Archives pour la catégorie Jeunes

Nager en plein air

Ce n’est pas la première fois que l’on parle ICI de jouer dans l’eau et d’une piscine en plein air à Bruxelles. Pascal Smet en a fait son dada et les militants de Pool is Cool poursuivent leur combat pour des espaces nageables en ville. Néo avait promis un étang destiné aux nageurs et nageuses au plateau du Heysel, avant de se rétracter. Nous y avons déjà consacré plusieurs billets, qui ont finalement abouti à ce seul constat: si vous n’avez pas les moyens de vous offrir une carte de membre au David Lloyd Clubs, vous ne nagerez pas en plein air à Bruxelles, alors que Paris le peut et dispose déjà d’un très bel aménagement en eau vive.

Les choses pourraient changer. La Région vient d’approuver l’étude de l’installation d’une piscine à ciel ouvert sur le toit du projet Manufakture, soutenu par le fonds européen FEDER sur le site Abattoir. Les fondations ont été revues pour supporter cette installation, qui récupèrerait aussi la chaleur émise par les entrepôts frigorifiques pour chauffer la piscine. L’étude de faisabilité a été confiée à la Société d’Aménagement Urbain (SAU) qui doit vérifier si ce projet fait sens financièrement et juridiquement.

Ce n’est donc pas encore cet été que vous nagerez en plein air, avec vue imprenable sur tout Bruxelles, mais un espoir est né et L’Echo en dit plus dans le pdf en bas de page. D’autres projets ont aussi vu le jour du côté du canal, mais rien de concret ne semble encore se dessiner à l’heure actuelle.

La structure de la Manufakture a déjà été renforcée dans l’optique d’accueillir la piscine en toiture. ©Baukunst

Sans respect, pas de respect

Aux environs de midi, trois jeunes se dirigent vers la station de métro. Une voiture de police ralentit. S’arrête. Moi aussi. Deux policiers débarquent et leur demandent leur carte d’identité. Ils s’exécutent. L’un d’eux demande pourquoi il est contrôlé, vu que c’est déjà la deuxième fois ce matin et la cinquième cette semaine. Un policier répond : « Nous faisons notre travail ». Contrôle terminé, ils arrivent dans la station en bougonnant. L’un frappe violemment sur un dispositif de secours. L’autre tape son poing dans un distributeur de boissons. Le troisième signe d’un tag. La rame arrive. Ils s’installent les pieds sur la banquette d’en face.

Quand on ne se sent pas respecté, on ne respecte rien. Dans un article de Bruzz, Michel Goovaerts, chef de la police Bruxelles-Ixelles, reconnaît qu’il y a un problème. A l’instar de Gand et Anvers, il a entamé une formation continue de ses policiers pour combler le fossé avec la population. Il s’agit à la fois d’expliquer au citoyen pourquoi il est contrôlé et de bannir des contrôles d’identité le « profilage ethnique », qui constitue une forme de racisme. Infor Jeunes a résumé ICI les droits et devoirs de chacun en cas de contrôle ou arrestation.

Ecolo a déposé une motion il y a quelque temps (ci-dessous), pour obliger les policiers à justifier leurs contrôles, comme à Malines. Le fait de devoir encoder un contrôle fait réfléchir les agents à deux fois. Le nombre de contrôles diminue alors que le pourcentage d’arrestations augmente, puisque les contrôles sont plus ciblés. La Libre y a consacré une carte blanche. Le parlement bruxellois a adopté une résolution en vue de l’amélioration des relations entre policiers et citoyens, dont un extrait des recommandations figure ci-dessous.

photo Human Rights Watch

Les jeunes face au coronavirus

______________________________________

Après une année en mode « covid », Amnesty International s’inquiète auprès de la RTBF de l’état de santé mentale des jeunes, mais aussi de l’absence de leur point de vue dans le débat public. C’est pourquoi l’ONG a voulu donner la parole aux jeunes. « Mon cri » a été lancé début de l’année 2021 dans l’urgence. Il doit permettre de formuler des propositions de changements afin d’améliorer la vie de jeunes, pour la leur rendre plus supportable.

Alors que les files des épiceries sociales s’allongent, que les demandes aux CPAS explosent et qu’un étudiant sur 3 a plus de difficultés à payer ses études depuis le début de la crise, il est plus que temps que des mesures soient prises pour lutter contre la précarité étudiante et il est de la responsabilité de la Ministre de s’assurer que ce soit le cas afin de garantir un enseignement accessible à tous“, affirme un communiqué de la Fédération francophone des étudiants.

