Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Le gaz comme avenir énergétique ?

_________________________________________

Selon L’Echo, des investisseurs luxembourgeois seraient prêts à injecter 2,5 milliards dans 4 nouvelles centrales électriques au gaz en Belgique, dont une à Vilvorde. À peine annoncée, la nouvelle a déjà fait l’objet de plusieurs contestations dans le même quotidien. (1)

Mais, en dehors du gaz de mine, dont l’exploitation commence à Anderlues et les débuts de la biométhanisation (2), mais pas à Bruxelles, où le PS s’y oppose, nous ne disposons d’aucune ressource en gaz. Il faudra donc l’importer et le transporter dans des navires méthaniers depuis les émirats arabes, dont nous nous rendrons très dépendants et dont les ressources fossiles ne sont pas illimitées.

Ce n’est donc pas un projet énergétique d’avenir, mais s’il se réalise, il devrait nous laisser le temps nécessaire pour développer les alternatives durables, qui vont s’imposer suite au nécessaire démantèlement de nos vieilles centrales nucléaires en fin de vie.

___________________
(1) Pour bénéficier de l’accès gratuit à 5 articles par mois dans L’Echo, vous pouvez vous enregistrer ICI sans engagement.
(2) Il s’agit de deux articles intéressants et documentés, mais à lire avec l’esprit critique, vu qu’ils s’apparentent à du publi-reportage.

La cohabitation, mode de vie urbain du futur ?

Dans la Silicon Valley, où le prix du logement est prohibitif, la startup Starcity projette de démarrer, cet automne, la construction du plus grand immeuble de cohabitation jamais construit: 800 unités de logement répartis sur 18 étages, avec un grand nombre d’espaces communs. C’est un pari fou, qui est soutenu par le City Council de San Jose, qui vient de créer un nouveau zoning de catégorie « co-living », en vue d’écarter les obstacles qui pourraient entraver le développement de ce nouveau mode d’habiter. Une réponse au problème du logement des employés des entreprises ? une alternative au rêve de villa quatre façades, qui a montré ses limites sur le plan urbanistique et sociologique ?

C’est CityLab qui publie cette info et y consacre un article très documenté, qui va vous étonner. C’est bien à l’éclosion d’un nouveau mode de vie urbain, moins individualiste, auquel on pourrait assister. Peut-être aussi une réponse pour les nombreuses familles recomposées, pour les mères célibataires, pour les seniors, pour les personnes isolées ou volontairement célibataires. Il sera intéressant de voir comme la vie s’y déroulera, une fois ce grand bâtiment construit et occupé. Ce n’est cependant pas la première expérience de Starcity qui se trouve face à une waiting list de plus de 8.000 personnes… Même si les loyers sont en-dessous des prix du marché, il ne s’agit clairement pas de logements sociaux, même s’ils pourraient en être une source d’inspiration contemporaine

Jon Dishotsky, un de co-fondateurs, se souvient ICI avec émotion, que son père – professeur à Stanford – a hébergé une douzaine d’étudiants du monde entier dans sa maison de Palo Alto. Ils payaient un loyer modeste, partageaient les repas avec la famille et s’occupaient de Jon quand ses parents étaient occupés. Un étudiant ingénieur nigérian l’a même aidé à construire une zip line (tyrolienne) dans le jardin et à gagner plusieurs concours scientifiques. Son père est toujours en contact avec certains de ses ex-students. La co-habitation, Jon est donc tombé dedans était petit.

 

La Belgique implosera-t-elle ?

_________________________________________

Dans un billet récent, l’essayiste wallon Jules Gheude, évoque l’implosion de la Belgique – écrite dans les astres – selon lui. La question ne manque pas d’intérêt pour Bruxelles. Vous connaissez le rêve N.VA d’une Flandre indépendante. Ce n’est pas le score du Vlaams Belang qui freinera cet objectif final. Une marche vers un certain confédéralisme semble bien être en route. Dans cet  extrait du Brexit à la flamande du journaliste Paul Goossens pour De Standaard , il apparaît clairement que cela ne se pourra pas se faire sans Bruxelles. Il constate que « Bruxelles a dépassé la tutelle wallo-flamande. A son tour, Bruxelles se manifeste comme une communauté avec sa propre identité imaginaire. Une négociation sur le confédéralisme n’est concevable que si Bruxelles est à la table des négociations comme partenaire à part entière et participe à la décision. » (traduction libre).

