Archives pour la catégorie Jeunes

Le goût du bonheur

_____________________________________-

Les marches des jeunes pour le climat à Bruxelles et de par le monde ont démontré que les jeunes ne perdent pas leurs illusions. Ce n’est pas naïf, c’est formidable ! « Ils savent que le bonheur existe. Ils y ont déjà un peu goûté. Pouvons-nous risquer de les faire changer d’avis ? de leur faire perdre le goût du bonheur ? » (1).

La banquise et les glaciers fondent plus vite que prévu, des conflits armés autour du lac Tchad sont liés à son assèchement et nos crevettes grises commencent à déserter la mer du Nord, qui s’est réchauffée de 1,7 degrés en 50 ans. Chaque jour, de nouvelles découvertes scientifiques confirment des changements climatiques en cours. Ils ne sont pas contestables et inquiétants. Les canicules à répétition en sont un avant-goût. Mais stop au catastrophisme, la bonne nouvelle c’est qu’ils ne sont (pas encore) irréversibles. Pas de place au bonheur béat, va falloir agir et vite.

La vague verte en Europe, en Belgique et à Bruxelles a redonné de l’espoir, surtout dans les villes. Les élus verts, et les coalitions dont ils feront partie, ne pourront se permettre de nous décevoir, ni de faire perdre ses illusions à la jeune génération. Selon Les Echos, même l’Amérique de Trump change, grâce aux élus urbains qui résistent et d’un certain nombre d’entreprises qui ont compris leur intérêt à long terme.

(1) je ne sais plus où j’ai recopié cette phrase, pour le soumette à vos réflexions

 

Une ville de cols blancs ?

-—————————————

Principal pôle d’emploi du pays, la grande majorité des offres d’emploi de Bruxelles s’adressent aux cols blancs, alors que la population de la ville comporte un nombre anormalement élevé de cols bleus et de personnes peu qualifiées. Résultat: une énorme navette entrante de non Bruxellois éduqués et bilingues pour occuper ces postes et une navette sortante de Bruxellois pour occuper des emplois manuels ou des postes de manutention peu qualifiés en périphérie.

On se trouve face à une gestion catastrophique des ressources humaines dont dispose Bruxelles. Aucune ville au monde ne peut se permettre de privilégier ainsi les emplois du secteur tertiaire, obligeant la population manuelle à se déplacer loin en périphérie – et particulièrement en Flandre – où la connaissance du néerlandais s’impose à ces demandeurs d’emploi. Cela explique à  la fois le taux élevé de demandeurs d’emploi parmi les Bruxellois.e.s peu qualifié.e.s et la congestion permanente des voies d’accès à la ville.

Brussels Studies consacre une étude à ce sujet, dont la synthèse en trois pages se trouve ICI.
Il est capital de réserver des terrains pour une industrie manufacturière urbaine à développer (par exemple le long du canal). Capital aussi, que les écoles délivrent des citoyens bilingues et même trilingues. Capital enfin, que les trois offices régionaux de mise au travail collaborent et annoncent les emplois disponibles en trois langues. C’est peu dire que tout cela urge.

Happy Monday: les trains low cost entrent en gare

____________________________________________

Cologne / Berlin à 9,99 €. C’est FlixTrain qui pratique ce tarif en Allemagne, en complément de son réseau FlixBus, déjà très populaire auprès des jeunes voyageurs européens. Des voyageurs flexibles, qui s’y prennent à temps, parce qu’ils privilégient le prix. Ce ne sont pas des TGV, mais des trains rapides relookés, qui proposent la WiFi, des prises de courant et les bagages gratuits. Un Cologne / Berlin s’effectue en un peu plus de 5 heures. Des FlixBus peuvent amener les voyageurs de Bruxelles à Cologne.

Avec l’ouverture du réseau ferroviaire à la concurrence, programmé par l’Europe, FlixTrain sera sans doute le premier à sortir de ses frontières. Il a rentré des demandes d’exploitation pour cinq lignes en France, dont une ligne directe Bruxelles Nord – Paris Nord. On pourrait voir les premiers FlixTrain entrer dans les gares européennes au début 2021.

