Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Oui, on peut réduire les risques d’infection

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A en croire les chiffres officiels, les nouvelles infections au covid-19 semblent en hausse dans 15 communes bruxelloises, même si on n’en est pas encore aux chiffres d’Anvers. Pour limiter les contaminations il y a le maintien de la distance physique, le port d’un masque, le lavage des mains et  l’usage du gel, mais il pourrait être important de s’assurer de la qualité de l’air dans les lieux accessibles au public et notamment dans les écoles, qui vont bientôt réouvrir leurs portes.

Un lecteur, qui est aussi ingénieur et bourgmestre d’une commune de la périphérie, estime qu’il est nécessaire de s’assurer de la qualité de la ventilation de ces locaux publics, afin de limiter la concentration en aérosols potentiellement contaminés. C’est pourquoi il a commencé à distribuer, dès le mois de mai, des capteurs CO2 aux commerces, aux établissements horeca et aux bâtiments publics de sa commune. La RTBF vient d’y consacrer un reportage.

C’est un appareil assez simple, à peine plus grand qu’un paquet de cigarettes (sic), dont le coût oscille entre 20 et 45€. Il se connecte à un simple port USB. Au-delà d’un certain taux de CO2 indicatif, qui représente une valeur de sécurité, il va afficher une couleur orange ou rouge et il va falloir ouvrir des fenêtres ou limiter le nombre de personnes présentes dans un espace donné. Un dispositif qu’on aimerait peut-être voir installé dans nos 19 communes bruxelloises, avant la rentrée des classes et l’arrivée de la saison hivernale, durant laquelle nous vivons davantage à l’intérieur ? Si vous voulez des informations plus techniques, vous les trouverez dans cet article en néerlandais et ICI une expérience bruxelloise de désinfection par brumisation.

En voici un exemple, il y a bien sûr d’autres marques de capteurs de CO2

Un contrôle social si absent

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Il doit avoir une vingtaine d’années. La démarche nonchalante, il monte dans le bus avec son masque autour du cou. Le message sonore résonne « Pour protéger les autres voyageurs et notre personnel, couvrez-vous le nez et la bouche … ». Rien n’y fait. Quelques voyageurs l’ont manifestement remarqué, mais regardent ostensiblement leurs chaussures ou se plongent dans la lecture de leurs messages. Silence. Dans notre environnement proche, n’avons-nous cependant pas tous une part de responsabilité dans le maintien de la sécurité collective ?

Géographe social et fin connaisseur de Bruxelles, Eric Corijn fait part de ses constats en matière de contrôle social à Bruzz, traduit ICI par DeepL. Il constate l’émergence d’un individualisme accru depuis le début de la crise. Les Bruxellois.e.s n’hésitent cependant pas à placer la responsabilité de la hausse des chiffres de contamination sur les seules décisions politiques. « Nous n’arrivons plus à nous réprimander les uns les autres». Cette attitude s’inscrit, selon lui, dans la forte individualisation de ces trente dernières années. En tant que Belges, nous avons une attitude plutôt réfractaire vis-à-vis des règles, il devient dès lors très difficile de rappeler à l’ordre ceux qui font cavalier seul durant cette crise sanitaire.

Eric Corijn constate aussi que, depuis quelques semaines, les infections se produisent principalement parmi la population jeune, qui n’en peut plus du désert culturel. Pour les plus de soixante ans à Bruxelles, le virus reste relativement absent pour l’instant – même s’il est à craindre que les jeunes contaminent bientôt leurs parents et grands-parents … Lors du premier confinement, on a aussi constaté qu’il était plus facile d’éviter la transmission du virus quand on dispose d’un logement qui permet de garder les distances physiques et qui dispose d’un accès à l’extérieur. Pas étonnant donc que le taux d’infection soit plus élevé dans les quartiers les plus pauvres de la ville, comme dans les pays à forte densité de population.

 

Planter des arbres partout

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… surtout là où il n’y en a pas. C’est nécessaire pour que la ville reste habitable avec le réchauffement climatique… 28° aujourd’hui, mais 32° prévus pour jeudi et même 35° pour samedi. L’architecte paysagiste – Bas Smets – se livre dans un grand entretien au journal Le Soir. Pour cet amoureux de l’Arboretum, « Il faut réimaginer le rôle et la place de la nature dans les zones habitées par l’homme ». Retourner tous à la campagne ? « La planète n’est pas assez grande pour ça ». Il faut d’urgence créer une nouvelle symbiose entre ville et nature. « Ce sont les villes mêmes, les centres-villes qu’il faut transformer». Bruxelles, ville verte ? Oui, mais avec une végétation mal répartie. Il faut planter plus, mais pas n’importe où, ni n’importe comment.

« La température ne cesse d’augmenter. Il faut repenser les villes comme des lieux où on a envie d’habiter. Mon rêve serait d’arriver à créer une nature de ville, de réinventer une nature dans laquelle on veut vivre. Pas vouloir retrouver quelque chose qu’on ne peut plus retrouver ». La Senne est définitivement enterrée et canalisée, elle n’a plus rien de romantique. Bas Smets, ce qui l’intéresse, c’est de créer une nature de toute pièce, faite par des hommes et des femmes, et dans laquelle ils veulent vivre.

