Bientôt 22 communes ?

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Cela fait 100 ans que la commune agricole de Haren a été annexée par la ville de Bruxelles, avec laquelle elle ne partage guère de caractéristiques. Si on considère que le pouvoir communal est un pouvoir de proximité, il ne faut pas trop s’étonner de voir des habitants contester cette tutelle, que certains n’hésitent pas à considérer comme une colonisation.

Bruzz relate des réactions d’habitants qui considèrent que la Ville laisse installer chez eux tout ce qu’elle ne veut pas chez elle, comme des dépôts de bus, une méga prison, un déversement incessant de béton … Cette terre – jadis nourricière- n’est plus qu’une terre stérile, envahie par le bruit des routes, des trains et des avions. D’aucuns pensent que les attentes des habitants de la commune seraient mieux prises en compte si elle disposait de ses propres élus. ICI certains n’en pensent pas moins à Laeken et Neder.

Cette revendication peut sembler légitime et remet sur le tapis la question des frontières communales héritées de l’histoire. Aula Magna avait suggéré un nouveau découpage des territoires communaux plus logique pour une bonne gestion des matières qui demandent une grande proximité. Koekelberg et Saint-Josse trop petites, Schaerbeek et Ixelles trop grandes, Pentagone et Laeken des communes à part entière … Ces modifications sont du pouvoir de la Région, gageons que les municipalistes qui siègent au parlement bruxellois ne manqueront pas de s’opposer à cette réforme, qui pourrait cependant assurer une gestion plus démocratique de Bruxelles.

L’identité qui enferme

« Je ne veux pas annuler les identités, mais je veux montrer la violence que les identités produisent ainsi que les effets néfastes du courant identitaire ». Je pense que nos identités sont multiples et complexes. « On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. L’écrivaine Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d’origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l’heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pédigrée » alors que l’injonction est de choisir un camp ? Rachel Khan refuse toute assignation identitaire et victimaire.

« Un artiste ne peut pas rentrer dans une case, être assigné. Lorsqu’on lui dicte ce qu’il a à créer, à dire ou à penser, en fonction de son « identité », on l’enferme. Le rôle de l’artiste est de penser autrement pour que la société change: il n’a pas à obéir à une idéologie ».  « On pense que l’émancipation consiste à s’indigner sur les réseaux sociaux avec sa communauté. Il n’y a plus d’émancipation individuelle. « Metoo » c’est un « nous », et non la voix d’une personne. Avant, l’émancipation était quelque chose d’intime: il s’agissait de sortir de la masse, de se singulariser. Aujourd’hui, le groupe nous rattrape constamment ».

Dans son livre « Racée », elle critique notamment les nouvelles idéologies « décoloniales » et « intersectionnelles » qui, sous prétexte d’antiracisme et de lutte pour la reconnaissance des minorités, ne font que diviser notre société et alimenter les ressentiments. « Les minorités déchirent notre société en mille morceaux », assène-t-elle dans L’Echo, où elle en dit bien plus.

L’article intégral est disponible si vous vous inscrivez gratuitement à L’Echo, où vous trouverez aussi cette belle photo de Rachel Khan par ©AFP

Une jonction verte

La ville de Bruxelles a chargé le Bureau Bas Smet d’élaborer un plan directeur pour faire de la cicatrice de la jonction nord-midi une véritable forêt urbaine. Pour l’équipe de l’architecte paysagiste, ce vaste espace public doit avant tout devenir plus vert et plus frais. « Il y a 100 ans la construction de la jonction ferroviaire a provoqué une rupture dans le centre de la ville. Aujourd’hui, nous pouvons transformer cette zone centrale en un paysage urbain avec lequel nous allons créer un microclimat. »

C’est Bruzz qui reprend cette bonne nouvelle annoncée par l’échevine de l’Urbanisme Ans Persoons. « Nous voulons réaménager cette zone au cours de la prochaine décennie afin qu’elle devienne un modèle en Europe en terme de plantation d’arbres, de collecte d’eau et de mobilité douce. Nous voulons rendre ce quartier plus agréable à vivre et à visiter, mais nous allons aussi augmenter la résilience de Bruxelles à l’avenir. »

Il s’agit d’une mission de 3,5 ans, en collaboration notamment avec Espaces Mobilité et le professeur Eric Corijn de la VUB. Avec la participation de partenaires culturels et sociaux, la mission doit déboucher sur un plan directeur contraignant pour les futures constructions et aménagements. Toutefois, le Bureau Bas Smets fera lui-même des propositions pour deux zones réservées: la place de l’Albertine et l’espace public proche de la gare centrale, dont vous voyez déjà une première esquisse dressée par les paysagistes.

documents Bureau Bas Smets copyright et actualités belges/archives Le Soir.

Vont-ils continuer à se taire ?

Les quadragénaires au pouvoir ne pensent-ils qu’à consolider les acquis de leur génération et vont-ils reporter les dettes accumulées sur la nouvelle génération ? Se doteront-ils d’un passeport vaccinal qui leur permet de voyager, alors que le jeunes en seront privés, faute de vaccination ? La presse en parle (un peu). A Lyon, des jeunes cherchent du commun, pas à être reclus. Un lecteur du blog – jeune retraité – vient de publier une lettre ouverte ironique aux jeunes sur Facebook. Il se demande s’ils vont encore se taire longtemps.

“ Pendant un an, nous vous avons demandé d’accepter les restrictions liées aux mesures sanitaires pour protéger vos grand-parents d’un virus qui n’était pas très dangereux pour vous. Maintenant ils sont vaccinés, ou vont l’être très bientôt, et sont hors de danger. Merci vraiment pour ce sacrifice. Maintenant, nous vous demandons de continuer à accepter ces mêmes restrictions parce que les variants du virus sont dangereux pour vous aussi, mais surtout pour vos parents. Patience, dans les mois qui viennent, vos parents seront vaccinés. Merci vraiment pour cet effort supplémentaire.

Ensuite, nous vous demanderons de continuer à faire gaffe, parce que ce virus et ses variants semblent être plus virulents et ne vous épargneront pas ! Malheureusement, nous n’avons pas de vaccin à vous proposer dans l’immédiat. Nous avons tout utilisé, et nos vaccins ne sont plus très au point pour vous protéger des nouveaux variants.  Alors, nous vous demandons de continuer comme vous en avez maintenant l’habitude.
Merci vraiment pour votre compréhension”. R.V.

des jeunes patientent, d’autres s’interrogent ou se révoltent comme à Lyon photo bastamag