En route vers un autre tourisme ?

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Les vacances de cet été restent un grand point d’interrogation. Quelles frontières seront ouvertes ? Y aura-t-il des vols et des visas pour tous ? Prise de température et certificat sanitaire seront-ils imposés ? Revisiterons-nous la Belgique ou nos voisins français ? Mais au-delà de la situation exceptionnelle de cet été, n’est-ce pas le type tourisme, qui s’est développé depuis la fin de la guerre, qui est remis en question, à la fois pour des raisons sanitaires et pour tenter de limiter le réchauffement climatique ?

L’Obs consacre deux articles à cette problématique. L’un est consacré à la réduction de l’offre de transport aérien avec la proposition de suppression des vols courts et des jets privés, chaque fois que le train constitue une alternative de moins de 4h30. Et le débat fait rage sur la nature des contreparties que l’Etat doit exiger du secteur aérien, en échange d’aides publiques massives, comme par exemple demandé par Brussels Airlines. L’autre est consacré à l’avenir du low cost et du tourisme de masse remis en question. Les nombreux emplois perdus pourraient cependant être injecté dans le développement d’un transport ferroviaire écologiquement plus performant.

Si l’aérien est dans le viseur, il ne faut pas négliger le transport maritime. Les croisières transportent désormais 28 millions de passagers par an. Ces énormes paquebots utilisent du fioul « lourd », dont l’utilisation émet de l’oxyde de soufre (SOx) – 10 millions de tonnes, soit 12 % du total –, et des oxydes d’azote (NOx) – qui polluent l’atmosphère. Les 94 bateaux du seul croisiériste Carnival ont émis dix fois plus de SOx que les 260 millions de voitures européennes. « Bombes écologiques », ces croisières sont aussi de véritables « bombes sanitaires » comme on l’a constaté en pleine épidémie de Covid-19 avec le Diamond Princess. Y a-t-il encore un avenir pour ces véritables immeubles flottants ?

Carnival continue à violer les lois sur les émissions de polluants

 

Fuir la ville ? vous reviendrez

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C’est le tire d’un article de CityLab par le chroniqueur bruxellois de Bloomberg Opinion, traduit en français ICI par DeepL. Il fait un parallèle avec le film Metropolis de Fritz Lang de 1927, dont la bande-annonce est à découvrir ICI. Des foules d’ouvriers y défilent la tête basse dans des tunnels souterrains pour se rendre à leurs tâches quotidiennes, tandis que les riches vivent dans des palais de plaisance situés sur les hauteurs. Si le film était refait aujourd’hui, il pense qu’il y aurait encore plus d’éléments dystopiques de la vie du XXIe siècle à y inclure, particulièrement avec le Covid-19, qui a transformé des villes densément peuplées et dynamiques en espaces stériles où le contact humain doit être évité.

Il n’est donc pas étonnant que les citadins, qui en ont les moyens, sortant de mois d’enfermement, soient plus que jamais enclins à quitter leurs maisons urbaines et à partir à la recherche d’utopies verdoyantes. Mais même si une correction immobilière urbaine semble inévitable – mais peut-être pas à Bruxelles – nous ne devrions pas passer les villes post-pandémie par pertes et profits trop rapidement. L’article explique pourquoi.

Creuset de diversité et de créativité, les villes pourraient changer pour un mieux après la pandémie. Elles vont devoir se rendre plus vivables: plus de parcours marchables et cyclables, moins de voitures, des bâtiments végétalisés, des habitats groupés avec services, des logements publics modernes bien disséminés. Dans le Brabant, l’exode pourrait rendre la vie moins verte et moins pratique qu’aujourd’hui. Les abeilles ont déjà compris: elles rappliquent en ville à cause des pesticides. Les grandes villes de l’histoire – Athènes, Rome, Bagdad, Constantinople – ont montré les formidables effets de réseau qu’engendre le mélange du commerce, de l’art, de la science et du pouvoir en un même lieu.

Et il conclut : vous fuyez la ville, mais vous reviendrez !

Un retour aux urnes s’impose ?

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La Belgique post coronavirus va-t-elle soutenir la relance de tous les secteurs économiques et renouer au plus vite avec le passé ou doit-elle sélectionner ses soutiens pour jeter les bases d’un autre mode de vie plus soucieux du climat et de la planète ? La question est capitale et se pose pour la première fois. Quelle est la position exacte des partis à ce sujet ? Nous n’en savons rien. Ne devraient-ils pas être invités à définir et communiquer leur position par rapport à ce challenge ? Ensuite, en démocratie, ce sera aux électeurs de décider.

Ce n’est que fort de l’aval d’une majorité de la population, qu’un nouveau gouvernement démocratique pourra être mis en place pour relever ces défis. Intéressant de lire le point de vue des éditorialistes flamands à ce sujet. Aubry Touriel – Journaliste indépendant passionné par la Flandre, Liégeois d’origine, Anversois de coeur – a rédigé pour Daardaar cette analyse en français. La RTBF a effectué un tour d’horizon auprès l’ensemble des partis francophones. Voilà de quoi vous faire une idée de la situation.

Il y a un an que nous avons voté. Les Belges voteraient-ils de la même manière, depuis que nous avons basculé dans un autre monde ? Il n’y a que de nouvelles élections qui apporteront la réponse, après avoir pris connaissance des programmes de chacun des partis. La constitution d’un gouvernement minoritaire, sur base des élections passées, est-elle sérieuse face aux défis à relever ? Les neufs ministres en charge de la santé n’ont-ils pas démontré à suffisance la nécessité de simplifier le paysage institutionnel du pays et en particulier celui de la Région de Bruxelles ?

Happy Monday: moins de magasins de souvenirs ?

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En centre-ville, les magasins de souvenirs se sont très fortement multipliés ces dernières années, à la faveur de l’augmentation des Citytrips, liée à la fois aux vols low cost et aux logements Airbnb. Ils ont progressivement remplacé des commerces spécialisés et de proximité, utiles aux habitants. Ils sont tellement nombreux et avec un assortiment tellement stéréotypé, que l’on peut se demander comment ils trouvent encore acheteurs pour leurs Manneken Pis en tire-bouchon, leurs chocolats supposés belges et leurs gaufres chantilly à 2€.

Bien qu’ils soient à nouveau autorisés à lever leurs volets, la plupart ont choisi de rester fermés, parce que cela leur coûterait plus cher d’ouvrir, vu qu’ils ne vendent rien à la population locale et que le retour des touristes n’est pas pour demain. Un article de BX1 répercute leur demande urgente d’une aide spécifique de la part du gouvernement. Le gouvernement régional ne devrait-il pas se poser la question de l’utilité de garder en vie une telle quantité de magasins de souvenirs ?

Même s’il n’y a pas lieu de se réjouir de cette fatalité, faut-il sauver de la faillite ces magasins en surnombre, qui ont pris seul la décision de se multiplier ainsi ? A Amsterdam, pour tenter de réduire le tourisme de masse et de rendre la cité aux habitants, le conseil municipal a décidé d’interdire l’ouverture de tout nouveau magasin orienté vers le tourisme, dans près de 40 rues du centre. Il en précise les modalités ICI.

image extraite de la vidéo de BX1

 

https://www.rtbf.be/tendance/voyage/actu/detail_amsterdam-limite-les-echoppes-pour-touristes-de-son-centre-ville?id=9732044