Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Quelle architecture pour la ville de demain ?

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Un billet invité de l’architecte David Roulin

David Roulin est bruxellois et dirige le bureau Art & Build Architects. Le confinement imposé a été l’occasion pour lui de préciser la vision de l’agence quant au futur de l’architecture urbaine. Il constate que la nature n’a pas attendu les architectes et les urbanistes pour concevoir des structures parfaitement adaptées à une fonction et à un contexte. Pour lui, s’inspirer de la nature, c’est tendre vers cet idéal, c’est concevoir un bâtiment comme un organisme vivant, évolutif, réactif et résilient. C’est apprendre à composer avec ces règles invisibles qui ont produit autant de richesse, de diversité et de beauté sur notre planète. La ville elle-même s’apparente à un organisme vivant, composée de cellules, de tissus et d’organes qui interagissent entre eux, réagissent à leur environnement, vieillissent, sont parfois malades et possèdent la faculté de se régénérer, d’opérer une mutation.

Il pense qu’il faut arrêter d’opposer ville et nature. Les individus ont besoin de la ville, et la ville a besoin de la nature. Les deux notions sont parfaitement compatibles pour autant qu’un juste équilibre soit préservé, en respectant le vivant. La ville est un extraordinaire laboratoire de recherche quant à l’évolution de nos comportements et de notre manière de construire, et les concepteurs du cadre de vie sont en première ligne de cette recherche, cristallisant dans leurs réalisations toute la complexité de ce qui fait l’organisation des êtres humains sur terre.

Il se montre un fervent partisan du bois et des circuits courts. La construction bois démontre chaque jour ses vertus, non seulement en matière d’empreinte carbone et de bien-être des occupants, mais aussi en matière d’organisation des chantiers grâce à la préfabrication. La période de confinement a aussi révélé un autre enjeu de la ville de demain, celui de la mixité des usages. Nous pouvons parfaitement vivre, travailler et consommer dans un périmètre restreint voir dans un seul et même immeuble. La terrasse est apparue, en période de confinement, comme un complément indispensable de notre espace de vie. Végétalisée ou non, elle est un lieu de respiration, de décompression. David Roulin parle aussi de mixité, de la nécessaire convertibilité des bâtiments et de notre espace vital. Cliquez ICI pour lire l’intégralité de son intervention et découvrir d’autres photos.

Biotope_Biodiversity in the City

L’avion mis au pas par le covidus ?

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Les Bruxellois survolés, de jour comme de nuit, vont-ils pouvoir retrouver leur santé physique et mentale grâce à un redoutable virus ?

« Moins d’avions et des prix de billets plus élevé : le COVID-19 va ébranler l’aérien. On ne voyagera plus en avion comme avant » c’est Raphaël Meulders qui l’affirme dans La Libre. Il répond aussi à ces deux questions: « Le train, la voiture ou le bus vont-ils supplanter l’avion sur les courtes distances ? »  « Est-ce la fin de l’heure de gloire pour les compagnies aériennes ? ». Le journaliste s’en explique ICI et encore LA. Il est aussi question du remplacement de l’avion sur les courtes distances par le train. Une résolution du PS vise à soutenir financièrement les trains de nuit en Europe, grâce à la taxation du kérosène des avions. Le MR, la N-VA et le Vlaams Belang on voté contre, comme vous le verrez ICI.

Austrian Airlines va recevoir une aide d’Etat conditionnée à des mesures sociales et environnementales. Plus aucun billet d’avion sous les 40 €. « Cette mesure fait de nous des pionniers en Europe” affirme la ministre autrichienne de l’Environnement, l’écologiste Leonore Gewessler. C’est l’un des points clés du plan de sauvetage de la compagnie. Le but ? Lutter contre le dumping “social et environnemental” des compagnies low cost.

On le voit, le développement incontrôlé de l’aéroport urbain de Zaventem et le soutien demandé à l’Etat pour sauver Brussels Airlines ne vont plus de soi aujourd’hui. L’Etat belge serait mal inspiré de ne pas y mettre des conditions. Tout récemment, face à un Arnaud Feist – patron de Brussels Airport Company – qui déclare ICI « À part le PTB, je ne vois pas qui voudrait nationaliser l’aéroport », sept professeurs d’université rétorquent dans une carte blanche « Nationaliser Brussels Airlines est le seul choix d’avenir ».

Des arbres peuvent sauver des vies

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Traversant la place Fontainas, je vois une dame âgée qui vide une petite bouteille d’eau sur les racines d’un arbre à peine planté et déjà roux« Vous avez vu  dans quel état sont ces arbres ? Cela me fait mal au cœur. Ce sont des êtres vivants, c’est bien plus que de la verdure. On reste en contact avec la vie et les saisons. »  Ces mots simples et justes ont raisonné longuement dans ma tête. Pas besoin d’être botaniste pour évaluer la situation et regretter le manque de soins. En ville, les arbres ne sont pas seulement décoratifs, ils accroissent le bien-être des citadins, ils réduisent le niveau de stress, luttent contre l’effet îlot de chaleur, réduisent la température et la pollution de l’air, procurent de l’ombre, … Plusieurs travaux universitaires ont démontré, qu’accroître la couverture arborée d’une ville a des bénéfices quantifiables en termes de santé mentale et physique, comme le chiffre la Revue Médicale Suisse.

