Happy Monday: 179 rues cyclistes

______________________________________

Dès le mois de novembre, tout le centre de la ville de Malines se transformera en une seule zone cycliste. Quelque 179 rues du centre – soit 30 kilomètres de voiries publiques – deviendront ainsi cyclables. Ce sont les vélos qui y détermineront la vitesse de circulation. Ils pourront emprunter toute la largeur de la voie et le trafic motorisé ne pourra pas les dépasser.

« Il est très intéressant de donner aux cyclistes l’espace nécessaire dans la ville, afin de tenter un nombre accru de citoyens à utiliser le vélo pour leurs déplacements. Cela permet aussi de ne pas devoir créer des pistes cyclables dans toute la ville » Patrick Princen (Groen) échevin des Travaux.

Une  » zone cyclable  » est composée d’un réseau de pistes cyclables continu. Les cyclistes utilisent toute la largeur des rues. La vitesse maximale y est de 30 km/heure pour l’ensemble des utilisateurs. Il est défendu d’y dépasser les cyclistes. Les véhicules motorisés doivent donc rouler derrière les vélos. Les vélos peuvent dépasser les voitures à gauche.
Une expérience à suivre de près par Bruxelles ?

info et photo vrtNEWS ICI

Où serez-vous ce vendredi à 13h30 ?

__________________________________________________

Quel que soit votre rendez-vous, êtes-vous sûr que ce rendez-vous est plus important que de soutenir la manifestation des jeunes pour le climat ce midi à la gare du Nord ?
Greta Thunberg, soutenue par Adelaïde Charlier, Kyra Gantois, Anuna de Wever et tant d’autres, nous interpellent:  « Les jeunes ont mené les grèves climatiques. Nous avons maintenant besoin d’adultes pour nous rejoindre. Nous ne pouvons pas éviter le réchauffement climatique par nous-mêmes. Ensemble, ce 20 septembre, nous pouvons libérer la résistance de masse. »

On l’a déjà dit et répété, mais si rien n’est fait par nos gouvernements pour rester en dessous des 1,5°C d’augmentation de la température mondiale moyenne, nos droits humains fondamentaux (à la vie, à l’eau, à la nourriture, à la santé ou au logement) seront fortement menacés. Aujourd’hui, limiter drastiquement notre empreinte carbone n’est plus une aspiration, mais bien une nécessité absolue.

Les gouvernements et les plus grandes entreprises doivent prendre des mesures radicales et immédiates, pour changer le cap. Si leur inaction actuelle perdure, cela pourrait être la plus grave violation intergénérationnelle des droits humains de l’histoire. Amnesty International demande aux États d’adopter, sans retard, des mesures fortes en faveur du climat.

________________
Si hier, vous n’êtes pas arrivés à ouvrir le texte « Assumer son cosmopolitisme » d’Henri Goldman, vous le trouverez ICI.

L’intégration pour toutes et tous

_______________________________________

Billet invité

Henri Goldman fait part d’un autre point de vue à propos du parcours d’intégration bruxellois, rendu obligatoire par le gouvernement, mais pas mis en œuvre et pas obligatoire pour tous les nouveaux Bruxellois. Il le développe plus largement dans un chapitre de Demain Bruxsels.

La décision d’obligation a été prise par le gouvernement bruxellois précédent. Mais elle pose des problèmes de mise en œuvre, notamment parce qu’il s’agit d’une compétence communautaire pour laquelle ce n’est pas le gouvernement bruxellois qui est compétent, mais le collège de la Cocom.

Je suis en faveur de cette obligation comme je suis en faveur de l’obligation scolaire. C’est-à-dire comme un service universel. Or, ce n’est pas du tout le cas : sont exemptés de cette obligation tous les ressortissants de l’UE ainsi que les ressortissants turcs, par convention bilatérale les assimilant à des Européens. Soit… une bonne moitié des nouveaux migrants.

De toute façon, le dispositif mis en place est incapable de rencontrer la demande. Seulement un tiers des primo-arrivants non européens trouveront une place auprès des institutions existantes (francophones et flamandes) dans les 3 ans de leur arrivée. Si on voulait pouvoir les accueillir tous, il faudrait au moins doubler les budgets.