Elle dénonce la précarisation grandissante des étudiants et interpelle la Ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny à prendre des mesures concrètes. Réduire les coûts des droits d’inscription, rembourser le matériel de cours ou créer des aides au logement. Elle attire aussi l’attention sur la détresse psychologique de certains étudiants.

Vont-ils continuer à se taire ?

Les quadragénaires au pouvoir ne pensent-ils qu’à consolider les acquis de leur génération et vont-ils reporter les dettes accumulées sur la nouvelle génération ? Se doteront-ils d’un passeport vaccinal qui leur permet de voyager, alors que le jeunes en seront privés, faute de vaccination ? La presse en parle (un peu). A Lyon, des jeunes cherchent du commun, pas à être reclus. Un lecteur du blog – jeune retraité – vient de publier une lettre ouverte ironique aux jeunes sur Facebook. Il se demande s’ils vont encore se taire longtemps.

“ Pendant un an, nous vous avons demandé d’accepter les restrictions liées aux mesures sanitaires pour protéger vos grand-parents d’un virus qui n’était pas très dangereux pour vous. Maintenant ils sont vaccinés, ou vont l’être très bientôt, et sont hors de danger. Merci vraiment pour ce sacrifice. Maintenant, nous vous demandons de continuer à accepter ces mêmes restrictions parce que les variants du virus sont dangereux pour vous aussi, mais surtout pour vos parents. Patience, dans les mois qui viennent, vos parents seront vaccinés. Merci vraiment pour cet effort supplémentaire.

Ensuite, nous vous demanderons de continuer à faire gaffe, parce que ce virus et ses variants semblent être plus virulents et ne vous épargneront pas ! Malheureusement, nous n’avons pas de vaccin à vous proposer dans l’immédiat. Nous avons tout utilisé, et nos vaccins ne sont plus très au point pour vous protéger des nouveaux variants.  Alors, nous vous demandons de continuer comme vous en avez maintenant l’habitude.
Merci vraiment pour votre compréhension”. R.V.

des jeunes patientent, d’autres s’interrogent ou se révoltent comme à Lyon photo bastamag

Un savoir-vivre urbain partagé

_________________________________________

Chaque ville a ses habitudes, ses codes, son étiquette. Des non-dits qui se partagent entre citadins et qui leur permettent de se reconnaître, de se sentir chez eux. Lorsque de nouveaux habitants arrivent, pas évident pour eux de connaître ces codes et de s’intégrer dans une nouvelle société urbaine, parfois plus prompte à juger plutôt qu’à  partager amicalement ses us et coutumes.

Les parcours d’intégration obligatoires en Communauté flamande (inburgering) pour les primo-arrivants non européens ont donné des résultats au niveau de la langue et de la citoyenneté. La Wallonie les a rendus obligatoires il y a peu. A Bruxelles, ces parcours arrivent tardivement, à un moment où l’immigration est de plus en plus européenne et donc non assujettie. Pour les personnes hors Europe, ils sont désormais obligatoires … mais toujours pas mis en application. CAIRN Info consacre une réflexion de fond sur cet forme « d’activisme d’Etat ». Soutien ou sommation ? se demande le CRESPO. Et le CIRÉ s’interroge ICI sur les besoins des bénéficiaires. Le Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation s’intéresse à l’analyse des résultats.

Plus modestement, dans une ville aussi cosmopolite que Bruxelles, ne serait-il pas nécessaire de commencer par rappeler à chacun quelques règles de savoir-vivre qui favorisent de bonnes relations entre citadins ? A l’entrée des parcs, pourquoi ne pas afficher clairement ce qui est permis ou non ? cela pourrait aussi faciliter le travail des gardiens de la paix et des policiers chargés d’informer et – si nécessaire – de verbaliser les contrevenants. Même chose sur le piétonnier, accessible à des deux roues qui mettent trop souvent les promeneurs en péril par leur vitesse excessive. Dans les transports en commun peut-on boire ? manger ? emmener un vélo ? un chien ? Tout cela gagnerait à être plus clairement précisé, pour rendre la vie sociale plus agréable et renforcer l’émergence d’un véritable « peuple de Bruxelles » avec sa jovialité, son humour et sa bonhommie.

des indications claires à l’entrée d’un parc à Tokyo