Archives pour la catégorie Europe

Du neuf pour les propriétaires et locataires

____________________________________________

La presse a ausculté la centaine de pages de l’accord de gouvernement. Il contient, notamment, de nombreuses propositions qualifiées d’ambitieuses en matière de logement, pour pallier le manque de logement moyen et de logement social. L’Echo n’a pas tardé à les analyser. Peut-être êtes-vous concerné en tant que (futur) propriétaire, en tant que bailleur ou comme locataire (social) ?

Extraits. Diverses mesures pour faciliter l’accès à la propriété. Le régime des droits de succession sera modernisé et simplifié. La rénovation durable du bâti sera encouragée grâce à la révision des régimes fiscaux existants. L’accès au crédit du Fonds du logement va être simplifié et assoupli. Un régime fiscal favorable en matière de droits d’enregistrement pour l’acquisition d’une nouvelle habitation propre et unique. Un régime fiscal plus favorable en matière de droits d’enregistrement. Vous en saurez plus en découvrant cet extrait de l’analyse menée par L’Echo. 

Le parc immobilier bruxellois étant relativement ancien, la plupart des bâtiments sont de véritables passoires énergétiques, responsables à eux seuls de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre à Bruxelles. En vue de réduire ces émissions de 35% d’ici 2030, tous les bâtiments bruxellois devront disposer en 2025 d’un certificat C de Performance énergétique des bâtiments (PEB). À l’avenir, il servira de base à l’établissement d’un plan de rénovation personnalisé pour chaque bâtiment, avec un upgrade énergétique obligatoire tous les 5 ans. Là aussi L’Echo s’est livré à une analyse détaillée des mesures qui vont s’imposer aux propriétaires, pour respecter nos engagements européens en matière de climat.

De nouvelles habitudes alimentaires

_________________________________________

Notre alimentation urbaine va devoir évoluer, à la fois pour des raisons de santé – qui réclame plus de légumes et de fruits, vu une consommation au plus bas en 10 ans – et pour sauver le Sud de la planète, dont nous enrichissons les grands propriétaires terriens par nos importations massives, mais dont nous affamons la population … qui finira par venir frapper à nos portes. Oui, il va falloir diminuer volontairement notre consommation de viande – n’en déplaise au MR – parce que sa production mobilise trop de terres et d’aliments.

C’est Michael Hall, professeur à l’université d’Oxford, qui fait le point de la situation dans un nouvel article pour The Conversation. En conclusion, il propose 8 pistes pour éviter une crise alimentaire globale. C’est encourageant, c’est en anglais, mais particulièrement facile à comprendre.

Les pistes évoquées demandent des changements radicaux tant de la part des producteurs que des distributeurs. Ils devront être stimulés par des politiques coordonnées d’encouragements et de contraintes par les Etats, notamment au niveau européen. Toutefois, plusieurs de ces pistes sont aussi à la portée des consommateurs éclairés et responsables que nous devenons. Et si ce qui est bon pour la planète est aussi bon pour notre santé, c’est du Win-Win, surtout si nos talents culinaires reconnus en font aussi une découverte et un plaisir.

 

Pollution: deux victoires historiques

_________________________________________

Des citoyens vivent et dorment dans des quartiers fortement pollués de Bruxelles, mais les seuils de dangerosité mesurés par la Région ne révèlent pas d’anomalies, parce que les chiffres qu’elle publie sont basés sur des moyennes établies pour l’ensemble des stations de mesure de la Région. Les victimes ont introduit une plainte contre cette pratique à la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Mercredi, la plus haute juridiction de l’UE a déclaré que les autorités régionales ne peuvent plus se fier à leur pratique passée, consistant à calculer la moyenne des mesures de pollution de l’air dans la ville, une formule qui pourrait occulter un problème de pollution endémique dans certaines parties de la capitale. Dans son arrêt, la Cour de Justice a déclaré que les tribunaux nationaux sont en droit d’évaluer si le choix des emplacements par les autorités mesure la pollution avec suffisamment de précision, comme le relate le communiqué de Politico traduit en français.

Cette décision intervient en pleine période de canicule, après des reproches déjà plus anciens de la Commission à notre Région et alors qu’elle vient de recaler les plans climatiques de la Belgique. Elle intervient aussi au lendemain d’une décision du tribunal de Montreuil qui vient de prononcer une condamnation « historique » de l’Etat français, suite à une « faute » reconnue pour son inaction contre la pollution de l’air.

Les Etats sont dorénavant placés devant leurs responsabilités. Ils ne peuvent plus échapper à leur devoir de précaution à l’égard de la santé de leurs concitoyens. Voilà deux arrêts qui vont faire jurisprudence et que l’on doit à la persévérance des victimes de la pollution de l’air.
Qui prétend que le pot de terre se heurte toujours au pot de fer ?

