Archives pour la catégorie Europe

L’Europe des Régions

____________________________________

Les leaders flamand et catalan se sont rencontrés à Barcelone. Vous devinez de quoi ils ont parlé. En conclusion, ils ont appelé l’Union européenne à mettre en place un mécanisme permettant l’intégration au sein de l’Union de nouveaux États indépendants qui sont apparus démocratiquement. Cela n’a pas dû échapper aux Ecossais, Irlandais, Basques et autres Corses, qui se souviennent de la révolution de velours qui a donné naissance à la Tchéquie et à la Slovaquie.

Les États-nations qui composent l’Union, ont été vidés par le bas de nombreuses compétences, qu’ils ont voulu – ou dû – céder aux Régions. Ils ont été vidés par le haut par l’Europe, dont ils se contentent d’intégrer les directives dans leur droit national. Les Rois sont (presque) nus, mais ils continuent à gesticuler tant et plus sur la scène internationale, tandis que des décisions importantes et pragmatiques se prennent ailleurs. La Belgique, qui fonctionne actuellement sans gouvernement fédéral, en est une illustration (1).

Les matières locales ne seraient-elles pas mieux gérées par des gouvernements régionaux proches ? Les matières supra régionales – lAffaires étrangères, Monnaie, Sécurité sociale, Climat, Défense ou Economie – ne seraient-elles pas conduites de manière plus efficace au niveau de l’Europe ? Des analyses et thèses y sont consacrées. Pour cela, il faudrait plus d’Europe (et non moins) et qu’elle puisse parler d’une seule voix, mais aussi plus de pouvoirs aux Régions. Les Etats-nations feront tout pour l’empêcher… tant qu’ils le peuvent. La nomination d’Ursula von der Leyen et de Charles Michel n’est-elle pas le reflet du refus d’une Europe forte ?
L’Europe des Régions pourrait-elle cependant assurer l’avenir d’une Europe démocratique ?

_________________
(1) Marc Uyttendaele et Vincent de Coorebyter ne suggèrent-ils pas dans Le Soir « une logique de cogestion des intérêts fédéraux par les entités fédérées (qui ont chacune un gouvernement ndlr) s’il n’est pas possible de voir émerger une coalition au niveau fédéral ». Les quatre Régions décideraient de ce qu’elles veulent confier au fédéral qu’elles co-gèreraient. Science fiction ou sortie de crise ?

 

Busés en lecture

________________________________

Busés: les jeunes de 15 ans ? leurs enseignants ? notre système scolaire ?
La publication des derniers tests PISA a encore fait grand bruit en Fédération Wallonie Bruxelles, mais aussi en Flandre et dans des pays voisins, comme la France. Si la situation s’améliore un (petit) peu en math et moins en sciences, c’est en lecture que nous sommes toujours sous la moyenne des 79 pays participants. Le journal L’Echo y consacre ICI la meilleure analyse avec la collaboration l’ULiège. Il contextualise aussi l’épreuve. Un article de la RTBF complète cette l’information.

Cette année, les tests ont intégré – très à propos – les nouvelles formes de lecture en ligne et questionnent l’élève sur ses capacités à localiser, comprendre, réfléchir et évaluer. « Faire le tri dans la profusion d’informations non contrôlées sur internet devient une compétence cruciale. Le lecteur qui ne possède pas ce type de compétence critique  est une proie facile pour toutes les tentatives de fraude ou d’hameçonnage et risque de se faire abuser par les rumeurs, fake news et informations non vérifiées qui foisonnent sur Internet » (ULiège).

Alors que ses résultats sont meilleurs qu’en Fédération Wallonie Bruxelles, le ministre de l’Education flamand – Ben Weyts – s’inquiète cependant ICI auprès de Bruzz et de VRTnews en français, de la baisse enregistrée en lecture. Il veut que les programmes d’intégration linguistique deviennent une nécessité absolue. « Nous devons repérer le plus tôt possible les enfants présentant un déficit linguistique et les aider ». La langue parlée à la maison semble avoir une influence fondamentale. Tant parmi les élèves natifs, qui parlent souvent un dialecte flamand à la maison, que parmi les élèves issus de l’immigration, qui parlent une langue différente à la maison. Il faut une approche « sur mesure ».

Conclusion: l’apprentissage précoce de la langue de l’école (enseignement maternel obligatoire) avec une pédagogie adaptée, est encore plus capital à Bruxelles que dans le reste du pays. Il en va de l’acquisition d’une langue riche comme support de sa pensée, du sentiment d’appartenance à l’école, du plaisir d’y aller et des chances de réussite dans les autres matières.

 

La Belgique a-t-elle à encore un avenir ?

