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En vacances à Bruxelles

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Nora, 9 ans et demi, ne partira pas au Maroc cette année à cause du corona.  « Moi, la première fois que je suis sortie, c’était fin mai, » renchérit sa copine Isra, qui elle non plus ne partira pas. Cela après un confinement difficile, en petit appartement. « En plus, ma télévision était en panne». Beaucoup d’enfants ont souffert d’avoir été confinés à l’étroit et de ne plus voir leurs ami.e.s. Le mot d’ordre, maintenant, c’est sortir, sorti, sortir. C’est Arthur Sente qui raconte cela dans son reportage pour Le Soir.

Alors qu’un été sans vacances et sans grands événements se profile de plus en plus clairement, réinvestir les places, les rues et les plus petits interstices urbains devient salutaire. Aux quatre coins de la capitale des initiatives fleurissent et questionnent le partage actuel de l’espace public. Les cafés sont autorisés à élargir leurs terrasses, pourquoi des habitants sans jardin ne pourraient-ils pas installer une pelouse  ou un bac à sable sur l’emplacement de parking devant leur porte ? comme Xavier et Leen à Schaerbeek, qui tiennent tête à l’administration avec leur « CitizenGarden ».

Le Soir poursuit: plusieurs initiatives citoyennes ont été sélectionnées dans le cadre de l’appel à projet Bruxelles en Vacances lancé par le gouvernement régional en juin, petit subside et autorisation d’occuper l’espace à la clé. D’autres voient le jour de manière plus autonome ou avec le concours de communes. Les grands principes sont les mêmes: donner de l’air à la ville, mais aussi pousser la réflexion sur l’utilisation qui est faite de l’espace public urbain, encore largement dominé par la présence des voitures. Un été qui pourrait laisser des traces.

Happy Monday: Bruxelles renoue avec ses arbres

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Des arbres qui meurent de soif à Bruxelles, cela appartiendra bientôt au passé, grâce à une puce électronique qui va leur être implantée. Par ailleurs, une véritable forêt urbaine de 2,5 hectares vient d’être ouverte au public, grâce à Nicola de Schio et à un comité d’habitants d’Uccle, qui en ont découvert l’existence, ont commencé à la nettoyer et à remettre ses sentiers en état. Deux très bonnes nouvelles pour nous et pour les arbres de la ville.

Plusieurs communes semblent avoir pris conscience de la nécessité de planter des arbres et de les protéger, comme le relève l’article de Patrice Leprince dans Le Soir. Le béton a coulé à flots dans nos artères, nos places ont été minéralisées, obligeant très régulièrement les habitants à se mobiliser pour tenter de sauver arbres et autres friches menacés par l’urbanisation effrénée de la cité. L’immense forêt de Soignes a progressivement été fortement réduite, au début du XIXe elle faisait cependant encore 10.000 hectares contre les 4.400 hectares actuels.

Cette attention et cet élan de solidarité pour l’arbre et la forêt pourraient suggérer que la relation entre les hommes et les arbres commence à changer. Les arbres étaient là bien avant nous. Depuis l’invention de l’agriculture, les civilisations humaines les ont considérés comme des objet et non comme des êtres vivants. Nous nous sommes construits aux dépens des forêts, opportunément mythifiées en repaires de bêtes sauvages, de brigands, de sorcières et autres êtres maléfiques. Science & Vie consacre un article de fond passionnant à « ces arbres qui aujourd’hui peuvent nous sauver ».

Insérer le climat dans le plan de reprise ?

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Mais non. « L’enjeu n’est pas d’intégrer le climat dans le cadre du plan de reprise, mais d’insérer le plan de reprise dans les limites du climat. »  dit le rapport que vient de publier le Haut Conseil pour le Climat, instauré en France dès 2018.Traduction: assez de mesures paillettes et autres amuse-gueule réglementaires, il faut du lourd et du structurel poursuit un article très complet d’Alternatives Economiques. La situation n’est pas différente en Belgique sans gouvernement fédéral mais avec ses 9 ministres de la santé …

Vivement un gouvernement de plein exercice. Le gouvernement minoritaire Wilmès gère l’urgence comme il peut, mais il est indispensable d’avoir rapidement un gouvernement qui a une vision, un programme à long terme et un budget, dans lesquels les nécessaires mesures d’urgence peuvent s’inscrire de manière cohérente. Voilà un an que les gouvernements régionaux sont en place et agissent quotidiennement, sans qu’une politique globale fixe les objectifs, notamment sur le plan climatique, qui semble être passé à l’arrière-plan.

« Absence de conditions écologiques imposées à l’automobile et à l’aviation, grands bénéficiaires de mesures de sauvegarde face aux impacts économiques de la crise sanitaire, le HCC avertit: aucun secteur émetteur – transports, agriculture, bâtiment, industrie, énergie – ne marque de baisse substantielle”. Pareil en Belgique, le gouvernement devra établir un état des lieux et prendre les mesures utiles pour respecter les engagements pris par la Belgique à Paris, s’il veut éviter une crise climatique qu’aucun vaccin ne viendra enrayer. Une bombe à retardement, qui fait tic-tac tic-tac tic-tac, sans que l’on sache quand elle explosera.

Une ville accessible

Vous l’aviez imaginé comme cela l’an 2.000 ? Non, il ne nous aura pas tous dotés d’ailes dans le dos, ni même d’un drone – qui se contente jusqu’ici de livrer des marchandises à domicile – pas même un taxi volant ou une voiture autonome immédiatement en vue. Etre plus mobile et plus rapide n’est plus vraiment une fin en soi. Tout à dix minutes de son domicile et pour aller plus loin, l’avenir présage plutôt un partage plus équilibré de l’espace public entre plusieurs modes de transport publics et privés, avec une priorité aux modes les plus doux. Non, on ne va cependant pas mettre votre grand-mère sur un vélo, fut-il électrique. Oui, il va falloir demander un peu plus de discipline et de respect aux adeptes des vélos, trottinettes et autres mono-roues, qui mettent trop souvent les piétons en danger.


Bruxelles 2040 – Etude prospective en matière de mobilité confiée aux bureaux d’étude Technum (devenu Tractebel) et Espaces-Mobilités: un autre partage de l’espace disponible en entrée de ville

Dix ans plus tard – en 2050 – voilà comment Vincent Callebaut imagine les villes: plus denses, plus vertes et dépolluées. Cet architecte visionnaire belge, formé à l’ULB et dans la lignée des cités végétales de Luc Schuiten. Il s’est rendu célèbre par des projets d’écoquartiers à l’allure futuriste, qui intègrent tant les énergies renouvelables que l’agriculture urbaine. Sauf évidemment, si après réchauffement climatique et épuisement des resources, nous finissons tous dans des sortes de favelas – avec tout de même l’eau courante – comme l’annonçait Edgar Morin dans une conférence à Bruxelles. Il en reprend le concept dans une interview, tout aussi visionnaire, où il affirme « qu’il est vital de penser autrement » et il décrit un avenir plus simple, pour une l’humanité contrainte à une frugalité heureuse.

©Vincent Callebaut Architectures – Paris en 2050