Archives pour la catégorie Environnement

Une transition écologique ratée

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Vous vous souvenez, c’est un tout nouveau morceau de ville qui devait se construire entre la colonne du Congrès et le boulevard Pacheco, avec ses logements, son école, sa crèche, ses marches et ses jardins. Une occasion unique de bâtir un quartier du futur, un quartier vert, durable, économe en énergies et convivial pour ses occupants et visiteurs. Le premier projet avait été recalé, voilà que le second – à peine meilleur et objet d’une vive opposition de riverains – vient de recevoir un avis favorable (tout à la fin du fichier) de la Commission concertation, certes avec pas moins de 50 conditions contraignantes et souvent judicieuses à lire ICI et qui vont obliger les architectes à revoir leur copie.

Soyons de bon compte, la Commission s’est livrée à un travail très approfondi qui tient compte d’un certain nombre de remarques exprimées par les plaignants. Elle exige notamment 30% de logements sociaux ou conventionnés, demande d’améliorer la mixité des types de logement,  des accès aux personnes pmr, aux vélos cargos, 20 emplacements pour des voitures partagées, un local à destination des riverains, des toilettes publiques  (seulement étudier la faisabilité), une végétalisation plus accrue et diversifiée, constituer une « forêt urbaine », avoir accès à la salle de sport de l’école, les caractéristiques des revêtements de sol (clairs?), … mais rien à propos de bâtiments passifs qui pourraient produire plus d’énergie qu’ils ne consomment, rien à propos d’îlots de chaleur, rien à propos de perspectives paysagères, d’ensoleillement …

Pourquoi la Commission de concertation n’a-t-elle pas oser remettre un avis défavorable à ce projet du siècle passé, plutôt que d’appliquer des emplâtres sur une jambe de bois ?  C’est qu’avec les diverses conditions à remplir, le projet sera conforme au Plan Particulier d’Affectation du Sol de la Ville (PPAS). Un plan qui date et ne tient pas compte des engagements Climat qui ont été pris. Oui, il eût fallu avoir le courage de dire que ce PPAS est obsolète et que la nouvelle majorité de la Ville devait se voir contrainte de le réécrire. Une occasion ratée. Peur sans doute que les auteurs d’un projet conforme aux prescriptions du PPAS ne réclament des indemnités ?

RAC 4 – S.A.

 

 

Happy Monday: fini les plastiques à usage unique

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Mercredi dernier, le parlement de l’Union européenne a adopté le texte prévoyant l’interdiction des produits en plastique à usage unique par 560 voix pour, 35 contre et 28 abstentions. Seront ainsi prochainement bannis des rayons des supermarchés européens les cotons-tiges, les couverts et pailles en plastique, touillettes à café, sacs plastiques …

« Plus de 80 % des déchets marins sont en plastique. Les produits couverts par le projet de législation représentent 70 % de l’ensemble des déchets marins » soulignait la Commission lors des discussions autour de ce texte.  « Les résidus plastiques se retrouvent dans les espèces marines comme les tortues de mer, les phoques, les baleines et les oiseaux, mais aussi dans les poissons et les mollusques, et sont donc présents dans la chaîne alimentaire humaine ». 22 kilos de plastique ont encore été trouvés la semaine dernière dans un cachalot mort en Italie.

C’est évidemment une bonne nouvelle pour nous et pour les poissons, mais ils s’en nourriront cependant encore jusqu’en 2021 … parce que le projet de directive doit encore être formellement approuvée par le Conseil européen (les Etats membres) qui devra prendre des mesures pour son application concrète sur le terrain. Le texte complet est à lire ICI. Fort heureusement, des citoyens commencent déjà à refuser les produits plastiques à usage unique dans les supermarchés, les fast-foods … et les banniront sans doute lors de leur prochaine Barbecue Party.

thank you Greenpeace picture

Pour qui voter ?

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Ce n’est pas de moi que vous attendez la réponse à cette question qui va se poser à vous trois fois le 26 mai. Toutefois, ceux et celles qui s’opposent au pouvoir excessif des partis ne voteront pas « tête de liste », pour ne pas se contenter d’avaliser l’ordre des candidats décidé par les états majors des partis. Ils pourront voter pour plusieurs candidat.e.s de leur choix sur une même liste, y compris pour des « candidats d’ouverture », qui soutiennent la liste sans être membres du parti. Cela ne manquera pas d’influer sur la liste des élus qui les représenteront dans les trois parlements ainsi que sur le choix des personnalités qui seront appelées à faire partie des différents gouvernements ou de la Commission européenne.

Les électrices et les électeurs qui estiment que la question du climat et d’un partage plus juste des richesses constituent des enjeux cruciaux pour cette triple élection, n’auront pas trop de peine à retrouver, dans les slogans et les programmes des partis, les candidats qui ont agi et prennent des engagements clairs sur ces sujets. Les élections ne sont-elles pas aussi une occasion de soutenir ou de sanctionner pour leur gestion les femmes et les hommes qui étaient en charge au cours de la dernière législature ?

