, la ville du quart d’heure permet de reconstruire la solidarité et l’entraide, qui sont les vrais pivots du bien vivre.