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De nouvelles habitudes alimentaires

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Notre alimentation urbaine va devoir évoluer, à la fois pour des raisons de santé – qui réclame plus de légumes et de fruits, vu une consommation au plus bas en 10 ans – et pour sauver le Sud de la planète, dont nous enrichissons les grands propriétaires terriens par nos importations massives, mais dont nous affamons la population … qui finira par venir frapper à nos portes. Oui, il va falloir diminuer volontairement notre consommation de viande – n’en déplaise au MR – parce que sa production mobilise trop de terres et d’aliments.

C’est Michael Hall, professeur à l’université d’Oxford, qui fait le point de la situation dans un nouvel article pour The Conversation. En conclusion, il propose 8 pistes pour éviter une crise alimentaire globale. C’est encourageant, c’est en anglais, mais particulièrement facile à comprendre.

Les pistes évoquées demandent des changements radicaux tant de la part des producteurs que des distributeurs. Ils devront être stimulés par des politiques coordonnées d’encouragements et de contraintes par les Etats, notamment au niveau européen. Toutefois, plusieurs de ces pistes sont aussi à la portée des consommateurs éclairés et responsables que nous devenons. Et si ce qui est bon pour la planète est aussi bon pour notre santé, c’est du Win-Win, surtout si nos talents culinaires reconnus en font aussi une découverte et un plaisir.

 

Happy Monday: des fleurs des champs chez vous ?

 

Des bouquets de fleurs oubliées, cueillies dans la région ou chez de petits producteurs bio, et vendus directement au consommateur, en circuit court. C’est une initiative lancée voici un an par deux amies, un peu sur le modèle des paniers de légumes bios, comme elles le confient dans un article de la RTBF, qui insiste sur la très faible empreinte écologique du projet.

Pour la récolte, elles disposent de trois immenses jardins avec des bleuets, des pavots, des centaurées, des verbena, des aromatiques aussi, comme le romarin ou la sauge … De la graine au bouquet, tout est fait maison: semer, repiquer, cultiver, composer les bouquets, qui sont confectionnés en fonction des commandes, afin d’éviter le gaspillage. Les clients viennent les chercher le vendredi fin de journée. Les fleurs tiennent une bonne dizaine de jours sans problème … mais c’est dans la région de Charleroi que se situe Dansons la Capucine.

Qu’à cela ne tienne, Bruxelles n’est pas en reste, même si l’offre semble un peu plus sophistiquée. Haut les coeurs vient livrer ses fleurs à vélo dans les 19 communes. On s’abonne pour un bouquet par mois, ou deux, ou trois …  Mais il y a aussi Origaniques qui cultive un beau concept dans le Sud de Bruxelles et puis encore la Boutique 12, où s’installe le poète des fleurs oubliées, tous les vendredis et samedis chez Hunting and Collecting au 17 rue des Chartreux. Une journaliste dit ICI tout le bien qu’elle pense de ce nouveau concept. Vous pouvez évidemment aussi faire un tour à vélo le long du canal vers CERIA et faire votre récolte personnelle.

photos Dansons la Capucine

 

Faut-il taxer la viande ?

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Le parti écologique a démenti formellement la fake news du MR qui a fait grand bruit. Non, Ecolo n’a pas la taxation de la viande à son programme. C’est dire, si chez nous, la viande est un sujet sensible. Et pourtant une synthèse du rapport de l’IPBES (une agence de l’ONU) à lire ICI est formel: pour sauver la planète, il faut manger autrement. Une manière de décourager une consommation excessive de viande pourrait être sa taxation. L’Etat pourrait l’imposer, comme il l’a fait pour tenter de limiter l’usage du tabac ou de l’alcool. Aucun parti ne semble cependant prêt à prendre le risque de décider une telle mesure.

Le rapport onusien confirme pourtant que depuis les années 1970, le rythme auquel l’humanité détruit la nature a encore progressé et la poursuite des tendances actuelles pourrait bien nous entraîner dans un monde insoutenable. La nature et les services qu’elle rend aux hommes sont les bases fondamentales non seulement de leur bien-être, mais de leur existence même. La principale cause : notre modèle de consommation alimentaire insoutenable.

