Électricité ou Gaz ?

Nous vous avions annoncé l’intention du gouvernement fédéral d’augmenter les accises sur le gaz naturel pour pouvoir les diminuer sur l’électricité. C’est aujourd’hui chose faite avec un calendrier qui devrait démarrer le 1er août. Tout cela en respectant des taux planchers obligatoires fixés par la directive européenne sur la taxation de l’énergie.

Cette augmentation des accises sur le gaz et la baisse des accises sur l’électricité est une mesure phare, qui a quelque peu crispé les débats. Les accises sur le gaz passeront de 8,72 euros/MWh à 10,31 euros/MWh, puis à 11,39 euros/MWh au 1er janvier 2027 et à 12,47 euros/MWh au 1er janvier 2028. Quant aux accises sur l’électricité, elle passeront de 50,33 euros à 46 euros/MWh le 1er août, puis à 43 euros en 2027, 40 euros en 2028 et 38 euros/MWh en 2029. ICI la source.

Cette mutation se poursuivra au-delà de 2029, avec l’espoir que cela incitera les consommateurs à privilégier l’électricité comme source d’énergie, plutôt que le gaz importé, dont la combustion génère  du dioxyde de carbone et du méthane (puissant gaz à effet de serre). Reste à produire ou importer suffisamment d’électricité verte et à octroyer des primes à l’isolation et à l’achat de pompes à chaleur, qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

 

Particratie sans complexes.

Le gouvernement fédéral doit trouver entre cinq et onze milliards. Or, la cacophonie menace au sein de l’Arizona. Georges-Louis Bouchez, président du MR, proposait la semaine dernière de réunir un conclave des présidents de partis dans un lieu clos, à la Dehaene. Il s’y agira aussi d’une nouvelle réforme de l’État. Les budgets des Régions et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, poseront les francophones en demandeurs.

Dans un article de Trends Tendances, l’économiste Bruno Colmant exprime son indignation à l’idée de ce retour aux sources de la particratie. « Cela ne choque-t-il personne que des présidents de partis pourraient se réunir en conclave pour discuter de notre avenir fiscal, social, écologique, énergétique et budgétaire? »

La Belgique est une démocratie parlementaire. L’article 33 de la Constitution est limpide : « Tous les pouvoirs émanent de la Nation. » Et ces pouvoirs ne s’exercent que de la manière établie par la Constitution. Elle connaît le Parlement. Elle connaît le gouvernement. Elle ne connaît pas le pouvoir des présidents de partis. Ils ne répondent pas devant le Parlement. Ils ne prêtent pas serment pour exercer le pouvoir exécutif.

Un marché aux Halles Saint-Géry.

Après bien des aventures pas toujours gagnantes, les Halles Saint-Géry  vont retrouver leur fonction d’origine: nourrir les Bruxellois. Au rez-de-chaussée, une dizaine d’artisans sont en train de s’installer pour proposer des produits frais et locaux. Leur objectif: valoriser l’identité gastronomique bruxelloise et mettre en lumière les savoir-faire et les traditions culinaires qui participent à la richesse de notre patrimoine local.

Dès le 16 juin, vous pourrez y faire vos achats ou déguster sur place, une de leurs spécialisées. Le marché sera ouvert du mardi au dimanche, de 7 h à 20 h. On y trouvera boucher, poissonnier, boulanger, primeur, traiteur,  épicier … Le marché se veut populaire et accessible à toutes et à tous. Cet article en dit plus.

A l’étage, les Halles Saint-Géry continueront à héberger des expositions temporaires centrées autour de l’urbanisme et de l’histoire de Bruxelles. Culture gastronomique et culture urbaine s’y donneront donc rendez-vous. On s’y retrouve le mardi 16 juin pour une petite pause de midi ?

 

Métro 3: faire le point.

On n’a pas fini de parler de ce chantier interminable et de ce gouffre financier. Les chantiers du Métro 3 entre Albert et Gare du Nord se poursuivent, même si cette mini ligne de métro ne sera desservie que par des trams. On voit mal ce que les usagers vont y gagner. Les trajets de Churchill à Bordet devront en tous cas s’effectuer par 4 trams et 3 correspondances !

En attendant la fin du chantier – dont on n’ose plus fixer ni date ni budget – il va falloir supporter des travaux à Stalingrad, au Palais du Midi, à la place Bara et à la Gare du Nord. Le 4 termine désormais sa course au Wiels et le 10 a son terminus  aérien Gare du Midi. Après, c’est l’attente des correspondances. Et ne parlons pas du 81, qu’on dévie aussi à cause de chantiers à la Barrière de Saint- Gilles et à Cureghem, qui auraient pu attendre. Même ChatGPT ne s’y retrouve plus.

Tout cet énorme gâchis est clairement analysé par Damien Delaunois d’Inter Environnement Bruxelles. Il en fait l’historique, la critique, la mutation et rappelle une alternative plus rapide et (beaucoup) moins couteuse, avec des plans et des schémas. Vous trouverez tout cela dans la synthèse de la réunion qui s’est tenue à Pianofabriek, en présence d’usagers Saint-Gillois excédés. Pour tout savoir, il y a le travail comparatif de Maël Dupriez paru sur BSI et le projet alternatif Prémétro+ qui fait son grand retour.

 

Pas de futur pour le gaz.

Du gaz nous n’en avons pas. Nous devons l’importer de pays qui ne sont pas toujours amis et dictent leurs conditions. A mesure qu’elles s’épuiseront, leurs ressources gazières deviendront aussi plus chères. Comme la combustion du gaz  naturel produit des gaz à effet de serre dommageables pour le climat, l’Europe demande à ses Etats membres d’augmenter progressivement les taxes sur le gaz, afin de pouvoir les diminuer sur l’électricité, qui peut être verte.

Après avoir placé des conduites dans tout le pays et avoir octroyé des primes pour l’installation de chaudières au gaz à condensation, la Belgique doit reculer. Elle interdit déjà la pose de conduites de gaz dans les nouveaux lotissements. A Bruxelles, il y a interdiction d’installation de chaudières au mazout depuis 2025. Quand cela sera fini avec le gaz et les produits pétroliers, que restera-t-il comme énergie ? L’électricité. Encore faut-il qu’elle soit verte et que son prix baisse.

Tout cela ne se fera que progressivement. Mais pour celles et ceux qui doivent remplacer leur chaudière au mazout ou leur chauffe-eau au gaz, la question du choix d’une autre source d’énergie se pose dès à présent. A court terme, l’électricité peut sembler trop chère, mais à plus long terme, elle devrait diminuer. Des travaux d’isolation et des appareils performants – comme les pompes à chaleur et les radiateurs à inertie sèche – devraient en limiter la consommation. Pour le gaz il n’y a plus d’avenir.