Archives pour la catégorie Commerce

Pourquoi si peu de personnes testées ?

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Seules les personnes présentant des symptômes importants font l’objet d’un test et d’une analyse. Qu’en est-il alors des porteurs sains, qui ne montrent aucun symptôme, mais qui travaillent, se promènent parmi nous et peuvent transmettre le virus ? Qu’en est-il des personnes qui sortent « guéries » des hôpitaux sans être testées à nouveau ?

Au départ, on a cru comprendre que le matériel disponible était limité et que l’unique laboratoire de référence était surchargé. Mais aujourd’hui, un virologue namurois démontre ICI que le test qu’il propose est duplicable à l’infini. Pourquoi donc pas plus de dépistages ? Quelqu’un, plus expert que moi, dispose-t-il de la réponse ? On apprend qu’une société liégeoise est en mesure de fournir des réactifs pour réaliser jusqu’à 5 millions de tests …. mais la Belgique manque d’écouvillons buccaux !

Un des premiers pays touché massivement par le virus venu du voisin chinois est la Corée du Sud. C’est cependant le pays qui s’en est sorti le mieux, sans faire appel au confinement. Les efforts se sont concentrés sur un programme de dépistage de masse. Il a permis de tester 270.000 personnes en l’espace de trois semaines. « Les citoyens se sont vus allouer des plages horaires durant lesquelles ils devaient se présenter à un poste de contrôle routier et y subir un prélèvement nasal ». Cette méthode originale a permis d’accélérer le processus sans engorger les hôpitaux. Le bilan au 23 mars se solde par 8 961 cas 111 décès, principalement des personnes âgées et présentant d’autres pathologies.

Dernière minute: Marc Wathelet, docteur en sciences qui a travaillé 12 ans sur les coronavirus aux USA, confirme ICI la nécessité de tester plus et plus vite.

 

Happy Sunday: une autre vie surgit

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Une autre vie a démarré samedi matin. Une vie sans réunions, sans écoles, sans cinémas, sans cafés ni restaurants. Tout ce qui nous semblait normal devient extra-ordinaire et mérite réflexion. Prendre le temps de revoir notre agenda, cuisiner davantage, inviter amies ou amis mais au compte-goutte, surveiller notre santé, accompagner nos enfants, écouter de la musique à la maison, retrouver le temps de lire ou se nourrir de podcasts, de télévision, de Netflix ou de médias sociaux … Une perturbation de nos habitudes de cette ampleur ne devrait pas manquer de nous interpeler sur notre façon presque automatique d’aborder la vie en ville. Certains voient même dans l’arrivée du virus, un progrès possible pour notre santé ?

Le coronavirus semble faire office de catalyseur pour stimuler un sentiment d’urgence. Les politiques réalisent, d’heure en heure, la nécessité d’un gouvernement fédéral – comme le confirme l’article en français de la VRT. L’enseignement comble son retard par rapport au numérique. Le télétravail prend son envol. Noël Mamère va plus loin et parle dans Le Monde de l’effondrement d’un modèle: « le coronavirus nous fait vivre une sorte de répétition générale, avant l’effondrement majeur d’un modèle qui a trouvé ses limites».

Si le rush non justifié sur le papier de toilette, les masques buccaux ou les pâtes, crée des paniques superflues, la crise sanitaire contribue aussi à rassembler citoyennes et citoyens face à l’adversité. Une solidarité et des collaborations inattendues émergent un peu partout. Etre prudents, mais ne pas avoir peur les uns des autres, des Bruxellois.e.s proposent de faire des courses pour des personnes âgées ou pour garder des enfants sans école, font leurs courses en semaine et pas sur internet, commandent des repas à emporter dans les restaurants aux frigos remplis de victuailles ou leurs proposent une avance, pour des repas à prendre après le 3 avril, …

billet rédigé avec les contributions de plusieurs lectrices et lecteurs

 

Happy Monday: des bâtiments recyclés

En 2014 déjà, il a été demandé aux architectes de Fearon Hay de transformer un immeuble industriel délabré des années 50 de Taiwan, en un boutique hôtel atypique. Ils ont choisi d’intégrer le plus grand nombre possible des éléments existants, en reprenant le caractère original du bâtiment industriel et brut. Plus de photos ICI.

Le SOF Hotel garde le charme de cette structure industrielle, avec des éléments de mobilier en bois naturel, de grandes enceintes en verre et des jardins sporadiques qui offrent une mise à jour minimale et moderne à cette ancienne usine. Un recyclage réussi et un minimum de déchets. La formidable idée de l’agence est d’avoir gardé les structures délabrées et les anciennes plantes mortes pour une ambiance renouveau post-apocalyptique.

Le recyclage de l’ancienne salle des guichets de la CGER, rue Fossés aux Loups, s’est réalisé dans le même esprit, pour donner naissance au Food Market Wolf. Moins de déchets et plus d’atmosphère inédite. Le succès semble être au rendez-vous.

Nos hêtres partent en Chine

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La Forêt de Soignes produit près de 20.000 m³ de bois chaque année. Plus de 75% des troncs seront exportés vers la Chine en camion et puis en bateau. Une partie de ce bois nous reviendra plus tard transformé en meubles. C’est un article de la RTBF qui relève cette situation aberrante.

Comment en est-on arrivé là ? La filière de transformation du hêtre en Belgique a subi de plein fouet la concurrence avec l’Asie. Les coûts de transformation du bois sont beaucoup plus élevés ici que là-bas (les charges salariales, les coûts de l’énergie, les taxes, etc.). Il reste très peu de scieries belges qui transforment encore du hêtre explique Stéphane Vanwijnsberghe, directeur du service forestier de la Région bruxelloise.

Une coopérative bruxelloise – Sonian Wood Coop – veut changer la donne et éviter cet aller et retour de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Elle veut exploiter le bois de la Forêt de Soignes ici. Le projet est une recherche-action menée entre autres par un chercheur en économie circulaire de l’ULB. Pour Stephan Kampelmann, « au lieu de laisser partir la valeur ajoutée en revendant la matière première à des acheteurs internationaux, il faut garder cette matière ici et créer une économie circulaire, locale ».

Vous pouvez contribuer à ce projet en participant ICI à l’achat d’un premier lot de bois de la Forêt de Soignes.

 

Livré à domicile

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Pour un matelas on comprend. Pour une paire de lunettes de lecture, une foreuse, le dernier Goncourt et une boîte de thé japonais, commandés à quatre fournisseurs différents – qui se sont chacun engagés à vous livrer après-demain – cela va faire quatre camionnettes devant votre porte et peut-être aussi un livreur de pizzas … Amazon, UberEats et autres plates-formes, profitent de l’absence de régulation de la logistique urbaine pour encourager des pratiques de consommation qui menacent le cœur des villes.

A New York, avec plus de 1,5 million de colis distribués chaque jour, Manhattan est devenu une immense zone de livraison, où les arrêts anarchiques des multiples livreurs embouteillent l’ensemble du trafic (voir photo). Cela ne tardera pas à se passer chez nous, si rien ne s’y oppose. Les reproches aux services de livraison concernent à la fois la précarisation des emplois, la fiscalité, la congestion et la pollution de la ville. La Mairie de Paris veut maîtriser et taxer ces livraisons. Sur base du principe pollueur-payeur, elle veut percevoir une écoredevance pour toute livraison à domicile.

Une excellent étude sur le transport de marchandises à Bruxelles évoque (en p. 61) des pistes de solutions. Parmi elles, le regroupement des colis et marchandise aux portes de la ville. Elles sont ensuite triées et regroupées par destination, avant d’être livrées en camionnette chez les commerçants ou consommateurs locaux. CityDepot en est l’exemple le plus accompli. Une régulation est donc possible, si le politique  ose l’imposer. Par ailleurs … il nous reste quand même l’option d’un peu de marche à pied pour voir, toucher sentir et choisir dans les commerces, les articles dont nous avons vraiment besoin. Des contacts humains et des emplois, alors que les plateformes de livraison détruisent plus d’emplois qu’elles n’en créent.

Manhattan – Illustration de l’article cité du New York Times