Archives pour la catégorie Urbanisme

Bruxsels: la ville aux 100 comités de quartier

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La Région est riche de plus de 100 comités de quartier qui vont et qui viennent, mais qui témoignent d’une société civile active et entreprenante, même si ces comités n’ont généralement pas de reconnaissance formelle par les autorités. Ils organisent des réunions, des débats, des newsletter et des manifestations parfois bruyantes. Ils développent aussi souvent un sentiment d’appartenance à un quartier. On leur doit la sauvegarde de nombreux édifices, la suppression de projets mégalomanes et des contre-projets souvent fort judicieux. Maurice Culot en a fait une analyse déjà ancienne.

Désireuse de mettre de l’ordre dans tout cela, la Région a confié au monde académique la réalisation d’un monitoring des quartiers bruxellois, sur base de critères définis ICI. Cela a débouché sur une carte qui compte 118 quartiers résidentiels sur un total de 145. La Ville de Bruxelles a aussi fait ICI son petit partage personnel et pour son Pentagone, elle a créé une carte de 10 « quartiers » dont un appelé « Centre », qui amalgame les quartiers Saint-Jacques et Saint-Géry avec la Bourse,  l’Ilot sacré, les Galeries Saint Hubert, de Brouckère et même un bout de la rue Neuve et la banque nationale…  bref un véritable « non quartier ». Plus récemment, la Ville vient de couper son Pentagone en deux « quartiers » pour y instaurer des comités consultatifs.

 Si ces entités correspondent à un désir de rationalisation et s’appuient souvent sur des bases statistiques existantes, peut-on dire que ces entités développent un sentiment d’appartenance (1) ? sont le reflet de la vie des territoires investis par de nombreux et divers comités d’habitants ? Ces cartes ont le mérite d’exister et ont une utilité, mais quand elles deviennent La référence en matière de quartiers bruxellois, il est temps de s’insurger. Le fruit d’un travail en chambre peut-il se substituer à la réalité de plus de 100 comités de quartier qui font vivre Bruxelles et correspondent à de véritables entités à la fois démocratiques et sociologiques ?

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(1) Un des critères retenus a-t-il vraiment été appliqué ? « Le quartier correspond à un espace de vie que partagent au quotidien les gens qui y habitent. »

 

Happy Monday: une ville plus verte

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Il faut se réjouir de voir Zoubida Jellab, l’échevine Ecolo des Espaces Verts de Bruxelles Ville, faire l’annonce – la pelle à la main – de son plan Canopée, avec la plantation de 2.000 arbres en 10 ans et avec l’objectif déclaré de « rafraîchir » la ville. Elle en parle aussi sur Bruzz. Avec des solutions adaptées pour les îlots de chaleurs et la pollution atmosphérique, il s’agira de faire naître de véritables “jardins forêts” et des “forêts urbaines”. Chiche: une première forêt urbaine place du Sablon ?

La Ville encouragera et encadrera aussi des initiatives citoyennes et associatives visant à végétaliser des espaces urbains et des façades, avec à la clé des subsides et des jeunes arbres à planter. Une prime pour l’installation de plantes grimpantes existe déjà. Les grands travaux du centre auraient cependant dû être l’occasion de planter, par exemple, rue des Pierres, des Teinturiers ou du Lombard, mais surtout, de rompre avec la minéralisation récente de l’espace public, comme on a pu le voir place de la Monnaie, place de Brouckère et sous peu place de la Bourse, si peu vertes. A tester lors des prochaines canicules …

Reste aussi à s’assurer que l’essentiel du plan ne sera pas développé du côté du bois de la Cambre, de Laeken et NOH, mais aussi dans le centre historique. La plantation d’arbres s’y avère plus difficile, parce que la Ville a laissé les opérateurs téléphoniques se disperser largement sous tous les trottoirs et même bandes de stationnement. Faudra donc les contraindre à se rassembler, pour dégager de la place pour des plantations qui piègent le CO2 du trafic et constituent aussi des lieux de vie pour les oiseaux, les papillons, les insectes… et les habitants.

Happy Monday: une ville sauvée par le vélo

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A Bruxelles, les vélos « dérangent ». Ils ne font pas (encore) partie de la culture urbaine et l’indiscipline d’un trop grand nombre de cyclistes contribue à cette image parfois trop négative.
A Copenhague – ville cycliste exemplaire – 49 % des trajets pour se rendre à l’école et au travail se font aujourd’hui à bicyclette (contre 36 % il y a 10 ans). Bien sûr, la ville est absolument plate, mais le climat froid, pluvieux et venteux aurait pourtant eu de quoi en décourager plus d’un.

