Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Les forêts: patrimoine de l’humanité ?

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« Les forêts précèdent les hommes, les déserts les suivent. » (Chateaubriand 1878).

L’année qui vient de s’achever a été marquée par une intensification des aléas climatiques. Plus encore que les années précédentes. Des feux de l’été volontaires en Amazonie et à Bornéo à ceux qui ont ravagé l’Australie et l’Amérique. « La conscience de la fragilité des espaces naturels se fait de plus en plus forte. Dans ce panorama d’une nature en danger, les forêts occupent une place toute particulière. Parce qu’elles sont véritablement menacées, mais aussi parce qu’elles occupent dans nos imaginaires une place centrale ».

Une série d’articles illustrés à cliquer, rassemblés par Conversation, vous en dira bien plus. Avec tout ce que nous savons aujourd’hui à propos du rôle des forêts, tant sur le plan de la captation du carbone, que des populations indigènes, de la faune et de la flore qu’elles abritent, ne serait-il pas normal de les classer au patrimoine mondial de l’humanité ? Les forêts  de Bornéo et d’Amazonie: poumons de la planète. La proposition ne date pas d’hier. Elle remet cependant en cause la souveraineté des Etats sur leur territoire et ne fait pas l’unanimité.

Pourquoi ? Les pays développés, qui ne possèdent plus beaucoup de forêts – parce qu’ils  les ont rasées pour cultiver ou construire – sont évidemment demandeurs du classement des forêts des autres, dont ils seraient bénéficiaires. Les pays en voie de développement refusent de se voir interdire aujourd’hui l’exploitation libre de leurs forêts, qu’ils espèrent bénéfiques pour leur économie. Si des pays comme l’Indonésie, le Laos ou les Etats d’Amazonie doivent conserver leurs forêts primaires intactes, pour servir de poumon à la planète entière, sommes-nous prêts à les payer pour cette fonction capitale et solidaire ? Un juste montant, qui compenserait le manque à gagner de l’exploitation de leur domaine forestier et de sa transformation … pour y installer de l’élevage ou des cultures dont  les produits sont très demandés par les pays riches.

 

Bruxelles, n’est pas le nouveau Berlin

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Vous vous souvenez du « Brussels is the new Berlin » du New York Times ? confirmé par un article élogieux du Washington Post, mais aussi applaudi par les Inrockuptibles et l’objet d’une analyse poussée de la revue de géographie Belgéo.  Cocorico !  ils situent Bruxelles comme capitale de l’art contemporain, riche de ses chorégraphes, de ses cinéastes, de son opéra,  de ses centres culturels, de ses grandes scènes et de ses lieux alternatifs. C’est exceptionnel pour une ville qui ne compte qu’un gros million d’habitants, mais c’est insuffisant pour concerner et représenter la multiplicité des habitantes et habitants de ce lieu de rencontre unique entre la culture latine, la culture germanique et les cultures du monde. Sans doute encore trop blanc et trop élitaire ? Brussels is not the new Berlin titre The Art Newspaper  Nous pourrions ajouter: … et n’a pas à le devenir.

Aujourd’hui, Bruxelles rêve d’être choisie comme capitale européenne de la culture en 2030. Mais avec quel contenu ? interroge pertinemment Éric Corijn, qui veut que le débat s’ouvre et fait des propositions intéressantes  à découvrir dans Le Soir. Il ne s’agit pas de briller, mais de construire, étape par étape, une culture représentative de la diversité exceptionnelle de la population bruxelloise, qui dépasse de loin le cadre étroit des deux Communautés qui régissent sa culture, comme son enseignement.

Il ne suffira pas de mettre les projecteurs sur Kanal – alimenté par le Centre Pompidou – ni de présenter quelques spectacles exceptionnels destinés à la bourgeoise dans ses lieux préférés. Ce qui serait vraiment exceptionnel, ce serait de faire émerger la richesse de toutes les communautés qui habitent Bruxelles et qui rendent la ville si particulière et si prompte à rire d’elle-même. Loin du Parisianisme ou du So British London, le peuple de Bruxelles doit pouvoir définir et affirmer sa spécificité, sans prétention mais avec conviction. Dix ans ne seront pas de trop pour  y parvenir.

Un rapport de consultation très détaillé est aussi disponible ICI.

Billet déconseillé aux fans de l’auto

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Après avoir tenu son « salon » en grandes pompes, la voiture individuelle va devoir se résigner. La Région va supprimer 60.000 emplacements de parking en surface. Les bandes de circulation se rétrécissent. Le 30 km/h va se généraliser. Les voitures dites de « société » sont sur le grill. De plus en plus d’espaces publics sont réservés à la circulation piétonne. Bientôt une taxe sur les km parcourus ? Et l’ancien patron de la STIB d’ajouter: « La vie d’un automobiliste doit devenir insupportable à Bruxelles, je ne vois pas d’autres possibilités ».