Philadelphie, a entamé un plan ambitieux pour augmenter la couverture arborée de la ville. Il se terminera en 2025. Des chercheurs estiment en conclusion que 403 décès prématurés – dont 244 dans des zones de statut socio-économique inférieur – pourraient être évités chaque année à Philadelphie, si la ville parvenait à atteindre son objectif d’augmentation du couvert végétal pour arriver à 30% dans chaque quartier. Ce n’est pas évident, surtout dans les quartiers défavorisés, qui le sont aussi sur ce plan. Ces politiques d’écologie urbaine se justifient à la fois pour la promotion de la santé de la population et pour la réduction du coût des soins de santé.

Bruxelles est une des capitales les plus vertes d’Europe – notamment grâce à la forêt de Soignes et au bois de la Cambre. Une étude (déjà ancienne) de l’IBGE révèle que 53% du territoire de la Ville-Région est recouvert de surfaces vertes, notamment grâce à ses grands intérieurs d’ilots, souvent menacés. Bruxelles se classe donc bien … sauf que la couverture verte y est très inégale: dans le pentagone elle ne couvre que 9,6%  du territoire, dans les communes de la 2ème couronne on est à 29,3% et  la 3ème couronne est couverte à 71,3% ! comme le montre la carte de l’IBGE.

Les arbres améliorent la qualité … et la quantité de vie  (photo Shutterstock)

Happy Monday: on arrive à se parler

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« C’était au temps où Bruxelles brusselait », mais Bruxelles bruxsels toujours. Le parler bruxellois n’a pas dit son dernier mot … sauf que, aujourd’hui, il cause en 104 langues. Lieu de rencontre exceptionnel entre la culture germanique et la culture latine, il n’est pas étonnant que le parler bruxellois – brusseleir beulemans ou brussels vloms – soit un doux mélange de français et de flamand. Largement minoritaires à Bruxelles, les Bruxellois néerlandophones en ont cependant forgé une partie de l’âme. Aujourd’hui, le multilinguisme a enterré le mythe d’une capitale « tweetalig » au profit d’une nouvelle identité plurielle, unique au monde, dont le maroxellois n’est qu’un exemple.

Dans la fosse, ça parle flamand. Sur scène, ça chante français. Au bar: « Wat wilt u drinken ? – Deux bières, s’il vous plaît – Très bien ». Flamands et Francophones décomplexés se respectent et ne font plus de chichis. Des étudiants en journalisme de l’ULB se sont livrés à une enquête unique et passionnante dans les méandres du nouveau paysage linguistique de notre ville. Le journal Le Soir la résume ICI. Si cet aspect de la vie bruxelloise vous passionne, procurez vous le dossier complet dans Le Soir du samedi 27 juin. Vous aurez déjà un bel aperçu des opinions récoltées par les étudiants auprès de Dominique Dognié, Dirk Jacobs, Jürgen Jaspers, Philippe Van Parijs, Rudi Janssens, Pauline Degrave, Eric Corijn, Jean-Jacques De Gheyndt … Et d’autres points de vue recueillis auprès de nouveaux Bruxellois.

Les Anglais ont quitté l’Union Européenne, mais leur langue restera, ne serait-ce que pour les habitants et visiteurs de Bruxelles qui ne maîtrisent ni le Français, ni le Néerlandais. Ceci étant dit, à Bruxelles, la lingua franca utilisée par la majorité des Bruxellois reste le Français, enseigné à l’école comme première ou deuxième langue, l’Anglais ne venant que plus tardivement en 3ème position. Le Français est aussi la langue de la rue et de la plupart des commerces. Dès lors, se pose la question des affiches, programmes ou conférences, de plus en plus souvent exclusivement en Anglais, même à Bozar. Cela ne tend-il pas à réserver ces activités à une « élite » multilingue qui s’en enrichit et se procure ainsi des positions et des emplois inaccessibles à la population issue de nos écoles ? On reparlera de l’Anglais, comme nouvelle lingua franca bruxelloise, lorsque l’école sera en mesure de délivrer des citoyens trilingues, voir même quadrilingues, si leur langue maternelle n’est pas celle de l’école.

 

 

 

 

De l’eau, mais pas n’importe comment

Par ces chaleurs, si l’eau n’est pas accessible, elle n’est que pur prestige et sans utilité pour les citoyens. C’est le cas, par exemple, à Montgomery. (photo Gerec engineering ). On veut désormais de l’eau « jouable ».

Les activistes de Pool is Cool se manifestent régulièrement en faveur de l’accès aux plans d’eau de la ville. Vous pouvez même signer leur pétition. Pascal Smet se mobilise depuis 2007 pour une piscine en plein air, toujours pas en vue. A Copenhagen on a trouvé la solution (photo Danish Architecture Center (DAC). Avec toutes ces indispensables photos, j’espère que WordPress pourra respecter la mise en page …

D’autres villes ont appris à apprivoiser l’eau pour la mettre à disposition des citoyens.
Ici, un plan d’eau filtrée accessible aux enfants à l’avant du centre commercial de centre ville de Kyoto. Plus bas, une rivière artificielle à Tokyo avec eau filtrée et siège (planche) remis par l’indispensable gardien de parc. Tout en bas, plus mystérieux, mais toujours de l’eau accessible et même de la brume.