Location touristique illégale sanctionnée

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Alors que Bruxelles manque cruellement de logements et que cette rareté pousse les prix à la hausse, la transformation d’appartements en logements meublés touristiques de courte durée a flambé et a soustrait nombre de logements du parc locatif bruxellois. La réglementation mise en place par la Région et le Covid-19 ont certainement occasionné un coup de frein à cette tendance et la récente décision de la Cour de justice de l’Union européenne risque aussi d’avoir un impact, bien au-delà de la ville de Paris. La Ville a vu son règlement justifié par la Cour, parce qu’il constitue une raison impérieuse d’intérêt général. Cette décision ne manquera pas de faire jurisprudence pour toutes les autres grandes villes européennes.

C’est un article du journal Le Monde, qui révèle cette victoire capitale de la Ville de Paris dans sa lutte contre les abus d’Airbnb. « Mardi 22 septembre, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu sa décision dans l’affaire qui oppose la Ville à deux loueurs en meublés touristiques – les sociétés Cali Apartments et HX. Une décision très attendue par Paris, et 21 autres villes européennes, ainsi que par la plate-forme de location touristique Airbnb, dont une grande partie de l’activité est en jeu dans cette affaire. » Un autre article dresse par ailleurs le portrait-robot des propriétaires déjà condamnés par la règlementation parisienne.

Dans leur arrêt, les juges européens déclarent la législation française conforme en tout point au droit de l’UE, estimant que la lutte contre la pénurie de logements destinés à la location de longue durée constitue une raison impérieuse d’intérêt général justifiant la réglementation d’un Etat membre. Ils remarquent que « l’activité de location de locaux meublés de courte durée a un effet inflationniste significatif sur le niveau des loyers, en particulier à Paris et dans d’autres villes françaises (et européennes ndlr) », reconnaissant donc à la Ville de Paris et à l’Etat le droit d’instaurer un régime d’autorisation. Selon eux, le régime existant, à Paris, est d’ailleurs « proportionné à l’objectif poursuivi, clair, objectif, non arbitraire et transparent ». Dont acte.

 

La Flandre a fait une croix sur Bruxelles

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« Mentalement, la Flandre a fait une croix sur Bruxelles » c’est Rik Van Cauwelaert – chroniqueur au Tijd et ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire Knack – qui l’affirme sans ambages dans une interview (1) pour L’Echo. Il poursuit « Bruxelles est un point de clivage important, mais les francophones doivent bien se rendre compte d’une chose: pour les Flamands, Bruxelles est de moins en moins nécessaire. Par le passé, la Flandre disait qu’elle ne lâcherait jamais Bruxelles. Ça, c’est fini.  S’il le faut, elle la lâchera. Regardez un Bart De Wever, il ne s’intéresse pas une seconde à ce qui se passe à Bruxelles. Il sait que ce n’est pas une ville flamande. D’ailleurs, ce n’est même plus une ville francophone: c’est international. La Flandre ne se battra pas, elle ne se battra plus pour Bruxelles. Cela dit, chez les Wallons, ce n’est pas le grand amour non plus. En Flandre, on l’a bien observé ».

A propos du confédéralisme: « L’indépendance totale, le séparatisme, c’est la vision romantique du vieux mouvement flamand qui n’existe pratiquement plus. C’est du passé, à part chez quelques-uns au Vlaams Belang. Non, aujourd’hui, c’est le confédéralisme qui est visé. On y est presque d’ailleurs. Il n’est pas possible de prendre chaque fois 500 jours pour faire un gouvernement. Tôt ou tard, il faudra se poser cette question: que veut-on encore faire ensemble? Au PS, ils savent que cette question viendra sur la table et je pense même qu’ils sont mieux préparés à cette discussion que la N-VA ». 

Mais c’est quoi, le confédéralisme à la flamande ? « C’est d’abord la responsabilité financière. On veut la transparence sur le financement des uns et des autres. Avec des mécanismes de solidarité, naturellement, mais on veut la clarté. Que chacun puisse gérer sa Région comme il l’entend. Cela ne réglera pas tous les problèmes de la Flandre, mais ça permettra d’y remédier plus vite. On n’aura plus l’excuse de dire que les francophones nous freinent.On sera alors pleinement responsables de nos propres actes ».

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Happy Monday: plus de nature en ville

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Alors que Bruxelles Ville ne cesse de minéraliser ses places publiques pour y organiser des événements, la Région multiplie les petits projets de proximité, en vue de déminéraliser l’espace public. Peu spectaculaires et sans inaugurations solennelles, il s’agit cependant d’initiatives essentielles pour la lutte contre le réchauffement climatique et l’amélioration de la qualité de vie des habitants, comme le relate cet article de La Capitale.

