Archives de catégorie : Urbanisme

Un nouveau boulevard urbain

Vous voyez la portion de l’autoroute d’Anvers A12 qui pénètre dans Bruxelles ? Elle va passer de 3 bandes à 2 bandes et la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van Den Brandt, a déposé une demande de permis pour transformer cette autoroute urbaine en boulevard urbain. Moins d’asphalte, plus d’arbres et de plantations en 2024. Une opération proche de celles déjà programmées pour Reyers et Hermann Debroux. En finir avec ces autoroutes, que certains voulaient voir aller jusqu’à la Grand-Place ?

Un article de La Libre en dit plus. Et un autre article de VRTnews, ainsi qu’un billet de De Morgen, tentent d’évaluer l’impact de ce projet sur les navetteurs. Sur son site personnel, la ministre de la Mobilité dévoile également sa vision globale pour l’avenir de la mobilité à Bruxelles et de la place faite à la mobilité douce et partagée. Les nombreuses photos et simulations de l’article en français et néerlandais de VRTnews me dispensent d’un troisième paragraphe. Bonne lecture.

merci à IPM Graphics et à Bruxelles Mobilité pour les photos et vision d’artistes

Bruxelles ville verte ?

Oui assurément … mais pas pour tout le monde. Alors que nous disposons de magnifiques espaces verts et de la proximité de la forêt de Soignes, une grande parties des habitants de Bruxelles ne disposent d’aucun espace vert de proximité. La ville à 15 minutes n’est pas d’actualité pour la verdure, alors que l’OMS recommande au moins 0,5 hectare d’espace vert à moins de 300 mètres de chaque habitation. Une étude d’ISGLOBAL disponible ICI analyse la situation d’un grand nombre de villes.

Un article de Bloomberg, que nous avons traduit pour vous, révèle que malgré la présence de nombreux parcs célèbres, le Grand Paris présente le quatrième taux de mortalité lié au manque d’espaces verts. Copenhague est encore plus mal lotie, en deuxième position, juste derrière Bruxelles, qui fait un très mauvais score qui peut surprendre. C’est parce que ces parcs sont mal répartis. Il y a un véritable « green space gap »  entre les résidents plus riches vivant dans des zones verdoyantes et les populations plus pauvres dans des zones dépourvues d’espaces verts. Pour être plus efficaces, les espaces verts doivent aller là où se trouvent les gens, en s’infiltrant dans les zones denses sous la forme d’un patchwork véritablement étendu à toute la ville.

« Les villes européennes devraient se concentrer sur la récupération des terrains urbains pour en faire des espaces verts », déclare M. Nieuwenhuijsen. Il préconise une approche de remplissage et de récupération utilisant « des solutions basées sur la nature telles que les toits verts et les jardins verticaux, ainsi que d’autres mesures telles que la déviation du trafic, l’arrachage d’un maximum d’asphalte qui imperméabilise les sols, et son remplacement par des espaces verts, des couloirs verts, des plantations d’alignement et des pocket parks sur l’ensemble du territoire.

photo Pixabay

Quel avenir pour le Parking C ?

Vous voyez cet immense parking situé à l’arrière des palais des expositions au Heysel ? Largement inoccupé, en dehors des rares moments de grands salons comme celui de l’Auto ou de Batibouw, il est propriété de la Ville de Bruxelles, mais se situe en Flandre. C’est là que devait se construire le nouveau stade, qui est définitivement passé aux oubliettes. C’est que l’échevin Courtois (MR) n’avait pas jugé utile de se concerter avec la Région flamande, ni avec la commune de Grimbergen, qui s’y sont opposées. Le litige avec Ghelamco, promoteur du stade, n’est toujours pas réglé.

