Archives de catégorie : Institutionnel

Logement: une réussite.

Revenons à Vienne. Alors que les villes du monde entier subissent des hausses de loyer paralysantes, la politique radicale de la capitale autrichienne pourrait être une source d’inspiration. La Ville-Etat de Vienne lève l’impôt, ce qui lui a permis de devenir le plus grand propriétaire immobilier d’Europe. Environ 60 % de la population vit dans des logements subventionnés de haute qualité.

Ce n’est pas un journal de gauche qui le proclame, mais bien le très sérieux Financial Times. Kirsty Lang écrit: « Je ne connais pas d’autre ville où les logements sociaux sont une attraction pour les visiteurs. A Vienne, les touristes affluent vers la Hundertwasserhaus, un complexe de logements sociaux farfelu et multicolore recouvert de mosaïques et de végétation. Presque tous les nouveaux développements font l’objet d’un concours d’architecture, ce qui permet d’offrir une variété d’esthétiques au lieu des blocs de béton gris et brutalistes qui gangrènent tant de villes européennes ».

L’article du Financial Times – traduit ICI pour vous – décrit les moyens mis en œuvre par la Ville-Etat pour éviter les ghettos en construisant des communautés mixtes. Dans un même immeuble une grande variété de populations et de loyers. Ici, le logement social n’est pas stigmatisant, les gens en sont fiers. Pour ses logements et pour bien d’autres raisons, Vienne est souvent classée ville la plus agréable du monde. Basta voudrait qu’Anne Hidalgo s’en inspire à Paris. Et chez nous ?

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photos Basta et image extraite de la vidéo Hundertwasser https://youtu.be/x6KTU9pZCG8

Good Move à l’épreuve.

Deux lecteurs nous communiquent des photos d’une signalisation supposée aider les automobilistes à s’y retrouver dans les modifications de circulation liées à la mise en place des premières phases du plan Good Move. Force est de constater que cette signalisation n’aide personne et crée de la perplexité, si ce n’est de la révolte. Un sabotage ? Beaucoup d’autres photos – dont celle mythique prise à Uccle – pourraient démontrer qu’il ne s’agit pas de cas isolés, tout comme la demande de plus de clarté du Gracq, qui présente aussi un « code de la rue ».

Si les plans Good Move ont été étudiés par les experts du ministère de la Mobilité et de certains échevins communaux de la Mobilité, c’est à la police à procéder à l’installation de la signalisation routière adéquate. Mais quelle police ? Il y a des règles internationales à respecter et des règles du fédéral et puis celles du régional, mais après, le placement des panneaux de signalisation relève du ministère de la Mobilité pour les voiries régionales et de chacune des 19 communes pour les autres voiries !

A cette complexité s’ajoute encore les panneaux placés par les entrepreneurs de chantiers. Des panneaux parfois contradictoires, placés n’importe comment et à des hauteurs pas toujours adéquates, n’aident pas l’automobiliste à circuler paisiblement en ville et à en respecter les règles. Et s’il n’y avait qu’une Agence régionale de la signalisation routière, pourrait-on déjà espérer plus de compétence, de cohérence et de lisibilité ?

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Surprise de fin d’année.

Puisque le Collège, le Conseil communal et des administrations ont commencé à quitter l’hôtel de ville pour s’installer dans le mastodonte Brucity, l’hôtel de ville de Bruxelles sera bientôt vide. Le Collège a l’intention de le rendre accessible en le transformant en musée.

Symbole de l’autonomie de Bruxelles et lieu de toutes ses luttes passées, ce monument ne doit-il pas garder une fonction politique majeure et ne pas être réduit à un rôle d’attraction touristique ou de décor pour des manifestations évènementielles ?

Il y a des années déjà, nous avons suggéré d’y installer le ministre-président de toute la Région. L’ARAU semble du même avis. La place est désormais libre. Il ne reste à Philippe Close qu’à y inviter son partenaire socialiste Rudi Vervoort … en attendant peut-être d’y siéger un jour lui-même, si les résultats des élections le permettent.

Photos nuage.fr et RTBF

De Téhéran à Bruxelles.

Pendant qu’à Bruxelles, des femmes revendiquent le droit de porter le hijab (voile) au travail et à l’école, à Téhéran, des femmes veulent avoir le droit de ne pas le porter … « Sans la police des mœurs dans les rues, vous voyez plus de femmes se promener sans hijab. Presque comme si elles pouvaient décider par elles-mêmes. Je pense que c’est une amélioration. » affirme Fatemeh dans un article d’Euronews. D’autres points de vue de femmes musulmanes bruxelloises dans cet article du Soir.

« Ni obligation, ni interdiction », un slogan plus que jamais d’actualité. Reste la question de la neutralité exigée du personnel des services publics et des écoles officielles, qui ne peut évidemment se limiter aux apparences. Il subsiste aussi les critères de recrutement d’un certain nombre d’entreprises, comme les banques par exemple, en matière vestimentaire et même d’apparence, comme pour les piercings ou les tatouages. Certaines de ces exigences peuvent s’apparenter à des formes de racisme.

De manière plus générale, en Belgique, la neutralité est notre manière de marquer la séparation entre l’Eglise et de l’Etat. Elle se distingue nettement de la laïcité à la française. Cette neutralité est-elle inclusive ou exclusive ? Pour le Collectif Yallah, elle est émancipatrice, comme il le défend dans cette carte blanche. Un point de vue auquel tout le monde n’adhère pas.

Happy Monday: Bruxelles solidaire.

Trop souvent, le futur de Bruxelles se heurte à des tracasseries institutionnelles ou administratives, que nous sommes obligés de dénoncer ici. Des projets se trouvent bloqués. Des personnes en pâtissent. Mais quand Bruxelles se montre solidaire et performante, il faut aussi le souligner. L’histoire de Maksim (nom d’emprunt) aurait pu se terminer très mal, sans l’accueil dont il a bénéficié très rapidement dans notre ville.

Maksim est Ukrainien, il a moins de 20 ans et ne parle que sa langue maternelle. Il arrive seul à Bruxelles, parce que l’hôpital de Marioupol n’a plus les moyens de soigner sa leucémie depuis plus de cinq mois. Comme réfugié ukrainien il obtient directement une Attestation de Protection temporaire du fédéral, mais ne dispose pas encore d’une adresse, d’une Annexe 15, d’une mutuelle, d’un médecin traitant, d’une aide d’un CPAS … Contactée par la Plateforme Citoyenne, une docteur en médecine de l’Institut Bordet l’admet dès le lendemain en Hématologie, sans attendre aucun document administratif.

Soutenu par une Ukrainienne arrivée il y a 6 mois et qui traduit pour lui, soutenu par tout un réseau de personnes et d’institutions mobilisées autour de sa situation périlleuse, il est directement hospitalisé pour quelques jours et poursuit aujourd’hui un traitement ambulatoire. Il est domicilié et va recevoir un Revenu d’Intégration Sociale, qui devrait lui permettre de louer une chambre, de poursuivre ses soins et de réaliser son projet d’apprendre le français, l’anglais et l’informatique. La mobilisation rapide de citoyennes et citoyens bruxellois et ukrainiens et celle de nos institutions de protection de première ligne ont permis à l’Institut Bordet d’agir vite et de sauver une vie. Bravo. Les réfugiés de guerre de Syrie et d’Afghanistan ont rarement cette chance.