Archives pour la catégorie Jeunes

Happy Monday: illégale mais pacifique

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La manifestation bruxelloise des militants d’Extinction Rebellion autour du palais royal fut digne et déterminée, illégale mais pacifique. C’est dans le journal économique L’Echo que vous trouverez le meilleur reportage sur les objectifs et les moyens de ce groupe très international. ICI un compte-rendu de BX1 sur la dislocation de la manifestation par la police.

Un bon millier de femmes, d’hommes, d’enfants et d’ados, réunis place Royale – faute d’être arrivés à s’installer dans les jardins du palais royal – pour réfléchir aux actions à entreprendre pour éviter l’extinction de l’humanité et pour faire pression sur la classe politique, qui tarde à agir. La manifestation est calme, scandée par les « Extinction Rebellion » et ponctuée par des groupes de travail studieux par thèmes. Toutes et tous assis sur les chaises qu’ils avaient apportées. Certes, ils bloquaient le trafic, mais jamais rien d’agressif ou de violent. Pas de provocation du service d’ordre policier « qui fait son travail » disent-ils.

Et puis tout à coup, sur ordre de qui ? à partir de 16h30, des manifestants commencent à être emmenés. Aucune des 400 personnes menottées et emportées en fourgons par la police, n’a résisté. Elles étaient prêtes à une arrestation, vu l’absence de demande d’autorisation. Plus tard, le canon à eau sera mis en service, les sprays au poivre aussi et même quelques longues matraques. Il s’agit de nettoyer la place. Ils seront relâchés entre 21h et 03h.

Pourquoi ce déploiement de force, alors que, quelques années auparavant, nous nous sommes assis à plusieurs reprises, place de la Bourse, pour un Picnic the streets organisé – sans autorisation – pour exiger la suppression du trafic, suite à la carte blanche de Philippe Van Parijs ?
Ni Freddy Thielemans, ni plus tard Yvan Mayeur, n’ont donné ordre à la police d’évacuer la place. Deux poids, deux mesures ? Quels arguments ?

photo spray au poivre de BX1

 

 

 

 

Le Climat: ça suffit !

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Après un rapport inquiétant sur l’état de la terre et de l’alimentation, les scientifiques du GIEC en ont publié un autre sur l’état de l’eau, qui n’est pas plus rassurant. Après, c’est la banquise qui s’écroule et les glaciers qui fondent ou sont détruits. Et puis c’est Greta qui nous fait la morale. Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles et on n’a plus envie de les entendre. Nous voulons continuer à vivre le plus sereinement possible … et même aller en vacances en avion tant que c’est encore possible.

L’info tue l’info. L’overdose de nouvelles climatiques alarmantes banalise un message que nous ne pouvons plus entendre. Nos oreilles se bouchent spontanément. Le GIEC doit-il se taire ? Et Greta retourner à l’école ? J’hésite à vous faire part des dernières découvertes en matière d’évolution de notre environnement par peur de vous saturer, de voir filer des abonnés, mais je ne peux m’empêcher de vous livrer le point de vue du professeur Jean-Pascal van Ypersele.

Le catastrophisme ne mènera à rien, mais la pression sur nos gouvernements et entreprises doit se maintenir. Prendre le tram, trier nos déchets, nos petites actions quotidiennes et ménagères pour le climat peuvent maintenir nos consciences éveillées. Menées par une nouvelle génération, surtout composée de filles, et par un mouvement mondial de désobéissance civile pacifique, les manifestations pour une prise en compte urgente de la protection de notre environnement ne peuvent pas faiblir. Même contestées comme dans certains commentaires ICI  ou virales, planétaires et fort bien illustrées LA par le mouvement Extinction Rebellion.

Déjà sous eau, les réfugiés climatiques indonésiens commencent à être de plus en plus nombreux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel rôle pour l’école aujourd’hui ?

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Quel rôle pour l’école aujourd’hui à Bruxelles et dans les pays démocratiques ?Enseignants, parents, étudiants, gouvernants et entreprises s’interrogent. C’est une question fondamentale qui – à ce stade – se situe davantage au niveau philosophique et politique que pédagogique.
A Bruxelles, pour sauver l’école, la Fédération Wallonie Bruxelles planche sur son pacte d’excellence – qui fait l’objet de critiques et de justifications. Le pacte francophone confirme un tronc commun jusqu’à 15 ans, tandis que la Communauté flamande met l’accent sur une identité flamande forte (1) basée sur un « canon » à enseigner à tous, mais ne veut plus d’un tronc commun. Les jeunes Bruxellois néerlandophones devront faire un choix entre le général, le technique et le professionnel dès la fin de la 6e secondaire.