«  On ne vit pas dans un arbre, mais aujourd’hui on sait faire des murs végétaux, il y a des fermes urbaines, des toits verts… tout ça sont des expérimentations inventées par l’homme ». La science nous offre des possibilités nouvelles. Avec des tensiomètres qui mesurent la pression de l’eau dans le sol, on peut recevoir un rapport par arbre sur son téléphone, il dit quel arbre arroser et comment. Oui, c’est artificiel, mais la ville est elle-même artificielle. Utopique tout cela ? Bas Smets pense qu’il est possible de transformer la ville et il le démontre. Le Covid en a révélé l’urgence et les plans conçus il y a 10 ans doivent être revus à la lumière du climat. La classe politique doit prendre ses responsabilités, elle aura des compte à rendre à la nouvelle génération qui grandit en ce moment en ville.

Bruxelles a besoin d’une réforme de l’Etat

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Un billet invité d’Alain Maskens

Avec ses neufs ministres de la Santé, la crise sanitaire a mis une 7ème (et dernière ?) réforme de l’Etat à l’agenda du duo Magnette/De Wever. Fruit de compromis entre partis basés sur des identités flamandes ou francophones, la fédération Belgique a démontré l’inefficacité de ses structures. C’est Bruxelles qui est le plus pénalisée par cette situation, elle qui relève de sept gouvernements, parlements et administrations différents selon les domaines. Elle qui est enserrée sur un territoire défini par les compromis linguistiques et non par l’histoire, la géographie ou la rigueur de la gestion.  C’est donc la Région de Bruxelles qui aurait le plus à gagner d’une construction fédérale plus simple, plus cohérente et définitive, comme vous le lirez ICI et puis encore ICI.

Pour y parvenir, on se plaît à rêver d’une réflexion en profondeur, associant politiques et citoyens, regroupant Flamands, Wallons, Bruxellois et Germanophones, et débouchant sur diverses options soumises ensuite à consultation populaire. Tandis qu’en parallèle un gouvernement de plein exercice prendrait en charge la gestion de la quadruple crise (sanitaire, climatique, sociale et économique) qui nous secoue.

Las, peut-on espérer une telle évolution au départ de marchandages secrets entre des partis fondés sur des identités linguistiques opposées ? Lorsque les démons et symboles identitaires reprennent le dessus ? Avec les Bruxellois absents ? Et puis la formation d’un gouvernement fédéral de plein exercice qui leur est inféodée ? Une fois de plus assisterons-nous à des transferts de compétences contre du fric ? Soyons attentifs et malgré tout optimistes : les Bruxellois pourraient déjà améliorer une partie de leurs institutions à leur seule initiative, comme vous pourrez le constater ICI. Ils auraient tort de s’en priver !

 

Happy Monday: le retour du train

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Une initiative inattendue dans un monde ferroviaire, qui n’arrête pas de fermer des lignes de train considérées non rentables. Railcoop s’est constitué en société coopérative en vue de réinvestir dans les lignes délaissées du rail. Un poids léger français, qui a cependant de l’ambition. Ses premiers trains de fret pourraient rouler dès 2021 et une première ligne voyageurs pourrait relier directement Bordeaux à Lyon mi-2020. Railcoop entend proposer des wagons confortables, de la place pour stocker vélos, poussettes ou skis avec un prix de base fixé à 38 euros. Six trains circuleraient chaque jour entre les deux villes, soit trois dans chaque sens.  Le magazine en lignes Victoires – bonne nouvelles, qui diffuse l’info, en dit plus ICI.

Si l’objectif est de profiter de l’ouverture européenne du rail à la concurrence, pour prendre des parts de marché à la voiture individuelle, à l’autocar et surtout à l’avion pour les courtes distances, le plan financier restera difficile à boucler, tant que la concurrence déloyale du secteur aérien se maintiendra, grâce à l’exemption de taxe sur le kérosène et de TVA sur les billets d’avion. L’aide que l’Etat belge a décidé d’accorder à Brussels Airlines – et contestée globalement par Ryanair – ne peut rester un chèque en blanc. Cette aide doit être assortie de conditions qui rétablissent une saine concurrence et garantissent une diminution de l’impact environnemental.

Bruxelles Air Libre Brussel nous a transmis un communiqué de Greenpeace, dans lequel l’association environnementale exige notamment la réduction du nombre de vols, une taxation équitable de l’aviation en introduisant une TVA sur les tickets et une taxe sur le kérosène. Les recettes de ces taxes devraient être investies dans des fonds de transition, pour aider à la reconversion des travailleurs dans des emplois de qualité et plus particulièrement dans les transports durables, comme les chemins de fer. Greenpeace a publié une pétition à ce sujet. Vous pouvez la signer ICI. Bon lundi … en attendant le RER bruxellois.

Photos Greenpeace