Archives de catégorie : Institutionnel

L’identité bruxelloise sur le tapis

Luckas Vanden Taelen s’est livré à une analyse des propos de Bart De Wever publiée dans Bruzz et il vous conseille de regarder A La Carte sur BRUZZ TV ce jeudi. Il en livre un avant-goût en titrant à l’usage des Bruxellois néerlandophones « Bruxelles comme région à part entière: Certains construisent leur propre « guillotine ». Vous lirez son article sur Bruzz avec de nombreux commentaires et si vous ne maîtrisez pas suffisamment le néerlandais, je vous ai préparé une traduction de l’article avec DeepL.com. Il n’est pas exclu que certaines nuances échappent à cette traduction automatique.

Quel avenir pour Bruxelles au sein d’une Flandre indépendante ? Et quel avenir pour la République flamande ? Car le Vlaams Belang l’a déjà annoncé: si les partis flamands obtiennent la majorité en 2024, le Vlaams Belang demandera un vote sur une déclaration d’indépendance. Pour De Wever, ce sera sans lui: « J’ai toujours dit très clairement que l’extrémisme de droite est la maladie de la Flandre et du Mouvement flamand. Un peu comme l’islamisme est la maladie de l’islam. Deux virus qui se renforcent mutuellement ».

 A propos de l’identité bruxelloise qui se développe, Bart De Wever constate sans plaisir: « Il y a une sorte d’aliénation en cours, dans laquelle les Flamands de Bruxelles se comportent aussi de plus en plus comme des Bruxellois flamands ». Et d’ajouter: « Si vous voulez devenir un Bruxellois et que vous rêvez d’une identité bruxelloise, sachez que le lendemain, vous deviendrez un nain politique ». « Les néerlandophones qui vivent à Bruxelles ne se comportent plus comme des compatriotes des Flamands, mais comme des Bruxellois. Cette aliénation est ressentie dans tous les partis ». Et de conclure : « Nous devrions être en mesure de briser cela ».

photo LEO Magazine van de N-VA

Quelle gestion des déchets ?

L’image d’une ville et la façon dont elle est perçue sont étroitement liées à sa propreté. Les quartiers populaires, où trop de détritus s’entassent dans les rues, sont stigmatisés et dévalorisés. C’est à partir de la situation de Cureghem, que Brussels Studies livre une analyse trilingue de la question sensible de la propreté des quartiers populaires de Bruxelles. Elle part du principe que les enjeux vont au-delà du contrôle et des sanctions et que des solutions peuvent être mises en place localement, à partir d’un travail de terrain et d’ateliers avec des acteurs locaux. Bruzz aussi y consacre un article.

L’étude s’en prend à deux idées reçues: le manque de civisme des habitants et usagers de ces quartiers ou un défaut de contrôle de la part de l’administration locale. Deux facteurs explicatifs:  – la fonction d’accueil transitoire de ces quartiers pour des populations précarisées, qui engendre une fréquence très élevée des déménagements  – une activité commerciale très dynamique, qui s’avère responsable de l’accumulation d’importants volumes de déchets résiduels et emballages de toutes sortes. A la chaussée de Mons, une multitude de restaurants ethniques, de bars et de magasins de primeurs, accumulent beaucoup de déchets, mais des responsabilités publiques éclatées empêchent une réponse adéquate à cette situation.

L’information insuffisante ou inefficace de la population semble liée à une communication inadaptée des consignes de la part de Bruxelles-Propreté ainsi que dans le contrôle et le suivi par les autorités locales. Deux solutions émergent des ateliers: la création de circuits alternatifs de collecte et de récupération des matériaux par l’intermédiaire d’une plateforme physique d’une part et, d’autre part, l’amélioration de la coordination entre les organismes publics par la mise en place d’un·e gestionnaire de quartier, chargé·e de perfectionner la collecte des déchets et le service de nettoyage des rues. 

Photo by Jon Tyson on Unsplash

Wallonie Bruxelles: Stop ou Encore ?

Voilà 50 ans que la Wallonie et Bruxelles ont créé une entité fédérée pour gérer les matières qui relèvent de la langue et de la culture française. Parmi elles, l’école, la jeunesse, la culture, la RTBF, mais aussi les sports et la recherche scientifique, qui ne relèvent pas précisément de la langue ou de la culture. Avec sa dénomination « Communauté française », elle était peu lisible, elle a donc choisi de s’appeler « Fédération Wallonie Bruxelles », pour mieux marquer le lien entre les deux Régions dont l’une (Bruxelles) n’est pas exclusivement francophone. Ce lien n’est pas toujours réellement vécu. On n’en a parfois plus grand-chose à faire des Wallons du côté bruxellois et vice-versa. Explications et avis critique ICI.

