Archives de catégorie : Projets

Une mixité choisie.

Le CPAS de Saint-Gilles vient d’acheter, rue de Suède, un immeuble complètement à l’abandon. Un article de BX1 précise que le CPAS va le rénover grâce à une subvention de la Région, en vue d’y aménager sept logements de deux à quatre chambres, dans un délai de moins de trois ans. La confirmation d’une politique affirmée de dispersion des ménages sur le territoire.

Cette opération va permettre à la fois d’éliminer un chancre urbain, d’aménager de grands logements pour les familles, d’accroître la mixité sociale et de créer du logement à tarif social sans consommer de terre arable. Bingo ! De plus, les nouveaux habitants bénéficieront des infrastructures de proximité et des écoles existantes. Il ne restera qu’à planter quelques arbres de plus.

De tels logements peuvent être rapidement mis à disposition d’une population à faibles revenus. Cette dispersion volontaire nous change des grands ensembles en béton qui rassemblent de trop nombreuses personnes précarisées, dont les enfants se retrouveront aussi massivement dans les écoles environnantes avec l’étiquette stigmatisante « enfants du Foyer Communal ». Ni spectaculaires, ni médiatiques, de telle opérations permettent aux communes d’accroître leur trop faible parc de logements publics à loyer modéré. Leur pourcentage par commune va vous étonner.

Bruxsels 2030

Bruxelles est candidate au titre de capitale européenne de la culture en 2030. Elle se prépare à le gagner. Trente ans après sa première sélection – avec d’autres capitales – elle est pleine de projets qui se veulent rassembleurs. “C’est une ville super diverse, très internationale, connectée au monde entier. C’est une ville extrêmement jeune.” De beaux atouts, estiment les chargé.es de mission Hadja Lahbib et Jan Goossens, qui ont déjà rencontré plus de 400 personnes et groupes.

Depuis lundi, ils ont ouvert pour une semaine, un vrai laboratoire citoyenSummer Assembly – dont le contenu complet est ICI. C’est trilingue et tout le monde est bienvenu. Encore temps de s’inscrire pour y apporter ses idées et livrer ses commentaires. Cela se passe dans le bel espace « Tour à plomb » 24  Rue de l’Abattoir, en face des Arts et Métiers.

Quelle est votre vision rêvée pour le Bruxelles de demain ? est sans doute une interrogation précieuse et porteuse d’espoir en ces temps incertains. Un programme enthousiaste et varié animera aussi cet été bruxellois. « On se projette dans le futur: cet été nous sommes en 2030 ! Et on envahit les rues, les parcs et les espaces publics de la capitale avec des projets participatifs ! Cet été on sort, on s’amuse, on construit notre avenir à Bruxelles : 2030, nous voilà ! »

Photos de Brussels 2030 et du site de la Ville © Georges de Kinder

Encourager la citoyenneté.

Pour meubler le « cours de rien » – une option face aux cours de religion et de morale laïque – un cours de citoyenneté avait été mis en avant et semble être d’application. Même intention pour le parcours d’accueil obligatoire pour les nouveaux arrivants non européens (tiens, rien qu’eux ?). Reste à savoir quel sera son contenu final et si les communes sont enfin prêtes pour sa mise en application le 1er juin ? Et pourquoi pas destiné à tout un chacun, comme le cours d’histoire des religions évoqué (sans succès) pour l’ensemble des réseaux d’enseignement ?

L’importance d’une telle formation n’a pas échappé à la Chine, qui va lancer à Hongkong un nouveau cours de « citoyenneté et développement social », centré sur la sécurité nationale, le patriotisme, l’identité et l’ordre public dans les classes de lycée. Il remplacera les liberal studies, qui mêlaient jusqu’ici culture générale et philosophie, initiant les élèves à la pensée critique sur le territoire, comme le relate cet article du Monde.

On ne naît pas citoyen, on le devient. La famille, l’entourage et l’école ont un rôle important à y jouer. C’est d’autant plus vrai, qu’à Bruxelles une majorité de personnes n’ont pas de passé commun. Si leur avenir est ici, n’importerait-il pas, pour faire peuple, qu’un genre de  liberal studies, soit mis en place pour dispenser « culture générale et philosophie, initiant les apprenants à la pensée critique ? »

La science est-elle neutre ?

Ingénieurs, architectes, agronomes, médecins se réclament à juste titre de leurs connaissances scientifiques pour justifier leurs interventions et leur pouvoir. Mais les sciences diffusées dans l’enseignement supérieur et universitaire sont-elles neutres et donc apolitiques ? La récente protestation d’une poignée d’ingénieurs, fraîchement diplômés, a fait resurgir la question. Au service de promoteurs, de constructeurs, de l’industrie agroalimentaires ou pharmaceutique, ces jeunes scientifiques trouvent-ils leur place ? sont-ils entendus ? sont-ils écoutés ?

The Conversation consacre une analyse intéressante de cette prise de conscience nouvelle, qui touche un certain nombre d’étudiants, mais qui questionne aussi le contenu des cours, l’éthique et la critique qui devraient les accompagner. « Vivement critiques du modèle économique capitaliste, du secteur industriel jugé néfaste sur le plan écologique et des promesses techno-scientifiques présentées comme des instruments de préservation de l’ordre existant, les propos tenus révèlent une dimension revendicative peu répandue au sein d’un corps professionnel qui exprime généralement un faible intérêt pour les questions d’ordre social et politique. »

Les étudiants évoquent « souvent le besoin de comprendre les effets écologiques des technologies étudiées et formulent explicitement la demande que cette dimension soit abordée au sein des enseignements techniques. Ils s’adressent aussi aux directions des écoles et sollicitent l’intégration de cours en sciences humaines et sociales dans les cursus afin d’acquérir des connaissances réflexives et critiques au sujet des sciences, des techniques et de leurs interactions avec la société. » Qu’en est-il dans nos haute écoles et universités ?

Se chauffer à l’hydrogène

Bientôt fini le gaz et le mazout. Chauffer les nombreuses maisons bruxelloises datant d’avant 1970 avec des pompes à chaleur ne sera pas possible, sauf  moyennant de gros travaux d’isolation, soutenus par la Région avec Renolution. Sibelga, qui gère la distribution de l’énergie à Bruxelles, s’en inquiète et propose des solutions innovantes. Bruzz a récolté leurs réponses, traduites ICI pour vous. L’Echo y consacre aussi un article.

Pourquoi ne pas utiliser le réseau de gaz naturel, pour y envoyer de l’hydrogène qui n’émet pas de gaz à effet de serre ? Il permettrait de chauffer les maisons anciennes. Si l’hydrogène est insuffisamment disponible, Sibelga prévoit des pompes à chaleur hybrides à hydrogène, la chaudière à hydrogène prenant le relais pendant la période la plus froide de l’hiver. Il reste des obstacles, mais Sibelga et nos universités préparent l’avenir. Les constructeurs aussi.

Si l’avenir de l’hydrogène à Bruxelles vous intéresse et si vous avez raté le débat organisé avec l’ULB à la Fondation Universitaire, vous trouverez ICI la vidéo complète de cette brillante matinée d’étude. Si le son est un peu confus au début, cela s’améliore nettement un peu plus loin. Les taxis propres à hydrogène qu’on y a testés et la station de remplissage annoncée ne seront pas d’actualité à Bruxelles, tant que le gouvernement n’aura pas accordé les 60 licences nécessaires, combattues par une partie du monopole des taxis. Les vrais écologistes apprécieront.