Archives pour la catégorie Commerce

Un tourisme nouveau à Bruxelles ?

Les hôtels et leurs nombreux personnel de chambre attendent le retour des touristes, tout comme les marchands de souvenirs, les lieux de restauration et les débits de boissons. Ils ne font pas qu’attendre, ils insistent auprès des autorités et de VisitBrussels, pour un retour rapide à la situation d’avant Covid. N’est-ce cependant pas l’occasion de réfléchir sur le type de tourisme que nous souhaitons pour Bruxelles  à l’avenir ?

Un certain tourisme de masse et les hordes de visiteurs, cornaqués par leur guide, ne nous ont-ils pas montré les limites de cette activité ? que nous n’acceptons pas de qualifier d’industrie. Manque de respect pour les visiteurs comme pour les visités. La découverte de notre ville ne peut évidemment être réservée aux nantis qui dépensent beaucoup d’argent, ni même aux personnes très cultivées. Si tout le monde doit avoir le droit de visiter Bruxelles, l’offre ne peut se limiter à Manneken Pis, aux gaufres, aux frites et à la bière. Ne serait-il pas souhaitable de favoriser du lien entre les locaux et les visiteurs ?

Amsterdam a réfléchi à l’image que la ville veut donner d’elle. Elle a pris une série de mesures  intéressantes que vous trouverez dans un article de Géo et un autre plus détaillé dans le journal  Le Monde. La location touristique b&b y est  restreinte à 60 nuits maximum par an. Les beer bikes – bars à pédales – ont été interdit, de même que toute nouvelle ouverture d’hôtels et de magasins de souvenirs. « Bienvenus, pour profiter de la vie nocturne, mais pas uniquement pour fumer du cannabis et pisser dans les canaux. Non aux Anglais déguisés en pénis gonflables ». Qu’en pense VisitBrussels ? et le bourgmestre Philippe Close, partisan des grands événements et du folklore brassicole, qui attirent les foules à Bruxelles, en vue de remplir les hôtels, qui génèrent beaucoup d’emplois peu qualifiés ?

photos iStock editorial use & Youtube

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Êtes-vous Pfizer, Moderna ou AstraZeneca ?

Aux amis et à la famille, nous ne demandons pas s’ils ont été vaccinés. Non, nous leur demandons s’ils sont Pfizer, Moderna, plutôt AstraZeneca ou alors absentionnistes ? C’est dans une carte blanche de Business AM, que Xavier Verellen livre son point de vue. Il poursuit: l’expérience positive de la vaccination est telle que plusieurs chroniqueurs parlent d’euphorie vaccinale, un rush qui survient après plus d’un an de quarantaine obligatoire, comme si l’on s’était échappé d’une prison. Après tout, ces clichés nous rendent à tous le plus grand bien que nous connaissons dans la société post-industrielle: la liberté. La liberté de retourner dans la rue, de profiter des choses simples de la vie, d’aller dans un restaurant, mais aussi la liberté de voyager.

Certains industriels de la pharmacie en sortent gagnants, pas seulement financièrement, mais surtout grâce à leur nouvelle image de marque. Un ouf ! après des années de mauvaise presse, liée au coût des soins de santé qui a dérapé et devient progressivement inabordable. En Belgique, chaque citoyen dépense 3.550 euros par an pour les soins de santé, dont près de 600 euros pour des médicaments. Tout bénéfice pour Big Pharma, mais ces plantureux profits dégradent aussi sur leur réputation. Xavier Verellen écrit cependant: aussi longtemps que vous vivrez vous n’oublierez  pas à qui vous devez votre liberté: Pfizer, Astrazeneca, Moderna ou J&J. Tous – oh ironie – tous parrainés avec l’argent du contribuable.

Pour de nombreuses entreprises, les actifs immatériels tels que la propriété intellectuelle et la valeur de la marque ont beaucoup plus de valeur que les actifs matériels, tels que les bâtiments et les usines. On le voit avec leur récent greenwashing. La valeur de la marque joue donc un rôle essentiel dans la valorisation. Il existe même un classement officiel qui mesure la valeur de chaque marque en dollars. La seule marque pharmaceutique dans le top 100 mené par Apple est Johnson & Johnson. Cela pourrait changer dans un prochain classement.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20101

photo Gerd Altmann de Pixabay 

Happy Monday: repenser la ville

Par ce temps superbe, quel plaisir de s’installer sur l’une de ces terrasses qui fleurissent un peu partout, plus nombreuses et plus vastes que jamais. On y retrouve des voisins, des amies, des collègues, perdus de vue depuis la covid. Des tables installées sur deux emplacements de parking font le bonheur d’une douzaine de personnes et celui d’un cafetier fraîchement ré-ouvert. Le plaisir et la bonne humeur y sont plus contagieuses que le virus. C’est sans doute, parce que l’autorisation est encore temporaire, qu’il y a relativement peu de plaintes pour les places de parking perdues ou pour les débordements excessifs de certaines terrasses …

Kris Hendrickx écrit dans Bruzz, traduit par DaarDaar : « Il se produit ces jours-ci, dans les rues de Bruxelles, un phénomène qui tient du miracle. Les nombreuses terrasses éphémères permettent une avancée dans un domaine où les politiques de mobilité des quinze dernières années avaient largement échoué : la suppression de places de parking ». Si l’accord de coalition prévoit chaque année la suppression de 6 000 places de parking en surface, le compteur n’en affiche que 1.200, en un peu plus d’un an. Les gouvernements précédents n’avaient guère mieux fait. Les lobbies de la voiture individuelle restent en embuscade.