On assiste a une véritable guerre déclarée à la voiture individuelle, alors que certains arrivent tout juste à accéder à ce rêve de leur vie et que d’autres développent de bonne foi (?) des arguments rationnels pour démontrer que la voiture leur est indispensable. Et les médecins ? Le mien se déplace dorénavant en vélo et ne connaît plus ni bouchons ni problèmes de stationnement pour ses visites. Les automobilistes ne payent-ils pas aujourd’hui leur arrogance passée et leur lobbying constant pour une ville qui s’adapte à leur voiture individuelle ? Tunnels, parkings, voies rapides, autoroutes urbaines, trottoirs étroits … Un journal économique s’interroge ICI et un bulletin écologiste estime LA qu’on peut faire mieux sans.

Aujourd’hui, des transports publics plus performants, des TGV, des voitures partagées ala Cambio, des covoiturages organisés, des taxis collectifs, l’auto stop, des véhicules Uber et Co, des vélos et des trottinettes partagées et la marche à pied, constituent déjà des alternatives crédibles en vue d’une ville apaisée et respirable. Les vraies réticences semblent bien venir des lobbies et des inconditionnels de « ma voiture, ma liberté », des passionnés de voitures accros à leur bagnole, comme d’autres à leur cigarette ou à leur vin rouge. Faut-il tolérer que la passion des uns continue à gâcher la vie et la santé des autres usagers de la ville ?

 

Les lanceurs d’alerte, ces héros

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C’est au travail obstiné et au courage de celles et ceux qui rassemblent et dénoncent des pratiques frauduleuses que nous devons la révélation de scandales longtemps cachés, tels que Nethys, LuxLeaks, Panama Papers ou Dieselgate, dont ont profité – au détriment de l’intérêt général – des groupes, des familles et des individus fortunés et souvent respectés. Ces lanceurs d’alertes méritent notre reconnaissance et doivent bénéficier de protections adéquates vis à vis de leurs employeurs et des autorités qu’ils dénoncent. La chercheuse Amélie Chapelle s’est intéressée à la délicate question de la dénonciation.

L’Union Européenne a décidé, en avril dernier, de garantir aux lanceurs d’alerte une protection bien plus large que celles accordées par quelques États. Elle a donné aux pays membres de l’Union jusqu’au 17 décembre 2021  pour transposer la Directive  dans leur droit national. Le Monde détaille la Directive ICI. Le contestable projet Reynders devrait donc passer à  la trappe. La démocratie en sortira gagnante.

Edward Snowden (NASA), Armand Deltour (LuxLeaks), Stephanie Gibaud (UBS), Marty Baron (Boston pédophilie) ou Julien Assange (WikiLeaks) sont quelques lanceurs d’alerte qui ont changé la face du monde. Aujourd’hui, la demande d’extradition qui vise Julien Assange n’a rien à voir avec Wikileaks, mais se base sur une agression sexuelle présumée et jamais clarifiée, tandis que sa santé décline, après son interminable saga.

“Personne ne devrait risquer sa réputation ou son emploi
pour avoir dénoncé des comportements illégaux »

présidence finlandaise de l’UE

Happy Monday: 30 bonnes nouvelles

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Parlons bonne nouvelles, parce que la liste des mauvaises nouvelles de l’année écoulée pourrait être longue. Des inégalités toujours plus grandes et plus scandaleuses aux guerres et conflits sanglants qui se poursuivent ou qui se profilent. Des désastres écologiques qui sont le résultat de la course au profit et à la croissance aux des multinationales qui continuent de violer impunément les droits humains. Mais le site Victoires, qui cite ces défaites de l’humanité – et auxquelles on pourrait ajouter l’échec dramatique de la COP 25 à Madrid – Victoires a préféré sélectionner 30 bonnes nouvelles qui peuvent nous réjouir dans le bilan de l’humanité pour 2019.

Ces bonnes nouvelles concernent aussi bien des victoires contre de grosses multinationales que des communes innovantes et courageuses, mais aussi des combats d’activistes déterminés, des soins de santé gratuits, une plus grande place aux citoyens, des progrès dans l’égalité hommes/femmes, la démocratisation des logements, des écoles d’un genre nouveau, le retour des mouvements coopératifs, …

2020 pourrait bien être une année charnière, entre la phase de découverte et de confirmation de la situation du climat et de la planète et le passage à une phase d’action de la part des gouvernements comme des individus. Non, il n’est pas trop tard pour contrôler le climat et l’avenir de l’espèce humaine, mais il n’est plus temps de tergiverser, il faut agir rapidement et avec détermination. Les gouvernements savent ce qu’il leur reste à faire, mais oseront-ils prendre les mesures impopulaires qui s’imposent ? Nous aussi, nous savons ce qu’il nous reste à faire, mais sommes-nous prêts à revoir notre manière de consommer et à adopter un autre mode de vie ? Ce sont les réponses à ces questions qui doivent nous permettre de nous montrer optimistes ou non.

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