Les communes au pouvoir ?

Luckas Vander Taelen est bien connu de nos lecteurs et parfois contesté. Il s’est lancé dans une analyse décalée de la composition du nouveau gouvernement régional et de ses priorités. Comme principal responsable de ces 600 jours de perte de temps, il pointe Ahmed Laaouej (PS), finalement seul gagnant. Il a réalisé ses ambitions et obtenu à peu près tout ce qui était important pour son parti, comme vous le verrez ICI. Y compris la présidence de la Cocof.

En opposant son veto à la N-VA contre la majorité composée du côté flamand, il s’est révélé être un sapeur systématique des lois bruxelloises. Le coût de son opposition est facile à calculer. Chaque mois sans gouvernement, la dette de la Région de Bruxelles-Capitale a augmenté de 100 millions d’euros. Sur une année, cela représente donc 1,2 milliard d’euros supplémentaires à ajouter aux 15 milliards de dettes bruxelloises.

Dans son article, Luckas a donc fait le bilan de tout ce que le PS a remporté, sans compter le poste de ministre, qu’Ahmed Laaouej s’est attribué. Il relève aussi que la Conférence des bourgmestres semble désormais disposer d’une place permanente au sein du gouvernement régional: trois des cinq membres francophones du gouvernement sont ou ont été bourgmestres. Ahmed Laaouej veillera à ce que toute tentative de réforme soit étouffée dans l’œuf… Le pouvoir aux communes ?

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Il va faire propre !

La propreté figure en tête des priorités du nouveau gouvernement régional. Il était temps. Bruxelles est une ville sale et vient encore de se faire classer comme une des villes les plus sales d’Europe pour ses toilettes. Le problème est enfin reconnu et la volonté d’y mettre fin a fait l’unanimité. Clean Brussels devrait y contribuer. Bien sûr, on veut le voir pour le croire.

Une ville propre est une ville sans salissures, sans mégots et sans chewing-gums par terre, sans murs tagués , sans poubelles renversées, sans déjections canines, sans dépôts clandestins … Il va s’agir de rationaliser et fédérer tous les acteurs publics et privés. De contrôler et de sanctionner. A Bruxelles Ville, 1 amende sur 5 pour dépôt sauvage sanctionne des habitants de la périphérie, qui  viennent déverser leurs déchets à Bruxelles.

Des patrouilles de surveillance vont être créées pour traquer ces incivilités et des « brigades régionales de la propreté » composées d’agents régionaux et communaux disposant des pouvoirs de police de l’environnement, pour constater et verbaliser les infractions. Les moyens nécessaires seront-ils disponibles en cette période de disette ?  Le Soir en dit plus sur le sujet. Moustique donne des chiffres et Bruzz confirme les dépôts sauvages du Brabant flamand.

Le futur de notre Région.

Au cours d’un bref conclave de trois jours, les sept partis qui composent le nouveau gouvernement de la Région de Bruxelles Capitale ont rédigé une Déclaration de Politique Régionale, pour les trois années qui subsistent. Loin de la centaine de pages habituelle, elle ne compte que 24 pages. Elles sont disponibles intégralement ICI.

La mise en œuvre de ces différentes politiques devra donc encore faire l’objet d’un grand nombre de négociations entre partis en cours de législature. Ce sera d’autant plus difficile, qu’il faudra vérifier chaque fois leur impact sur un budget serré, qui  doit permettre un retour à l’équilibre en 2029.

Quel sera l’impact de ces mesures sur notre mode de vie et notre pouvoir d’achat ? Pas évident à établir, mais huit journalistes du Soir se sont risqués à énoncer « Les seize mesures qui vont changer le quotidien des Bruxelloises et Bruxellois ».Vous les trouverez  toutes ICI. Et pour éviter de nouveaux blocages politiques, les associations Respect Brussels et WeAreBrussels plaident pour un organe citoyen bruxellois chargé de revoir le cadre institutionnel de la Région.

 

Limiter l’usage de l’énergie.

Pour limiter sa consommation d’énergie, une première mesure pourrait consister à mieux isoler son logement. A commencer par la toiture. Mais à Bruxelles il n’y a actuellement plus de primes pour ce type de travaux et nul ne sait ce que nous réserve le nouveau gouvernement. Donc tout le monde attend. Les entrepreneurs aussi.

Depuis juin 2025, il n’est plus permis d’installer ou de remplacer une chaudière au mazout. Les chaudières à condensation au gaz restent performantes et autorisées, mais sur base de futures injonctions de l’UE, il entre dans les intentions du fédéral de poursuivre progressivement l’augmentation des taxes et accises sur le gaz importé et polluant, afin de pouvoir les diminuer sur l’électricité, qui peut devenir verte et produite localement.

A Bruxelles, seuls 21,4% des habitants sont propriétaires de leur logement. L’isoler et l’équiper de pompes à chaleur serait un lourd investissement qui incombera donc au propriétaire. Cela se répercutera inévitablement sur le montant du loyer. Il serait  sans doute logique que cette hausse se limite à l’économie dont le locataire bénéficiera sur sa facture d’énergie, grâce aux travaux entrepris par le propriétaire.

Ministre-président de tous ?

Boris Dilliès est-il le ministre-président de tous ? Bien sûr que non. Mais Rudi Vervoort l’était-il ? Les Bruxellois ont fait du MR le premier parti de Bruxelles, après 20 ans dans l’opposition. Pas étonnant donc que le nouveau gouvernement penche à droite, comme le précédent penchait à gauche. Les priorités ne sont plus les mêmes. Nul en néerlandais et francophile, Boris Dilliès ne sera manifestement pas non plus le ministre-président des néerlandophones. Traduit pour vous, l’article de Bruzz le souligne à raison.

Ce gouvernement à sept partis, doit maintenant relever le défi de redresser – en trois ans – ce que le passé et ces mois d’immobilisme ont causé. Il faudra également regagner la confiance de la population. L’accord de gouvernement semble plutôt rassurant, mais comme il a été expédié en trois jours et ne compte que 20 pages, nombre de décisions resteront à préciser et à négocier durement.

Un autre article de Bruzz souligne aussi qu’à l’exception du ministre PS Ahmed Laaouej, aucun des nouveaux membres du gouvernement n’est issu de l’immigration. Cela contraste fortement avec la réalité bruxelloise, les listes électorales et même le parlement. L’article analyse aussi les critères et les obligations qui prévalent pour la formation d’un gouvernement de coalition à Bruxelles. En priorité, il faudra maintenant que la coalition produise un projet de budget réaliste et précis, qui révèlera clairement les priorités retenues.