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Des produits réparables

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Pour la première fois, des fabricants vont être obligés de faciliter la réparation d’un certain nombre d’appareils électroménagers à la suite de l’adoption officielle de lois révolutionnaires par la Commission européenne. Les nouvelles règles réduiront également l’énergie nécessaire pour les alimenter, selon l’ONG Coolproducts. L’allongement, de cinq ans seulement, de la durée de vie des lave-linge, permettrait à l’UE d’économiser autant d’émissions (CO2eq) que le retrait annuel d’un demi-million de voitures des routes.

À partir de 2021, tous les téléviseurs, moniteurs, réfrigérateurs, congélateurs, lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle et produits d’éclairage mis sur le marché de l’UE devront satisfaire à des exigences minimales en matière de réparabilité visant à prolonger leur durée de vie. Ces produits devront également être plus faciles à recycler grâce à une meilleure conception et, dans le cas des écrans, à l’élimination des retardateurs de flamme halogénés.

« Avec ces mesures, l’Europe vient de faire un grand pas vers une économie plus circulaire, qui devrait inspirer le reste du monde. Nous attendons à présent des décideurs européens qu’ils reproduisent cette approche pour de nombreux autres produits, et notamment les produits électroniques tels que les smartphones et les ordinateurs, afin de minimiser leur impact environnemental ». Une affirmation qui contraste avec un article de La Libre, qui trouve une justification historique à l’obsolescence programmée.

L’intégration pour toutes et tous

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Billet invité

Henri Goldman fait part d’un autre point de vue à propos du parcours d’intégration bruxellois, rendu obligatoire par le gouvernement, mais pas mis en œuvre et pas obligatoire pour tous les nouveaux Bruxellois. Il le développe plus largement dans un chapitre de Demain Bruxsels.

La décision d’obligation a été prise par le gouvernement bruxellois précédent. Mais elle pose des problèmes de mise en œuvre, notamment parce qu’il s’agit d’une compétence communautaire pour laquelle ce n’est pas le gouvernement bruxellois qui est compétent, mais le collège de la Cocom.

Je suis en faveur de cette obligation comme je suis en faveur de l’obligation scolaire. C’est-à-dire comme un service universel. Or, ce n’est pas du tout le cas : sont exemptés de cette obligation tous les ressortissants de l’UE ainsi que les ressortissants turcs, par convention bilatérale les assimilant à des Européens. Soit… une bonne moitié des nouveaux migrants.

De toute façon, le dispositif mis en place est incapable de rencontrer la demande. Seulement un tiers des primo-arrivants non européens trouveront une place auprès des institutions existantes (francophones et flamandes) dans les 3 ans de leur arrivée. Si on voulait pouvoir les accueillir tous, il faudrait au moins doubler les budgets.

 Dans ces conditions, l’accueil des nouveaux migrants s’apparente beaucoup plus au logement social : il n’y a pas assez de places par rapport à la demande. Il faut donc les réserver aux personnes prioritaires. Le système actuel de l’obligation est de ce point de vue complètement pervers, puisqu’il interdira désormais à une infirmière roumaine (donc européenne) recrutée pour s’occuper de nos aînés d’avoir accès au parcours, alors qu’elle obligera l’épouse au foyer d’un cadre japonais de multinationale à le suivre (gratuitement, hein) alors que ça ne lui sera d’aucune utilité, ni d’ailleurs à la société belge.

 

Mode de vie européen ?

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Le mode de vie bruxellois est-il comparable à celui de Lasnes ou de La Louvière ? Semblable à celui des habitants de Stockholm ou de Las Palmas ? Voilà pourtant que l’on nous parle de protéger un « mode de vie européen » … lequel ? Nous avons désormais un commissaire européen en charge de la « Protection du mode de vie européen » plutôt qu’un commissaire à la « Migration ». Un changement d’intitulé qui ne peut être le fruit du hasard. Une concession au groupe des pays de l’Europe centrale Visegrad, hostiles à l’hébergement de tout réfugié ou migrant sur leurs territoires ?

