Archives pour la catégorie Environnement

Uriner dans un bac à plantes ?

Non ce n’est pas du vandalisme condamnable, mais un autre moyen de se soulager, grâce à un nouveau type de mobilier urbain, qui vient de faire son apparition en centre-ville: l’uritrottoir. C’est un bac à plantes écologique, dans lequel on peut uriner. Pas directement dans la terre de la jardinière – qui sert de décoration – mais dans une fente placée juste en dessous. L’urine humaine constitue un excellent engrais, il contient à la fois de l’azote et du phosphate. La Ville de Bruxelles en a commandé 10, dont 5 viennent déjà d’être mis en service dans les lieux discrets au coeur des quartiers d’où émanent le plus les plaintes pour urine sauvage.

Avec la longue fermeture des cafés et le très petit nombre d’urinoirs et de toilettes publiques en service et en état, le phénomène de l’urine sauvage a pris des proportions nouvelles. Les « uritrottoirs », qui équipent déjà plusieurs villes françaises, seront peut-être une partie de la solution. Mais qu’en est-il pour les femmes, vu que ces dispositifs ne concernent que les hommes ? La Ville promet un nouveau type de toilette publiques accessibles à toutes et à tous et même aux personnes handicapées dans son nouveau plan toilettes.

Un réseau « Toilettes accueillantes » sera aussi créé en collaboration avec le secteur horeca, invité à ouvrir ses toilettes au grand public. Une convention mettra une prime de 1.000 euros à leur disposition pour soutenir le nettoyage de ces espaces. La question de l’entretien des uritrottoirs se pose aussi, au vu de l’état des pissotières classiques de la Ville et des nombreuses plaintes que ces uritrottoirs génèrent à Paris. Affaire à suivre.

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Rendez-vous sur le piétonnier ?

Cela fait 10 ans, que des centaines de Bruxelloises et de Bruxellois, de toutes origines, se sont assis par terre place de la Bourse – sans aucune autorisation – pour bloquer le trafic automobile. Par ce Picnic the Streets, ils désiraient obtenir de la Ville, qu’elle rende cette place aux piétons. Le bourgmestre Thielemans ne les a pas délogés et quelques mois plus tard, la piétonnisation du boulevard Anspach était au programme électoral de la plupart des partis.

C’est à la hussarde qu’Yvan Mayeur a lancé le grand chantier du piétonnier, sans trop prendre le temps d’une véritable consultation. Philippe Close a repris le flambeau et a calmé le jeu. Déjà praticable, le piétonnier devrait être complètement achevé dans peu de temps. Un bilan ne tardera pas à être établi, mais dès à présent, il est permis de livrer quelques observations. La principale est sans doute de constater que le piétonnier s’avère manifestement fréquenté, même si la mixité attendue n’est pas au rendez-vous. Il attire une population locale, privée de jardins et de terrasses et de nombreux touristes, tant que la Covid-19 ne les avait pas écartés.

Les boulevards du centre piétonnisés ont-ils réussi à devenir le rendez-vous des habitants des quatre coins de Bruxelles ? Manifestement non. Pas encore en tout cas. Certains mettent en avant l’accès difficile en voiture. D’autres le manque d’entretien ou l’insécurité. D’autres encore le manque de diversité et d’intérêt des commerces. Alors que la Ville est propriétaire d’un grand nombre de magasins et peut donc en sélectionner les occupants, elle semble ne pas avoir de vision quant à l’offre commerciale à présenter. Font défaut, ces commerces spécialisés et ces artisans qui motiveraient les Bruxellois des 19 communes à se rendre dans le centre historique. La Ville dit avoir (enfin) commandé une étude à propos de cette vision. Peut-on en attendre une direction précise et des démarche volontaires ? Il faudra y revenir.

Happy Monday: des citoyens crient victoire

Citoyens et organisations non gouvernementales viennent de gagner le procès intenté à la société pétrolière Shell. Pour la première fois, un objectif climatique est imposé de jure à une multinationale: Shell devra se conformer aux accords de Paris et réduire ses émissions de CO2 de 45% d’ici fin 2030. Cette contrainte exercée sur une puissante société privée ouvre une brèche importante, même si Shell a annoncé qu’elle ira en appel. Il y avait déjà une décision de la Cour constitutionnelle fédérale allemande qui donne raison aux citoyens et ONG: la loi fédérale Climat viole les droits fondamentaux, explications ICI. D’autres affaires recevables sont pendantes en Belgique et devant la Cour européenne des droits de l’homme. Ce n’est pas rien. 

