Archives pour la catégorie Europe

Happy Monday: fini les plastiques à usage unique

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Mercredi dernier, le parlement de l’Union européenne a adopté le texte prévoyant l’interdiction des produits en plastique à usage unique par 560 voix pour, 35 contre et 28 abstentions. Seront ainsi prochainement bannis des rayons des supermarchés européens les cotons-tiges, les couverts et pailles en plastique, touillettes à café, sacs plastiques …

« Plus de 80 % des déchets marins sont en plastique. Les produits couverts par le projet de législation représentent 70 % de l’ensemble des déchets marins » soulignait la Commission lors des discussions autour de ce texte.  « Les résidus plastiques se retrouvent dans les espèces marines comme les tortues de mer, les phoques, les baleines et les oiseaux, mais aussi dans les poissons et les mollusques, et sont donc présents dans la chaîne alimentaire humaine ». 22 kilos de plastique ont encore été trouvés la semaine dernière dans un cachalot mort en Italie.

C’est évidemment une bonne nouvelle pour nous et pour les poissons, mais ils s’en nourriront cependant encore jusqu’en 2021 … parce que le projet de directive doit encore être formellement approuvée par le Conseil européen (les Etats membres) qui devra prendre des mesures pour son application concrète sur le terrain. Le texte complet est à lire ICI. Fort heureusement, des citoyens commencent déjà à refuser les produits plastiques à usage unique dans les supermarchés, les fast-foods … et les banniront sans doute lors de leur prochaine Barbecue Party.

thank you Greenpeace picture

Pour qui voter ?

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Ce n’est pas de moi que vous attendez la réponse à cette question qui va se poser à vous trois fois le 26 mai. Toutefois, ceux et celles qui s’opposent au pouvoir excessif des partis ne voteront pas « tête de liste », pour ne pas se contenter d’avaliser l’ordre des candidats décidé par les états majors des partis. Ils pourront voter pour plusieurs candidat.e.s de leur choix sur une même liste, y compris pour des « candidats d’ouverture », qui soutiennent la liste sans être membres du parti. Cela ne manquera pas d’influer sur la liste des élus qui les représenteront dans les trois parlements ainsi que sur le choix des personnalités qui seront appelées à faire partie des différents gouvernements ou de la Commission européenne.

Les électrices et les électeurs qui estiment que la question du climat et d’un partage plus juste des richesses constituent des enjeux cruciaux pour cette triple élection, n’auront pas trop de peine à retrouver, dans les slogans et les programmes des partis, les candidats qui ont agi et prennent des engagements clairs sur ces sujets. Les élections ne sont-elles pas aussi une occasion de soutenir ou de sanctionner pour leur gestion les femmes et les hommes qui étaient en charge au cours de la dernière législature ?

Pour vous aider à y voir plus clair, un « test électoral » a été mis au point par des académiques à l’initiative de la RTBF, la VRT, La Libre, De Standaard, l’UCLouvain, l’Université d’Anvers et Tree company. Il vous permet de répondre « D’accord » ou « Pas d’accord » à une série de propositions pour chaque scrutin (fédéral, régional bruxellois ou européen) et savoir ensuite quels partis sont les plus proches de vos convictions. Je me suis livré à l’exercice et il me semble que cela ne manque pas d’intérêt, malgré les limites du genre.

 

Europe : voie de garage ?

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En Belgique, comme ailleurs, les candidats pour la constitution du prochain parlement européen ne sont pas des premiers couteaux. C’est une élection qui est supposée intéresser assez peu la population, les partis se croient donc souvent permis de l’utiliser comme voie de garage pour services rendus,comme des anciens présidents, comme Benoît Lutgen (cdH) ou Olivier Chastel (MR) par exemple, ou alors pour lancer des petits nouveaux sans prendre trop de risques.

Plusieurs partis se permettent aussi de mettre en tête de liste des personnes qui déclarent (ou non) qu’elles ne siégeront pas et donneront donc leurs voix à des suppléants souvent inconnus. Paul Magnette (PS) en est un exemple frappant, même s’il a dit en se présentant qu’il resterait bourgmestre de Charleroi … et possible futur président du PS. Cette pratique peut-elle perdurer à un moment ou l’Europe a besoin de parlementaires de qualité pour se ressourcer pour ne pas dire se réinventer ? et pour contrer une possible percée du populisme et de l’extrême droite ?

