Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

L’Europe nous gâte

_______________________________________

Ce n’est pas tous les jours que la presse et l’opinion publique se réjouissent des décisions de la Commission européenne. Le plan de relance de 750 milliards, composé en grande partie de subventions aux Etats et en petite partie de dette remboursable, est une mutualisation inattendue des dettes des Etats, combattue depuis longtemps par les quatre « frugaux », dont les Pays-Bas ont été le fer de lance et l’Allemagne un sympathisant.

En proposant de répartir cette somme colossale entre les pays membres en fonction de leurs besoins, l’Europe fait preuve d’une solidarité avec les plus atteints par la crise sanitaires et la récession économique, un peu comme un Etat national le fait pour sa population. Il faut s’en réjouir et remercier Angela Merkel en particulier, qui ne cesse de nous étonner après sa décision de mettre fin au nucléaire en Allemagne, d’accueillir un million de réfugiés … et de répondre ainsi à l’arrêt mortifère de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. La répartition finale des aides ne se passera sans doute pas sans difficultés, mais l’esprit de coopération a dominé et c’est magnifique pour l’Europe et pour Bruxelles, qui abrite ses principales institutions.

Après avoir voulu rester très proche de vous quotidiennement tout au long de ces difficiles semaines de confinement intégral, je vais revenir au rythme normal de mes petits billets, en vous les livrant à nouveau tous les jours ouvrables, pour vous laisser souffler le week-end et les jours fériés. Belle fin de semaine estivale à chacune et chacun d’entre vous … et veillez bien à maintenir la courbe corona plate, en vous lavant les mains souvent et en portant un masque à l’extérieur.

En route vers un autre tourisme ?

___________________________________

Les vacances de cet été restent un grand point d’interrogation. Quelles frontières seront ouvertes ? Y aura-t-il des vols et des visas pour tous ? Prise de température et certificat sanitaire seront-ils imposés ? Revisiterons-nous la Belgique ou nos voisins français ? Mais au-delà de la situation exceptionnelle de cet été, n’est-ce pas le type tourisme, qui s’est développé depuis la fin de la guerre, qui est remis en question, à la fois pour des raisons sanitaires et pour tenter de limiter le réchauffement climatique ?

L’Obs consacre deux articles à cette problématique. L’un est consacré à la réduction de l’offre de transport aérien avec la proposition de suppression des vols courts et des jets privés, chaque fois que le train constitue une alternative de moins de 4h30. Et le débat fait rage sur la nature des contreparties que l’Etat doit exiger du secteur aérien, en échange d’aides publiques massives, comme par exemple demandé par Brussels Airlines. L’autre est consacré à l’avenir du low cost et du tourisme de masse remis en question. Les nombreux emplois perdus pourraient cependant être injecté dans le développement d’un transport ferroviaire écologiquement plus performant.

Si l’aérien est dans le viseur, il ne faut pas négliger le transport maritime. Les croisières transportent désormais 28 millions de passagers par an. Ces énormes paquebots utilisent du fioul « lourd », dont l’utilisation émet de l’oxyde de soufre (SOx) – 10 millions de tonnes, soit 12 % du total –, et des oxydes d’azote (NOx) – qui polluent l’atmosphère. Les 94 bateaux du seul croisiériste Carnival ont émis dix fois plus de SOx que les 260 millions de voitures européennes. « Bombes écologiques », ces croisières sont aussi de véritables « bombes sanitaires » comme on l’a constaté en pleine épidémie de Covid-19 avec le Diamond Princess. Y a-t-il encore un avenir pour ces véritables immeubles flottants ?

Carnival continue à violer les lois sur les émissions de polluants

 

Fuir la ville ? vous reviendrez

_____________________________________

C’est le tire d’un article de CityLab par le chroniqueur bruxellois de Bloomberg Opinion, traduit en français ICI par DeepL. Il fait un parallèle avec le film Metropolis de Fritz Lang de 1927, dont la bande-annonce est à découvrir ICI. Des foules d’ouvriers y défilent la tête basse dans des tunnels souterrains pour se rendre à leurs tâches quotidiennes, tandis que les riches vivent dans des palais de plaisance situés sur les hauteurs. Si le film était refait aujourd’hui, il pense qu’il y aurait encore plus d’éléments dystopiques de la vie du XXIe siècle à y inclure, particulièrement avec le Covid-19, qui a transformé des villes densément peuplées et dynamiques en espaces stériles où le contact humain doit être évité.

Il n’est donc pas étonnant que les citadins, qui en ont les moyens, sortant de mois d’enfermement, soient plus que jamais enclins à quitter leurs maisons urbaines et à partir à la recherche d’utopies verdoyantes. Mais même si une correction immobilière urbaine semble inévitable – mais peut-être pas à Bruxelles – nous ne devrions pas passer les villes post-pandémie par pertes et profits trop rapidement. L’article explique pourquoi.

Creuset de diversité et de créativité, les villes pourraient changer pour un mieux après la pandémie. Elles vont devoir se rendre plus vivables: plus de parcours marchables et cyclables, moins de voitures, des bâtiments végétalisés, des habitats groupés avec services, des logements publics modernes bien disséminés. Dans le Brabant, l’exode pourrait rendre la vie moins verte et moins pratique qu’aujourd’hui. Les abeilles ont déjà compris: elles rappliquent en ville à cause des pesticides. Les grandes villes de l’histoire – Athènes, Rome, Bagdad, Constantinople – ont montré les formidables effets de réseau qu’engendre le mélange du commerce, de l’art, de la science et du pouvoir en un même lieu.

Et il conclut : vous fuyez la ville, mais vous reviendrez !