Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Bientôt des forêts urbaines ?

Cela fait tout un temps que je voulais vous présenter le concept de forêt urbaine pour le futur de Bruxelles. De petites forêts, en pleine ville, peuvent rafraîchir l’air de 1 à 3 degrés et capter beaucoup de carbone. Elles ne demandent presque aucun entretien et sont plus accessibles que les parcs. On les décrit fort bien ICI. Elles favorisent toutes sortes d’usages publics, comme dans cette forêt urbaine d’Osaka, où l’on trouve des familles, des enfants, des lectrices, des rêveurs, des musiciens (sans amplification), des cyclistes, des joggeurs, des picniqueurs. Pas de poubelles: chacun emporte ses déchets et les trie à la maison. Les préposés éducateurs y veillent.

Depuis les canicules et le réchauffement climatique en cours, plusieurs villes ont commencé à implanter des minis forêts urbaines. Près de chez nous à Neder-Over-Heembeek (un peu trop excentré), mais aussi en Flandre, en Wallonie, à Paris, à Nantes, à Barcelone, et même à Osaka et dans les Indes, où Shubhendu Sharma nous explique gentiment et en 9′ les secrets d’une implantation réussie par la méthode Miyawaki, grâce à laquelle les arbres poussent dix fois plus rapidement que dans une forêt traditionnelle.

Attention, il ne s’agit pas de planter n’importe quoi. Certaines espèces courantes, comme le platane, sont contre-indiquées, tout comme la monoculture et les espèces réputées causer des allergies. Les spécialistes nous informent, mais nous espérons qu’ils ne tarderont pas trop à convaincre, pour que les arbres aient le temps de grandir et de nous permettre de jouir de leur ombre salutaire. Cela doit en être fini avec la minéralisation à outrance. Un jour, la  » forêt du Sablon «  fera sans doute le succès de ses commerces, quoi qu’en pensent les commerçants, qui exigent toujours de pouvoir parquer leurs véhicules sur cette belle place qui n’est pas leur propriété.

Photos: Osaka urban forest à côté du Château de la ville.

 

Qui va payer nos retraites ?

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À Bruxelles, dans les années 60, la plupart des personnes travaillaient jusqu’à 65 ans et disposaient pendant 5 ans d’une pension aisément « finançable », vu que l’espérance de vie s’établissait encore autour des 70 ans. Aujourd’hui – dixit Maxime Prévot (cdH) – « quatre générations cohabitent: une qui ne travaille pas encore, une qui bosse et deux qui ne travaillent plus ».

 Il ne va pas être pas possible d’augmenter indéfiniment la part contributive de cette génération au travail, pour financer les pensions et les soins de santé d’une population qui vit jusqu’à 81 ans, même si à Bruxelles, nous avons la chance de bénéficier d’une immigration jeune et d’un taux de natalité bien supérieur aux deux autres Régions. Bruno Colmant (1) parle d’un scénario à la japonaise: le vieillissement de la population crée des dépenses publiques de plus en plus insupportables. Yves Montenay (2) mène une réflexion démographique plus profonde, qui pourrait vous intéresser.

Il reste, que le statu quo est irréaliste. Ceux qui le préconisent font dans la démagogie.
Deux solutions se font jour: augmenter régulièrement l’âge de la retraite pour les personnes en bonne santé, avec adaptation des tâches et réduction progressive des heures à prester, ou déterminer un montant unique pour la retraite de tous les citoyens, vu qu’ils ont des besoins identiques (3). Une forme d’allocation universelle. Les réactions ne se feront pas attendre, mais y a-t-il une alternative crédible ? Pouvons-nous continuer à nous voiler la face ?

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(1) Bruno Colmant est professeur à la Vlerick Management School, à l’ULB et à l’UCL, et responsable de la recherche économique auprès de la Banque Degroof Petercam

(2) Yves MONTENAY est ingénieur et politologue français, il est président de l’Institut Culture, Economie et Géopolitique et administrateur de Population et Avenir (géographie humaine et questions familiales).
(3) les personnes qui ont cotisé le plus, sont aussi celles qui ont eu les salaires les plus élevés et sont souvent propriétaires de leur logement, d’une pension complémentaire et d’un bas de laine. Elles ont droit à une retraite comme tout le monde, mais y a-t-il des raisons objectives qu’elle soit plus élevée que celle des personnes qui n’ont que leur pension pour vivre ?

 

L’air conditionné ne nous sauvera pas

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La météo prévoit 27 degrés à Bruxelles. Au Rajasthan on vient d’enregistrer des températures dépassant les 50 degrés. Les Indiens, qui en ont les moyens, se sont rués sur l’air conditionné, comme le relate Libération. Résultat: un pic dans la demande d’électricité – largement issue du charbon – et énormément d’air chaud rejeté dans les rues. Des animaux et des êtres humains auraient été jusqu’à s’y entretuer pour de l’eau, selon RTBFinfo.

