Archives pour la catégorie Environnement

Changer nos habitudes ?

______________________________________

Quoi de plus difficile que de changer nos habitudes ? de quitter notre zone de confort ?
C’est pour cela que la société Billy Bike propose un vélo électrique gratuit pendant une semaine aux automobilistes révoltés qui font partie du groupe Facebook « l’automobiliste en a marre ! ». Mieux qu’un long discours, ce geste inattendu, révélé par La Capitale et Bruzz, pourrait constituer une expérience positive pour quelques automobilistes et qui sait, les décider à laisser leur voiture dans un parking de dissuasion, pour faire les derniers kilomètres en vélo électrique ? Ceci aussi « afin que les navetteurs qui se disent stressés par les embouteillages quotidiens puissent découvrir une alternative à la voiture ».

S’y retrouver et comparer les différentes offres de services de transports personnels, publics et privés n’est pas évident à Bruxelles. La start-up belge Skipr a créé une applcation qui passe en revue les trams, trains, bus, mais aussi les trottinettes électriques, les vélos, voitures et scooters, ainsi que les Uber. Après avoir introduit votre destination, vous n’avez plus qu’à faire votre choix et à réserver, tout cela en restant sur la même app et en payant en fin de mois. Pour employeurs et employés, une véritable alternative à la voiture de société. Vous en saurez plus dans l’article du Soir et dans les 20 premières minutes de la vidéo de LN24, qui détaille aussi l’avenir du transport en vélo électrique Urbike: même une palette ! En route vers un chèque Mobilité ?

Les premières livraisons de colis par drones sont déjà une réalité, mais voilà que la société allemande VoloCopter lance VoloDrone, un drone télécommandé qui peut transporter jusqu’à 200 kg et dispose d’une autonomie de 40 kilomètres. C’est un banc d’essai pour cette société qui compte mettre son VoloCity – un taxi volant – en route dès qu’elle aura toutes le autorisations espérées pour 2023. Un « progrès » désirable ? Pour qui ? On peut se demander comment tout cela s’organisera dans le ciel et on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la pollution sonore que risque de générer ces engins tout droit sortis de la science-fiction.

photo du VoloDrone transport de Volocopter

Participation citoyenne au XXIème siècle

______________________________________

Un billet invité de Michel Van Roye – secrétaire général de Quartier des Arts

En Région bruxelloise, la participation citoyenne en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire est toujours principalement basée sur l’enquête publique annoncée par des affiches rouges et sur la Commission de concertation. Il faut se souvenir que ce processus démocratique a été mis en place en 1976 par Paul Van den Boeynants, sous la pression de l’ARAU.

Globalement, rien n’a changé depuis cette époque … ! Or, la société bruxelloise a fortement évolué. Les citoyens entendent de plus en plus être les acteurs de leur environnement. On peut légitimement soutenir que les meilleurs experts du développement d’un quartier sont ses habitants, les analyses de chacun pouvant bien sûr être orientées par des intérêts particuliers, mais certainement aussi par l’intérêt général.

La seule tenue des Commissions de concertation ne répond plus à cette demande d’une meilleure participation. L’absence d’évolution des processus de participation citoyenne crispe les rapports entre les décideurs publics et les citoyens, et plus particulièrement le milieu associatif. « Tout pour le peuple, rien par le peuple » était une maxime de l’Empereur Joseph II …

Vous découvrirez avec intérêt la conclusion de ce billet, que vous pouvez lire ICI . 

 

Innover pour le climat ?

_______________________________________

Le Covid-19 occupe tout le devant de la scène, mais nous savons tous que les glaciers et la banquise n’attendent pas et continuent à fondre, tandis que le niveau des mers monte lentement mais sûrement et ne parlons pas des incendies et des inondations. Vous avez un projet d’action ou d’innovation original pour freiner ce changement climatique et favoriser la transition écologique ? Que votre projet soit petit ou grand, personnel ou collectif, vous pourriez avoir l’occasion de le présenter à la planète entière le vendredi 23 octobre, à l’occasion des 24 heures pour le climat.

Les domaines concernés sont des plus variés: Mobility – Circular economy – Waste management – Sustainable finance – Air quality – Water management – Agroforestry – Ecotourism- Bioenergy – Biodiversity -Renewable energy – Environmental legislation- Sustainable building.

