Archives de l’auteur : Yvan Vandenbergh

A propos Yvan Vandenbergh

Citoyen bruxellois engagé, passionné par l'avenir de notre Ville-Région

Flygskam: la honte de prendre l’avion

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Fuyant l’interminable hiver pour rejoindre des latitudes plus clémentes, les Suédois au pouvoir d’achat confortable sont de grands voyageurs. Cependant, depuis peu se répand parmi eux la « honte de prendre l’avion » et de contribuer au réchauffement de la planète. « Flygskam » devient  un terme courant dans les pays scandinaves. Il traduit le sentiment de culpabilité face aux effets environnementaux néfastes du transport aérien. Par souci d’écologie, de plus en plus de voyageurs optent désormais pour le train, même pour de longs trajets.

D’après un sondage, 64% des personnes qui ont réduit leurs voyages, l’ont fait pour des raisons liées au climat. La compagnie ferroviaire nationale SJ a enregistré une augmentation de 21% des voyages cet hiver. Le gouvernement a annoncé son intention de réintroduire les trains de nuit à destination des grandes villes européennes. Vous en saurez plus dans la petite revue de presse sélectionnée pour vous ICI.

En France aussi, on cesse de se vanter de voyager en avion, on s’excuse même de le prendre pour des raisons professionnelles ou on met en avant l’argument de prix plus élevé du ticket de train. Selon un sondage du Figaro auprès de 40.000 votants, 59% de personnes se sont dites prêtes à « préférer le train à l’avion pour des raisons écologiques ». Une rapide et salutaire évolution des mentalités, mais ne s’agit-il pas plutôt d’assumer ses responsabilités de citoyen plutôt que de développer des sentiments de culpabilité ?

Happy Monday: se passer de batteries

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Les sources d’énergie renouvelable se développent, c’est leur stockage qui continue à poser problème. La batterie est lourde, limitée et polluante à la fabrication comme en fin de vie. Les scientifiques estiment cependant que des progrès importants ont été engrangés ces dernières années et les décrivent ICI pour ceux qui veulent en savoir plus.

D’autres scientifiques sont sur de nouvelles pistes, elles permettent de se passer de métaux rares. Les chercheurs du MIT ont développé un accumulateur qui exhale et inhale de l’oxygène et qui peut stocker l’électricité pendant de longues périodes pour un cinquième du prix des technologies actuelles, avec zéro émissions polluantes et sans grandes contraintes d’emplacement.

Et puis le retour des supercondensateurs. Un vélo électrique sans batterie et sans aucune transmission mécanique, sera bientôt sur le marché. « On ne pédalera plus pour déplacer le vélo, mais pour générer de l’électricité. Cela permettra de découpler l’effort de l’utilisateur avec le relief du terrain ». L’effort du cycliste actionne directement une génératrice chargée de produire de l’électricité. Elle alimente le moteur électrique via un ensemble de supercondensateurs qui forment une petite unité de stockage qui s’appuie sur un principe électrostatique. Pas de lithium, mais du carbone, de l’aluminium et du sel et donc au moins 3 avantages environnementaux d’importance: une longévité qui dépassera celle du vélo lui-même, l’absence de matériaux rares et/ou sensibles, et un recyclage facile qui ne pose pas de problèmes majeurs.

Amour et haine des trottinettes

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Qui eût cru qu’un jour des adultes se déplaceraient en trottinette ?  C’est plutôt avec un petit hélicoptère personnel dans le dos que la science-fiction imaginait l’an 2000. En quelques mois cependant, les trottinettes partagées ont réussi à faire partie du paysage urbain. Pour la plus grande joie de ses utilisateurs et parfois pour l’exaspération la plus vive des autres usagers de l’espace public. C’est qu’elles roulent vite, circulent parfois sur les trottoirs, ne s’arrêtent pas nécessairement aux feux rouges et – en « free floating » – se déposent n’importe où après usage.

La Région et les communes n’ont rien vu venir et tentent à la hâte de mettre un peu d’ordre dans la situation, d’autant que les blessés se multiplient aux urgences et dépassent déjà ceux occasionnés par les vélos. Saint-Josse les interdit sur son territoire. La Région se tâte, la police aussi. Où peuvent circuler les trottinettes ?  à quelle vitesse ?  quel éclairage ? faut-il imposer un casque ? les utilisateurs doivent-ils être assurés ? les questions fusent, les réponses tardent.

