Archives pour la catégorie Urbanisme

Billet déconseillé aux fans de l’auto

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Après avoir tenu son « salon » en grandes pompes, la voiture individuelle va devoir se résigner. La Région va supprimer 60.000 emplacements de parking en surface. Les bandes de circulation se rétrécissent. Le 30 km/h va se généraliser. Les voitures dites de « société » sont sur le grill. De plus en plus d’espaces publics sont réservés à la circulation piétonne. Bientôt une taxe sur les km parcourus ? Et l’ancien patron de la STIB d’ajouter: « La vie d’un automobiliste doit devenir insupportable à Bruxelles, je ne vois pas d’autres possibilités ».

On assiste a une véritable guerre déclarée à la voiture individuelle, alors que certains arrivent tout juste à accéder à ce rêve de leur vie et que d’autres développent de bonne foi (?) des arguments rationnels pour démontrer que la voiture leur est indispensable. Et les médecins ? Le mien se déplace dorénavant en vélo et ne connaît plus ni bouchons ni problèmes de stationnement pour ses visites. Les automobilistes ne payent-ils pas aujourd’hui leur arrogance passée et leur lobbying constant pour une ville qui s’adapte à leur voiture individuelle ? Tunnels, parkings, voies rapides, autoroutes urbaines, trottoirs étroits … Un journal économique s’interroge ICI et un bulletin écologiste estime LA qu’on peut faire mieux sans.

Aujourd’hui, des transports publics plus performants, des TGV, des voitures partagées ala Cambio, des covoiturages organisés, des taxis collectifs, l’auto stop, des véhicules Uber et Co, des vélos et des trottinettes partagées et la marche à pied, constituent déjà des alternatives crédibles en vue d’une ville apaisée et respirable. Les vraies réticences semblent bien venir des lobbies et des inconditionnels de « ma voiture, ma liberté », des passionnés de voitures accros à leur bagnole, comme d’autres à leur cigarette ou à leur vin rouge. Faut-il tolérer que la passion des uns continue à gâcher la vie et la santé des autres usagers de la ville ?

 

3.500 camion en plus

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Selon Bruzz, qui révèle l’information, quelques 3.500 camions supplémentaires pourraient entrer dans la circulation bruxelloise chaque semaine d’ici la fin de l’année, suite à la décision d’Infrabel de supprimer la seule voie de chemin de fer qui relie encore le Port de Bruxelles au réseau ferré de Schaerbeek-Formation.

Alors que le Port comptait développer une plate-forme d’échange eau/fer/route stratégique, voilà que le Fédéral laisserait démanteler la dernière des quatre voies de liaison vers le Port. Selon Le Soir, les discussions épiques entre la Région de Bruxelles, Infrabel et le FIF (1), concernant une parcelle de terrain de Schaerbeek-Formation, durent depuis des années et sont actuellement dans une impasse totale. En dernier recours et vu l’échéance, le Port et la Région ont décidé de porter l’affaire en justice. Une course contre la montre, avant que cette voie ferrée, capitale pour Bruxelles, ne soit démontée par Infrabel.

Alors que la SNCB peut se réjouir d’avoir attiré 253 millions de clients (11% de plus en trois ans), elle continue de négliger Bruxelles. Elle ne rend pas opérationnel son réseau de 34 gares bruxelloises, elle laisse s’accumuler les retards pour le lancement du RER, elle dévaste l’urbanisme autour de la gare du Midi… Pendant ce temps, l’Allemagne et Deutsche Bahn viennent de conclure un vaste plan pluriannuel de développement et de modernisation du rail qui se chiffrera à quelques 86 milliards d’euros, en vue de lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

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(1) Le Fonds pour l’Investissement Ferroviaire est propriétaire  de la parcelle, mais en a cédé l’occupation à Infrabel en 2004, et ce jusqu’au 31 décembre 2020, avec l’obligation de vider pour cette échéance l’espace de toute infrastructure ferroviaire. (Le Soir)

 

Des voeux pour un projet Néo

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Sur le plateau du Heysel, Néo continue de rêver à la réalisation de son plan d’urbanisation.
Un projet indispensable pour héberger un nombre croissant de Bruxellois, évoluant à l’intérieur d’un territoire limité à 19 communes. Conçu il y a 10 ans déjà, Néo est toujours un projet du XXe siècle. Avec, en son centre, un immense temple de la consommation redoutable pour le commerce de centre ville, un grand centre de congrès permanent, dont l’occupation sera occasionnelle, une bretelle d’autoroute d’accès, des parkings supplémentaires et la fin de l’espace aquatique « nageable » prévu pour remplacer le très populaire plan d’eau Océade, chassé du site.

