Archives de catégorie : Institutionnel

Que faire de nos églises ?

Elles sont plus de 100. Chaque quartier – ou plutôt chaque paroisse – dispose d’une église entretenue par les pouvoirs publics (Fabrique d’Eglise). A l’image de la ville, on y officie en 23 langues différentes. Les fidèles y sont cependant de moins en moins nombreux, même si on ne dispose pas de statistiques très précises, à part celles de la fréquentation des cours convictionnels des élèves de l’enseignement officiel et celles d’Orela. Que faire du patrimoine excédentaire, suite à la sécularisation et la désertification d’un certain nombre de ces lieux ? 

C’est la question posée par la Chambre des Urbanistes de Belgique et par For Urban Passion.  Il y a les églises classées et celles qui font partie de notre patrimoine culturel. Les conserver s’impose, reste la question de l’usage que l’on peut en faire ? Certaines ont été transformées en lieux de culte multiconfessionnels ou en espaces partagés.  D’autres ont été désacralisées ou désaffectées, pour devenir de centres culturels, des salles de sport, voire même des logements ou des discothèques. L’église Sainte-Marie transformée en mosquée ?

Si la question vous intéresse, vous pourrez lire cet article ou suivre ICI un débat intéressant soulevé par des urbanistes, en présence d’un représentant de l’Archevêché Malines-Bruxelles, du CRISP, du Centre du Patrimoine et des Arts, des Ingénieurs et Conseillers communaux, d’Open Churches et d’un consultant immobilier. 

La Région est-elle encore gouvernable ?

C’est la question que pose Pauline Deglume dans une analyse bien documentée, qu’elle a rédigée pour L’Echo. Depuis sa création, la Région bruxelloise s’est vu confier de plus en plus de compétences, ce qui s’est traduit par la création d’un grand nombre d’institutions. Ce paysage administratif, complexe et illisible, entrave le processus de régionalisation face aux 19 communes, qui s’efforcent de reprendre du pouvoir.

Selon les comptages effectués par un parlementaire de l’opposition, les organismes publics régionaux et communaux à Bruxelles représentent plus de 600 entités sous plus de 20 formes juridiques différentes (ASBL communales, sociétés anonymes, intercommunales…). Des États Généraux visant à aborder « sans tabou » les questions récurrentes relatives à l’organisation de la Région, des communes, CPAS et autres zones de police, devraient se tenir l’an prochain, pour tenter de mettre fin aux compromis anciens, qui nuisent à l’efficacité de la Région.

Ecolo et le PS étant au coude à coude électoral,  des dissensions s’étalent au grand jour et le leadership hésitant de Rudi Vervoort en a pris un coup avec la crise Uber/Taxis. Garant de l’accord de majorité, il a de plus en plus de peine à y astreindre ses ministres et même certains parlementaires socialistes. La journaliste de conclure son article: « Pour se forger un destin national et international, la Région bruxelloise devra à tout prix devenir plus efficace, lisible et aussi plus incarnée. Afin de pouvoir ensuite se défaire des baronnies. On en est pour l’heure loin du compte ».

La neutralité en question

Plusieurs commentaires, que vous pouvez lire sous le billet d’hier, mais aussi des e-mails reçus pour remettre en question le contenu de la neutralité et son application discutable. La tenue vestimentaire ne suffit pas à garantir l’égalité de traitement de la part des agents du service public. « Ni obligation, ni interdiction » devrait être la règle, sauf pour ceux qui représentent l’Etat, qui se doit d’être neutre et impartial. Mais le conducteur du bus de la STIB ou le concierge de l’école représentent-ils l’Etat ?  Ne faut-il pas le réduire aux « fonctions d’autorité » ? Sur l’exigence de neutralité des apparences, il y a encore eu récemment une carte blanche sur l’affaire Haouach synthétisée ICI.

L’Etat doit être neutre, mais dans le même temps, il privatise de plus en plus de services publics, qui échappent à cette obligation de neutralité et concurrencent le service public. Pour ce qui est de l’école, certains commencent par dire qu’il faut un réseau unique et pluraliste accessible à tous, pour en finir avec le quasi-marché scolaire. On ne peut se satisfaire d’une situation où la majorité des enfants sont scolarisés dans des écoles privées, qui font ce qu’elles veulent. Tant que le foulard est interdit pour les élèves mineures, il est difficile de le défendre pour les enseignants. C’est un compromis culturel provisoire. 