Transmettre le savoir disponible à tous a longtemps été le rôle essentiel de l’école démocratique. Depuis la propagation rapide d’Internet, l’information pour tous et l’ouverture sur le monde se sont répandues et ont changé la donne. Le rôle d’éducation de l’école devrait en sortir renforcé et le développement urgent de l’esprit critique permettre de lutter contre la propagation virale de fake news. Des chercheurs de Standford se sont livrés à une analyse de la situation, le magazine Vice en a fait le résumé. De son côté, La Main à la pâte publie un livre pratique à l’usage des enseignants désireux de développer l’esprit critique de leurs étudiants.

En marge de l’évolution du rôle de l’école, se développent aussi des centres de formation privés au minerval élevé et souvent basés sur les nouvelles technologies. L’intelligence artificielle y a fait son entrée, comme l’évoque ce reportage glaçant de jeunes enfants chinois dotés de leur casque IA, alors que retentit le signal d’alarme de la protection de notre mémoire interne.

(1) dans l’accord de majorité flamand « identiteit » est mentionné 19 fois, « integratie », 53 fois, et il s’agit bien d’une identité et d’une intégration dans une communauté et non dans une Région

 

Français, langue étrangère ?

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Pour de nombreux Bruxellois, le français – ou le néerlandais – n’est pas leur langue maternelle, mais une langue étrangère. Comme les chercheurs recommandent aujourd’hui aux parents d’élever leurs enfants dans une langue qu’ils maîtrisent bien, l’école devient le partenaire numéro un dans l’apprentissage du français (ou du néerlandais) nécessaire pour l’acquisition des compétences de base. Depuis la maternelle, les enseignants des écoles bruxelloises doivent s’adapter à cette réalité sans y être particulièrement formés.

Cela va changer. Dans la Déclaration de Politique Communautaire du nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles un paragraphe entier précise que « Les enseignants doivent apprendre à enseigner le français aux élèves dont ce n’est pas la langue maternelleDans leur formation initiale, le « Français langue étrangère » sera considéré comme une compétence transversale, mais également comme une discipline spécifique pour les enseignants qui le désirent. Parce qu’il importe de pouvoir donner à tous les enfants une chance égale de s’épanouir au sein de l’enseignement francophone ».

L’enseignement francophone et le néerlandophone se trouvent devant les mêmes défis, face à de nombreux enfants qui ne maîtrisent pas la langue de l’école et à des enseignants non préparés à cette situation. La Libre détaille ICI les solutions avancées par la Fédération W-B. Bruzz publie un article qui tire la sonnette d’alarme et aborde le « Néerlandais, langue étrangère ». Le journal a aussi rassemblé un dossier consacré au plurilinguisme, à l’échange de professeurs et à une expérience d’écoles bilingues.

 

Quelle langue parler avec ses enfants ?

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Les spécialistes sont quasi unanimes: il serait bénéfique pour l’enfant que chacun de ses parents lui parle dans la langue qu’il maîtrise le mieux et laisse à l’école le soin de lui apprendre correctement le français ou le néerlandais, si ce n’est pas leur langue maternelle ou leur langue la plus courante. Selon une enquête de Perrine Humblet, publiée par La Libre, Bruxelles est dans une situation particulière, puisque 49% des enfants ont grandi dans une famille où l’on parle plusieurs langues.

Cette situation pose problème dans de nombreuses écoles, dont les enseignants vont devoir enseigner le français ou le néerlandais à des enfants qui ne sont pas familiers avec ces langues. La pédagogie mise en place pour le « Français, langue étrangère » a fait ses preuves, mais peu d’enseignants sont formés à cette méthode. Il en résulte des difficultés parfois importantes pour des enfants qui peuvent échouer en français, mais aussi dans d’autres matières par manque de compréhension de la langue de l’école. On en reparlera.

La langue – ou les langues – parlée à la maison ne sert pas qu’aux apprentissages, c’est aussi la langue des émotions, de l’intime, la langue dans laquelle on apprend à penser et à parler de soi. Dans certains pays scandinaves, des initiatives ont été prises pour offrir à chaque enfant la possibilité de perfectionner sa langue maternelle, parce qu’il est bénéfique de bien maîtriser sa langue pour en acquérir une autre. Ces initiatives ont évidemment montré leurs limites lorsque le nombre de langues présentes dans l’école est trop élevé.