Les Guignols et les Maîtres des lieux

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En revoyant cette séquence des Guignols de l’Info qui interviewent le dirigeant d’une multinationale pharmaceutique face à la crise de la grippe aviaire, on comprend mieux pourquoi tant de lobbies se sont rassemblés pour mettre fin à la série. Profitez bien de ce petit flash-back de moins de trois minutes.

Tout le monde n’est pas inconditionnel de la Plume de Thomas Gunzig à la RTBF, mais ce billet de quatre minutes pourrait vous plaire. Oui, face à ce minuscule virus, nous sommes bien peu de choses, nous qui croyions être les maîtres du monde et avoir définitivement dompté la nature.

Et pour  bien débuter cette semaine, voilà une petite vidéo de moins de 2 minutes de l’humoriste Tom Villa, qui a détourné une scène mythique de la rom-com anglaise avec ses pancartes dans Love Actually. On attend avec intérêt la version féminine de ce confinement en couple …

Arn Quinze a réalisé cette énorme toile colorée qu’il va offrir pour égayer l’hôpital Jan Palfijn

 

Happy Monday: les service essentiels restent assumés

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Non, ils ne peuvent pas télé-travailler. Ils et elles travaillent de leurs mains. Oui, ils ont plein de raisons de se confiner chez eux et de prendre soin de leur famille. Mais elles sont sur le pont et eux aussi. ils font rouler nos bus. Elles soignent les malades. Ils ramassent nos ordures. Elles sont à la caisse du supermarché. Ils balaient nos rues. Elles réassortissent les rayons. Ils conduisent leur taxi. Elles nous tiennent informés, …

A Bruxelles, il y a du courant électrique, l’eau coule du robinet, le tram roule et la nourriture arrive sans interruption. Cela ne va pas de soi en ces temps de confinement. Il faut en remercier tout ce peuple de Bruxelles à notre service. Pas de gros salaires, un travail pas toujours justement reconnu, c’est au courage de ces travailleurs et à ces travailleuses de l’ombre que notre vie en confinement à Bruxelles reste vivable. Nous ne les en remercierons jamais assez. Pourquoi ne pas leur dire: « merci d’être là », lorsque nous les croisons ?

Devant l’adversité les solidarités surgissent de partout. Vous pouvez demander ou offrir des services bénévoles sur un site dédié de facebook. Les Bruxellois font preuve  de beaucoup d’inventivité. Et tous les soirs à 20h, si vous ouvrez vos fenêtres ou allez au balcon, vous verrez vos voisins qui applaudissent ou font de la musique pour remercier le personnel soignant, mais il faut y associer toutes les autres personnes qui sont modestement à notre service et rendent la vie en ville possible. Merci à elles et à eux. Merci à vous.

Applaudir le corps médical mais aussi tous les autres métiers de service
illustration RTBF et Ville de Bruxelles et ICI « Eux ils soignent » une petite vidéo d’une minute et demi

Le Covid-19 pour les nuls

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Nous sommes toujours confinés et il fait nettement plus frais. Une occasion d’essayer d’en savoir plus sur ce virus qui transforme nos vies ? Au-delà de l’actualité quotidienne, voici des informations de première main, par des scientifiques de premier plan, qui diffusent des connaissances précises, mais dans des termes accessibles à toutes et à tous. Si vous pouvez libérer une heure, installez-vous et écoutez ICI, plein écran, la conférence passionnante du professeur Philippe Sansonetti, sur le site du Collège de France. « Chronique d’une émergence annoncée « . Un scientifique et un érudit qui sait parler simplement.

Puisque les épidémies sont inévitables, apprenons à les anticiper, déclare Eric Muraille, biologiste Immunologiste à l’ULB. « Il serait avisé de considérer l’épidémie de Covid-19 comme un test de résilience pour notre système économique et nos services de santé et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Cessons de vivre dans le déni ». Dans un article, paru en français dans The Conversation, Eric Muraille demande le refinancement des services publics de santé et l’abandon d’une gestion court-termiste, basée sur le modèle des entreprises privées. Le 12 mars, même Emmanuel Macron déclarait « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ».

Sur le plan politique, Jean-Dominique Giuliani, qui préside la Fondation Robert Schuman, publie « Les 7 défis capitaux pour vaincre le virus ». Un article qui démontre la nécessité de construire une Europe de la Santé. Comme une évidence lorsqu’il s’agit de protéger le citoyen,
Et à Bruxelles, un collectif de la librairie Berthelot à Forest s’est livré à une véritable réflexion de fond à partir de l’épidémie qui nous confine … et nous laisse sans doute le temps de lire.

>>>  last minute: dans les dernières lignes de son article, Le Soir révèle que les dépistages ont pu être réalisés plus massivement en Flandre. Est-ce bien digne Madame De Block ? Ce choix politique expliquerait pourquoi il y a plus de Flamands détectés positifs (ce qui ne se traduit pas dans le nombre de morts). Les comparaisons entre Régions ne sont pas réalistes si la politique de test n’est pas claire et les chiffres ne sont pas rendus publics. Les dépistages sont fondamentaux, la Corée du Sud l’a démontré. Rapport quotidien dans Sciensano.

De la peste au coronavirus

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Les fléaux sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête […]. Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne passe pas toujours et, de mauvais rêve en mauvais rêve, ce sont les hommes qui passent […]. Ils n’étaient pas plus coupables que d’autres, ils oubliaient d’être modestes, voilà tout, ils pensaient que tout était encore possible pour eux, ce qui supposait que les fléaux étaient impossibles. Ils continuaient à faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime l’avenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant qu’il y aura des fléaux ».
« La Peste », Albert Camus (1947)

 Un fléau mondial – le premier de l’ère numérique – et dans lequel télévisions et réseaux sociaux remplacent le chœur des tragédies antiques. Un fléau qui nous convainc qu’il n’y a pas de continent ni de statut social privilégiés. L’épreuve nous rappelle que la vie n’a pas de prix, et que l’Etat qu’on voulait brûler redevient protecteur. L’Europe riche, l’Occident dédaigneux, la Chine puissante retrouvent leurs peurs séculaires.
Jean-Claude Soulery (La Dépêche)

Qui « mérite » de rester en vie ?

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La question est crue. Les malades continuent à affluer. Les places en soins intensifs ne tarderont pas à se faire rares.  Commence à se poser la question du tri des patients. Le journal De Morgen (traduit par DaarDaar) y consacre un article. Sur quelle base les places en soins intensifs vont-elles être attribuées ? L’auteur Barbara Debusschere, relate que l’hôpital universitaire de Gand a décidé que désormais seuls les  patients les plus robustes auront encore droit aux soins intensifs …

« Afin d’éviter que les médecins ne doivent décider qui sauver ou non sur le tas, dans ce contexte de pandémie, un manuel éthique destiné aux hôpitaux universitaires a vu le jour”. Les médecins sont priés de trier les patients sur le volet, selon une échelle d’évaluation de santé courante, allant des gens les plus robustes et en meilleure santé à ceux qui sont fort affaiblis, malades en phase terminale et en situation de dépendance complète. Les trois « pires » catégories parmi les neuf n’auront dorénavant plus accès aux soins intensifs. Les meilleurs soins possible doivent pouvoir leur être prodigués au domicile ou au sein de la maison de repos.

Jamais, auparavant, notre société ne s’est trouvée confrontée aussi concrètement à un tel choix. La pandémie nous amène à poser crûment la question de la fin de vie, de l’acharnement thérapeutique, d’une mort souvent inutilement longue et douloureuse, d’une mort coûteuse pour la société.