Une vraie concurrence pour les vols low cost, qui sera encore accentuée lorsque le kérosène polluant, qu’ils utilisent abondamment, sera enfin taxé comme les autres carburants et qu’une TVA sera appliqué sur les billets d’avion. Une aubaine pour les voyageurs économes et une incontestable aubaine pour le climat. Si les trajets s’avèrent plus longs, le train fait cependant gagner beaucoup de temps en arrivant au coeur des villes et sans les longues procédures des aéroports.

Happy Monday: la cohabitation rajeunit Bruxelles

______________________________________________

Le jour même où je vous annonçais la construction d’un immeuble de cohabitation américain de 800 unités, dépassant la taille du leader londonien, Bruzz publiait un reportage très vivant avec photos (texte traduit ICI en français) sur la progression rapide de la cohabitation à Bruxelles. Plus qu’un projet immobilier, c’est un nouveau mode de vie qui commence à se développer en ville, dans la foulée du concept de partage des biens plutôt que de leur possession. Des grands groupes ont commencé à s’y intéresser, à développer leur marque et à concevoir une architecture pour demain.

A Bruxelles, l’achat d’une maison devient inaccessible pour les jeunes, qui sont aussi très nomades, tout en disposant rarement de leur propre voiture. Ils recherchent des logements meublés avec plus de services et moins de solitude. Chez le promoteur Cohabs: «  Nous ne nous contentons pas d’assurer le nettoyage des maisons, nous offrons aussi la télévision par câble, internet, des séances de yoga, des espaces communs conviviaux et même un petit-déjeuner mensuel pour les résidents de toutes nos maisons ». Plus discret, le promoteur Ikoab semble bien être actuellement à la tête du marché coliving à Bruxelles. A Liège, Horizon Groupe arrive à maintenir un niveau de prix plancher – entre 500€ et 700€ euros maximum, charges comprises.

Dans des quartiers trendy, des maisons de maître unifamiliales et des espaces désaffectés,  proches des transports en commun, sont transformés en cohabitations et trouvent rapidement preneurs. La crainte d’une augmentation des loyers dans ces quartiers se fait jour, mais ce type de logement n’est-il pas nécessaire pour retenir en ville une classe moyenne jeune et active ? Qu’attendent les pouvoirs publics pour développer, sans but lucratif, des logements sociaux ou intergénérationnels sur le même modèle ? plutôt que de continuer à construire des barres anonymes et des homes.

document bruxellois extrait du site de Cohabs

 

 

Trottinettes: fini l’anarchie

_________________________________________

… mais c’est à Paris. Après avoir laissé ce nouveau mode de déplacement silencieux et inodore envahir la ville, après avoir pris quelques mesures peu efficaces et puis misé sur la bonne volonté des exploitants, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, s’est résolue à employer la méthode forte, face au mécontentement grandissant des habitants. Le Monde en détaille les modalités.

En bref, il sera interdit aux trottinettes de stationner sur les trottoirs de la ville, elles devront se parquer sur la voirie, comme les autres véhicules et leur vitesse devra être bridée à 20km/h. (au lieu de 25). Afin de diminuer leur nombre total – évalué à 35 ou 40.000 engins – la Mairie compte lancer un appel d’offres et ne sélectionner qu’un maximum de 3 opérateurs, pouvant mettre chacun 5.000 trottinettes à disposition du public. L’appel d’offres comportera aussi des clauses sociales et environnementales pour lutter contre l’« ubérisation de notre société » et contre des recharges non vertes.

Il est évidemment plus aisé de prendre des mesures pareilles quand une seule Maire gère une ville, plutôt que 19 bourgmestres et un ministre de la Mobilité régional (air connu). En attendant l’arrivée d’un nouveau gouvernement bruxellois plus vert, nous pourrons tirer profit des premiers résultats des mesure parisiennes. Suite à l’augmentation des accidents survenus à des piétons et à des usagers et suite à l’encombrement des (étroits) trottoirs bruxellois, il va être temps d’agir, sans pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain.