Archives pour la catégorie Institutionnel

Pour qui voter ?

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Ce n’est pas de moi que vous attendez la réponse à cette question qui va se poser à vous trois fois le 26 mai. Toutefois, ceux et celles qui s’opposent au pouvoir excessif des partis ne voteront pas « tête de liste », pour ne pas se contenter d’avaliser l’ordre des candidats décidé par les états majors des partis. Ils pourront voter pour plusieurs candidat.e.s de leur choix sur une même liste, y compris pour des « candidats d’ouverture », qui soutiennent la liste sans être membres du parti. Cela ne manquera pas d’influer sur la liste des élus qui les représenteront dans les trois parlements ainsi que sur le choix des personnalités qui seront appelées à faire partie des différents gouvernements ou de la Commission européenne.

Les électrices et les électeurs qui estiment que la question du climat et d’un partage plus juste des richesses constituent des enjeux cruciaux pour cette triple élection, n’auront pas trop de peine à retrouver, dans les slogans et les programmes des partis, les candidats qui ont agi et prennent des engagements clairs sur ces sujets. Les élections ne sont-elles pas aussi une occasion de soutenir ou de sanctionner pour leur gestion les femmes et les hommes qui étaient en charge au cours de la dernière législature ?

Pour vous aider à y voir plus clair, un « test électoral » a été mis au point par des académiques à l’initiative de la RTBF, la VRT, La Libre, De Standaard, l’UCLouvain, l’Université d’Anvers et Tree company. Il vous permet de répondre « D’accord » ou « Pas d’accord » à une série de propositions pour chaque scrutin (fédéral, régional bruxellois ou européen) et savoir ensuite quels partis sont les plus proches de vos convictions. Je me suis livré à l’exercice et il me semble que cela ne manque pas d’intérêt, malgré les limites du genre.

 

Happy Monday : bientôt des écoles multilingues 

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Les recteurs de l’ULB et VUB s’affirment demandeurs. Des communes se disent très intéressées par une expérience en ook in het Nederlands. Des écoles normales forment des enseignants bilingues. Le Plan Marnix s’active. La presse s’intéresse et en parle. Dans une interview, Rudi Vervoort et Guy Vanhengel font un véritable plaidoyer en faveur d’une école mutlilingue réellement bruxelloise et mettent la pression sur la Communauté flamande et sur la Fédération Wallonie Bruxelles. Auraient-ils lu les chapitres Enseignement et Langues: mobilisation générale ! dans l’ouvrage Demain Bruxsels ?

A ce stade rien n’est fait et les obstacles demeurent nombreux, mais l’émergence d’une école bruxelloise multilingue soutenue par les deux Communautés fait son chemin. Si rien n’a changé sur le terrain, les mentalités ont évolué et les langues se délient. La rectrice de la VUB : « seules les écoles européennes sont multilingues, mais tout le monde n’y accède pas, le coût est très élevé. Il faut normaliser le multilinguisme dans notre ville « .

Les partis divergent encore comme le relèvent Bruzz et BECI. Il va falloir surveiller leurs programmes avant de donner notre voix et il faudra scruter les accords de majorité après les élections. Il va aussi falloir réactiver le Comité de concertation pour définir entre entités fédérées les besoins de la nécessaire exception bruxelloise. On n’a jamais été aussi près but.

Qui décide ? Qui nous représente ?

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Ce sont nos élus et les gouvernements qu’ils mettent en place qui gèrent la cité et doivent veiller au respect de l’intérêt général. Ce type de démocratie basée sur des personnes élues, supposées nous représenter, est de plus en plus souvent remis en cause et souvent qualifié de  » particratie « . “ Il lui est reproché de couper les mandataires des préférences et du vécu de la population, de produire des processus de décision opaques et peu compréhensibles pour les citoyens, de permettre la défense des intérêts privés ou partiaux des représentants, et de décourager les citoyennes et les citoyens de s’investir dans la vie de la cité (John Pitseys – CRISP) ». « Une fois désignés, en pratique, on peut dire qu’ils ont un chèque en blanc et cette indépendance n’est pas tempérée. Ce débat, davantage posé par la société civile que le monde politique, plutôt perplexe et divisé, n’est pas clos. » (Vincent de Coorebyter)

Des tentatives de démocratie directe émergent malgré les objections que celles-ci soulèvent. Des demandes se font jour pour une démocratie plus participative, pour le droit de vote pour toutes et tous, pour des consultations populaires (comme en Suisse), pour des consultations internet, pour des représentants tirés au sort … Le CRISP vient d’y consacrer un dossier complet que vous pouvez consulter ICI.

