Archives pour la catégorie Commerce

Etes-vous contaminé ?

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Sans doute ne savez-vous pas si vous avez été contaminé par le Covid-19, parce que vous n’observez aucun des symptômes liés au virus et que vous ne vous êtes pas fait tester récemment. Mais l’Etat, lui il le sait, puisqu’il publiait hier dans La Libre qu’un total 62.123 contaminations ont été recensées en Belgique et que la moyenne cette semaine était de 85 cas journaliers, situation stable et rassurante, par rapport à la semaine précédente selon Sciensano.

Et si demain 50.000 Bruxellois.e.s décidaient de se faire tester ? on découvrirait inévitablement un certain nombre de « nouveaux positifs » qui feraient monter brusquement la moyenne et vraisemblablement craindre une deuxième vague à Bruxelles. La Belgique teste peu, normal donc qu’elle recense relativement peu de personnes contaminées. Si les chiffres des hospitalisations et des décès ont une base claire et indiscutable, ne faut-il donc pas se demander ce que signifient les chiffres des contaminations ? et quel est leur intérêt ?

Cela reste un mystère pour moi. Quelqu’un a-t-il une réponse ?
Même si ils devaient devenir la cause d’une explosion des moyennes, ne serait-il pas judicieux de multiplier les tests volontaires ? Le matériel existe, l’Université de Liège serait en mesure réaliser plus de 50.000 tests par jour. A partir de ces informations, en cas d’augmentation sensible des personnes contaminées, des confinements ciblés pourraient éviter de confiner inutilement et massivement tout un pays. C’est une question ouverte, qu’il serait nécessaire de poser, quand on sait ce qu’à coûté le lockdown de la ville, tant sur le plan social, scolaire, sanitaire et émotionnel que sur le plan économique.

 

L’économie de l’inutile

Cet envoi aigre-doux, reçu à la veille de la réouverture des magasins non alimentaires, interroge sur les besoins essentiels de la population de la ville. Pendant ces deux mois de confinement, qui réduisait les sorties aux besoins de base, les passants se déplaçaient prioritairement à pied et à vélo vers des commerces alimentaires de proximité. Plus le moindre embouteillage. Ils étaient finalement tous bien vêtus. Pourquoi l’économie vacillait-elle donc si dangereusement ?

Quand nos achats se centrent sur l’essentiel à cause du lockdown, l’économie est en péril et demande de l’aide à l’Etat et donc au contribuable. Une grande partie de l’économie de Bruxelles serait donc loin d’être essentielle ? Selon la Fédération des commerces et services, les magasins de vêtements du pays ont enregistré une perte de 1,2 milliard d’euros … et pourtant tout le monde reste habillé élégamment ou sportivement. Pour la première fois, une étude évalue aussi le poids carbone et la matière mobilisée de nos biens d’équipement. Le bilan publié par L’Usine Nouvelle est aussi révélateur qu’inquiétant.

Pour limiter la consommation de ressources – qui ne sont pas illimitées –  Alternatives Economiques suggère de développer une économie dite de fonctionnalité, où l’achat du droit d’usage des biens se substituerait à l’achat du bien lui-même. On l’a déjà vu pour les autos partagées, mais ils en disent plus à propos de la production de biens qui durent et ils condamnent les ravages de l’obsolescence programmée en vue de relancer la consommation. Il appartient au pouvoir politique d’avoir le courage de mettre des règles. «Une société qui survit en créant des besoins artificiels pour produire efficacement des biens de consommation inutiles ne paraît pas susceptible de répondre à long terme aux défis posés par la dégradation de notre environnement» Pierre Joliot-Curie auteur de La recherche passionnément chez Odile Jacob.

 

Les Bruxellois ne s’en laissent pas conter


À l’automne 1356, le comte de Flandre, Lodewijk van Male, a conquis Bruxelles, la capitale du Brabant. Il voulait s’approprier le Brabant et se proclamer Duc de Brabant. C’était sans compter avec Everard t’Serclaes. Oui, oui, celui que l’on voit étendu sur le côté de la Grand-Place. C’est N-BB  Nieuw Brabantse Belangen qui relate l’histoire à sa façon (traduction libre).

Le 24 octobre, un groupe de partisans franchit les remparts de Bruxelles, près du Warmoesbroek où habitait Everard. Ils pénètrent jusqu’à la Grand-Place et réussissent à enlever la bannière de Flandre de l’hôtel de ville. Ils jettent le drapeau dans la rivière. Lorsque la population a vu l’étendard brabançon flotter à nouveau sur l’hôtel de ville, elle s’est rebellée et a chassé le reste des troupes de Flandre. Cette rébellion a ouvert la voie au retour du véritable duc de Brabant et a obligé le duc à garantir aux Brabançons des libertés étendues dans une Charte dite de la Joyeuse Entrée, dont le contenu est évoqué ICI.

