Archives pour la catégorie Projets

Happy Monday: Les champs des possibles

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C’est le titre du projet de verdurisation et de piétonnisation des Champs Elysées, que vient de présenter Anne Hidalgo, maire de Paris. Jugée trop bruyante, bondée, polluée, dégradée et même sale, la mairie de Paris a lancé un plan de réaménagement des « Champs ». L’objectif: réduire toutes ces nuisances, rendre l’avenue beaucoup plus agréable aux piétons et améliorer la qualité de l’air en végétalisant les espaces d’ici 2030. C’est le magazine Numéro qui en livre le contenu et plus de photos ICI.

Première étape, la place de la Concorde. Elle deviendra presque intégralement piétonne avant 2024, année des Jeux Olympiques. Directement ouverte sur le jardin des Tuileries, rafraîchie par la présence de fontaines et encerclée d’arbres, elle permettra à nouveau aux passants de la traverser et même s’y installer en toute quiétude. Quant à l’avenue, elle verra l’espace réservé à l’auto réduit de moitié, tandis que l’alignement de dizaines d’arbres sur toute sa longueur et la création de nouveaux espaces verts, viendra protéger les piétons et les cyclistes de la chaleur, en laissant circuler un air enfin respirable.

Un plan d’aménagement sur dix ans avec un budget de 250 millions d’euros. Une vidéo bluffante de 5’ en plein écran, vous propose une visite détaillée de la transformation de cette prestigieuse avenue en “un jardin extraordinaire”. Le temps du « tout à l’auto » appartient résolument au passé.

images extraites de la vidéo youtube

L’inexpertise responsable ?

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Sur les antennes de la RTBF, le philosophe Philippe Van Parijs était invité à débattre de la notion « d’essentiel » qui s’est trouvée au cœur de l’actualité depuis plusieurs mois. Une profession, une activité « essentielle » pour vous, l’est-elle pour moi ? Y a-t-il un « essentiel » commun ? Ensuite, on lui a demandé si la démocratie avait été malmenée, en particulier par le rôle donné aux experts. Il y a répondu en plaidant pour “l’inexpertise responsable”. Deux mots antagonistes. Un oxymore ? Une expression qui peut surprendre, mais qui ne manque pas d’intérêt, en ces temps où les experts de toutes disciplines ont acquis une influence considérable sur les choix politiques de l’exécutif et sur le nouveau mode de vie qui en découle.

Philippe Van Parijs estime que ce qui peut être attendu des membres du monde académique, ce n’est pas de s’exprimer au nom de leur institution, mais de s’engager à titre personnel. Marius Gilbert en est sans doute un bon exemple, très apprécié des Bruxellois. Ils ne peuvent se contenter de s’exprimer en tant qu’experts, de dépositaires attitré d’un fragment minuscule de la connaissance universelle, mais bien en tant qu’inexperts responsables. Ils doivent se permettre de prendre position de manière argumentée sur des questions dont l’opinion publique et les mandataires politiques ont à débattre. Ils doivent s’appuyer sur une synthèse critique des connaissances pertinentes, dont une part seulement relève de leur expertise et même de leur discipline. Les positions qu’ils prennent font aussi inévitablement appel à des jugements de valeur, qu’ils doivent être prêts à expliciter et défendre s’ils ne sont pas évidents pour tous.

Il ne s’agit pas donc pas d’être ou prétendre être « neutres », « purement scientifiques ». Mais il ne faut pas pour autant renoncer à une distinction claire entre faits et opinions. Il importe en effet d’immuniser les jugements de fait contre l’influence des jugements de valeur et celle des intérêts personnels ou collectifs. « L’inexpertise responsable » consiste à aider les responsables politiques, la société civile organisée et les simples citoyens, en articulant le mieux qu’on peut, analyses factuelles et jugements de valeur, pour fonder des recommandations précises sur des questions controversées.

 

20 ans plus tard: un RER ?

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C’est Isabelle Durant (Ecolo)qui avait lancé ce projet il y a 20 ans. Georges Gilkinet (Ecolo) sera-t-il le ministre qui boucle enfin le réseau RER ? Le comité de pilotage vient de se remettre au travail, après un an de torpeur. Georges Gilkinet dans La Libre : Il faut un milliard et demi pour achever le RER côté wallon et bruxellois, et on les a ! Le rail sera la colonne vertébrale de la mobilité de demain. On se passera plus facilement de sa voiture si on peut arriver à Bruxelles plus rapidement en train qu’en voiture. La suite de l’interview se trouve ICI.

Bon historique du projet RER sur Wikipedia. Aujourd’hui, le réseau est quasiment achevé en Flandre, mais on est encore loin du compte sur la ligne d’Ottignies et sur celle de Nivelles-Charleroi. Le ministre se risque cependant à un calendrier: « Un train toutes les 15 minutes sur la ligne Ottignies-Bruxelles d’ici 2026 et un train toutes les dix minutes sur les cinq grands axes mis à quatre voies en 2040”.