 

Qui va payer nos retraites ?

_____________________________________

À Bruxelles, dans les années 60, la plupart des personnes travaillaient jusqu’à 65 ans et disposaient pendant 5 ans d’une pension aisément « finançable », vu que l’espérance de vie s’établissait encore autour des 70 ans. Aujourd’hui – dixit Maxime Prévot (cdH) – « quatre générations cohabitent: une qui ne travaille pas encore, une qui bosse et deux qui ne travaillent plus ».

 Il ne va pas être pas possible d’augmenter indéfiniment la part contributive de cette génération au travail, pour financer les pensions et les soins de santé d’une population qui vit jusqu’à 81 ans, même si à Bruxelles, nous avons la chance de bénéficier d’une immigration jeune et d’un taux de natalité bien supérieur aux deux autres Régions. Bruno Colmant (1) parle d’un scénario à la japonaise: le vieillissement de la population crée des dépenses publiques de plus en plus insupportables. Yves Montenay (2) mène une réflexion démographique plus profonde, qui pourrait vous intéresser.

Il reste, que le statu quo est irréaliste. Ceux qui le préconisent font dans la démagogie.
Deux solutions se font jour: augmenter régulièrement l’âge de la retraite pour les personnes en bonne santé, avec adaptation des tâches et réduction progressive des heures à prester, ou déterminer un montant unique pour la retraite de tous les citoyens, vu qu’ils ont des besoins identiques (3). Une forme d’allocation universelle. Les réactions ne se feront pas attendre, mais y a-t-il une alternative crédible ? Pouvons-nous continuer à nous voiler la face ?

_______________________
(1) Bruno Colmant est professeur à la Vlerick Management School, à l’ULB et à l’UCL, et responsable de la recherche économique auprès de la Banque Degroof Petercam

(2) Yves MONTENAY est ingénieur et politologue français, il est président de l’Institut Culture, Economie et Géopolitique et administrateur de Population et Avenir (géographie humaine et questions familiales).
(3) les personnes qui ont cotisé le plus, sont aussi celles qui ont eu les salaires les plus élevés et sont souvent propriétaires de leur logement, d’une pension complémentaire et d’un bas de laine. Elles ont droit à une retraite comme tout le monde, mais y a-t-il des raisons objectives qu’elle soit plus élevée que celle des personnes qui n’ont que leur pension pour vivre ?

 

La Belgique implosera-t-elle ?

_________________________________________

Dans un billet récent, l’essayiste wallon Jules Gheude, évoque l’implosion de la Belgique – écrite dans les astres – selon lui. La question ne manque pas d’intérêt pour Bruxelles. Vous connaissez le rêve N.VA d’une Flandre indépendante. Ce n’est pas le score du Vlaams Belang qui freinera cet objectif final. Une marche vers un certain confédéralisme semble bien être en route. Dans cet  extrait du Brexit à la flamande du journaliste Paul Goossens pour De Standaard , il apparaît clairement que cela ne se pourra pas se faire sans Bruxelles. Il constate que « Bruxelles a dépassé la tutelle wallo-flamande. A son tour, Bruxelles se manifeste comme une communauté avec sa propre identité imaginaire. Une négociation sur le confédéralisme n’est concevable que si Bruxelles est à la table des négociations comme partenaire à part entière et participe à la décision. » (traduction libre).

Frank Vandenbroucke (SP.A) écrit : « Comme un Brexit pur est impossible si l’on ne cède pas l’Irlande du Nord à la République d’Irlande, de la même façon, le confédéralisme n’est pas possible si l’on ne cède pas Bruxelles aux francophones » … sauf que Bruxelles n’est pas demandeur d’être partie prenante d’une Belgique résiduelle menée par la Wallonie. Hervé Hasquin (MR) confirme la place de Bruxelles : « La dynastie ne fait pas l’union de la Belgique. C’est Bruxelles. Je ne vois pas la Flandre emmener Bruxelles dans ses bagages, idem pour la Wallonie ». Et Jean-Luc Crucke (MR) de conclure dans une interview à La Libre:  » Il faudra discuter dans la discrétion d’une Belgique à quatre Régions « .

Certains commentateurs pensent que la Belgique ne se séparera pas à cause de l’énorme dette publique que l’on ne sait comment répartir. D’autres pensent que la Belgique subsistera parce que l’Europe ne lui concède qu’un siège et combat les tendances séparatistes, comme on l’a vu avec la Catalogne. Pour le philosophe Philippe Van Parijs,  » La Belgique subsistera à cause de Bruxelles. Pour des raisons différentes, ni la Flandre ni la Wallonie n’acceptera de s’en défaire, et ni l’une ni l’autre ne peut se l’approprier.”  Il s’en explique davantage dans cet extrait de son livre Belgium. Une utopie pour notre temps.  Vous voilà rassurés ?