Monuments et Sites en péril.

Ce n’est pas encore une Ordonnance, mais le nouveau gouvernement a annoncé son intention de supprimer l’avis conforme de la Commission royale des Monuments et des Sites, en vue de simplifier et accélérer les procédures d’urbanisme et de « déverrouiller le marché immobilier ». L’avis de la Commission ne serait donc plus contraignant mais seulement consultatif.

La Commission ne dispose que de 30 jours pour émettre un avis. Elle affirme mettre un point d’honneur à respecter ce très court délais, selon Quentin De Radiguès, avocat membre de la Commission. Ce ne serait donc pas elle la cause des lenteurs excessives dans la délivrance de la plupart des permis.

Le caractère « consultatif  » de ses avis mettrait désormais le patrimoine bruxellois en danger. Un collectif soutenu par 34 associations dénonce cette situation et lance une pétition pour refuser ce qu’elle appelle un « affront au patrimoine ». Un article de la RTBF résume bien la situation, entre soulagement des propriétaires et inquiétude des associations de défense du  patrimoine de notre ville.

Des toitures vertes.

Il y a de plus en plus de toitures vertes à Bruxelles, mais souvent invisibles depuis la rue. Si vous disposez d’un toit plat, alors une toiture verte comporte de nombreux avantages. Elle améliore l’isolation, retient les eaux de pluie, réduit les îlots de chaleur, favorise la biodiversité et peut même vous offrir un jardin.

Le plus simple: une couverture légère de sedums et plantes basses, pas prévu pour marcher dessus. Avec plus de terre, des plantes plus variées et plus de biodiversité. Avec une toiture intensive, c’est un véritable jardin ou un potager sur le toit. Le plus important est de s’assurer du poids que la toiture peut supporter et de réaliser une étanchéité parfaite, qui supporte les racines. Bruxelles Environnement en dit plus et ICI et voilà une liste d’entreprises spécialisées

De nombreux exemples démontrent que c’est possible. Toutefois, avec la fin des primes Renolution, il est difficile de préciser la nature des aides régionales et communales (comme à la Ville de Bruxelles) actuellement disponibles. Les entreprises spécialisées dans cette technique suivent l’actualité de près. En route pour un Bruxelles plus vert avec des eaux de pluie plus régulées, moins d’îlots de chaleur et une isolation renforcée.

U square VUB et Colruyt Maelbeek

Plein feu sur Kanal.

Acheté pour 30 millions d’euros, l’ancien garage Citroën a donné le jour au projet Kanal. Il a pour a pour ambition de le reconvertir en un lieu d’art contemporain et d’échange ouvert à tous, mettant à l‘honneur la création bruxelloise et visant à renforcer l’attractivité culturelle et le rayonnement international de Bruxelles. Vous lirez ICI tout le bien que la BBC en pense. « Son lancement est considéré comme l’une des six ouvertures de musées les plus importantes au monde en 2026. Il devrait devenir « le nouveau bastion européen de l’art moderne et contemporain ».

Le bâtiment Art déco est qualifié de modèle de reconversion du patrimoine industriel. « La révolution industrielle nous a laissé de tels monuments. Ce sont nos cathédrales et nos châteaux d’aujourd’hui. » Rien que cela, mais ne disposant pas de collection propre, la Région a passé un accord assez coûteux avec le Centre Pompidou – qui est en chantier – et dont une partie des collections sera donc disponibles temporairement pour Kanal et pour les 10 expositions phares de son ouverture le 28 novembre.

Vision rassurante, on pourrait être fiers. Tout cela pourrait être magnifique pour la capitale de l’Europe, si ce n’était la révélation de dépassement budgetaires, la trentaine de millions de frais de fonctionnement annuels et le budget déficitaire de la Région. Sous-financée – et parfois mal gérée – la Région s’est engagée dans une aventure dont on aimerait assister à la réussite, mais qui risque de se faire au détriment d’autres projets socialement et économiquement plus urgents.

Ecologie punitive ?

Écologie. C’est presque devenu un gros mot. On n’ose plus prononcer le mot. Le parti qui porte son nom à subi une dégringolade lors des dernières élections. L’actualité guerrière et le pouvoir d’achat en baisse figurent en tête de tous les médias. L’écologie est en berne. L’écologie et l’environnement peuvent attendre ? Nous avons d’autres casseroles sur le feu ? Une bonne raison d’en reparler. Un baromètre qui peut étonner.

Perçues comme contraignantes, coûteuses ou injustes pour une partie de la population, le bashing des politiques écologistes a été utilisé par certains partis pour récolter des voix. Good Move en a été la principale victime avec la LEZ, zone de basses émissions destinée à améliorer la qualité de l’air en ville. Oui, ces politiques sont améliorables, surtout sur le plan de la communication et des soutiens à apporter aux populations les plus précaires, mais  ne doivent-elles pas être maintenues. Aller vers une écologie incitative comme résumé ICI ?

Les retards, nous les paierons plus tard et plus cher. Comprendre et résister. Accepter qu’une certaine insouciance appartient au passé ? Se loger confortable mais plus petit et moins énergivore ? Limiter l’usage de la voiture individuelle et de l’avion ? Baisser le prix du train. ? Réduire les gaspillages et mettre plus de choses en commun ?  Et puis, faire peser les charges plus équitablement sur ceux et celles qui polluent le plus ? Ce n’est pas une punition, mais une réponse  joyeuse et nécessaire pour laisser un avenir à une nouvelle génération … encore bien patiente.

Non à la malbouffe.

Bien qu’il y en ait déjà plus de mille, 250  nouvelles franchises de grandes enseignes de fast-food veulent s’installer en Belgique d’ici 5 ans. Que la restauration soit rapide (fast) n’est pas le problème. Exki le démontre. Le problème est qu’elle produit majoritairement de la malbouffe (junk-food), de la nourriture ultra transformée, trop grasse, trop sucrée, trop salée. Cela a des conséquences sur la santé et la masse corporelle des habitués et plus particulièrement des jeunes.

La bonne nouvelle de ce lundi, c’est que des initiatives commencent à être prises pour en limiter l’impact. Un article très complet annonce qu’Auderghem et Anderlecht vont imposer de nouvelles taxes aux chaînes de fast-food pour lutter contre la malbouffe: 10.000 € à l’ouverture plus une taxe annuelle de 12.000 €, doublée si près d’une école. Taxation que le secteur conteste évidemment déjà au Conseil d’Etat.

Les chaînes prétendent s’autoréguler en limitant (un peu) la publicité, notamment près des écoles. C’est cependant du gouvernement qu’on attend des mesures contraignantes et contrôlées. On pourrait aussi rendre plus attractifs les produits ayant un Nutriscore A et B ou mettre en place un système de « récompenses » avec les chèques repas si l’on achète des aliments sains. Agir dans les écoles. Un mouvement semble se dessiner et la santé publique à tout à y gagner.