Archives pour la catégorie Projets

Le Covid-19 pour les nuls

_____________________________________________

Nous sommes toujours confinés et il fait nettement plus frais. Une occasion d’essayer d’en savoir plus sur ce virus qui transforme nos vies ? Au-delà de l’actualité quotidienne, voici des informations de première main, par des scientifiques de premier plan, qui diffusent des connaissances précises, mais dans des termes accessibles à toutes et à tous. Si vous pouvez libérer une heure, installez-vous et écoutez ICI, plein écran, la conférence passionnante du professeur Philippe Sansonetti, sur le site du Collège de France. « Chronique d’une émergence annoncée « . Un scientifique et un érudit qui sait parler simplement.

Puisque les épidémies sont inévitables, apprenons à les anticiper, déclare Eric Muraille, biologiste Immunologiste à l’ULB. « Il serait avisé de considérer l’épidémie de Covid-19 comme un test de résilience pour notre système économique et nos services de santé et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Cessons de vivre dans le déni ». Dans un article, paru en français dans The Conversation, Eric Muraille demande le refinancement des services publics de santé et l’abandon d’une gestion court-termiste, basée sur le modèle des entreprises privées. Le 12 mars, même Emmanuel Macron déclarait « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ».

Sur le plan politique, Jean-Dominique Giuliani, qui préside la Fondation Robert Schuman, publie « Les 7 défis capitaux pour vaincre le virus ». Un article qui démontre la nécessité de construire une Europe de la Santé. Comme une évidence lorsqu’il s’agit de protéger le citoyen,
Et à Bruxelles, un collectif de la librairie Berthelot à Forest s’est livré à une véritable réflexion de fond à partir de l’épidémie qui nous confine … et nous laisse sans doute le temps de lire.

>>>  last minute: dans les dernières lignes de son article, Le Soir révèle que les dépistages ont pu être réalisés plus massivement en Flandre. Est-ce bien digne Madame De Block ? Ce choix politique expliquerait pourquoi il y a plus de Flamands détectés positifs (ce qui ne se traduit pas dans le nombre de morts). Les comparaisons entre Régions ne sont pas réalistes si la politique de test n’est pas claire et les chiffres ne sont pas rendus publics. Les dépistages sont fondamentaux, la Corée du Sud l’a démontré. Rapport quotidien dans Sciensano.

De la peste au coronavirus

__________________________________________

Les fléaux sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête […]. Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne passe pas toujours et, de mauvais rêve en mauvais rêve, ce sont les hommes qui passent […]. Ils n’étaient pas plus coupables que d’autres, ils oubliaient d’être modestes, voilà tout, ils pensaient que tout était encore possible pour eux, ce qui supposait que les fléaux étaient impossibles. Ils continuaient à faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime l’avenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant qu’il y aura des fléaux ».
« La Peste », Albert Camus (1947)

 Un fléau mondial – le premier de l’ère numérique – et dans lequel télévisions et réseaux sociaux remplacent le chœur des tragédies antiques. Un fléau qui nous convainc qu’il n’y a pas de continent ni de statut social privilégiés. L’épreuve nous rappelle que la vie n’a pas de prix, et que l’Etat qu’on voulait brûler redevient protecteur. L’Europe riche, l’Occident dédaigneux, la Chine puissante retrouvent leurs peurs séculaires.
Jean-Claude Soulery (La Dépêche)

Repères perdus

___________________________________

Billet d’humeur

Bruxelles. Un certain silence. Déjà une semaine de confinement. Du temps retrouvé. Du temps disponible. Pourquoi encore régler le réveil ? Trier la pharmacie. Mille choses à faire. L’impression de vivre une épreuve, plus ou moins confortablement installés chez nous. Nous allons bien, et nous nous sentons mal: étrange sensation. Avec le télétravail, l’impression d’en faire plus qu’au bureau. Sans les rencontres à la machine à café. Improviser à longueur de temps. En fin de journée quel est le bilan ? Sans repères, nous sommes finalement plus perdus que libérés.

« Les enfants font des efforts. Pas facile pour eux, qui ont perdu leur instit et leurs copains. Essayer de maintenir un certain rythme, décider avec eux des horaires “d’école” et des horaires de “récréation”. Pourquoi continuer à travailler sans avoir de devoirs ? Seuls avec nous, l’école est assez artificielle. Les enfants ont perdu leurs repères, eux aussi ». 

