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Relations avec notre hinterland

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Suite aux mesures provisoires prises pour lutter contre la propagation du covidus-19 à Bruxelles, un éditorial de La Libre évoque, sur un ton menaçant, un désert économique si ces mesures devaient devenir définitives et les navetteurs dans l’impossibilité de rejoindre leur lieu de travail en ville.

Oui, une ville dépend de son hinterland, mais dans le cas particulier de Bruxelles, l’hinterland n’apporte rien aux finances régionales, puisque les navetteurs payent l’intégralité de leurs impôts en Flandre ou en Wallonie. C’est donc l’hinterland qui dépend de la métropole, où se produit la richesse. La Communauté métropolitaine de Bruxelles ayant de moins en moins de chance de voir le jour, les matières qui étaient à son programme, ne font l’objet d’aucune concertation et la situation des 320.000 navetteurs empire, surtout celle de la majorité qui arrive en voiture.

Menacer l’économie de Bruxelles, si la Région continue à limiter l’accès à la ville en voiture en favorisant piétons et cyclistes, ne fait pas preuve de beaucoup de maturité. Oui, la ville doit pouvoir rester habitable pour offrir une qualité de vie à ses habitants et pour éviter la poursuite de l’exode urbain qui mite la campagne. Oui, la ville a besoin des personnes qui font la navette pour occuper une moitié de ses postes de travail. C’est donc du côté des alternatives, que métropole et hinterland doivent se concerter pour coordonner leurs efforts, notamment à propos des parkings de dissuasion aux portes de la ville et à propos de la pression à mettre sur le fédéral pour le RER – et de ses haltes bruxelloises – qui ne cesse d’accumuler les retards. Place donc au respect mutuel et à la concertation constructive plutôt qu’aux menaces.

 

Happy Monday: on arrive à se parler

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« C’était au temps où Bruxelles brusselait », mais Bruxelles bruxsels toujours. Le parler bruxellois n’a pas dit son dernier mot … sauf que, aujourd’hui, il cause en 104 langues. Lieu de rencontre exceptionnel entre la culture germanique et la culture latine, il n’est pas étonnant que le parler bruxellois – brusseleir beulemans ou brussels vloms – soit un doux mélange de français et de flamand. Largement minoritaires à Bruxelles, les Bruxellois néerlandophones en ont cependant forgé une partie de l’âme. Aujourd’hui, le multilinguisme a enterré le mythe d’une capitale « tweetalig » au profit d’une nouvelle identité plurielle, unique au monde, dont le maroxellois n’est qu’un exemple.

Dans la fosse, ça parle flamand. Sur scène, ça chante français. Au bar: « Wat wilt u drinken ? – Deux bières, s’il vous plaît – Très bien ». Flamands et Francophones décomplexés se respectent et ne font plus de chichis. Des étudiants en journalisme de l’ULB se sont livrés à une enquête unique et passionnante dans les méandres du nouveau paysage linguistique de notre ville. Le journal Le Soir la résume ICI. Si cet aspect de la vie bruxelloise vous passionne, procurez vous le dossier complet dans Le Soir du samedi 27 juin. Vous aurez déjà un bel aperçu des opinions récoltées par les étudiants auprès de Dominique Dognié, Dirk Jacobs, Jürgen Jaspers, Philippe Van Parijs, Rudi Janssens, Pauline Degrave, Eric Corijn, Jean-Jacques De Gheyndt … Et d’autres points de vue recueillis auprès de nouveaux Bruxellois.

Les Anglais ont quitté l’Union Européenne, mais leur langue restera, ne serait-ce que pour les habitants et visiteurs de Bruxelles qui ne maîtrisent ni le Français, ni le Néerlandais. Ceci étant dit, à Bruxelles, la lingua franca utilisée par la majorité des Bruxellois reste le Français, enseigné à l’école comme première ou deuxième langue, l’Anglais ne venant que plus tardivement en 3ème position. Le Français est aussi la langue de la rue et de la plupart des commerces. Dès lors, se pose la question des affiches, programmes ou conférences, de plus en plus souvent exclusivement en Anglais, même à Bozar. Cela ne tend-il pas à réserver ces activités à une « élite » multilingue qui s’en enrichit et se procure ainsi des positions et des emplois inaccessibles à la population issue de nos écoles ? On reparlera de l’Anglais, comme nouvelle lingua franca bruxelloise, lorsque l’école sera en mesure de délivrer des citoyens trilingues, voir même quadrilingues, si leur langue maternelle n’est pas celle de l’école.

