Le prix de la régionalisation

En marche vers une Belgique à quatre – et même à cinq avec le fédéral – nous nous sommes penchés ICI sur un certain nombre d’obstacles qui restent à dépasser. Parmi ceux-ci, le prix à payer pour la régionalisation d’un certain nombre de compétences est soulevé  par notre ministre régional des Finances Sven Gatz, mais aussi par le ministre-président germanophone Olivier Paasch et par le président de la fédération bruxelloise du PS, Ahmed Laaouej – qui peut se montrer dubitatif sur la suppression de la Fédération Wallonie Bruxelles et s’oppose à son président de parti.

Wie gaat dat betalen ? Sven Gatz se demande ce qui se passerait si l’on percevait l’impôt des personnes physiques (IPP) sur le lieu de travail et non plus selon le lieu de résidence ? Et si l’on régionalisait l’impôt des sociétés ? Quelles en seraient les conséquences pour les finances bruxelloises ? Sur le pdf en bas de page, le ministre annonce avoir lancé une étude à ce sujet.

Le ministre-président de la Région germanophone Ostbelgien donne son opinion. Il estime que si on lui donne la capacité fiscale, il faudra voir comment l’organiser et tenir compte du fait qu’une grande partie de la richesse en Communauté germanophone est imposée au Luxembourg ou en Allemagne. Si on change le fonctionnement du fédéralisme, il faudra revoir la loi de financement, pour toutes les entités. Pour les germanophones, il faudra tenir compte du fait qu’ils ont beaucoup de transfrontaliers. Ajoutons que pour Bruxelles, il faudra tenir compte du nombre de personnes qui gagnent leur vie à Bruxelles mais résident dans les deux Brabants … où ils paient leurs impôts. Air connu.

Happy Monday: 3 bonnes nouvelles

Ambiance et solidarité. Malgré un temps maussade, samedi les terrasses de la plupart des quartiers de Bruxelles ont retrouvé la foule des grands jours. Les habitué.e.s étaient tellement heureux de se retrouver, de partager et de soutenir leurs cafés et restaurants préférés. La bonne humeur et la prudence étaient de mise (presque) partout, la police n’a pas dû trop intervenir en dehors de Flagey. Merci les Bruxellois.e.s.

De l’air pur. Pour nous permettre d’aussi retrouver une vie normale en intérieur, une société belge a décidé d’importer un système de purification de l’air efficace, qui éliminerait sur 60 m2 jusqu’à 99,9% de virus, bactéries, pollens, odeurs, y compris les divers coronavirus. Des analyses extérieures semblent en avoir confirmé les performances. Plus d’infos dans le pdf en bas de page. Va-t-on enfin pouvoir se réunir sans passer par Zoom ?

Nouveaux trains de nuit. Après l’annonce de trains de nuit depuis Bruxelles vers Amsterdam, Berlin et Prague d’ici 2022, le projet pourrait s’étendre à Salzbourg, Innsbruck et Milan. Bruzz annonce une liaison d’Ostende à Prague et Varsovie, qui devrait aussi s’arrêter à Bruxelles dès 2022. Cela fera toujours un peu moins d’avions au-dessus de nos têtes

Tout progrès est-il un progrès ?

Des images à couper le souffle: en effet. Le plus grand avion du monde a décollé pour la deuxième fois. Une envergure de 117 m, double fuselage, six moteurs, une longueur de 73 mètres, 15 mètres en hauteur et masse maximale au décollage de 590 tonnes. Le plus grand avion du monde sera sans doute aussi le plus bruyant et le plus polluant avec ses 6 réacteurs. On espère bien ne jamais le voir traverser le ciel bruxellois.

Cette prouesse technique, que détaille longuement l’article de Business AM – vidéo à l’appui – pose la question du progrès. Tout progrès est-il vraiment un progrès pour l’humanité et pour la planète. Tout ce qui est techniquement possible est-il nécessairement désirable ? Pour qui ? A côté des ingénieurs, trouve-t-on aussi des philosophes et des décideurs éclairés ? Il faut l’espérer, à lire les « progrès » qui suivent.

