Soulevons les volets

Ces rues désertes et ces volets baissés ne seront qu’un mauvais souvenir… si nos commerçants en lockdown arrivent à tenir le coup sans recettes jusqu’à la fin du confinement. Lorsque l’on constate que la multinationale Amazon a triplé ses bénéfices, on ne peut s’empêcher de penser que tout ce qu’elle a livré comme marchandises a largement échappé à nos commerçants locaux, qui disposent souvent de ces produits derrière leurs vitrines closes. Un site a pris l’initiative de faire le tri et d’établir la liste des e-commerces belges.

Sans doute est-ce le moment de faire preuve de patriotisme bruxellois, si nous voulons retrouver nos vitrines illuminées après la crise sanitaire. La Ville a lancé des chèques consommation pour les soutenir. Les commerces non essentiels ne peuvent ouvrir leurs magasins, mais rien ne vous empêche de commander des articles à partir de leur site ou par téléphone. C’est ce qu’on appelé le service Click & Collect auquel de nombreux commerçants ont adhéré. Comeos présente ICI une petite vidéo qui vous explique comment cela marche.

Le système Click & Collect vous permet d’aller récupérer à l’entrée du magasin, la commande que vous avez passée sur internet ou par téléphone. Vous évitez ainsi des frais, de trop longs délais de livraison et d’occasionnelles pertes de colis. Vous participez aussi à ce mouvement citoyen qui entend soutenir le commerce local et contribue à sa survie. Même Saint-Nicolas y contribuera selon la RTBF. Win Win.

le magasin de jouets en bois Volte-Face à la rue des Teinturiers, une caverne d’Ali Baba

 

Happy Monday: vers un nouvel âge d’or

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Vous lirez sans doute avec plaisir, que la crise du coronavirus pourrait conduire à un âge d’or. C’est une professeure d’économie à l’Institute for Innovation and Public Purpose à Londres qui l’affirme. Carlota Perez, du haut de ses 80 ans, a toujours l’oreille des pouvoirs publics et des grandes institutions, qui la considèrent comme une autorité dans le domaine de l’étude des grandes évolutions technologiques des siècles derniers. Pour elle, nous sommes à un point de basculement difficile, qui voit émerger les populismes à cause de la haine de ceux qui se sentent exclus. Mais les crises finissent par ouvrir la porte à de grands changements. Les destructions peuvent être créatrices. Retourner au « business as usual » ? ou franchir le pas vers une croissance intelligente, verte et équitable ?

En plein confinement marqué par la rareté des contacts sociaux, difficile de croire que nous connaîtrons bientôt un âge d’or. Carlota Perez répond à cette question et à bien d’autres.

Quatre petites phrases pour vous donner envie de lire son interview complète dans L’Echo.

« Avant, les consommateurs prenaient pour acquis que la propriété était la base d’une vie prospère, mais aujourd’hui c’est la location qui règne en maître. »
« Aujourd’hui, la pandémie a créé une situation comparable à une guerre en termes de destruction de l’économie et des moyens de subsistance des populations. »
« Je suis convaincue qu’un revenu de base universel représente la meilleure forme d’assurance contre le chômage au sein de l’Etat Providence moderne. »
« Les pouvoirs publics doivent faire évoluer les règles du jeu de manière à ce que le potentiel technologique se traduise par des bénéfices aussi nombreux que possible pour l’ensemble de la société.

Lucas Cranach l’ancien – L’age d’or – 1530

Un confinement alterné ?

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C’est la revue Sciences & Avenir qui annonce qu’une pré-publication en anglais – récemment acceptée dans la prestigieuse revue Nature Communications – affirme qu’un confinement alterné, une semaine sur deux, pourrait être aussi efficace que le confinement total de la population.

L’idée de l’équipe de chercheurs, majoritairement israélienne, serait de mettre en place un confinement alterné, où chaque foyer serait autorisé à sortir de chez lui une semaine, puis confiné la suivante, de façon à ce que seulement 50% de la population soit de sortie simultanément.

