Vienne prend soin de ses habitants

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Vienne a été plusieurs fois citée comme ville la plus agréable du monde. Elle compte aujourd’hui 220.000 logements publics, soit un quart de l’ensemble du parc immobilier de la ville. En moyenne, les loyers de ces logements varient entre 300 et 750 euros, du studio au quatre-pièces. Outre ses nombreux logements communaux, la municipalité verse également des subventions à des promoteurs qui  – en échange – construisent une part d’habitations à loyers modérés. C’est le deuxième pilier de la politique immobilière viennoise. Au total, 60 % des Viennois ont l’opportunité de vivre dans un appartement à loyer plafonné.
Un modèle pour résoudre la crise du logement à Bruxelles ?

Pour éviter la formation de «  poches de pauvreté  » ou de ghettos, les logements publics viennois sont répartis dans toute la ville, y compris dans le très touristique 1er arrondissement de Vienne.  «  Ici, nous aimons dire que tout le monde peut vivre dans un logement communal : du chauffeur de taxi jusqu’à l’universitaire. Cela assure une mixité sociale et permet de développer un esprit de communauté. L’adresse d’un habitant ne dévoile rien de ses revenus  ». Habiter un logement public viennois ne stigmatise donc en rien la personne ou la famille bénéficiaire.

Toutefois, leur attribution – quasiment à vie – est parfois critiquée : en effet, tout locataire peut rester dans son appartement, et ce même, si ses revenus augmentent et dépassent la limite. Vous en saurez plus ICI, même à propos du risque de voir arriver aux affaires, le parti conservateur viennois ÖVP (Österreichische Volkspartei)  après les municipales de 2020,  lui qui dénonce une «  intervention dirigiste  » d’un «  socialisme rétrograde  ».

 

La désobéissance civile légitimée

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Inattendu. La Suisse prononce un acquittement général à l’issue d’une audience riche en émotion. Les 12 manifestants qui avaient occupé une filiale de Crédit Suisse en 2018 ont été entièrement disculpés. Accusés de violation de domicile, refus de se conformer aux ordres d’un agent de police et défaut d’autorisation de manifester, leur action a été jugée nécessaire pour atteindre le but recherché: alerter les décideurs sur la crise climatique. C’est un symbole juridique extrêmement fort dont la portée dépassera à coup sûr les frontières suisses.

Voilà qui va intéresser les activistes d’Extinction Rebellion et tous les autres militants qui ont épuisé en vain les démarches classiques. La loi est faite pour être respectée, néanmoins des situations exceptionnelles semblent pouvoir justifier la désobéissance civile comme – par exemple – l’occupation d’immeubles désaffectés par des personnes sans domicile.

« La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique. La révolte classique oppose la violence à la violence. La désobéissance civile est plus subtile, refuse d’être complice d’un pouvoir jugé illégitime et de nourrir ce pouvoir par sa propre coopération » (Wikipedia).

 

Le quartier le plus cool de Bruxelles

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Où se situe le quartier le plus cool de Bruxelles ?
Selon le classement du quotidien anglais The Guardian, à la recherche de quartiers moins touristiques permettant de “réellement entrer dans la peau” des grandes villes européennes, le quartier universitaire du cimetières d’Ixelles occupe la deuxième place parmi les 10 quartiers les plus cools d’Europe, juste derrière Järntorget/Långgatorna à Göteborg (Suède). BX1 et Bruzz annoncent cette consécration.

Bien desservi en transports en commun, mais peu fréquenté par les circuits touristiques, le quartier a gardé toute son authenticité et sa diversité . « Il compte autant de personnes âgées que de jeunes professionnels à la recherche de bars et de nouvelles boutiques. Un nouvel arrivant d’Afrique. ouvrant le restaurant de ses rêves aussi bien qu’un propriétaire de bar belge septuagénaire” . La population étudiante de l’ULB et de la VUB y a attiré,  ces dernières années, de nouveaux talents et investissements.

On est cependant en droit de s’interroger sur l’impact que pourrait avoir cette distinction sur l’évolution du quartier. Ouvert aux voyageurs curieux, que pourra faire le quartier pour empêcher l’arrivée d’un tourisme de masse avide de selfies ? Alors, on garde la nomination pour nous ?