Pour vous aider à y voir plus clair, un « test électoral » a été mis au point par des académiques à l’initiative de la RTBF, la VRT, La Libre, De Standaard, l’UCLouvain, l’Université d’Anvers et Tree company. Il vous permet de répondre « D’accord » ou « Pas d’accord » à une série de propositions pour chaque scrutin (fédéral, régional bruxellois ou européen) et savoir ensuite quels partis sont les plus proches de vos convictions. Je me suis livré à l’exercice et il me semble que cela ne manque pas d’intérêt, malgré les limites du genre.

 

La société civile passe à l’action

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Une réactualisation s’impose à propos de mon billet  » La société civile s’engage « . Une partie (croissante ?) de la population ne sent plus ses préoccupations prises en compte par les partis traditionnels ni par les syndicats. Elle s’inquiète et parfois se mobilise pour la préservation de son pouvoir d’achat, pour une transition écologique qui tarde ou pour une juste répartition de son coût. Des Gilets jaunes ont déboulé dans les rues et puis sont arrivés les 35.000 jeunes de Youth for the Climate et les 75.000 familles de Claim the Climate et maintenant des campeurs pour l’exigence d’une loi Climat contraignante. Tout cela témoigne de l’existence d’une société civile vivante, dynamique et vigilante. Elle ébranle les partis qui voient venir une vague verte et une remise en cause du partage des richesses.

Des citoyennes et citoyens insatisfaits ont voulu redynamiser la démocratie en créant de nouveaux partis comme Pro Bruxsel en son temps et puis, plus récemment, Plan BAgora et d’autres partis comme Oxygène, Demain, Islam, Parti libertarien, Be.One ou le Parti pour la Poésie … qui n’en est pas vraiment un. D’autres changent de nom et de programme comme le SP.A qui devient One.brussels.

D’autres membres de la société civile ont pris le risque de quitter leurs fonctions pour entrer dans un parti comme  » candidats ouverture «  en vue d’agir à l’intérieur de partis existants. Pas de simples  » attrappe-voix «  comme l’explique ICI Henri Goldman. Faut dire que la page blanche bruxelloise de Zakia Khattabi et les manifestations pour le Climat ont créé un véritable appel d’air chez Ecolo/Groen, où l’on constate l’arrivée d’une série de spécialistes comme Olivier De Schutter ancien rapporteur ONU Alimentation, Isabelle Pauthier de l’ARAU, Henri Goldman de la revue Politique,  John Pitseys chercheur au CRISP, Benjamin Vella de ProBruxsel ou An Descheemaeker du BRAL, devenue chef de cabinet de l’échevin de la Mobilité Groen à Bruxelles. D’autres encore ont dû faire leur apparition dans différents partis, comme Delphine Chabbert, de la Ligue des Familles, entrée au PS ou François De Smet, le directeur de Myria, qui se présente chez Défi … tandis que moi je reste au balcon, malgré quelques appels du pied.

Pourquoi survoler Bruxelles ?

Les traînées de condensation que vous voyez sur cette photo récente montrent à quel point le ciel de Bruxelles est survolé. Bien sûr, ces avions sont à plus de 8.000m d’altitude, ne s’entendent pas et n’émettent que de la condensation de vapeur d’eau – contrails – laissée par les réacteurs et supposée inoffensive. Nous y reviendrons. Mais est-il bien indispensable que ces avions – en transit au-dessus de la Belgique – viennent survoler intentionnellement une ville d’un million d’habitants ?

Le principe de précaution exigerait évidemment d’exposer le moins de personnes possible aux risques de crash ou de perte de réacteur, statistiquement faibles mais pas nuls. Au quotidien, les nuages artificiels que ces survols créent en altitude peuvent couvrir de vastes surfaces de ciel, persister durant plusieurs heures et nous priver de soleil, tout en ayant un impact non négligeable en termes d’effet de serre et de réchauffement climatique global. De plus, certains experts estiment qu’il ne s’agit pas seulement de traînées de condensation, mais aussi de « chemtrails » constitués de produits chimiques « aérosols » dangereux.

Par ailleurs, personne ne souhaite être exposé aux nuisances sonores et aux résidus de combustion des décollages et atterrissages d’un trafic aérien qui ne cesse de se développer, notamment à la faveur d’une exonération de taxe sur le kérosène et de TVA sur les billets. Ne devrait-il pas aller de soi qu’on ne survole aucune zone densément peuplée ? et qu’on indemnise ou exproprie les victimes résiduelles ? Avec des pistes de décollage situées à moins de 2 km de la ville la plus densément peuplée du pays, l’aéroport urbain de Zaventem ne devrait-il pas être contraint de revoir ses couloirs aériens pour être conforme aux règles européennes et aux heures de sommeil ? Devant l’inertie des ministres réformateurs Galant et Bellot, il y a du travail en perspective pour le prochain gouvernement fédéral et de la vigilance à maintenir pour le gouvernement bruxellois.