La science est-elle neutre ?

Ingénieurs, architectes, agronomes, médecins se réclament à juste titre de leurs connaissances scientifiques pour justifier leurs interventions et leur pouvoir. Mais les sciences diffusées dans l’enseignement supérieur et universitaire sont-elles neutres et donc apolitiques ? La récente protestation d’une poignée d’ingénieurs, fraîchement diplômés, a fait resurgir la question. Au service de promoteurs, de constructeurs, de l’industrie agroalimentaires ou pharmaceutique, ces jeunes scientifiques trouvent-ils leur place ? sont-ils entendus ? sont-ils écoutés ?

The Conversation consacre une analyse intéressante de cette prise de conscience nouvelle, qui touche un certain nombre d’étudiants, mais qui questionne aussi le contenu des cours, l’éthique et la critique qui devraient les accompagner. « Vivement critiques du modèle économique capitaliste, du secteur industriel jugé néfaste sur le plan écologique et des promesses techno-scientifiques présentées comme des instruments de préservation de l’ordre existant, les propos tenus révèlent une dimension revendicative peu répandue au sein d’un corps professionnel qui exprime généralement un faible intérêt pour les questions d’ordre social et politique. »

Les étudiants évoquent « souvent le besoin de comprendre les effets écologiques des technologies étudiées et formulent explicitement la demande que cette dimension soit abordée au sein des enseignements techniques. Ils s’adressent aussi aux directions des écoles et sollicitent l’intégration de cours en sciences humaines et sociales dans les cursus afin d’acquérir des connaissances réflexives et critiques au sujet des sciences, des techniques et de leurs interactions avec la société. » Qu’en est-il dans nos haute écoles et universités ?

Picqué: un mauvais socialiste ?

A la veille de son départ, Charles Picqué livre sa différence à Bruzz. Extraits.

Mixité sociale. Saint-Gilles jouit d’une grande mixité sociale. C’est en partie parce que nous avons acheté une série de maisons (180 bien réparties). Il ne faut pas concentrer les résidents vulnérables en un seul endroit. On opte trop souvent pour des solutions de facilité: des appartements superposés comme des kots à lapins. Notre mission n’est pas de constituer des réserves de pauvres ! Nous ne pouvons pas changer la ville juste pour gagner des élections.

Gentrification. Nos revenus ont augmenté parce que de nouveaux résidents payent plus d’impôts. Nous sommes devenus si attrayants que des dangers nous guettent. De plus en plus de personnes achètent ici pour investir et le coliving se développe exagérément. Nous continuons à être présents pour les résidents moins fortunés, avec nos propres logements moins chers et nos offres sociales, pour un équilibre entre la dynamique économique et la solidarité.

Parcours d’intégration. J’ai toujours trouvé très hypocrite de laisser entrer autant de nouveaux arrivants et, dans le même temps, de ne dégager aucune ressource pour gérer ce flux et donner une formation.

Abattage sans étourdissement. J’aurais sans aucun doute voté pour son interdiction. Mais il faut entamer un vrai dialogue avec les communautés musulmane et juive pour expliquer le sens de cette interdiction. Il faut aussi s’attaquer au bien-être global des animaux. Le fond de l’affaire c’est qu’on veut se garder des parts de marché en vue des élections.

Se chauffer à l’hydrogène

Bientôt fini le gaz et le mazout. Chauffer les nombreuses maisons bruxelloises datant d’avant 1970 avec des pompes à chaleur ne sera pas possible, sauf  moyennant de gros travaux d’isolation, soutenus par la Région avec Renolution. Sibelga, qui gère la distribution de l’énergie à Bruxelles, s’en inquiète et propose des solutions innovantes. Bruzz a récolté leurs réponses, traduites ICI pour vous. L’Echo y consacre aussi un article.

Pourquoi ne pas utiliser le réseau de gaz naturel, pour y envoyer de l’hydrogène qui n’émet pas de gaz à effet de serre ? Il permettrait de chauffer les maisons anciennes. Si l’hydrogène est insuffisamment disponible, Sibelga prévoit des pompes à chaleur hybrides à hydrogène, la chaudière à hydrogène prenant le relais pendant la période la plus froide de l’hiver. Il reste des obstacles, mais Sibelga et nos universités préparent l’avenir. Les constructeurs aussi.

