Archives pour la catégorie Environnement

Happy Tuesday: l’hydrogène pourrait nous sauver

____________________________________

Contrairement à ce qui est souvent prétendu, la voiture électrique ne serait pas la solution d’avenir, parce qu’elle est liée à des batteries très polluantes et à une production d’électricité encore largement dépendante du pétrole, du gaz, du nucléaire et même du charbon. Produire de l’hydrogène renouvelable (hydrogène vert) est depuis des années un espoir sur le marché de l’énergie. Mais on n’était pas encore parvenu à une véritable percée. L’hydrogène restait encore coûteux et encombrant à fabriquer et à stocker.

La bonne nouvelle vient des chercheurs de la KUL qui ont réussi à mettre au point un panneau solaire spécial, qui produit de l’hydrogène gazeux à partir de l’humidité de l’air. Après 10 ans de recherche, l’efficacité de ce panneau a été portée à 250 litres par jour, un record mondial. Vingt de ces panneaux solaires pourraient fournir de l’électricité et du chauffage à une famille pendant une année entière. Les ingénieurs ont montré leur prototype à la VRT. Les essais sur le terrain sont en cours.

La semaine dernière, le constructeur automobile Toyota a annoncé qu’il avait l’intention de produire de l’hydrogène avec un prototype de l’équipe Martens. L’hydrogène est déjà à l’essai chez Colruyt Group depuis 2012 et pourrait profiter de cette découverte. Plus récemment, une première maison complètement autonome allie la technologie solaire à un système de production d’hydrogène. Joyeux mardi !

Un devoir de protection

______________________________________

Tout a été dit sur l’inimaginable incendie de Notre Dame de Paris en pleine restauration. Je m’étonne cependant de ne pas (encore) entendre grand-chose à propos de l’absence de surveillance efficace d’un tel chantier. Alors que des détecteurs de fumée sont obligatoires dans le moindre appartement de Bruxelles, on peut être surpris de constater que rien ne semblait avoir été mis en place pour monitorer efficacement un chantier où soudures et chalumeaux représentent un danger connu et prévisible. L’enquête permettra de voir s’il y a eu manque de prévoyance ou défaillance des systèmes de surveillance en place. Détecté dès son origine, tout foyer d’incendie peut être maîtrisé par les hommes du feu, ce qui n’est plus le cas dès que le brasier s’emballe.

Cette tragédie ne soulève-t-elle pas la question de la conservation d’œuvres d’art majeures dans des églises qui ne peuvent être monitorées et protégées comme le sont des musées modernes ? A Bruxelles, et surtout en Flandre, des oeuvres d’art inestimables, des reliques et des trésors se trouvent conservés dans des églises pour lesquelles ces oeuvres ont été réalisées, mais dont les bâtiments ne peuvent assurer efficacement la protection contre le feu, mais aussi contre les dégâts des eaux, de l’humidité ou contre le vandalisme et le vol.

L’Adoration de l’Agneau Mystique des frères Van Eyck visible ICI en haute définition, a connu bien des aventure et vient d’être restaurée dans toute sa splendeur, mais cette oeuvre est-elle bien à l’abri du feu et des dégradations dans la cathédrale Saint-Bavon ? Malgré toutes les précautions prises, est-ce le lieu idéal pour sauvegarder ce trésor mondial de l’humanité ? L’incendie de Notre Dame de Paris, n’a-t-il pas démontré à suffisance l’impuissance des hommes du feu face à des bâtiments d’une telle ampleur et difficilement approchables ? Autant vitraux, orgue et mobilier fixe font partie intégrante de l’édifice, autant les œuvres d’art qu’abritent les églises pourraient être mieux protégées dans les bâtiments conçus à cette fin. Une réflexion ne s’impose-t-elle pas à Bruxelles comme ailleurs ?

Images Google Arts @ culture & Lukas Art in Flanders 

Flygskam: la honte de prendre l’avion

_____________________________________

Fuyant l’interminable hiver pour rejoindre des latitudes plus clémentes, les Suédois au pouvoir d’achat confortable sont de grands voyageurs. Cependant, depuis peu se répand parmi eux la « honte de prendre l’avion » et de contribuer au réchauffement de la planète. « Flygskam » devient  un terme courant dans les pays scandinaves. Il traduit le sentiment de culpabilité face aux effets environnementaux néfastes du transport aérien. Par souci d’écologie, de plus en plus de voyageurs optent désormais pour le train, même pour de longs trajets.

