Archives de catégorie : Europe

Soyons sur nos gardes.

Aucun parti d’extrême droite n’a survécu à Bruxelles et les partis francophones ont encore réaffirmé le cordon sanitaire qu’ils dressent contre cette droite extrême. Les partis extrémistes constituent cependant une composante dominante dans plusieurs pays européens, dont récemment le gouvernement italien et aussi comme soutien indispensable de l’exécutif suédois. L’extrême droite poursuit manifestement son évolution à travers l’Europe et voit sa place légitimée dans l’exercice du pouvoir.

Dans un article du VIF, le CRISP interroge Benjamin Biard (UCL) sur le caractère irrésistible (?) de cette progression et de cette banalisation. Il rappelle que Marine Le Pen, Éric Zemmour et d’autres figures d’extrême droite en Europe ont adressé des messages de félicitations et d’espoir à la Première ministre Giorgia Meloni. Son accession à la tête du gouvernement à Rome pourrait remotiver l’extrême droite au-delà des frontières italiennes.

La question est aussi de savoir quelle incidence ces partis peuvent avoir sur le fonctionnement des institutions européennes. Viktor Orban et les autres membres du groupe de Visegrad (République tchèque, Slovaquie et Pologne) ont déjà l’habitude de challenger les institutions européennes. Avoir un allié supplémentaire dans le chef de l’Italie peut contribuer à rendre le processus décisionnel plus complexe à l’échelon européen par rapport à certains grands enjeux. La vigilance s’impose.

Benjamin BIARD (interviewé par Gérald PAPY), « Irrésistible, la progression de l’extrême droite ? », Les @nalyses du CRISP en ligne, 27 octobre 2022 , http://www.crisp.be

Tous en voiture électrique ?

En 2035, les voitures à essence et diesel neuves ne pourront plus être vendues dans l’Union Européenne. Les hybrides non plus. La fin des moteurs thermiques approche. L’UE ouvre grand la voie aux véhicules 100% électriques. Tous les Bruxellois passeront-ils à la voiture électrique ? Dans l’article de L’Echo, Patrick Hendrick, professeur à l’école polytechnique de l’ULB, affirme qu’on n’est pas prêt et que les problèmes sont totalement sous-estimés.

« Il faut démultiplier les usines de batteries, il faut du courant, des bornes, des places de parking. Il faut repenser nos villes, nos campagnes, nos zonings. Comment règlementer l’utilisation des bornes pour que chaque utilisateur ne reprenne sa voiture huit heures plus tard, après son travail, en ayant monopolisé la borne ? Il est temps qu’on se bouge, parce que 10 ans, ça passe vite ».

Si on limite la puissance du réseau électrique, la recharge prendra des heures et le propriétaire devra descendre dans la rue la nuit pour débrancher sa voiture. Patrick Hendrick rappelle que la technologie électrique ne doit pas se limiter aux seules batteries. La voiture à pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène doit aussi se développer. « Ces véhicules offrent jusqu’à 800 kilomètres d’autonomie, et on les recharge en 2 ou 3 minutes ». Faudra voir jusqu’où le prix de ces voitures à hydrogène va baisser et si les Bruxellois disposeront d’une ou de plusieurs stations de remplissage d’hydrogène ?

En quête de vérité

Non, nous ne sommes pas les lobbyistes de l’hydrogène. C’est évidement d’abord notre mobilité qui va devoir évoluer. Il ne s’agit pas simplement de substituer aux véhicules thermiques des véhicules électriques, qu’ils soient à batteries ou hydrogène. L’hydrogène aura un rôle à jouer pour certains usagers et vu l’incertitude des mutations en cours, il est essentiel de rendre disponibles toutes les pistes qui répondent à la contrainte environnementale. On en reparlera encore.

L’hydrogène ne résoudra pas tout, mais lorsqu’il est produit à partir d’énergies renouvelables, il peut produire simultanément de l’électricité et de la chaleur avec un rendement élevé et sans émissions de CO2. Toujours bien mieux que le diesel, le gaz ou le charbon. Et avec de nombreux avantages par rapport à la batterie.

Pour la production d’hydrogène propre, il faut se réjouir de plusieurs progrès récents. La découverte de réservoirs naturels d’hydrogène dont l’extraction est envisagée. La production d’hydrogène à partir des panneaux solaires Solhyd de la KULeuven. La production locale d’hydrogène à l’aide de systèmes photovoltaïques de quartier. Pour le stockage de l’hydrogène, sa transformation sous forme poudreuse semble prometteuse. L’Europe va créer une banque de l’hydrogène et l’Amérique a pris des mesures qui vont diminuer le prix de production d’hydrogène vert.

Une énergie propre ?

La seule énergie vraiment propre restera toujours celle qu’on ne consomme pas ! Toutefois les véhicules alimentés par de l’hydrogène comprimé n’émettent que quelques gouttes d’eau et se révèlent silencieux. Ils ne sont évidemment « propres » que si l’électricité nécessaire pour produire cet hydrogène est verte ou durable. Il circule aujourd’hui des trains, des bus, des poids lourds, des tracteurs, des voitures et même de petits avions propulsés par de l’hydrogène. Cette semaine à la RTBF, Arnaud Ruyssen consacrera « Le Tournant » à l’avenir de l’hydrogène. Sera aussi sur Auvio.

Récemment, un minibus Hydron produit par Rampini annonce 450 km avec un plein. Solaris dévoile Urbino 18, un bus articulé à hydrogène pour 150 personnes avec 350 km d’autonomie. Paris dispose de plusieurs centaines de taxis Hype à hydrogène et chez nous Taxis Verts et le groupe Virya/Colruyt expérimentent un premier taxi à hydrogène bruxellois, tandis que la STIB teste un bus A330FC de Van Hool. Des progrès s’enregistrent chaque jour pour un futur moins pollué.

Reste la question des stations de remplissage. Il n’y en a toujours pas à Bruxelles, malgré l’offre de Hype, toujours pendante … L’UE vient de conclure un appel à projets de 292 millions d’euros, qui va contribuer au financement 57 stations de carburants alternatifs en Europe. Parmi elles, Virya/Colruyt a été sélectionnée pour la construction de trois stations d’hydrogène: Anvers, Halle et Ottignies. Toujours rien pour Bruxelles. Mais il y avait il des projets bruxellois non retenus ? 

Carburant ou nourriture ?

C’est en ces termes que se pose la question de l’usage fait de certaines cultures vivrières. La guerre en Ukraine et des sécheresses record ont eu un lourd impact sur la production et l’acheminement de nourriture, particulièrement à destination de l’Afrique, où des famines commencent à se déclarer, notamment en Somalie.

Les associations T&E et Oxfam révèlent dans ce communiqué – traduit ICI  pour vous – que pendant ce temps, aucune majorité n’a pu être trouvée au parlement européen pour la proposition de la gauche de mettre fin au soutien des biocarburants issus de cultures vivrières. Ni même pour les propositions des Verts et des Socialistes & Démocrates (S&D) de réduire ou de restreindre spécifiquement les biocarburants de culture en période de crise alimentaire. Le Parlement européen a raté une occasion historique de défendre les plus vulnérables … et des mandataires belges en font partie. Pas fiers.

En faisant passer les intérêts des puissants lobbies des biocarburants avant les millions de personnes dans le monde qui luttent pour trouver leur prochain repas, les pays d’Europe continueront donc à brûler chaque jour l’équivalent de 15 millions de miches de pain et 19 millions de bouteilles d’huile de tournesol et de colza pour alimenter ses voitures et ses camions …