Archives de catégorie : Commerce

Carburant ou nourriture ?

C’est en ces termes que se pose la question de l’usage fait de certaines cultures vivrières. La guerre en Ukraine et des sécheresses record ont eu un lourd impact sur la production et l’acheminement de nourriture, particulièrement à destination de l’Afrique, où des famines commencent à se déclarer, notamment en Somalie.

Les associations T&E et Oxfam révèlent dans ce communiqué – traduit ICI  pour vous – que pendant ce temps, aucune majorité n’a pu être trouvée au parlement européen pour la proposition de la gauche de mettre fin au soutien des biocarburants issus de cultures vivrières. Ni même pour les propositions des Verts et des Socialistes & Démocrates (S&D) de réduire ou de restreindre spécifiquement les biocarburants de culture en période de crise alimentaire. Le Parlement européen a raté une occasion historique de défendre les plus vulnérables … et des mandataires belges en font partie. Pas fiers.

En faisant passer les intérêts des puissants lobbies des biocarburants avant les millions de personnes dans le monde qui luttent pour trouver leur prochain repas, les pays d’Europe continueront donc à brûler chaque jour l’équivalent de 15 millions de miches de pain et 19 millions de bouteilles d’huile de tournesol et de colza pour alimenter ses voitures et ses camions …

Bruxelles plus sobre.

Le gouvernement bruxellois a donc pris une première série de mesures pour limiter la consommation d’énergie. L’éclairage des bâtiments et monuments publics serait proscrit à certaines heures, et systématiquement à partir de 22 h. Les acteurs privés et les institutions publiques présentes à Bruxelles seront invités à se joindre aux mesures. La température sera limitée à 19 °C dans les bâtiments publics. La climatisation sera proscrite tant que la température n’atteint pas 27 °C.

Barbara Trachte (Écolo), secrétaire d’État bruxelloise à la Transition économique :« Il y aura aussi des mesures d’obligation à destination du secteur privé. J’espère aussi que les partenaires, comme l’UCM et Unizo, vont aussi lancer de bonnes pratiques. Tout le monde a intérêt à réduire la facture« .

Il est aussi question d’une obligation générale de fermeture des portes des bâtiments chauffés, de l’extinction des enseignes lumineuses en dehors des heures d’ouverture, de l’obligation de fermeture des meubles réfrigérés et de la limitation des espaces publicitaires lumineux. Restent les chaufferettes des terrasses, où les parlementaires Ecolo font pression sur Alain Maron pour les interdire dans toute la Région. Tout cela reste à confirmer.

Pourquoi l’huile est rationnée ?

Parce que l’on brûle chaque jour des milliers de litres d’huile de colza et de tournesol dans nos voitures sans le savoir. Pas moins de 19 millions de bouteilles d’huile disparaissent chaque jour en Europe pour fabriquer des biocarburants à partir de cultures vivrières. C’est pour cela que les rayons se vident dans certains supermarchés et que les prix s’envolent.

C’est l’ONG européenne T&E qui a lancé cette étude, traduite ICI pour vous. Elle préconise, en cette période de pénurie, de donner la priorité à la nourriture sur le carburant. C’est que l’Ukraine représente 40 % des exportations mondiales d’huile de tournesol et reste le premier fournisseur européen d’huile de colza. Le blocus russe des exportations ukrainiennes exerce une pression considérable sur la nourriture.

L’UE encourage encore toujours les biocarburants de culture dans sa législation sur les carburants verts – la directive sur les énergies renouvelables – une politique que T&E a déjà décrite comme « la chose la plus stupide que l’UE ait faite au nom du climat ». La pression sur les prix est tangible chez nous, mais si l’Europe ne change pas de politique, c’est le sud qui va connaître des famines, parce que nous brûlons aussi 10 000 tonnes de blé dans nos voitures. Rouler ou manger ?

Happy Monday: une créativité gagnante

Mohamed Sebbarh a 23  ans et désireux de terminer son master d’anglais en sciences commerciales au campus KUL Odissee à Bruxelles. Cela ne l’a pas empêché de créer sa propre entreprise de systèmes d’alarme à 20 ans. Aujourd’hui c’est à la réparation de téléphones à domicile qu’il consacre son énergie. Le confinement a été le déclencheur de son projet qu’un article de Bruzz détaille et traduit pour vous ICI.

Avec son « ambulance », l’étudiant-entrepreneur réanime votre smartphone sur place en moins de 15 minutes dans la plupart des cas et cela 24h sur 24. Il effectue aujourd’hui 80 à 120 réparations par jour. Lorsqu’il s’agit de la carte mère, il faut procéder à une microsoudure en atelier. Peu de personnes maîtrisent cette technique à Bruxelles. Il y a quatre mois, Seb n’a pas hésité à envoyer trois techniciens au Maroc pour apprendre le métier.

La clé du succès de son entreprise ? Il est très présent sur les médias sociaux avec Seb Telecom. Son marketing se fait via les influenceurs, Instagram, Snapchat, etc. A Bruxelles la plupart des jeunes connaissent Seb. Aujourd’hui, il dispose de 7 camionnettes et a engagé 9 personnes. A terme, il veut s’étendre en Flandre et en Wallonie et rêve de conquérir l’Espagne, le Maroc et Dubaï. Vous avez dit success story (1) ?

Photo de Ivan Put dans l’article de Bruzz

photo Ivan Put

(1) La locution anglo-américaine « success story » tend à se répandre largement en France et en Belgique. C’est un récit ou une analyse, à la fois chronologique et synthétique, de la réussite d’une personne qu’on souhaite présenter comme modèle.

Fini la malbouffe ?

Nous avions déjà déploré ici que l’offre alimentaire proposée aux jeunes sur le piétonnier, mais aussi aux alentours des écoles, se limitait trop souvent aux frites, aux divers burgers, dürüm et autres mitraillettes. Sel, graisses , calories vides et sucres au programme et risques d’obésité au bout de ce régime arrosé de canettes de sodas sucrés ou de bières. Un futur pour Bruxelles ?

Passer des heures à table devient ringard, mais le fast food doit-il nécessairement être synonyme de junk food ? Manger sur le pouce peut devenir sain et le succès commence à être au rendez-vous pour ceux qui parient sur le « fast-good ». Quelques illustrations. 

Poké House propose des bols de riz avec du poisson cru, des fruits, des légumes et des sauces hawaïennes. Rapide, sain et économique et même rentable. Knees to Chin a créé divers rouleaux de printemps créatifs  de saison et toujours ultra frais. Après la pandémie, Exki retrouve des couleurs ainsi que le Pain Quotidien, mais avec un autre budget. Les Sushis et les Woke ressurgissent, même si ces derniers s’agrémentent trop souvent de sauces industrielles. Voilà cependant quelques alternatives et saines aux burgers frites. 

… désolé pour toutes ces formulations anglo-saxones et le GoodFood cher à la Région, pour lesquels le français n’a souvent pas d’équivalents d’usage courant 😉