Qui décide ? Qui nous représente ?

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Ce sont nos élus et les gouvernements qu’ils mettent en place qui gèrent la cité et doivent veiller au respect de l’intérêt général. Ce type de démocratie basée sur des personnes élues, supposées nous représenter, est de plus en plus souvent remis en cause et souvent qualifié de  » particratie « . “ Il lui est reproché de couper les mandataires des préférences et du vécu de la population, de produire des processus de décision opaques et peu compréhensibles pour les citoyens, de permettre la défense des intérêts privés ou partiaux des représentants, et de décourager les citoyennes et les citoyens de s’investir dans la vie de la cité (John Pitseys – CRISP) ». « Une fois désignés, en pratique, on peut dire qu’ils ont un chèque en blanc et cette indépendance n’est pas tempérée. Ce débat, davantage posé par la société civile que le monde politique, plutôt perplexe et divisé, n’est pas clos. » (Vincent de Coorebyter)

Des tentatives de démocratie directe émergent malgré les objections que celles-ci soulèvent. Des demandes se font jour pour une démocratie plus participative, pour le droit de vote pour toutes et tous, pour des consultations populaires (comme en Suisse), pour des consultations internet, pour des représentants tirés au sort … Le CRISP vient d’y consacrer un dossier complet que vous pouvez consulter ICI.

On se souviendra des tirages au sort du G1000 de David van Reybroeck, que d’aucuns estiment trop individualiste et ayant produit peu de résultats. Plus récemment, la Communauté germanophone a décidé de se doter, dès l’automne, d’une assemblée de 24 citoyens tirés au sort, dont les détails sont livrés ICI. Leurs voisins luxembourgeois attendent de vérifier si cela va renforcer la participation citoyenne, améliorer la compréhension du processus de décision et renforcer les institutions démocratiques, à l’heure où la confiance dans les partis politiques est historiquement basse.

>>> Anuna De Wever, la pionnière néerlandophone des marches pour le Climat en Belgique, estime que l’enterrement de la loi Climat est une insulte à l’égard des jeunes.

Il n’y aura pas de loi climat

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« Tout ça, ce n’était que des mots : il n’y aura pas de loi climat » c’est ainsi que débute l’édito de Béatrice Delvaux dans Le Soir. « Ils allaient la signer, elle était une urgence, on devait donner un signal fort aux jeunes soudain descendus dans la rue chaque jeudi, brossant l’école pour le climat. On les avait compris et on allait désormais agir en conséquence ».

Et de poursuivre. Ce qui gêne, ce sont les arguments utilisés, surtout celui de l’ouverture de la boîte de Pandore. C’est très petit comme excuse : se cacher derrière la crainte d’une révision d’une Constitution qu’on a si peu souvent hésité à triturer en tous sens pour remplir des objectifs bien moins louables. C’est aussi très faux et donc hypocrite : on a déjà modifié des articles sans toucher à l’édifice « sacré ».

Ce qui gêne, c’est la promesse faite hier au Parlement par les partis du « niet » de trouver d’autres moyens pour arriver au même résultat. Parle-t-on de ces accords de coopération entre fédéral et Régions qui ne se concluent jamais ou alors au prix de palabres sans fin et de complexités qui les rendent impraticables ?

Faut-il rappeler les raisons qui ont poussé des experts à élaborer cette fameuse loi ? Il s’agissait de forcer via la Constitution « toutes les entités belges à coopérer à une politique climatique efficace et à fixer les objectifs et les modalités « . Anuna De Wever, la pionnière néerlandophone des marches pour le climat en Belgique, estime que c’est une insulte à l’égard des jeunes.

Pourquoi quittent-ils Bruxelles ?

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La jeune classe moyenne continue de quitter Bruxelles et est remplacée par des populations plus pauvres ou plus riches. Je ne vous apprends rien, la situation n’est pas nouvelle. La cause principale mise en avant par un article du Soir, reste l’impossibilité de trouver un logement à prix modéré. Trop fortunés pour satisfaire aux conditions d’accès des logements sociaux mais pas assez pour se tourner vers les prix du marché, la situation les pousse à quitter définitivement Bruxelles, où la plupart travaillent.

