Merci de prendre l’avion …

Si vous prenez souvent l’avion, vous pouvez accumuler des « milles », une sorte de bons points qui vous récompensent pour votre fidélité et vous permettent de profiter de voyages gratuits ou de lounges feutrés. On voudrait encourager les déplacements en avion, pourrait-on agir mieux ? Pourquoi ne pas plutôt vous dire que votre voyage à New York a généré près d’une tonne de CO2, qui s’ajoute à celles de vos autres déplacements en avion ? A partir d’un certain montant, ce pourrait plutôt être un avertissement, pour vous dire que vous entamez déjà votre quota (?) pour l’année suivante.

Pour Jos Dings, le directeur de la fédération Transport et Environnement il n’y a aucune cohérence : “avec l’attitude actuelle de l’industrie, aviation et environnement sont incompatibles. Beaucoup de choses doivent changer“. Les émissions de CO2 de l’aviation ont augmenté de 70 % en 20 ans. Un aller/retour vers New York émet en moyenne ce qu’une personne consomme pour se chauffer pendant 1 an. Plus fort encore: Brussels Airlines va effectuer 3.000 survols de Bruxelles à vide pour maintenir ses slots privilégiés !

Le conclave budgétaire d’octobre de la Vivaldi avait débouché sur une « taxe avion » de 10 € pour les vols de transit au départ d’aéroports belges de moins de 500 km, afin d’encourager des alternatives comme le train. La taxe serait de 2 euros si la destination finale au départ de la Belgique (hors transit) est située à plus de 500 km, mais dans l’Espace économique européen et de 4 euros en dehors. Un bon début, même si ces quelques petits euros ont peu de chance de suffire pour favoriser un transfert vers le train … souvent plus cher que l’avion. Où reste la taxe sur le kérosène à l’échelle de l’Europe ?

Un salaire minimum en Europe ?

Avec des salaires planchers qui vont de 330 euros en Bulgarie à 2 200 euros au Luxembourg, le rapport varie de 1 à 7. « Les différences de coût de la vie d’un pays à l’autre peinent à justifier à elles seules ces écarts. Même en tenant compte du panier moyen nécessaire pour vivre, les salaires minimums ne suffisent pas toujours pour atteindre un niveau de vie décent, particulièrement dans les pays de l’Est. Il devient dès lors impératif pour la Commission de donner à ces salaires minimum nationaux un gros coup de pouce » écrit Alternatives Economiques.

Entre 2005 et 2018, la pauvreté au travail est passée de 8,1 % à 9,6 % dans l’Union Européenne, sous l’effet, entre autres, des temps partiels, contrats courts et autres statuts précaires d’autoentrepreneurs. Les trop faibles rémunérations poussent aussi les salariés à faire leurs valises pour travailler dans d’autres pays, et peuvent donc s’avérer contreproductives pour certaines économies nationales. Y a-t-il encore des plombiers en Pologne ?

La présidence française va mettre le projet de directive sur les salaires minimums décents à l’agenda. Il devrait réduire la pauvreté et limiter le dumping social. Le salaire minimum européen est en bonne voie. Ou, faudrait-il dire plus précisément, « les » salaires minimums « adéquats » ? Impossible d’avoir l’unanimité à 27 sur un salaire minimum unique pour toute l’Europe. Un salaire plancher dans chaque pays contribuerait déjà indéniablement à la résorption des inégalités. L’article d’Alternatives Economiques explique comment.

En finir avec le gaz ?

Changement climatique

C’est ce que la Flandre a programmé pour lutter contre le réchauffement climatique. Depuis 2017 déjà, les gestionnaires de réseau ne sont plus obligés d’y installer de nouveaux raccordements au gaz naturel. Les subventions pour les connexions d’énergies fossiles dans les nouveaux bâtiments sont supprimées. Il a beau être «naturel», le gaz  que l’on brûle émet énormément de dioxyde de carbone, à l’origine des  gaz à effet de serre, et dont les gisement ne sont pas éternels. Le gaz appartient déjà au passé.

En Belgique, plus de 3 millions de ménages et d’entreprises consomment du gaz naturel, principalement pour se chauffer, s’approvisionner en eau chaude et cuisiner. En 2017, 47% de la consommation énergétique pour le chauffage provenait du gaz et 37% du mazout, dont la commercialisation des chaudières se terminera en 2025. Les maisons équipées de chaudières au gaz pourront toujours se chauffer à la flamme, mais pour les nouvelles constructions et les rénovations énergétiques majeures, seules les pompes à chaleur et autres méthodes de chauffage fonctionnant à l’électricité ou aux pellets seraient autorisées, ainsi que les réseaux de chaleur, qui pourraient voir le jour dans le futur.