Dans un document plus complet l’IPBES affirme qu’il sera impossible de lutter contre l’érosion de la biodiversité sans s’attaquer à nos régimes alimentaires excessivement carnés, d’autant plus que l’augmentation des revenus des pays émergents permet à des centaines de millions de personnes d’accéder à des modes de consommation, réservés naguère au monde des riches, dont la généralisation est incompatible avec les limites physiques de la planète. Limiter la consommation de viande s’impose. Cela tombe bien, puisque cela pourrait aussi être un enjeu pour rester en bonne santé et un levier pour freiner un réchauffement climatique dont l’impact sur la biodiversité et la sécurité alimentaire de demain pourrait être lourd.

Confiance confirmée pour le piétonnier

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L’avancement des travaux du boulevard Anspach permet déjà de se faire une idée du résultat final du piétonnier. Sa fréquentation ininterrompue augure bien de l’engouement qu’il pourrait susciter auprès de la population bruxelloise. Les promoteurs ne s’y sont pas trompés et ont misé sur la renaissance des boulevards du centre. Après l’ouverture du centre commercial The Mint et le chantier Cristal City en cours en face de l’Anspach Center, c’est l’arrivée du temple de l’alimentation et de la gastronomie italienne Eataly, qui s’est confirmée par l’acquisition de l’ancien immeuble d’Actiris – et son fameux dôme – juste en face de la Bourse.

L’idée originale d’Oscar Farinetti en ouvrant Eataly à Turin en 2007 était de réunir des petits producteurs de la région piémontaise, pour offrir une alimentation saine et accessible au grand public. Aujourd’hui ce ne sont pas moins de 3.000 PME artisanales qui fournissent Eataly. Nous devrons encore attendre 4 ans avant de découvrir leurs spécialités artisanales et leur food court, vu les gros chantiers qui débuteront par une opération destinée à en enlever tout l’amiante.

En attendant La Libre vous en donne un bel avant-goût et Télérama en présente la version parisienne, qui vient de s’ouvrir dans le Marais. Si Eataly se développera sur trois niveaux côté Bourse, l’AD Delhaize fera peau neuve côté Marché aux Poulets, avec un tout nouveau concept de Delhaize urbain. Aux étages on parle de co-working, de bureaux partagés et de logements meublés dans un esprit co-living. Le dôme sera accessible au public et un potager prendra racine au 4ème. Les Grands Magasins de la Bourse pourraient à nouveau illuminer le centre- ville et les commerces spécialisés avoir envie de revenir s’installer sur les boulevards centraux.

 

Les Bruxellois seront ce qu’ils mangent

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Le futur de Bruxelles passe aussi par ce que nous mangeons. A Bruxelles, nous ingurgitons trop de (mauvaises) graisses, trop de sel, trop de sucre (ajouté), trop de viande et pas assez de fruits, de légumes et de fruits secs. Voilà un bilan sommaire vite fait, avec le cortège de problèmes d’obésité et de santé qui se développent. Si pas vous, peut-être vos enfants ou vos parents ?

Pour illustrer cette malbouffe: vous connaissez la « mitraillette » comme repas de midi rapide par chez nous ? Constituée d’une demi-baguette avec une viande cuite, des frites et une sauce de préférence andalouse ou alors lapin … sans le moindre légume (ou alors une demi feuille de laitue), elle est le plus souvent accompagnée d’une canette de Coca qui titre près de 42 g de sucre (8 morceaux). Si on aime, pourquoi pas de temps en temps, mais alors compensé par d’autres types de repas, si possible plus variés et sains.

A l’autre extrême, un nombre croissant de jeunes ont réagi en devenant végétarien ou alors carrément vegan – presque une entrée en religion – mais en oubliant souvent de compenser les protéines de la viande par la consommation de légumineuses, des fruits secs, voire de poissons contenant des omégas-3 s’ils peuvent se le permettre. Un professeur de nutrition de l’UCL fait ICI des propositions pratiques et réalistes. D’autres vont plus loin en supprimant aussi les produits laitiers.

La mitraillette de midi chez Fritland