« En octobre, face à l’imbroglio des obstacles qui se sont accumulés, la Ville de Bruxelles faisait montre de sa volonté de remettre à plat le dossier: Néo 1 et son centre commercial (72 000 m²) assorti de 750 logements, d’un côté, Néo 2 et son centre de congrès assorti d’un hôtel de haut standing, de l’autre. Un mois plus tard, en plein salon de l’immobilier au Mapic de Cannes, Ville et Région reviennent à la charge pour faire savoir que les permis pour Néo1 seront prochainement délivrés ». IEB, fédération de comités d’habitants, donne plus de précisions dans sa newsletter.

Une action est en cours au Conseil d’Etat à l’initiative d’ONG de la société civile bruxelloise. Après audition des plaignants, le Conseil devrait très bientôt décider de suivre (ou non) l’avis positif de son Auditeur. Ce serait l’occasion pour la Ville repenser les programmes de Néo 1 et 2, pour en faire un projet d’intérêt général, plus en phase avec les besoins sociaux et économiques de la Région et de ses habitants, plus respectueux aussi de l’environnement.

Ce sont nos vœux constructifs pour un nouveau Néo 2020

vision d’artiste pour l’actuel projet Néo

Happy Monday: une ville plus verte

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Il faut se réjouir de voir Zoubida Jellab, l’échevine Ecolo des Espaces Verts de Bruxelles Ville, faire l’annonce – la pelle à la main – de son plan Canopée, avec la plantation de 2.000 arbres en 10 ans et avec l’objectif déclaré de « rafraîchir » la ville. Elle en parle aussi sur Bruzz. Avec des solutions adaptées pour les îlots de chaleurs et la pollution atmosphérique, il s’agira de faire naître de véritables “jardins forêts” et des “forêts urbaines”. Chiche: une première forêt urbaine place du Sablon ?

La Ville encouragera et encadrera aussi des initiatives citoyennes et associatives visant à végétaliser des espaces urbains et des façades, avec à la clé des subsides et des jeunes arbres à planter. Une prime pour l’installation de plantes grimpantes existe déjà. Les grands travaux du centre auraient cependant dû être l’occasion de planter, par exemple, rue des Pierres, des Teinturiers ou du Lombard, mais surtout, de rompre avec la minéralisation récente de l’espace public, comme on a pu le voir place de la Monnaie, place de Brouckère et sous peu place de la Bourse, si peu vertes. A tester lors des prochaines canicules …

Reste aussi à s’assurer que l’essentiel du plan ne sera pas développé du côté du bois de la Cambre, de Laeken et NOH, mais aussi dans le centre historique. La plantation d’arbres s’y avère plus difficile, parce que la Ville a laissé les opérateurs téléphoniques se disperser largement sous tous les trottoirs et même bandes de stationnement. Faudra donc les contraindre à se rassembler, pour dégager de la place pour des plantations qui piègent le CO2 du trafic et constituent aussi des lieux de vie pour les oiseaux, les papillons, les insectes… et les habitants.

Happy Monday: une ville sauvée par le vélo

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A Bruxelles, les vélos « dérangent ». Ils ne font pas (encore) partie de la culture urbaine et l’indiscipline d’un trop grand nombre de cyclistes contribue à cette image parfois trop négative.
A Copenhague – ville cycliste exemplaire – 49 % des trajets pour se rendre à l’école et au travail se font aujourd’hui à bicyclette (contre 36 % il y a 10 ans). Bien sûr, la ville est absolument plate, mais le climat froid, pluvieux et venteux aurait pourtant eu de quoi en décourager plus d’un.

Alors que la plupart des villes se sont adaptées à la voiture, Copenhague s’est concentrée depuis des années sur la sécurité et le confort des cyclistes, en créant des voies séparées des voitures dans chaque rue. À mesure que le cyclisme suscitait l’intérêt de la population, l’amélioration de l’infrastructure est devenue une réelle préoccupation politique prioritaire.
Lorsqu’il neige à Copenhague, les pistes cyclables sont déneigées en premier. Le vélo, c’est être libéré des bus et de leurs arrêts fréquents. C’est éviter d’avoir à se soucier de l’endroit où garer sa voiture. C’est permettre à chacun de bien maîtriser ses heures de départ et d’arrivée.

L’excellent article – et les photos suggestives – que le New York Times consacre à la ville du vélo, fait penser à la cité de l’avenir. Nous en résumons le texte ICI en français.
Copenhague, une ville qui prévoit une place pour chaque type d’usager de l’espace public, comme la photo de Betina Garcia le démontre parfaitement. Le reportage souligne aussi comment la population et l’industrie se sont adaptés à cette nouvelle donne. On y voit des véhicules cargo et des vêtement pour toutes les situations et tous les climats. L’espace public libéré grâce à l’usage intensif du vélo se trouve ainsi plus disponible aux usagers des transports en commun et aux personnes qui ont absolument besoin d’une voiture. Une image souriante de l’avenir de la ville. Une ville plus apaisée, plus respectueuse de tous et plus durable.