Archives pour la catégorie Environnement

Sacrifier une génération ?

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« Nous sommes capables de mesures drastiques contre le coronavirus, pas contre le réchauffement climatique … » c’est une affirmation en forme d’interrogation de François Gemenne – professeur en Sciences Po à ULiège, qui délivre une décapante interview à Alternatives Economiques. « Face à un danger immédiat, nous sommes capable de prendre des mesures radicales et extraordinairement coûteuses. On a pourtant répété qu’il fallait faire les choses progressivement, ne pas brusquer les gens, que ce ne soit pas trop coûteux… Et là, d’un coup, on a fait partir en fumée des années d’efforts d’austérité. »

Pourquoi ? Nous craignons tous d’attraper le virus, alors que nous pensons que le changement climatique, lui il est lointain et touchera d’abord les autres avant de nous affecter nous-mêmes. Personne n’est à l’abri tant que chacun n’est pas à l’abri. Nous surveillons chaque jour les courbes des décès et des hospitalisations, nous guettons ces données comme le lait sur le feu ! Pour le climat, à force de calibrer nos modèles sur des échéances lointaines, et sans météo journalière du carbone, l’urgence n’est pas perceptible. « En 2050, beaucoup de ceux qui lisent ces lignes aujourd’hui seront déjà morts, donc forcément cela nous paraît très lointain”.

Nos sociétés se sont révélées solidaires comme jamais. Depuis des années, on nous serine qu’on fait passer le profit avant l’humain, et là que fait-on ? Exactement l’inverse ! On déclenche une crise économique monumentale, qui fait plonger toutes les Bourses du monde, pour protéger les plus fragiles. C’est une très belle leçon que nous nous donnons à nous-mêmes. Et puis, le sacrifice des jeunes, qui sont beaucoup moins vulnérables au Covid-19 et qui seront les premiers touchés par la crise économique et le chômage massif qu’elle entraînera, me semble particulièrement marquant. Un économiste fait la proposition contestée d’une « taxe corona » à charge des personne âgées.

 

La ville dont nous avons besoin

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Face au virus, le retour à la campagne est-il une solution ? La campagne brabançonne, déjà fort mitée par l’exode des Bruxellois, ne suffirait pas à accueillir tous les citadins qui disposent des moyens de s’y domicilier. Les lotissements ne tarderaient à lui faire perdre le caractère bucolique qui fait son attrait. Et ne parlons pas du ring, dont les embouteillages deviendraient permanents, même avec élargissement. Rester en ville n’est pas une fatalité et peut être un plaisir. Mettons-y nos conditions.

La ville doit se préparer à un monde plus chaud et limiter les déplacements en véhicules privés, surtout avec conducteur solo. Elle doit donc faire plus de place à des transports en commun en site propre. Elle doit faciliter les déplacements à pied et en vélo en toute sécurité. Elle doit cesser d’être minérale, imposer la végétalisation des bâtiments, augmenter les espaces verts de quartier et multiplier les forêts urbaines et les plans d’eau. Une feuille de route y invite. La ville doit aussi favoriser la mixité, en implantant des logements accessibles et des logements sociaux dans toutes les communes. C’est déjà tout un programme, mais c’est à ce prix qu’il pourrait faire bon vivre en ville …  et il restera toujours une vraie campagne pour s’y promener.

Je ne résiste pas au plaisir de vous communiquer le grand éditorial que le New York Times vient de consacrer à « The Cities We Need » et comment nous pouvons les sauver. C’est à la fois une ode et un plaidoyer pour la ville et un bilan de tout ce que les villes ont apporté à l’humanité. L’éditorial complet en anglais est ICI, mais je vous en ai traduit une grande partie en français avec DeepL.

 « Les villes ont été des moteurs de croissance et des opportunités. Ce sont les endroits qui nous permettent le mieux de prendre soin les uns des autres, pour interagir les uns avec les autres, pour construire ensemble. Les villes restent des moteurs économiques et des centres culturels et la densité reste le meilleur moyen de limiter l’impact des humains sur l’environnement … ».

 

Happy Monday: les virus éliminés

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Eliminer les virus des textiles et des masques de protection, c’est ce que deux entreprises belges viennent de mettre au point à un moment très opportun.

C’est à Renaix qu’a été conçu un produit qui peut être ajouté aux textiles en cours fabrication ou pulvérisé sur des articles et même sur les rideaux des cabines d’essayage. Le processus permet d’éliminer près de 100 % des particules virales en deux heures, alors qu’il faudrait quatre heures pour une l’élimination naturelle de seulement 50 % de particules virales. Le produit reste efficace pendant deux à six mois. VRTnews FR en dit plus ICI, mais rien sur les produits chimiques qui composent la formule et sur les effets éventuels sur les consommateurs.

C’est une entreprise montoise qui a conçu la machine à chaleur sèche « M-steryl » qui peut décontaminer 1.400 masques FFP2 par jour. Ils protègent le personnel médical en  stoppant 95% des particules de 0,3 microns, mais ils doivent être jetés après quelques heures d’utilisation et sont rares sur le marché. La machine montoise peut aussi décontaminer plus de 2.000 masques chirurgicaux ou 150 blouses de protection chaque jour. La RTBF en dit plus ICI.

 

Crash test pour le climat

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La pandémie, advenue par surprise avec l’arrivée d’un nouveau corona virus, pourrait bien faire office de crash test pour la crise climatique, qui ne va pas tarder à modifier les conditions d’habitabilité de la planète. Comme cette nouvelle crise ne se développera que progressivement, elle ne déclenchera certainement pas la même mobilisation planétaire, ni la libération des capitaux générés par le Covid-19.

La pandémie a démontré la fragilité de l’espèce humaine et a conduit la classe politique mondiale et le monde de la finance à se montrer plus humbles face à une situation qui bouscule leur sentiment de toute puissance. Les efforts fournis par l’ensemble de la population pour lutter contre ce corona virus ne doivent-ils pas nous engager à faire barrage à l’arrivée d’un prochain virus, lié à la mondialisation, aux voyages incessants et à une proximité nouvelle des  animaux avec les hommes ? Les énormes moyens réunis, en un temps record, pour lutter contre cette pandémie, ne doivent-ils pas être attribués, à des conditions très strictes – que L’Echo estime inopportunes – aux seules entreprises qui démontrent leur utilité sociale et qui s’engagent à une réduction importante de leur empreinte écologique ?

La Coalition Climat belge, le CAN pour l’Europe, Greenpeace, WWF, Oxfam, …  exigent une reconstruction de l’économie qui soit durable et procure du travail en Belgique. Ils s’opposent au retour à la situation de l’avant Covid-19. Interdit de manifestation, Extinction Rebellion Belgique se remet en scène avec un un discours qu’il place ironiquement dans la bouche de  la Première ministre Sophie Wilmès.

>>>  les Bruxellois futés sortent masqués … et les Bruxelloises aussi