______________________________________

Alors que le pays connaît sa première vraie crise existentielle depuis des décennies – selon un long entretien de Vincent De Coorebyter et Marc Uyttendaele dans Le Soir – tout le monde s’en fiche, comme si la confiance dans le système belge avait chuté et qu’il ne se trouvait plus personne pour proclamer publiquement qu’il faut le sauver à tout prix.

Le constitutionnaliste et le philosophe, dont les propos ont suscité pas mal de commentaires, évoquent une logique de cogestion des intérêts fédéraux par les entités fédérées, s’il n’est pas possible de voir émerger une coalition au niveau fédéral. Ils évoquent même la question d’un référendum sur l’avenir du pays, bien que non prévu par la constitution et dont l’issue est imprévisible.

Il y a quelques années une étude publiée par Academia s’interrogeait déjà sur “L’avenir du fédéralisme belge » à partir des programmes des partis. Ses conclusions sont ICI.
Et puis, tout récemment, l’ancien parlementaire européen – Olivier Dupuis – vient de se fendre d’une Lettre ouverte au Roi Philippe: De l’avenir de la Belgique et de ses nations, qui ne peut manquer d’en rappeler une autre, adressée à Albert 1er en 1912. Il y esquisse ses solutions que vous lirez ICI en français en HIER in het Nederlands.

Si l’Informateur Paul Magnette devait échouer à rassembler une majorité pour gouverner le pays, quelle carte resterait-il à jouer par le Roi pour maintenir un Etat fédéral ? Sortir un Guy Verhofstadt ? Quelqu’un ou quelqu’une pour prendre la tête d’un gouvernement de salut public ? pour un pays qui ne peut se disloquer, à cause d’une immense dette publique à partager (1), à cause de Bruxelles et à cause de la nécessaire représentation de la Belgique au sein de l’Union européenne … voire même suite à un sursaut patriotique d’un certain nombre citoyens ébranlés par l’annonce de la fin du pays, par incapacité de la classe politique à trouver un accord ?

____________
(1) Dette publique: 460 milliards d’euros fin 2018, soit 100 % des richesses produites pendant un an en Belgique. La dette sert essentiellement aux entités fédérées (Régions et État fédéral) pour financer des dépenses publiques. Son poids freine les investissements (document RTBF). Chaque citoyen hérite d’une dette de 43.000 euros à la naissance, selon La Libre.

Bruxsels en chiffres

_______________________________

Avec 62% de citoyens d’origine étrangère, Bruxelles est la capitale la plus cosmopolite du monde après Dubaï (83,9%).

La Ville-Région compte
5.322 diplomates
1.400 journalistes et représentants de presse
15 à 20.000 lobbyists
300 représentants des régions d’Europe
4.000 militaires et employés de l’OTAN
2.500 autres agences internationales
2.000 compagnies étrangères
150 bureaux d’avocats internationaux

Région riche / Cité pauvre
50% des familles vivent dans des quartiers défavorisés
30% de la population est estimée vivre sous le seuil de pauvreté
8% seulement des logement sont à caractère social avec 50.000 familles en attente
70% des Bruxellois sont locataires
le marché immobilier pousse les résidents les plus pauvres vers la zone du canal

(source Brussels Academy  et beaucoup plus de chiffres ICI sur Mini-Bru)

Le Parlement européen envahi

_____________________________________

Laura Sullivan de WeMove Europe nous écrit: « La semaine dernière, j’ai assisté à un moment historique, quand de jeunes militants pour le climat se sont introduits dans le Parlement européen de Bruxelles, organisant une action pacifique (mais illégale) qui a fait pas mal de bruit ! Leur message était à la fois fort et clair: Messieurs les députés, votez pour notre avenir. Choisissez une Commission européenne au service de la justice climatique. Face aux nombreuses caméras et au caractère inédit de la situation, la réaction des services de sécurité a été tendue dans un premier temps… Mais les jeunes activistes ont tenu bon, jusqu’à l’arrivée d’Iratxe Garcia Perez ».

« C’est la présidente du groupe des Socialistes et Démocrates. Elle a accepté de discuter sur place et s’est installée avec les jeunes rebelles dans le hall principal. Jamais l’institution européenne n’avait vu ce type de manifestation, à la fois bruyante, dynamique et pacifique, se dérouler directement dans ses murs ». Vu l’urgence, le politiquement correct semble de plus en plus appartenir au passé.

Quelques minutes à peine avant de les rencontrer, Madame Garcia Perez avait reçu, comme les autres membres du Parlement, le contenu de l’action lancée par WeMove Europe sur Twitter. Ce média est très utilisé par les sphères politique, journalistique et activiste de Bruxelles, c’est pourquoi WeMove Europe fait appel à Twitter chaque fois  qu’une action spontanée pourrait contribuer à faire changer les choses. Et d’ajouter: « Si vous souhaitez faire connaître la communauté via Twitter, n’hésitez pas à citer l’alias @wemoveEU, comme l’a déjà fait Greta Thunberg ».