Qui « mérite » de rester en vie ?

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La question est crue. Les malades continuent à affluer. Les places en soins intensifs ne tarderont pas à se faire rares.  Commence à se poser la question du tri des patients. Le journal De Morgen (traduit par DaarDaar) y consacre un article. Sur quelle base les places en soins intensifs vont-elles être attribuées ? L’auteur Barbara Debusschere, relate que l’hôpital universitaire de Gand a décidé que désormais seuls les  patients les plus robustes auront encore droit aux soins intensifs …

« Afin d’éviter que les médecins ne doivent décider qui sauver ou non sur le tas, dans ce contexte de pandémie, un manuel éthique destiné aux hôpitaux universitaires a vu le jour”. Les médecins sont priés de trier les patients sur le volet, selon une échelle d’évaluation de santé courante, allant des gens les plus robustes et en meilleure santé à ceux qui sont fort affaiblis, malades en phase terminale et en situation de dépendance complète. Les trois « pires » catégories parmi les neuf n’auront dorénavant plus accès aux soins intensifs. Les meilleurs soins possible doivent pouvoir leur être prodigués au domicile ou au sein de la maison de repos.

Jamais, auparavant, notre société ne s’est trouvée confrontée aussi concrètement à un tel choix. La pandémie nous amène à poser crûment la question de la fin de vie, de l’acharnement thérapeutique, d’une mort souvent inutilement longue et douloureuse, d’une mort coûteuse pour la société.

 

Tester plus et plus vite

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Il n’y a pas que la Corée du Sud qui multiplie les tests. Plus près de nous, Livescience nous révèle les résultats de la campagne menée par l’agglomération de Vò, près de Venise, au coeur de l’épidémie italienne. La mairie a pris l’initiatives de tester ses 3.300 habitants et a mis en quarantaine les 3 % contrôlés positifs, y compris la moitié qui n’avait aucun symptôme. 10 jours plus tard, le taux d’infection était descendu à 0,3%.

Il est légitime de se demander pourquoi on ne le fait pas ailleurs ? Ce qui est possible dans une agglomération de 3.300 habitants ne l’est évidemment pas nécessairement dans une ville de plus d’un million d’habitants, surtout si le matériel disponible ne suit pas. La réserve de masques périmés de l’Etat a été détruite il y a deux ans sans avoir été remplacée (pour des raisons budgétaires ?) et les écouvillons buccaux semblent toujours manquants pour utiliser les nouveaux tests … MaggieDe Block est sur le grill.

Outre la découverte de l’Université de Namur concrétisée par une entreprise liégeoise, il y a celle d’un test plus rapide par autre entreprise liégeoise. Elle est peut-être en relation avec ce laboratoire anglais, qui a mis au point un nouveau test, réalisé par des chercheurs chinois de l’université d’Oxford. Il révèle la présence du nouveau coronavirus dans un échantillon par un changement de couleur, en trente minutes.

Des masques, des tests systématiques et l’usage de médicaments existants (chloroquine) ne s’imposent-t-ils pas depuis le début du fléau ? Deux professeurs de l’ULB le confirment dans une lettre à la Première ministre. Dernière minute: la société Coris BioConcept de Gembloux a été autorisée à commercialiser un test antigénique effectué en 15 minutes.

 

Repères perdus

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Billet d’humeur

Bruxelles. Un certain silence. Déjà une semaine de confinement. Du temps retrouvé. Du temps disponible. Pourquoi encore régler le réveil ? Trier la pharmacie. Mille choses à faire. L’impression de vivre une épreuve, plus ou moins confortablement installés chez nous. Nous allons bien, et nous nous sentons mal: étrange sensation. Avec le télétravail, l’impression d’en faire plus qu’au bureau. Sans les rencontres à la machine à café. Improviser à longueur de temps. En fin de journée quel est le bilan ? Sans repères, nous sommes finalement plus perdus que libérés.

« Les enfants font des efforts. Pas facile pour eux, qui ont perdu leur instit et leurs copains. Essayer de maintenir un certain rythme, décider avec eux des horaires “d’école” et des horaires de “récréation”. Pourquoi continuer à travailler sans avoir de devoirs ? Seuls avec nous, l’école est assez artificielle. Les enfants ont perdu leurs repères, eux aussi ». 

