Happy Monday: pourquoi pas le train ?

Les trains à grande vitesse et les trains de nuit  multiplient leurs offres en Europe. Moins émetteurs de gaz à effet de serre, ils pourraient nous séduire et remplacer l’avion. Encore faudrait-il que leurs tarifs puissent concurrencer les bus et le dumping des vols Low Cost, dont le kérosène n’est toujours pas taxé et dont les billets sont exemptés de TVA …

Bruxelles Barcelone en train de nuit. C’est la start-up European Sleeper qui se propose de mettre en service un train de nuit vers Barcelone au départ d’Amsterdam, avec des arrêts à Anvers et Bruxelles. Trois voyages hebdomadaires seraient proposés. La demande d’autorisation a été introduite. Plus ICI.  

Toute l’Europe en train de nuit. Ecoconso et SNCB international font le point et annoncent Budapest, Vienne, Venise, Prague, Berlin, Lisbonne, Madrid, Helsinki,… même si parfois il faut encore changer de gare ou se limiter à des trafics intérieurs. Vous serez des pionniers et fini le Flygskam, la honte de prendre l’avion.

Pass et gratuité. L’Allemagne teste un pass estival à 9 euros par mois valable sur tous les transports hors grande vitesse. Quant au Luxembourg, il peut se permettre d’offrir la gratuité complète à tous ses habitants sur tout son réseau ferré et de bus. CityLab révèle le prix de cette gratuité ?

Une mixité choisie.

Le CPAS de Saint-Gilles vient d’acheter, rue de Suède, un immeuble complètement à l’abandon. Un article de BX1 précise que le CPAS va le rénover grâce à une subvention de la Région, en vue d’y aménager sept logements de deux à quatre chambres, dans un délai de moins de trois ans. La confirmation d’une politique affirmée de dispersion des ménages sur le territoire.

Cette opération va permettre à la fois d’éliminer un chancre urbain, d’aménager de grands logements pour les familles, d’accroître la mixité sociale et de créer du logement à tarif social sans consommer de terre arable. Bingo ! De plus, les nouveaux habitants bénéficieront des infrastructures de proximité et des écoles existantes. Il ne restera qu’à planter quelques arbres de plus.

De tels logements peuvent être rapidement mis à disposition d’une population à faibles revenus. Cette dispersion volontaire nous change des grands ensembles en béton qui rassemblent de trop nombreuses personnes précarisées, dont les enfants se retrouveront aussi massivement dans les écoles environnantes avec l’étiquette stigmatisante « enfants du Foyer Communal ». Ni spectaculaires, ni médiatiques, de telle opérations permettent aux communes d’accroître leur trop faible parc de logements publics à loyer modéré. Leur pourcentage par commune va vous étonner.

Le retour des religions

La diminution drastique de leurs pratiquants ayant fortement diminué l’influence des religions catholiques et protestantes dans notre pays, la séparation de l’Eglise et de l’Etat semblait définitivement consacrée. Le déclin important des partis catholiques CD&V et cdH (aujourd’hui Les Engagés) le confirme. Que ce soit le mariage pour tous, la dépénalisation de l’avortement, la fin de vie ou les questions de genre, Bruxelles et la Belgique ont pris des positions claires sur ces questions éthiques.

Le séisme provoqué par la décision de la Cour suprême des USA nous rappelle cependant que ces acquis de longue lutte n’ont rien d’irrévocable. Le débat parlementaire à propos de l’abattage sans étourdissement a divisé les partis et opposé un certain nombre de leurs membres. Est-ce pour prévenir les réactions d’une partie de leurs électeurs que l’interdiction a été rejetée ? Pas pour des raisons scientifiques en tout cas. Qu’un député bruxellois socialiste Vooruit ait osé affirmer que « Dieu ne permettrait pas que des animaux souffrent » fut inouï sur la scène politique bruxelloise. Dans Bruzz, Steven Van Garse s’interroge dans une Opinie traduite ICI pour vous.

