Archives pour la catégorie Jeunes

Quelle police pour Bruxelles ?

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Oui, nous voulons une police pour notre cité. Quelle police ?  Une police à l’image de la ville ? mais moins de 25% de nos policiers habitent Bruxelles. Une police au service de quel ordre public ? Un usage de la force proportionné et un sang froid professionnel ? Une formation de base et une formation continue ? Bodycam versus smartphone ? Où est le respect mutuel ? Quelle place pour la famille et l’école dans l’éducation à la citoyenneté et de l’inburgering pour les nouveaux arrivants ? Voilà quelques questions évoquées lors du hearing d’Aula Magna du 9 janvier, entre le directeur de l’Ecole de police, le porte-parole de la police Bruxelles-Ixelles, le directeur de la Ligue des Droits Humains et une professeure de criminologie de la VUB.

Vous avez raté le débat ? Vous inquiétez pas, sont disponibles, la copie du débat et celle des questions ainsi que les slides de l’Ecole de police. Vous entendrez les réactions de Guy Vanhengel – président de la commission Police du parlement bruxellois – mais aussi les questions des participants, qui élargissent le débat et l’approfondissent. On ne se vole pas dans les plumes entre société civile et policiers, pas d’affrontements, mais de vrais questionnements. Pas le temps d’écouter ? un participant à rédigé un résumé en vol.

Une autre police serait-elle en gestation ? Une police qui protège ? Des valeurs qui doivent s’imposer ? Qu’en pensent les policiers de terrain ? leurs syndicats ? nos parlementaires ? les jeunes, absents du débat ? Plus tard, il faudra aussi aborder la question des « casseurs professionnels« , qui infiltrent et dénaturent de nombreuses manifestations pacifiques.

C’est quand la dernière fois qu’un policier vous a demandé votre carte d’identité ? Pour certains, c’est toutes les semaines. Contrôle au faciès, propos racistes, arrestations abusives, harcèlement, violences policières, … des bavures. Pas évident pour des jeunes – qui y sont régulièrement confrontés – d’oser témoigner et encore moins de porter plainte ou de croire en la justice. Un confinement qui crée de la tension. On peut les lire ICI à propos de Saint-Gilles. Des jeunes d’Anderlecht se livrent sans langue de bois à ZINTV, pour une discussion de 10 minutes. A condition de respecter leur anonymat, de peur de représailles. Ils sont encore sous le choc de la mort d’Adil, victime d’une course-poursuite avec la police.

image extraite de la vidéo ZINTV

 

 

Respect mutuel en question

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En ces temps de confinement imposé et de nervosité grandissante, la police se voit de plus en plus chargée de faire respecter des gestes barrière alignés par le gouvernement ainsi que le contrôle de réunions strictement limitées. Une fonction assez neuve que la police la police tente d’intégrer, même si l’usage proportionné de la force n’est pas toujours observé pour y parvenir. Pareil pour les citoyens, qui contestent parfois de manière violente les consignes que la police doit leur imposer. Le manque de respect entre citoyens et forces de l’ordre est parfois criant et pas évident de savoir qui a commencé le premier à manquer de respect.

Nous avons déjà consacré trois billets à cette problématique exacerbée par la crise sanitaire. Nous avons rappelé que la protection des citoyennes et citoyens est une tâche fondamentale de la police, mais que ce rôle éducatif est assez neuf pour certains policiers qui peuvent manquer de contact avec la population de leur territoire. Une partie de la population se montre aussi excédée par les contrôles réguliers dont elle est l’objet et adopte des comportements inadmissibles vis à vis de tout ce qui représente l’autorité, y compris le caillassage des voitures de police, de pompiers et même de véhicules la STIB et De Lijn.

Après la remise de novembre,  Aula Magna tentera de faire le point ce samedi en donnant la parole au responsable du recrutement et de la formation des policiers, au porte parole de la police de Bruxelles-Ixelles, au responsable de l’antenne Police Watch de la Ligue des Droits Humains et à une professeure de criminologie de la VUB. Vous entendrez aussi les commentaires du président de la commission Police du parlement bruxellois. Mais vous pourrez aussi poser vos questions en direct en vous connectant à Zoom ce samedi à 10h à partir du lien que vous pouvez demander à l’adresse bruxselscity@gmail.com

photo extraite de Studyrama

Drôle de Noël


Noël 2020 ne s’oubliera pas de sitôt et ne sera pas nécessairement la pause attendue par un grand nombre de Bruxelloises et de Bruxellois. Encore heureux si vous faites partie de ceux qui on un toit et qui sont au chaud avec un frigo mieux garni que de coutume. A Noël, la solitude pèse plus lourd sur celles et ceux qui sont isolé.es. En cette année Covid-19 ce sera plus lourd encore. Eh non, tout le monde ne dispose pas d’une maison, d’un jardin et d’une voiture. Cette Bruxelloise, qui n’est pas sans domicile, fait cependant partie de ceux qui regarderont les autres faire la fête ce soir. Elle affirm par écrit ne plus vouloir qu’on lui souhaite des bons voeux.

