Archives pour la catégorie Environnement

Osez la forêt !

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Ce samedi après midi pourrait être un des plus beau moment de l’automne avec une température annoncée de 16°.  Comme le shopping est limité à l’essentiel, pourquoi ne pas tenter une escapade en forêt de Soignes ? Une forêt cathédrale dont les hêtres majestueux sont si proches de la ville. « Un lieu hors de l’espace et du temps qui ne s’inscrit dans le monde que pour mieux s’en abstraire ». Peu de grandes ville ont la chance de bénéficier d’une forêt aussi accessible. Les Japonais qui pratiquent les bains de forêt, le Shinrin-yoku et les « câlins aux arbres » leur attribuent un renforcement du sytème immunitaire et des vertus contre le stress … Ce qui est certain, c’est qu’on en revient comme d’un vrai voyage.

Si vous prenez tout simplement le tram 44 à Montgomery, vous débarquez en pleine forêt aux arrêts Auderghem-Forêt, Drève des Brûlés ou Tir aux Pigeons. Et si vous allez jusqu’au terminus à Tervuren, vous découvrirez un beau parc à la française, mais aussi le Bois des Capucins et son très riche arboretum, encore plus beau en automne. Vous pouvez aussi accéder à la forêt de Soignes par le Bois de la Cambre ou alors par le parc Tournay Solvay et par le Rouge Cloître accessibles par le M° Hermann Debroux, par le 95 à Wiener, par le 94 à l’Hippodrome. Les gares de Boitsfort et de Groenendael sont aussi des portes d’accès, à moins que vous leur préfériez le vélo ?

Au creux de cette forêt, se trouvent même des vestiges néolithiques  et le monument aux forestiers vous emportera vers un rêve druidique sous les hêtres. Les surprises ne manquent pas, mais Bruxelles Environnement vous révèle tout à propos de la forêt de Soignes: sa faune, sa flore, ses oiseaux, ses champignons … et vous présente aussi des itinéraires et une carte détaillée au bas du document. Vous laisserez-vous tenter ? Peut-être s’y croisera-t-on ?

photo extraite de la promenade de 6 km proposée par Natagora

Le projet Néo a du plomb dans l’aile

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L’aménagement du vaste et vert plateau du Heysel doit être revu, cela ne fait aucun doute. Si cette urbanisation devait être étudiée aujourd’hui, il est certain qu’elle serait bien différente du projet présenté par NEO il y 10 ans. Réchauffement climatique, pandémie, abandon du stade national au parking C, remise en question des congrès et surcapacité hôtelière, sont autant d’éléments neufs qui justifient l’étude d’un autre projet. Le bourgmestre Philippe Close s’obstine cependant à maintenir le projet NEO 1, malgré un soutien plutôt mou des échevins Ecolo et de la Région, qui n’a toujours pas délivré le permis d’urbanisme.

Un article de BX1 expose les raisons de cette lenteur et précise que les 600 millions que devait investir le géant des centre commerciaux Unibail-Rodamco sont conditionnés à l’octroi d’un permis au plus tard le 31 décembre 2020. En mauvaise posture, à l’AG de ce mardi, la direction du groupe n’a pas obtenu des actionnaires l’augmentation de capital demandée. Faute de permis, en janvier, le groupe pourrait se désengager et réclamer des dédommagements de l’ordre de 15 millions d’euros. On comprend la pression que Philippe Close  met sur la Région pour la délivrance du permis.

Malgré les incontestables obstacles financiers, IEB, le BRAL et UCM/UNIZO ne sont pas les seuls à voir dans cette situation, une occasion exceptionnelle de revoir la copie du projet d’aménagement du plateau du Heysel de fond en comble, à partir des exigences du monde de demain. Un mode davantage centré sur les commerces de proximité que sur les méga shoppings, sur plus de logements variés plutôt que des hôtels et centres de congrès, sur la préservation des arbres existants plutôt que la plantation de jeunes sujets, sur un étang « nageable » plutôt qu’un miroir d’eau … Après l’échec du stade national, la fin de NEO 2, le départ d’Océade, l’épilogue de la saga NEO pourrait ne pas tarder, avec toutes ses conséquences.

photo extraite du dossier BX1

Vers un péage équitable ?

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Avant les élections, les partis avaient pris des engagements, que nous rappelons ICI. Depuis, une taxation kilométrique intelligente a été étudiée dans chacune des trois Régions du pays, qui gèrent cette compétence en vue de réguler le trafic. Elle devait remplacer la taxe de circulation qui taxe la possession d’une voiture, alors que la taxe kilométrique intelligente fait contribuer l’automobiliste au prorata des kilomètres parcourus et avec des tarifs différenciés en fonction des artères fréquentées et des heures d’affluence. Tout cela à l’imparfait, parce qu’en Flandre la N.VA s’y est opposée et qu’en Wallonie, cela ne figure plus au programme du gouvernement.

