Uriner dans un bac à plantes ?

Non ce n’est pas du vandalisme condamnable, mais un autre moyen de se soulager, grâce à un nouveau type de mobilier urbain, qui vient de faire son apparition en centre-ville: l’uritrottoir. C’est un bac à plantes écologique, dans lequel on peut uriner. Pas directement dans la terre de la jardinière – qui sert de décoration – mais dans une fente placée juste en dessous. L’urine humaine constitue un excellent engrais, il contient à la fois de l’azote et du phosphate. La Ville de Bruxelles en a commandé 10, dont 5 viennent déjà d’être mis en service dans les lieux discrets au coeur des quartiers d’où émanent le plus les plaintes pour urine sauvage.

Avec la longue fermeture des cafés et le très petit nombre d’urinoirs et de toilettes publiques en service et en état, le phénomène de l’urine sauvage a pris des proportions nouvelles. Les « uritrottoirs », qui équipent déjà plusieurs villes françaises, seront peut-être une partie de la solution. Mais qu’en est-il pour les femmes, vu que ces dispositifs ne concernent que les hommes ? La Ville promet un nouveau type de toilette publiques accessibles à toutes et à tous et même aux personnes handicapées dans son nouveau plan toilettes.

Un réseau « Toilettes accueillantes » sera aussi créé en collaboration avec le secteur horeca, invité à ouvrir ses toilettes au grand public. Une convention mettra une prime de 1.000 euros à leur disposition pour soutenir le nettoyage de ces espaces. La question de l’entretien des uritrottoirs se pose aussi, au vu de l’état des pissotières classiques de la Ville et des nombreuses plaintes que ces uritrottoirs génèrent à Paris. Affaire à suivre.

https://bx1.be/categories/news/ville-de-bruxelles-des-nouvelles-toilettes-publiques-bientot-installees/

Des contributions plus équitables ?

Vous avez une entreprise qui réalise des bénéfices dans toutes sortes de pays, mais vous concentrez ces bénéfices dans une filiale, installée dans un pays qui ne taxe pas ou peu les bénéfices. C’est ce que fait Microsoft, qui réalise des bénéfices chez nous, mais les rassemble dans sa filiale irlandaise, qui n’occupe aucun employé, mais où son taux d’imposition est zéro, comme le détaille cet article du Guardian. Cette société n’est évidemment pas la seule à pratiquer ce genre de stratégie en toute légalité.

Les ministres des Finances du G7 viennent de s’accorder pour mettre fin à cette situation. Si la négociation mondiale en cours va jusqu’au bout, au G20 et au sein du Cadre inclusif qui regroupe 139 pays, ce genre de transferts artificiels de bénéfices dans les paradis fiscaux ne sera plus possible. Deux piliers. Le pilier 1 fixe les règles permettant de réaffecter les profits transférés artificiellement vers les pays où l’activité a réellement lieu. Le pilier 2  établit un seuil minimal d’imposition des profits logés à l’étranger. Quand une multinationale arrive à un taux d’imposition compris entre zéro et 3 % grâce aux paradis fiscaux, à l’avenir, elle devra payer la différence entre le taux de 3 % et un taux minimum. Actuellement les pays du G7 l’ont fixé à « au moins 15 % », les ONG réclamant 25%.

Un accord mondial n’a jamais été aussi proche. Deux raisons poussent à l’optimisme. Le président Biden et les Etats-Unis mettent toute leur puissance pour convaincre tout le monde. Du côté de l’OCDE, on travaille 15h par jour pour faire avancer les négociations. Mais tant que rien n’est signé, tout peut encore capoter. Quatre semaines pour réussir. C’est Alternatives Economiques qui dit tout cela et se livre à une analyse plus fine que vous trouverez dans le pdf ci-dessous, si le sujet vous passionne.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/19949

Rendez-vous sur le piétonnier ?

Cela fait 10 ans, que des centaines de Bruxelloises et de Bruxellois, de toutes origines, se sont assis par terre place de la Bourse – sans aucune autorisation – pour bloquer le trafic automobile. Par ce Picnic the Streets, ils désiraient obtenir de la Ville, qu’elle rende cette place aux piétons. Le bourgmestre Thielemans ne les a pas délogés et quelques mois plus tard, la piétonnisation du boulevard Anspach était au programme électoral de la plupart des partis.

C’est à la hussarde qu’Yvan Mayeur a lancé le grand chantier du piétonnier, sans trop prendre le temps d’une véritable consultation. Philippe Close a repris le flambeau et a calmé le jeu. Déjà praticable, le piétonnier devrait être complètement achevé dans peu de temps. Un bilan ne tardera pas à être établi, mais dès à présent, il est permis de livrer quelques observations. La principale est sans doute de constater que le piétonnier s’avère manifestement fréquenté, même si la mixité attendue n’est pas au rendez-vous. Il attire une population locale, privée de jardins et de terrasses et de nombreux touristes, tant que la Covid-19 ne les avait pas écartés.

Les boulevards du centre piétonnisés ont-ils réussi à devenir le rendez-vous des habitants des quatre coins de Bruxelles ? Manifestement non. Pas encore en tout cas. Certains mettent en avant l’accès difficile en voiture. D’autres le manque d’entretien ou l’insécurité. D’autres encore le manque de diversité et d’intérêt des commerces. Alors que la Ville est propriétaire d’un grand nombre de magasins et peut donc en sélectionner les occupants, elle semble ne pas avoir de vision quant à l’offre commerciale à présenter. Font défaut, ces commerces spécialisés et ces artisans qui motiveraient les Bruxellois des 19 communes à se rendre dans le centre historique. La Ville dit avoir (enfin) commandé une étude à propos de cette vision. Peut-on en attendre une direction précise et des démarche volontaires ? Il faudra y revenir.

A quel prix nos chers vaccins ?

Beaucoup de mystère et quelques indiscrétions à propos des contrats commerciaux signés par l’Europe avec des firmes pharmaceutiques, avant même l’agréation et la mise sur le marché de leurs produits. Un article  d’Alternatives Economiques (en pdf bas de page), évalue les coûts de fabrication des vaccins Pfizer et Moderna très inférieurs à leur prix de vente, alors même que les laboratoires n’auraient guère innové, ni pris de risques commerciaux. Un vaccin Pfizer-BioNTech revient à 90 cents et un vaccin Moderna à 2,30 dollars. Prix de vente : entre 15 et 20 dollars

Ces firmes n’ont-elles cependant pas dû faire  face à de nombreuses recherches pour pouvoir innover rapidement ? Toujours selon Alternatives Economiques, les deux innovations phares, qui ont permis un développement aussi rapide des vaccins à ARN messager viennent de la recherche publique américaine, pas d’une recherche privée. Pour le brevet ARN messager de l’université de Pennsylvanie les labos n’auraient payé que 75 millions de dollars. Une somme dite ridicule.

Ces profits ne récompensent-ils pas aussi la prise de risque ? Là non plus, ça ne tient pas ! Les deux entreprises ont reçu un énorme flot d’argent public, soit en aides directes, soit par les précommandes de doses, qui supprimaient le risque. Ce sont les Etats qui, en finançant les laboratoires, ont assumé le risque de dépenser de l’argent en faveur de ceux qui ne trouveraient rien (Sanofi) ou des vaccins moins efficaces (AstraZeneca, Jansen). Le coût important des vastes essais cliniques a, là encore, été payé par le public. Voilà un point de vue qui donne à réfléchir, quand on sait qu’il y a 8 milliards d’individus à vacciner en deux doses …

Happy Monday: pas dans le journal

Vendredi. Il fait mauvais. Une voisine charge son vélo électrique sur le dispositif installé à l’arrière de sa voiture. Elle se met en route et quelques minutes plus tard: un grand bruit. Le vélo s’est détaché et se retrouve sur la chaussée. Elle sort de sa voiture. Un homme jeune et barbu en djellaba blanche se précipite vers elle … pour l’aider à réinstaller le vélo à l’arrière de son véhicule. Elle en a les larmes aux yeux. S’il c’était enfui avec le vélo, cela figurerait sans doute dans les faits divers des journaux.

Un Bruxellois du centre-ville fait appel à une société anonyme de la rue Brogniez pour fixer un rendez-vous, en vue d’établir un devis pour un chantier de peinture. Le jour convenu, deux hommes arrivent au lieu du rendez-vous. Un homme blanc de la trentaine et un jeune Maghrébin de 25 ans montent les escaliers. Le propriétaire interroge spontanément l’homme blanc … qui lui répond : je suis l’ouvrier, demandez à Ahmed, mon patron.

La place Fontainas, n’avait de place que le nom. Ce n’était qu’un triste carrefour traversé par de voies de circulation automobile. Suite à la mise en place du piétonnier et à l’action du Comité de Quartier Saint-Jacques, elle est devenue une place arborée avec ses bancs,  ses points d’eau et ses terrasses. Elle attend encore  l’appel à projet, qui doit lui attribuer une œuvre d’art visible de la Bourse. La presse n’en dit rien.