Diverses sociétés cotées en Bourse font aussi face à la fronde d’un certain nombre de leurs actionnaires, qui n’acceptent plus le mépris affiché pour la protection de l’environnement. Exxon Mobil et Chevron ont dû faire des concessions environnementales à leurs actionnaires révoltés, contrairement à ceux de TotalEnergies, qui ont voté à une large majorité pour la poursuite des activités de forage. Des banques doivent également subir les reproches de leurs clients pour la poursuite de leurs investissements dans l’extraction du charbon et du pétrole.

Sensibles à la montée en puissance de ce courant environnementaliste, de nombreuses sociétés tentent d’améliorer leur image par un simple « greenwashing ». C’est un simulacre qui ne satisfait plus de nombreux citoyens, ils exigent  désormais une attitude plus responsable de la part des producteurs et de ceux qui les financent. Bonne nouvelle aussi pour Bruxelles, en ce lundi ensoleillé.

photo Pixabay

Que faire de nos tours ?

Encore très tendance dans le monde des entreprises, il y a deux décennies, la tour est aujourd’hui une espèce en voie de disparition dans pas mal de métropoles européennes. La dernière crise sanitaire et son télétravail ont encore renforcé cette tendance. Modèle d’un autre siècle, le quartier Nord à Bruxelles en est le meilleur exemple. Il est appelé à se métamorphoser. Rapidement.

Le quartier Nord est l’image emblématique (et inachevée) d’un certain futur urbain imaginé par le projet Manhattan de Paul Vanden Boeynants et Charly De Pauw, dans les années 60. Un article de la RTBF résume bien ce fiasco, illustré par la destruction récente des deux tours WTC. Situé sur un important nœud de communication intermodal, le site bénéficie cependant d’une situation stratégique qui attire, dès à présent, de nombreux projets dont la tour ZIN. Ces projets offriront cette grande mixité qui faisait défaut à ce quartier, qui regorgeait de bureaux qui ne correspondent plus aux attentes des clients et s’éteignaient tous  les jours à 17heures.

Un article de L’Echo – exagérément alarmiste –  décrit cependant bien la situation globale. Il donne la parole à la plupart des promoteurs intéressés par les lieux, ainsi qu’au bouwmeester. Chacun y va de ses projets et de ses rêves les plus fous. A  les entendre, on pourrait  bien s’acheminer vers un quartier exemplaire, rencontrant  tous les critères de la ville de demain, dans un environnement aussi vert que culturel. Vous pourrez le découvrir dans le pdf ci-dessous.

image extraite de la vidéo de Befimmo

Happy Monday: la nature s’invite en ville

Nager en plein air. Oui, en juillet/aout, il y aura finalement deux piscines en plein air – avec maîtres-nageurs et cabines – grâce aux militant.e.s de Pool is Cool et de la commune d’Anderlecht. Une vraie piscine gratuite sera aménagée le long du canal à hauteur du bassin Biestebroeck (bus 84, M° Saint-Guidon). L’autre c’est à l’étang nageable de Neerpede ,déjà en activité (tram 81 et bus 46). 

Plantes et couleurs. Ce sont les plantes qui servaient jadis à teindre les tissus qui sont mises en valeur au nouveau Jardin Kaleïdogarden, installé depuis peu près du Parc du Bempt à Forest. Les teintureries, le drap écarlate et les tapisseries, furent des artisanats qui ont fait la réputation et la richesse de Bruxelles, du Moyen-Age à la Renaissance. Avec des interventions artistiques colorées, ce jardin didactique vous en dira plus sur notre flore tinctoriale (Bus 50).

Des légumes de la ferme … qui nourrissent plus de 400 personnes. Et un potager collectif et une quarantaine d’agneaux. C’est au Chant des Cailles, qui est toujours en péril à cause d’un projet de construction sur un tiers de sa surface. Allez-y voir les maraîchers au travail ou un dimanche pour une assiette fermière (voir pdf ci-dessous). Le dimanche 6 juin vous pourrez acheter des plantes aromatiques et couper des fleurs. Votre présence sera aussi un encouragement pour le maintien de ce site exceptionnel (M° Demey. Bus 41 et 95)

Tweetez nature en ville

photos étangs de Neerpede, piscine Biestebroeck et nouveau Jardin Kaleïdogarden