Pour Elke Van den Brandt, Ministre de la Mobilité et des Travaux Publics: « La verdure permet non seulement d’apporter de la fraîcheur en été et de purifier l’air, mais contribue aussi au bien-être physique et mental des citoyens. Il est indispensable que chaque Bruxellois puisse avoir un accès direct à la nature dans notre ville. Dans les prochaines années, partout où nous le pourrons, nous donnerons de la place au végétal ». Enlever de l’asphalte pour semer une pelouse ou simplement agrandir les fosses aux pieds des arbres ont déjà un impact non négligeable sur la perméabilité du sol de la cité.

L’administration de Bruxelles Mobilité est intervenue ces derniers mois au boulevard Roi Albert II, chaussées de Mons et d’Alsemberg, avenue J. Cock ainsi que rue des Vétérinaires. Des projets sont actuellement en cours à Uccle au rond-point dit « des Menhirs » et à Watermael-Boitsfort à l’avenue de la Foresterie, où les pierres de la partie centrale des ronds-points sont remplacées par des graminées et des plantations basses. A Schaerbeek un arbre remarquable est protégé et mis en valeur à la place Jamblinne de Meux et la surface perméable comptera de nouvelles plantations. Quelques pas dans la bonne direction.

Un retour à une plus grande biodiversité à Gand – Photo Robert Verstraeten

 

Journée du multilinguisme

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C’est déjà ce samedi 26 octobre que se tiendra la première journée du multilinguisme à Bruxelles, de même que la présentation du Conseil bruxellois pour le multilinguisme,  informations malheureusement annoncées avec beaucoup de retard, en raison d’incertitudes sur les contraintes corona.

Vous trouverez le programme ICI, juste après une brève vidéo. Et si vous voulez suivre le live en direct en streaming sur Youtube c’est ICI, à partir de samedi 10h.

Encourager la mixité sociale ?

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La mixité sociale – ou plus platement: le mélange des riches et des pauvres – c’est rompre l’entre-soi. Celui d’Uccle, comme celui de Cureghem. Pas évident du tout de quitter sa zone de confort. De s’installer sur le territoire « des bourges blancs quand on est pauvre et basané ». Et inversement. On continue donc à construire des villas à Uccle et des logements sociaux à Molenbeek. Les enfants se retrouvent donc aussi entre eux dans les écoles de ces quartiers, à l’école communale de Molenbeek ou à Dachsbek et Decroly. Le communautarisme n’est pas loin. La ville duale se développe des deux côtés du canal, dans une sorte d’indifférence générale.

Henri Goldman vient de publier sur son “blog cosmopolite » un réquisitoire contre l’hypocrisie de la mixité sociale. Pour lui, la méthode est éprouvée : « Suffit de monter des projets immobiliers avec un peu de logements sociaux et beaucoup de logements “moyens” inaccessibles aux gens du cru. Généralement sur les dernières friches urbaines disponibles au sein des quartiers les plus denses de la ville qui manquent déjà cruellement d’espaces verts et où les gens étouffent dans leurs logements trop exigus. La pente naturelle d’une telle politique de “mixité” décrétée, si elle n’est pas menée avec d’infinies précautions, c’est l’embourgeoisement inéluctable des quartiers populaires et l’exode de leurs habitants actuels hors de la ville ». Il est rejoint dans son analyse par un article du Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat.

Tout ne réside-t-il pas précisément dans cette nécessité « d’infinies précautions » ? Créer du logement moyen dans un quartier où la commune possède suffisamment de logements sociaux et conventionnés, écarte le risque d’éviction des personnes les moins fortunées. Il est quelques  exemples à Bruxelles où cette mixité fonctionne et semble profiter à tous. Construire des écoles à cheval entre Molenbeek et Bruxelles, ce serait donner aux jeunes l’occasion de se rencontrer et de se connaître. A l’ouverture du Marché des Tanneurs, Il n’y avait sans doute que des bobos, mais chacun a droit à une alimentation saine et payable et aujourd’hui, on y trouve progressivement une clientèle plus mélangée. La vraie question n’est-elle pas finalement le niveau indécent des salaires les plus bas, souvent pour des métiers pourtant de première nécessité ? Avec l’exode continu de sa classe moyenne, Bruxelles ne souffre-t-elle pas plus de paupérisation que d’excès de gentrification ?