Archives de catégorie : Europe

Qui vote aux régionales ?

Cela fait des années qu’Aula Magna milite en faveur d’un droit de vote pour les ressortissants étrangers aux élections régionales. Un habitant de la Région de Bruxelles-Capitale sur trois  [35.3% en 2020] a la nationalité d’un autre pays, mais les Bruxellois internationaux ne peuvent pas voter aux élections régionales. Quelles est alors la légitimité d’une assemblée élue par moins de 65% de la population ?

Un article de BX1 révèle que la plateforme « Brussels Voice », lancée par le commissaire à l’Europe de la Région bruxelloise, Alain Hutchinson, des organisations internationales et le secrétaire d’État bruxellois aux relations européennes et internationales, Pascal Smet, visent à leur donner la parole.  Plus de 1.300 Bruxellois internationaux ont élaboré un Manifeste trilingue contenant 22 propositions politiques pour améliorer Bruxelles. Ce document a été présenté aux députés bruxellois. Y arrivera-t-on par une révision de la constitution ? ou  par la fusion des communes ?

Le Manifeste aborde aussi le coût du logement, la sécurité dans l’espace public et l’accessibilité des services publics. Autre demande: la création d’une assemblée consultative régionale, composée de Belges et de non-Belges tirés au sort parmi tous les habitants de la Ville-Région. Elle aurait un rôle consultatif officiel dans l’élaboration de la politique régionale. « Les habitants internationaux de Bruxelles comptent. Ils sont un élément essentiel de notre société et ne sont pas assez entendus ».

En finir avec le gaz !

C’était déjà le titre d’un billet du 18 janvier. Malgré son pont d’interrogation à l’époque, il avait suscité un certain émoi. Aujourd’hui, un article de La Libre nous apprend que le gouvernement bruxellois pourrait interdire l’installation de chaudières au mazout et au gaz pour les permis d’urbanisme déposés dès 2025. Ce serait aussi la fin des subsides pour ces chaudières dès 2023.

C’est pour se conformer aux exigences européennes, qu’Ecolo veut que le gouvernement acte la rehausse des ambitions bruxelloises en matière de diminution des émissions de gaz à effet de serre de 40 à 45 %. Cela implique de nouvelles mesures pour accentuer l’abandon des énergies fossiles, tel que déjà acté à l’ordonnance Climat de 2021 pour l’installation de chaudières au mazout dès 2025.

Ce qui est neuf, c’est que les nouveaux bâtiments construits en 2025 devront être passifs avec des systèmes de ventilation double flux, ou alors à basse énergie avec pompe à chaleur. Des mécanismes de soutien à cette transition seront mis en place. L’objectif  louable est que ces bâtiments neufs ne soient plus dépendants d’énergies fossiles … ni de gaz ou de pétrole russe.

Pourquoi des frontières ?

Les murs de la première enceinte, qui entouraient Bruxelles dès le XIIIe siècle, étaient supposés protéger la ville contre les ennemis et les envahisseurs de l’extérieur. Ils ont été remplacés par une seconde enceinte plus large, dont la destruction a permis d’installer la petite ceinture et dont la Porte de Hal reste une trace. Aujourd’hui, ce sont les 19 communes qui forment le territoire de Bruxelles. Cette nouvelle frontière distingue notre Région de la Flandre et de la Wallonie unilingues.

Chaque jour, l’actualité est saturée par des questions de frontières et les drames qui s’y jouent. En quinze ans, selon l’Organisation internationale des Migrations, quelques 22 400 migrants sont morts sur les routes vers l’Europe et près de 5 millions d’Ukrainiens ont dû s’exiler, suite au franchissement de leur frontière par l’armée russe. C’est pour se constituer que les Etats-nations ont consolidé des frontières, souvent à la suite de diverses conquêtes, qui leur ont parfois permis de gérer d’immenses territoires au détriment des communautés locales. Ils avaient des marquis et aujourd’hui des garde-frontières.

« Les frontières mettent en question la « communalité ». Elles interrogent ce que nous avons justement en commun, les limites de la communauté, tout en construisant, simultanément, un « nous » toujours incertain et ouvert à la reformulation ». C’est ce qu’affirme une (lourde) étude académique disponible ICI, pour qui veut aller plus loin. Pour certains, l’avenir de l’Europe c’est l’Europe des Régions ou l’Europe des Villes, malgré le poids encore considérable de certains de ses Etats- nations.

Le sang des enfants

Upon the street they lie
Beside the broken stone:
The blood of children stares from the broken stone.
Death came out of the sky.

Oui. Le sang des enfants nous dévisage depuis les débris éparpillés dans la rue. La mort est venue du ciel. Qui mieux que le poète a pu exprimer la douleur qui nous envahit chaque matin en ouvrant la radio ? Benjamin Britten a ajouté à ces textes la lancinante et douce musique qu’interprétaient vendredi Nicky Spence et Dylan Perez à La Monnaie.

Bruxelloises et Bruxellois ont ouvert très vite la porte de leur logement à ces femmes et ces enfants qui ne cessent de fuir leur pays, où elles n’ont commis aucun crime. Nos écoles ont ouvert leurs classes aux plus petits et recherchent des personnes qui parlent ukrainien pour scolariser les plus grands. Cette guerre barbare pour conquérir des territoires, que nous croyions ne plus jamais connaître, est face à nous. Nous laisse impuissants, réduits à offrir notre seule charité.

>  Poèmes de Britten, avec résumés français et néerlandais disponibles ICI à partir p. 13 

Verts ! le gaz et le nucléaire ?

Le futur de l’énergie  verte à Bruxelles dépend largement du fédéral, même si Sibelga est un acteur local important. Le fédéral est devant des choix politiques cruciaux et Bruxelles en sera largement dépendant. Le gaz a beau être doté du qualificatif « naturel », sa consommation n’en produit pas moins des gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques. Quant au nucléaire, tout le monde connaît les risques auxquels il nous expose et le poids de la gestion des déchets, qu’il reporte sur les générations qui nous suivront.

La France, qui parie sur le nucléaire, a obtenu de l’Europe de le considérer comme une énergie verte et l’Allemagne – qui doit remplacer ses centrales au charbon – a obtenu la même qualification pour le gaz, qu’elle importe largement de Russie. Un deal entre ces deux ténors de l’Europe, face auquel la Commission s’est inclinée et qui leur permettra d’avoir accès aux subventions européennes. Mais non, ces énergies ne sont pas vertes et ne peuvent être que temporaires, en attendant un développement accéléré d’énergies durables.

Bruxelles ne peut miser actuellement que sur le développement public et privé du photovoltaïque, mais aussi de la géothermie. Mieux isoler nos bâtiment est aussi une manière de réduire notre consommation d’énergie. Et pour le reste, nous serons dépendants des choix opérés au niveau fédéral. Comme le nucléaire reste une activité très rentable pour Engie, il y aura une négociation serrée sur ce surprofit le 31 mars, comme le détaille cet article de Business AM.