Prix du logement trop élevés, mais pas que. Il y a aussi parfois un sentiment d’insécurité, la congestion automobile, la pollution de l’air, l’absence de jardin, … C’est en collaboration avec l’IHECS, que le journal Le Soir va plus loin dans un dossier assez fouillé dont j’ai regroupé un certain nombre d’extraits. Il en dira beaucoup plus à tous ceux d’entre vous qui s’inquiètent de ce phénomène qui déséquilibre la population de la ville et la prive des contributions de ces Bruxellois qui vont résider hors de ses frontières et iront rejoindre le groupe des navetteurs qui entrent quotidiennement à Bruxelles.

« Par rapport à Paris ou Berlin, Bruxelles n’est certainement pas hors de prix, observe Fouad Ahidar (SP.A), président de la commission Logement au parlement bruxellois. Mais quand on compare le salaire moyen d’un Bruxellois avec les prix de l’immobilier, c’est là qu’apparaît le problème ». En 2017, 50 % des locataires ont un revenu mensuel inférieur à 2.000 euros, plus d’un tiers de leur revenu est consacré au logement. C’est là que se situe le seuil au-delà duquel le logement devient inabordable. « Pour ceux qui touchent de petits salaires, il est devenu presque impossible de se loger à Bruxelles, à moins d’opter pour des habitations à la limite de l’insalubrité situées dans des coins où il ne fait pas bon vivre ».

 

Tram autonome et navette automatique

extrait de la XinhuaVideo de New China disponible sur Youtube ICI

« Grâce à son guidage optique qui suit un marquage au sol invisible, ce nouveau moyen de transport en commun offrirait l’avantage d’un coût d’installation cinq fois moindre qu’un tram sur rails. Enfin, rendue possible par des batteries qui se rechargent en 30 secondes lors de chaque arrêt, l’absence de caténaires lui permet d’être beaucoup plus souple dans le trafic urbain ». C’est la DH qui annonce de nouveaux tests de ce « tram » chinois, dont nous avons déjà parlé.

Lancé sans rails (les cyclistes apprécieront) en mai 2018, il vient d’être expérimenté en version sans conducteur et par une température de – 20°. Il sera bientôt testé dans d’autre villes chinoises. Quand on se souvient des années qu’il a fallu pour installer les rails au boulevard du Souverain et leur prolongation vers Roodebeek, on se prend à rêver d’un réseau de trams sans rails. Encore faut-il pouvoir leur assurer un site propre ou à tout le moins une bande de roulage réservée.

Dès cet été, la STIB va tester de navettes électriques autonomes pour le « dernier km ». Pas pour remplacer les bus ou les trams, mais pour prolonger les lignes vers des quartiers éloignés peu denses.  La STIB  ne publie pas de texte, mais propose ICI une courte vidéo très parlante.

Happy Monday: les jeunes ont été soutenus

Non, je n’étais pas seul samedi … nous étions 3 à la grève pour le Climat !
Les lecteurs d’un blog ne forment manifestement pas un mouvement. Bien sûr, certains d’entre vous manifestaient sous d’autres bannières, mais quand même. Fort heureusement des professeurs, des scientifiques, des syndicalistes, des ONG,  des médecins, les « Grands-parents pour le Climat », des femmes et des hommes politiques, étaient présents pour montrer leur soutien à ce vaste mouvement mondial initié par des jeunes inquiets pour leur avenir et parfois diversement jugés par leurs écoles. Malgré la pluie et le vent, la marche de 30.000 personnes était joyeuse et ponctuée de chants et d’applaudissements.

Ce dont la presse a peu parlé, c’est de la grande diversité et de la créativité des calicots agités par les jeunes. Loin du copié-collé et des slogans tout faits, il y avait de la rage, de l’espoir, de l’interrogation, de l’humour, du surréalisme et même de la poésie. Des messages très personnels qui excluaient toute instrumentalisation. Aucune violence, aucun débordement malgré une des présences des plus massives d’Europe. On entendait: des bravos les jeunes, vous avez fait bouger les lignes, imposé votre agenda à la campagne politique.

Si certains sont découragés, pensent que c’est plié, les verts viennent de publier ICI leur programme: une loi Climat, une mobilité douce, un partage des voitures, le triplement du nombre d’utilisateurs des transports en commun, un soutien à l’agriculture bio et aux filières courtes, l’isolation des bâtiments, aller vers 100 % d’énergie renouvelable … Si ce programme est moqué par les autres partis, les verts leur demandent simplement : c’est quoi votre alternative ? On en reparlera.