Il en va de notre sécurité.

À Anvers, l’activité économique génère un afflux important de conteneurs – parfois en charge de produits périssables ou urgents – qui ne permet que le contrôle d’environ 1,5 pour cent des conteneurs. Les trafiquants semblent  donc préférer Anvers à Rotterdam. De Standaard en français a mené l’enquête. Elle concerne Bruxelles, où s’écoule une grande partie du trafic.

Qui surveille les 6.000 caméras de surveillance déployées à Bruxelles? Pour L’Echo, la réponse est plus complexe qu’il n’y paraît. Ravivé par la crise du narcotrafic à Bruxelles, le dossier des caméras de vidéosurveillance, indispensables aux enquêtes sur les fusillades, est devenu une source de déperdition d’argent public et le théâtre de conflits internes. Une gabegie à laquelle le gouvernement régional va tenter de mettre fin.

Il manque 778 policiers au cadre de police de Bruxelles selon la norme KUL, qui ne reflète déjà plus la réalité démographique et criminologique de la Région. A Anvers, le cadre est entièrement rempli, avec même 49 policiers de plus que le cadre organique. Tout cela – et toujours le partage des forces entre six zones de police – explique sans doute pourquoi notre sécurité ne peut être garantie correctement, comme l’affirme le procureur du Roi.

Une vision régionale.

La lasagne institutionnelle belge fait des dégâts tous les jours. « La structure actuelle de la Belgique craque de toutes parts. » C’est De Standaard en français qui l’affirme ICI. Interrogeant Thomas Dermine, il lui demande si le PS est prêt à avancer sur la réforme de l’État si la question se pose ?

Thomas Dermine. « En historien, Bart De Wever voudra revendiquer sa place dans l’histoire. Tôt ou tard, il reviendra au premier point du programme de son parti et voudra refaçonner la structure de notre pays. Après vingt ans, nous ne pouvons pas continuer à dire : on est demandeur de rien. Nous devons élaborer une vision. »

« Nous devons passer à une Belgique à quatre Régions : la Flandre, la Wallonie, la Belgique germanophone et Bruxelles. Nous devons dissocier Bruxelles de la Flandre et de la Wallonie. Les défis propres à Bruxelles sont trop spécifiques. Bruxelles doit devenir la Babylone du monde moderne et rivaliser avec Washington DC comme capitale du monde libre. Qui comprend encore aujourd’hui l’architecture institutionnelle de Bruxelles ? C’est un nid de guêpes. »

 

Les Fagnes à Bruxelles.

Profondément marqué par la disparition de paysages entiers des Hautes Fagnes, l’historien David Van Reybrouck confesse une émotion vive face à cet été, jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. « Tous ces morts suite aux canicules, tous ces hectares brûlés, toute cette bêtise humaine, cette paralysie politique… Et savoir que tout cela était su à l’avance ». Il s’inquiète des alertes lancées depuis des décennies par les climatologues et les scientifiques qui sont demeurées lettre morte.

Déjà très marqué par l’incendie de Notre-Dame de Paris, par le 40 victimes des inondations de la Vesdre, il veut rendre visible le désastre des Hautes Fagnes. C’est l’endroit le plus visible du dérèglement climatique, mais nous allons l’oublier d’ici quelques semaines. Il veut monumentaliser ces instants. Il faut faire trace dans l’espace public.

David Van Reybrouck veut remplir toute une salle des Musées royaux avec les cendres, les charbons et les branches brûlées récoltées dans les Fagnes. Remplir une salle du musée pour avoir une œuvre d’art misérable, qui nous rappellera jour après jour à ce qu’on a fait. Il en dit plus à la RTBF.

Bruxelles a changé.

En 20 ans, Bruxelles a changé. Dans le bon sens ? Pour tout le monde ?
Les avis sont partagés. On peut aussi bien voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. L’Echo a profité de l’été pour nous livrer un coup d’oeil dans le rétroviseur, images à l’appui. C’est un point de vue. Il y en a d’autres. Matière à réflexion, après trois canicules et soixante neuf fusillades.

« La ville a profondément changé et tente de se redessiner, de tourner petit à petit le dos à la voiture particulière et d’envisager un avenir où ses habitants respirent mieux. Quartiers plus apaisés, disparition du viaduc Reyers, mise en place du piétonnier, tentatives de donner bonne figure au canal et à ses alentours… Bruxelles bouge. »

« Le plan GoodMove a connu des vagues de protestations et a été la cible du parti libéral lors des dernières élections régionales. Les habitants de certains quartiers ont révélé bien des tensions et la déconnexion entre la classe politique et une population profondément ancrée dans ses habitudes de vie et de mobilité. Le piétonnier, nouveau visage d’un espace  (jadis) peu qualitatif et pollué, a rapidement soulevé des critiques sur son accessibilité et son caractère trop mercantile. »