Archives de catégorie : Commerce

Impôt sur la dépense, pas sur le revenu

C’est Bruno Colmant qui évoquait cette idée, avancée par l’économiste anglais Nicholas Kaldor dans les années 50. Une taxation de la dépense aurait contribué à tempérer la consommation des biens disponibles et à contrarier l’inflation, assurant de ce fait une répartition raisonnable entre la consommation et les investissements.

Face à l’augmentation du coût de l’énergie, certains envisagent que les dépenses énergétiques deviennent, pour partie, contrainte par les revenus imposables. L’énergie coûterait plus cher, en termes relatifs, pour les hauts revenus et évidemment moins cher pour les bas revenus. L’idée est interpellante et, à certains égards, défendables bien que de nombreux obstacles techniques se dressent. Selon Bruno Colmant, elles reviendront sans doute dans le débat politique.

Les arguments de Kaldor s’articulaient autour de l’idée qu’il est plus équitable d’imposer les contribuables suivant ce qu’ils retirent de la communauté en dépensant, plutôt que ce qu’ils en retirent en acquérant des revenus, qui sont le produit de la mise à risque du travail et du capital. L’impôt sur la consommation est d’ailleurs conceptuellement proche de l’impôt sur la fortune, puisque l’accumulation d’épargne, soudainement dépensée, frappe la consommation mais diminue la fortune. Que faut-l en penser ?

Notre sécurité alimentaire

Les problèmes de santé rencontrés par un certain nombre de personnes qui ont consommé des produits Kinder de l’usine Ferrero d’Arlon ont attiré l’attention sur l’importance du rôle de l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA). Souvent décriée pour sa sévérité, l’agence a démontré ici son utilité, face à un produit très populaire auprès des enfants, grâce à un marketing de « surprises » très performant. La fermeture de l’usine a été exigée.

Sur les quelques 10 000 inspections annuelles que l’AFSCA a effectuées dans les établissements horeca du pays, à peine la moitié ont obtenu un résultat positif et à Bruxelles, à peine un quart étaient en règle. C’est ce qui ressort des chiffres demandés par le député Vlaams Belang Tom Van Grieken au ministre des indépendants David Clarinval (MR) et publiés par Bruzz. 28% des commerces bruxellois inspectés on fait l’objet d’un PV pour infraction grave.

Le député Vlaams Belang attribue, bien évidemment, cette situation au fait que de nombreux snacks bruxellois sont gérés par des managers qui ne connaissent pas bien le français ni le néerlandais et encore moins nos réglementations alimentaires. Une formation obligatoire serait sans doute plus adéquate que le renforcement des amendes. Le ministre Clarinval précise qu’après une inspection défavorable, une ou plusieurs réinspections suivent.

photo extraite de visit.brussels

Direz-vous non à NEO ?

C’est la troisième fois que le gouvernement bruxellois tente de modifier le Plan Régional d’Affectation du Sol (PRAS) afin de créer le cadre juridique nécessaire pour construire son Mall of Europe sur le site du Heysel. 72 000 m² de commerces (2 x City2) et 3 200 places de parking en dessous, c’ est au mieux, démodé. L’enquête publique se déroulera du 4 mars au 2 mai 2022. Chacun est autorisé à réagir à cette demande de permis.

Cela ne vous prendra que quelques minutes, mais chaque réaction compte. Plus il y en aura, moins la Commission de Concertation sera encline à délivrer cette nouveau permis. Alors que la Ville de Bruxelles parle sans cesse de « la ville à 10 minutes », elle entend construire un méga shopping center qui devra attirer une clientèle motorisée dans un rayon de plus de 5 km pour se rentabiliser. Et si elle y arrive, c’est le commerce de centre-ville qui en pâtira.

L’association urbaine BRAL a étudié la question et a lancé un communiqué que nous avons traduit pour vous ICI. Le BRAL vous encourage à réagir par un simple courrier – écrit ou électronique – et vous donne les adresses nécessaires. Ils développent aussi des arguments judicieux, que vous pouvez reprendre dans la réaction que vous allez envoyer. Votre plume ou votre clavier sont votre meilleure arme pour assurer un réel avenir au plateau du Heysel, qui peut se contenter d’un petit centre commercial local, mais devrait accueillir plus de logements abordables et un étang nageable.