Frank Vandenbroucke (SP.A) écrit : « Comme un Brexit pur est impossible si l’on ne cède pas l’Irlande du Nord à la République d’Irlande, de la même façon, le confédéralisme n’est pas possible si l’on ne cède pas Bruxelles aux francophones » … sauf que Bruxelles n’est pas demandeur d’être partie prenante d’une Belgique résiduelle menée par la Wallonie. Hervé Hasquin (MR) confirme la place de Bruxelles : « La dynastie ne fait pas l’union de la Belgique. C’est Bruxelles. Je ne vois pas la Flandre emmener Bruxelles dans ses bagages, idem pour la Wallonie ». Et Jean-Luc Crucke (MR) de conclure dans une interview à La Libre:  » Il faudra discuter dans la discrétion d’une Belgique à quatre Régions « .

Certains commentateurs pensent que la Belgique ne se séparera pas à cause de l’énorme dette publique que l’on ne sait comment répartir. D’autres pensent que la Belgique subsistera parce que l’Europe ne lui concède qu’un siège et combat les tendances séparatistes, comme on l’a vu avec la Catalogne. Pour le philosophe Philippe Van Parijs,  » La Belgique subsistera à cause de Bruxelles. Pour des raisons différentes, ni la Flandre ni la Wallonie n’acceptera de s’en défaire, et ni l’une ni l’autre ne peut se l’approprier.”  Il s’en explique davantage dans cet extrait de son livre Belgium. Une utopie pour notre temps.  Vous voilà rassurés ?

 

Happy Monday: bientôt un gouvernement

_________________________________________

Bruxelles pourrait bien être la première Région à disposer d’un nouveau gouvernement. Pour l’aile néerlandophone les jeux sont faits et connus: une coalition composée de Groen, One Brussels (SP.A) et Open VLD, qui rejettent dans l’opposition la N.VA, le V.B et le PVDA.

Côté francophone, après la décision du cdH de faire une cure d’opposition et le refus du PTB de rentrer dans un gouvernement sans le PVDA, tout porte à croire que l’aile francophone sera composée du PS, d’Ecolo et de Défi, dès lors que le PS a clairement annoncé sa préférence pour une coalition « progressiste ».  Le MR et le cdH devraient se retrouver dans l’opposition avec Agora, qui compte bien installer son assemblée populaire parallèle tirée au sort.

La rédaction d’un accord de gouvernement et d’un cadre budgétaire prendra probablement encore un peu de temps, vu que chacun voudra y retrouver ses priorités et parce que des négociations serrées peuvent être attendues à propos du budget qui sera plombé par le projet d’extension du métro et de la répartition du budget de la STIB entre transports de surface et extension du métro. Au menu, on retrouvera certainement la transition énergétique et le climat, mais peut-être aussi l’emploi,  la prison de Haren, voire même le projet Néo et son méga shopping center d’un autre temps. Après cet exercice d’équilibriste, qui devrait être le chant du cygne de Laurette Onkelinx, il sera temps de rassembler les deux ailes pour rédiger l’accord de majorité final.

Trottinettes: fini l’anarchie

_________________________________________

… mais c’est à Paris. Après avoir laissé ce nouveau mode de déplacement silencieux et inodore envahir la ville, après avoir pris quelques mesures peu efficaces et puis misé sur la bonne volonté des exploitants, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, s’est résolue à employer la méthode forte, face au mécontentement grandissant des habitants. Le Monde en détaille les modalités.

En bref, il sera interdit aux trottinettes de stationner sur les trottoirs de la ville, elles devront se parquer sur la voirie, comme les autres véhicules et leur vitesse devra être bridée à 20km/h. (au lieu de 25). Afin de diminuer leur nombre total – évalué à 35 ou 40.000 engins – la Mairie compte lancer un appel d’offres et ne sélectionner qu’un maximum de 3 opérateurs, pouvant mettre chacun 5.000 trottinettes à disposition du public. L’appel d’offres comportera aussi des clauses sociales et environnementales pour lutter contre l’« ubérisation de notre société » et contre des recharges non vertes.

Il est évidemment plus aisé de prendre des mesures pareilles quand une seule Maire gère une ville, plutôt que 19 bourgmestres et un ministre de la Mobilité régional (air connu). En attendant l’arrivée d’un nouveau gouvernement bruxellois plus vert, nous pourrons tirer profit des premiers résultats des mesure parisiennes. Suite à l’augmentation des accidents survenus à des piétons et à des usagers et suite à l’encombrement des (étroits) trottoirs bruxellois, il va être temps d’agir, sans pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain.