Archives pour la catégorie Europe

Un axe Bruxelles – Anvers ?

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La récente conférence de presse qui a réuni Anne Hidalgo et Edouard Philippe, unis autour du projet « Paris, Rouen, Le Havre, région capitale », a traduit l’émergence d’un intérêt pour l’aménagement des territoires à une autre échelle. L’architecte-urbaniste Antoine Grumbach de conclure son article : l’aménagement à grande échelle repose sur deux marqueurs : la géographie et le système de mobilité, seuls les grands bassins hydrologiques ont la capacité à incarner les marqueurs géographiques de l’identité de véritables régions.

Il poursuit: repenser les grandes métropoles en concevant un aménagement à grande échelle, dans le respect des problématiques écologiques et sociales, est une question que le monde entier doit se poser. Les métropoles de demain sont déjà là ; il suffit de prendre acte de leur dimension géographique et de leur construire une gouvernance adaptée.

Bien que nous n’arrivions toujours pas à créer la zone métropolitaine dont Bruxelles et son hinterland ont besoin, pouvons-nous imaginer une conférence de presse Vervoort – De Wever annonçant l’étude d’un axe Bruxelles-Anvers, dans le registre des grandes métropoles mondiales ? Toutes portuaires, étant donné l’importance du trafic maritime des marchandises qui s’effectue à 80 % par bateau ? Le canal comme véritable axe dans cette grande « banane bleue » mégalopole européenne ?

Innover pour le climat ?

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Le Covid-19 occupe tout le devant de la scène, mais nous savons tous que les glaciers et la banquise n’attendent pas et continuent à fondre, tandis que le niveau des mers monte lentement mais sûrement et ne parlons pas des incendies et des inondations. Vous avez un projet d’action ou d’innovation original pour freiner ce changement climatique et favoriser la transition écologique ? Que votre projet soit petit ou grand, personnel ou collectif, vous pourriez avoir l’occasion de le présenter à la planète entière le vendredi 23 octobre, à l’occasion des 24 heures pour le climat.

Les domaines concernés sont des plus variés: Mobility – Circular economy – Waste management – Sustainable finance – Air quality – Water management – Agroforestry – Ecotourism- Bioenergy – Biodiversity -Renewable energy – Environmental legislation- Sustainable building.

Le 23 octobre, une conférence de presse – de 24 heures sans interruption – entièrement dédiée aux solutions innovantes en faveur du climat, sera co-organisée par le Press Club Brussels Europe en partenariat avec la Région de Bruxelles-Capitale. La participation sera gratuite si vous demandez le soutien de votre commune ou de la Région. La date limite de dépôt de candidature est le mercredi 30 septembre 2020. Toutes les infos utiles se trouvent ICI.

photo World Press Clubs Alliance for Climate

La ville du 21e siècle

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Le changement constant est ce qui caractérise l’histoire de la ville européenne. Au fil des siècles, les réponses de l’architecture aux catastrophes naturelles, peste, choléra ou guerres, ont fait de la ville un moteur de civilisation. Sa capacité d’adaptation et sa force d’innovation ont fait de la « ville européenne » un modèle de réussite depuis l’Antiquité. Au milieu du XIXe siècle, la révolution urbaine et industrielle a irrémédiablement chambardé les cadres de vie des populations et a donné naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui l’urbanisme. Les populations des villes se sont accrues à la faveur de vastes mouvements migratoires, qui ont littéralement vidé certaines campagnes. Les migrations climatiques en seront bientôt d’autres. La ville se doit de pouvoir accompagner ces mutations.

La promesse d’indépendance économique, de cohésion sociale et de liberté individuelle est liée à l’essor de la ville. Mais, la ville est-elle encore capable de relever les grands défis du XXIe siècle: la compatibilité climatique et la durabilité de la ville ? Les déficits des villes sont évidents: elles consomment des ressources et de l’énergie fossile, émettent des gaz nocifs pour le climat, imperméabilisent les sols et produisent des déchets. Les villes sont un fardeau pour l’environnement et nuisent à la santé. Elles sont le théâtre de conflits sociaux sur la répartition du travail, du logement et des richesses.

La ville est une partie du problème. Est-elle aussi une partie de la solution ? Sa capacité à se renouveler peut-elle devenir le moteur des changements nécessaires aux systèmes culturels, techniques et sociaux ? Dans quelle mesure urbanisme et architecture peuvent-ils favoriser ces processus avec une participation citoyenne accrue ? C’est le thème de l’exposition « urbanable – stadthaltig » de l’Akademie der Künste de Berlin, dont ce texte est inspiré. Pour eux, durabilité et ville ne peuvent pas être séparés. Ils revisitent le rôle des villes à l’ère du réchauffement climatique, de la numérisation, de l’évolution démographique et de l’effondrement des réseaux sociaux traditionnels. Vous en saurez plus ICI, grâce à la Foundation for the Urban Environment.

Inquiétante photo extraite du catalogue publié par l’Akademie der Künste de Berlin

Contribuer oui, mais différemment 

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La manière dont les citoyens et les sociétés sont priés de contribuer aux finances de l’Etat commence à devenir obsolète et de plus en plus inéquitable. S’il est normal que chacun se montre solidaire du financement des soins de santé, du filet de sécurité sociale, des réseaux d’enseignement, des transports en commun, des voies de communication, de l’ordre public, etc … il faut que ce soit en fonction des moyens de chacun. Les différents modes de taxation actuels et leurs accommodements rendent manifestement les riches de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

Inédit: l’arrivée d’un nouveau concept fiscal, sous l’impulsion du Professeur Marc Chesney de l’Université de Zurich. Il a échafaudé une toute autre manière de percevoir les contributions des citoyens comme celles des sociétés. Elle est basée sur une redevance minime, collectée automatiquement par les banques, sur toute transaction électronique dans le cadre d’activités économiques et financières, en échange du privilège de pouvoir utiliser un système aussi sécurisé, pratique et élaboré. Une « super-taxe Tobin » en quelque sorte. Des précisions sur les avantages et sur les modalités de perception sont détaillées ICI, dans une excellente carte blanche de Luigi Chiavarini – fondateur Think Tank Harmonia* – publiée par L’Echo.

Cette taxe universelle sur les transferts d’argent devrait être explorée avec toute l’ouverture d’esprit requise, que ce soit pour financer un revenu de base, tel qu’évoqué ICI par Philippe Van Parijs et Yannick Vanderborght, ou pour les autres dépenses publiques, liées aux fonctions d’intérêt général, assignées aux contributions perçues par l’Etat. Une piste digne d’être explorée.

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* Harmonia MT est un groupe de réflexion qui a pour objectif de repenser une fiscalité équitable, pérenne et adaptée aux nouveaux paramètres et contraintes de la société. Cfr aussi https://www.micro-tax.org.

Sauver la liberté de la presse

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La presse tient le coup, mais pour combien de temps encore ? Chaque journal tente de s’adapter, avec un nombre conséquent de journalistes en télétravail. Les journaux continuent d’être publiés, les sites web sont particulièrement suivis par les internautes en quête d’informations sur le coronavirus. La pub, elle, a déserté. Il est question de revenus publicitaires en baisse de 80% dans certains groupes de presse belges, selon la RTBF. Reste le numérique et les abonnements. Mais il faudrait des centaines de milliers d’abonnés en plus pour pouvoir compenser la quasi-disparition (pour combien de temps ?) de la publicité et la réduction des points de vente.

Bien qu’ils soient de plus en plus consultés par des lecteurs, la plupart des médias de toute l’Europe se disent en grande difficulté financière, car aussi privés de recettes publicitaires. Un certain nombre de gouvernements prévoient des plans de sauvetage. « Les industries touristiques et aéronautiques sont massivement aidées par l’Etat au nom de leur importance pour la société. Pourquoi en irait-il autrement des médias et du journalisme, dont le service à notre démocratie est essentiel ». (Le Temps Suisse). « A quoi bon voir le gouvernement consteller de publicité institutionnelle des journaux qui ne se vendent pas en kiosques ? » rétorque le Jornal ecoomico portugais, qui pense « qu’Il serait bien plus judicieux de miser sur les lecteurs et de leur proposer des abonnements à des prix intéressants et compétitifs ».

Mais l’argent distribué par les Etats ne réjouit pas forcément les journalistes. « Nous ne voulons pas que notre indépendance journalistique soit mise en doute. Nous ne voulons pas de cet argent ». écrit le journal estonien Postimees. Non à « La survie d’épaves journalistiques tenues par des milliardaires qui se font renflouer par de l’argent public » écrit carrément Contrepoints France.
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