Archives pour la catégorie Urbanisme

2020 se termine

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Pour vivre les dernières heures de 2020, qui restera dans toutes nos mémoires, je vous propose un petit regard croisé sur le passé et le futur de Bruxelles. Si vous pouvez en prendre le temps, je vous invite à visionner ces trois précieuses vidéos de quelques minutes, avant de nous revoir le 2 janvier 2021.

La maison du peule de Victor Horta n’existe plus, mais à partir des plans et de traces éparses, des historiens, des architectes et des informaticiens vous proposent une visite virtuelle de la reconstitution de cette oeuvre phare de l’Art Nouveau, dont le musée Horta nous livre tous les secrets.

Sur l’ancien site de Tour et Taxis, le futur rencontre le passé. Après un long abandon, les immenses verrières des vestiges d’un Bruxelles industriel retrouvent leur beauté et sont en route vers de nouvelles affectations. Auvio vous offre une promenade virtuelle des rénovations et pourquoi pas une véritable promenade hivernale dans le site et le parc ?

Après le Moyen Age et sa peste noire, les maladies et les épidémies successives ont contraint la ville à s’adapter pour survivre. Sortir les cimetières de la cité, voûter la Senne, percer des boulevards, créer des places vertes et des égouts, lutter contre la pollution et le réchauffement, mettre fin aux zones monofonctionnelles. Tout cela illustré par une vidéo de 5 minutes.

une nouvelle  lune se lève sur Bruxsels en cette 2020 …

Démolir pour construire

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Dans une ville densément bâtie – sauf existence de quelques friches – il est nécessaire de démolir pour construire du neuf. Se pose alors la question de déterminer ce qui doit être conservé et ce qui peut être détruit. Quelles traces du passé une ville doit-elle conserver ? Ainsi, Bruxelles a déjà perdu son ancienne gare du Midi place Rouppe, la Maison du Peuple de Victor Horta ainsi que son hôtel Aubecq, le Centre Rogier (Martini) de Jacques Cuisinier, les immeubles d’angle de la porte de Namur et ceux de la place Stéphanie, et tant d’autres victimes de la « bruxellisation », bien illustrée par cet article de 2017 de la RTBF, avec ses astucieuses photos coulissantes Avant/Après.

Aujourd’hui, la réflexion doit aussi se porter sur les conséquences écologiques de démolitions d’immeubles qu’il possible de rénover ou d’adapter. Nous n’ignorons plus que matériaux ne sont pas inépuisables, même le sable nécessaire au béton finit par se faire rare. L’ARAU s’insurge contre la très large démolition prévue de l’îlot de la place De Brouckère (côté UGC), de la démolition du tri postal de l’avenue Fonsny en sursis, de la rue de la Loi, dont les immeubles –  souvent récents – ne cessent d’être démolis et reconstruits sans l’accord des citoyens. S’oppose aussi formellement à la démolition de l’immeuble Belgacom (aujourd’hui Proximus) au pied du Sablon, à propos de laquelle Quartier des Arts adopte une position plus mitigée.

Le parlement européen, place du Luxembourg, n’a pas 30 ans, mais dès 2017 ses membres ont déjà examiné la possibilité de sa rénovation complète ou de sa démolition/reconstruction, bien que le promoteur estime qu’il n’y a pas de problème de stabilité. Fin 2019, un appel à projets a été lancé pour évaluer les deux solutions, en vue répondre aux problèmes de sécurité et de gaspillage d’énergie qui ont été constatés. Strasbourg en profite pour se profiler comme siège unique. Pour le citoyen, cela fait plutôt mauvais genre et pourrait être vu comme symbolique d’une mauvaise gestion européenne. Comme le constate ma voisine, la maison que j’occupe a 300 ans et est toujours là …

image Michael Gaida Pixabay

 

Quel avenir pour les bureaux ?

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Malgré la Covid-19, pas moins de 300 000 mètres carrés de nouveaux bureaux sont en construction dans le quartier Nord. De projections régionales non encore publiées, il ressort que cela représente deux fois plus que la demande. « Nous devons avoir le courage de changer de cap. Le grand  complexe de bureaux monofonctionnel est une chose du passé » confie Rudi Vervoort dans un article de Bruzz traduit ICI. Le même journal avait déjà publié « Le Corona fait trembler les tours de bureaux » et Métro se charge de faire le point sur le marché actuel.

Pascal Smet dans la DH: « Le quartier Nord illustre parfaitement le type de ville que Bruxelles est devenue pendant la seconde moitié du siècle dernier : une ville de navetteurs pensée exclusivement pour la voiture. Aujourd’hui, la Région veut refaçonner les abords de la gare du Nord pour en faire un quartier exemplaire. La dynamique, les partenaires et la volonté politique sont désormais là pour faire du quartier Nord un symbole de la nouvelle voie que Bruxelles veut emprunter : une métropole vivante et florissante à dimension humaine ». Un groupe de pilotage a été mis en place et une consultation citoyenne y est annoncée.

