Budget Mobilité pas si vert.

La voiture de société est une spécialité belge dont il ne sera pas facile de se débarrasser. Elle constitue un supplément de salaire avantageux, parce que – même imposé – l’avantage de toute nature (ATN) est généralement plus faible que le coût réel d’une voiture et l’employeur prend en charge leasing, assurance, carburant, etc. Toutefois, le « budget mobilité » allait permettre à 22.886 employés de choisir des alternatives à la voiture.

Troquer sa voiture de société contre une alternative plus durable: telle était la vocation initiale du budget mobilité, proposé depuis 2019. Une opportunité unique de verdir le parc automobile grâce à un recours accru au vélo et aux transports en commun. Or, sept ans après son introduction, la mesure semble avoir loupé sa cible écologique. Et s’être muée en simple «instrument d’optimisation salariale». Dans les faits, le nombre d’employés prêts à renoncer à leur voiture de société est resté rare.

Avec le budget Mobilité, l’employé peut aussi payer son loyer ou son prêt hypothécaire à condition d’habiter à moins de10 km de son travail ou de télétravailler au moins 60 % du temps. Avantage fiscal très important: 0 impôt et 0 cotisations sociales. Avec le budget mobilité, le gouvernement a voulu peindre en vert une mesure de fiscalité sur le travail, mais cet outil n’a pas été pensé pour améliorer l’impact environnemental des salariés. On vous en dit plus ICI.

Une voiture à 100€ par mois.

Avec des zones de basses émissions progressivement plus sévères et la fin de la production de voitures thermiques prévue pour 2035 en Europe, on devrait arriver progressivement à zéro émission de CO₂. Une bonne nouvelle pour notre santé et pour le climat.

Cette bonne nouvelle en cache cependant une moins bonne. Un certain nombre de personnes, qui ont absolument besoin d’une voiture pour travailler, ne pourront pas se la payer avec des tarifs qui restent rarement en-dessous des 25.000€. Ecolo fait une proposition : mise en place d’un dispositif de location longue durée de voitures électriques à environ 100€ brut par mois.

La mesure ne serait pas générale, elle viserait des publics spécifiques : travailleurs à revenus modestes, notamment dans les secteurs des soins ou des services à domicile. Il faudra cibler efficacement les bénéficiaires pour éviter les effets d’aubaine, comme ce fut le cas avec les primes Rénolution, qui ont surtout profité à des personnes à l’aise. Cet article de Fleet en dit plus sur un projet fortement inspiré de l’expérience française.

Un tourisme maîtrisable.

Vendredi et samedi il faisait beau. Très beau. Le centre-ville comptait déjà plus de touristes que de Bruxellois. Les commerces ses sont adapté à cette évolution et on ne compte plus les boutiques qui leur sont destinées. Frites, chocolats, gaufres et boutiques de souvenirs bas de gamme s’ajoutent aux snacks, aux nightshops, aux hôtels et aux cafés avec terrasses. Même si cela génère de l’emploi, cela se fait surtout au détriment de la qualité de vie des résidents.

A Barcelone, à Venise et à Amsterdam c’est bien pire. Le surtourisme y a fait tellement de dégâts, que les municipalités ont pris des mesures drastiques. À Bruxelles, avant que la situation soit hors de contrôle, Ville et Région pourraient s’inspirer de l’exemple d’Amsterdam. Vous trouverez ICI les mesures mises en place courageusement pour rendre la ville à ses habitants. Non, le surtourisme n’est pas une fatalité.

Amsterdam interdit l’ouverture de  toute nouvelle boutique de souvenirs et de nightshops en centre-ville, pour favoriser le retour des commerces de proximité (boulangeries, librairies, épiceries) qui répondent aux besoins des habitants exaspérés. La ville lutte  aussi contre la mutation des logements en locations touristiques (Airbnb) pour maintenir les résidents et éviter un tsunami touristique bien décrit par la RTBF.

Diviser des unifamiliales ?

Bruxelles compte un très grand nombre de maisons de maître. Généralement des maisons  unifamiliales de trois étages, partiellement inoccupées après le départ des enfants. Il devrait souvent être possible de les diviser en plusieurs appartements. L’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines s’est intéressé à cette problématique.

Lorsque les propriétaires souhaitent procéder à de telles transformations, ils et elles se heurtent souvent à des obstacles au niveau urbanistique. Les plans des demandes de permis sont régulièrement refusés dans plusieurs communes. Une harmonisation des règles ne devrait-elle pas soutenir de tels projets ? Voire même les encourager par des primes ?

Bruxelles manque de logements et de terrains aptes à être construits. La division du bâti résidentiel ne pourrait-elle pas être un levier pour produire du logement abordable ? Certains prônent l’optimisation des dépenses et aides publiques pour mobiliser les investissements privés dans ce type de rénovation de logement souvent à faible performance énergétique. Pour en savoir plus, vous pouvez accéder ICI à un Webinaire Logement.

La poésie n’est pas ringarde.

Si elle nous a livré des trésors inestimables, la poésie n’appartient pas seulement au passé. Elle est bien vivante à Bruxelles et permet à chacun d’exprimer des émotions, des sentiments, des colères, que la parole trop souvent réprime. Dimanche dernier, à la Maison du Livre, des personnes de diverses origines, de tous milieux et d’âges variés, se sont lancées dans des batailles de compliments et puis dans plusieurs autres slams.

Des slams ? Une forme de poésie orale. Un texte poétique écrit pour être dit à voix haute. Trois minutes. Un style libre, avec ou sans rimes ou structures fixes. Une forte dimension rythmique. Une expression personnelle qui révèle des émotions, des opinions, du vécu non discriminant.

A Bruxelles, le Collectif Slameke est depuis 10 an, une référence incontournable pour promouvoir la poésie écrite et son expression orale. Pionnier en matière de scènes slam, de spectacles, de projets dans les écoles, d’ateliers d’écriture…  Dimanche dernier, tout un chacun a déclamé son texte devant un public enthousiaste lors du brunch poétique de son 10è anniversaire. Le slam « Bruxelles » de Nadjad est à voir ICI.