Archives pour la catégorie Environnement

Choisir la  » bonne  » géothermie

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Nous sommes les premiers (après les germanophones) a avoir constitué un gouvernement. Il a défini ses priorités vertes et sociales, que la presse a détaillées. Je comptais vous reparler aujourd’hui d’une énergie urbaine durable: la géothermie. Apparement, je n’en trouve pas trace dans l’accord de gouvernement.

Le signal d’alarme lancé par des sismologues par rapport aux installations de géothermie profonde – qui exploitent la chaleur en forant à plusieurs kilomètres sous terre –  a semé le doute sur la géothermie, que nous avons présentée comme une alternative durable pour notre production d’énergie et la climatisation de nos bâtiments.

Un de nos lecteurs – ingénieur – tient à faire la distinction entre la géothermie verticale profonde et la non profonde. La géothermie profonde, il n’y jamais vraiment cru: vraiment trop cher et compliqué chez nous, pour des résultats peu convaincants du point de vue du rendement énergétique. Si en plus il y a des risques sismiques, il faut évidemment arrêter les frais immédiatement. 

Par contre, il reste convaincu que la géothermie verticale non profonde peut jouer un rôle majeur dans notre mix énergétique, et encore mieux si on peut la coupler au refroidissement passif : on « recharge » alors le sol en calories pratiquement gratuitement pendant l’été, ce qui améliore énormément le rendement des pompes à chaleur en hiver.

Cela sera-t-il encouragé par le programme du nouveau gouvernement bruxellois ?

 

Des arbres pour contrer le réchauffement ?

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A l’échelle de la ville, des « forêts urbaines » pourraient créer des microclimats utiles pour contrer le réchauffement dans de nombreux quartiers. Aujourd’hui, à une toute autre échelle, l’université ETH de Zurich – citée par la RTBF  et développé par European Scientist – suggère de planter des centaines de milliers d’arbres sur la planète, en vue de capter le carbone excédentaire que nous produisons. La solution la plus efficace et la moins chère pour contrer le changement climatique, disent-ils.

Dans la très sérieuse revue Science, les chercheurs affirment que 900 millions d’hectares de couvertures arborées supplémentaires pourraient pousser sur la Terre, sans toucher aux zones aujourd’hui occupées par des cultures ou des villes. Ces nouvelles forêts auraient la capacité d’absorber 205 gigatonnes de carbone, sur les 300 gigatonnes qui ont été ajoutées à l’atmosphère depuis la fin du 19e siècle et le début de l’ère industrielle.

Devant le bel enthousiasme déclenché par cet article, d’autres scientifiques relativisent et rappellent que des arbres plantés aujourd’hui prendront au moins 50 ans avant d’atteindre leur plein effet d’absorption. Dans Science Media Centre, divers académiques réagissent et précisent que ces plantations ne nous dispenseraient pas de devoir faire baisser à zéro les émissions de gaz à effet de serre. D’autres vont plus loin: planter des arbres est devenu un alibi bien pratique pour pouvoir continuer à polluer sans être pointé du doigt.

Construction: en finir avec le gaspillage d’énergie

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Qui dit immeubles de bureaux, grands hôtels et tours de logement, dit souvent façades de verre scintillant au soleil, lumières à profusion, air conditionné, ascenseurs par dizaines… De quoi consommer un maximum d’énergie et émettre des gaz à effet de serre en quantité (1).
Si aujourd’hui, il est possible et nécessaire de construire autrement, New York – capitale historique des gratte-ciel – entend cependant rester pionnière en obligeant les anciens gratte-ciel à  se transformer pour réduire drastiquement leur consommation d’énergie.

Le magazine GEO, publie un article avec AFP, qui confirme que la mairie de New York a entériné en avril une loi « révolutionnaire » dans l’Amérique de Trump. La  » Climate Mobilization Act « , en fait la première métropole américaine à mettre en oeuvre son engagement à réduire ses émissions de 80% d’ici 2050. Elle oblige les édifices de plus de 2.300 m2 – soit quelque 50.000 bâtiments représentant le tiers des émissions new-yorkaises – à réduire leurs émissions de 40% d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2005.  » Elle va avoir de nombreux effets positifs, comme créer un marché et une demande pour les technologies d’efficacité énergétique » (2), qui pourront être utilisées dans d’autres villes américaines et européennes aux climats comparables.

