Archives pour la catégorie Projets

Des contributions plus équitables ?

Vous avez une entreprise qui réalise des bénéfices dans toutes sortes de pays, mais vous concentrez ces bénéfices dans une filiale, installée dans un pays qui ne taxe pas ou peu les bénéfices. C’est ce que fait Microsoft, qui réalise des bénéfices chez nous, mais les rassemble dans sa filiale irlandaise, qui n’occupe aucun employé, mais où son taux d’imposition est zéro, comme le détaille cet article du Guardian. Cette société n’est évidemment pas la seule à pratiquer ce genre de stratégie en toute légalité.

Les ministres des Finances du G7 viennent de s’accorder pour mettre fin à cette situation. Si la négociation mondiale en cours va jusqu’au bout, au G20 et au sein du Cadre inclusif qui regroupe 139 pays, ce genre de transferts artificiels de bénéfices dans les paradis fiscaux ne sera plus possible. Deux piliers. Le pilier 1 fixe les règles permettant de réaffecter les profits transférés artificiellement vers les pays où l’activité a réellement lieu. Le pilier 2  établit un seuil minimal d’imposition des profits logés à l’étranger. Quand une multinationale arrive à un taux d’imposition compris entre zéro et 3 % grâce aux paradis fiscaux, à l’avenir, elle devra payer la différence entre le taux de 3 % et un taux minimum. Actuellement les pays du G7 l’ont fixé à « au moins 15 % », les ONG réclamant 25%.

Un accord mondial n’a jamais été aussi proche. Deux raisons poussent à l’optimisme. Le président Biden et les Etats-Unis mettent toute leur puissance pour convaincre tout le monde. Du côté de l’OCDE, on travaille 15h par jour pour faire avancer les négociations. Mais tant que rien n’est signé, tout peut encore capoter. Quatre semaines pour réussir. C’est Alternatives Economiques qui dit tout cela et se livre à une analyse plus fine que vous trouverez dans le pdf ci-dessous, si le sujet vous passionne.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/19949

Les projets bruxellois de Beliris

Beliris, c’est cet accord financier particulier entre l’Etat fédéral et la Région de Bruxelles, pour que la ville puisse assumer son rôle de capitale multiple. Ce budget compense – partiellement seulement – le manque à gagner de notre Région, suite à l’impôt des personnes physiques qui est toujours perçu sur le lieu de domicile, plutôt que sur le lieu de travail, où la richesse est créée. Cette fois, nous avons la chance d’avoir une vraie bruxelloise – Karin Lalieux –  comme ministre en charge de Beliris. Cela semble avoir facilité la recherche d’un accord ambitieux et l’indexation enfin acquise du budget

L’Etat et la Région viennent de s’entendre sur l’affectation des 845 millions qui seront investis à Bruxelles pour le programme 2020 – 2022. L’axe principal sera manifestement la Mobilité, dont la coûteuse extension du réseau de métro 3 reste le projet phare. Beliris gère aussi l’étude d’opportunité et de faisabilité d’une l’extension de cette ligne vers Uccle et Forest. Le vélo ne sera pas en reste avec le développement d’un réseau cyclable  long des grands axes routiers, lignes ferroviaires, canal et autoroute. Il y a beaucoup d’autres nouvelles réjouissantes, dont la rénovation de plus de 800 logements sociaux. Vous découvrirez tous les projets avec un click ICI et puis encore , en in het Nederlands in Bruzz

Malgré les contributions supplémentaires de Beliris au logement, à l’environnement, à l’urbanisme ou à la culture, ne faut-il cependant pas s’étonner qu’une partie de ce budget attribué à Bruxelles va servir à financer les travaux de rénovation de Bozar, de La Monnaie et pas moins de 15 millions pour le Conservatoire, qui sont des biens de l’Etat, dont la Régie des bâtiments fédérale doit donc assurer la charge. Et cela sans compter les 13 millions pour la rénovation des serres de Laeken, qui appartiennent à la Donation royale.

images extraites d’une vidéo de BX1

Que faire de nos tours ?

Encore très tendance dans le monde des entreprises, il y a deux décennies, la tour est aujourd’hui une espèce en voie de disparition dans pas mal de métropoles européennes. La dernière crise sanitaire et son télétravail ont encore renforcé cette tendance. Modèle d’un autre siècle, le quartier Nord à Bruxelles en est le meilleur exemple. Il est appelé à se métamorphoser. Rapidement.

Le quartier Nord est l’image emblématique (et inachevée) d’un certain futur urbain imaginé par le projet Manhattan de Paul Vanden Boeynants et Charly De Pauw, dans les années 60. Un article de la RTBF résume bien ce fiasco, illustré par la destruction récente des deux tours WTC. Situé sur un important nœud de communication intermodal, le site bénéficie cependant d’une situation stratégique qui attire, dès à présent, de nombreux projets dont la tour ZIN. Ces projets offriront cette grande mixité qui faisait défaut à ce quartier, qui regorgeait de bureaux qui ne correspondent plus aux attentes des clients et s’éteignaient tous  les jours à 17heures.

