Allo ? Police ?

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Le maintien de l’ordre public est une tâche qui relève du corps de police. Dans un Etat de droit, les citoyens ne peuvent se faire justice eux-mêmes. C’est à la police qu’il appartient de les protéger et de faire respecter la loi. Si nécessaire, elle peut faire un usage proportionné de la force. Elle est formée pour cela, doit être capable de conserver son sang-froid et dispose de plusieurs outils d’intervention, dont notamment l’usage d’une arme à feu.

Avec le Covid-19, la police a été en contact plus étroit avec la population, pour la sensibiliser aux gestes barrière et pour verbaliser les réfractaires. Cela ne s’est pas toujours passé sereinement, surtout dans les quartiers où l’exiguïté des logements rendait l’injonction  “rester chez soi“ problématique. On ne peut cependant accepter que des représentants de l’ordre se fassent agresser ou caillasser par des citoyens. Il ne peut y avoir classement sans suite pour les coupables de tels actes. Les sanctions doivent être rapides, pour éviter tout sentiment d’impunité.

La police est là pour nous protéger. Tous les citoyens ont-ils le sentiment d’être respectés et protégés par la police bruxelloise ? Ceux qui se font souvent interpeler et contrôler l’identité, se sentent-ils protégés lorsqu’ils voient arriver un policier ? Le réflexe n’est-il pas plutôt la fuite… avec ses possibles conséquences. Les policiers qui perdent leur sang-froid et commettent des bavures sont-ils écartés ? Et le citoyen, il appelle qui, quand ils se sent agressé par la police ?
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Le maintien de l’ordre à Bruxelles fera l’objet d’un webinaire d’Aula Magna, avec la participation de Jacques Gorteman, directeur de l’Ecole régionale qui forme nos policiers, d’Olivier Slosse, porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles et d’Els Enhus, professeur de Criminologie à la VUB. Ce sera le samedi 7 novembre de 10h à midi. Y participer en ligne sur Zoom est gratuit, mais il faut demander le code d’accès à l’adresse bruxselscity@gmail.com

 

Oui, l’architecture c’est politique

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C’est la réponse à la question que pose la Cellule Architectures de la Fédération Wallonie Bruxelles, qui publie tous les trois ans un livre qui dresse le portrait d’architectures contemporaines à Bruxelles et en Wallonie. Pour sa troisième édition, elle publie un inventaire abondamment illustré. 45 architectures exemplaires désignées pour la première fois par des jurys citoyens. Des maisons privées, des habitats collectifs, des lieux de travail, des équipements collectifs et des espaces publics. L’ouvrage recense également 45 actions engagées pour transformer les villes, les paysages et les vies. Un certain aperçu ICI.

Ce sont les deux commissaires chargés de la sélection – un architecte et une historienne – qui ont voulu aller vers les habitants et sortir du cénacle traditionnel des architectes parlant aux architectes. « On veut reconnecter ce livre au monde réel, aux personnes qui vivent dans ces villes, ces places… ». Bruxelles et ses écoles d’architecture on produit parmi les meilleurs exemples d’architecture Art nouveau et Art Déco. Mais après la “bruxellisation », l’architecture contemporaine ne s’est-elle pas avérée pauvre, fonctionnaliste ou simplement postmoderniste ? On en est encore à devoir citer les anciens sièges de Citroën, de Bruxelles Lambert (aujourd’hui ING), de Glaverbel ou de la Royale Belge/Axa, pour illustrer l’architecture bruxelloise d’aujourd’hui …

Peu d’oeuvres bruxelloises grandioses dans ce recueil, mais un véritable renouveau de la part de jeunes architectes soucieux du choix des matériaux, de leur durabilité, de leur recyclage et d’une réelle collaboration avec les habitants. Loin des « quatre façades entourées de thuyas », des maisons souvent modestes, mais aussi audacieuses, qui s’affirment dans leur rue et que ces architectes aimeraient habiter. Faut-il construire ou rénover ? Est-ce qu’on a tous un lieu dans lequel on se sent bien ? Le beau entraîne un sentiment. Saint-Vide / Leegbeek la vingtième commune bruxelloise. Des dizaine de Post-it interpellant de la part de simples citoyens. Vous l’aurez compris, j’aime ce livre et il sera en librairie dès novembre.

photos extraites de « Inventaires #3 de Wallonie-Bruxelles »

Traitement ou vaccin ?

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On parle beaucoup de ce vaccin miraculeux qui devrait nous délivrer des affres de cette pandémie. Avec 3 milliards de clients potentiels, on peut comprendre l’intérêt que lui portent les laboratoires privés et les universités. Même en ayant allégé les conditions d’expérimentation, peut-on croire qu’un vaccin puisse être testé valablement, déclaré efficace et mis sur le marché en 2021 ? Pour être prêtes, certaines firmes ont commencé à mettre leur vaccin en fabrication, sans attendre la fin des études en cours, quitte à devoir détruire leur stock, si les études devaient s’avérer négatives. Quant on sait, qu’après 35 ans de recherches, on n’a toujours pas de vaccin contre le sida, ni contre l’hépatite C après 20 ans, on mesure l’ampleur de la tâche. J’espère me tromper.