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Plan de circulation en question

C’est bien de celui du Pentagone qu’il s’agit. On pouvait s’y attendre, ce futur plan de circulation suscite de nombreuses réactions. Certains s’insurgent contre le fait qu’il ait été élaboré par la seule Ville de Bruxelles, alors que le centre historique est parcouru par l’ensemble des Bruxellois et de nombreux Wallons et Flamands. D’autres estiment les riverains locaux insuffisamment consultés. D’autres encore pointent un marchandage inacceptable entre PS et Ecolo/Groen qui aurait levé le pied à propos du projet Néo et son Mega shopping mall, afin que son plan de circulation passe.

La Libre relève aussi les réactions des organisations patronales flamandes et wallonnes. « Empêcher les navetteurs de traverser le pentagone en voiture pourrait coûter très cher à Bruxelles. On ne peut pas prendre des mesures anti-voitures et à la fois annuler les alternatives », ajoute le Voka, qui réclame donc des avancées sur le dossier de l’élargissement du ring. La ministre flamande de la Mobilité, Lydia Peeters (Open VLD), a même annoncé de possibles actions en justice. Un certain nombre d’entreprises wallonnes, qui ont des clients à Bruxelles, pourraient ne plus s’y rendre si facilement à cause d’une mobilité difficile et du manque de parking (en surface ndlr).

Pour certains, il sera plus facile de quitter Bruxelles que d’y entrer. Le flux migratoire d’entreprises bruxelloises vers la Flandre et la Wallonie continue d’augmenter. Ces chiffres ne devraient pas trop inquiéter, parce que le nombre d’entreprises à Bruxelles continue d’augmenter année après année (114.615 nouvelles entreprises en 2021). Une fois qu’une start-up est créée à Bruxelles, si elle veut s’agrandir, normal qu’elle cherche un zoning extérieur. On y reviendra. Le conseil communal vient d’approuver le plan.

Un pentagone plus mobile

Le compromis bruxellois

La Ville de Bruxelles vient de divulguer le nouveau plan de mobilité qu’elle a concocté pour le pentagone. Fruit de longues négociations, particulièrement ardue entre PS et Ecolo/Groen, il débouche sur un compromis. Il n’est donc pas radical, mais devrait améliorer la qualité de l’air et de la vie des habitants du centre et mettre fin aux embouteillages quotidiens. On est encore loin de la politique de mobilité douce de Gand, mais c’est une étape dans la même direction. ICI les premières réactions de la société civile.

Dans le pentagone, moins de 30 % des ménages disposent encore d’une voiture. Seulement 16 % des chalands et 21 % des travailleurs viennent au centre-ville en voiture. Empêcher les automobilistes d’arriver au centre n’est cependant pas l’objectif, le but est d’éliminer le trafic de transit. Il sera renvoyé vers la petite ceinture. Priorité est donnée aux transports publics, tout comme l’attribution de plus de place aux piétons et aux cyclistes.  Peu de stationnement en voirie, mais une série de parkings publics connectés où laisser sa voiture, avant de déambuler à pied ou en transport en commun. Reste à espérer que le bus 33, qui relie la Porte Louise à Dansaert, améliore sa cadence actuelle d’un passage … toutes les 20 minutes !

Vous trouverez ICI la synthèse du plan,  une carte  bien plus détaillée et les 27 points de changement repérés par Le Soir.  Vous verrez les grands axes de circulation maintenus, les nouvelles pistes cyclables et une attention particulière portée à une série de carrefours particulièrement dangereux. Si vous ne vous y retrouvez pas sur les plans, faudra attendre jusqu’au 16 août, pour assister à la mise en service sur le terrain. Une évaluation de la situation aura lieu un an plus tard. Un bouleversement qui sera vivement commenté mais qui a le mérite d’exister.

photo Bruzz