Cela n’a pas empêché la Région bruxelloise de la prévoir dans son plan Good Move et d’avoir présenté un projet, sans concertation avec ses voisines. La Flandre et la Wallonie s’y sont opposées au nom de leurs navetteurs, qui ne bénéficieront pas de la suppression de la taxe de circulation, décidée par le seul gouvernement bruxellois. Elles ont d’ailleurs déjà agité la menace de délocaliser un certain nombre d’entreprises et d’administrations hors des 19 communes. Plus étonnant, Ridouane Chahid, le chef de file du PS – qui fait partie de la majorité au parlement bruxellois – s’y est aussi opposé au nom de la justice sociale.

Après le fait accompli, une difficile concertation devrait finalement démarrer entre Régions. BX1 cite le ministre bruxellois Sven Gatz, qui rappelle que l’Europe demande de passer à une redevance kilométrique variable et qui précise que “L’intention n’est pas de transformer le péage en ville en jackpot bruxellois ». Les recettes ne devraient pas être investies seulement à Bruxelles, mais aussi au profit de la mobilité autour de Bruxelles. Une situation win-win. « L’objectif principal est de réduire la congestion dans l’intérêt de l’économie, de la santé et du climat”.

Documents extraits du reportage « congestion bruxelloise » de DW Deutsche Welle

Vivre sous les toits ?

Bruxelles manque cruellement de logements, mais un grand nombre de maisons ne comptent que deux ou trois étages et parfois même un seul. Sans rien démolir, il serait cependant possible d’ajouter un étage à la plupart des maisons bruxelloises. Des milliers de logements supplémentaires sans consommer un seul m2 de terrain.

Vivre sous les toits a commencé à se généraliser, lorsque de simple tabatières ou des chiens-assis, on pu être remplacés par de vastes Velux, qui apportaient lumière et isolation thermique. Ce type d’aménagement a cependant ses limites en n’offrant généralement qu’un immuable carré de ciel, sans vue sur la ville et sur la vie. L’exemple ci-dessus – plutôt réussi – a été photographié au Marché aux Poissons. Avec sa grande vitre et ses fenêtres latérales ouvrantes, il offre de d’autres d’autres perspectives et une réelle qualité de vie.

Que ce soit pour ce type de rénovation, pour la création d’une terrasse ou même d’un simple balcon, les règles d’urbanisme propres à nos 19 communes sont cependant souvent autant d’obstacles à l’innovation et à la création d’étages complémentaires. Avec la perspective d’un réchauffement climatique à venir et des confinements successifs, ne serait-il pas temps de revoir ces règlementations dans les communes ou alors des dérogations au niveau régional ?

Comment peut-on encore construire des maisons unifamiliales en centre-ville ? (près de Dansaert)

 

 

 

Payer pour rouler

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Taxe d’immatriculation, taxe de circulation, péage, taxe kilométrique, vignette… les moyens ne manquent pas pour contraindre l’automobiliste à contribuer aux frais qu’il occasionne à la collectivité. Mais sont-ils justes et équitables ? C’est l’usage de la voiture qui doit être taxé et non sa possession. C’est le journal économique L’Echo qui publie cet écrit et qui  poursuit: la Région de Bruxelles a décidé de remplacer les taxes actuelles par une taxation intelligente, variable en fonction de certains critères (kilomètres parcourus, heure, type de véhicule). Ce principe est juste et nécessaire. Il est juste car il fonctionne selon le schéma du « pollueur payeur ». Rouler en gros SUV rue de la Loi à 9h n’a pas le même impact que circuler dans une petite voiture électrique dans un quartier décentralisé en pleine nuit.

Pour garantir cette équité, le projet doit être souple et bien proportionné. Les mesures sur la table vont dans ce sens puisque, par exemple, la taxation est nulle le week-end ou après 19 heures. Il ne faut pas davantage de taxes mais des taxes mieux réparties et plus efficaces. Pour changer des comportements, rien de tel que de frapper au portefeuille. Réduire la congestion du trafic, diminuer notre empreinte carbone et améliorer la qualité de l’air en ville. C’est bon pour la santé, pour l’environnement mais aussi pour l’économie: une mobilité performante renforce l’attractivité d’une région alors que des embouteillages coûtent des milliards à notre économie.

Bruxelles doit toutefois éviter de construire un mur fiscal à ses frontières, qui en ferait un repoussoir pour les entreprises. Le projet bruxellois doit s’inscrire dans une refonte plus globale de la fiscalité automobile en Belgique. Il faut notamment éviter des effets néfastes pour les navetteurs. Cela fait des années qu’un accord de coopération entre Régions se fait attendre. L’heure ne peut plus être à l’immobilisme. La Flandre et la Wallonie doivent embrayer. Bruxelles les a-t-elle consultées avant de décider ? Nous reviendrons sur leurs vives réactions.

> Bruxelles, Capitale de l’innovation climatique une expérience de 24h qui commence ce soir