La Belgique aurait cependant déjà commandé 7,5 millions de doses à AstraZeneca. De quoi vacciner 3,75 millions de personnes, à raison de deux administrations. Si vaccin il y a – et s’il s’avère efficace – qui pourra en bénéficier ? sera-t-il gratuit ? sera-t-il obligatoire ? La question ne manquera pas de se poser parmi les opposants à tout vaccin et parmi ceux qui voudront disposer d’un recul avant de s’engager dans une vaccination. Non vaccinés, les enfants seront-ils encore admis en crèche ? et les ouvriers et employés sur leur lieu de travail ?

Pas de vaccin contre le sida et l’hépatite C, mais des traitements efficaces. On ne meurt (presque) plus de ces maladies. Pourquoi la recherche de traitements Covid-19 semble si peu développée ? Un marché moins large ? Une première inoculation humaine du covid vient d’être soutenue par le gouvernement britannique selon European Scientist – traduit ICI avec DeepL. Si approuvée sur le plan éthique, elle devrait aider à la compréhension de la maladie, à l’élaboration de vaccins, mais aussi à la recherche d’un traitement. Si on disposait d’un remède efficace contre le Covid-19, la panique devant la pandémie ne manquerait pas de reculer.
En attendant, sortez couverts, le masque serait au Covid-19, ce que le préservatif est aux MST.

Le droit de dormir en rue …

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Voilà qui est nouveau. Depuis lundi, des intervenants de terrain – notamment du Samusocial – ont commencé à distribuer des « attestations de non-hébergement » aux personnes vivant en rue à Bruxelles. « Il s’agit de les prémunir d’une amende et de leur assurer de ne pas être dérangés dans leur tentative de trouver un abri de fortune dehors ». Dormir en rue n’est pas un choix de la part des personnes sans abri, que les centres d’accueil n’arrivent pas à héberger, faute de places. « Les verbaliser serait donc une double peine ».

S’il faut se réjouir qu’on veuille leur éviter cette double peine, évoquée ICI par RTL, on est en droit de s’interroger sur cette carence de places d’accueil à l’approche de l’hiver. Avec tous les bâtiments et bureaux vides à Bruxelles et avec tant d’hôtels désertés par les touristes, est-il vraiment impossible de proposer au moins un toit à ces personnes sans domicile ? Comment les associations peuvent-elles se contenter des ces « attestations » ?

Comment les personnes sans domicile pourraient-elles respecter la distanciation physique demandée et le lavage fréquent des mains en leur attribuant simplement le droit de camper dans la rue ? C’est inadmissible pour elles et inadmissible aussi pour les autres usagers de l’espace public. Donner cette « attestation de non hébergement » ne va-t-il pas dispenser les pouvoirs publics de trouver des solutions d’urgence et leur donner bonne conscience ?

photo cathobel.be

Happy Monday: Bruxelles n’est plus à la traîne

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Mesures fédérales insuffisantes pour contrer le développement rapide du virus dans tout le pays. La Wallonie prend des mesures complémentaires dès vendredi. La Région de Bruxelles en prend de plus strictes samedi. Là, il va falloir communiquer de manière efficace et susciter l’adhésion de toutes les couches de population. Contrôles et sanctions seront nécessaires, mais ne se suffiront pas pour faire respecter les consignes. Le virologue Steven Van Gucht demande à tous les Belges de rester chez eux autant que possible: « Les prochains jours seront décisifs ». Le professeur de santé publique de l’ULB recommande l’autoconfinement volontaire aux Bruxellois soucieux de l’intérêt général.

Comment « bien vivre » jusqu’au 19 novembre sans rencontrer plus de 4 personnes ? sans cinéma, sans théâtre, sans maisons de jeunes ni de sports d’équipe ? sans cafés et restos ? Il va falloir être très créatif à l’approche de l’hiver. Ce sera le prix à payer pour faire descendre la courbe des contaminations et éviter la saturation de nos hôpitaux. Pour ceux qui sont connectés, il reste (heureusement) WhatsApp, Facebook, Instagram gratuits et Netflix – pour ceux qui peuvent se le payer. Pour ceux qui n’ont pas peur des grands mots, il y a même le soutien des Psy et de la Philo. Et les bonnes idées de Prosantégo, pas seulement pour les pros de la santé.

Hier, mes voisins ont fait un grand bouillon de poule aux légumes frais et m’en ont apporté une ration. L’avant-veille, je leur avait réservé deux parts du navarin d’agneau que j’avais cuisiné. On s’est regardé manger sur Zoom et fait nos commentaires, comme au resto. Dimanche j’ai invité une amie londonienne à prendre le 44 pour faire un tour masqué en forêt de Soignes. Mes neveux discutent sur WhatsApp pour voir comment passer Noël et Nouvel An sans déprimer. J’espère que le Samusocial s’est organisé pour que les personnes sans domicile disposent d’un toit, suite au couvre-feu. Et puis quoi au parc Maximilien ? à part des descentes de police ?

L’adversité rassemble les Bruxelloises et les Bruxellois. C’est nous qui arrêterons le virus.
Vous avez des idées ou des expériences à partager ? Enjoy Life – Play Safe.

montage photo Erwin Declerck