Archives de catégorie : Projets

14 objectifs, 64 mesures.

Bruxelles n’est pas une ville propre, la faute à ses services publics et à ses habitants. Alain Maron vient de lancer la mise en application de son plan pour que cela change. Il mise notamment sur la coordination (absente) entre les différents services communaux et régionaux, mais aussi sur des « Managers de la propreté » par zone, pour plus de cohérence. Il dégagera 80 millions en 3 ans pour que l’opération Clean Brussels arrive à ses fins.

Les sacs éventrés, les empilements de sacs aux coins de rues, l’absence de poubelles rigides, de mauvais jours de collecte pour les commerces, les rues salies après collecte, … autant de constats citoyens quotidiens, que les Managers de la propreté devraient confirmer et résoudre. La coordination entre Communes et Région devrait être enfin structurée. Des résultats devraient être visible avant la fin de l’année prochaine.

Sacs sortis le mauvais jours, mégots jetés en rue, dépôts clandestins, … les citoyens ont aussi leur responsabilité dans l’état de malpropreté de leur ville. Des actions éducatives sont prévues, y compris dans les écoles, mais aussi de la répression sous forme d’amendes, avec bientôt perception immédiate. BX1 et Bruzz en disent plus.

Happy Monday: le biochar, nouvel or noir ?

Les Bruxellois produisent énormément de déchets, mais ils les trient de mieux en mieux. Nos déchets organiques devront bientôt être obligatoirement placés dans des sacs oranges pour pouvoir être traités. Cette biomasse d’origine végétale est aujourd’hui utilisable comme source d’énergie.

Cette biomasse pourrait aussi être traitée par pyrolyse pour produire une sorte de charbon biologique, appelé « biochar ». Il est déjà utilisé en agriculture pour augmenter la qualité des sols, mais il permet aussi de lutter contre le réchauffement climatique par séquestration à long terme de carbone atmosphérique dans les sols. Un double bénéfice, bien décrit dans cet article du magazine Horizons.

Le biochar se différencie du charbon de bois par son utilisation directe dans le sol, plutôt que comme combustible. Au lieu de libérer du CO2 dans l’atmosphère lors de la combustion, il agit comme un puits de carbone. Un lecteur, professeur à l’ULB, nous livre ICI ses commentaires et soulève quelques questions intéressantes.

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Si vos fenêtres captaient de l’énergie ?

C’est ce que la découverte d’une équipe scientifique suisse laisse entrevoir. Si toutes les fenêtres de nos maisons et bâtiments pouvaient capter la lumière et la transformer en énergie, nous pourrions très largement diminuer nos achats d’électricité.

Cette technologie consiste à utiliser un colorant photosensible à la surface d’un semi-conducteur pour convertir la lumière visible du soleil en énergie. Pas seulement la lumière solaire directe, mais aussi la lumière ambiante. C’est là que les Suisses ont battu le record d’efficacité des panneaux solaires entièrement transparents. Ils ont porté le rendement de conversion énergétique à 15 % en cas de lumière solaire directe et à 30 % en cas de lumière ambiante.

Le chaînon manquant: des photosensibilisateurs transparents capables d’ « absorber » la lumière dans tout le spectre de la lumière visible. Ce sont des molécules qui sont activées par la lumière. Cette révolution technologique pourrait ouvrir la voie à une mise en œuvre généralisée des fenêtres génératrices d’énergie. Vous en saurez bien plus dans cet article qui vous révèlera aussi d’autres sources scientifiques.

Réchauffement en cours.

Les changements climatiques sont aussi perceptibles à Bruxelles et l’action climatique en cours est insuffisante. Selon Transitions et Energies, cela va reporter sur les générations futures une part bien trop élevée des engagements de réduction d’émissions. Un scénario inquiétant à mesure que le temps passe. L’enjeu des prochaines étapes de la négociation climatique sera par conséquent d’aller vers un scénario plus rassurant, en accélérant les transitions énergétiques et en isolant les logements.

Les gaz à effet de serre (GES) que nous avons produits sont toujours stockés dans l’atmosphère et compte tenu de l’inertie de ce stock, il faut de vingt à trente ans, pour que la baisse des émissions impacte significativement ce stock. Le temps d’une génération. Le réchauffement climatique est donc bien une affaire générationnelle. L’article de Transitions et Energies la détaille et avance 3 scénarios possibles.

En 2050, la génération Covid aura 30 ans. Le climat qu’elle connaîtra sera largement déterminé par le stock de GES dans l’atmosphère dont elle a hérité en 2020. Le réchauffement moyen aura dépassé 1,5 °C, quel que soit le scénario considéré. Elle devra faire face à des impacts plus sévères que ceux du monde à 1,2 °C prévalant lors de sa naissance. C’est après 2050 que les conditions climatiques divergeront fortement suivant les trajectoires d’émission et la couleur des scénarios retenus.

Du haut de ses 101 ans

Edgar Morin sera le grand invité de l’hôtel de ville de Bruxelles, ce mercredi 16 novembre à 19:30. Philosophe et sociologue, ce grand penseur profitera certainement de l’occasion pour nous inviter à nous « réveiller » et nous sortir de ce qu’il appelle un « somnambulisme généralisé ». Cette sorte d’inconscience qui lui rappelle celle qu’a connu le monde de 1933 à 1940 et qui a conduit à la deuxième guerre mondiale.

A 100 ans révolus, Edgar Morin s’est senti le devoir de publier un court manifeste à l’impératif, Réveillons-nous ! (Denoël), pour nous alerter sur l’urgence à agir face à la crise de l’humanisme et à la crise écologique. A quelques jours près, il aurait pu ajouter « et face au retour de la guerre en Europe »… C’est Le Soir qui a publié cela début mars, dans un article qui donne largement la parole à Edgar Morin.

Il y prône une « nouvelle politique humaniste de salut public ». Le principe est de changer de voie, c’est abandonner la voie dite néolibérale qui non seulement consacre l’hégémonie du capital et du profit, mais privatise les indispensables services publics. Il s’agit d’opérer progressivement le recul de l’hégémonie des puissances d’argent, de dépasser l’alternative stérile entre croissance et décroissance, de faire croître les productions utiles et indispensables aux individus, y compris les biens culturels.

Photo extraite de The Conversation / Edgar Morin à l’Unesco, le 2 juillet 2021. AFP