L’eurodéputé belge Philippe Lamberts (Ecolo) réagit par un communiqué:  » C’est un scandale absolu. Ils reprennent la vision de l’extrême droite selon laquelle la question migratoire est d’abord un enjeu de protection d’un soi-disant mode de vie européen, dont on n’a d’ailleurs pas idée de ce qu’il signifie « . il est suivi par un billet d’un jeune historien du cdH. La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n’est pas en reste et publie une carte blanche pour justifier son choix.

Le mode de vie bruxellois n’est sans doute pas partagé par tous les habitants de la cité. Les parcours d’intégration, toujours pas rendus obligatoires par le gouvernement bruxellois, ne doivent pas y être étrangers, la faillite éducative de nombreuses écoles non plus. A côté de cela, certains apprécient les résultats de 20 ans d’inburgering (« citoyennisation ») de la Flandre, au niveau de la mise au travail, de la citoyenneté, de la maîtrise de la langue – encore renforcée par la toute récente pédagogie « Néerlandais, langue étrangère ».

Finalement, il ne s’agirait pas tant de protéger un mode de vie que de le partager et de le faire apprécier. Au Canada ou en Australie, les primo arrivants sont fiers de se dire canadiens ou australiens, une fois leur parcours d’intégration terminé et leur carte nationale attribuée. Ils chantent même l’hymne national …

 

275.000 Européens vivent à Bruxelles

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Bruxelles accueille une importante population européenne. Brussels Studies y consacre sa dernière étude. Elle révèle qu’en 2018, les ressortissants de l’UE (hors Belges) représentaient 275 000 personnes, c’est-à-dire 23 % des 1,2 million d’habitants qui sont officiellement domiciliés en Région bruxelloise. Une contribution majeure de ces populations à la croissance de la population bruxelloise. De 2000 à 2018, la population de notre Région croit de 960 000 à 1 200 000 habitants. Plus de 55 % de cette croissance est le fait d’étrangers issus de l’Union européenne.

Les Bruxellois issus des nouveaux états membres sont globalement jeunes et majoritairement des femmes. La féminisation de ces nationalités serait liée à une importante émigration de jeunes femmes qualifiées. Toutefois, cette féminisation est contrebalancée par l’augmentation marquée de la proportion d’hommes parmi les Polonais, les Bulgares et surtout les Roumains, bien plus nombreux. Les ressortissants de ces trois nationalités s’insèrent majoritairement via deux secteurs peu qualifiés: le nettoyage pour les femmes et la construction pour les hommes.

Où vivent-ils ? ils sont plus nombreux dans le centre et la première couronne urbaine de Bruxelles et d’autre part, dans l’Est et le Sud-Est de la ville. Cette part peut monter jusqu’à 40 % de la population dans les quartiers à l’Est du Pentagone entre l’avenue Louise et le Square Ambiorix. Le Sud de la Région est lui l’espace de prédilection des Français, tandis que les Polonais, Roumains et Bulgares résident davantage dans des quartiers de l’Ouest de Bruxelles.

De l’info en continu

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L’info en continu, c’est l’actualité disponible à l’heure qui vous convient. Vous connaissez bien évidemment le précurseur CNN, ou Euronews, BFMTV, la BBC et peut-être aussi LCI, MSN ou France 24 et Sky News ? et même RT (Russia Today) ou Aljazeera ?

Depuis ce lundi, la Belgique francophone est aussi dotée d’une première chaîne d’information en continu appelée LN24. Un pari éditorial audacieux, auquel vous pouvez accéder par Voo (canal12), Telenet (canal 16 à Bruxelles et 140 en Flandre), Proximus (canal 18), et sur Orange (canal 90), mais aussi par internet sur www.ln24.be/direct et bientôt également en radio.

La soirée de lancement au parlement européen fut mondaine mais aussi enthousiaste. L’équipe, tirée par Joan Condijts et Martin Buxant, nous a promis une chaîne d’info qui bouscule le paysage médiatique, qui dispose du temps nécessaire pour recouper ses infos et pour décrypter les sujets d’actualité. Une chaîne qui vante son « ouverture sur le monde » et garantit une parfaite imperméabilité entre son actionnariat économique, les recettes publicitaires et la partie éditoriale de son média. Une chaîne dont la plupart des journalistes se situent sous la barre des 30 ans. On ne demande qu’à les croire. Allez donc voir et  jugez sur pièces.