Un article de L’Echo – exagérément alarmiste –  décrit cependant bien la situation globale. Il donne la parole à la plupart des promoteurs intéressés par les lieux, ainsi qu’au bouwmeester. Chacun y va de ses projets et de ses rêves les plus fous. A  les entendre, on pourrait  bien s’acheminer vers un quartier exemplaire, rencontrant  tous les critères de la ville de demain, dans un environnement aussi vert que culturel. Vous pourrez le découvrir dans le pdf ci-dessous.

image extraite de la vidéo de Befimmo

Bruxsels 2030

En français, en néerlandais et en anglais Bruxels se projette directement dans le futur. Une candidature comme Capitale Européenne de la Culture 2030 a été lancée par la Région. On n’est pas les seuls dans la course. Des villes comme Liège, Gand, Hasselt et Leuven pourraient aussi être candidates. Des collaborations pourraient être envisagées dans le cadre de la célébration du 200ème anniversaire de la naissance de la Belgique.

Parmi 11 dossiers de candidature, la Région a retenu le duo Hadja Lahbib et Jan Goossens (1) pour préparer notre projet. Il et elle ont quelques solides réalisations à leur actif et travaillent déjà quotidiennement à définir les contours du projet, chacun à mi-temps. Ils se sont directement entourés d’un groupe de 18 personnes, parmi lesquelles on retrouve quelques abonnés de ce blog. Dans une interview très complète de Bruzz, Hadja et Jan assurent qu’après la pandémie, on aura l’occasion d’imaginer un nouveau projet de ville pour Bruxelles. Leur interview est traduite pour vous dans le pdf bas de page.

Leur projet ne sera en aucun cas un feu d’artifice d’un an, mais un processus dans lequel les artistes et la culture seront les moteurs d’autres développements, tels que l’urbanisme, la durabilité, la démocratie, la diversité et l’égalité sociale. Cela se fera avec le peuple de Bruxelles, les Belges et les Européens, en vue d’en finir avec l’image administrative de la capitale politique de l’Europe. Que nous soyons retenus où non, l’exercIce ne sera pas vain, 2030 est déjà dans le viseur, comme le détaille ce bel article de L’Echo que vous trouvez aussi en pdf en bas de page.

non, la photo du website AEON – Realchange, ne servira pas nécessairement de modèle

Des loyers impayables

Malgré l’absence de touristes, les loyers ne cessent d’augmenter à Bruxelles, faute d’une offre suffisante. La Région ne reste pas inactive, mais peine encore à juguler ces hausses de prix, comme le révèle cet article de L’Echo. Il peut être intéressant de se pencher sur la situation de Berlin, autrefois réputée pour ses logements publics et ses loyers abordables. De nombreux immeubles publics et privés y ont été rachetés par de (très) gros investisseurs immobiliers, ce qui n’a pas manqué d’entraîner de la spéculation immobilière et des excès de gentrification. Les loyers ont doublé en dix ans, un véritable problème dans une ville où 80% des habitants sont locataires de leur logement. Vu les taux bas, l’immobilier est devenu un investissement, une recherche de profit plutôt qu’une construction de logements. La Ville-Etat de Berlin a réagi.

Pour enrayer la montée des prix du logement, Berlin avait instauré un plafonnement des loyers pour une durée de 5 ans. L’industrie immobilière parle d’un empiétement sur le droit de propriété et a été en justice. La Cour constitutionnelle casse le gel des loyers, promulgué par le Land de Berlin. Il le considère non conforme à la Constitution. La population s’y oppose en se basant sur l’article 15  « les terres, les ressources naturelles et les moyens de production peuvent… être transférés à la propriété publique » en échange d’une compensation. Une liste circule pour réunir les 175.000 signatures nécessaires pour l’organisation d’un référendum demandant à la Ville de racheter des logements aux propriétaires qui possèdent plus de 3 000 appartements. Un pdf (en bas de page) traduit de Vice World News, précise la situation et cet autre article publie une carte originale, qui affiche le prix des loyers par station de métro. Paris et Lille font aussi des tentatives de régulation (voir 2ème pdf).

Un logement est indispensable pour dormir, pour étudier, pour travailler, pour être proche de la ville ettout simplement pour vivre. Le droit à la ville n’est-il pas un droit humain ? L’immobilier peut-il se réduire à un simple objet de spéculation ? Trop de citoyens quittent encore la ville faute de logements moyens abordables et faute de logements sociaux dans les quartiers qui en sont démunis. Les communes et la Région ont leurs responsabilités  peuvent-ils encore se contenter d’insuffisantes promesses ?

photo comité pour l’abolition des dettes illégitimes