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La Belgique implosera-t-elle ?

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Dans un billet récent, l’essayiste wallon Jules Gheude, évoque l’implosion de la Belgique – écrite dans les astres – selon lui. La question ne manque pas d’intérêt pour Bruxelles. Vous connaissez le rêve N.VA d’une Flandre indépendante. Ce n’est pas le score du Vlaams Belang qui freinera cet objectif final. Une marche vers un certain confédéralisme semble bien être en route. Dans cet  extrait du Brexit à la flamande du journaliste Paul Goossens pour De Standaard , il apparaît clairement que cela ne se pourra pas se faire sans Bruxelles. Il constate que « Bruxelles a dépassé la tutelle wallo-flamande. A son tour, Bruxelles se manifeste comme une communauté avec sa propre identité imaginaire. Une négociation sur le confédéralisme n’est concevable que si Bruxelles est à la table des négociations comme partenaire à part entière et participe à la décision. » (traduction libre).

Frank Vandenbroucke (SP.A) écrit : « Comme un Brexit pur est impossible si l’on ne cède pas l’Irlande du Nord à la République d’Irlande, de la même façon, le confédéralisme n’est pas possible si l’on ne cède pas Bruxelles aux francophones » … sauf que Bruxelles n’est pas demandeur d’être partie prenante d’une Belgique résiduelle menée par la Wallonie. Hervé Hasquin (MR) confirme la place de Bruxelles : « La dynastie ne fait pas l’union de la Belgique. C’est Bruxelles. Je ne vois pas la Flandre emmener Bruxelles dans ses bagages, idem pour la Wallonie ». Et Jean-Luc Crucke (MR) de conclure dans une interview à La Libre:  » Il faudra discuter dans la discrétion d’une Belgique à quatre Régions « .

Certains commentateurs pensent que la Belgique ne se séparera pas à cause de l’énorme dette publique que l’on ne sait comment répartir. D’autres pensent que la Belgique subsistera parce que l’Europe ne lui concède qu’un siège et combat les tendances séparatistes, comme on l’a vu avec la Catalogne. Pour le philosophe Philippe Van Parijs,  » La Belgique subsistera à cause de Bruxelles. Pour des raisons différentes, ni la Flandre ni la Wallonie n’acceptera de s’en défaire, et ni l’une ni l’autre ne peut se l’approprier.”  Il s’en explique davantage dans cet extrait de son livre Belgium. Une utopie pour notre temps.  Vous voilà rassurés ?

 

Vers une coalition progressiste

C’est ce qu’affirment Rudi Vervoort et Laurette Onkelinx – toujours présidente du PS bruxellois – dont le parti se tasse, mais demeure légèrement devant Ecolo. Ils commencent donc leurs consultations avec Ecolo, afin de voir si un programme commun est réalisable. Il faudra sans doute y adjoindre Défi pour assurer une majorité stable.

A Bruxelles, le gouvernement régional est composé de deux ailes: la francophone et la néerlandophone qui doivent gérer la Région ensemble. Personne n’a envie de gouverner Bruxelles avec une N-VA, qui veut la cogestion de la ville par les deux autre Régions. Mais voilà, si Bruzz annonce la groene golf de Groen en tête avec 20,6%, la N-VA devient le deuxième parti avec un score 18% et dépasse donc l’Open VLD de Guy Vanhengel et le One.Brussels de Pascal Smet. Une alliance Groen, Open VLD et One.Brussels compterait 10 sièges sur 17 et pourrait se passer de la NV-A.

Les commentateurs bruxellois néerlandophones de Bruzz voient se former une identité propre à Bruxelles : ‘Brussel is een eigen identiteit aan het vormen’. Pour ce qui est de la montée de l’extrême droite en Flandre qui inquiète les Bruxellois, la presse flamande (traduite par la VRT et par Daardaar) estime dans un article que ce score ne tombe pas du ciel et analyse qu’elle reflète une colère de 18% de la population. Pour le PVDA (PTB) c’est une autre approche “ Le fossé n’est pas entre le nord et le sud du pays mais bien entre les partis traditionnels et les gens ordinaires ”.

 

Pour qui voter ?

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Ce n’est pas de moi que vous attendez la réponse à cette question qui va se poser à vous trois fois le 26 mai. Toutefois, ceux et celles qui s’opposent au pouvoir excessif des partis ne voteront pas « tête de liste », pour ne pas se contenter d’avaliser l’ordre des candidats décidé par les états majors des partis. Ils pourront voter pour plusieurs candidat.e.s de leur choix sur une même liste, y compris pour des « candidats d’ouverture », qui soutiennent la liste sans être membres du parti. Cela ne manquera pas d’influer sur la liste des élus qui les représenteront dans les trois parlements ainsi que sur le choix des personnalités qui seront appelées à faire partie des différents gouvernements ou de la Commission européenne.

