Pour qui voter dimanche ?

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Vous êtes plusieurs à m’avoir écrit pour me dire que dans mon billet d’hier à propos des élections, j’en ai dit trop, ou alors pas assez. « Pourquoi ne dites-vous pas le fond de votre pensée en ce moment crucial ? ». Je n’ai aucun problème à dire ce que je pense, ni même à préciser pour qui je vais voter dimanche par procuration, mais est-ce le rôle de ce blog que de donner des consignes de vote ? Ce blog est bien évidemment politique, mais il refuse toutefois d’être partisan. Ses options se basent à la fois sur le contenu de Manifesto, de l’Appel des Bruxellois, des conclusions des Etats Généraux de Bruxelles et sur le livre « Demain Bruxsels », qui en constituent les lignes de force.

Oui, j’espère que lors de ces élections on assistera à une vague verte. Une déferlante pour répondre à l’urgence d’actions déterminées pour le climat et pour apporter de l’espoir à la nouvelle génération qui est dans la rue. Une déferlante, parce que les partis politiques en place n’ont pas même été en mesure de voter la loi climat que demandaient les jeunes. Il faut un coup de semonce pour que les cinq prochaines années soient vertes et solidaires à Bruxelles, en Belgique et en Europe, puisqu’il en est encore temps. Dans l’urgence, de nombreuses personnalités de la société civile ont fait le choix  de renoncer à leur carrière pour entrer comme candidat.e.s d’ouverture dans des partis politiques. Ils et elles méritent votre soutien.

Qu’on ne s’y méprenne pas, les partis Ecolo et Groen sont indispensables dans ce combat, mais ils n’ont pas le monopole de la force environnementale. Il y a des personnes sincères et décidées à mener la nécessaire transition écologique et sociale dans plusieurs partis dont elles se distinguent, quand ils n’ont pratiqué qu’un simple greenwashing. Il en est aussi qui luttent pour une autre Europe, plus fédérale, plus sociale et plus verte et qui veulent y siéger. C’est pour ces personnalités là que je vous invite à voter dimanche, même si cela doit être contre vos choix habituels. Nous ferons le bilan dans cinq ans et il sera toujours temps de retourner alors à d’autres choix, si cela s’impose. Puisque vous me le demandez, vous trouverez ICI un petit résumé de ce que j’ai appris à l’écoute et à la lecture de divers médias.

Le futur est au bout du crayon

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Le futur de notre ville, celui du pays, de l’Europe et même de l’humanité n’est pas une fatalité. C’est nous qui avons la chance d’en décider dimanche grâce à nos votes éclairés. Il s’agira d’élire les personnes à qui il reviendra de s’atteler à la construction d’un futur durable pour les femmes et les hommes de Bruxelles, du pays, de l’Europe et même de l’espèce humaine. Jamais un tel challenge ne s’est imposé à la classe politique que nous allons élire dimanche en sachant – sans trop dramatiser – que nous sommes la dernière génération capable de sauver la planète. Une telle opportunité ne se présentera peut-être plus jamais.

Qui assurera le mieux l’indispensable et urgente transition écologique et énergétique encore rappelée par les jeunes et les scientifiques ? Qui créera les conditions nécessaires pour un vivre ensemble solidaire et harmonieux ? Qui organisera un autres partage des richesses à la fois plus juste et plus équitable ? Voilà sans doute les trois principales questions qui se poseront dimanche aux Bruxelloises et aux Bruxellois.

Parmi les femmes et les hommes qui se présentent pour cette tâche et qui sont prêts à siéger, à qui ferez-vous confiance pour la mener à bien ? Il vous est permis (et c’est recommandé) de voter pour plusieurs personnes sur une même liste. Pour ma part, j’ai bien relu les réponses de tous les partis aux 100 questions des journalistes de L’Echo (1) et mes choix se porteront sur des femmes et des hommes que j’estime avoir les compétences et la ténacité nécessaires pour mener ce combat capital, loin du profit à tout prix, loin du repli nationaliste et loin d’un communautarisme délétère.

(1) Voilà les premières éponses des partis, les autres sont accessibles ICI aux personnes enregistrées (gratuitement) au journal L’Echo et aux abonnés.

>>>  Le merveilleux film de Luc Jabon « Bruxelles, une traversée urbaine » passe au cinéma Vendôme pour la deuxième semaine consécutive et jusqu’au 28 mai, tous les soirs à 18:50.

 

Un nouveau boulevard urbain

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Le gouvernement bruxellois a donc décidé d’en finir avec le viaduc Herrmann-Debroux, il ne sera pas aménagé en promenade verte mais un projet de démolition sera mis à l’enquête publique à l’automne. Cette mesure cadre avec la volonté  de la Région de réaménager les autoroutes entrant vers Bruxelles en boulevards urbains. Le gouvernement avait déjà décidé de déclasser les tronçons bruxellois de l’A12 à Neder-Over-Hembeek et de la E40 à Reyers. L’avenue Charles Quint qui mène vers la Flandre fera également l’objet d’un réaménagement afin de donner plus de place aux transports publics.

