Archives pour la catégorie Urbanisme

Pourquoi aurez-vous trop chaud aujourd’hui ?

… et encore plus demain ? Parce qu’en ville on constate des températures qui peuvent aller jusqu’à 3 à 10° de plus par rapport à la campagne. L’asphalte noir et le béton des bâtiments absorbent davantage la chaleur des rayons solaires que les paysages naturels et ils restituent cette chaleur la nuit. Les arbres créent de l’ombre et ont un effet protecteur et rafraîchissant, grâce à l’eau qui s’évapore des feuilles. À l’inverse, en ville la chaleur qui provient des moteurs thermiques, des embouteillages et des systèmes de climatisation amplifient l’augmentation de température.

A Bruxelles, la minéralisation  croissante de l’espace public – chère à Henri Simons, ancien échevin de l’urbanisme à la Ville – a fait ses ravages. Elle est aussi très tendance parmi les auteurs de projets à qui l’on doit, notamment, la place de la Monnaie et la place De Brouckère, presque sans ombre et avec si peu d’eau (quand la machinerie fonctionne …). On est loin du développement du concept de « forêts urbaines » dont la canicule révèle aujourd’hui toute l’utilité.

Sur l’extrait de la carte de BuzzFeed parue dans l’article de Slate, vous voyez clairement l’ilot de chaleur continu dans le triangle urbanisé Bruxelles/Anvers/Gand. Dans une émission du mois de juin, France Inter énumère quelques timides solutions pour rafraîchir les villes, qui vont dorénavant devoir s’organiser, face à la multiplication des périodes de canicule et des records de pics de température. Un défi à prendre en charge par le nouveau gouvernement bruxellois et qui ne se résoudra pas par la multiplication d’installations d’air conditionné, chez ceux qui peuvent se le permettre, au détriment de la température de l’air extérieur, qui doit absorber leurs rejets.

 

 

 

 

Construction: en finir avec le gaspillage d’énergie

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Qui dit immeubles de bureaux, grands hôtels et tours de logement, dit souvent façades de verre scintillant au soleil, lumières à profusion, air conditionné, ascenseurs par dizaines… De quoi consommer un maximum d’énergie et émettre des gaz à effet de serre en quantité (1).
Si aujourd’hui, il est possible et nécessaire de construire autrement, New York – capitale historique des gratte-ciel – entend cependant rester pionnière en obligeant les anciens gratte-ciel à  se transformer pour réduire drastiquement leur consommation d’énergie.

Le magazine GEO, publie un article avec AFP, qui confirme que la mairie de New York a entériné en avril une loi « révolutionnaire » dans l’Amérique de Trump. La  » Climate Mobilization Act « , en fait la première métropole américaine à mettre en oeuvre son engagement à réduire ses émissions de 80% d’ici 2050. Elle oblige les édifices de plus de 2.300 m2 – soit quelque 50.000 bâtiments représentant le tiers des émissions new-yorkaises – à réduire leurs émissions de 40% d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2005.  » Elle va avoir de nombreux effets positifs, comme créer un marché et une demande pour les technologies d’efficacité énergétique » (2), qui pourront être utilisées dans d’autres villes américaines et européennes aux climats comparables.

Bien que le texte de loi garantisse des facilités d’emprunts à long terme par la mairie, il a été combattu par le puissant secteur immobilier, effrayé par les plus de 4 milliards de dollars de travaux de rénovation qu’il pourrait entraîner, selon certaines estimations. La Trump Tower, tour de 58 étages érigée par Donald Trump sur la 5e Avenue en 1984, en est un exemple. C’est aujourd’hui l’un des bâtiments les plus énergivores de la ville. Le maire démocrate Bill de Blasio, candidat à la présidentielle 2020 et très anti-Trump, l’a menacée de plus de 500.000 dollars d’amendes annuelles lorsque la loi entrera en vigueur. Selon Nilda Mesa (1) ce type de rénovation  » est économiquement rentable … et le marché s’adaptera « .

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(1) Chauffage et climatisation génèrent 70% des émissions de CO2 et 84% des émissions de SOX. Il s’agit donc de la première source de gaz à effet de serre à Bruxelles (IBGE)
(2) Nilda Mesa, directrice du programme de développement durable de l’université Columbia

Happy Monday: le dernier km ?


