Réunir l’administration

____________________________________

Les 2.000 agents de l’administration de la Région vont être regroupés en un seul bâtiment, dès que la « Silver Tower » sera achevée à la gare du Nord. Une décision prise avec peu de transparence et peu d’ambition, selon le bouwmeester, qui estime qu’elle est déjà obsolète avant  même d’être terminée. Ne doit-on pas s’étonner de voir la Région louer un bâtiment neuf qui s’équipe de murs-rideaux (1) en verre qu’on croyait d’un autre temps ? A New York, le maire fait obligation à tous les gratte-ciel en verre et en acier de la ville d’être rénovés à grands frais, pour se protéger du soleil et limiter l’usage de l’air conditionné.

Je ne suis pas ingénieur, mais je doute qu’une façade entièrement vitrée et sans aucun pare-soleil puisse offrir une performance énergétique compatible avec les exigences actuelles au niveau climatique. J’attends d’être contredit valablement par les spécialistes.

Il faut espérer que le gouvernement régional se soit entouré de toutes les garanties pour assurer les meilleures performances énergétiques pour ce bâtiment, dans l’intérêt du confort de ses fonctionnaires, de ses charges de climatisation et de la préservation du climat.

_______________
(1) Le mur-rideau (aussi appelé « façade rideau ») est un type de façade légère. C’est un mur de façade qui assure la fermeture de l’enveloppe du bâtiment sans participer à sa stabilité (les charges étant transférées à la fondation principale par des raccordements aux planchers ou aux colonnes du bâtiment). Les panneaux sont donc appuyés, étage par étage, sur un squelette fixe. Le CTB: on ne peut plus vitrer sans un bon contrôle solaire.

Le Climat: ça suffit !

__________________________________

Après un rapport inquiétant sur l’état de la terre et de l’alimentation, les scientifiques du GIEC en ont publié un autre sur l’état de l’eau, qui n’est pas plus rassurant. Après, c’est la banquise qui s’écroule et les glaciers qui fondent ou sont détruits. Et puis c’est Greta qui nous fait la morale. Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles et on n’a plus envie de les entendre. Nous voulons continuer à vivre le plus sereinement possible … et même aller en vacances en avion tant que c’est encore possible.

L’info tue l’info. L’overdose de nouvelles climatiques alarmantes banalise un message que nous ne pouvons plus entendre. Nos oreilles se bouchent spontanément. Le GIEC doit-il se taire ? Et Greta retourner à l’école ? J’hésite à vous faire part des dernières découvertes en matière d’évolution de notre environnement par peur de vous saturer, de voir filer des abonnés, mais je ne peux m’empêcher de vous livrer le point de vue du professeur Jean-Pascal van Ypersele.

Le catastrophisme ne mènera à rien, mais la pression sur nos gouvernements et entreprises doit se maintenir. Prendre le tram, trier nos déchets, nos petites actions quotidiennes et ménagères pour le climat peuvent maintenir nos consciences éveillées. Menées par une nouvelle génération, surtout composée de filles, et par un mouvement mondial de désobéissance civile pacifique, les manifestations pour une prise en compte urgente de la protection de notre environnement ne peuvent pas faiblir. Même contestées comme dans certains commentaires ICI  ou virales, planétaires et fort bien illustrées LA par le mouvement Extinction Rebellion.

Déjà sous eau, les réfugiés climatiques indonésiens commencent à être de plus en plus nombreux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bruxelles s’émancipe

___________________________________

Bruxelles, petite métropole d’âmes multilingues, mais aux règles bilingues. 184 nationalités (et plus encore d’idiomes) mais deux Communautés. Décalage entre la ville qui vit et les institutions qui se figent sur l’ambiguïté belge. La Belgique s’est construite sur deux modèles : celui qui divise le territoire en trois Régions et celui qui répartit les citoyens en trois Communautés. A l’intersection de ces deux théories, Bruxelles. Qui doit se battre, depuis trente ans, pour s’asseoir à la table des grandes, la Flandre et la Wallonie. Et s’arranger avec la coexistence, sur ses 162 kilomètres carrés, de deux Communautés. D’où une organisation d’une complexité paralysante. C’est Véronique Lamquin qui résume ainsi Bruxelles dans un article du journal Le Soir.

Septante pour cent des Bruxellois citent le bilinguisme de la Ville-Région comme un élément fondateur de la bruxellitude, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir suivre des cours de néerlandais ou en faire suivre à leurs enfants. Une affirmation citoyenne du Soir, qui anticipe une évolution politique ? Pas sûr que les esprits soient mûrs, dans le reste du pays, pour concéder à Bruxelles l’émancipation institutionnelle dont elle a besoin pour devenir une véritable Ville-Région.