Si l’avenir de l’hydrogène à Bruxelles vous intéresse et si vous avez raté le débat organisé avec l’ULB à la Fondation Universitaire, vous trouverez ICI la vidéo complète de cette brillante matinée d’étude. Si le son est un peu confus au début, cela s’améliore nettement un peu plus loin. Les taxis propres à hydrogène qu’on y a testés et la station de remplissage annoncée ne seront pas d’actualité à Bruxelles, tant que le gouvernement n’aura pas accordé les 60 licences nécessaires, combattues par une partie du monopole des taxis. Les vrais écologistes apprécieront.

Happy Monday: 4 heureuses nouvelles

Les trottinettes règlementées. Ce devrait (enfin) être le cas le 1er juillet si la signalétique est en place. Les règles de base semblent nationales: une seule personne, min. 16 ans, rangement en lieux désignés, interdiction sur les trottoirs et des contraintes techniques pour les constructeurs. A Anvers on y a ajouté d’intéressantes règles locales, notamment sur la vitesse gérable à distance. Bruxelles s’en inspirera pour son piétonnier ?

Batterie déchargée. C’est arrivé à tout le monde au pire moment. Une jeunes start-up bruxelloise propose des batteries externes et universelles. Elle en a déjà installé 400 à Bruxelles. Chargez l’application Naki Power et elle vous dit où trouver une station proche pour louer une batterie de rechange au prix d’1 euro pour 30 minutes. Ensuite vous la remettez à la station la plus proche.

Prêtes pour la sécheresse. Les plantes peuvent faire face à une sécheresse grâce à une molécule 100% naturelle, mise au point par une start-up d’Anderlecht. Elle prépare les plantes à supporter une prochaine sécheresse. Bientôt des bouteilles disponibles pour les particuliers et leurs jardins.

In extremis. Je viens d’apprendre l’existence d’un colloque qui s’intéresse à La place de Bruxelles dans une septième réforme de l’Etat. ? C’est déjà ce lundi matin à 9:15 h à l’ULB. Toutes les précisions sont ICI pour les matinaux.

Des coups de feu.

Pas moins de 14 coups de feu en rue à Molenbeek depuis la rentrée. Il ne s’agit donc plus d’un simple fait divers, mais d’un problème politique. L’axe Anvers – Rotterdam est devenu la filière principale pour les drogues dures en Europe. Bruxelles Ouest semble avoir été choisie pour établir des territoires et écouler la marchandise grâce à des petites mains. Les sommes saisies par la zone de police dépassaient déjà les 3 millions d’euros en 2020. A ce niveau, c’est à la police fédérale d’agir, mais elle est désargentée, depuis les coupes sombres du gouvernement Michel.

Un article de La Libre en dit beaucoup plus. Extrait « Des trafiquants proposent jusqu’à 500 euros à un gamin de 15 ans simplement pour surveiller une rue et donner l’alerte en cas de présence policière. On attire des petites mains par de l’argent facile. Les grands trafiquants savent que notre système ne va pas enfermer des jeunes mineurs. Ils seront rapidement relâchés, créant un sentiment d’impunité, ce qui ne fait que décourager parquet et policiers. » L’image de Bruxelles en prend un coup. Des bourgmestres s’expriment dans Le Vif.

Un animateur de rue, qui désire rester anonyme, confirme que le choix des territoires n’est pas anodin. Des jeunes en rupture d’école et sans emploi voient leurs aînés se pavaner en BMW. Ils ne vont pas résister longtemps à l’argent qui leur est proposé pour des tâches subalternes ou même pour écouler de la cocaïne ou de l’héroïne. Ce n’est pas la police de Bruxelles Ouest – à qui il manque 122 agents opérationnels – qui va pouvoir faire face à cela, quoi qu’elle en dise. Une table ronde pour créer un task force avec les communes, le fédéral et le judiciaire s’avère indispensable.