Wallonie Bruxelles: Stop ou Encore ?

Voilà 50 ans que la Wallonie et Bruxelles ont créé une entité fédérée pour gérer les matières qui relèvent de la langue et de la culture française. Parmi elles, l’école, la jeunesse, la culture, la RTBF, mais aussi les sports et la recherche scientifique, qui ne relèvent pas précisément de la langue ou de la culture. Avec sa dénomination « Communauté française », elle était peu lisible, elle a donc choisi de s’appeler « Fédération Wallonie Bruxelles », pour mieux marquer le lien entre les deux Régions dont l’une (Bruxelles) n’est pas exclusivement francophone. Ce lien n’est pas toujours réellement vécu. On n’en a parfois plus grand-chose à faire des Wallons du côté bruxellois et vice-versa. Explications et avis critique ICI.

Plombée par sa dette et par un fait régional de plus en plus partagé, cet anniversaire de la fédération pour bien être un des derniers. En 2024, une nouvelle réforme de l’Etat sera au centre de la table. Le ministre-président – Pierre-Yves Jeholet – se livre à la DH : « L’heure est venue pour les francophones de Belgique d’exprimer leur volonté commune et de répondre à la question de savoir ce qu’ils veulent faire ensemble à l’intérieur de la maison belge. Changer la forme pour ne rien changer au fond ne m’intéresse pas ». Il en dit plus sur Twitter. Il répond aussi aux questions de Thomas Gadisseux. Et Rudy Demotte d’ajouter: « La Flandre, elle-même serait-elle prête à renoncer à sa Communauté et à sa capitale ? ».

Comme d’habitude, on n’a pas entendu grand-chose de Rudi Vervoort, mais en 2024 nous ne pourrons pas continuer à être demandeurs de rien. Régionaliser la RTBF ? ou l’enseignement qui est géré par les deux Communautés ? ce ne sera pas si simple. Il y a la question des dotations mais aussi celle d’un ministre bruxellois de l’Education. Difficilement acceptable pour la Communauté flamande, qui gère bien son enseignement. Il reste deux ans pour identifier les problèmes et rechercher des solutions. Bruxelles ne peut arriver à la table des négociations les mains vides.

Document RTBF

Happy Monday: un passé inspirant

Le Mirano 80. L’espace d’un rêve, celui d’un film qui vient de sortir. New York avait le Studio 54, Paris le Palace, à Bruxelles une jeunesse ivre de new wave et de funk électrisait la célèbre piste tournante du Mirano Continental dès le début des années 80. Une avant-garde audacieuse et créative évoquée par ses promoteurs et par de superbes images d’archives. C’est au Vendôme que vous pourrez découvrir le film les lundi 20 et 27 septembre et le lundi 4 octobre à 19:30. A la chaussé de Louvain, le nouveau Mirano fera à nouveau briller les nuits bruxelloises à partir du 1er octobre.

Bruxelles bord de Senne. Comment vivaient les Bruxellois du 14e au 16e siècle ? Vous le découvrirez au fil de l’expo « Down the river »  (tiens en anglais) aux Halles Saint-Géry. Elles présentent l’incroyable collection de vestiges retrouvés à l’occasion des fouilles à grande profondeur, lors de la démolition du Parking 58. C’est tout un mode de vie que cette exposition retrace à travers des objets usuels et même des marques d’élégance et de raffinement. Ramenés soigneusement à la surface du port installé sur les berges de la Senne, qui reliait Bruxelles à la mer. On sait même ce qu’il y avait dans l’assiette de ces Bruxellois. C’est passionnant, c’est didactique, c’est ouvert tous les jours jusqu’à 18h et c’est gratuit.

Plus grand que nousBigger Than Us, un film résolument positif. « Une génération se lève pour réparer le monde. Partout, adolescents et jeunes adultes luttent contre la crise migratoire, démocratique ou climatique, et toute forme d’injustice. Seuls contre tous, parfois au péril de leur vie et sécurité, ils protègent, dénoncent, soignent les autres. La terre. Et ils changent tout ». Alors que tout semble s’effondrer, Flore Vasseur filme des jeunes joyeux et motivés qui nous montrent comment vivre. Ils nous disent ce qu’être au monde signifie aujourd’hui. Le film sera en salle à partir du 29 septembre : Vendôme, UGC, Le Stockel.

image extraite de la vidéo FRPremière

Faut-il jeter vos téléphones chinois ?

C’est la consigne données par le ministère de la défense de Lituanie et reprise dans un article de Business AM. Il conseille de ne plus acheter de smartphones chinois et de jeter ceux qu’on possède déjà. Cet avis fait suite à un rapport du gouvernement indiquant que ces appareils ont des capacités de censure intégrées. « L’option de censure a été désactivée pour l’Union européenne, mais peut être activée à distance à tout moment », peut-on lire dans le rapport.

