Archives de catégorie : Europe

Une montagne de textiles.

Chaque année, les Bruxellois donnent cinq mille tonnes de textiles collectés dans les bulles à vêtements. Ils sont souvent de mauvaise qualité. La proportion de textiles qui ne sont même plus recyclables est passée de 12,3 % en 2018 à 19,2 % en 2024. Cela fait grimper les coûts de manière considérable. Collecte et traitement deviennent difficiles à assumer pour les entreprises d’éconmie sociale.

Si une partie des vêtement sont reconditionnés et vendus dans des boutiques vintage ou de deuxième main, IsoFabric fait traiter ses rebuts en France, pour en faire des matériaux pour l’isolation des bâtiments. Une ligne de production bruxelloise coûterait au moins 10 millions d’euros et Isofabric manque de moyens.

Une aide est demandée à la Région sous forme de subsides ou d’aide au ramassage. Mais il s’agit aussi de responsabiliser les fabricants, qui doivent financer le recyclage ou la destruction des leurs vêtements, comme Récupel pour l’électro. Bruxelles tarde à appliquer la directive européenne, qui attendra 2028. La réponse d’Ans Persoons (Vooruit Brussel) en dit plus ICI. Les émissions Investigations et ARTE font le point.

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Protéger le vivant.

Adopté par l’Europe en 2006, le règlement Reach visait deux objectifs: protéger la santé humaine et l’environnement des risques provoqués par les substances chimiques et fixer un cadre réglementaire commun pour développer l’industrie européenne. Depuis six ans la révision de Reach n’a cessé d’être reportée, jusqu’à recevoir le coup de grâce le 27 avril, avec l’annonce de sa suspension par la Commissaire à l’Environnement.

Ce règlement limite l’usage de substances jugées dangereuses jusqu’à les retirer du marché lorsque le risque est avéré. Un enjeu clé de santé publique. La révision prévoyait de réglementer les usages de familles de substances, et non plus de molécules évaluées isolément, comme pour les PFAS ou les bisphénols utilisés dans les contenants alimentaires,.

Il reste nécessaire de soutenir la recherche d’alternatives aux produits chimiques en se tournant vers des solutions fondées sur le vivant et la nature. L’UE pourrait  ainsi devenir le premier acteur d’une bioéconomie soutenable, respectueuse des limites planétaires, protectrice de la santé, pourvoyeuse d’emplois et de progrès social. C’était sans compter sur l’intense lobbying des industries chimiques et de ses conséquences développées ICI.

 

Électricité ou Gaz ?

Nous vous avions annoncé l’intention du gouvernement fédéral d’augmenter les accises sur le gaz naturel pour pouvoir les diminuer sur l’électricité. C’est aujourd’hui chose faite avec un calendrier qui devrait démarrer le 1er août. Tout cela en respectant des taux planchers obligatoires fixés par la directive européenne sur la taxation de l’énergie.

Cette augmentation des accises sur le gaz et la baisse des accises sur l’électricité est une mesure phare, qui a quelque peu crispé les débats. Les accises sur le gaz passeront de 8,72 euros/MWh à 10,31 euros/MWh, puis à 11,39 euros/MWh au 1er janvier 2027 et à 12,47 euros/MWh au 1er janvier 2028. Quant aux accises sur l’électricité, elle passeront de 50,33 euros à 46 euros/MWh le 1er août, puis à 43 euros en 2027, 40 euros en 2028 et 38 euros/MWh en 2029. ICI la source.

Cette mutation se poursuivra au-delà de 2029, avec l’espoir que cela incitera les consommateurs à privilégier l’électricité comme source d’énergie, plutôt que le gaz importé, dont la combustion génère  du dioxyde de carbone et du méthane (puissant gaz à effet de serre). Reste à produire ou importer suffisamment d’électricité verte et à octroyer des primes à l’isolation et à l’achat de pompes à chaleur, qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

 

Pas de futur pour le gaz.

Du gaz nous n’en avons pas. Nous devons l’importer de pays qui ne sont pas toujours amis et dictent leurs conditions. A mesure qu’elles s’épuiseront, leurs ressources gazières deviendront aussi plus chères. Comme la combustion du gaz  naturel produit des gaz à effet de serre dommageables pour le climat, l’Europe demande à ses Etats membres d’augmenter progressivement les taxes sur le gaz, afin de pouvoir les diminuer sur l’électricité, qui peut être verte.

Après avoir placé des conduites dans tout le pays et avoir octroyé des primes pour l’installation de chaudières au gaz à condensation, la Belgique doit reculer. Elle interdit déjà la pose de conduites de gaz dans les nouveaux lotissements. A Bruxelles, il y a interdiction d’installation de chaudières au mazout depuis 2025. Quand cela sera fini avec le gaz et les produits pétroliers, que restera-t-il comme énergie ? L’électricité. Encore faut-il qu’elle soit verte et que son prix baisse.

Tout cela ne se fera que progressivement. Mais pour celles et ceux qui doivent remplacer leur chaudière au mazout ou leur chauffe-eau au gaz, la question du choix d’une autre source d’énergie se pose dès à présent. A court terme, l’électricité peut sembler trop chère, mais à plus long terme, elle devrait diminuer. Des travaux d’isolation et des appareils performants – comme les pompes à chaleur et les radiateurs à inertie sèche – devraient en limiter la consommation. Pour le gaz il n’y a plus d’avenir.

La droite extrême progresse.

Un lecteur nous fait remarquer que le site du Gang des Vieux en Colère contient une petite brochure « anti-fa » très engagée. Elle relève des indices et fait le point sur la progression des doctrines fascistes et d’extrême droite, grâce à des personnes âgées, qui ont parfois côtoyé la Résistance et connu le fascisme au pouvoir en Allemagne avec Hitler, en Italie avec Musolini, mais aussi en Wallonie avec Léon Degrelle et en Flandre avec Staf De Clercq

Si aujourd’hui, on peut se réjouir de l’échec d’Orban et de son parti Fidesz en Hongrie, on ne peut s’empêcher de constater la montée de l’extrême droite en Europe, particulièrement en Italie, mais aussi en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche, au Portugal, en Espagne et en Slovaquie. Des partis qui affichent tous un scepticisme  certain envers la démocratie et l’Union européenne.

Leur brochure se veut un outil pour comprendre et résister aux mécanismes, aussi lents que dangereux ,qui se mettent en place ici et ailleurs. Grâce aux réseaux sociaux, aux influenceurs, à la presse et aux « fake news », l’extrême droite bénéficie d’une plus grande visibilité. La presse n’est plus que dans quelques mains. Des milliardaires ne cachent pas leurs visées politiques, surtout en France, mais nous sommes inondés par leurs contenus, comme 21News, financé par Bolloré et Lagardère.