>>>  jusqu’à ce dimanche, la ville s’illumine, ne ratez pas le festival des lumières « Bright Brussels » qui déroule ses fastes de la Porte de Hal à Sainte Catherine en passant par les Marolles. En prélude, l’artiste Koert Vermeulen a imaginé un nouveau monde pour les casernes d’Ixelles, avec son projet See U, il a totalement rhabillé de lumière les anciennes écuries.

Bruxelles électrique

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« Gaz à tous les étages », c’est bientôt le passé. Amsterdam prévoit d’éliminer complètement l’utilisation du gaz naturel domestique d’ici 2050. Pourquoi certaines villes envisagent-t-elles d’éliminer le chauffage et la cuisson au gaz naturel pour lutter contre le changement climatique ? Pourquoi l’électrification des bâtiments et l’élimination du gaz dans les maisons neuves devient désormais une tendance de fond ? L’électricité serait-elle nécessairement verte sur le lieux de production ?

Le magazine américain Curbed consacre un article bien documenté à cette question, qui pourrait bien modifier radicalement la distribution d’énergie dans les constructions neuves comme dans les rénovations. Le groupe privé BDL livre une synthèse. Si la production d’électricité verte est encore très insuffisante en Belgique (surtout en Flandre), elle tendra cependant à le devenir, alors que la production de gaz naturel tendra nécessairement à se raréfier dans les prochaines décennies, malgré les tentatives de séduction opérées par les fournisseurs de gaz, à la suite des fournisseurs de mazout, encore plus inquiets.

Bruxelles s’éclaire déjà de plus en plus en LED et 45% de l’électricité que consomme notre ville est d’origine verte. Le futur fera sans doute la part belle aux plaques de cuisson à induction pour cuisiner, aux pompes à chaleur électriques pour se chauffer par le sol – par géothermie si l’habitat est groupé – et à la voiture électrique partagée, pour se déplacer. Si l’éolien et le photovoltaïque progressent dans le pays, ils sont encore loin de pouvoir fournir l’énergie verte nécessaire pour alimenter tout cela et pour produire l’hydrogène nécessaire pour d’autres applications.

 

Bart De Wever a-t-il gagné ?

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Billet d’humeur

Après avoir passé plus d’un mois à écouter et parlementer en vain avec le Vlaams Belang … et à retarder la création d’un gouvernement flamand, à la tête duquel il a fini par placer habilement son meilleur pion Jan Jambon, Bart De Wever aura tout fait, en coulisses, pour rendre la constitution d’un gouvernement fédéral impossible. L’enlisement de la procédure de formation aurait même fait sortir le roi Philippe de sa neutralité politique, en faisant la leçon à ceux qui ont proféré des exclusives et en passant récemment le tour de Bart De Wever pour transmettre le relais à Koen Geens.

Avec ou sans gouvernement fédéral, une réforme fondamentale de l’Etat va s’avérer indispensable, même pour les francophones généralement “demandeurs de rien”. Non, on ne sauvera pas le pays en niant Bruxelles Monsieur Coens. Henri Goldman propose d’ailleurs une autre coalition miroirEn laissant pourrir la situation et en laissant les partis démontrer que le pays est désormais devenu ingérable – et le serait encore plus après de nouvelles élections – Bart a gagné sur toute la ligne. VRTnews en français pose déjà la question: La date de péremption de la Belgique est-elle dépassée ?

N’est-il pas urgent de prendre les devants et de lancer cette « enceinte spécialement créée » pour définir les contours d’une nouvelle maison commune démocratique, qui reconnaîtrait pleinement l’existence des quatre « peuples » régionaux qui composeraient cette maison commune ? Dans une nouvelle carte blanche Philippe Van Parijs écrit:  … pour assainir nos institutions (…) il y a un certain nombre de proposition plus ou moins radicales, qui n’attendent qu’un espace approprié pour pouvoir fleurir. Et si les politiques n’y arrivent pas, il faut que la société civile les y aide. Qui s’y met ?  « Make Belgians proud again ! »