Métro 3 au frigo ?

Le gouvernement a mis le métro 3 au frigo pour des raisons financières et techniques. Mais les travaux se poursuivent sur la ligne prémétro qu’empruntent toujours les trams 4 et 10 depuis Albert jusqu’à la Gare du nord et au-delà pour le 10. La nouvelle station Toots Thielemans, dont le gros œuvre est quasi terminé, devait permettre de relier la station Anneessens-Fontainas à la gare du Midi en passant sous le Palais du Midi, déjà évacué.

Mais voilà, la Senne passait par là, seuls les ingénieurs semblaient l’ignorer. Un permis a été délivré (21 août 2025) pour détruire l’intérieur du Palais du Midi afin de pouvoir creuser ce tunnel de connexion. Projet à l’arrêt parce que IEB et ARAU ont introduit un recours contre ce permis. En décembre 2025, le Conseil d’Etat a suspendu l’exécution du permis, en attendant une décision sur le fond. Les associations ont aussi introduit une demande classement, dont les procédures judiciaires sont encore en cours.

De Standaard en français consacre un reportage illustré à la station Toots Thielemans. « Six ans et un demi-milliard d’euros plus tard, nul ne sait toutefois si un métro ou un tram s’y arrêtera un jour. » La STIB : « Si nous avions stoppé le chantier, tout aurait été perdu. Si une génération future décide de relancer le métro, cela restera possible. » En attendant, les boulevards Stalingrad et Lemonnier demeurent des chantiers à ciel ouvert. Habitants et commerçants n’en peuvent plus et exigent la remise en état de leur quartier.

>>>  sans commentaire: la STIB vient d’organiser une réunion de presse pour vendre sa conception d’une « préligne 3 » coûteuse avec 4 ans de travaux et toujours sans  avoir de permis …

Photos De Standaard, CBAI et la DH

Chasse au blanchiment.

À partir du mois de juin, la ville de Bruxelles entend contrôler les activités des criminels qui blanchissent leur argent via des établissements horeca. Ce sera grâce à une collaboration (enfin) plus étroite avec la police et le parquet. Philippe Close dans un article de Bruzz : « Nous allons fermer des établissements horeca. Tout le monde ne blanchit pas de l’argent, mais ceux qui le font, la Ville les attrapera. »

Cette approche administrative a déjà porté ses fruits à Liège et à Ostende. « Nous pourrons identifier les personnes qui ont dû fermer leur commerce dans ces villes. Si elles décident de s’installer à Bruxelles, nous pourrons contrecarrer leurs plans. On peut à la fois agir de manière préventive en empêchant l’ouverture d’un commerce et de manière répressive en fermant un établissement. » Les indices: chiffre d’affaire énorme, mais sans clients. De Morgen en dit plus ICI, dans un article traduit pour vous.

La chasse pourrait ensuite s’étendre à d’autres commerces impliqués dans des affaires de blanchiment d’argent. Il s’agit par exemple des salons de manucure, des barbiers et des magasins d’accessoires pour téléphones portables. Mais pourquoi seulement à la Ville de Bruxelles ? il reste 18 autres communes.

Changer de parti …

A peine élus sur la liste d’un parti, il arrive que des élues ou des élus quittent ce parti. Ils ou elles siègent alors comme indépendants ou apportent leur voix à un autre parti… qui leur propose de meilleures opportunités, notamment parce que leur siège peut être décisif. Cinq exemples récents. Quelle confiance encore maintenir aux personnes à qui nous accordons notre voix ?

La personne doit-elle démissionner de son mandat et le rendre au parti, grâce auquel elle a été élue ? Selon la Constitution – qui organise la démocratie – un élu vote librement selon sa conscience, il n’est pas supposé recevoir d’instructions obligatoires d’un parti ou d’un électeur. Il peut être exclu de son parti, mais son mandat du peuple ne peut lui être retiré par son parti. Changer d’orientation politique ne nécessite  donc pas de démissionner de son mandat.

La politologue Caroline Van Wynsberghe consacre un article intéressant à cette situation, qui tend à se multiplier, aussi au niveau communal. Il en va de l’impact de cette pratique sur la confiance envers la classe politique. Elle renvoie à l’idée de trahison. Le monde politique belge se passerait bien de voir ainsi son image un peu plus écornée.

Des chercheuses en scène.

Que cherchent donc les chercheurs ? Que font-ils de leurs journées ? Même quand ils daignent répondre, on n’y comprend souvent rien. On ne connaît pas les chercheurs et encore moins les chercheuses. Elles ont donc décidé de débarquer dans la rue. De trouver les termes adéquats pour expliquer ce qu’elle font et l’intérêt que cela représente pour nous. BX1 en dit plus ICI.

Quelques jours avant la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars,  un certain nombre de chercheuses de l’UCLouvain sont sorties de leurs labos pour aborder les rues du campus. Elles ont tenté de trouver les mots pour partager leurs passions. Un concept « soapbox science » inspiré des célèbres Hyde ParkSpeakers’ Corner, où n’importe qui peut prendre la parole en public et débattre librement devant les passants.

Sur le campus de l’UCLouvain en Woluwe c’est fort bien, elles sont en terrain connu et face à un public largement acquis. A quand des « soapbox science » au milieu de la rue Neuve, au Marché aux Puces ou au Marché du Midi ?

Et dimanche, des femme iraniennes étaient aussi en rue à Bruxelles, mais c’était pour dénoncer l’impérialisme et la théocratie

La société civile se mobilise.

Coup sur coup, des académiques, des institutions, des citoyennes et des citoyens viennent de manifester leur volonté de redorer l’image de Bruxelles, ternie par plus de 600 jours de d’inaction et d’irresponsabilité. Une volonté affirmée de lui donner un avenir et de tenter de la mettre à l’abri de crises politiques, comme celle que nous venons de vivre. Des listes bilingues, un seul collège, le droit de vote pour tous, une protection des minorités sans privilèges, une Région aux pouvoirs étendus, etc …

Cela a débuté par un débat organisé par le mouvement Volt, qui a réuni deux parlementaires bruxellois, un académique et une citoyenne sérieusement remontée. Des questions sans tabou et une volonté d’éliminer les causes du désarroi. Les propositions d’Aula Magna et celles de Re-Bel restent toujours d’actualité. Affirmation claire du fait régional et évacuation de toute velléité de tutelle.

Une carte blanche, signée par un certain nombre d’académiques, vient de paraître dans Le Soir et De Standaard. Elle évoque une nécessaire réforme du système électoral, détaillée ICI par Brussels Studies. La veille, c’est le professeur Corijn qui publiait une carte blanche. Il appelle à créer un autre récit auquel les citadins peuvent s’identifier et pas un simple marketing pour redorer son image. Ce lundi 9 mars, Re-Bel mettra ses propositions en débat. Ce sera à 17h à la Fondation universitaire et en ligne en direct. Cela bouge à Bruxelles.

Au cours du débat de Volt