Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

À propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Happy Monday: vacances pour tous ?

Où que vous soyez, bruxsels future ne viendra pas vous déranger pendant vos vacances.
Le blog se met aussi en congé pour un mois.
Nous vous retrouverons avec plaisir à partir du mardi 16 août.
Joyeuses et sobres découvertes ?

Je vous avais annoncé les progrès des trains de nuits, ils viennent d’être complètement démentis par une analyse de Bruzz, traduite ICI  pour vous. Peut-on espérer que le ministre Ecolo Gilkinet prenne la chose en main avec ses collègues européens ?

Je vous avais aussi déclaré un peu vite que l’hydrogène n’émettait pas de gaz à effet de serre, mais un lecteur attentif explique qu’il en émet quand même indirectement. Heureusement la substitution de l’hydrogène aux énergies fossiles a un bilan climatique nettement positif.

photo estivale de bertvthul pour Pixabay

Pourquoi sommes-nous survolés ?

Certains quartiers de Bruxelles sont à nouveau fortement survolés, de jour comme de nuit. Pourquoi envoie-t-on les avions de Zaventem au-dessus de la ville la plus densément peuplée du pays ? N’y a-t-il pas moyen d’impacter moins de monde ? Une nouvelle étude d’incidences, exigée par la justice et résumée ICI, présente 9 scénarios dont 7 renvoient les nuisances vers des espaces moins densément peuplés de Flandre. Les habitants du Noordrand s’y opposent violemment avec le support de leurs politiciens.

On peut les comprendre, mais l’aéroport est situé en Flandre et c’est le gouvernement flamand qui délivre les permis qui ont autorisé les extensions de cet aéroport mal situé. C’est aussi lui qui refuse d’instaurer des normes de bruit, pour ne pas gêner l’aéroport. C’est lui encore qui s’est aussi opposé – en son temps – au transfert de l’aéroport à Chièvres et mis Beauvechain au frigo. Les élus de Flandre semblent privilégier l’économie et l’emploi plutôt que la santé de leurs habitants.

Dans une carte blanche (pas encoure publiée) je m’insurge contre cette politique flamande, qui exige une « répartition équitable » des survols qui ne tient pas compte des densités de populations survolées. C’est la Flandre qui autorise l’extension de l’aéroport de Zaventem, mais c’est Bruxelles qui devrait en assumer une part importante de nuisances. Plutôt que de tenter de se décharger d’un certain nombre de survols sur Bruxelles, les électeurs du Noordrand ne seraient-ils pas mieux avisés de s’en prendre au laxisme de leurs élus ?

Co-habiter ?

Billet d’humeur

J’ai travaillé quatre ans aux Etangs Noirs, voilà pourquoi ce reportage molenbeekois de La Libre m’interpelle. Il relate l’expérience vécue par un certain nombre de jeunes flamands, qui ont fait choix de s’installer à Molenbeek. Ils y vivent et souhaitent co-habiter avec la population existante. Ils organisent parfois des activités festives ouvertes à tous, avec plus ou moins de succès. La plupart s’accrochent. Certains pensent qu’ils ne restent que parce que les loyers y sont moins chers …

On peut sans doute leur reprocher de préférer traverser le canal le soir pour aller boire un verre au Walvis. Mais que faut-il penser des salons de thés sombres de Molenbeek, où ils ne sont généralement pas bien accueillis pour un bière avec leur copine ? Les habitants de Molenbeek – qui y ont remplacé les travailleurs italiens et espagnols – considèrent-ils être aujourd’hui chez eux à Marokebeek de manière immuable ? Pensent-ils pouvoir imposer leur mode de vie à tous ? Répéteraient-ils le genre d’exclusion dont ils ont eux-mêmes été victimes ?

« Les jeunes flamands chassent les locaux ». Les locaux ne chassent-ils  pas les nouveaux venus qui ne partagent pas leurs habitudes ? Sauf à considérer que le vieux Molenbeek ou Anneessens doivent rester des enclaves marocaines, ne faudrait-il pas y favoriser une mixité active et joyeuse ? N’est-ce pas plutôt à Woluwe ou à Ixelles qu’il faudrait construire de nombreux petits logements à prix sociaux, si là aussi on souhaite une mixité active ? Ce n’est pas le clientélisme politique actuel qui y poussera. Moi j’y crois, malgré une opposition tenace et argumentée à coups de « gentrification » et du confort de tous les « entre-soi ».

Quelle culture générale ?

« Le fondement des sociétés démocratiques et libérales est l’esprit critique, qui se nourrit de la connaissance des humanités. Sans exception, les Etats totalitaires rejettent l’enseignement des humanités, et les États qui rejettent cet enseignement deviennent toujours totalitaires » Takamitsu Sawa, un professeur d’Economie, qui s’oppose à un enseignement supérieur japonais libéral pragmatique, qui devrait se limiter à « produire des ressources humaines qui correspondent aux besoins de la société ».

Connaissance de l’histoire, la nôtre, celle du monde et celle des philosophies et religions, mais aussi la musique, les arts, les sciences, et toute cette culture générale qui nous rend si humains, au-delà de nos seules compétences professionnelles. Le tronc commun scolaire prolongé et l’initiation à la philosophie et la citoyenneté vont-ils arriver à y contribuer dans notre ville cosmopolite ? alors que les employeurs aussi, commencent à y porter intérêt.

Vous n’en croirez pas vos yeux, mais deux professeurs ont osé se lancer dans la rédaction de « La Culture générale pour les Nuls » ! Une magistrale synthèse – plutôt celle des intellectuels occidentaux – qu’il ne faut cependant pas avoir peur de feuilleter ICI. Voyez la longue table des matières, avec les domaines que vous maîtrisez … et tous les autres, qui sont supposés faire partie du bagage de « l’honnête homme (et femme) du XXIème siècle.»

« La culture générale (serait-elle ?) ce qui reste quand on a tout oublié »  (Ellen Key)

Ville enfants admis.

Quelle place pour les enfants à Bruxelles en cette période sans école ? Avec la place prise par l’automobile et les deux roues, les espaces  de proximité protégés où les enfants peuvent jouer en extérieur sont peu nombreux. « La présence d’enfants non accompagnés dans nos rues est devenue suffisamment rare pour susciter la curiosité, l’interrogation, voire la réprobation. L’enfant a progressivement désinvesti l’espace urbain extérieur pour devenir un « enfant d’intérieur ». On en dit bien plus ICI.

Imperceptiblement, un processus « d’enfermement » s’est développé, déjà avec l’apparition de la radio, du réfrigérateur, de la télévision, qui ont contribué à la diminution des usages des espaces publics. Les jeux vidéos éclairent en partie le déclin du jeu en extérieur. Que dire du smartphone ? d’Internet ? et des médias dits sociaux ? qui ont favorisé le développement d’une « culture de la chambre » et ses contacts avec les ami.es depuis le domicile ?

Bien sûr, il y a les enfants privilégiés qui se retrouvent dans les jardins privés, mais ils sont entre eux. Il y a bien quelques rues scolaires et cours d’écoles qui restent ouvertes à tous l’été. Il y a des squares et des plaines de jeux organisées, mais où sont ces terrains d’aventure où les enfants retrouvent – comme à Louvain-La-Neuve – une liberté et une créativité au contact de nouveaux partenaires ?  Faudra y revenir, parce que les enfants des villes ont payé un lourd tribut en matière d’autonomie depuis l’affaire Dutroux.