On se souviendra des tirages au sort du G1000 de David van Reybroeck, que d’aucuns estiment trop individualiste et ayant produit peu de résultats. Plus récemment, la Communauté germanophone a décidé de se doter, dès l’automne, d’une assemblée de 24 citoyens tirés au sort, dont les détails sont livrés ICI. Leurs voisins luxembourgeois attendent de vérifier si cela va renforcer la participation citoyenne, améliorer la compréhension du processus de décision et renforcer les institutions démocratiques, à l’heure où la confiance dans les partis politiques est historiquement basse.

>>> Anuna De Wever, la pionnière néerlandophone des marches pour le Climat en Belgique, estime que l’enterrement de la loi Climat est une insulte à l’égard des jeunes.

L’audace du monde culturel bruxellois

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Depuis quelques années déjà, les institutions culturelles bruxelloises, regroupées au sein du RAB / BKO, prennent le risque de braver les interdits que leur imposent leurs pouvoirs subsidiants respectifs: Communautés française et flamande et Etat fédéral. C’est à ce prix qu’une nouvelle identité culturelle florissante a pu émerger et que Bruxelles – le nouveau Berlin – existe désormais sur la scène culturelle internationale.

Tout récemment, le Théâtre National qui dépend de la Communauté française, le Théâtre flamand KVS qui dépend de la Communauté flamande et l’Opéra La Monnaie qui dépend du fédéral, viennent de prendre  la décision d’unir leurs forces autour du projet « Troika ». Une collaboration qui a pour but avoué de transcender les barrières linguistiques et institutionnelles de la Belgique du XXè siècle, en soulignant l’identité multiple et plurilingue de Bruxelles. Vous en saurez plus dans l’édition française de VRT NWS

Et vous en saurez encore beaucoup plus sur cette ville « superdiverse » en lisant  ICI le chapitre « Une multiculture urbaine » rédigé par Eric Corijn et Fatima Zibouh pour l’ouvrage Demain Bruxsel, dont je vous offre ICI la version complète. Le livre est toujours disponible à la librairie Tropismes, qui organise aussi un débat « Bruxelles, demain ? » entre Eric Corijn et Alain Deneef le 21 mars à 19h. Deux bénévoles ont déjà traduit les deux premiers chapitres du livre in het Nederlands HIER en DAAR.  And HERE English abstract.

Troika – photo KVS – de gauche à droite directeurs KVS, La Monnaie-De Munt et Théâtre National

La société civile s’engage

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Bruxelles est riche d’une  » société civile «  active et créative. Pourquoi ses membres restent-ils au balcon et hésitent-ils à entrer en politique, à mettre les mains dans le cambouis pour mettre leurs idées en pratique ? Le plus souvent, parce qu’aucun parti ne présente un programme dans lequel ils peuvent se retrouver. Alors, les uns se lancent dans la création de nouveaux partis comme sans doute Jump for Brussels, Plan B, Agora, One Brussels, Oxygene, Demain, Islam, Plib, Be.One, BUB et BAB, … et d’autres se présenteront comme « candidats d’ouverture » dans des partis existants qu’ils tentent – ou ont l’espoir – d’influencer dans le sens qui leur semble utile.

Comme les partis ont jusqu’à la fin du mois pour rentrer leurs listes, il n’est pas encore possible d’établir l’image définitive du nouveau paysage qui s’offrira à l’électeur bruxellois. Le recours à des ministres issus de la « société civile » semble cependant inéluctable pour répondre à la fois au besoin de compétences affirmées par l’exercice d’un métier et d’une conviction, comme à la méfiance grandissante des citoyens à l’égard des professionnel.le.s de la politique. La « page blanche » à partir de laquelle Zakia Khattabi  (Ecolo) a proposé de réécrire Bruxelles, il y a près d’un an, n’a pas manqué de provoquer une rencontre entre membres de la société civile « qui ont une vision de la ville » et la classe politique, rencontre éloignée de toute démarche d’ouverture de type “pêche-voix” avec stars de la télé à la clé.

Il y a aura encore d’autres surprises, mais d’ores et déjà, il est permis d’annoncer l’arrivée chez Ecolo/Groen d’Isabelle Pauthier, qui fut directrice de l’Atelier de Recherche Urbaine (ARAU) et d’Henri Goldman, qui était impliqué dans Aula Magna et coauteur et éditeur de « Demain Bruxsels ». Il sera sans doute question de réfléchir à l’identité cosmopolite bruxelloise post belgo-belge et de mieux prendre en compte les attentes des Bruxellois ainsi  que de la nécessaire transition sociale et écologique et de la fin du « productivisme » – de gauche comme de droite – qu’exige avec détermination une nouvelle génération de Bruxelloises et de Bruxellois soucieuse de son avenir et de celui de la planète.