Archives pour la catégorie Jeunes

Les Bruxellois seront ce qu’ils mangent

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Le futur de Bruxelles passe aussi par ce que nous mangeons. A Bruxelles, nous ingurgitons trop de (mauvaises) graisses, trop de sel, trop de sucre (ajouté), trop de viande et pas assez de fruits, de légumes et de fruits secs. Voilà un bilan sommaire vite fait, avec le cortège de problèmes d’obésité et de santé qui se développent. Si pas vous, peut-être vos enfants ou vos parents ?

Pour illustrer cette malbouffe: vous connaissez la « mitraillette » comme repas de midi rapide par chez nous ? Constituée d’une demi-baguette avec une viande cuite, des frites et une sauce de préférence andalouse ou alors lapin … sans le moindre légume (ou alors une demi feuille de laitue), elle est le plus souvent accompagnée d’une canette de Coca qui titre près de 42 g de sucre (8 morceaux). Si on aime, pourquoi pas de temps en temps, mais alors compensé par d’autres types de repas, si possible plus variés et sains.

A l’autre extrême, un nombre croissant de jeunes ont réagi en devenant végétarien ou alors carrément vegan – presque une entrée en religion – mais en oubliant souvent de compenser les protéines de la viande par la consommation de légumineuses, des fruits secs, voire de poissons contenant des omégas-3 s’ils peuvent se le permettre. Un professeur de nutrition de l’UCL fait ICI des propositions pratiques et réalistes. D’autres vont plus loin en supprimant aussi les produits laitiers.

La mitraillette de midi chez Fritland

Le futur de la grande mosquée

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Suite aux attentats du 22 mars 2016, la Commission parlementaire avait demandé de mettre fin au contrat établi avec le Centre Culturel de Belgique, financé par la Ligue islamique mondiale, très liée à l’Arabie saoudite. Une infrastructure que le roi Baudouin avait « cédée » au roi Fayçal en 1967. Ce 31 mars le préavis a expiré et les clefs ont été rendues. L’Exécutif des Musulmans de Belgique – instance reconnue par l’Etat – en assurera la gestion matérielle et a déjà engagé un concierge. Pour la prière il y aura une rotation d’imams rémunérés par le SPF Justice: des imams rattachés à des mosquées reconnues par la région bruxelloise.

La future Grande Mosquée du Cinquantenaire serait composée de quatre entités. La première, l’Exécutif des Musulmans en permanence. La deuxième, un Institut de formation pour les imams. La troisième consacrée à un musée islamique et puis une quatrième, la Grande Mosquée comme lieu de culte. Son but: faire éclore un islam de Belgique, celui du juste milieu, du dialogue et de la coexistence pacifique éloigné de celui de la péninsule arabique.

Il ne suffit évidemment pas de couper le lien pour que l’idéologie wahhabite – à tendance salafiste – s’évapore, alors qu’elle a percolé dans une partie de la communauté par son influence dans un grand nombre de mosquées. Par exemple, deux ASBL se sont déclarées candidates pour reprendre la gestion et on y trouve des personnes nommées par les Saoudiens salafistes. Mais ce n’est pas tout, c’est plus compliqué que cela, voilà ce qu’en disent quelques médias.

RTBF Et si l’Arabie saoudite lorgnait toujours la Grande Mosquée de Bruxelles?
La Libre La politisation de la foi musulmane en Belgique doit cesser
RTBF Où en est la gestion de la Grande Mosquée ?
La Libre Les appétits s’aiguisent pour la reprise de la Grande Mosquée
Carte blanche Décoloniser la Grande Mosquée de Bruxelles, voilà l’urgence
De Morgen interview imam Khalid Benhaddou

 

Happy Monday : bientôt des écoles multilingues 

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Les recteurs de l’ULB et VUB s’affirment demandeurs. Des communes se disent très intéressées par une expérience en ook in het Nederlands. Des écoles normales forment des enseignants bilingues. Le Plan Marnix s’active. La presse s’intéresse et en parle. Dans une interview, Rudi Vervoort et Guy Vanhengel font un véritable plaidoyer en faveur d’une école mutlilingue réellement bruxelloise et mettent la pression sur la Communauté flamande et sur la Fédération Wallonie Bruxelles. Auraient-ils lu les chapitres Enseignement et Langues: mobilisation générale ! dans l’ouvrage Demain Bruxsels ?

A ce stade rien n’est fait et les obstacles demeurent nombreux, mais l’émergence d’une école bruxelloise multilingue soutenue par les deux Communautés fait son chemin. Si rien n’a changé sur le terrain, les mentalités ont évolué et les langues se délient. La rectrice de la VUB : « seules les écoles européennes sont multilingues, mais tout le monde n’y accède pas, le coût est très élevé. Il faut normaliser le multilinguisme dans notre ville « .