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Le dernier km … il peut  évidemment se faire à pied. Mais pas si on est chargé ou fragile et peut-être pas s’il fait 2 km. Alors la question se pose. Les transports en commun ne peuvent rentabiliser des itinéraires de fin de ligne peu fréquentés, mais ils cherchent des solutions. On avait déjà parlé de téléphériques – comme en Amérique latine – mais aussi de petites navettes électriques autonomes d’une quinzaine de personnes.

L’idée progresse et on en est au stade de l’expérimentation et de la mise en route dans des domaines privés. La STIB expérimente, avec beaucoup de précautions et un accompagnateur, une telle navette à Woluwe, dans un espace public limité. Elle va en tirer les conclusions. Ce sont évidemment les (très) rares accidents dont ont été responsables quelques véhicules autonomes qui ont donné un coup de frein à l’avancement de certains projets. Cela n’a cependant pas empêché Navya d’aller de l’avant et la France d’établir des plans dans l’espace public. Quant au Japon, il prépare un service public autonome pour les Jeux olympiques de 2020. Toyota a choisi Bruxelles pour commencer des tests en circulation réelle dans le quartier européen, mais avec un accompagnateur à bord.

Il faut reconnaître que les véhicules autonomes respectent mieux les limitations de vitesse, les feux rouges et les priorités, que les femmes et les hommes au volant. De plus … ils ne consomment jamais d’alcool et ne consultent pas leurs sms en roulant. La prudence reste évidemment de mise et la question de la responsabilité civile demeure encore entière. Un article de Caradisiac fait le point de la situation et un autre de Zednet revient sur la responsabilité.

Vers une maison en autarcie

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Un couple de retraités s’est fait construire une maison en pleine ville, qui lui permet de produire sa nourriture, d’assurer la rétention des eaux pluviales, de se ventiler de manière naturelle, de laisser entrer la lumière mais en se protégeant du soleil direct. Construite en hauteur, sur une parcelle étroite, « son apparence oscille entre jardin, ferme et maison ». Vous pouvez la découvrir en photo ICI.

C’est à Kuala Lumpur, et – sans hiver – ses 40 espèces de plantes comestibles ne dorment évidemment jamais, y compris les bananiers. Le couple ne compte pas en rester là et veut faire évoluer la maison vers encore plus d’autonomie en collaboration avec le cabinet d’architecture malaisien formzero, qui a d’autres réalisations à son actif.

N’est-on pas là en route vers la maison du futur ? Faite de simplicité, d’empreinte écologique légère et prête à affronter l’augmentation du prix de l’énergie et de l’alimentation.
Merci à la lectrice qui me l’a fait découvrir.

photo Ameen Deen

S’exprimer sur la mobilité de demain

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Vous avez l’opportunité de vous prononcer à propos plan régional de mobilité que l’actuel gouvernement bruxellois propose pour les 10 prochaines années et que la DH synthétise ICI.
Elaboré à la suite d’innombrables consultations avec les acteurs tant privés que publics, avec les communes et les zones de police, il fait maintenant l’objet d’une enquête publique. Ensuite, le gouvernement bruxellois en formation pourra l’inscrire définitivement à son programme. Selon un article de L’Echo, les formateurs l’auraient approuvé hier dans les grandes lignes … sans attendre notre avis.

C’est un gros dossier, qu’ils ont appelé « Good Move ». Un résumé – non technique –  a été rédigé à l’intention des citoyennes et des citoyens de la Région. Vous pouvez le consulter ICI ou sur papier dans votre commune. Vous pouvez aussi vous prononcer en remplissant ce questionnaire, qui ne prend que 5 minutes, et qui vous permet un commentaire personnel.

Nombre d’aspects ne sont pas traités, parce qu’ils échappent aux compétences territoriales de la Région de Bruxelles et parce que la Communauté métropolitaine, prévue par la 6è réforme de l’Etat, ne fonctionne pas, vu les méfiances réciproques entre Régions et les craintes évoquées dans un dossier très complet de l’ARAU.

Elargir le ring et transformer les entrées autoroutières en boulevards urbains ne sont pas vraiment compatibles. La taxation au km parcouru en voiture ne progresse pas, pas plus que l’alternative péage urbain. Les parkings de dissuasion, qui seraient à construire en périphérie, sont finalement à la charge de Bruxelles, qui y consacre terrains et argent, en espérant réduire les navettes entrantes. Les critiques et commentaires ne manquent pas, mais finalement, Bruxelles – ville d’usage – se transforme progressivement en lieu de vie plus urbain et plus convivial au profit de l’ensemble de ses habitant.e.s.