Alors que la plupart des villes se sont adaptées à la voiture, Copenhague s’est concentrée depuis des années sur la sécurité et le confort des cyclistes, en créant des voies séparées des voitures dans chaque rue. À mesure que le cyclisme suscitait l’intérêt de la population, l’amélioration de l’infrastructure est devenue une réelle préoccupation politique prioritaire.
Lorsqu’il neige à Copenhague, les pistes cyclables sont déneigées en premier. Le vélo, c’est être libéré des bus et de leurs arrêts fréquents. C’est éviter d’avoir à se soucier de l’endroit où garer sa voiture. C’est permettre à chacun de bien maîtriser ses heures de départ et d’arrivée.

L’excellent article – et les photos suggestives – que le New York Times consacre à la ville du vélo, fait penser à la cité de l’avenir. Nous en résumons le texte ICI en français.
Copenhague, une ville qui prévoit une place pour chaque type d’usager de l’espace public, comme la photo de Betina Garcia le démontre parfaitement. Le reportage souligne aussi comment la population et l’industrie se sont adaptés à cette nouvelle donne. On y voit des véhicules cargo et des vêtement pour toutes les situations et tous les climats. L’espace public libéré grâce à l’usage intensif du vélo se trouve ainsi plus disponible aux usagers des transports en commun et aux personnes qui ont absolument besoin d’une voiture. Une image souriante de l’avenir de la ville. Une ville plus apaisée, plus respectueuse de tous et plus durable.

Néo: un projet d’un autre temps

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Imaginé il y a 10 ans par la ville de  Bruxelles – propriétaire du plateau du Heysel – ce grand projet d’urbanisation semble déjà largement obsolète avant même de sortir de terre. Ne devrait-il pas être remis à plat, suite à la situation nouvelle sur le plan climatique, sur le plan consommation et suite à un manque de logements criant ?

Plieurs éléments neufs. Le terrain du stade roi Baudouin n’est plus libre, vu son maintien in situ, faute d’un nouveau stade sur le parking C. Les palais des expositions ont un besoin urgent de rénovation, plus prioritaire que la construction d’un palais des Congrès, selon ses occupants et selon le ministre de l’Urbanisme régional Pascal Smet. Les grands centres commerciaux  de périphérie appartiennent au passé et les 72.000m2 de Néo (2 x City2) sont démesurés par rapport aux besoins locaux et hors de propos pour tenter d’y attirer une clientèle motorisée lointaine (1). Le maintien d’un maximum d’arbres et la création d’un étang nageable pour remplacer Océade s’imposent. Le nombre de logements moyens et sociaux prévu est insuffisant pour répondre à demandes croissante.

Rudi Vervoort et Philippe Close viennent néanmoins d’organiser, en fanfare, une conférence de presse avec les investisseurs, au salon de l’immobilier commercial de Cannes, pour clamer haut et fort que Néo verra le jour à tout prix. Reconnaître que le projet n’est plus approprié et laisser place à une formule plus adaptée à la situation actuelle – en assumant d’éventuels dédits – serait cependant un acte d’humilité apprécié par les citoyens, plutôt qu’un acharnement radical, que l’histoire ne tardera pas à reprocher à nos édiles.

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(1) Si le méga shopping Néo est un succès, ce sera nécessairement au détriment du commerce de centre-ville, du vivotant centre commercial Docks Bruxsel et d’une circulation apaisée. S‘il est un échec, il deviendra un chancre difficilement reconvertible.

 

Happy Monday: la rue prend des couleurs

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Les graffitis à la bombe sont souvent l’œuvre de véritables artistes de rue qui expriment leurs sentiments ou leur protestation à la vue de tous. Ils se distinguent des tags, des sortes de signatures qui constituent une forme de vandalisme qui enlaidit inutilement l’espace public et n’apportent du plaisir qu’à leurs auteurs, en recherche de reconnaissance.

Les pouvoirs publics, des entreprises et des citoyens font de plus en plus appel à de véritables street artists professionnels pour habiller une façade, un mur ou une porte de garage, afin de leur donner vie par la couleur.

C’est pour mettre en valeur les street artistes que BX1 annonce ICI l’expo éphémère Vapors que l’asbl Propaganza Urban Artists organise à l’Espace 110 à Uccle jusqu’au 15 décembre, avec une cinquantaine d’artistes proposant pas moins de 120 œuvres. Même le magazine Elle en parle ICI. Vous pouvez demander un devis à info@propaganza.be.