Favoriser l’entre-soi ?

Billet d’humeur

En offrant des primes et en promettant un dumping fiscal aux commerces de standing du centre-ville qui accepteraient de venir s’installer dans les rues commerçantes d’Uccle, le bourgmestre et son échevine du Commerce espèrent débaucher quelques belles enseignes, voire même des théâtres. Ils semblent ne pas avoir de scrupules à accentuer sans vergogne la ville duale. Créer leur petit Neuilly-sur-Senne ?

Avec des commerces de luxe à leur porte, avec des livraisons à domicile et des cyclistes sous-payés pour leur apporter leurs repas, les Ucclois ne devront-t-ils bientôt plus quitter leur commune ? L’entre-soi érigé en mode de vie et la voiture individuelle en mobilité prioritaire ? Avec le bois de la Cambre comme autoroute urbaine …

Le retour des paroisses serait-il le futur de Bruxelles ? Peut-être une question de génération. Il est des jeunes qui finissent par s’ennuyer à Uccle. On commence à les voir au centre dès le jeudredi. Ils se donnent RV à la terrasse du café Au Soleil ou au Fontainas. Ils s’habillent chez Ramon et Valy ou chez  Privejoke. Ils sortent au Belgica, au Cabaret Mademoiselle ou Chez Maman ou alors à Saint Géry. Ouf !

Plus dans les analyses du Soir et de L’Echo.

Rouler en polluant moins.

La voiture qui pollue le moins restera toujours celle que l’on n’utilise pas, mais si vous ne pouvez pas encore vous en passer, Google va pouvoir vous proposer une option qui préconise l’itinéraire le moins susceptible de consommer du carburant. C’est évidemment aussi un itinéraire plus économique, au moment où le prix de l’essence flambe. La fonction est déjà en service aux USA et au Canada, mais sera bientôt aussi accessible à Bruxelles.

L’occasion de revenir sur Google Maps, ce service qui a changé la manière de s’orienter à Bruxelles, mais aussi pour plus d’un milliard d’utilisateurs. Grâce à son accès gratuit et sa simplicité d’utilisation, il est devenu le réflexe de nombreux utilisateurs pour accompagner les itinéraires du quotidien, pour les professionnels comme pour les particuliers.

C’est encore plus vrai lorsque l’on se déplace à l’étranger. Fini la boussole et la carte Michelin à déplier. Google sait évidemment où vous êtes et vous dit en un instant comment aller à l’endroit où vous souhaitez vous rendre. C’est magique, et tant pis donc pour votre vie privée et les pubs spécifiques qui vont suivre. Certains ont cependant noté une perte relative du sens de l’orientation de la part des usagers habituels du service, qui s’en remettent totalement au navigateur sans plus réfléchir.

Un site multilingue… en français !?

Bruxsels Future est le blog de tous les habitants et habitantes de Bruxelles qui s’intéressent à l’avenir de leur ville, quel que soit leur origine, leur langue, leurs croyances, leur quartier ou la couleur de leur peau. S’il est rédigé en langue française, c’est parce qu’elle reste encore la langue la mieux comprise par une majorité de Bruxellois. Une sorte de lingua franca, mais seulement une lingua franca. Les citoyens qui la comprennent ou la pratiquent ne sont pas nécessairement des francophones et restent souvent attachés à leur culture d’origine.

Ce n’est pas parce qu’un Italien, un Flamand ou un Turc sont capables de s’exprimer en français qu’ils deviennent des francophones. Parler le néerlandais ne fait pas de moi un Flamand et ma voisine espagnole, qui comprend le français, mourra espagnole et fait toujours la sieste l’après-midi.

Les sources d’information de ce blog ne se limitent donc pas aux médias francophones. Régulièrement, nous traduisons des articles néerlandais ou anglais avec DeepL.com ou les puisons dans les traductions de Daardaar ou de vrt NWS. Elargir son champ de vision, c’est aussi mieux comprendre le point de vue de l’autre. Si l’anglais doit aussi avoir sa place dans une ville internationale comme Bruxelles, devons-nous le laisser remplacer le français et le néerlandais ? comme il le fait de plus en plus souvent au travers des « posters & flyers » unilingues anglais à la mode ?

