Happy Tuesday: l’hydrogène pourrait nous sauver

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Contrairement à ce qui est souvent prétendu, la voiture électrique ne serait pas la solution d’avenir, parce qu’elle est liée à des batteries très polluantes et à une production d’électricité encore largement dépendante du pétrole, du gaz, du nucléaire et même du charbon. Produire de l’hydrogène renouvelable (hydrogène vert) est depuis des années un espoir sur le marché de l’énergie. Mais on n’était pas encore parvenu à une véritable percée. L’hydrogène restait encore coûteux et encombrant à fabriquer et à stocker.

La bonne nouvelle vient des chercheurs de la KUL qui ont réussi à mettre au point un panneau solaire spécial, qui produit de l’hydrogène gazeux à partir de l’humidité de l’air. Après 10 ans de recherche, l’efficacité de ce panneau a été portée à 250 litres par jour, un record mondial. Vingt de ces panneaux solaires pourraient fournir de l’électricité et du chauffage à une famille pendant une année entière. Les ingénieurs ont montré leur prototype à la VRT. Les essais sur le terrain sont en cours.

La semaine dernière, le constructeur automobile Toyota a annoncé qu’il avait l’intention de produire de l’hydrogène avec un prototype de l’équipe Martens. L’hydrogène est déjà à l’essai chez Colruyt Group depuis 2012 et pourrait profiter de cette découverte. Plus récemment, une première maison complètement autonome allie la technologie solaire à un système de production d’hydrogène. Joyeux mardi !

Les Bruxellois seront ce qu’ils mangent

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Le futur de Bruxelles passe aussi par ce que nous mangeons. A Bruxelles, nous ingurgitons trop de (mauvaises) graisses, trop de sel, trop de sucre (ajouté), trop de viande et pas assez de fruits, de légumes et de fruits secs. Voilà un bilan sommaire vite fait, avec le cortège de problèmes d’obésité et de santé qui se développent. Si pas vous, peut-être vos enfants ou vos parents ?

Pour illustrer cette malbouffe: vous connaissez la « mitraillette » comme repas de midi rapide par chez nous ? Constituée d’une demi-baguette avec une viande cuite, des frites et une sauce de préférence andalouse ou alors lapin … sans le moindre légume (ou alors une demi feuille de laitue), elle est le plus souvent accompagnée d’une canette de Coca qui titre près de 42 g de sucre (8 morceaux). Si on aime, pourquoi pas de temps en temps, mais alors compensé par d’autres types de repas, si possible plus variés et sains.

A l’autre extrême, un nombre croissant de jeunes ont réagi en devenant végétarien ou alors carrément vegan – presque une entrée en religion – mais en oubliant souvent de compenser les protéines de la viande par la consommation de légumineuses, des fruits secs, voire de poissons contenant des omégas-3 s’ils peuvent se le permettre. Un professeur de nutrition de l’UCL fait ICI des propositions pratiques et réalistes. D’autres vont plus loin en supprimant aussi les produits laitiers.

La mitraillette de midi chez Fritland

Une langue qui véhicule plusieurs cultures

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On ne peut plus dire que le Bruxsels d’aujourd’hui soit une ville de culture française, même si la ville comporte toujours une importante minorité de Bruxelloises et de Bruxellois francophones. Par contre, le français reste toujours la véritable lingua franca de Bruxelles, un outil précieux qui permet aux Bruxellois de toutes origines de se comprendre et d’échanger. Une lingua franca qui véhicule donc plusieurs cultures, dont la culture française.

Ce n’est évidemment pas parce qu’un Bruxellois néerlandophone, anglophone ou originaire d’Italie s’exprime en français qu’il participe ou cultive la culture française. C’est en français qu’il exprime sa pensée, avec les accents et les valeurs de sa culture propre, en vue d’être compris par une majorité de Bruxellois. Tous ces efforts méritent le respect et contribuent aussi à enrichir les débats qui se déroulent dans la ville la plus cosmopolite du monde (cependant derrière la ville de Dubaï).

Si demain, le français devait être supplanté par l’anglais comme langue véhiculaire, cette nouvelle lingua franca de notre ville, ne ferait pas de nous des citoyens de culture anglaise. Chacun se contenterait de traduire sa pensée en anglais, sans renier sa culture propre.