Le 23 octobre, une conférence de presse – de 24 heures sans interruption – entièrement dédiée aux solutions innovantes en faveur du climat, sera co-organisée par le Press Club Brussels Europe en partenariat avec la Région de Bruxelles-Capitale. La participation sera gratuite si vous demandez le soutien de votre commune ou de la Région. La date limite de dépôt de candidature est le mercredi 30 septembre 2020. Toutes les infos utiles se trouvent ICI.

photo World Press Clubs Alliance for Climate

La ville du 21e siècle

__________________________________

Le changement constant est ce qui caractérise l’histoire de la ville européenne. Au fil des siècles, les réponses de l’architecture aux catastrophes naturelles, peste, choléra ou guerres, ont fait de la ville un moteur de civilisation. Sa capacité d’adaptation et sa force d’innovation ont fait de la « ville européenne » un modèle de réussite depuis l’Antiquité. Au milieu du XIXe siècle, la révolution urbaine et industrielle a irrémédiablement chambardé les cadres de vie des populations et a donné naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui l’urbanisme. Les populations des villes se sont accrues à la faveur de vastes mouvements migratoires, qui ont littéralement vidé certaines campagnes. Les migrations climatiques en seront bientôt d’autres. La ville se doit de pouvoir accompagner ces mutations.

La promesse d’indépendance économique, de cohésion sociale et de liberté individuelle est liée à l’essor de la ville. Mais, la ville est-elle encore capable de relever les grands défis du XXIe siècle: la compatibilité climatique et la durabilité de la ville ? Les déficits des villes sont évidents: elles consomment des ressources et de l’énergie fossile, émettent des gaz nocifs pour le climat, imperméabilisent les sols et produisent des déchets. Les villes sont un fardeau pour l’environnement et nuisent à la santé. Elles sont le théâtre de conflits sociaux sur la répartition du travail, du logement et des richesses.

La ville est une partie du problème. Est-elle aussi une partie de la solution ? Sa capacité à se renouveler peut-elle devenir le moteur des changements nécessaires aux systèmes culturels, techniques et sociaux ? Dans quelle mesure urbanisme et architecture peuvent-ils favoriser ces processus avec une participation citoyenne accrue ? C’est le thème de l’exposition « urbanable – stadthaltig » de l’Akademie der Künste de Berlin, dont ce texte est inspiré. Pour eux, durabilité et ville ne peuvent pas être séparés. Ils revisitent le rôle des villes à l’ère du réchauffement climatique, de la numérisation, de l’évolution démographique et de l’effondrement des réseaux sociaux traditionnels. Vous en saurez plus ICI, grâce à la Foundation for the Urban Environment.

Inquiétante photo extraite du catalogue publié par l’Akademie der Künste de Berlin

Les dangers de l’asphalte ?

____________________________________________

Sa pose est rapide et pas chère. Elle produit un tapis d’asphalte plus silencieux que nos pavés. Pourquoi s’arrêterait-on d’asphalter et de réasphalter nos voiries ? Des chercheurs de Science Advances publiés par European Scientist ont découvert, qu’en été, l’asphalte est une source de pollution atmosphérique non négligeable pour la ville et très peu analysée (1). A cela s’ajoutent les émanations des nombreuses toitures en roofing.

L’asphalte est une forme noire, semi-solide et collante du pétrole, également connue sous le nom de bitume. Si les émissions provenant de l’asphalte au cours de fabrication et de pose sont bien connues, on en savait moins sur les émissions à long terme. L’industrie de l’asphalte affirme qu’elles sont minimales. Une nouvelle étude scientifique suggère cependant que des composés dangereux continuent à se diffuser lentement et que les émissions peuvent atteindre jusqu’à 300 %, lors de journées chaudes et ensoleillées. Les produits chimiques se condensent pour former des aérosols organiques secondaires, qui contribuent à la production de PM2,5 (particules polluantes dangereuses de moins de 2,5 micromètres de diamètre). Ce type de pollution atmosphérique est connu pour avoir des impacts significatifs sur la santé publique (2).

Des recherches supplémentaires sont encore nécessaires pour déterminer la quantité de pollution émise par l’asphalte au cours de sa durée de vie, mais le réchauffement climatique déjà perceptible risque bien de multiplier le nombre de journées fortement ensoleillées. En attendant la découverte d’alternatives crédibles au bitume, les villes vont devoir augmenter les zones ombragées par la multiplication des plantations d’arbres et faciliter l’installation de balcons débordant des façades.
___________________

(1) Peeyush Khare, Jo Machesky, Ricardo Soto, Megan He, Albert A. Presto, Drew R. Gentner. Asphalt-related emissions are a major missing nontraditional source of secondary organic aerosol precursors. Science Advances (2020) DOI: 10.1126/sciadv.abb9785

(2) Tuet, W.Y. et al. Inflammatory responses to secondary organic aerosols (SOA) generated from biogenic and anthropogenic precursors. Atmospheric Chemistry and Physics (2017). DOI: 10.5194/acp-17-11423-2017