En finir avec les voitures-salaire ?

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Le débat a repris de plus belle depuis que la transition écologique se trouve au centre de l’échiquier politique. Tout a été dit sur le sujet et tout le monde sait qu’une part importante des voitures de société est en réalité un complément de salaire « qui permet aux employeurs comme aux employés qui en bénéficient de réaliser de substantiels bénéfices financiers au détriment du budget de l’État et de la sécurité sociale. Ce qui affecte notamment la capacité de l’un et l’autre à mener des politiques sociales, alors même que le régime de faveur dont jouit cet « avantage en nature » profite principalement aux ménages dont les revenus sont les plus élevés » (Pierre Courbe article de la revue Politique).

Une carte blanche de Trends considère  » les voitures-salaire comme le symptôme d’un besoin de voiture. Besoin ressenti par la plupart des ménages (sic), plus particulièrement lorsque leur quotidien ne se joue pas uniquement dans l’enceinte d’une ville. Si le gouvernement devait décider que seules les voitures hybrides ou électriques pourront encore entrer en ligne de compte, la transition vers un parc automobile plus écologique se ferait à la vitesse de l’éclair « . (ndlr Pour ceux qui en ont les moyens et si la production d’électricité durable peut suivre).

« En 2016, la Belgique comptait environ 650  000 voitures de société pour un total de 5  700  000 voitures en circulation. On peut estimer qu’environ 100  000 voitures de société entrent, sortent ou circulent en Région bruxelloise chaque jour ». C’est ainsi que débute l’étude très documentée que le Brussels Studies Institute vient de publier ICI et qu’un article de BX1 résume à sa manière.
Pour des raisons de justice fiscale et sociale ainsi que pour des raisons de mobilité et de santé, n’est-il pas nécessaire que l’Etat intervienne de manière plus équitable ?

Rappel: la Nuit du Savoir sur Bruxelles abordera notamment la question de la « navette » ce vendredi 29 mars à partir de 19h. Le programme est ICI.

Favoriser la participation citoyenne

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C’est à l’initiative du groupe eChange – que la RTBF présente ICI – qu’un débat  » Démocratie et participation citoyenne «  a eu lieu entre divers politiques, sur base du travail préparatoire du groupe eChange et avec intervention de citoyens. Il s’est déroulé dans le respect, l’ouverture et la recherche de convergences, c’est sans doute inédit ?

Quelques convergences se sont dégagées :
* Le diagnostic et l’impact négatif du fonctionnement actuel des partis en Belgique.
* L’accord des représentants de tous les partis présents pour se mettre autour de la table pour tenter de dégager ensemble les axes d’amélioration du fonctionnement de la démocratie.
* L’ambition de rendre la démocratie plus efficace et plus participative:
– financement plus équitable des partis, en ce compris dans le cas de la création d’un nouveau ou d’une re-fondation de partis existants,
– diminution de leur impact sur le choix des élus (primaires internes, suppression de l’effet dévolutif de la case de tête)
– émergence positive d’innovations telles que l’assemblée citoyenne (en complément de l’assemblée représentative) et du référendum d’initiative citoyenne dans certaines conditions.

Vous trouverez aussi ICI quelques réflexions de participants.

Un nouveau débat public sera organisé par le groupe eChange sur la question de la Mobilité ce mercredi 27 mars à 19H30 à Bozar (Rotonde Bertouille). Vous pouvez vous inscrire ICI.

 

Happy Monday: Bruxsels plus forte

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Ce vendredi 22 mars, la grande salle de l’Espace Magh était archicomble pour se souvenir du 22 mars 2016. Des rescapées et des survivants, entourés de ceux et celles qui leur ont porté secours et de très nombreux habitants, habitantes et enfants de tout Bruxelles, non pour pleurer, mais pour nous dire qu’ils et elles se sentent plus forts après l’épreuve qui les a unis, qui nous a unis. De l’émotion, mais aussi et surtout du courage, de la tendresse, de la fierté et de l’espoir d’un monde plus juste.

Fionn Perry et Noureddine Zerrad étaient à Zaventem quand la première bombe a explosé. Depuis, ils ont réalisé un documentaire d’une heure, un film singulier qui donne un nom et un visage à quatre rescapés et aussi le temps de se confier dans leur quotidien. Le magazine Moustique a entendu les réalisateurs, publié la bande annonce du film et dit pourquoi les Bruxellois doivent regarder « Tous ensemble ». Si vous êtes touchés et émus par cet extrait, trouvez donc le temps de découvrir ICI le film en entier. Entendez les paroles vraies des témoins de l’indicible, vivez les luttes nécessaires pour vaincre les blessures et les cauchemars, pour oser la station Maelbeek, pour reprendre pied dans la vie.