Les têtes de listes sur tous les fronts

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A quelques semaines des élections, les têtes de listes des partis sont sollicitées de toutes parts. Les nombreuses associations de la société civile bruxelloise les interrogent tant par écrit que lors de débats contradictoires. Il s’agit de répondre présent lorsque l’on sollicite les voix des membres de ces divers groupes aux centres d’intérêts très variés. Les animateurs ne se contentent généralement pas de la langue de bois. Il s’agit de s’engager, de faire des promesses et puis … de pouvoir les tenir en choisissant bien ses partenaires de coalition.

A Bruxelles, les têtes de listes sont interrogées à propos du survol de la ville, de la fusion des communes, du vote des étrangers, de la taxation du kérosène, de la redistribution des richesses, de l’entrepreneuriat, du salaire minimum, …  et bien sûr aussi à propos de leur programme d’action pour une autre mobilité et une transition énergétique efficace, doublée d’une vraie justice sociale pour son financement. Les médias en feront état.

A titre d’exemple, j’ai épinglé le débat « Pour un Bruxelles multilingue » qui se déroulera à l’auditorium du Palais de la Bourse à l’initiative du Plan Marnix. Les têtes de listes devront expliquer comment ils comptent s’y prendre pour relever le défi que représente l’écart entre les compétences linguistiques des Bruxellois et les exigences linguistiques nécessaires pour un nombre croissant d’emplois. Les recteurs de l’ULB et de la VUB y présenteront aussi leur projet de création d’écoles multilingues et Philippe Close y réagira. Le débat se déroulera le vendredi 26 avril de 18h à 20h. Le programme complet est ICI. L’inscription est gratuite, mais obligatoire ICI.

 >>> Rappel: pour les personnes qui ont reçu une invitation pour le film de Luc Jabon à Bozar le 2 mai: vous devez confirmer votre présence en allant à l’adresse du site d’imagecreation mentionnée dans le bas de votre invitation pour 2 personnes avant le 26 avril.

Un devoir de protection

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Tout a été dit sur l’inimaginable incendie de Notre Dame de Paris en pleine restauration. Je m’étonne cependant de ne pas (encore) entendre grand-chose à propos de l’absence de surveillance efficace d’un tel chantier. Alors que des détecteurs de fumée sont obligatoires dans le moindre appartement de Bruxelles, on peut être surpris de constater que rien ne semblait avoir été mis en place pour monitorer efficacement un chantier où soudures et chalumeaux représentent un danger connu et prévisible. L’enquête permettra de voir s’il y a eu manque de prévoyance ou défaillance des systèmes de surveillance en place. Détecté dès son origine, tout foyer d’incendie peut être maîtrisé par les hommes du feu, ce qui n’est plus le cas dès que le brasier s’emballe.

Cette tragédie ne soulève-t-elle pas la question de la conservation d’œuvres d’art majeures dans des églises qui ne peuvent être monitorées et protégées comme le sont des musées modernes ? A Bruxelles, et surtout en Flandre, des oeuvres d’art inestimables, des reliques et des trésors se trouvent conservés dans des églises pour lesquelles ces oeuvres ont été réalisées, mais dont les bâtiments ne peuvent assurer efficacement la protection contre le feu, mais aussi contre les dégâts des eaux, de l’humidité ou contre le vandalisme et le vol.

L’Adoration de l’Agneau Mystique des frères Van Eyck visible ICI en haute définition, a connu bien des aventure et vient d’être restaurée dans toute sa splendeur, mais cette oeuvre est-elle bien à l’abri du feu et des dégradations dans la cathédrale Saint-Bavon ? Malgré toutes les précautions prises, est-ce le lieu idéal pour sauvegarder ce trésor mondial de l’humanité ? L’incendie de Notre Dame de Paris, n’a-t-il pas démontré à suffisance l’impuissance des hommes du feu face à des bâtiments d’une telle ampleur et difficilement approchables ? Autant vitraux, orgue et mobilier fixe font partie intégrante de l’édifice, autant les œuvres d’art qu’abritent les églises pourraient être mieux protégées dans les bâtiments conçus à cette fin. Une réflexion ne s’impose-t-elle pas à Bruxelles comme ailleurs ?

Images Google Arts @ culture & Lukas Art in Flanders