Ne pas pouvoir s’empêcher de penser à ceux qui vivent à cinq dans 30 m2. Le huis clos. Comment échapper à l’agacement, à la violence des mots et parfois des actes ? Il y aura des divorces. Le virus met tout à plat. Il ne se contente pas d’envahir le corps des plus fragiles d’entre nous. Il nous mine de l’intérieur. Enfin, il essaie. Résister. Se rassurer en reprenant des sous au distributeur. Inventer une nouvelle vie. Au jour le jour. Profiter du soleil et de l’instant présent, sans savoir pour combien de temps. Vivre sans projet ?

Tous les matins de la semaine, et peut-être aussi le WE, mes billets tenteront de vous tenir compagnie.

photo reçue d’un lecteur

Pourquoi si peu de personnes testées ?

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Seules les personnes présentant des symptômes importants font l’objet d’un test et d’une analyse. Qu’en est-il alors des porteurs sains, qui ne montrent aucun symptôme, mais qui travaillent, se promènent parmi nous et peuvent transmettre le virus ? Qu’en est-il des personnes qui sortent « guéries » des hôpitaux sans être testées à nouveau ?

Au départ, on a cru comprendre que le matériel disponible était limité et que l’unique laboratoire de référence était surchargé. Mais aujourd’hui, un virologue namurois démontre ICI que le test qu’il propose est duplicable à l’infini. Pourquoi donc pas plus de dépistages ? Quelqu’un, plus expert que moi, dispose-t-il de la réponse ? On apprend qu’une société liégeoise est en mesure de fournir des réactifs pour réaliser jusqu’à 5 millions de tests …. mais la Belgique manque d’écouvillons buccaux !

Un des premiers pays touché massivement par le virus venu du voisin chinois est la Corée du Sud. C’est cependant le pays qui s’en est sorti le mieux, sans faire appel au confinement. Les efforts se sont concentrés sur un programme de dépistage de masse. Il a permis de tester 270.000 personnes en l’espace de trois semaines. « Les citoyens se sont vus allouer des plages horaires durant lesquelles ils devaient se présenter à un poste de contrôle routier et y subir un prélèvement nasal ». Cette méthode originale a permis d’accélérer le processus sans engorger les hôpitaux. Le bilan au 23 mars se solde par 8 961 cas 111 décès, principalement des personnes âgées et présentant d’autres pathologies.

Dernière minute: Marc Wathelet, docteur en sciences qui a travaillé 12 ans sur les coronavirus aux USA, confirme ICI la nécessité de tester plus et plus vite.

 

Happy Monday: bonnes nouvelles du virus

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10 bonnes nouvelles à propos de la situation de la pandémie.
Alors que la plupart des médias préfèrent vous parler des morts (incontestables) et du nombre de personnes contaminées … qui est pourtant complètement sous évalué faute de tests systématiques. Ils vous annoncent aussi des pourcentages de mortalité aussi effrayant que fallacieux, vu le très grand nombre de porteurs sains non testés.

Le 21 mars, Le Soir a fait le choix de collationner une série de nouvelles rassurantes, dont parlent peu les autres médias: 292 Belges ont quitté l’hôpital, 5 millions de masques sont enfin arrivés, un virologue namurois fait valider un test duplicable à l’infini, l’air des villes s’améliore, des poissons dans les canaux de Venise et des dauphins à Caligari, deuxième jour sans nouvelle contamination locale en Chine (5ème aujoud’hui), nos gouvernements décident des mesures de soutien, le premier essai clinique pour un vaccin a démarré lundi et le pangolin est sauvé … parce que plus personne ne veut ses écailles. Ces heureuses nouvelles sont détaillées ICI.

De plus, le patron de l’IHU de Marseille, le Professeur Raoult, soigne avec succès des personnes contaminées et fait un plaidoyer vibrant  et cru sur la pertinence de l’hydroxychloroquine pour traiter les patients atteints de Covid-19. On en reparle au niveau européen ICI. Au début du mois, The Conversation avait déjà publié ICI « Dix (autres) informations rassurantes à propos du coronavirus ».

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Un hôtel inoccupé vient finalement d’être mis à disposition des réfugiés chassés du Parc Maximilien