Une soirée pleine de pleurs de joie et d’émotion. Une lourde tristesse face à l’absence de tous ceux et celles qui n’y sont plus, mais aussi un vrai bonheur face à ce public qui partage le courage et la présence des survivants. Une chorale de Boitsfort entame l’hymne « Bruxelles ma belle » de Dick Annegarn. Le slameur Manza crache sa colère mais aussi sa foi en l’avenir de Bruxsel. Ensuite c’est la fête, parce que la haine ne triomphera pas. Bruxsels est plus forte et plus soudée depuis les attentats qui ont atteint la ville dans toute sa diversité.

 

Qui décide ? Qui nous représente ?

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Ce sont nos élus et les gouvernements qu’ils mettent en place qui gèrent la cité et doivent veiller au respect de l’intérêt général. Ce type de démocratie basée sur des personnes élues, supposées nous représenter, est de plus en plus souvent remis en cause et souvent qualifié de  » particratie « . “ Il lui est reproché de couper les mandataires des préférences et du vécu de la population, de produire des processus de décision opaques et peu compréhensibles pour les citoyens, de permettre la défense des intérêts privés ou partiaux des représentants, et de décourager les citoyennes et les citoyens de s’investir dans la vie de la cité (John Pitseys – CRISP) ». « Une fois désignés, en pratique, on peut dire qu’ils ont un chèque en blanc et cette indépendance n’est pas tempérée. Ce débat, davantage posé par la société civile que le monde politique, plutôt perplexe et divisé, n’est pas clos. » (Vincent de Coorebyter)

Des tentatives de démocratie directe émergent malgré les objections que celles-ci soulèvent. Des demandes se font jour pour une démocratie plus participative, pour le droit de vote pour toutes et tous, pour des consultations populaires (comme en Suisse), pour des consultations internet, pour des représentants tirés au sort … Le CRISP vient d’y consacrer un dossier complet que vous pouvez consulter ICI.

On se souviendra des tirages au sort du G1000 de David van Reybroeck, que d’aucuns estiment trop individualiste et ayant produit peu de résultats. Plus récemment, la Communauté germanophone a décidé de se doter, dès l’automne, d’une assemblée de 24 citoyens tirés au sort, dont les détails sont livrés ICI. Leurs voisins luxembourgeois attendent de vérifier si cela va renforcer la participation citoyenne, améliorer la compréhension du processus de décision et renforcer les institutions démocratiques, à l’heure où la confiance dans les partis politiques est historiquement basse.

>>> Anuna De Wever, la pionnière néerlandophone des marches pour le Climat en Belgique, estime que l’enterrement de la loi Climat est une insulte à l’égard des jeunes.

Il n’y aura pas de loi climat

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« Tout ça, ce n’était que des mots : il n’y aura pas de loi climat » c’est ainsi que débute l’édito de Béatrice Delvaux dans Le Soir. « Ils allaient la signer, elle était une urgence, on devait donner un signal fort aux jeunes soudain descendus dans la rue chaque jeudi, brossant l’école pour le climat. On les avait compris et on allait désormais agir en conséquence ».

Et de poursuivre. Ce qui gêne, ce sont les arguments utilisés, surtout celui de l’ouverture de la boîte de Pandore. C’est très petit comme excuse : se cacher derrière la crainte d’une révision d’une Constitution qu’on a si peu souvent hésité à triturer en tous sens pour remplir des objectifs bien moins louables. C’est aussi très faux et donc hypocrite : on a déjà modifié des articles sans toucher à l’édifice « sacré ».

Ce qui gêne, c’est la promesse faite hier au Parlement par les partis du « niet » de trouver d’autres moyens pour arriver au même résultat. Parle-t-on de ces accords de coopération entre fédéral et Régions qui ne se concluent jamais ou alors au prix de palabres sans fin et de complexités qui les rendent impraticables ?

Faut-il rappeler les raisons qui ont poussé des experts à élaborer cette fameuse loi ? Il s’agissait de forcer via la Constitution « toutes les entités belges à coopérer à une politique climatique efficace et à fixer les objectifs et les modalités « . Anuna De Wever, la pionnière néerlandophone des marches pour le climat en Belgique, estime que c’est une insulte à l’égard des jeunes.