 

 

 

 

Bruxelles ignorée

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Un « triumvirat » composé de la première ministre Sophie Wilmès (MR) et des ministres président flamand et wallon, Jan Jambon (N-VA) et Elio Di Rupo (PS) serait le mieux à même de prendre la tête des négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Peter De Roover, chef de groupe de la N-VA au Parlement fédéral, a défendu cette piste dans l’émission dominicale « De zevende dag » (VRT).

Il précise dans vrt NWS version française: « Ils ont l’avantage d’être – comme première ministre ou ministre président – un représentant objectif. Si les présidents Bart De Wever (N-VA) et Paul Magnette (PS) entraient maintenant dans les négociations, ils mettraient trop l’accent sur les intérêts de leur parti ».

Faut-il s’étonner que la N-VA « oublie » de joindre le ministre-président de la Région de Bruxelles Capitale au groupe qu’il propose de créer pour la formation d’un gouvernement fédéral de plein exercice ? Peut-être continue-t-il de penser que Bruxelles est le problème, alors qu’un statut pour Bruxelles est la solution ?

 

Un retour aux urnes s’impose ?

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La Belgique post coronavirus va-t-elle soutenir la relance de tous les secteurs économiques et renouer au plus vite avec le passé ou doit-elle sélectionner ses soutiens pour jeter les bases d’un autre mode de vie plus soucieux du climat et de la planète ? La question est capitale et se pose pour la première fois. Quelle est la position exacte des partis à ce sujet ? Nous n’en savons rien. Ne devraient-ils pas être invités à définir et communiquer leur position par rapport à ce challenge ? Ensuite, en démocratie, ce sera aux électeurs de décider.

Ce n’est que fort de l’aval d’une majorité de la population, qu’un nouveau gouvernement démocratique pourra être mis en place pour relever ces défis. Intéressant de lire le point de vue des éditorialistes flamands à ce sujet. Aubry Touriel – Journaliste indépendant passionné par la Flandre, Liégeois d’origine, Anversois de coeur – a rédigé pour Daardaar cette analyse en français. La RTBF a effectué un tour d’horizon auprès l’ensemble des partis francophones. Voilà de quoi vous faire une idée de la situation.

Il y a un an que nous avons voté. Les Belges voteraient-ils de la même manière, depuis que nous avons basculé dans un autre monde ? Il n’y a que de nouvelles élections qui apporteront la réponse, après avoir pris connaissance des programmes de chacun des partis. La constitution d’un gouvernement minoritaire, sur base des élections passées, est-elle sérieuse face aux défis à relever ? Les neufs ministres en charge de la santé n’ont-ils pas démontré à suffisance la nécessité de simplifier le paysage institutionnel du pays et en particulier celui de la Région de Bruxelles ?

Prêts pour l’après coronavirus ?

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Revenu universel dès l’âge de 18 ans pour “donner un avenir aux jeunes” qui arrivent sur le marché du travail, congé paternel obligatoire, revalorisation des salaires des soignants et des métiers “féminisés en première ligne” pendant la crise du coronavirus. Qui exige cela ? Un article d’Huffpost nous apprend que c’est EDS, un nouveau groupe politique qui vient de se constituer au sein de l’Assemblée nationale française sous le nom « Ecologie, démocratie et solidarité ».

La plupart des membres de ce groupe politique ont quitté La République en Marche où ils estiment avoir été marginalisés au fil des années du quinquennat d’Emmanuel Macron. Des dissidents d’autres partis les ont rejoints, comme le précise Wikipédia. Le groupe ne se veut “ni dans l’opposition, ni dans la majorité”, mais fort d’une “liberté absolue” et d’une “indépendance”. L’accélération de la transition écologique est au sommet de leurs priorités avec une proposition-choc : 5 milliards par an accordés aux collectivités locales pour les accompagner dans ce changement.

Cela donnera-t-il des idées à certains parlementaires belges qui peuvent aussi se sentir marginalisés au sein de leurs partis respectifs pour mener à bien le projet de société post Covid-19 ? Une occasion de créer un nouveau groupe parlementaire au sein du parlement bruxellois, au-delà des appartenances linguistiques et idéologiques ? Certains y pensent, mais passeront-ils à l’acte ?