Une sévérité laïque pour les seuls services publics poussera vers le privé les personnes qui veulent afficher leur appartenance, en l’occurrence vers le réseau libre. Nous devons regarder ailleurs que vers la France, qui est très loin d’être un modèle en matière de «  vivre-ensemble » et qui a une conception de la laïcité – « religion d’Etat » – qui n’est pas la nôtre. Il ne faudrait pas s’efforcer de trouver de quoi se mettre sous la dent – maintenant qu’il n’y a plus guère de curés à manger – de laisser libre cours à une impulsion machiste ou xénophobe. Finalement qu’est-ce qui constitue l’interprétation la plus cohérente d’une société libérale ?

 

Quels sont les atouts de Bruxelles ?

On s’est déjà beaucoup penché sur ses défauts et ses manquements, cette fois c’est sur les atouts de Bruxelles que portera la rencontre organisée par Brupartner. Ce « webinaire » se déroulera entre l’heure du midi par Zoom. Quels sont les clichés dont souffre Bruxelles ? Sont-ils fondés ? Quels sont en réalité ses atouts ? Bruxelles a-t-elle besoin d’une nouvelle vision, comme celle de devenir capitale européenne de la culture ? Quelles sont ses forces en matière d’urbanisme, d’environnement et autres ? Quel est le projet des « Zinneguides » ?

Pour introduire le sujet, on entendra Eric Corijn, un lecteur du blog que vous connaissez déjà bien et qui préside aussi l’ASBL Brussels 2030. Il rappellera un diagnostic devenu “classique”, mais plaidera surtout pour une ambition et une vision plus intégrée de notre Ville-Région. On entendra ensuite Erim Acikgoz spécialiste du Quartier Nord. Il abordera le sujet par le prisme insolite du passionnant projet des « Zinneguides », dont vous saurez beaucoup plus ICI.

Cela se passera en ligne le lundi 29 novembre de 12:30 à 13:45 et vous aurez, bien évidemment, l’occasion d’interroger les deux personnes qui introduiront le sujet, mais aussi de faire part de vos propositions. Informations et inscription au webinaire gratuite mais obligatoire ICI.

photo Zinneguides

Quel avenir pour le Parking C ?

Vous voyez cet immense parking situé à l’arrière des palais des expositions au Heysel ? Largement inoccupé, en dehors des rares moments de grands salons comme celui de l’Auto ou de Batibouw, il est propriété de la Ville de Bruxelles, mais se situe en Flandre. C’est là que devait se construire le nouveau stade, qui est définitivement passé aux oubliettes. C’est que l’échevin Courtois (MR) n’avait pas jugé utile de se concerter avec la Région flamande, ni avec la commune de Grimbergen, qui s’y sont opposées. Le litige avec Ghelamco, promoteur du stade, n’est toujours pas réglé.

Bruzz vient de consacrer un dossier au processus de médiation initié par le gouvernement flamand avec diverses entités concernées. Sa traduction figure ICI. La Ville de Bruxelles, Néo et Brussels Expo n’ont pas souhaité y participer à ce stade. « Cette étude n’est pas un point final, mais juste un point de départ pour de nouvelles discussions ». Il s’agit de sortir ce terrain de 20 hectares de son isolement. Quatre scénarios ont été élaborés. Les parties concernées s’accordent à conclure que le parking devrait être réaménagé en faveur d’activités mixtes et d’espaces verts.

C’est aussi toute la liaison de la Région bruxelloise avec son hinterland nord et avec le Ring qui est en question. Comme d’ailleurs l’opportunité de  construire du logement à bonne distance de ce Ring.  Comme vous les verrez dans l’article de Bruzz, la rencontre a soulevé toute une série des questions capitales pour l’avenir de ces 20 hectares isolés, sans pour autant y apporter de réponses définitives. Ce n’est qu’un point de départ pour de nouvelles discussions, lorsque des questions cruciales comme le bail foncier et la route de raccordement, auront été démêlées.

photo extraite de l’article de Bruzz