Archives pour la catégorie Europe

De la ferme à votre table

Une certaine agriculture urbaine se développe, tant sur le plan individuel, que sur le plan des collectivités et même des entreprises. Fini d’en sourire. Des légumes passent déjà du toit d’un supermarché  à ses rayons, sans transition. Aux Abattoirs s’ouvre la plus grande ferme urbaine d’Europe. Elle est détaillée ICI. Bruxelles Environnement organise même des formations spécialisées en agriculture urbaine. Qui l’eût cru, il y a à peine 10 ans ?

S’il faut se réjouir de cet essor, Bruxelles ne vivra cependant jamais en autarcie. La plus grande partie de l’alimentation des Bruxellois et des Bruxelloises viendra toujours de la campagne. Si les circuits courts et les produits bios ne cessent d’avoir les faveurs des consommateurs, ils ne sont pas accessibles à tous, à la fois pour des questions de surface de terres agricoles certifiées bio et à cause des coûts de production (et de vente) plus élevés. Une alimentation saine et nutritive généralisée n’est pas encore pour demain.

L’Europe voudrait que cela change. A la faveur des discussions autour de la prochaine Politique d’Agriculture Commune (PAC) la Commission européenne voudrait réduire l’usage des engrais et des pesticides, encourager l’achat public de produits bios, accélérer la recherche sur les biopesticides. Les militants d’une agriculture paysanne estiment qu’il faut surtout encourager la rotation des cultures, l’élevage à l’herbe, les fumiers, la plantation de haies. Mais au final, il y a au moins des objectifs chiffrés et un direction à suivre. Le pdf ci-dessous le précise.

L’hydrogène réunit ses partisans

Il y a quelque temps déjà, une lectrice se demandait à quoi pouvaient bien servir nos soliloques à propos de l’avenir de notre ville. Autant prêcher dans le désert. Aujourd’hui, nous sommes 544 à partager des visions d’un futur que nous voulons désirable. Mieux encore, certain.e.s n’hésitent pas à diffuser nos idées auprès de leurs relations ou de responsables politiques. Depuis peu, des lecteurs et lectrices ont décidé de passer de la réflexion à l’action. Réunis pour faire le point entre passionnés et scientifiques pour voir comment agir pour assurer un avenir à l’hydrogène à Bruxelles. Ils ont déjà un RV fixé avec le cabinet d’Alain Maron.

La Région semble tout miser sur la voiture électrique et l’installation des milliers de bornes nécessaires au long rechargement de leurs volumineuses batteries. Contrairement à la Flandre et à la Wallonie, Bruxelles ne mentionne pas l’hydrogène dans le plan de relance qu’elle a introduit à l’Europe. La compétition entre la voiture électrique à batteries et celle à pile à combustible (hydrogène) ne fait que commencer. La Chine abandonne la voiture électrique au profit de l’hydrogène et les provinces se ruent sur les subventions. Le Japon n’est absolument pas en reste.

La Commission Européenne ambitionne de positionner l’hydrogène comme une énergie incontournable à l’horizon 2050 pour les transports. Au point que les voitures à pile à combustible pourraient détrôner les modèles électriques à batterie … que 18% de propriétaires américains se mettent déjà à revendre, à cause du temps de rechargement. Les jeux ne sont pas faits. Bruxelles aurait tort de mettre tous ses oeufs dans le même panier et de ne pas miser aussi sur des stations à hydrogène.

Pour rejoindre le groupe Bruxelles Hydrogène il suffit d’adresser votre demande à cette  adresse.

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Quel avenir pour l’aéroport de Zaventem ?

Comme capitale de l’Europe, Bruxelles a bien évidemment besoin d’un aéroport. Avec ses pistes qui se terminent à moins de 2 km de la Région la plus densément peuplée du pays, l’aéroport de Zaventem est incontestablement mal situé. Sa relocalisation – sans cesse repoussée – n’est plus à l’ordre du jour, pour des raisons tant économiques que politiques. Comme la crise sanitaire a un impact considérable sur la Brussels Airport Company (BAC) et sur Brussels Airlines, ces deux sociétés ne vont pas tarder à solliciter à nouveau l’Etat belge, qui devra fixer les conditions de toute aide.

La société privée BAC est largement dans les mains d’actionnaires canadiens et Brussels Airlines est propriété de Lufthansa. Il ne peut donc être question d’aides financières publiques sans clarifier l’avenir de cette plate-forme aéroportuaire et définir les conditions mises à l’octroi de ces aides. Pour pouvoir se maintenir si près de Bruxelles, Zaventem n’a d’autre choix que de se transformer en aéroport urbain, centré sur les vols passagers à destinations des capitales et grandes villes européennes, non desservies par des trains à grande vitesse. Le France vient de décider d’interdire tout vol intérieur qui peut être assuré en train en moins de deux heures et demi.