La Libre livre ICI plus de détails et de belles simulations sur la démolition du viaduc Herrmann-Debroux, qui laissera la place à un boulevard urbain verdurisé  avec plus de place laissée à la mobilité douce. Didier Gosuin (Défi). “Le fait de réaménager le viaduc en boulevard urbain est un moyen de lutte contre la congestion automobile dans Bruxelles et cela va améliorer le cadre de vie des habitants d’Auderghem, qui vont certes subir les conséquences du lourd chantier, mais c’est un mal pour un bien. Par ailleurs, plusieurs alternatives vont voir le jour afin d’inciter la population à délaisser leur voiture à l’entrée de Bruxelles”.

Pour faire face aux 35 000 navetteurs qui empruntent encore le viaduc chaque jour, le gouvernement va lutter contre les voitures sans passagers et projette la construction d’un parking de dissuasion de 1 500 places situé du côté du centre sportif de l’Adeps, ainsi que la prolongation de 1,2 km du tram 8, qui sera prolongé en site propre de Roodebeek vers Rouge-Cloître. Le viaduc sera donc démoli dès que le parking et la ligne de tram seront en place, ce qui prendra environ cinq ans. Avec les obtentions de permis et les appels d’offres, la démolition ne devrait donc survenir que dans environ dix ans.

 

Faut-il taxer la viande ?

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Le parti écologique a démenti formellement la fake news du MR qui a fait grand bruit. Non, Ecolo n’a pas la taxation de la viande à son programme. C’est dire, si chez nous, la viande est un sujet sensible. Et pourtant une synthèse du rapport de l’IPBES (une agence de l’ONU) à lire ICI est formel: pour sauver la planète, il faut manger autrement. Une manière de décourager une consommation excessive de viande pourrait être sa taxation. L’Etat pourrait l’imposer, comme il l’a fait pour tenter de limiter l’usage du tabac ou de l’alcool. Aucun parti ne semble cependant prêt à prendre le risque de décider une telle mesure.

Le rapport onusien confirme pourtant que depuis les années 1970, le rythme auquel l’humanité détruit la nature a encore progressé et la poursuite des tendances actuelles pourrait bien nous entraîner dans un monde insoutenable. La nature et les services qu’elle rend aux hommes sont les bases fondamentales non seulement de leur bien-être, mais de leur existence même. La principale cause : notre modèle de consommation alimentaire insoutenable.

Dans un document plus complet l’IPBES affirme qu’il sera impossible de lutter contre l’érosion de la biodiversité sans s’attaquer à nos régimes alimentaires excessivement carnés, d’autant plus que l’augmentation des revenus des pays émergents permet à des centaines de millions de personnes d’accéder à des modes de consommation, réservés naguère au monde des riches, dont la généralisation est incompatible avec les limites physiques de la planète. Limiter la consommation de viande s’impose. Cela tombe bien, puisque cela pourrait aussi être un enjeu pour rester en bonne santé et un levier pour freiner un réchauffement climatique dont l’impact sur la biodiversité et la sécurité alimentaire de demain pourrait être lourd.

Happy Monday: la fin d’un privilège ?

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Tax free kerosene. Seul carburant non taxé – en vue de développer l’aviation commerciale à la fin de la guerre – ce privilège  accordé au secteur aérien a-t-il encore un sens aujourd’hui, alors qu’il faut diminuer drastiquement les émissions de CO2 ? La Commission européenne a commandé une étude sur le sujet, mais comme la conclusion n’est pas celle qu’elle voulait entendre et contredit l’impact sur l’emploi agité par le secteur commercial, elle tarde à le publier.

Il faut remercier Bill Hemmings, directeur Aviation de l’association  Transport et & Environnement d’avoir mis la main sur le rapport. On y lit en conclusion : l’introduction d’accises sur le kérosène consommé par le secteur aérien ferait baisser le trafic aérien et la pollution, sans affecter l’emploi global et le PIB.

L’étude casse le mythe créé par l’industrie aérienne selon lequel l’économie du pays serait irrémédiablement endommagée par la taxation du carburant aérien. Par contre, le scénario des accises sur le kérosène entraînerait une baisse de 11% des émissions de CO2 (- 16,4 millions de tonnes) et de 8% des personnes affectées par les nuisances sonores.  On en dit plus ICI  et beaucoup plus dans The Conversation. Tout cela fait dire à Bill Hemmings qu’il est urgent  » de mettre fin à l’exonération fiscale sur le kérosène « .