D’après un sondage, 64% des personnes qui ont réduit leurs voyages, l’ont fait pour des raisons liées au climat. La compagnie ferroviaire nationale SJ a enregistré une augmentation de 21% des voyages cet hiver. Le gouvernement a annoncé son intention de réintroduire les trains de nuit à destination des grandes villes européennes. Vous en saurez plus dans la petite revue de presse sélectionnée pour vous ICI.

En France aussi, on cesse de se vanter de voyager en avion, on s’excuse même de le prendre pour des raisons professionnelles ou on met en avant l’argument de prix plus élevé du ticket de train. Selon un sondage du Figaro auprès de 40.000 votants, 59% de personnes se sont dites prêtes à « préférer le train à l’avion pour des raisons écologiques ». Une rapide et salutaire évolution des mentalités, mais ne s’agit-il pas plutôt d’assumer ses responsabilités de citoyen plutôt que de développer des sentiments de culpabilité ?

Happy Monday: se passer de batteries

_________________________________________

Les sources d’énergie renouvelable se développent, c’est leur stockage qui continue à poser problème. La batterie est lourde, limitée et polluante à la fabrication comme en fin de vie. Les scientifiques estiment cependant que des progrès importants ont été engrangés ces dernières années et les décrivent ICI pour ceux qui veulent en savoir plus.

D’autres scientifiques sont sur de nouvelles pistes, elles permettent de se passer de métaux rares. Les chercheurs du MIT ont développé un accumulateur qui exhale et inhale de l’oxygène et qui peut stocker l’électricité pendant de longues périodes pour un cinquième du prix des technologies actuelles, avec zéro émissions polluantes et sans grandes contraintes d’emplacement.

Et puis le retour des supercondensateurs. Un vélo électrique sans batterie et sans aucune transmission mécanique, sera bientôt sur le marché. « On ne pédalera plus pour déplacer le vélo, mais pour générer de l’électricité. Cela permettra de découpler l’effort de l’utilisateur avec le relief du terrain ». L’effort du cycliste actionne directement une génératrice chargée de produire de l’électricité. Elle alimente le moteur électrique via un ensemble de supercondensateurs qui forment une petite unité de stockage qui s’appuie sur un principe électrostatique. Pas de lithium, mais du carbone, de l’aluminium et du sel et donc au moins 3 avantages environnementaux d’importance: une longévité qui dépassera celle du vélo lui-même, l’absence de matériaux rares et/ou sensibles, et un recyclage facile qui ne pose pas de problèmes majeurs.

Amour et haine des trottinettes

  1. ______________________________________


Qui eût cru qu’un jour des adultes se déplaceraient en trottinette ?  C’est plutôt avec un petit hélicoptère personnel dans le dos que la science-fiction imaginait l’an 2000. En quelques mois cependant, les trottinettes partagées ont réussi à faire partie du paysage urbain. Pour la plus grande joie de ses utilisateurs et parfois pour l’exaspération la plus vive des autres usagers de l’espace public. C’est qu’elles roulent vite, circulent parfois sur les trottoirs, ne s’arrêtent pas nécessairement aux feux rouges et – en « free floating » – se déposent n’importe où après usage.

La Région et les communes n’ont rien vu venir et tentent à la hâte de mettre un peu d’ordre dans la situation, d’autant que les blessés se multiplient aux urgences et dépassent déjà ceux occasionnés par les vélos. Saint-Josse les interdit sur son territoire. La Région se tâte, la police aussi. Où peuvent circuler les trottinettes ?  à quelle vitesse ?  quel éclairage ? faut-il imposer un casque ? les utilisateurs doivent-ils être assurés ? les questions fusent, les réponses tardent.

Un journaliste de L’Echo constate ICI « que les trottinettes partagées sont vite jetées et obsolètes et constituent un défi écologique et économique majeur pour tous les nouveaux acteurs du secteur. Sont-elles un plus pour les villes d’aujourd’hui et pour l’écologie en tant que telle? La question se pose de plus en plus à mesure que les Lime, Dott, Flash ou autres Tier envahissent nos rues et nos trottoirs de manière plus ou moins ordonnée. Le bon usage n’est pas encore là, une crise de jeunesse qui passera ?

photo Lime