Ne pas pouvoir s’empêcher de penser à ceux qui vivent à cinq dans 30 m2. Le huis clos. Comment échapper à l’agacement, à la violence des mots et parfois des actes ? Il y aura des divorces. Le virus met tout à plat. Il ne se contente pas d’envahir le corps des plus fragiles d’entre nous. Il nous mine de l’intérieur. Enfin, il essaie. Résister. Se rassurer en reprenant des sous au distributeur. Inventer une nouvelle vie. Au jour le jour. Profiter du soleil et de l’instant présent, sans savoir pour combien de temps. Vivre sans projet ?

Tous les matins de la semaine, et peut-être aussi le WE, mes billets tenteront de vous tenir compagnie.

photo reçue d’un lecteur

En route vers une langue européenne ?

_______________________________________________

En cette période de crise post-Brexit pour l’Union Européenne, Jean-Marc Sparenberg – professeur à l’ULB – évoque pour nous un retour de l’Espéranto, qui pourrait offrir un nouveau souffle, idéaliste à souhait, dont la jeunesse (et pas seulement elle!) semble avoir particulièrement besoin. Bruxelles pourrait être la ville idéale pour relancer le projet d’une langue européenne, zinneke de langues latines, germaniques, slaves… particulièrement ouverte sur le reste du monde. D’un point de vue purement pratique, l’Espéranto pourrait remplacer l’anglais comme langue de travail européenne, tant au niveau des institutions que de Frontex ou des futurs « casques bleus » européens.

Dans le cadre de l’année des langues, l’ULB invite à une initiation à l’Espéranto le 19 mars prochain, en collaboration avec des étudiants de l’ULB, de la VUB et d’étudiants internationaux. Un projet idéaliste décrit ICI. Intellectuellement fascinant… et joyeux. Une autre utopie pour demain, bien mise en ondes par la RTBF et disponible gratuitement sur AUVIO.

La langue des signes fait aussi un grand retour dans certains pays et les « imagettes » incrustées apparaissent sur plusieurs chaînes TV. Des apprentissages assistés se développent et pas seulement au profit des personnes malentendantes. Malgré les efforts de Gestuno pour en faire l’Espéranto des sourds, la langue des signes est moins universelle qu’on pourrait le croire. En Belgique elle se décline évidemment en une version francophone et une néerlandophone. Néanmoins certains signes commencent à faire le buzz et sont compris par des jeunes de toutes origines, notamment dans les discothèques thailandaises, dont le volume sonore ne permet pas de se parler …

 

L’hydrogène va nous transporter

_______________________________________

Sans autres émissions que de l’eau et sans autre bruit que le glissement sur les rails, le train à pile à hydrogène construit par Alstom est le premier train à l’hydrogène du monde à rouler avec des passagers. Testé depuis 2018 en Allemagne sur la ligne Cuxhaven – Bremervörde, près de Hambourg, il peut accueillir 300 passagers et roule en autonomie pendant 1000 km.  À partir de 2021, après deux ans de test positif, 14 trains à hydrogène remplaceront complètement la flotte des trains diesel de la ligne et d’ici 2022, 41 trains Coradia iLint fonctionneront sur deux lignes allemandes. Un article de la RTBF en dit plus.

Le train à hydrogène sera également testé pendant deux semaines aux Pays-Bas  sur la ligne Groningen – Leeuwarden. Pour la France il y aura une quinzaine de trains d’ici 2022. La Corée s’y est mise aussi, comme la Californie et Saint Pétersbourg ainsi que la Suède pour les trains marchandises. Toute l’actualité des mises en service est ICI. En Belgique, rien de concret pour l’instant et pourtant il subsiste encore une centaine de trains diesel très polluants. La direction de la SNCB se contente de dire qu’elle compte étudier cette option à l’avenir, notamment le long du canal Gand – Terneuzen.

Si la pile à hydrogène est durable et résolument verte sur le lieu de l’utilisation, la production et la compression de l’hydrogène nécessitent cependant beaucoup d’énergie électrique. Dans des pays comme l’Allemagne, celle-ci est encore largement produite à partir du charbon. Plus de 95% de la production mondiale de l’hydrogène est encore issue d’énergies fossiles, mais cela commence à évoluer favorablement.

crédit Alstom

 

 

 

 

 

 

 

https://www.alstom.com/fr/nos-solutions/materiel-roulant/coradia-ilint-le-premier-train-hydrogene-au-monde