Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

À propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Société civile menacée.

La société civile désigne « l’auto-organisation des citoyens indépendamment de l’État, des partis politiques et du monde économique (CRISP). C’est vous et moi, qui utilisons notre droit d’association et notre liberté d’expression. Aujourd’hui, la société civile est sous pression. L’État et les Régions menacent de supprimer les subventions de certaines associations voire même de les dissoudre et de poursuivre des activistes devant les tribunaux.

Un avant-projet du ministre Quintin (MR) a pour objectif d’autoriser le pouvoir exécutif à dissoudre, interdire ou geler les biens d’associations sans passer par une décision judiciaire, s’ils constituent une menace grave pour la sécurité nationale ou l’ordre démocratique et constitutionnel. La Ligue des Droits Humains y consacre une analyse complète dans sa dernière Chronique.

Dans le même temps, le BRAL et IEB sont menacées par le ministre Dirk De Smedt (Anders) de perdre une partie de leurs subsides annuels. Elles seraient trop critiques envers le gouvernement bruxellois. Il leur reproche d’attaquer la Région en justice sur plusieurs projets: “Nous attendons des organisations subsidiées qu’elles remplissent leurs missions de base et apportent des solutions ». Une procédure bâillon inédite. Cela s’apparente à de la censure. Ici vous en saurez plus et vous pourrez Ies soutenir.

Kanal cherche directeur.

Une fois le centre d’art contemporain Kanal ouvert fin novembre, son directeur Yves Goldstein passera la main. Suite à cette annonce surprise, le conseil d’administration va devoir se mettre à la recherche d’une nouvelle personne pour porter à bout de bras la direction générale du paquebot, qui se veut une nouvelle image de marque pour la ville. La diminution des subsides prévus ne serait pour rien dans sa décision.

Kanal aura coûté la bagatelle de 230 millions d’euros. C’est 80 millions de plus que le devis initial. Une sacrée facture pour une Région bruxelloise lourdement endettée. Et c’est sans compter les 35 millions d’euros de frais de fonctionnement annuels. Si le nouveau gouvernement va allonger les 60 millions nécessaires pour finir le chantier, il n’octroiera qu’une dotation de 28 millions en 2026, puis de 24 en 2027, de 22 en 2028 et de 10 en 2029.

Yves Goldstein : avec 10 millions d’euros, il y aura ce qu’il faut pour entretenir, climatiser et sécuriser ses quelques 40 000 m2. Plus rien pour la programmation des expos et des animations. Il faudra augmenter le tarif d’entrée, mais aussi annuler de grosses expositions. Comment maintenir les accès gratuit à la nef et au rooftop ? Obligé de fermer les lundis et mardis. Trouver  tardivement des mécènes pour compléter semble aussi illusoire que le soutien du fédéral. Projet Phare ou Titanic ? la presse en dénoue les fils ICI.

document Visit Brussels

 

Budget Mobilité pas si vert.

La voiture de société est une spécialité belge dont il ne sera pas facile de se débarrasser. Elle constitue un supplément de salaire avantageux, parce que – même imposé – l’avantage de toute nature (ATN) est généralement plus faible que le coût réel d’une voiture et l’employeur prend en charge leasing, assurance, carburant, etc. Toutefois, le « budget mobilité » allait permettre à 22.886 employés de choisir des alternatives à la voiture.

Troquer sa voiture de société contre une alternative plus durable: telle était la vocation initiale du budget mobilité, proposé depuis 2019. Une opportunité unique de verdir le parc automobile grâce à un recours accru au vélo et aux transports en commun. Or, sept ans après son introduction, la mesure semble avoir loupé sa cible écologique. Et s’être muée en simple «instrument d’optimisation salariale». Dans les faits, le nombre d’employés prêts à renoncer à leur voiture de société est resté rare.

Avec le budget Mobilité, l’employé peut aussi payer son loyer ou son prêt hypothécaire à condition d’habiter à moins de10 km de son travail ou de télétravailler au moins 60 % du temps. Avantage fiscal très important: 0 impôt et 0 cotisations sociales. Avec le budget mobilité, le gouvernement a voulu peindre en vert une mesure de fiscalité sur le travail, mais cet outil n’a pas été pensé pour améliorer l’impact environnemental des salariés. On vous en dit plus ICI.

Une voiture à 100€ par mois.

Avec des zones de basses émissions progressivement plus sévères et la fin de la production de voitures thermiques prévue pour 2035 en Europe, on devrait arriver progressivement à zéro émission de CO₂. Une bonne nouvelle pour notre santé et pour le climat.

Cette bonne nouvelle en cache cependant une moins bonne. Un certain nombre de personnes, qui ont absolument besoin d’une voiture pour travailler, ne pourront pas se la payer avec des tarifs qui restent rarement en-dessous des 25.000€. Ecolo fait une proposition : mise en place d’un dispositif de location longue durée de voitures électriques à environ 100€ brut par mois.

La mesure ne serait pas générale, elle viserait des publics spécifiques : travailleurs à revenus modestes, notamment dans les secteurs des soins ou des services à domicile. Il faudra cibler efficacement les bénéficiaires pour éviter les effets d’aubaine, comme ce fut le cas avec les primes Rénolution, qui ont surtout profité à des personnes à l’aise. Cet article de Fleet en dit plus sur un projet fortement inspiré de l’expérience française.

Un tourisme maîtrisable.

Vendredi et samedi il faisait beau. Très beau. Le centre-ville comptait déjà plus de touristes que de Bruxellois. Les commerces ses sont adapté à cette évolution et on ne compte plus les boutiques qui leur sont destinées. Frites, chocolats, gaufres et boutiques de souvenirs bas de gamme s’ajoutent aux snacks, aux nightshops, aux hôtels et aux cafés avec terrasses. Même si cela génère de l’emploi, cela se fait surtout au détriment de la qualité de vie des résidents.

A Barcelone, à Venise et à Amsterdam c’est bien pire. Le surtourisme y a fait tellement de dégâts, que les municipalités ont pris des mesures drastiques. À Bruxelles, avant que la situation soit hors de contrôle, Ville et Région pourraient s’inspirer de l’exemple d’Amsterdam. Vous trouverez ICI les mesures mises en place courageusement pour rendre la ville à ses habitants. Non, le surtourisme n’est pas une fatalité.

Amsterdam interdit l’ouverture de  toute nouvelle boutique de souvenirs et de nightshops en centre-ville, pour favoriser le retour des commerces de proximité (boulangeries, librairies, épiceries) qui répondent aux besoins des habitants exaspérés. La ville lutte  aussi contre la mutation des logements en locations touristiques (Airbnb) pour maintenir les résidents et éviter un tsunami touristique bien décrit par la RTBF.