Y a-t-il plus Brusseleir ?

Comme Jacques Brel, Stromae ou Hergé, Arno fait partie de l’imaginaire indélébile de tout Bruxellois. Que vous soyez adepte ou non du style rock, impossible d’effacer de votre mémoire Les yeux de ma mère, Putain, putain, nous sommes tous des européens ou Elle adore le noir. On aura tout dit avec émotion sur la disparition d’Arno, qui aura chanté jusqu’à son dernier souffle, mais les mots qu’il a laissés dans notre mémoire n’en disparaîtront jamais.

Il est né à Ostende, mais a vécu toute sa vie au centre de Bruxelles. C’est dans ce melting pot improbable qu’il a puisé son inspiration, son énergie et sa révolte. Un pilier de l’AB et de l’Archiduc, qui étaient son autre living room. C’est un miroir qu’il nous tend au travers de ses nombreux textes. Il n’aurait manifestement pas été le même s’il avait passé sa vie à Paris ou à Ostende. Bruxelles – lieu de rencontre entre culture latine et culture germanique – est son terreau, enrichi de la présence de tant d’autres cultures.

Arno est toujours là. Sera toujours parmi nous, comme Tintin et Toots Thielemans. Même lorsqu’il interprétait les chansons des autres, il y ajoutait une force et une sensibilité nouvelles. Voir un ami pleurer de Jacques Brel  prend encore plus de profondeur avec Arno assis sur sa chaise. Les filles du bord de mer d’Adamo y trouvent une nouvelle et truculente jeunesse. Inutile de décorer nos héros, le peuple de Bruxelles les a dans le cœur et certains rappeurs pourraient peut-être ne pas tarder à les rejoindre.

photo François Flourens VDNPQR La Voix du Nord

Happy Monday: un meilleur environnement.

Fini les tours. Dans cet article, la Région confirme qu’il n’y aura en tout cas plus de tours supplémentaires dans le quartier européen. Le coûteux projet d’implantation de tours de l’architecte Portzamparc à la poubelle. Reste la très contestée tour The One, qui continue à gâcher la perspective sur les arcades du Cinquantenaire depuis l’avenue de Tervueren. Mais qui s’intéresse aux perspectives à Bruxelles ? à part Quartier des Arts et Défi ?

Une eau plus propre. En cas de très fortes pluies, les eaux usées – mêlées aux eaux pluviales – se déversent directement dans la Senne et dans le canal, sans passer par le système d’épuration. L’association Canal it Up suggère d’éviter d’utiliser les toilettes dans ces circonstances extrêmes. S’il pleut très fort, retenez-vous … et contribuez personnellement à l’assainissement de notre rivière et à la pureté d’un canal qu’on souhaite un jour voir nageable.

Des éoliennes en ville ? Cela peut sembler saugrenu, mais la société française Unéole de Ronchin, proche le la Belgique, a conçu une plateforme énergétique mixte, qui peut se déposer sur n’importe quel toit plat. Elle produit de l’énergie grâce au soleil et au vent. Récupérer l’énergie des vents perturbés de la ville fut un défi, qui a nécessité la conception d’un autre type d’éolienne. Pari réussi, qui vient s’ajouter à l’énergie fournie par les panneaux photovoltaïques qui recouvrent la plateforme.

Un finaliste bruxellois. Né à Anvers de parents congolais, Jérémie Makiese vit à Bruxelles. Il est parfait bilingue et fier d’avoir pu représenter la Belgique à la finale de l’Eurovision avec son « Miss You ». Voilà encore un zinneke dont Bruxelles peut être fière, même si la finale a été marquée par la volonté de distinguer l’Ukraine. Plus qu’un symbole.