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Où sont les enfants des villes ?

Nous y revoilà. Les enfants des villes sont-ils devenus des enfants d’intérieur ? Est-ce de notre faute à nous, parents ? Comment leur redonner les clés de la rue ? A quel âge et en quelle occasion avez-vous laissé vos enfants sortir seuls ? Et vous-même, enfant ?  Quatre questions auxquelles quatre experts tentent de répondre dans ces extraits du journal Le Monde.

A Bruxelles, comme à Paris, on ne voit quasiment plus d’enfants seuls dans la rue. Moi, à 10 ans j’allais seul à l’école à 3 km à vélo. Aujourd’hui, pour aller à l’école, 97 % des élèves d’élémentaire sont accompagnés. Ils sont devenus des enfants d’un intérieur, pas forcément celui de l’appartement, mais celui des activités extrascolaires : l’académie, les sports, les arts plastiques… Ils sortent pour être à nouveau enfermés. Les enfants sont confinés. Depuis deux ans, le mot est un peu galvaudé, mais c’est bien de cela qu’il s’agit.

Chez nous l’affaire Dutroux n’est pas pour rien dans cette prudence excessive, qui a coûté cher à l’autonomie des enfants et des ados. L’automobile n’y est pas pour rien non plus. Ni le téléphone portable. Etre un « bon » parent suppose de savoir à tout instant où se trouvent ses enfants et avec qui. Un gamin de rue est assimilé à la « racaille ». Ne pas les surveiller d’assez près culpabilise souvent les parents. Faudra qu’on reparle des terrains d’aventure.

LE MONDE  – ROGER MAYNE / MARY EVANS PICTURE LIBRARY / PHOTONONSTOP

26 ans chez papa et maman

Jeune autonomes ?

L’année dernière, les jeunes Belges sont restés – en moyenne – vivre chez leurs parents jusqu’à l’âge de 26 ans ! C’est 6 mois de plus que l’année précédente: un record. En 2012, la moyenne était encore légèrement inférieure à 25 ans.

Selon le sociologue de la famille Dimitri Mortelmans (UAntwerpen), l’âge auquel les jeunes commencent à vivre de manière indépendante est désormais exceptionnellement élevé. Cause principale selon lui : la crise du Covid et l’incertitude qui en résulte sur le plan économique. L’augmentation du coût des produits énergétiques fait aussi que les jeunes ne sont pas prêts à vivre seuls très rapidement.

Ces statistiques sont établies pour l’ensemble de la Belgique, sans que nous puissions distinguer la situation par Région. Pour Bruxelles, tout porte cependant à croire que le montant élevé des loyers s’est ajouté à la crise de la Covid-19. En réaction, les jeunes ont reporté leurs projets. Par contre, les Suédois sont plus rapides, ils quittent déjà le foyer familial dès 19 ans. Les Portugais par contre, restent chez leurs parents jusqu’à 33 ans. En savoir (un peu) plus ICI.

Happy Monday: Bruxelles solidaire.

Trop souvent, le futur de Bruxelles se heurte à des tracasseries institutionnelles ou administratives, que nous sommes obligés de dénoncer ici. Des projets se trouvent bloqués. Des personnes en pâtissent. Mais quand Bruxelles se montre solidaire et performante, il faut aussi le souligner. L’histoire de Maksim (nom d’emprunt) aurait pu se terminer très mal, sans l’accueil dont il a bénéficié très rapidement dans notre ville.

Maksim est Ukrainien, il a moins de 20 ans et ne parle que sa langue maternelle. Il arrive seul à Bruxelles, parce que l’hôpital de Marioupol n’a plus les moyens de soigner sa leucémie depuis plus de cinq mois. Comme réfugié ukrainien il obtient directement une Attestation de Protection temporaire du fédéral, mais ne dispose pas encore d’une adresse, d’une Annexe 15, d’une mutuelle, d’un médecin traitant, d’une aide d’un CPAS … Contactée par la Plateforme Citoyenne, une docteur en médecine de l’Institut Bordet l’admet dès le lendemain en Hématologie, sans attendre aucun document administratif.