Les vols longs courriers sont aisément accessibles depuis Schiphol, Francfort et Roissy. Les vols low cost sans liaison train rapide ont leur place à l’aéroport Bruxelles – Charleroi. Pour les avions cargo, un aéroport dédié a été aménagé à Bierset, en expropriant les riverains avec de l’argent public. Le chargement en soute des avons de ligne pourrait se maintenir à Zaventem. Les vols de nuit doivent y être interdits pour des raisons de santé publique. Quant à la question de l’emploi, les postes perdus à Zaventem se retrouveront aux aéroports de Bierset et Charleroi ainsi que dans le développement des chemins de fer et des trains de nuit, que l’inévitable taxation du carburant des avions rendra enfin plus compétitifs. C’est sur cette base que l’avenir de la plate forme aéroportuaire de Zaventem peut être assuré, sans compromettre celui des personne survolées à Bruxelles et dans les deux Brabants.

Couvrir Bruxelles, loin de Bruxelles

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Au cours des derniers mois, de nombreux correspondants étrangers à Bruxelles sont repartis vers leur région d’origine. Si internet et Zoom leur permettent de poursuivre leur travail, Alexander Fanta reconnaît être en manque de ce qui était l’élément vital de cette ville: discuter avec quelqu’un de manière décontractée, faire connaissance avec des gens lors d’événements, se faire des amis rapides chez Kitty O’Shea après une nuit blanche au Conseil européen. Les appels téléphoniques et les événements virtuels peuvent compenser un peu cela, mais ils ne sont pas un véritable substitut.

Dans son article pour Brussels Times, traduit en français ICI, il estime qu’il est encore difficile d’évaluer ce que des reportages virtuels sur Bruxelles signifient pour le journalisme. Même ceux qui sont encore en ville ont plus de mal à rencontrer leurs sources, à entendre des rumeurs intéressantes ou à savoir quel député européen fréquente les lobbyistes lors d’un événement industriel. Il est également devenu plus facile pour les commissaires et les hauts fonctionnaires d’esquiver les questions sans avoir à affronter la presse en personne. Le site de Global Investigative Journalism Network a recueilli de nombreux conseils  pour tenter de maintenir un journalisme d’investigation et débusquer les fake news durant la pandémie. L’Association belge des Journalistes Professionnels (AJP) donne les résultats d’une enquête sur les conditions de travail actuelles des journalistes.

Alexander Fanta pense que les reportages en direct, en personne, resteront essentiels pour la couverture de l’Union européenne. Le journalisme repose sur des conversations informelles avec les sources, sur des découvertes fortuites et sur la connaissance du contexte d’une institution, bien plus que ne le pensent la plupart des non-journalistes. Le retour des journalistes dans la salle de presse ne permettra pas seulement d’échapper à l’ennui du travail à domicile, mais aussi d’insuffler des informations nouvelles dans la couverture de l’UE.

image par Alterio Felines de Pixabay

Tous Bourguignons

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Quand la Bourgogne défiait l’Europe. C’est l’histoire de nos origines, Francophones comme Flamands, le début de notre identité collective multiculturelle. Nous sommes des Bourguignons, c’est Bart Van Loo qui l’affirme. Un auteur flamand talentueux marié à une Bourguignonne, cela donne un livre qui passionne autant que Game of Thrones et qui suinte notre identité de partout. Minutieux, précis, mais aussi éloquent et malicieux, Bart Van Loo a ce talent et cette modestie belge de mélanger savoir, humour et anecdotes truculentes. Brel n’est jamais très loin. En deux minutes, il vous donne ici trois raisons de lire son livre. Un ouvrage qui atteint déjà l’incroyable tirage de 200.000 exemplaires ! Et Guy Duplat vous donne encore ICI des raisons supplémentaires de le lire, traduit en français chez Flammarion.

Entre France et Allemagne, l’histoire du duché de Bourgogne – ce Plat Pays – est aussi notre histoire à nous. A son apogée il recouvrait la Belgique, les Pays-Bas et la Bourgogne actuelle. Des Burgondes et une série de grands ducs – Philippe le Bon, Charles le Téméraire, … et finalement Charles Quint – dont la puissance et la richesse font des envieux dans toute l’Europe. Paris en bave. Culture-Tops et France 3 vous en disent plus sur ce livre d’histoire, qui se lit comme un thriller, dans lequel l’église scande encore la vie des humains, de leur naissance à leur mort.

Pour vous replonger dans cette époque d’avant l’imprimerie, rien de tel que d’aller visiter l’exposition très vivante et animée que la Bibliothèque Royale (KBR)  consacre à l’Albertine aux ducs de Bourgogne. Des enluminures d’une fraîcheur incroyable dans des livres précieux, qui vous livrent tous leurs secrets de fabrication. C’est toute la précieuse bibliothèque des ducs de Bourgogne qui va y défiler, avec la rotation régulière des ouvrages exposés. Comptez bien deux heures de visite. En attendant d’y aller faites-vous en une idée ICI.  Et vous pouvez déjà zoomer à l’infini sur les enluminures numérisées de la KBR.