Les électrices et les électeurs qui estiment que la question du climat et d’un partage plus juste des richesses constituent des enjeux cruciaux pour cette triple élection, n’auront pas trop de peine à retrouver, dans les slogans et les programmes des partis, les candidats qui ont agi et prennent des engagements clairs sur ces sujets. Les élections ne sont-elles pas aussi une occasion de soutenir ou de sanctionner pour leur gestion les femmes et les hommes qui étaient en charge au cours de la dernière législature ?

Pour vous aider à y voir plus clair, un « test électoral » a été mis au point par des académiques à l’initiative de la RTBF, la VRT, La Libre, De Standaard, l’UCLouvain, l’Université d’Anvers et Tree company. Il vous permet de répondre « D’accord » ou « Pas d’accord » à une série de propositions pour chaque scrutin (fédéral, régional bruxellois ou européen) et savoir ensuite quels partis sont les plus proches de vos convictions. Je me suis livré à l’exercice et il me semble que cela ne manque pas d’intérêt, malgré les limites du genre.

 

Happy Monday : bientôt des écoles multilingues 

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Les recteurs de l’ULB et VUB s’affirment demandeurs. Des communes se disent très intéressées par une expérience en ook in het Nederlands. Des écoles normales forment des enseignants bilingues. Le Plan Marnix s’active. La presse s’intéresse et en parle. Dans une interview, Rudi Vervoort et Guy Vanhengel font un véritable plaidoyer en faveur d’une école mutlilingue réellement bruxelloise et mettent la pression sur la Communauté flamande et sur la Fédération Wallonie Bruxelles. Auraient-ils lu les chapitres Enseignement et Langues: mobilisation générale ! dans l’ouvrage Demain Bruxsels ?

A ce stade rien n’est fait et les obstacles demeurent nombreux, mais l’émergence d’une école bruxelloise multilingue soutenue par les deux Communautés fait son chemin. Si rien n’a changé sur le terrain, les mentalités ont évolué et les langues se délient. La rectrice de la VUB : « seules les écoles européennes sont multilingues, mais tout le monde n’y accède pas, le coût est très élevé. Il faut normaliser le multilinguisme dans notre ville « .

Les partis divergent encore comme le relèvent Bruzz et BECI. Il va falloir surveiller leurs programmes avant de donner notre voix et il faudra scruter les accords de majorité après les élections. Il va aussi falloir réactiver le Comité de concertation pour définir entre entités fédérées les besoins de la nécessaire exception bruxelloise. On n’a jamais été aussi près but.

Qui décide ? Qui nous représente ?

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Ce sont nos élus et les gouvernements qu’ils mettent en place qui gèrent la cité et doivent veiller au respect de l’intérêt général. Ce type de démocratie basée sur des personnes élues, supposées nous représenter, est de plus en plus souvent remis en cause et souvent qualifié de  » particratie « . “ Il lui est reproché de couper les mandataires des préférences et du vécu de la population, de produire des processus de décision opaques et peu compréhensibles pour les citoyens, de permettre la défense des intérêts privés ou partiaux des représentants, et de décourager les citoyennes et les citoyens de s’investir dans la vie de la cité (John Pitseys – CRISP) ». « Une fois désignés, en pratique, on peut dire qu’ils ont un chèque en blanc et cette indépendance n’est pas tempérée. Ce débat, davantage posé par la société civile que le monde politique, plutôt perplexe et divisé, n’est pas clos. » (Vincent de Coorebyter)

Des tentatives de démocratie directe émergent malgré les objections que celles-ci soulèvent. Des demandes se font jour pour une démocratie plus participative, pour le droit de vote pour toutes et tous, pour des consultations populaires (comme en Suisse), pour des consultations internet, pour des représentants tirés au sort … Le CRISP vient d’y consacrer un dossier complet que vous pouvez consulter ICI.

On se souviendra des tirages au sort du G1000 de David van Reybroeck, que d’aucuns estiment trop individualiste et ayant produit peu de résultats. Plus récemment, la Communauté germanophone a décidé de se doter, dès l’automne, d’une assemblée de 24 citoyens tirés au sort, dont les détails sont livrés ICI. Leurs voisins luxembourgeois attendent de vérifier si cela va renforcer la participation citoyenne, améliorer la compréhension du processus de décision et renforcer les institutions démocratiques, à l’heure où la confiance dans les partis politiques est historiquement basse.

>>> Anuna De Wever, la pionnière néerlandophone des marches pour le Climat en Belgique, estime que l’enterrement de la loi Climat est une insulte à l’égard des jeunes.