Archives pour la catégorie Projets

Faire classe dans les bois ?

Alors que la reprise dans les écoles suscite des interrogations chez les enseignants, les parents et les élèves, l’école dans les bois – très répandue au Danemark en toutes saisons – ne pourrait-elle pas être une solution à envisager en période de pandémie ? A Bruxelles, parc et bois sont proches, mais les écoliers restent confinés à l’intérieur, les excursions sont interdites, alors que le virus est beaucoup moins actif à l’air libre que dans les classes. Comprenne qui pourra.

Habillés d’une combinaison, de bottes et de gants, les parents danois n’ont aucune crainte à voir grimper les enfants aux arbres, à jouer avec de l’eau et à se salir. Faire l’expérience de la nature. Etre émerveillé. Ressentir de la joie, du bonheur, mais aussi de la peur, en sachant entouré par les autres. Apprécier les odeurs, les sons, les goûts, les textures, … S’asseoir près de la chaleur et des bruissements du feu. S’interroger pour comprendre ce qui se passe dans la nature. Croiser la vie et la mort.

Dans le Nord, faire la sieste en terrasse, quelle que soit la météo, est une tradition, car le froid renforce le système immunitaire des enfants. A Bruxelles, vous vous rappellerez l’expérience de BOS évoquée ICI et aussi tentée au Luxembourg et dans plus de 1000 écoles en Allemagne. « Faites du monde naturel – y compris la peur et le risque – une part de l’expérience d’apprentissage quotidienne des enfants ».

Où le virus se propage-t-il le plus aisément ? Où les enfants développent le mieux leur curiosité et leur autonomie ?

 

La future place Sainctelette

une simulation des architectes Arcadis et d’autres vues de taille plus grande sur BX1

Elle n’a de place que le nom, mais depuis l’arrivée du projet de centre d’art contemporain Kanal à la place du garage Citroën, l’échangeur routier Sainctelette se devait de subir un profond lifting,  pour accueillir confortablement ses visiteurs. Ce sont les bureaux AgenceTer, Karbon et Arcadis qui ont été sélectionnés, pour repenser entièrement le croisement entre la Petite Ceinture et le canal. Les retards se sont accumulés suite à de nécessaires études supplémentaires. Après une phase participative encore mise en place avant la fin de cette année, il y aura le dépôt de la demande de permis au printemps 2021. Les travaux ne commenceront qu’en avril 2022, pour se terminer en 2025, selon Bruzz, en même temps que d’autres chantiers dans le quartier.

A quoi ressemblera la future place Sainctelette ? Une grande esplanade s’installera devant Kanal et une place arborée verra le jour côté Molenbeek. Deux passerelles seront ajoutées sur les côtés du pont actuel, afin de pouvoir mettre trams et le bus en site propre et de réserver un espace protégé pour les piétons et les vélos. Les deux fois deux bandes pour les voitures seront maintenues sur Léopold II, mais les voitures ne pourront plus traverser le carrefour depuis le boulevard de Dixmude. Il était aussi question d’une sortie métro plus proche de Kanal et de Tours et Taxis que la station Yser, mais ce projet ne figure pas sur les plans.

C’est BX1 qui annonce tout cela dans un article d’actualité, mais si vous voulez découvrir les différents aspects de ce nouvel espace, allez donc voir cet autre article très illustré de BX1 de 2019. Avec quelques passerelles de plus, de véritable barrière, le canal pourrait progressivement devenir un trait d’union entre ces deux parties de la ville basse.

 

Le projet Néo a du plomb dans l’aile

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L’aménagement du vaste et vert plateau du Heysel doit être revu, cela ne fait aucun doute. Si cette urbanisation devait être étudiée aujourd’hui, il est certain qu’elle serait bien différente du projet présenté par NEO il y 10 ans. Réchauffement climatique, pandémie, abandon du stade national au parking C, remise en question des congrès et surcapacité hôtelière, sont autant d’éléments neufs qui justifient l’étude d’un autre projet. Le bourgmestre Philippe Close s’obstine cependant à maintenir le projet NEO 1, malgré un soutien plutôt mou des échevins Ecolo et de la Région, qui n’a toujours pas délivré le permis d’urbanisme.

Un article de BX1 expose les raisons de cette lenteur et précise que les 600 millions que devait investir le géant des centre commerciaux Unibail-Rodamco sont conditionnés à l’octroi d’un permis au plus tard le 31 décembre 2020. En mauvaise posture, à l’AG de ce mardi, la direction du groupe n’a pas obtenu des actionnaires l’augmentation de capital demandée. Faute de permis, en janvier, le groupe pourrait se désengager et réclamer des dédommagements de l’ordre de 15 millions d’euros. On comprend la pression que Philippe Close  met sur la Région pour la délivrance du permis.