Face au réchauffement climatique en cours et aux possibles canicules, l’air conditionné n’est donc pas une solution généralisable à Bruxelles. C’est du côté de la conception des bâtiments, de leur isolation, d’une circulation d’air tempéré naturelle et de la géothermie qu’il va falloir se diriger sans tarder pour les constructions neuves et même pour la rénovation des bâtiments anciens. Bruxelles Environnement organise une journée d’étude le 21 juin en vue de limiter la surchauffe estivale.

Il y a des siècles, les Romains et les Grecs faisaient circuler de l’eau dans les murs de leurs villas. Dans le désert, les palais des sultans étaient déjà climatisés, grâce à des bâdgirs, sorte de cheminées attrape-vent, parfois agrémentées de jarres en terre cuite remplies d’eau qui – par évaporation – produisaient de l’air frais. Il en existe des versions modernes.  En  Provence et au Canada, des « puits provençaux «  fournissent de l’air frais en été et tempéré en hiver.  Pour les immeubles à appartements, la géothermie pourrait être une solution d’avenir, comme le pratique notamment Lausanne. Des incitants régionaux vont devoir être proposés par le prochain gouvernement pour que les Bruxellois puissent se préparer au futur.

 

Happy Monday: la cohabitation rajeunit Bruxelles

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Le jour même où je vous annonçais la construction d’un immeuble de cohabitation américain de 800 unités, dépassant la taille du leader londonien, Bruzz publiait un reportage très vivant avec photos (texte traduit ICI en français) sur la progression rapide de la cohabitation à Bruxelles. Plus qu’un projet immobilier, c’est un nouveau mode de vie qui commence à se développer en ville, dans la foulée du concept de partage des biens plutôt que de leur possession. Des grands groupes ont commencé à s’y intéresser, à développer leur marque et à concevoir une architecture pour demain.

A Bruxelles, l’achat d’une maison devient inaccessible pour les jeunes, qui sont aussi très nomades, tout en disposant rarement de leur propre voiture. Ils recherchent des logements meublés avec plus de services et moins de solitude. Chez le promoteur Cohabs: «  Nous ne nous contentons pas d’assurer le nettoyage des maisons, nous offrons aussi la télévision par câble, internet, des séances de yoga, des espaces communs conviviaux et même un petit-déjeuner mensuel pour les résidents de toutes nos maisons ». Plus discret, le promoteur Ikoab semble bien être actuellement à la tête du marché coliving à Bruxelles. A Liège, Horizon Groupe arrive à maintenir un niveau de prix plancher – entre 500€ et 700€ euros maximum, charges comprises.

Dans des quartiers trendy, des maisons de maître unifamiliales et des espaces désaffectés,  proches des transports en commun, sont transformés en cohabitations et trouvent rapidement preneurs. La crainte d’une augmentation des loyers dans ces quartiers se fait jour, mais ce type de logement n’est-il pas nécessaire pour retenir en ville une classe moyenne jeune et active ? Qu’attendent les pouvoirs publics pour développer, sans but lucratif, des logements sociaux ou intergénérationnels sur le même modèle ? plutôt que de continuer à construire des barres anonymes et des homes.

document bruxellois extrait du site de Cohabs

 

 

Se chauffer à l’hydrogène

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Nous avons déjà abordé les promesses de l’hydrogène en vue de notre nécessaire transition énergétique. Aujourd’hui à Rotterdam, un immeuble de 25 appartements est désormais chauffé à partir d’hydrogène vert. L’Echo présente ce projet pilote, qui vise à démontrer que l’utilisation de l’hydrogène est réaliste pour la production d’eau chaude et le chauffage de bâtiments résidentiels. La société qui a réalisé l’installation donne ICI plus d’informations.

L’avantage de l’hydrogène ? Il n’émet ni CO2, ni CO, ni particules, lors de sa combustion – juste de la vapeur d’eau. Il présente donc un bilan écologique particulièrement favorable, s’il est produit à partir d’électricité éolienne ou solaire. Il a aussi l’avantage de pouvoir se stocker et de se transporter plus facilement que l’électricité. Il permet ainsi de valoriser les surplus de production d’électricité verte en heures creuses. La voiture à hydrogène pourrait être une alternative crédible à la voiture électrique avec ses problématiques batteries et ses temps de charge.

L’utilisation de l’hydrogène, comme énergie alternative, progresse tous les jours. Alstom a mis en service les deux premiers trains à hydrogène alimentés par pile à combustible, la Chine implante un vaste réseau de stations d’hydrogène, à Paris la flotte de taxis à hydrogène atteindra 600 taxis en 2020, les premiers bus à hydrogène vont circuler à Lens, Colruyt a ouvert une première station à Hal… l’hydrogène fait manifestement sa rentrée dans la transition énergétique durable. Si vous aimez en savoir plus, L’Usine Nouvelle y consacre un dossier ICI.