Si les Bruxellois ne pourront que se réjouir de voir davantage de navetteurs rejoinder la ville en train, deux questions continuent à les inquiéter. La première c’est que s’il sera plus facile d’arriver à Bruxelles … il sera aussi plus facile de quitter la ville pour s’installer dans la verte banlieue. L’autre question concerne le nombre de gares bruxelloises qui seront desservies. Elles pourraient constituer une sorte de second réseau métro avec titre de transport unique … mais plus d’arrêts allonge inévitablement le temps de parcours des navetteurs. Brussels Studies y avait déjà consacré une étude en 2012. Il va falloir arbitrer.

SNCB train Desiro de Siemens sur Wikipedia

Une autre économie en vue ?

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Suite à la crise sanitaire et à l’attribution de fonds de relance accordés par l’UE (1), on va pouvoir privilégier le qualitatif, donner du sens, remettre l’économie au service de l’intérêt général… ce sont Aurore Lalucq – députée européenne –  et le chercheur hongrois Vincent Liegey qui affirment cela dans Alternatives Economiques. Il et elle énoncent des pistes pour mettre un nouveau modèle en place. Croissance ou décroissance ? Cela revient à se référer à un indicateur datant de 1944, pensé pour la reconstruction d’après-guerre. C’est absurde. Il faut sortir de l’obsession de cet indicateur, passer du plus au mieux.

Le confinement a permis à beaucoup de personnes – notamment aisées – de se demander ce qui comptait vraiment dans leur vie. Beaucoup se sont alors aperçues de la toxicité de leur rythme de vie, de leur travail, et ont pu se focaliser de nouveau sur leurs enfants, leur alimentation et leur santé. Il y a là des leviers de transformation vers un monde où la recherche de sens domine. Pendant ce temps, d’autres ont continué à travailler dans de très mauvaises conditions, sans voir leurs enfants, en faisant la queue pour l’aide alimentaire… S’interroger sur sa consommation est souvent un luxe que certains n’ont pas. Il est plus simple de renoncer à certains biens quand on y a déjà goûté.

Pourquoi sommes-nous autant attachés à un système qui ne nous fait plus de bien ? Ne pas oublier que l’écologie est une question de pauvres. Ce sont les riches qui polluent le plus et les pauvres qui souffrent le plus de la pollution. Au niveau européen, le Green New Deal peut créer des millions d’emplois dans la protection de la biodiversité ou la rénovation thermique des bâtiments. La relance post-coronavirus ne doit pas être une occasion de relancer les boulots inutiles. Des « entreprises à mission » qui agissent pour le bien commun :… impossible ? Vous en saurez plus en lisant de plus larges extraits de leur réflexion.

(1) s’il faut se réjouir d’apprendre que les entités fédérées de Belgique sont arrivées s’entendre sans drames pour la répartitions du gateau européen, certains s’interrogent sur les minces 6,7%  attribués à Bruxelles, alors que la Région produit 20% de la richesse du pays.

Happy Monday: la STIB nous gâte

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Malgré la crise sanitaire et la chute de fréquentation, la STIB arrive à maintenir son offre et ses principaux horaires. Elle fait mieux, avec de bonnes nouvelles pour 2021. BX1 annonçait ICI les nouveautés 2020 devenues largement réalités et maintenant c’est L’Echo qui détaille les projets 2021 de la STIB, que nous résumons ci-dessous, suite à l’interview du CEO Brieuc de Meeûs que vous pouvez lire ICI (1).

Côté matériel, Bruxelles va réceptionner 90 nouveaux trams et les mettre en circulation d’ici le mois de mai. Cela devrait permettre d’augmenter l’offre de 15 % et d’envisager la création d’une nouvelle ligne vers Neder-over-Heembeek. Pas moins de 11 nouvelles rames de métro vont aussi être livrées, en vue de pouvoir assurer une fréquence d’une rame toutes les 2 minutes en heures de pointe sur le tronçon commun des lignes 1 et 5. Le métro sans chauffeur n’est pas pour demain, à cause du prix de l’installation de portes palières sur les quais, qui seront cependant testées dans 3 stations. Le gigantesque et coûteux projet Métro 3 va se poursuivre avec 3 grands chantiers: Albert, Stalingrad et Gare du Nord.

La STIB a aussi loué un bus à hydrogène à la firme Van Hool pour le tester longuement avant de décider de s’engager dans cette filière d’avenir, qui est aussi liée à la production d’hydrogène vert et à la création de postes de recharge. La billettique n’est pas en reste pour tenter d’attirer plus d’usagers. Le payement sans contact d’un voyage unique dans les véhicules avec carte de banque a fait ses preuves et serait largement utilisé. Mais la vraie nouveauté se trouve du côté de l’intégration tarifaire tant attendue entre STIB, TEC, De Lijn et la SNCB. Début février, il devrait enfin être possible de payer avec le même titre de transport tout voyage dans un rayon de 11,5 km autour de la Grand-Place.

(1) article accessible aux lecteurs inscrits gratuitement à L’Echo