Il y a fort heureusement des exceptions, quelques partis ont choisi des personnalités issues du monde scientifique pour les représenter. La presse parle par exemple d’Olivier De Schutter (Ecolo/Groen) en Belgique ou en France d’un philosophe engagé comme Raphaël Glucksmann (Place Publique) et peut-être bientôt de Paul Jorion, l’anthropologue économiste franco-belge au blog décapant ? Ils se caractérisent tous par leur franc parler et leur capacité à se saisir de l’air du temps. Seront-ils élus et seront-ils à la hauteur d’anciens élus comme Daniel Cohn-Bendit ou Guy Verhofstadt et leur groupe Spinelli qui s’est penché sur un véritable fédéralisme européen ?

Pourquoi survoler Bruxelles ?

Les traînées de condensation que vous voyez sur cette photo récente montrent à quel point le ciel de Bruxelles est survolé. Bien sûr, ces avions sont à plus de 8.000m d’altitude, ne s’entendent pas et n’émettent que de la condensation de vapeur d’eau – contrails – laissée par les réacteurs et supposée inoffensive. Nous y reviendrons. Mais est-il bien indispensable que ces avions – en transit au-dessus de la Belgique – viennent survoler intentionnellement une ville d’un million d’habitants ?

Le principe de précaution exigerait évidemment d’exposer le moins de personnes possible aux risques de crash ou de perte de réacteur, statistiquement faibles mais pas nuls. Au quotidien, les nuages artificiels que ces survols créent en altitude peuvent couvrir de vastes surfaces de ciel, persister durant plusieurs heures et nous priver de soleil, tout en ayant un impact non négligeable en termes d’effet de serre et de réchauffement climatique global. De plus, certains experts estiment qu’il ne s’agit pas seulement de traînées de condensation, mais aussi de « chemtrails » constitués de produits chimiques « aérosols » dangereux.

Par ailleurs, personne ne souhaite être exposé aux nuisances sonores et aux résidus de combustion des décollages et atterrissages d’un trafic aérien qui ne cesse de se développer, notamment à la faveur d’une exonération de taxe sur le kérosène et de TVA sur les billets. Ne devrait-il pas aller de soi qu’on ne survole aucune zone densément peuplée ? et qu’on indemnise ou exproprie les victimes résiduelles ? Avec des pistes de décollage situées à moins de 2 km de la ville la plus densément peuplée du pays, l’aéroport urbain de Zaventem ne devrait-il pas être contraint de revoir ses couloirs aériens pour être conforme aux règles européennes et aux heures de sommeil ? Devant l’inertie des ministres réformateurs Galant et Bellot, il y a du travail en perspective pour le prochain gouvernement fédéral et de la vigilance à maintenir pour le gouvernement bruxellois.

La société civile se rebiffe

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En France – comme en Belgique – la société civile se rassemble, descend dans la rue, formule des exigences en faveur d’une juste transition écologique. Le Journal de l’Environnement rapporte que face aux nouvelles déclarations d’Emmanuel Macron – qui plagie les propositions climatiques de Pierre Larrouturou – une vingtaine d’ONG, de syndicats et de mutuelles publient carrément un nouveau projet de société, que vous pouvez lire dans leur Pacte social et écologique. Un front commun inédit, qui ne donnera que plus de force à leurs propositions. Le journal Le Monde en fait une première analyse ICI.  J’en pointe une déjà évoquée sur ce blog en son temps: création d’un observatoire qui évaluera la durabilité des lois et des décrets à venir.

Chez nous, la RTBF propose quatre grandes conférences-débats en public dans nos universités pour questionner en profondeur la crise qui secoue nos démocraties. Si celle d’aujourd’hui – avec Pierre Larrouturou, Bruno Colmant et Géraldine Thiry est déjà complète – il reste encore des places ICI pour les trois autres. Gratuit, mais inscription obligatoire.

Nous reparlerons demain des réactions de la société civile belge face aux échéances électorales du mois de mai. Si un certain nombre de mouvements spontanés ont choisi de rester vigilants en dehors de l’arène politique, d’autres groupes et personnalités de la société civile ont décidé de franchir le pas, de créer un parti ou d’entrer en politique, comme candidats d’ouverture en vue de forcer un indispensable changement de société.