En Région bruxelloise, la principale source d’énergie utilisée est le gaz naturel, dont la part était de 44 % en 2019, suivie par l’électricité (28 %), les carburants (20 %), la part de mazout de chauffage n’était déjà plus que de 5%. Des primes sont disponibles pour assurer la transition et pour réduire la consommation d’énergie. Homegrade peut vous aider gratuitement à introduire les demandes. Au delà de la vision globale, nous avons demandé au ministre de la transition énergétique à Bruxelles de nous préciser les dates prévues pour la fin du gaz, les alternatives et les primes prévues pour 2022.

photo Selency

Trois occasions de vous réjouir

Cinq Happy New Year. Les Bruxellois ont tenté de fêter un nouvel an belge le 1er janvier avec la jauge de 200 personnes. Le 12 on fêtait Yennayer, le Nouvel An Amazigh des Berbères de Bruxelles à l’Espace Magh. Des musiciens talentueux, des chanteuses engagées et le chanteur Hafid Tifridjas heureux de voir « célébrer la liberté de la femme » dans une ambiance endiablée et avec force you-you bien assis. Ce n’est pas tout, le 1er février ce sera le Nouvel An chinois et la fête du Têt vietnamienne. Et puis le 14 avril ce sera Bisket Jatra, le Nouvel An des Népalais.

Plus d’équité entre communes. Le ministre des pouvoirs locaux, Bernard Clerfayt (Défi), s’est livré à une étude comparative des ressources financières des 19 communes. L’article de Bruzz – traduit ICI – révèle que la ville de Bruxelles peut compter sur 3 591 euros par habitant, mais que Ganshoren doit se contenter de 1 226 euros. Au milieu se trouvent Ixelles (1 986 €/habitant), Saint-Gilles (2 153 €) et Etterbeek (1 841 €). La capacité des municipalités à assurer les services de base n’est pas identique, le ministre a donc esquissé les éléments d’une plus grande et nécessaire solidarité.

Mieux répartir l’espace public. Un journaliste à vélo renversé par deux piétons le long du canal à Molenbeek. Pas une bonne nouvelle, mais cela impose de reposer la question de la répartition de l’espace public entre ses différents usagers. Piétons et cyclistes peuvent-ils toujours cohabiter sur un espace commun ? L’article de Bruzz – traduit ICI – pose bien le problème. La faute aux cyclistes ? aux piétons ? ou à l’aménagement de l’espace ? Politiquement difficile de retirer de la place à la voiture au bénéfice des autres usagers, mais la ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) veut s’y attacher avec les communes.

Bruzz © KH  

photo YVDB

Bruxelles sera-t-elle à la traîne ?

L’hydrogène apparaît de plus en plus comme l’énergie d’un futur immédiat, pour la mobilité, pour l’industrie et peut-être bientôt pour le chauffage. La Flandre et la Wallonie ont prévu de gros budgets pour investir dans la production et la distribution de l’hydrogène. Dans le plan de relance européen bruxellois, rien n’apparaît à ce sujet. Certains de nos lecteurs s’en sont émus et ont créé le Collectif Bruxelles Hydrogène pour que les automobilistes bruxellois puissent  à l’avenir choisir librement entre voiture électrique ou voiture à hydrogène.

Les véhicules à hydrogène ont une autonomie de 700 km et même un record de 1 000 km, se rechargent en moins de 5 minutes et n’émettent que quelques gouttes d’eau. Une bonne solution pour les taxis, les véhicules d’intervention – comme la police, les ambulances et les pompiers – les navetteurs, les bus, les bennes à ordure … Encore faut-il qu’il y ait une station de remplissage à Bruxelles et que l’hydrogène proposé soit vert.

Pour en savoir plus sur l’offre, sur les projets des constructeurs et sur les intentions de la Région, ils ont décidé d’organiser une matinée d’étude à la Fondation Universitaire « Quel avenir pour l’hydrogène dans la mobilité à Bruxelles ? ». Ce sera le jeudi 20 janvier de 9 h à 12:30. Ils y attendent les réponses des ministres Vervoort et Maron … qui à ce jour n’ont toujours pas répondu présents. Ils finiront sans doute par voir l’intérêt qu’ils ont à informer la société civile, le monde académique, les constructeurs et les utilisateurs potentiels de l’hydrogène. Le programme trilingue est ICI. Des voitures seront en démonstration. L’inscription est gratuite mais obligatoire par un mail à bruxelsfuture@gmail.com