Plombée par sa dette et par un fait régional de plus en plus partagé, cet anniversaire de la fédération pour bien être un des derniers. En 2024, une nouvelle réforme de l’Etat sera au centre de la table. Le ministre-président – Pierre-Yves Jeholet – se livre à la DH : « L’heure est venue pour les francophones de Belgique d’exprimer leur volonté commune et de répondre à la question de savoir ce qu’ils veulent faire ensemble à l’intérieur de la maison belge. Changer la forme pour ne rien changer au fond ne m’intéresse pas ». Il en dit plus sur Twitter. Il répond aussi aux questions de Thomas Gadisseux. Et Rudy Demotte d’ajouter: « La Flandre, elle-même serait-elle prête à renoncer à sa Communauté et à sa capitale ? ».

Comme d’habitude, on n’a pas entendu grand-chose de Rudi Vervoort, mais en 2024 nous ne pourrons pas continuer à être demandeurs de rien. Régionaliser la RTBF ? ou l’enseignement qui est géré par les deux Communautés ? ce ne sera pas si simple. Il y a la question des dotations mais aussi celle d’un ministre bruxellois de l’Education. Difficilement acceptable pour la Communauté flamande, qui gère bien son enseignement. Il reste deux ans pour identifier les problèmes et rechercher des solutions. Bruxelles ne peut arriver à la table des négociations les mains vides.

Document RTBF

Bruxsels solidaire

Inédit: Bruzz signale que des étudiants de l’enseignement technique bruxellois sont partis à Pepinster pour participer bénévolement aux travaux de restauration de la cité inondée. Chouette. Mais, à une toute autre échelle, les derniers chiffres de la Banque Nationale montrent que les transferts de Bruxelles vers la Wallonie atteignent les 900 millions. Chaque Bruxellois contribue donc annuellement en moyenne à hauteur de 800 euros. Une autre image de la capitale, qui n’a rien d’une mendiante. La Flandre contribue pour  6,2 milliards de transferts vers la Wallonie, soit 900 euros par an par habitant. Vous verrez ICI de quoi se composent exactement ces transferts.

Si on y regarde de plus près, il y a aussi des transferts entre provinces. Les deux Brabant contribuent assez largement au revenus de provinces moins riches en Flandre comme en Wallonie. Une part de la richesse des deux Brabant trouve son origine à Bruxelles, où travaillent un grand nombre de navetteurs. Tout cela n’a rien d’extraordinaire et s’appelle la solidarité. Elle évolue dans le temps. Chacun peut se souvenir des transferts de Wallonie vers la Flandre lorsque le charbon, l’acier et l’industrialisation wallonne en faisait une des plus riches régions du monde. Le même phénomène de transferts s’observe aussi en Allemagne, en France, au Royaume Uni et sans doute partout à travers le monde.

C’est en échafaudant de petits calculs assez égocentrés que les Régions les plus riches espèrent souvent garder leurs richesses pour elles en réclamant leur autonomie ou en déclarant leur indépendance. C’est le cas de la Catalogne en Espagne, de Singapour dans la fédération de Malaisie, du Katanga au Congo, du Québec au Canada, de la Ligue du Nord en Italie, de la droite flamande en Belgique. Les économistes qui nous lisent corrigeront mes propos si nécessaire.

photo Campaign for Education

Pourquoi pas un Islam de Belgique ?

Un certain nombre de personnes de religion ou de culture musulmane aspirent à un Islam de Belgique, débarrassé de toute instrumentalisation étrangère. Toutefois, les gouvernements du Maroc et de la Turquie, ainsi que les États du Golfe et de l’Arabie saoudite, participent très activement à cette ingérence dans les mosquées bruxelloises. Cela a été démontré à la fin de l’année dernière lorsque la presse étrangère a fait état de l’infiltration des services de renseignement marocains dans la Grande Mosquée de Bruxelles. Pour sa part, le gouvernement flamand a préparé un projet de décret de reconnaissance des communautés religieuses locales, qui entend aussi limiter le soutien financier de l’étranger. Il y voit une condition nécessaire à une intégration harmonieuse des croyants dans notre société.

C’est à cette occasion que le parlement flamand a reçu en audition Matthias Biesemans de l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace (OCAM). Il a procédé à une analyse de la situation pendant de nombreuses années et selon lui, les différents mécanismes développés par les gouvernements turc et marocain pour entraver l’évolution vers une identité islamique belge sont toujours actifs et efficaces. Néanmoins, il remarque que les jeunes générations sont désireuses de développer leur propre interprétation de l’Islam dans le cadre social et éthique belge. Les autorités turques et marocaines continuent à s’y opposer très activement.

Le gouvernement flamand espère que son décret sera approuvé par le Parlement dans le courant de l’automne. Son article huit prévoit notamment l’interdiction de coopérer de quelque manière que ce soit avec des activités qui incitent à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne, d’un groupe, d’une communauté ou de leurs membres. Vous pouvez lire ICI la traduction française avec DeepL.com du résumé de l’intervention de Matthias Biesemans au parlement flamand. Nous reviendrons ultérieurement sur l’évolution de la situation à Bruxelles, que nous avons déjà évoquée sur le blog.

photo extraite de BX1

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20664