Si l’avenir de l’immobilier bureaux post-covid vous intéresse, voilà – comme promis – le lien vers la rencontre organisée par Aula Magna et les questions-réponses. Vous trouverez aussi les slides de  l’exposé de Tamas Polsters (ex de Cushman & Wakefield) et les slides de Sophie Coekelberghs (Perspective), qui illustre les étapes du futur du quartier Nord. Là, vous voilà documentés à bonne source.

 

Happy Monday: la fin des quartiers de bureaux ?

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La crise sanitaire a accéléré l’évolution de la fonction bureau et du télétravail à Bruxelles. Cela pourrait être la conclusion de la rencontre organisée par Aula Magna. Sophie Coekelberghs – chargée de mission régionale à Perspective.brussels – a établi la synthèse de la localisation et de la situation actuelle des bureaux dans les 19 communes. Elle a fait le point sur les surfaces transformées en logements et sur les espaces inoccupés. Elle a aussi évoqué la fin prochaine des quartiers de bureaux monofonctionnels et un avenir possible pour cette fonction urbaine essentielle, notamment à partir des prescriptions du nouveau Plan Régional d’Affectation du Sol et des ses “mailles”.

Tamas Polster occupait jusqu’il y a peu le poste de Head of Strategic Consulting chez Cushman & Wakefield – qui figure au top 3 des leaders mondiaux des services spécialisés en immobilier d’entreprise. Il a fait part des perspectives d’avenir de la fonction bureaux à Bruxelles et des reconversions possibles de certains bâtiments. Il a mis l’accent sur le développement du télétravail, qui a fait une grande percée mais qui nécessitera des espaces de coworking décentralisés proches du domicile des employés. Pour lui, le télétravail ne remplacera jamais complètement les nécessaires rencontres entre membre du personnel tant sur le plan de l’intelligence collective que sur le plan social. Le bureau de demain devra pouvoir accueillir différents types de fonction et trouver autour de lui un environnement commercial et de détente nécessaire pour attirer et maintenir les employés dans une course aux talents qui s’accentue.

Alain Deneef qui animait le débat, mais qui est aussi actif dans le domaine du design urbain, a attiré l’attention sur la contraction des surfaces actuelles de bureau et a demandé à la Région de se pencher sur un plan intégré de reconversion de certains types de bureaux en logements. Des intervenants se sont réjouis de voir des bureaux se transformer en logements, mais ils insistent pour que ces appartements soient traversants et durables, avec aussi la crainte que les prix pratiqués ne le rendent inaccessibles pour de nombreux Bruxellois en recherche de logement. Si le sujet vous intéresse, vous en saurez beaucoup plus en regardant la rediffusion de la rencontre qui sera mise en ligne dans quelques jours.

La future place Sainctelette

une simulation des architectes Arcadis et d’autres vues de taille plus grande sur BX1

Elle n’a de place que le nom, mais depuis l’arrivée du projet de centre d’art contemporain Kanal à la place du garage Citroën, l’échangeur routier Sainctelette se devait de subir un profond lifting,  pour accueillir confortablement ses visiteurs. Ce sont les bureaux AgenceTer, Karbon et Arcadis qui ont été sélectionnés, pour repenser entièrement le croisement entre la Petite Ceinture et le canal. Les retards se sont accumulés suite à de nécessaires études supplémentaires. Après une phase participative encore mise en place avant la fin de cette année, il y aura le dépôt de la demande de permis au printemps 2021. Les travaux ne commenceront qu’en avril 2022, pour se terminer en 2025, selon Bruzz, en même temps que d’autres chantiers dans le quartier.

A quoi ressemblera la future place Sainctelette ? Une grande esplanade s’installera devant Kanal et une place arborée verra le jour côté Molenbeek. Deux passerelles seront ajoutées sur les côtés du pont actuel, afin de pouvoir mettre trams et le bus en site propre et de réserver un espace protégé pour les piétons et les vélos. Les deux fois deux bandes pour les voitures seront maintenues sur Léopold II, mais les voitures ne pourront plus traverser le carrefour depuis le boulevard de Dixmude. Il était aussi question d’une sortie métro plus proche de Kanal et de Tours et Taxis que la station Yser, mais ce projet ne figure pas sur les plans.

C’est BX1 qui annonce tout cela dans un article d’actualité, mais si vous voulez découvrir les différents aspects de ce nouvel espace, allez donc voir cet autre article très illustré de BX1 de 2019. Avec quelques passerelles de plus, de véritable barrière, le canal pourrait progressivement devenir un trait d’union entre ces deux parties de la ville basse.