 Dans ces conditions, l’accueil des nouveaux migrants s’apparente beaucoup plus au logement social : il n’y a pas assez de places par rapport à la demande. Il faut donc les réserver aux personnes prioritaires. Le système actuel de l’obligation est de ce point de vue complètement pervers, puisqu’il interdira désormais à une infirmière roumaine (donc européenne) recrutée pour s’occuper de nos aînés d’avoir accès au parcours, alors qu’elle obligera l’épouse au foyer d’un cadre japonais de multinationale à le suivre (gratuitement, hein) alors que ça ne lui sera d’aucune utilité, ni d’ailleurs à la société belge.

 

Mode de vie européen ?

__________________________________

Le mode de vie bruxellois est-il comparable à celui de Lasnes ou de La Louvière ? Semblable à celui des habitants de Stockholm ou de Las Palmas ? Voilà pourtant que l’on nous parle de protéger un « mode de vie européen » … lequel ? Nous avons désormais un commissaire européen en charge de la « Protection du mode de vie européen » plutôt qu’un commissaire à la « Migration ». Un changement d’intitulé qui ne peut être le fruit du hasard. Une concession au groupe des pays de l’Europe centrale Visegrad, hostiles à l’hébergement de tout réfugié ou migrant sur leurs territoires ?

L’eurodéputé belge Philippe Lamberts (Ecolo) réagit par un communiqué:  » C’est un scandale absolu. Ils reprennent la vision de l’extrême droite selon laquelle la question migratoire est d’abord un enjeu de protection d’un soi-disant mode de vie européen, dont on n’a d’ailleurs pas idée de ce qu’il signifie « . il est suivi par un billet d’un jeune historien du cdH. La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n’est pas en reste et publie une carte blanche pour justifier son choix.

Le mode de vie bruxellois n’est sans doute pas partagé par tous les habitants de la cité. Les parcours d’intégration, toujours pas rendus obligatoires par le gouvernement bruxellois, ne doivent pas y être étrangers, la faillite éducative de nombreuses écoles non plus. A côté de cela, certains apprécient les résultats de 20 ans d’inburgering (« citoyennisation ») de la Flandre, au niveau de la mise au travail, de la citoyenneté, de la maîtrise de la langue – encore renforcée par la toute récente pédagogie « Néerlandais, langue étrangère ».

Finalement, il ne s’agirait pas tant de protéger un mode de vie que de le partager et de le faire apprécier. Au Canada ou en Australie, les primo arrivants sont fiers de se dire canadiens ou australiens, une fois leur parcours d’intégration terminé et leur carte nationale attribuée. Ils chantent même l’hymne national …

 

Conflit de générations ?

_________________________________________________

« Empires déchus et désirs retrouvés » s’affiche en anglais à l’entrée du Festival Horst,qui se tenait ce week-end le long de la Senne, dans une friche militaire désaffectée de Vilvorde Nord, à 12 km de Bruxelles. Plus loin: “ Notre génération s’apprête, se prépare et s’arme pour la chute à venir. De l’écosystème, du capitalisme, d’une démocratie illusoire, de l’humanité, de l’éthique ? ”.

Une nouvelle génération post industrielle lucide se préparerait elle un futur ? se développerait elle à notre insu ? Une génération dont certains osent refuser l’avion, limitent leur consommation de viande, se déclarent non binaire, se montrent intransigeants et cohérents, sans programme, ni chef de file. De Morgen parle d’une génération qui aime la musique, le recyclage, l’architecture et la beauté. L’art sauvera-t-il la planète ?
Comme en mai 68, ne voyons-nous rien venir ? alors qu’une nouvelle génération commence à contester notre mode de consommer, notre mode de vie et finalement ce qu’il reste de notre civilisation.

Que savent les Reynders, les Di Rupo ou les Dewever de tout cela ? Quelles réponses apportent-ils aux Anuna, Adélaïde, Kyra, Greta et aux 75.000 jeunes qui marchaient dans nos rues avec leurs gourdes et leurs calicots en carton pour demander aux adultes de se soucier de l’héritage qu’ils vont leur laisser ? Les festivaliers Horst se préparent à la décadence d’une civilisation dans une joie communicative … et ils veulent renouer avec leurs désirs.

« Fallen empires and refound desires »