Bien que le texte de loi garantisse des facilités d’emprunts à long terme par la mairie, il a été combattu par le puissant secteur immobilier, effrayé par les plus de 4 milliards de dollars de travaux de rénovation qu’il pourrait entraîner, selon certaines estimations. La Trump Tower, tour de 58 étages érigée par Donald Trump sur la 5e Avenue en 1984, en est un exemple. C’est aujourd’hui l’un des bâtiments les plus énergivores de la ville. Le maire démocrate Bill de Blasio, candidat à la présidentielle 2020 et très anti-Trump, l’a menacée de plus de 500.000 dollars d’amendes annuelles lorsque la loi entrera en vigueur. Selon Nilda Mesa (1) ce type de rénovation  » est économiquement rentable … et le marché s’adaptera « .

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(1) Chauffage et climatisation génèrent 70% des émissions de CO2 et 84% des émissions de SOX. Il s’agit donc de la première source de gaz à effet de serre à Bruxelles (IBGE)
(2) Nilda Mesa, directrice du programme de développement durable de l’université Columbia

Happy Monday: des fleurs des champs chez vous ?

 

Des bouquets de fleurs oubliées, cueillies dans la région ou chez de petits producteurs bio, et vendus directement au consommateur, en circuit court. C’est une initiative lancée voici un an par deux amies, un peu sur le modèle des paniers de légumes bios, comme elles le confient dans un article de la RTBF, qui insiste sur la très faible empreinte écologique du projet.

Pour la récolte, elles disposent de trois immenses jardins avec des bleuets, des pavots, des centaurées, des verbena, des aromatiques aussi, comme le romarin ou la sauge … De la graine au bouquet, tout est fait maison: semer, repiquer, cultiver, composer les bouquets, qui sont confectionnés en fonction des commandes, afin d’éviter le gaspillage. Les clients viennent les chercher le vendredi fin de journée. Les fleurs tiennent une bonne dizaine de jours sans problème … mais c’est dans la région de Charleroi que se situe Dansons la Capucine.

Qu’à cela ne tienne, Bruxelles n’est pas en reste, même si l’offre semble un peu plus sophistiquée. Haut les coeurs vient livrer ses fleurs à vélo dans les 19 communes. On s’abonne pour un bouquet par mois, ou deux, ou trois …  Mais il y a aussi Origaniques qui cultive un beau concept dans le Sud de Bruxelles et puis encore la Boutique 12, où s’installe le poète des fleurs oubliées, tous les vendredis et samedis chez Hunting and Collecting au 17 rue des Chartreux. Une journaliste dit ICI tout le bien qu’elle pense de ce nouveau concept. Vous pouvez évidemment aussi faire un tour à vélo le long du canal vers CERIA et faire votre récolte personnelle.

photos Dansons la Capucine

 

L’intelligence artificielle capable de deviner

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Un développeur américain a mis au point une forme d’intelligence artificielle qui “ efface ” les voitures des rues, comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo ci-dessous. Ce n’est pas encore parfait et peut sembler à la portée de n’importe quel utilisateur de Photoshop, mais en vidéo c’est une autre affaire. Il ne s’agit pas seulement de repérer et de gommer des voitures en mouvement, mais aussi de reconstituer automatiquement le paysage qu’elles cachent. Un logiciel peut donc aussi  » deviner «  !  Voir la vidéo d’une minute ICI.

Cet exploit n’a été rendu possible que grâce à l’intelligence artificielle, et même grâce à deux réseaux antagonistes génératifs (GAN) qui permettent au programme de “ deviner ” le paysage qui se cache derrière le véhicule effacé. Une technique qui associe deux réseaux neuronaux indépendants, et dont les résultats sur de simples photos sont bluffants. C’est l’Huffingtonpost qui relève ce travail encore au stade expérimental.

Avec ce programme, on peut se permettre de rêver, en imaginant concrètement une ville libérée de ses voitures, dont le programmeur “ ne voit pas l’utilité ” dans une ville moderne aux multiples moyens de transport alternatifs dont il y a encore beaucoup à dire et à réguler.
S’il compte encore travailler sur le programme avant de le partager, l’auteur prévoit à terme de rendre le code public. La lectrice qui nous a transmis l’information, ne peut toutefois manquer de se demander ce que ce programme permettra en termes de fake news, lorsqu’il tombera dans des mains malveillantes. Un procédé qui peut faire froid dans le dos.