Selon l’information diffusée par L’Opinion, des chercheurs américains et chinois ont annoncé avoir réussi à fabriquer des embryons associant cellules humaines et cellules de singe. Si la valeur scientifique de ces travaux est potentiellement colossale, l’utilisation de primates si proches des êtres humains soulève la question des conséquences involontaires, du bien-être et du statut de ces embryons hybrides. Par ailleurs, on peut lire dans Le Monde que des « robots-tueurs » – sorte de soldats autonomes – viennent aussi de faire parler d’eux. Un comité éthique français s’est prononcé contre l’usage de toute forme d’arme programmée, dont l’homme n’aurait pas la maîtrise complète …

De la ferme à votre table

Une certaine agriculture urbaine se développe, tant sur le plan individuel, que sur le plan des collectivités et même des entreprises. Fini d’en sourire. Des légumes passent déjà du toit d’un supermarché  à ses rayons, sans transition. Aux Abattoirs s’ouvre la plus grande ferme urbaine d’Europe. Elle est détaillée ICI. Bruxelles Environnement organise même des formations spécialisées en agriculture urbaine. Qui l’eût cru, il y a à peine 10 ans ?

S’il faut se réjouir de cet essor, Bruxelles ne vivra cependant jamais en autarcie. La plus grande partie de l’alimentation des Bruxellois et des Bruxelloises viendra toujours de la campagne. Si les circuits courts et les produits bios ne cessent d’avoir les faveurs des consommateurs, ils ne sont pas accessibles à tous, à la fois pour des questions de surface de terres agricoles certifiées bio et à cause des coûts de production (et de vente) plus élevés. Une alimentation saine et nutritive généralisée n’est pas encore pour demain.

L’Europe voudrait que cela change. A la faveur des discussions autour de la prochaine Politique d’Agriculture Commune (PAC) la Commission européenne voudrait réduire l’usage des engrais et des pesticides, encourager l’achat public de produits bios, accélérer la recherche sur les biopesticides. Les militants d’une agriculture paysanne estiment qu’il faut surtout encourager la rotation des cultures, l’élevage à l’herbe, les fumiers, la plantation de haies. Mais au final, il y a au moins des objectifs chiffrés et un direction à suivre. Le pdf ci-dessous le précise.

Allons-y à pied …

A Bruxelles, 37% des déplacements s’effectuent à pied, selon Bruxelles Mobilité. Un mode de transport disponible 24h/24. Une technologie du passé, pensée pour le futur. La marche est précieuse, tant pour notre santé que pour l’environnement. Marchez-vous une demi-heure tous les jours ? En êtes-vous bien sûr ? Pourtant, le corps médical voit la marche comme une activité santé essentielle à tout âge. Nous sommes programmés pour marcher et cela peut devenir un plaisir. L’informatique et le télétravail ont fait de la plupart d’entre nous des sédentaires. Les transports motorisés ont considérablement contribué à encore réduire notre activité physique.

Comme 60% des déplacements à Bruxelles font moins de 5 kilomètres, la Région explique à BX1, que  la marche sera la thématique principale de la prochaine Semaine de la Mobilité. Nous sommes tous piétons ! En sortant de sa voiture, en descendant du tram ou en rentrant de l’école. Il est donc essentiel d’agir au niveau du confort des piétons depuis la qualité et la largeur des trottoirs, jusqu’à la création et l’entretien d’espaces publics conviviaux, qui doivent aussi devenir des lieux de rencontre et de convivialité qui se distinguent de la voiture individuelle.

Une enquête menée en 2020 a révélé que 71% des Bruxellois interrogés indiquaient que la crise sanitaire a démontré la nécessité de créer des trottoirs plus larges. Bruxelles Mobilité a démarré un plan pluriannuel et proactif d’entretien des trottoirs, avec un budget de 6 millions d’euros rien que pour 2021. Faudra encore qu’elle s’organise pour qu’ils restent en l’état, après le passage des nombreux impétrants comme Sibelga, Vivaqua et les multiples compagnies de téléphone. Il devrait aussi s’agir de séparer prudemment les piétons des cyclistes, qui ont aussi droit à leurs espaces sécurisés.

une campagne ArBr de Bruxelles Mobilité