Archives de catégorie : Commerce

Un centre commercial démesuré.

Le projet de réaménagement du plateau du Heysel est utile et nécessaire. Les plans dessinés il y a 10 ans sont aujourd’hui complètement dépassés et critiqués. Ils ne tiennent pas assez compte des demandes actuelles. Il y faudrait plus de logements, plus d’espaces de loisirs, un étang nageable, un centre commercial local de plus petite taille et moins d’abattage d’arbres.

Il est fort probable que la Ville et son bourgmestre s’en rendent compte, mais il serait bien difficile de renoncer au centre commercial, qui devait financer une partie du projet et dont les promoteurs réclameraient de très grosses indemnités. C’est déjà le cas des promoteurs du stade national abandonné, qui ne renonceraient à leurs indemnités qu’en échange d’autres travaux sur le site.

Récemment, c’est l’architecte français Jean Nouvel – qui a dessiné le projet de centre de congrès et l’hôtel attenant – qui vient de décider d’aller devant le tribunal de l’entreprise de Bruxelles pour réclamer le versement d’une prime de réussite de 2,6 millions d’euros, suite à l’abandon de son projet. Cela fait bien des indemnités à payer, alors que NEO 1 doit être redessiné pour répondre à la demande de logements et d’espaces de loisirs et alors que la Région a décidé de suspendre son aide.

BX 1 – projet de centre de congrès et d’hôtel Gr.I. – Photo : SCRL Neo/Jean Nouvel

Economiser gaz et électricité.

Chauffer les terrasses des cafés au gaz ou à l’électricité est-il encore tolérable en période de lutte contre les gaz à effet de serre et alors que l’on se demande comment chacun va pouvoir chauffer son logement cet hiver ? Nous posions déjà la question il y a plus d’un an, mais les communes n’arrivaient pas à se mettre d’accord.

C’est évidemment au niveau de la Région que cette interdiction doit être décidée, pour éviter toute concurrence déloyale entre établissements. La décision semble prise. La Région va interdire l’utilisation de chaufferettes sur l’ensemble de son territoire. L’application de l’ordonnance est prévue pour début 2023.

L’hiver est là, pourquoi pas plus tôt ? Nous vivons encore en démocratie et l’impact d’une telle mesure doit être discuté, évalué et voté au parlement bruxellois. Le projet d’ordonnance doit encore passer en deuxième lecture. La mise en application devrait donc se confirmer avant la fin de l’hiver. La ville de Bruxelles a déjà commencé à distribuer des plaids pour tenir les clients au chaud.

Une presse peu cohérente.

 

Si l’avion reste encore irremplacé pour les déplacements intercontinentaux, il demeure néanmoins le mode de transport le plus polluant. Tout lieu donc de se réjouir de sa résorption à la suite de la pandémie. Il ne devrait y avoir que Brussels Airport Company (BAC) pour se réjouir d’enregistrer un nombre croissant de passagers et ses cargos en augmentation de 30%, meilleur résultat sur 15 ans ! La newsletter de BAC vante des minitrips urbains … sans mention « à consommer avec modération », même pour des villes bien reliées par TGV

Qui imaginerait encore autoriser de la pub pour des cigarettes ? ou pour de l’alcool sans restrictions ? Mais, pour les minitrips, producteurs de gaz à effets de serre, pas de problème. On vole toujours vers Paris et Amsterdam. Pour les jets privés, le kérosène reste toujours le seul carburant non taxé ! Inutile de chercher de la cohérence. Plus cynique, Ryanair menace de quitter Bruxelles en cas de maintien de la (faible) taxe de compensation de quelques euros mise en place par l’aéroport et le fédéral.  Ryanair veut qu’on taxe plutôt les longs courriers.

Plus inquiétant encore, la collaboration de la presse sans  aucun état d’âme. Le Soir annonce avec plaisir l’ouverture d’une nouvelle destination depuis Zaventem. Bruzz se réjouit de communiquer un troisième mois consécutif de 2 millions de passagers. SudInfo applaudit un record historique. La Libre regrette les succès passés. La presse nous invite à être sobres en énergie, mais se plaît à communiquer une reprise du trafic aérien, même à la RTBF et à BX1, ne cherchez pas à comprendre.

Bancontact se fiche de nous.

Bientôt la fin des distributeurs de billets dans les agences bancaires. Le projet Batopin va procéder progressivement à l’installation de distributeurs Bancontact neutres. Ils promettent une répartition équilibrée, avec un distributeur à moins de 5 km de chez vous. A pied, cela pourrait faire 10 km aller-retour pour retirer du cash !

Pour une grande partie de la population, l’argent liquide reste vital. Comme les banques ne remettent plus d’argent aux guichets, il ne reste plus que les distributeurs de billets pour se procurer du cash. Déjà aujourd’hui, il est des quartiers où l’on fait de longues files pour pouvoir retirer l’argent que l’on a confié aux banques. C’est avec l’accord des grandes banques, que Bancontact va encore réduire le nombre d’automates.

Trends Le Vif détaillent ICI ce projet de régression, que critiquent vivement Test Achats et Financité. Le ministre fédéral de l’Économie Pierre-Yves Dermagne (PS) juge aussi cette future offre de distributeurs de billets insuffisante. Bien sûr, ce réseau occasionne des frais et ne rapporte rien aux banques. N’est-ce toutefois pas un service dû à la clientèle, depuis que les banques ont fait l’économie d’un grand nombre d’agences, ainsi que de personnel, et que nous ne pouvons plus récupérer auprès d’elles l’argent qu’on leur a confié ?

Neuf personnes font déjà la file ici pour récupérer leur argent déposé en banque

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Carburant ou nourriture ?

C’est en ces termes que se pose la question de l’usage fait de certaines cultures vivrières. La guerre en Ukraine et des sécheresses record ont eu un lourd impact sur la production et l’acheminement de nourriture, particulièrement à destination de l’Afrique, où des famines commencent à se déclarer, notamment en Somalie.

Les associations T&E et Oxfam révèlent dans ce communiqué – traduit ICI  pour vous – que pendant ce temps, aucune majorité n’a pu être trouvée au parlement européen pour la proposition de la gauche de mettre fin au soutien des biocarburants issus de cultures vivrières. Ni même pour les propositions des Verts et des Socialistes & Démocrates (S&D) de réduire ou de restreindre spécifiquement les biocarburants de culture en période de crise alimentaire. Le Parlement européen a raté une occasion historique de défendre les plus vulnérables … et des mandataires belges en font partie. Pas fiers.

En faisant passer les intérêts des puissants lobbies des biocarburants avant les millions de personnes dans le monde qui luttent pour trouver leur prochain repas, les pays d’Europe continueront donc à brûler chaque jour l’équivalent de 15 millions de miches de pain et 19 millions de bouteilles d’huile de tournesol et de colza pour alimenter ses voitures et ses camions …