Soutenu par une Ukrainienne arrivée il y a 6 mois et qui traduit pour lui, soutenu par tout un réseau de personnes et d’institutions mobilisées autour de sa situation périlleuse, il est directement hospitalisé pour quelques jours et poursuit aujourd’hui un traitement ambulatoire. Il est domicilié et va recevoir un Revenu d’Intégration Sociale, qui devrait lui permettre de louer une chambre, de poursuivre ses soins et de réaliser son projet d’apprendre le français, l’anglais et l’informatique. La mobilisation rapide de citoyennes et citoyens bruxellois et ukrainiens et celle de nos institutions de protection de première ligne ont permis à l’Institut Bordet d’agir vite et de sauver une vie. Bravo. Les réfugiés de guerre de Syrie et d’Afghanistan ont rarement cette chance.

Happy Monday: ça bouge !

Entrer dans le pentagone reste toujours possible. C’est pour améliorer la qualité de vie des 50.000 personnes qui vivent dans le pentagone que la commune a voulu rediriger le trafic de transit vers la petite ceinture, mais il demeure toujours possible d’arriver à votre destination centrale. Après 3 premiers  jours de chaos, la situation se stabilise. Merci aux navigateurs mis à jour. La rentrée de septembre sera un nouveau test sur la petite ceinture, toujours en travaux. Vous pouvez introduire vos remarques sur contact  Good Move.

Des personnes en demande de protection. A l’arrivée à Bruxelles, le tri doit être fait entre les diverses personnes en attente d’un statut. Cela se passe actuellement au Petit Château, où des centaines de personnes attendent leur tour et dorment souvent dans la rue, dans des conditions indignes de la capitale de l’Europe: des images. C’est pire pour les mineurs d’âge non accompagnés, qui ne disposent plus d’aucun lieu d’accueil avant septembre. Le fédéral vient de faire une première réforme et promet de trouver un lieu plus adéquat que le Petit Château et un autre pour les mineurs d’âge. Une date ?

Vienne montre l’exemple. Régulièrement citée au top pour sa qualité de vie, Vienne mise résolument sur la mixité.  « L’adresse d’un Viennois ne permet pas de dire s’il est riche ou pauvre ». C’est aussi résolument la ville de la courte distance. Avec des transports en communs de proximité toutes les 5 minutes, il est facile de se passer d’une voiture. Le reportage du Soir en dit plus. Deux parlementaires bruxelloises s’en reviennent précisément de Vienne. Elles en parlent à Bruzz et veulent que Bruxelles s’en inspire, notamment sur le plan de la propreté et de l’éducation.

Le droit de se baigner.

Bruxelles ne dispose toujours pas de piscine en plein air, en dehors de l’expérience limitée de Flow à Anderlecht. Les habitant.e.s de Bruxelles n’ont donc d’autre choix que de se déplacer pour de se rendre à la mer, à Gand, à Hofstade, … où ils ne sont pas toujours tous bien accueillis. Bruzz y a consacré un article, dont la photo est malheureusement stigmatisante. DaarDaar l’a traduit ICI.

Il est vrai que des incidents et des bagarres dans les trains et sur les plages ont fait la une des journaux, qui n’ont pas manqué d’aussi stigmatiser les « jeunes Bruxellois » comme fauteurs de troubles. S’il est inadmissible de tolérer ces incidents qui perturbent les familles et la majorité des jeunes, peut-on accepter l’amalgame qui est fait entre ces délinquants et l’ensemble des jeunes Bruxellois ?

Néo a chassé Océade –  qui attirait nombre de jeunes sans vacances – et les nouveaux projets de piscine en bordure du canal se font attendre. Ces nouveaux espaces aquatiques ne feront évidemment que déplacer chez nous les problèmes causés par une petite minorité de jeunes. Certains estiment que pour mettre fin aux amalgames il serait nécessaire d’opérer comme avec les hooligans du foot: établir la liste noire des personnes temporairement non grata dans les espaces nautiques du pays.

>>>  Note: pour suivre la pétition nuisances des motos voyez ICI.

Océade – photo BX1