Bruxelles, berceau de la libre pensée, va-t-elle connaître le grand retour des religions dans la conduite de l’Etat et de la Ville ? Pas seulement l’Islam, mais aussi les prédicateurs Pentecôtistes et autres  prêtres Polonais, dont on parle moins. Peut-on compter sur notre particratie – qui sélectionne les candidats parlementaires – pour éviter ce grand retour, alors qu’ils contribuent – parfois de bonne foi – à alimenter les divisions et qu’ils espèrent y gagner des voix ?  La religion créerait-elle des communautés et des solidarités que l’Etat n’est plus en mesure d’offrir ?

Le futur d’une ville cosmopolite comme Bruxelles ne dépendra-t-il pas de la manière dont elle pourra assurer à chacun le droit de vivre ses croyances librement, sans avoir le pouvoir d’en imposer les préceptes aux autres ?

Fini les gaspillages ?

A l’heure où l’on s’inquiète de nos réserves de gaz et de notre production d’électricité en vue de l’hiver prochain, ne faut-il pas commencer par faire le tri entre l’essentiel et l’accessoire en matière de consommation d’énergie ? Si les Bruxellois ne veulent pas être rationnés, il va falloir suivre le calendrier (zoomable) établi par la Région. Mais ne faut-il pas immédiatement mettre fin à d’évidents gaspillages aussi inutiles qu’éhontés ?

Par exemple: cela a-t-il encore un sens aujourd’hui « de brûler de l’essence pour pouvoir créer des émotions fortes en faisant tourner des voitures en rond », comme le proposent les compétitions de Formule 1 ?  Un article du journal canadien Le Devoir conclut : « La F1 nous montre notre fascination pour cette machine automobile qui a décuplé notre capacité d’agir, mais aussi notre capacité de nous nuire. » Francorchamps appréciera.

Plus près de nous, qu’est-ce que la Région attend pour interdire de chauffer les terrasses dès cet hiver ? Et pourquoi ne pas éteindre l’éclairage des monuments à partir d’une heure du matin ? Quant au fédéral, pourquoi le ministre Ecolo Gilkinet n’interdit-il pas immédiatement les vols de très courtes distances, comme Paris, Amsterdam et Londres, bien desservis en trains à grande vitesse ? Après, il faudra passer à l’isolation des bâtiments publics et privés, mais cela sera une énorme tâche de bien plus longue haleine.

Bruxsels 2030

Bruxelles est candidate au titre de capitale européenne de la culture en 2030. Elle se prépare à le gagner. Trente ans après sa première sélection – avec d’autres capitales – elle est pleine de projets qui se veulent rassembleurs. “C’est une ville super diverse, très internationale, connectée au monde entier. C’est une ville extrêmement jeune.” De beaux atouts, estiment les chargé.es de mission Hadja Lahbib et Jan Goossens, qui ont déjà rencontré plus de 400 personnes et groupes.

Depuis lundi, ils ont ouvert pour une semaine, un vrai laboratoire citoyenSummer Assembly – dont le contenu complet est ICI. C’est trilingue et tout le monde est bienvenu. Encore temps de s’inscrire pour y apporter ses idées et livrer ses commentaires. Cela se passe dans le bel espace « Tour à plomb » 24  Rue de l’Abattoir, en face des Arts et Métiers.

Quelle est votre vision rêvée pour le Bruxelles de demain ? est sans doute une interrogation précieuse et porteuse d’espoir en ces temps incertains. Un programme enthousiaste et varié animera aussi cet été bruxellois. « On se projette dans le futur: cet été nous sommes en 2030 ! Et on envahit les rues, les parcs et les espaces publics de la capitale avec des projets participatifs ! Cet été on sort, on s’amuse, on construit notre avenir à Bruxelles : 2030, nous voilà ! »

Photos de Brussels 2030 et du site de la Ville © Georges de Kinder