Des sorcières parmi nous

Elles ont débarqué en ville hier soir, avec ou sans code CST. C’est l’ULB qui les a invitées pour un grand sabbat satanique, avec la collaboration de la Ville de Bruxelles. « La science ne vaincrait-elle plus les ténèbres ? ». C’est à l’Espace Vanderborght, en face des Galeries Saint-Hubert et à deux pas de La Mort Subite, qu’elles s’exposent à vos regards incrédules jusque mi-janvier.

Poursuivies et violentées à travers les siècles, des milliers de femmes torturées ont fini brûlées vives sur d’innombrables bûchers, ici et à travers le monde. Cette exposition leur rend justice. Elle croise les histoires réelles et leurs représentations à travers les âges et les arts, jusqu’à leur réhabilitation contemporaine, comme le font les mouvements queer et féministes, qui ont pris la sorcière comme emblème de leur révolte. Comme le hurlait Guerilla Poubelle « Nous sommes les filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler ».

Puissances positives, images féministes, icônes de la pop culture, les sorcières cristallisent encore et toujours les passions. Pas moins de 400 objets, œuvres et documents, réunis par les chercheurs de l’université et brillamment présentés par les étudiants de La Cambre. Des objets ethnographiques, des manuscrits, des archives de procès, des peintures, des photos, des films, issus de collections belges et étrangères. Et bientôt de sataniques événements. Une exposition qui mérite votre visite et pourquoi pas, une grande tournée européenne ? Vous pouvez réserver ICI

et comme trop souvent, affichage uniquement en anglais … en hetzelfde voor de Vlamingen
et tant pis pour les francophones

Faire peuple à Bruxelles

C’est la commémoration de la Marche blanche qui a évoqué ce peuple de 300.000 citoyens blancs et silencieux dans les rues de Bruxelles. La Marche en souvenir du meurtre de  Joe Van Holsbeeck en 2006 a rassemblé moins de monde, mais un peuple plus coloré et plus bruxellois. La dernière Marche pour le Climat fut nombreuse mais à nouveau plus blanche. Des marches plus modestes en nombre ont rassemblé des personnes de couleur victimes de violences policières et plus récemment, des femmes en colère contre le personnel qui les agresse dans les bars. Le futur de Bruxelles semble dans les mains d’une société civile qui se développe et se mobilise.

Comment faire peuple dans une société d’individus ? Pour faire peuple, il ne suffit pas que les individus vivent en société, il faut aussi qu’ils veuillent vivre ensemble, soient en mesure de dépasser leurs intérêts particuliers, aient des projets d’avenir qui les rassemblent. Faute de passé commun, la population de Bruxelles, riche d’un très grand nombre de langues et de cultures, doit pouvoir se construire un avenir commun. « Nous existons ! Wij bestaan ! We exist ! » étions-nous 10.000 à proclamer en 2006, comme l’évoque ce beau Bruxelles est à nous en conclusion de « Demain Bruxsels ».

Il y a un peuple flamand, un peuple wallon, un peuple de Dieu, un peuple de gauche, … Un peuple de Bruxelles est en train de naître sous nos yeux, presque à notre insu. Un peuple, pas une masse, pas une foule dissolue ou passionnelle. Un peuple qui se définit par un one will (1), une volonté, un « nous » commun. « Un futur qui tient compte des plus fragiles, sans attendre que les plus fortunés soient touchés pour que les choses fassent collectivement sens (2) ».

(1) Thomas Hobbs
(2) Abd al Malik

document extrait du reportage de BX1

Happy Monday: d’heureuses mises au point

Détecteurs de CO2. Un lecteur attentif nous fait remarquer que la photo qui illustre notre billet sur des détecteurs de CO2 (dioxyde de carbone) montre un détecteur de CO (monoxyde de carbone) un gaz inodore qui peut être mortel. Il faut faire la différence, même s’il existe des appareils qui détectent les deux gaz. Vous trouverez de simples détecteurs de CO2 chez MediaMarkt, Vanden Borre, Nature et Découvertes et à la FNAC, mais pas toujours dans toutes les succursales. Parlez-en avec l’école de vos enfants.

Capitales vertes. Bruxelles est 17ème – avant Paris et Londres – dans un classement des capitales vertes de l’Europe dominé par les pays nordiques, mais avec Ljubljana en Slovénie en tête. Il ne s’agit pas seulement des espaces verts mais aussi de la qualité de l’air, de l’eau et des modes de transport. Et si nous avons encore quelques beaux jours, voici quelques idées pour en profiter.

Filmer la police est un droit. Ce jugement était attendu depuis 5 ans, mais il a été rendu. Les deux policiers qui avaient saisi la caméra de d’une équipe de reporters en octobre 2015 ont été jugés coupables de vol d’usage. Cette décision du tribunal correctionnel de Bruxelles confirme notre droit sans équivoque de filmer l’action policière.

Cureghem bonnes nouvelles. On ne parle généralement de Cureghem que pour évoquer des problèmes. Dirk De Caluwé avait déjà édité un ouvrage intéressant sur l’historique de ce quartier et sa culture. Il a publié un second tome dont le titre est tout un programme : « Cureghem. Bonnes nouvelles ».

Trois mises au point

Détecteur de CO2. Un lecteur attentif nous fait remarquer que la photo qui illustre le billet d’hier montre un appareil qui détecte le CO (monoxyde de carbone) un dangereux tueur silencieux et non le CO2 (dioxyde de carbone) qui vous renseigne sur la nécessité d’aérer les locaux à partir d’une alarme ou d’un signal orange, voire rouge. Une sérieuse différence. Si certains appareils détectent les deux, vous trouverez cependant de simples détecteurs de CO2 chez Mediamarkt, Vanden Borre, FNAC et Nature et Découvertes. Téléphonez avant, parce que pas toujours disponibles dans toutes les succursales. Parlez-en aussi avec l’école de vos enfants.

Coworking et Mobilité. Un grand nombre de salariés sont passés au télétravail, voire au coworking, à la recherche d’un environnement social et convivial permettant un rapprochement géographique entre lieux de vie et de travail. Selon une étude franco-québécoise, il semblerait que cette nouvelle donne ait aussi favorisé un certain exode urbain et réduit en partie les espoirs de réduction des déplacements. L’étude soulève aussi d’autres questions liées à ce nouveau mode de travail et ses limites.

Règles urbanistiques trop complexes. Sans doute avez-vous déjà été confrontés à des règles urbanistiques bruxelloises multiples à l’occasion de travaux de construction ou de rénovation ? S’il est bon que des règles existent en vue d’assurer une certaine harmonie et une cohérence, il ne faudrait cependant pas qu’elles retardent trop les travaux à entreprendre, tuent toute créativité, se multiplient à l’infini ou ne tiennent pas compte des leçons du confinement. Bientôt des toits verts et une terrasse pour chaque habitation ? Le gouvernement régional a demandé conseil à un panel de 12 experts qui a livré 23 recommandations et 90 propositions de solutions. Ils suggèrent de repartir sur de nouvelles bases pour réformer le Règlement Régional d’Urbanisme (RRU).