Bruzz vient de consacrer un dossier au processus de médiation initié par le gouvernement flamand avec diverses entités concernées. Sa traduction figure ICI. La Ville de Bruxelles, Néo et Brussels Expo n’ont pas souhaité y participer à ce stade. « Cette étude n’est pas un point final, mais juste un point de départ pour de nouvelles discussions ». Il s’agit de sortir ce terrain de 20 hectares de son isolement. Quatre scénarios ont été élaborés. Les parties concernées s’accordent à conclure que le parking devrait être réaménagé en faveur d’activités mixtes et d’espaces verts.

C’est aussi toute la liaison de la Région bruxelloise avec son hinterland nord et avec le Ring qui est en question. Comme d’ailleurs l’opportunité de  construire du logement à bonne distance de ce Ring.  Comme vous les verrez dans l’article de Bruzz, la rencontre a soulevé toute une série des questions capitales pour l’avenir de ces 20 hectares isolés, sans pour autant y apporter de réponses définitives. Ce n’est qu’un point de départ pour de nouvelles discussions, lorsque des questions cruciales comme le bail foncier et la route de raccordement, auront été démêlées.

photo extraite de l’article de Bruzz

En ville en 2050

Olivia est née en 2021. Nous sommes en 2050, elle va donc sur la trentaine et vit en ville. Pas un récit de science-fiction, mais  une utopie réaliste des 24h chrono d’une citadine, dont la cité vient d’ atteindre sa neutralité carbone. Résultat de trois décennies de transformations profondes. Quel est son quotidien ? C’est ce que L’Echo a tenté d’imaginer avec la collaboration de toute une série de scientifiques.

« Olivia profite de sa douche alimentée par un chauffe-eau solaire installé sur le toit du bâtiment. Un signal sonore lui annonce que la fin de la douche est proche. La domotique facilite la chasse aux gaspillages, d’eau et d’énergie. Au petit-déjeuner, elle se régale de céréales achetées en vrac plongées dans un bol de lait végétal. Le lait de vache est devenu moins courant depuis que la Belgique s’est engagée dans la course à la réduction des émissions de méthane. Il y a deux fois moins de vaches, mais on en voit plus parce qu’elles sont en prairie ».

« Là, elle se rend à pied au « pôle » de son quartier. C’est dans ce bâtiment passif que se trouve son espace de cotravail. La décentralisation de beaucoup de métiers a permis de limiter significativement les déplacements. Un appel du travail: elle doit filer à l’usine pour gérer un incident technique. Elle y va en voiture électrique partagée. En ville, quatre déplacements sur dix se font en voiture, beaucoup de déplacements individuels ont été remplacés par une mobilité active, les transports en commun et autres taxis collectifs autonomes. Elle passe devant le Parlement européen reconstruit de pied en cap, cette fois pour 120 ans … ». La suite de sa journée se trouve ICI.

projet 2050 Vincent Callebaut Architectures

Photo by Ubiq on Unsplash

Manneken Pis City

 Quelle ville aurait l’idée de choisir comme symbole un gamin qui pisse ? Avec leur sens aigu de la dérision, les Bruxellois n’ont pas hésité. On pourrait supposer que la satisfaction de besoins fondamentaux devrait donc y être aisée. Il n’en est rien. Très mal réparties entre ses 19 communes – qui n’ont pas adopté un modèle commun – les toilettes publiques sont en réalité trop souvent de simples urinoirs rudimentaires et mal entretenus … et tant pis pour les dames.

Voilà comment se présente la vespasienne installée à l’extérieur de la gare du Midi, où débarquent les voyageurs du Thalys et de l’Eurostar. Indigne d’une ville et encore plus d’une capitale de l’Europe. Ne serait-il pas temps que le ministre en charge de l’Urbanisme dispose de cette compétence et développe une politique d’équipement à l’échelle de toute la Région ? Qu’il négocie également des contrats rémunérés avec les cafés qui acceptent de mettre leurs installations à disposition. Le futur de Bruxsels est aussi à ce prix. A Paris, ils ont fait le choix d’installer 435 toilettes  publiques gratuites à entretien automatisé, sans doute imparfaites mais sans comparaison.