Un journaliste de L’Echo constate ICI « que les trottinettes partagées sont vite jetées et obsolètes et constituent un défi écologique et économique majeur pour tous les nouveaux acteurs du secteur. Sont-elles un plus pour les villes d’aujourd’hui et pour l’écologie en tant que telle? La question se pose de plus en plus à mesure que les Lime, Dott, Flash ou autres Tier envahissent nos rues et nos trottoirs de manière plus ou moins ordonnée. Le bon usage n’est pas encore là, une crise de jeunesse qui passera ?

photo Lime

Une transition écologique ratée

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Vous vous souvenez, c’est un tout nouveau morceau de ville qui devait se construire entre la colonne du Congrès et le boulevard Pacheco, avec ses logements, son école, sa crèche, ses marches et ses jardins. Une occasion unique de bâtir un quartier du futur, un quartier vert, durable, économe en énergies et convivial pour ses occupants et visiteurs. Le premier projet avait été recalé, voilà que le second – à peine meilleur et objet d’une vive opposition de riverains – vient de recevoir un avis favorable (tout à la fin du fichier) de la Commission concertation, certes avec pas moins de 50 conditions contraignantes et souvent judicieuses à lire ICI et qui vont obliger les architectes à revoir leur copie.

Soyons de bon compte, la Commission s’est livrée à un travail très approfondi qui tient compte d’un certain nombre de remarques exprimées par les plaignants. Elle exige notamment 30% de logements sociaux ou conventionnés, demande d’améliorer la mixité des types de logement,  des accès aux personnes pmr, aux vélos cargos, 20 emplacements pour des voitures partagées, un local à destination des riverains, des toilettes publiques  (seulement étudier la faisabilité), une végétalisation plus accrue et diversifiée, constituer une « forêt urbaine », avoir accès à la salle de sport de l’école, les caractéristiques des revêtements de sol (clairs?), … mais rien à propos de bâtiments passifs qui pourraient produire plus d’énergie qu’ils ne consomment, rien à propos d’îlots de chaleur, rien à propos de perspectives paysagères, d’ensoleillement …

Pourquoi la Commission de concertation n’a-t-elle pas oser remettre un avis défavorable à ce projet du siècle passé, plutôt que d’appliquer des emplâtres sur une jambe de bois ?  C’est qu’avec les diverses conditions à remplir, le projet sera conforme au Plan Particulier d’Affectation du Sol de la Ville (PPAS). Un plan qui date et ne tient pas compte des engagements Climat qui ont été pris. Oui, il eût fallu avoir le courage de dire que ce PPAS est obsolète et que la nouvelle majorité de la Ville devait se voir contrainte de le réécrire. Une occasion ratée. Peur sans doute que les auteurs d’un projet conforme aux prescriptions du PPAS ne réclament des indemnités ?

RAC 4 – S.A.

 

 

Bruxelles Grand Ecran

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C’est à Bruxelles et nulle part ailleurs, qu’il a été possible pour Luc Jabon de tourner ce long métrage à la découverte d’une ville, au fil de ses rues et de ses places et des ses habitants. Une ville qui se raconte sans forfanterie et se donne à voir telle qu’elle est: imprévisible, bordelesque, envahie, non formatée, émouvante, belle, négligée et tellement surréaliste. Le Bruxelles qui se déroule devant nos yeux est celui que nous aimons. Tout le peuple de Bruxelles est là et bien là, avec son sens inné de l’autodérision et dans sa super-diversité. Le film a d’ailleurs failli s’appeler « Bruxelles, ville-monde ».

La ville comme vous ne l’avez jamais vue. Ni documentaire didactique, ni film de propagande touristique, ni plaidoyer social ou historique, ni film de fiction. On ne s’ennuie pas une seconde. Des images superbes de Michel Baudour et des perspectives inconnues grâce à l’usage d’un drone. La ville aux cents comités d’habitants, qui rivalisent d’énergie et d’audace pour revendiquer des espaces à taille humaine et pour jouir d’une vie urbaine de qualité. La musique de Martin Salemi est aussi à l’image de ce jazz inimitable qui fleurit dans les clubs et les caves de Bruxelles, où plane toujours l’ombre du grand Toots.

Le film « Bruxelles-Brussel, une traversée urbaine » sera présenté en avant-première le jeudi 2 mai à 20h dans la grande salle de Bozar, après un verre de l’amitié dans le Hall Horta dès 19h.
Je dispose d’invitations gratuites pour les 20 premières personnes qui en feront la demande à bruxsel@gmail.com