Ce soir vous avez le droit d’inviter une personne et même deux si vous êtes seul. Elles devront cependant quitter avant 22h … ou vous les logerez chez vous. Si vous souhaitez vous montrer solidaires des milliers de personnes pour qui Noël à Bruxelles ne sera pas la fête sans vous, vous trouverez quelques pistes ICI, Il y a aussi des initiatives réjouissantes du côté des frigos solidaires, des cafés suspendus, des restos du coeur à Laeken et Saint-Gilles, des Noëls solidaires ICI et LA et quelques projets de volontariat à plus long terme pour les jeunes.

Le futur de Bruxelles ne s’est jamais montré aussi imprévisible. Aujourd’hui, qui ose encore programmer des projets ? Renforcer son immunité ? Se faire tester ? Se faire vacciner ?  Autant de choix à faire, face à un coronavirus dont on sait un peu plus mais manifestement pas assez.  La trêve des confiseurs ne sera pas celle du SARS-CoV-2 et les Bruxellois resteront bien informés et unis pour ne pas lui ouvrir la porte. Prenez donc bien soin de vous et des autres, comme on dit aujourd’hui. Et un joyeux Noël, si vous le pouvez.

Myriams-Fotos Pixabay

Légaliser le cannabis à Bruxelles

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A Bruxelles, 2.402 PV ont été dressés de janvier à septembre 2020 pour possession ou vente de « drogues illégales » sans trop de distinctions. Une augmentation de 30% par rapport à 2019. Près de 400 « dealers » arrêtés. En matière de cannabis, 22% des Bruxellois de 15 à 64 ans déclarent en avoir déjà consommé, 34% chez les moins de 25 ans. Des chiffres moins précis pour l’usage des drogues légales (bière, vin, alcool). Personne ne souhaite évidemment que ses proches deviennent dépendants de drogues – légales ou non – mais il faut arrêter l’hypocrisie et l’argent noir. Philippe Close appelle à sortir les jeunes consommateurs des réseaux criminels, en créant des magasins d’État et non privés (1) pour la vente contrôlée du cannabis.

“Nous dépensons des millions d’euros pour lutter contre le trafic de cannabis alors que les parquets ne poursuivent plus en dessous de 100 grammes”, constate le mayeur de Bruxelles, qui relève « les policiers perdent leur temps à courir derrière les fumeurs de pétards et les dealers”. L’interdiction se révèle manifestement contreproductive. Dans notre pays, un tiers des détentions est lié aux stupéfiants tel que définis par la loi. Si on y ajoute une circulaire et la pratiques des juges, cela devient difficile d’y voir clair. Infor-Drogues et Bruxelles-J tentent de faire le point, sans pouvoir généraliser les pratiques: interdit mais laissé à l’appréciation des juges. Le Soir y a consacré un important dossier en 2019. Prospective Jeunesse s’interroge aussi sur l’avenir des jeunes dealers de rue.

Un million de Belges affirme avoir déjà consommé du cannabis. Ils font partie de toutes les classes d’âge et de toutes les catégories sociales. Des pays comme le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, le Canada, l’Uruguay et certains états américains ont mis fin à la prohibition et établi leur propre système de vente de cannabis avec des résultats encourageants. Une carte blanche et une pétition ont été lancées pour une légalisation des «cannabis social clubs». Une société sans drogue est un mythe. Ne va-t-il pas falloir que la coalition Vivaldi tranche cette question qui est à l’agenda depuis longtemps et qui demande de la clarté ?

(1) article de L’Echo accessible pour les lecteurs qui s’inscrivent gratuitement et sans engagement

Faire classe dans les bois ?

Alors que la reprise dans les écoles suscite des interrogations chez les enseignants, les parents et les élèves, l’école dans les bois – très répandue au Danemark en toutes saisons – ne pourrait-elle pas être une solution à envisager en période de pandémie ? A Bruxelles, parc et bois sont proches, mais les écoliers restent confinés à l’intérieur, les excursions sont interdites, alors que le virus est beaucoup moins actif à l’air libre que dans les classes. Comprenne qui pourra.

Habillés d’une combinaison, de bottes et de gants, les parents danois n’ont aucune crainte à voir grimper les enfants aux arbres, à jouer avec de l’eau et à se salir. Faire l’expérience de la nature. Etre émerveillé. Ressentir de la joie, du bonheur, mais aussi de la peur, en sachant entouré par les autres. Apprécier les odeurs, les sons, les goûts, les textures, … S’asseoir près de la chaleur et des bruissements du feu. S’interroger pour comprendre ce qui se passe dans la nature. Croiser la vie et la mort.

Dans le Nord, faire la sieste en terrasse, quelle que soit la météo, est une tradition, car le froid renforce le système immunitaire des enfants. A Bruxelles, vous vous rappellerez l’expérience de BOS évoquée ICI et aussi tentée au Luxembourg et dans plus de 1000 écoles en Allemagne. « Faites du monde naturel – y compris la peur et le risque – une part de l’expérience d’apprentissage quotidienne des enfants ».

Où le virus se propage-t-il le plus aisément ? Où les enfants développent le mieux leur curiosité et leur autonomie ?