Pourquoi ça marche selon eux ? « C’est le théorème du ‘petit monde’, selon lequel dans le monde occidental, chaque personne est connectée à une autre par environ 5 poignées de mains« , explique le mathématicien Miquel Oliu-Barton. Même en affaiblissant les relations sociales par la distanciation, le réseau reste connecté, précise-t-il. « Mais quand on divise la population certaines personnes sont séparées par une distance infinie. Ça change tout« .

Je n’émets pas d’avis à ce sujet, mais vous vous pouvez vous faire votre propre opinion en lisant l’étude en anglais ou en parcourant ICI le résumé en français de Sciences & Avenir.

 

Faire classe dans les bois ?

Alors que la reprise dans les écoles suscite des interrogations chez les enseignants, les parents et les élèves, l’école dans les bois – très répandue au Danemark en toutes saisons – ne pourrait-elle pas être une solution à envisager en période de pandémie ? A Bruxelles, parc et bois sont proches, mais les écoliers restent confinés à l’intérieur, les excursions sont interdites, alors que le virus est beaucoup moins actif à l’air libre que dans les classes. Comprenne qui pourra.

Habillés d’une combinaison, de bottes et de gants, les parents danois n’ont aucune crainte à voir grimper les enfants aux arbres, à jouer avec de l’eau et à se salir. Faire l’expérience de la nature. Etre émerveillé. Ressentir de la joie, du bonheur, mais aussi de la peur, en sachant entouré par les autres. Apprécier les odeurs, les sons, les goûts, les textures, … S’asseoir près de la chaleur et des bruissements du feu. S’interroger pour comprendre ce qui se passe dans la nature. Croiser la vie et la mort.

Dans le Nord, faire la sieste en terrasse, quelle que soit la météo, est une tradition, car le froid renforce le système immunitaire des enfants. A Bruxelles, vous vous rappellerez l’expérience de BOS évoquée ICI et aussi tentée au Luxembourg et dans plus de 1000 écoles en Allemagne. « Faites du monde naturel – y compris la peur et le risque – une part de l’expérience d’apprentissage quotidienne des enfants ».

Où le virus se propage-t-il le plus aisément ? Où les enfants développent le mieux leur curiosité et leur autonomie ?

 

Des policiers agressés

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En contact plus fréquent avec la population, pour faire respecter les consignes sanitaires ou pour des opérations de trafic de drogues, des policiers bruxellois ont dû faire face à plusieurs reprises à la violence des personnes contrôlées. Une policière se dit écoeurée par l’inertie de notre système judiciaire. Le respect mutuel indispensable entre citoyens et forces de l’ordre était à l’ordre du jour de la rencontre programmée le 7 novembre par Aula Magna, elle sera finalement reportée au mois de janvier, face à l’absence de dernière minute d’une des trois personnes intervenantes.

Tout type de violence physique à l’encontre de qui que ce soit est intolérable. On vient cependant d’assister, tout récemment, à de multiples violences à l’égard de policiers en service à Ixelles ainsi qu’à Saint-Josse. La rapide remise en liberté provisoire des personnes arrêtées a ému et ne peut que renforcer un sentiment d’impunité dans le chef des agresseurs, même si cette remise en liberté ne signifie pas qu’ils ne seront pas sanctionnés. Le MR a voulu apporter son total soutien à la police par la voix du député bruxellois David Weytsman, chef de file MR à Bruxelles-Ville, qui a aussi réagit sur Twitter. Christos Doulkeridis, bourgmestre (Ecolo) d’Ixelles, veut une stratégie concertée contre la petite criminalité.

Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), s’est montré particulièrement décidé dans un article du Standaard (traduit ICI par DaarDaar). Il a immédiatement exigé que le parquet rende des comptes et promis la poursuite et la condamnation des agresseurs, s’il apparaît qu’ils ont commis des faits répréhensibles. Vu le principe de séparation des pouvoirs, « il a joué là avec les limites de ce qu’un ministre de la Justice peut se permettre : demander des explications, c’est autorisé, mais intervenir dans une affaire en cours, non ».