Les partis divergent encore comme le relèvent Bruzz et BECI. Il va falloir surveiller leurs programmes avant de donner notre voix et il faudra scruter les accords de majorité après les élections. Il va aussi falloir réactiver le Comité de concertation pour définir entre entités fédérées les besoins de la nécessaire exception bruxelloise. On n’a jamais été aussi près but.

La société civile passe à l’action

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Une réactualisation s’impose à propos de mon billet  » La société civile s’engage « . Une partie (croissante ?) de la population ne sent plus ses préoccupations prises en compte par les partis traditionnels ni par les syndicats. Elle s’inquiète et parfois se mobilise pour la préservation de son pouvoir d’achat, pour une transition écologique qui tarde ou pour une juste répartition de son coût. Des Gilets jaunes ont déboulé dans les rues et puis sont arrivés les 35.000 jeunes de Youth for the Climate et les 75.000 familles de Claim the Climate et maintenant des campeurs pour l’exigence d’une loi Climat contraignante. Tout cela témoigne de l’existence d’une société civile vivante, dynamique et vigilante. Elle ébranle les partis qui voient venir une vague verte et une remise en cause du partage des richesses.

Des citoyennes et citoyens insatisfaits ont voulu redynamiser la démocratie en créant de nouveaux partis comme Pro Bruxsel en son temps et puis, plus récemment, Plan BAgora et d’autres partis comme Oxygène, Demain, Islam, Parti libertarien, Be.One ou le Parti pour la Poésie … qui n’en est pas vraiment un. D’autres changent de nom et de programme comme le SP.A qui devient One.brussels.

D’autres membres de la société civile ont pris le risque de quitter leurs fonctions pour entrer dans un parti comme  » candidats ouverture «  en vue d’agir à l’intérieur de partis existants. Pas de simples  » attrappe-voix «  comme l’explique ICI Henri Goldman. Faut dire que la page blanche bruxelloise de Zakia Khattabi et les manifestations pour le Climat ont créé un véritable appel d’air chez Ecolo/Groen, où l’on constate l’arrivée d’une série de spécialistes comme Olivier De Schutter ancien rapporteur ONU Alimentation, Isabelle Pauthier de l’ARAU, Henri Goldman de la revue Politique,  John Pitseys chercheur au CRISP, Benjamin Vella de ProBruxsel ou An Descheemaeker du BRAL, devenue chef de cabinet de l’échevin de la Mobilité Groen à Bruxelles. D’autres encore ont dû faire leur apparition dans différents partis, comme Delphine Chabbert, de la Ligue des Familles, entrée au PS ou François De Smet, le directeur de Myria, qui se présente chez Défi … tandis que moi je reste au balcon, malgré quelques appels du pied.

Happy Monday: Bruxsels plus forte

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Ce vendredi 22 mars, la grande salle de l’Espace Magh était archicomble pour se souvenir du 22 mars 2016. Des rescapées et des survivants, entourés de ceux et celles qui leur ont porté secours et de très nombreux habitants, habitantes et enfants de tout Bruxelles, non pour pleurer, mais pour nous dire qu’ils et elles se sentent plus forts après l’épreuve qui les a unis, qui nous a unis. De l’émotion, mais aussi et surtout du courage, de la tendresse, de la fierté et de l’espoir d’un monde plus juste.

Fionn Perry et Noureddine Zerrad étaient à Zaventem quand la première bombe a explosé. Depuis, ils ont réalisé un documentaire d’une heure, un film singulier qui donne un nom et un visage à quatre rescapés et aussi le temps de se confier dans leur quotidien. Le magazine Moustique a entendu les réalisateurs, publié la bande annonce du film et dit pourquoi les Bruxellois doivent regarder « Tous ensemble ». Si vous êtes touchés et émus par cet extrait, trouvez donc le temps de découvrir ICI le film en entier. Entendez les paroles vraies des témoins de l’indicible, vivez les luttes nécessaires pour vaincre les blessures et les cauchemars, pour oser la station Maelbeek, pour reprendre pied dans la vie.

Une soirée pleine de pleurs de joie et d’émotion. Une lourde tristesse face à l’absence de tous ceux et celles qui n’y sont plus, mais aussi un vrai bonheur face à ce public qui partage le courage et la présence des survivants. Une chorale de Boitsfort entame l’hymne « Bruxelles ma belle » de Dick Annegarn. Le slameur Manza crache sa colère mais aussi sa foi en l’avenir de Bruxsel. Ensuite c’est la fête, parce que la haine ne triomphera pas. Bruxsels est plus forte et plus soudée depuis les attentats qui ont atteint la ville dans toute sa diversité.