Archives pour la catégorie Institutionnel

Et moi ! et moi ? et moi …

Vous êtes quelques unes, et aussi quelques uns, à me demander qui je suis pour oser pondre ces billets quotidiens sur des sujets aussi variés ? Comme la plupart d’entre vous, j’ai plusieurs domaines d’activité, divers centres d’intérêt et porte plusieurs casquettes, sans être lié à aucune chapelle. Je me limiterai donc à exposer ici à mon rôle de journaliste-citoyen bruxellois, qui rapporte les événements observés autour de lui et les diffuse sur Internet, en assumant modestement un rôle de journaliste, sans en avoir la formation professionnelle.

Je ne suis donc spécialiste en rien et généraliste en tout. Je parcours la presse locale, nationale et internationale quotidiennement, pour y repérer ce qui pourrait influencer le futur de notre ville cosmopolite, qu’il me plaît d’orthographier Bruxsels, pour ne plus devoir la traduire dans toutes les langues de la cité. Je rédige mes billets en français, parce que c’est encore la langue véhiculaire – la lingua franca – comprise par la majorité des Bruxellois.e.s, dont ce n’est souvent ni langue maternelle, ni la culture. Je recoupe mes sources pour éviter de diffuser des fake news. J’ai aussi le privilège de bénéficier de vos commentaires qui enrichissent mes propos, ainsi que d’être entouré de partenaires spécialisé.e.s, à qui je peux demander de vérifier l’exactitude de certains éléments.

Je limite volontairement mes billets à trois paragraphes, pour ne pas abuser de votre temps de lecture, mais des liens oranges renvoient toujours à des sources plus précises, pour ceux que le sujet passionne. Sauf quelques rares billets d’humeur, mes brèves se veulent non partisanes et se nourrissent de l’esprit de Manifesto, de l’Appel des Bruxellois « Nous existons ! Wij bestaan ! We exist ! », des conclusions des Etats Généraux de Bruxelles repris ICI en trois langues et puis aussi du livre «Demain Bruxsels », du think tank Aula Magna dont je fais partie, mais dont mes propos ne reflètent pas nécessairement les positions.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20195

Climat: Région et Fédéral condamnés

C’est le tribunal de 1ère instance de Bruxelles qui vient conclure que les entités fédérales et les Régions enfreignent la Convention européenne des droits de l’homme en ne prenant pas toutes les mesures pour lutter contre le réchauffement. Les 65.478 citoyens qui ont intenté cette action en justice avec Affaire Climat – Klimaatzaak estiment cependant, qu’après six ans de litige, cette condamnation est insuffisante parce qu’elle ne condamne pas le Régions et l’Etat à rehausser leurs objectifs climatiques. Ils vont faire appel et envisagent de porter le dossier devant la Cour européenne des droits de l’homme.

C’est sur 42 pages de constats scientifiques et d’engagements politiques non tenus que la justice vient de condamner le pouvoir politique coupable d’atteinte aux droits fondamentaux. Le climat devient ainsi de plus en plus une affaire de justice. C’est un tournant important. Désormais, l’inaction climatique est coupable, coupable non seulement du point de vue politique, ou éthique, mais aussi en droit, d’un point de vue juridique.

Après les Pays-Bas, l’Allemagne et « l’affaire du siècle » en France, le tribunal de 1ère instance de Bruxelles a pris une position de principe, il a donné raisons aux citoyens victimes de cette négligence coupable de la part des autorités qui ne respectent pas les engagements qu’elles ont pris à Paris et lors des conférences Climat qui ont suivi. C’est encourageant. C’est du droit à la vie qu’il s’agit, même si la condamnation ne fixe aucun objectif chiffré et reste sans conséquences financières.  Vous lirez ICI les réactions des plaignants – l’asbl Affaire Climat Klimaatzaak – ainsi que le commentaire « Climat bla bla bla » de Bertrand Henne à la RTBF ainsi que l’article de fond qu’y consacre L’Echo dans ce pdf.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20042

photo de Nicolas Maeterlinck extraite d’un article de vrtNWS

S’habiller comme on veut

 « Chaque femme doit avoir le droit de porter ce qu’elle veut », c’est Meron Knikman – présidente du Conseil flamand des femmes – qui le revendique dans une carte blanche  du Standaard, traduite ICI par DaarDaar. Pour elle, notre société continue de juger une femme à l’aune de son allure plutôt que sur ses capacités. Elle porte trop de vêtements ou pas assez, elle est trop grosse ou trop mince, négligée ou trop maquillée… Autant de critères qui ne pèsent pas sur les hommes. L’apparence de la femme est considérée comme un indicateur de ses compétences, de son intelligence et de sa neutralité.

Elle revendique pour les femmes la liberté de porter ce qu’elle veulent et de s’épanouir pleinement selon leurs capacités. « Si la société ou une autorité interfère au niveau du choix des vêtements dans l’espace public, nous sommes face à un gros problème. Un problème qui empêche de voir ce qui se cache réellement derrière ces réflexes de contrôle ». Reste néanmoins la question de la neutralité des personnes qui représentent l’Etat ou exercent des fonctions d’autorité, même si les apparences ne suffisent pas à garantir cette neutralité.

