Archives de catégorie : Environnement

Impôt sur la dépense, pas sur le revenu

C’est Bruno Colmant qui évoquait cette idée, avancée par l’économiste anglais Nicholas Kaldor dans les années 50. Une taxation de la dépense aurait contribué à tempérer la consommation des biens disponibles et à contrarier l’inflation, assurant de ce fait une répartition raisonnable entre la consommation et les investissements.

Face à l’augmentation du coût de l’énergie, certains envisagent que les dépenses énergétiques deviennent, pour partie, contrainte par les revenus imposables. L’énergie coûterait plus cher, en termes relatifs, pour les hauts revenus et évidemment moins cher pour les bas revenus. L’idée est interpellante et, à certains égards, défendables bien que de nombreux obstacles techniques se dressent. Selon Bruno Colmant, elles reviendront sans doute dans le débat politique.

Les arguments de Kaldor s’articulaient autour de l’idée qu’il est plus équitable d’imposer les contribuables suivant ce qu’ils retirent de la communauté en dépensant, plutôt que ce qu’ils en retirent en acquérant des revenus, qui sont le produit de la mise à risque du travail et du capital. L’impôt sur la consommation est d’ailleurs conceptuellement proche de l’impôt sur la fortune, puisque l’accumulation d’épargne, soudainement dépensée, frappe la consommation mais diminue la fortune. Que faut-l en penser ?

Happy Monday: la démocratie en action

La semaine dernière, la deuxième phase du Métro3 était sur la table de la Commission de Concertation. Une soixantaine de personnes, pour la plupart riveraines, sont venues marquer leur opposition au  nouveau projet qui leur a été présenté et qui fait suite à une étude d’incidence. Les maîtres d’œuvre ont tenté de les rassurer en certifiant que la Commission était là pour examiner toutes les remarques avant de conclure. BX1 détaille cela ICI. Finalement avis favorable de Schaerbeek moyennant une série de conditions.

Après une carte blanche de 2021, des professeurs d’université viennent de publier  un article qui critique un coût élevé pour un gain environnemental négligeable et des mobilités qui vont se dégrader pour de nombreux habitants de Schaerbeek et d’Evere, vu la très grande profondeur des stations et leur nombre réduit par rapport au tram 55. Un conflit d’intérêt est aussi mis en avant. IEB pointe un bilan carbone désastreux. Brussels Studies Institute détaille pourquoi l’avenir serait meilleur sans le Métro3. Rien que des procès à charge.

La bonne nouvelle est cependant l’émergence d’un échange démocratique contraint avec la société civile. Un débat entre les différents protagonistes a aussi été organisé par BX1 et révèle une absence de consensus. Le Métro3 plomberait le budget de la Région pendant des années et bloquerait toutes les autres priorités. Ce n’est plus un problème technique mais un problème politique. Un moratoire est demandé, en attendant que le gouvernement tranche la question. Un choix de société pour lequel on a entendu peu d’arguments pour défendre le projet de métro, qui appartiendrait déjà au passé.

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En finir avec le gaz !

C’était déjà le titre d’un billet du 18 janvier. Malgré son pont d’interrogation à l’époque, il avait suscité un certain émoi. Aujourd’hui, un article de La Libre nous apprend que le gouvernement bruxellois pourrait interdire l’installation de chaudières au mazout et au gaz pour les permis d’urbanisme déposés dès 2025. Ce serait aussi la fin des subsides pour ces chaudières dès 2023.

C’est pour se conformer aux exigences européennes, qu’Ecolo veut que le gouvernement acte la rehausse des ambitions bruxelloises en matière de diminution des émissions de gaz à effet de serre de 40 à 45 %. Cela implique de nouvelles mesures pour accentuer l’abandon des énergies fossiles, tel que déjà acté à l’ordonnance Climat de 2021 pour l’installation de chaudières au mazout dès 2025.

Ce qui est neuf, c’est que les nouveaux bâtiments construits en 2025 devront être passifs avec des systèmes de ventilation double flux, ou alors à basse énergie avec pompe à chaleur. Des mécanismes de soutien à cette transition seront mis en place. L’objectif  louable est que ces bâtiments neufs ne soient plus dépendants d’énergies fossiles … ni de gaz ou de pétrole russe.

Oui. Happy Tuesday.

Bruxelles 2030. Si vous voulez tout savoir sur la candidature de Bruxelles comme capitale culturelle européenne en 2030, Aula Magna va inviter Hadja Lahbib et Jan Goossens, qui sont chargés de préparer un projet qui va manifestement dépasser le cadre habituel des expositions de prestige. Cela se passera à StamEuropa, 104 rue d’Arlon (M° Maelbeek) ce samedi 23 avril  de 10 à 12 heures. Inscription gratuite, mais obligatoire à bruxselsfuture@gmail.com

 Espaces verts de qualité. Bruxelles compte presque autant d’échevins des Espaces verts que de communes, parfois avec leurs propres pépinières, parfois aussi avec de petits budgets et très peu de jardiniers professionnels. Quand on voit comment sont (bien) gérés les espaces verts entretenus par le service régional de Bruxelles Environnement – comme le square du petit Sablon ou le parc Roi Baudouin – on se réjouit d’assister à de nouvelles reprises en gestion par la Région. Plus de cohérence, plus de professionnalisme et des économies d’échelle par rapport aux services communaux. Bientôt un Service régional des Espaces verts unique ?

Le grand retour des moutons ? Au début du siècle passé, ce sont les moutons qui tondaient le bois de La Cambre, sans bruit, sans pétrole et sans pollution. Le mouton remplace la tondeuse à gazon. C’est le cas sur une parcelle du Chant des Cailles à Boitsfort. Est-ce envisageable au parc de Laeken ? de Woluwé ? de Forest ? de Josaphat ? Des spécialistes se sont déjà organisés. Sans doute une idée à creuser. Ecologique, rentable et romantique, n’est-il pas ?

Gérer la rareté

Vers un rationnement ?

Quand un produit devient rare, son prix monte et seuls les plus riches peuvent encore se le procurer. C’est une solution à la rareté. Il en est une autre, qui consiste à répartir équitablement la quantité de produits disponibles entre tous les citoyens. C’est ce que l’on appelle généralement le rationnement. Un terme qui évoque nécessairement les disettes des pénibles périodes de guerre et leurs timbres de rationnement. Les industriels pourraient être les premiers visés. Et voilà 5 conseils pour économiser l’énergie.

« On ne va pas pouvoir fonctionner en laissant les personnes précaires sous-consommer et les gros consommateurs surconsommer » développe à la RTBF Céline Nieuwenhuys, de la fédération des services sociaux. « Le fait de consommer beaucoup ou peu repose sur la possibilité d’y faire face financièrement. Or, la surconsommation est tout aussi problématique que la sous-consommation. Et on sent que la surconsommation n’est pas tout à fait prise en charge aujourd’hui ».

Un rationnement toucherait donc davantage les ménages aisés que les ménages précaires. « C’est l’occasion de renverser la tendance. Pas dans une optique de favoriser les uns et pas les autres, mais parce qu’on ne peut plus appauvrir (davantage) les personnes ». Il ne faudrait pas penser le rationnement de manière  autoritaire et punitive, imposé par le haut, comme pour la Covid. Il pourrait être pensé comme quelque chose de volontaire, de créatif, porté par l’objectif de partager équitablement les produits qui se font rares ou qui doivent être épargnés, pour que les générations futures puissent encore en bénéficier. On rêve ?