Bruxelles a toujours été le caillou dans la chaussure confédérale…
La N-VA veut imposer un « choix aux Bruxellois »: les habitants de la capitale devraient opter entre appartenance francophone ou néerlandophone. Des sous-nationalités inacceptables pour les francophones, pour nombre de Bruxellois néerlandophones et pour tant d’allophones. La fronde de l’Open VLD bruxellois face aux exigences de leur présidente nationale, le changement de nom des socialistes bruxellois néerlandophones de One Brussels ou le rapprochement de plus en plus fort entre les deux partis verts de Bruxelles, augurent bien d’une création possible de partis bruxellois multilingues, indépendants de leurs instances communautaires.
On veut y croire.

Quel rôle pour l’école aujourd’hui ?

_______________________________

Quel rôle pour l’école aujourd’hui à Bruxelles et dans les pays démocratiques ?Enseignants, parents, étudiants, gouvernants et entreprises s’interrogent. C’est une question fondamentale qui – à ce stade – se situe davantage au niveau philosophique et politique que pédagogique.
A Bruxelles, pour sauver l’école, la Fédération Wallonie Bruxelles planche sur son pacte d’excellence – qui fait l’objet de critiques et de justifications. Le pacte francophone confirme un tronc commun jusqu’à 15 ans, tandis que la Communauté flamande met l’accent sur une identité flamande forte (1) basée sur un « canon » à enseigner à tous, mais ne veut plus d’un tronc commun. Les jeunes Bruxellois néerlandophones devront faire un choix entre le général, le technique et le professionnel dès la fin de la 6e secondaire.

Transmettre le savoir disponible à tous a longtemps été le rôle essentiel de l’école démocratique. Depuis la propagation rapide d’Internet, l’information pour tous et l’ouverture sur le monde se sont répandues et ont changé la donne. Le rôle d’éducation de l’école devrait en sortir renforcé et le développement urgent de l’esprit critique permettre de lutter contre la propagation virale de fake news. Des chercheurs de Standford se sont livrés à une analyse de la situation, le magazine Vice en a fait le résumé. De son côté, La Main à la pâte publie un livre pratique à l’usage des enseignants désireux de développer l’esprit critique de leurs étudiants.

En marge de l’évolution du rôle de l’école, se développent aussi des centres de formation privés au minerval élevé et souvent basés sur les nouvelles technologies. L’intelligence artificielle y a fait son entrée, comme l’évoque ce reportage glaçant de jeunes enfants chinois dotés de leur casque IA, alors que retentit le signal d’alarme de la protection de notre mémoire interne.

(1) dans l’accord de majorité flamand « identiteit » est mentionné 19 fois, « integratie », 53 fois, et il s’agit bien d’une identité et d’une intégration dans une communauté et non dans une Région

 

Happy Monday ? une ville couverte en gestation

_____________________________________

350 ouvriers travaillent tous les jours sur l’immense chantier de l’ancienne Gare Maritime du site Tour et Taxis entamé en 2016. Il s’agit de restaurer et réaffecter des halles métalliques de 175 m de long, qui reposent sur des piliers de fonte de style art nouveau. La « ville couverte » réalisée par le privé, comptera 45.000 m2 destinés aux commerces, aux showrooms et à des établissements horeca. Elle disposera d’un espace central pour des marchés et des événements du type Eat Brussels et la Fête de la BD déjà inscrits. Dans les étages et mezzanines, 35.000 m2 seront disponibles pour des bureaux, dont 7 sur 10 seraient déjà loués.

Conçu pour le promoteur Extensa par le bureau néerlandais Neutelings-Riedijk – qui a déjà réalisé le MAS à Anvers – la réhabilitation de ce patrimoine industriel se chiffrera 100 millions d’euro. Il comportera également 3.000 m2 d’espaces verts et 10.000 panneaux solaires en toiture. Pour se distinguer des centres commerciaux classiques, les promoteurs veulent favoriser « l’expérience visiteurs et non des achats impulsifs » . On pourrait y passer la journée, disent-ils. Hier, le chantier était ouvert aux visiteurs et Bruzz y consacre un reportage photo à faire défiler ICI.

Tout le monde n’applaudit pas à cette initiative. ICI l’avis bilingue du BRAL. Se pose la question d’une mixité pas acquise pour cette implantation à la limite du quartier populaire « Maritime », les risques de gentrification et de hausse des loyers et la question de l’utilité d’un centre commercial de plus. Question déjà soulevée à propos du méga shopping mall de 72.000 m2 prévu par Néo au Heysel et remis en question par l’opposition récente du gouvernement flamand au tracé d’une route d’accès depuis le ring. La Nuit Blanche de samedi a permis de découvrir l’évolution de l’immense site de Tour et Taxis, appelé à devenir un véritable morceau de ville avec un grand espace vert en bordure du canal. Là aussi, des craintes se font cependant jour à propos de l’insuffisance de logements abordables et d’entreprises urbaines productives.

Deux regards, une interrogation

La réaffectation en cours de la Gare Maritime (photo Bruzz)

 

Partout poussent des bâtiments, quartiers et villes, construits à vitesse ahurissante. Leur durée de vie est si faible qu’on peut les appeler « ruines instantanées »
(photo © Thomas Garnier pour Nuit Blanche 2019)