Les terrasses privées ne sont cependant qu’un des moyens à disposition de la Région pour mieux partager l’espace public entre ses différents utilisateurs et rendre le paysage urbain plus convivial. Dans son article – traduit ICI – Kris Hendrickx estime que « le succès de l’implantation de l’horeca dans la rue traduit avant tout une adhésion à une remise à plat du compartimentage classique de l’espace public. Pour le compléter, d’autres solutions existent : l’aménagement d’espaces verts dans nos villes de plus en plus chaudes, mais aussi de bancs publics et d’aires de jeux pour les enfants dans des rues piétonnisées. Au fond, les clients qui prennent du bon temps en terrasse s’en rendent bien compte ». 

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/19975

Rendez-vous sur le piétonnier ?

Cela fait 10 ans, que des centaines de Bruxelloises et de Bruxellois, de toutes origines, se sont assis par terre place de la Bourse – sans aucune autorisation – pour bloquer le trafic automobile. Par ce Picnic the Streets, ils désiraient obtenir de la Ville, qu’elle rende cette place aux piétons. Le bourgmestre Thielemans ne les a pas délogés et quelques mois plus tard, la piétonnisation du boulevard Anspach était au programme électoral de la plupart des partis.

C’est à la hussarde qu’Yvan Mayeur a lancé le grand chantier du piétonnier, sans trop prendre le temps d’une véritable consultation. Philippe Close a repris le flambeau et a calmé le jeu. Déjà praticable, le piétonnier devrait être complètement achevé dans peu de temps. Un bilan ne tardera pas à être établi, mais dès à présent, il est permis de livrer quelques observations. La principale est sans doute de constater que le piétonnier s’avère manifestement fréquenté, même si la mixité attendue n’est pas au rendez-vous. Il attire une population locale, privée de jardins et de terrasses et de nombreux touristes, tant que la Covid-19 ne les avait pas écartés.

Les boulevards du centre piétonnisés ont-ils réussi à devenir le rendez-vous des habitants des quatre coins de Bruxelles ? Manifestement non. Pas encore en tout cas. Certains mettent en avant l’accès difficile en voiture. D’autres le manque d’entretien ou l’insécurité. D’autres encore le manque de diversité et d’intérêt des commerces. Alors que la Ville est propriétaire d’un grand nombre de magasins et peut donc en sélectionner les occupants, elle semble ne pas avoir de vision quant à l’offre commerciale à présenter. Font défaut, ces commerces spécialisés et ces artisans qui motiveraient les Bruxellois des 19 communes à se rendre dans le centre historique. La Ville dit avoir (enfin) commandé une étude à propos de cette vision. Peut-on en attendre une direction précise et des démarche volontaires ? Il faudra y revenir.

A quel prix nos chers vaccins ?

Beaucoup de mystère et quelques indiscrétions à propos des contrats commerciaux signés par l’Europe avec des firmes pharmaceutiques, avant même l’agréation et la mise sur le marché de leurs produits. Un article  d’Alternatives Economiques (en pdf bas de page), évalue les coûts de fabrication des vaccins Pfizer et Moderna très inférieurs à leur prix de vente, alors même que les laboratoires n’auraient guère innové, ni pris de risques commerciaux. Un vaccin Pfizer-BioNTech revient à 90 cents et un vaccin Moderna à 2,30 dollars. Prix de vente : entre 15 et 20 dollars

Ces firmes n’ont-elles cependant pas dû faire  face à de nombreuses recherches pour pouvoir innover rapidement ? Toujours selon Alternatives Economiques, les deux innovations phares, qui ont permis un développement aussi rapide des vaccins à ARN messager viennent de la recherche publique américaine, pas d’une recherche privée. Pour le brevet ARN messager de l’université de Pennsylvanie les labos n’auraient payé que 75 millions de dollars. Une somme dite ridicule.

Ces profits ne récompensent-ils pas aussi la prise de risque ? Là non plus, ça ne tient pas ! Les deux entreprises ont reçu un énorme flot d’argent public, soit en aides directes, soit par les précommandes de doses, qui supprimaient le risque. Ce sont les Etats qui, en finançant les laboratoires, ont assumé le risque de dépenser de l’argent en faveur de ceux qui ne trouveraient rien (Sanofi) ou des vaccins moins efficaces (AstraZeneca, Jansen). Le coût important des vastes essais cliniques a, là encore, été payé par le public. Voilà un point de vue qui donne à réfléchir, quand on sait qu’il y a 8 milliards d’individus à vacciner en deux doses …