Sans les actes héroïques d’Everard t’Serclaes et de ses compagnons, la révolte populaire ne se serait jamais manifestée. De l’avis de la N-BB, il mérite quelques statues supplémentaires à travers la ville … et d’ajouter ironiquement: avec la disparition prochaine de celles de Léopold II, il y aura de la place pour de nouvelles statues de ce véritable héros brabançon.

 

Happy Monday: moins de magasins de souvenirs ?

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En centre-ville, les magasins de souvenirs se sont très fortement multipliés ces dernières années, à la faveur de l’augmentation des Citytrips, liée à la fois aux vols low cost et aux logements Airbnb. Ils ont progressivement remplacé des commerces spécialisés et de proximité, utiles aux habitants. Ils sont tellement nombreux et avec un assortiment tellement stéréotypé, que l’on peut se demander comment ils trouvent encore acheteurs pour leurs Manneken Pis en tire-bouchon, leurs chocolats supposés belges et leurs gaufres chantilly à 2€.

Bien qu’ils soient à nouveau autorisés à lever leurs volets, la plupart ont choisi de rester fermés, parce que cela leur coûterait plus cher d’ouvrir, vu qu’ils ne vendent rien à la population locale et que le retour des touristes n’est pas pour demain. Un article de BX1 répercute leur demande urgente d’une aide spécifique de la part du gouvernement. Le gouvernement régional ne devrait-il pas se poser la question de l’utilité de garder en vie une telle quantité de magasins de souvenirs ?

Même s’il n’y a pas lieu de se réjouir de cette fatalité, faut-il sauver de la faillite ces magasins en surnombre, qui ont pris seul la décision de se multiplier ainsi ? A Amsterdam, pour tenter de réduire le tourisme de masse et de rendre la cité aux habitants, le conseil municipal a décidé d’interdire l’ouverture de tout nouveau magasin orienté vers le tourisme, dans près de 40 rues du centre. Il en précise les modalités ICI.

image extraite de la vidéo de BX1

 

https://www.rtbf.be/tendance/voyage/actu/detail_amsterdam-limite-les-echoppes-pour-touristes-de-son-centre-ville?id=9732044

De très petites entreprises en péril

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Lorsque Brussels Airlines envisage de licencier un millier de personnes, tout le monde est sur le pont et la Première ministre discute en direct de 300 millions d’aide demandée par le patron de Lufthansa. Mais lorsque plus de 100.000 très petites entreprises sont en péril ou au bord de la faillite, personne ne semble s’émouvoir et personne ne propose des aides spécifiques pour celles qui doivent être sauvées à tout prix, à la fois au nom de l’emploi, de la diversité des commerces et des besoins des citoyens.

Depuis que la plupart des commerces – hors Horeca – ont pu réouvrir, c’en est fini du du programme Prime Unique des Régions et du droit Passerelle, mais ce n’est pas pour autant que les clients sont déjà revenus. Peur de sortir de chez eux. Moins d’argent à dépenser. Les commerces spécialisés, qui ne proposent pas des produits de première nécessité, voient arriver peu de clients. Certains tentent déjà d’essayer de se mettre à l’abri de la faillite. D’autres ont été contraints de remettre des préavis prévisionnels, de crainte de ne pouvoir payer de lourdes indemnités de licenciement dans quelques mois. Et cela sans considérer leur propre situation. Demain, que ferons-nous sans librairies, sans bijoutiers, sans serruriers, sans artisans et créateurs ? A quoi ressembleront nos vitrines vides et éteintes ?

Les très petites entreprises (TPE) c’est plus de 100.000 entreprises qui occupent chacune de 1 à 10 personnes. Elles se sont avérées créatrices d’emploi avec plus de 30.000 embauches en 2016, comme les chiffres le démontrent ICI. Le fédéral et la Région auraient tort de sous-estimer ce secteur d’activité. Ne devraient-ils pas préparer d’urgence un programme d’aide spécifique ? La Wallonie semble avoir un tel programme, mais q’attend Bruxelles ? Il y va de milliers d’emplois et de services utiles à la population.

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UCM La microsociété ou TPE est fiscalement définie comme la société ou personne physique qui respecte, à la date de clôture des comptes, au moins 2 des limites suivantes :

  • max. 10 travailleurs occupés en moyenne annuelle
  • max. 700.000 € de chiffre d’affaires annuel hors TVA
  • max. 350.000 € en total du bilan