C’est ainsi qu’une lectrice nous fait part de ses craintes face à une banalisation des signes convictionnels dans la fonction publique en contact avec la population. Dès sa création, la Belgique a voulu verrouiller la séparation entre l’Eglise et l’Etat. L’aide aux nécessiteux et les soins ont longtemps été un quasi monopole religieux, assuré par des nonnettes et des prêtres. Si la plupart de ces institutions ont été remplacées par des Centres Publics d’Action Sociale, ce n’est pas pour y être reçu par des personnes en soutane, en cornettes, en foulard ou en kippa. Pareil pour l’école publique : « Je ne mets pas mon enfant à l’école officielle pour que son institutrice porte les attributs d’une religion dont je ne partage pas les croyances ».

Le débat n’est manifestement pas clos. Le parlement bruxellois aura fort à faire à la rentrée.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20010

Image par Capri23auto de Pixabay

Connaissons-nous nos voisins ?

Que savons-nous des Wallons et des Flamands qui vivent à nos côté ? sans oublier les germanophones ? Souvent peu de choses. Beaucoup d’idées reçues et d’anecdotes. Trop de clichés aussi, remontant parfois à une période révolue. Nous partageons cependant des langues avec eux, des cultures et beaucoup d’activités économiques. Les Ardennes et la côte restent nos destinations préférées pour les courts séjours. Aujourd’hui, coup d’œil sur les Flamands de Flandre. Seraient-ils moins flamingants qu’on ne le croit souvent à partir de nos lunettes bruxelloises ?

Une enquête récente, menée par l’Université d’Anvers et la VUB – à la demande du  Standaard  et de la VRT – éclaire la question et relève l’ambiguïté des sentiments. Joyce Azar et Marc Reynebeau se livrent à deux analyses et pointent divers paradoxes. La Flandre serait moins à droite que ses intentions de vote le laissent penser. Alors que la N-VA domine le gouvernement flamand, les sondés sont désormais moins de la moitié à lui faire confiance, alors qu’ils étaient plus de la moitié à faire confiance au gouvernement précédent. Qu’est ce qui préoccupe le plus les Flamands ? 

A la faveur de la crise sanitaire, la structure de l’Etat refait surface parmi les plus grandes préoccupations des Flamands … et de certains Bruxellois. Elle arrive devant la migration, qui était encore en 2019 leur principale inquiétude. 33% des Flamands veulent que la Belgique décide seule de tout, alors qu’à peine12% veulent que ce soit la Flandre qui gère seule toutes les compétences. Au total, environ deux-tiers des personnes interrogées voudraient que le fédéral ait plus de compétences. L’enquête révèle aussi une perte de confiance  globale dans la démocratie représentative. Marc Reynebau du Standaard titre cependant « Le bon Flamand est en fait un bon Belge ». Si le sujet vous intéresse, vous trouverez plus de nuances … et de contradictions, dans les articles de Daardaar et de la RTBF.

A quoi servent nos contributions ?

Par nos impôts et cotisations sociales, nous contribuons toutes et tous à remplir les caisses de l’Etat. Mais qu’a-t-il fait des 248 milliards € perçus en 2019 ? Un tiers (81,7Md) a été attribué aux Régions et Communautés. Un autre tiers à la sécurité sociale (89,9 Md), un petit 13% aux communes et provinces. L’Etat a gardé un peu moins de 20% (43,7 Md) pour financer ses propres services. Un article – dans le pdf en bas de page – vient de rendre plus transparent l’usage que notre Région fait des dotations reçues et de nos contributions. Hier in het Nederlands. Le site régional Openbudgets en dit plus et est accessible en trois langues.

A y regarder de plus près, sur base d’Eurostat 2019, on constate que le poste le plus important est de loin le financement des pensions de notre population vieillissante: 52,5 Md (21,2% du budget). Suivi par les soins de santé 36,1 Md (14,6%), sans compter l’invalidité et la maladie, qui comptent pour 16,5 Md (6,7%). Vient ensuite l’enseignement avec ses 23,9 Md (11,8%). Loisirs, culture et cultes se voient attribuer 6 Md (2,4%). La recherche fondamentale 5,6 Md (2,3%). Le chômage et l’exclusion sociale représentent 11,2Md (4,5%).

La dette publique n’a coûté « que » quelques 10,2 Md (4,1%) en 2019, vu les taux d’intérêt exceptionnellement bas. L’Environnement a dû se contenter d’un petit 2,5% du budget, soit 6,1 Md. Si nous sommes fiers de pouvoir contribuer au budget de l’Etat, nous sommes aussi exigeants quant à l’usage qu’il fait de nos deniers pour préparer notre futur. La crise sanitaire a montré que nos services de santé de qualité manquent de bras et que son personnel mérite d’être revalorisé. Pour les pensions, une solution doit être trouvée pour qu’elles soient équitables et restent finançables. Les divers types de transports publics et partagés ne devraient-ils pas être soutenus comme alternative à la voiture individuelle ?