Malgré les incontestables obstacles financiers, IEB, le BRAL et UCM/UNIZO ne sont pas les seuls à voir dans cette situation, une occasion exceptionnelle de revoir la copie du projet d’aménagement du plateau du Heysel de fond en comble, à partir des exigences du monde de demain. Un mode davantage centré sur les commerces de proximité que sur les méga shoppings, sur plus de logements variés plutôt que des hôtels et centres de congrès, sur la préservation des arbres existants plutôt que la plantation de jeunes sujets, sur un étang « nageable » plutôt qu’un miroir d’eau … Après l’échec du stade national, la fin de NEO 2, le départ d’Océade, l’épilogue de la saga NEO pourrait ne pas tarder, avec toutes ses conséquences.

photo extraite du dossier BX1

Vivre sous les toits ?

Bruxelles manque cruellement de logements, mais un grand nombre de maisons ne comptent que deux ou trois étages et parfois même un seul. Sans rien démolir, il serait cependant possible d’ajouter un étage à la plupart des maisons bruxelloises. Des milliers de logements supplémentaires sans consommer un seul m2 de terrain.

Vivre sous les toits a commencé à se généraliser, lorsque de simple tabatières ou des chiens-assis, on pu être remplacés par de vastes Velux, qui apportaient lumière et isolation thermique. Ce type d’aménagement a cependant ses limites en n’offrant généralement qu’un immuable carré de ciel, sans vue sur la ville et sur la vie. L’exemple ci-dessus – plutôt réussi – a été photographié au Marché aux Poissons. Avec sa grande vitre et ses fenêtres latérales ouvrantes, il offre de d’autres d’autres perspectives et une réelle qualité de vie.

Que ce soit pour ce type de rénovation, pour la création d’une terrasse ou même d’un simple balcon, les règles d’urbanisme propres à nos 19 communes sont cependant souvent autant d’obstacles à l’innovation et à la création d’étages complémentaires. Avec la perspective d’un réchauffement climatique à venir et des confinements successifs, ne serait-il pas temps de revoir ces règlementations dans les communes ou alors des dérogations au niveau régional ?

Comment peut-on encore construire des maisons unifamiliales en centre-ville ? (près de Dansaert)

 

 

 

Oui, l’architecture c’est politique

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C’est la réponse à la question que pose la Cellule Architectures de la Fédération Wallonie Bruxelles, qui publie tous les trois ans un livre qui dresse le portrait d’architectures contemporaines à Bruxelles et en Wallonie. Pour sa troisième édition, elle publie un inventaire abondamment illustré. 45 architectures exemplaires désignées pour la première fois par des jurys citoyens. Des maisons privées, des habitats collectifs, des lieux de travail, des équipements collectifs et des espaces publics. L’ouvrage recense également 45 actions engagées pour transformer les villes, les paysages et les vies. Un certain aperçu ICI.

Ce sont les deux commissaires chargés de la sélection – un architecte et une historienne – qui ont voulu aller vers les habitants et sortir du cénacle traditionnel des architectes parlant aux architectes. « On veut reconnecter ce livre au monde réel, aux personnes qui vivent dans ces villes, ces places… ». Bruxelles et ses écoles d’architecture on produit parmi les meilleurs exemples d’architecture Art nouveau et Art Déco. Mais après la “bruxellisation », l’architecture contemporaine ne s’est-elle pas avérée pauvre, fonctionnaliste ou simplement postmoderniste ? On en est encore à devoir citer les anciens sièges de Citroën, de Bruxelles Lambert (aujourd’hui ING), de Glaverbel ou de la Royale Belge/Axa, pour illustrer l’architecture bruxelloise d’aujourd’hui …

Peu d’oeuvres bruxelloises grandioses dans ce recueil, mais un véritable renouveau de la part de jeunes architectes soucieux du choix des matériaux, de leur durabilité, de leur recyclage et d’une réelle collaboration avec les habitants. Loin des « quatre façades entourées de thuyas », des maisons souvent modestes, mais aussi audacieuses, qui s’affirment dans leur rue et que ces architectes aimeraient habiter. Faut-il construire ou rénover ? Est-ce qu’on a tous un lieu dans lequel on se sent bien ? Le beau entraîne un sentiment. Saint-Vide / Leegbeek la vingtième commune bruxelloise. Des dizaine de Post-it interpellant de la part de simples citoyens. Vous l’aurez compris, j’aime ce livre et il sera en librairie dès novembre.

photos extraites de « Inventaires #3 de Wallonie-Bruxelles »