Archives de catégorie : Urbanisme

Réunir le haut et le bas.

A deux pas de la cathédrale, la Banque Nationale et son Imprimerie ont tenté réunir le haut de la ville au bas, suite à la balafre laissée par la jonction Nord/Midi. Tournées sur elles-mêmes par leur fonction, ces constructions ont fait des boulevards  Pacheco et Berlaimont un glacis sinistre affecté au stationnement des autocars.

Un promoteur a acquis  les 20.000 m2 de l’Imprimerie, non pour la raser, mais pour l’adapter à de nouvelles fonctions urbaines. Rejoint par Mix – à qui nous devons déjà la réaffectation de la Royale Belge à Boitsfort – ils vont s’atteler à créer au Fifty Six, 30 logements, un hôtel de 78 chambres, un salle de fitness, une piscine de 25 m, une boulangerie, deux restaurants et 5000 m2 de bureaux. BX1 et Bruzz en parlent aussi.

Avec les logements et l’école  déjà installés  en face, dans l’ancienne Cité administrative, la tentative de créer là-bas un véritable quartier reste une gageure, mais elle ne semble pas faire peut aux entrepreneurs, qui comptent aussi sur la Ville pour y aménager un véritable boulevard urbain. Petit à petit, la rupture occasionnée par la jonction Nord/Midi pourrait finitrpar se cicatriser. Plus d’images ICI.

Esquisses depuis la rue St Laurent et depuis le boulevard Pacheco

Réussir son habitat groupé.

Billet invité

Suite au billet consacré à l’habitat groupé, un lecteur qui vit dans l’un d’eux à Schaerbeek, nous fait part de ses mises en garde et de ses conseils. Il commence par l’obstacle des règles d’urbanisme. Elles ont été conçues pour les promoteurs habituels, les conventions d’architectes très spécifiques quand il s’agit de restaurer et les habitudes des grandes entreprises de construction. Cela mériterait vraiment une approche spécifique avec tous les acteurs du processus. 

Notre premier atout a été que le groupe s’est constitué sur une possibilité concrète (vente publique) pour des personnes candidates à l’habitat groupé qui avaient défini l’essentiel de leurs priorités : écologique et sociale. De cette façon, nous avons évité toutes les projections sur un habitat groupé « idéal » et le temps y consacré, ajouté à celui pour trouver le lieu et les architectes. En cela, la proposition Coarchi a été vraiment innovante.

D’emblée très inter-générationnel et avec des revenus assez variés, notre groupe s’est formé en sociocratie en utilisant des outils très concrets (décision par consentement et l’élection sans candidat,e,s principalement). C’est ce qui nous a permis de traverser beaucoup de moments de tensions liés au chantier d’abord et ensuite à notre gestion quotidienne et future.  Stéphane Lagasse aborde aussi ICI la question de la mobilité et celle des matériaux récupérés.

 

Habitat groupé.

Le territoire de la Région de Bruxelles est limité à ses 19 communes et les espaces non bâtis sont précieux et à préserver. Une manière de mieux utiliser les espace disponibles pourrait être l’habitat groupé, dont les occupants tiennent à partager des espaces communs et un certain nombre de valeurs.

L’habitat groupé est un mode de vie collectif où plusieurs ménages ou personnes décident de vivre sur un même site en combinant des espaces privatifs (logements autonomes) et des espaces communs partagés. Chaque entité possède son propre logement (maison ou appartement), mais partage des infrastructures comme un jardin, une salle polyvalente, une buanderie ou des équipements écologiques, …

Le projet commun repose sur un choix délibéré de vivre ensemble autour de valeurs partagées (solidarité, mixité générationnelle, écologie, entraide). Les décisions sont prises collectivement par les habitants, souvent selon des règles et un règlement d’ordre intérieur établis ensemble. On en  dit encore plus ICI.

 

Habiter autrement.

On ne parle pas ici de yourtes, de tipis ou de tiny houses, peut compatibles avec l’habitat urbain, mais d’autres manières urbaines d’habiter la ville, sous différentes formes d’habitat collectif. La plus répandue parmi les jeunes est la « colocation » ou la vie en « communauté ». Une réponse pragmatique au renchérissement des loyers. Certains logements neufs sont parfois conçus pour ce mode de partage, qui n’échappe pas toujours au statut de cohabitant.

D’autres formes d’habitat groupé commencent à émerger, non sans quelques difficultés. Il s’agit de personnes ou familles qui ont un projet  de vie en commun. Elles acquièrent ou louent un grand espace pour le réaliser, le plus souvent en autogestion. Nous y reviendrons prochainement. Vous en saurez déjà plus lors des journées porte ouvertes organisées les 19 et 20 septembre.

Parmi d’autres formes de cohabitation on trouve: l’habitat solidaire – parfois inclusif – l’habitat intergénérationnel, l’habitat seniors et l’habitat « kangourou », souvent 2 unités où un ménage prend soin de l’autre, parfois de manière contractualisée. Tout cela est détaillé ICI. Il y a aussi quelques « Community Land Trust », qui peuvent apporter du soutien. Ils visent à faire de la terre un bien commun et non une marchandise.

Bruxelles a changé.

En 20 ans, Bruxelles a changé. Dans le bon sens ? Pour tout le monde ?
Les avis sont partagés. On peut aussi bien voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. L’Echo a profité de l’été pour nous livrer un coup d’oeil dans le rétroviseur, images à l’appui. C’est un point de vue. Il y en a d’autres. Matière à réflexion, après trois canicules et soixante neuf fusillades.

« La ville a profondément changé et tente de se redessiner, de tourner petit à petit le dos à la voiture particulière et d’envisager un avenir où ses habitants respirent mieux. Quartiers plus apaisés, disparition du viaduc Reyers, mise en place du piétonnier, tentatives de donner bonne figure au canal et à ses alentours… Bruxelles bouge. »

« Le plan GoodMove a connu des vagues de protestations et a été la cible du parti libéral lors des dernières élections régionales. Les habitants de certains quartiers ont révélé bien des tensions et la déconnexion entre la classe politique et une population profondément ancrée dans ses habitudes de vie et de mobilité. Le piétonnier, nouveau visage d’un espace  (jadis) peu qualitatif et pollué, a rapidement soulevé des critiques sur son accessibilité et son caractère trop mercantile. »