Les appareils Xiaomi ont une capacité intégrée de détection et de censure de termes tels que « Tibet libre », « Vive l’indépendance de Taïwan » ou « mouvement démocratique ». Le rapport indique que la liste des termes pouvant être censurés par les téléphones Xiaomi – y compris le navigateur internet standard – contient actuellement 449 termes en chinois et est constamment mise à jour.

Une faille de sécurité a également été découverte dans le téléphone P40 5G du chinois Huawei. Les appareils de OnePlus, semblent avoir passé le test lituanien. La Chine et la Lituanie sont à couteaux tirés depuis quelques temps déjà et cela ne devrait pas les rapprocher.

The Times – Lithuania Minsitry Defence

L’anglais a sa place … et à sa place ?

L’anglais a sa place à Bruxelles. Il mériterait de faire partie des langues officielles de la ville, au même titre que le français et le néerlandais. Déjà dans le métro, les annonces se font dans ces trois langues et c’est fort bien ainsi, pour les personnes qui ne maîtrisent ni le français, ni le néerlandais. La familiarisation ludique avec l’anglais pourrait commencer plus tôt, pourquoi pas dès l’enseignement primaire ? Notre ministre du multilinguisme Sven Gatz prendra-t-il les contacts nécessaires avec les deux Communautés ? Qu’en pense de Rand ? En attendant, l’outil français continuera à servir de simple lingua franca pour se comprendre dans cette ville riche de sa complexité.

L’anglais à sa place à Bruxelles. Vous aurez remarqué l’accent grave sur le « à » qui n’est pas superflu. Oui, parfois il faut aussi remettre l’anglais à sa place, dans une cité qui n’est pas sa colonie et dont il n’est pas la langue maternelle pour la plupart des habitants, ni la langue des écoles. L’anglais en plus, pourquoi pas ? mais pas l’anglais à la place de nos langues véhiculaires. De plus en plus souvent, des affiches et des annonces se déclinent uniquement en anglais. Plus commode. Plus branché. Supposé plus consensuel. Le gouvernement régional avec son be.brussels, son Good Move et autres, Equal Brussels et Good Food. Et puis Bozar, La Monnaie, le KVS qui osent parfois des affiches exclusivement en anglais et ils ne sont plus les seuls.

Face à une affiche en français, les Flamands s’insurgent. Uniquement en néerlandais, ce sont les Francophones qui hurlent. Only in English, personne ne dit rien. Même ceux qui ne comprennent pas. Quelle que soit la langue parlée à la maison, les enfants vont devoir apprendre la langue de l’école pour se débrouiller dans la ville: français ou néerlandais. Et l’inverse pour le cours de  seconde langue. Cela fait déjà 3 langues à maîtriser. Et maintenant ils se trouvent, sans préparation, face à des informations dans un 4ème langue: l’anglais ! Pour éviter tout élitisme, ne serait-il pas sage que toute communication se fasse nécessairement en 3 langues, en attendant que toute la population soit quadrilingue …

Les musulmans et la vie politique

C’est dans Knack, qu’une chercheuse de l’UAntwerpen publie les résultats de son enquête à propos de la participation des musulmans à la vie politique. C’est ICI que vous trouverez l’article publié en néerlandais et LA une traduction automatique faite avec DeepLcom, moins fidèle au texte d’origine. L’engagement politique ne s’y limite pas au vote: les chercheurs se sont aussi intéressés à d’autres formes de participation politique telles que les manifestations, la signature de pétitions et le boycott de produits et de services. On se rappellera la manifestation foulard: Ni obligation, Ni interdiction.

« Notre démocratie suppose que chaque citoyen doit avoir la possibilité et la liberté de participer aux élections. Les musulmans (ou personnes de culture musulmane ndlr) constituent un groupe d’électeurs important estimé à 25 % de la population de Bruxelles. Alors que la modernité était censée annoncer la fin de la religion en Occident, les sociologues parlent aujourd’hui plutôt d’un renouveau de la religion dans une société post-séculaire. L’islam joue un rôle prépondérant dans la vie quotidienne (de certains citoyens) et apparaît également comme un important marqueur d’identité. Cela donne lieu à des discussions politiques passionnées sur l’intégration (et la loyauté) politique des musulmans, on l’a vu avec l’affaire Ihsane Haouach ».

Selon cette étude, « les musulmans qui considèrent leur foi comme très importante sont souvent plus engagés que ceux qui affirment que la religion a peu d’importance dans leur vie. Les musulmans qui ne se sentent ni entendus ni représentés par les partis politiques sont plus enclins à participer afin d’apporter des changements. Les jeunes musulmans belges ont une plus grande connaissance du système politique que les premières générations et donc aussi un plus grand désir de participer au façonnement de notre société ». La question de savoir s’ils sont réellement entendus fera l’objet d’une recherche future. Si ces questions vous intéressent, nous vous invitons à lire l’article complet renseigné en haut du billet.

Photo by Agnieszka Kowalczyk on Unsplash