Archives pour la catégorie Jeunes

Les jeunes face au coronavirus

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Après une année en mode « covid », Amnesty International s’inquiète auprès de la RTBF de l’état de santé mentale des jeunes, mais aussi de l’absence de leur point de vue dans le débat public. C’est pourquoi l’ONG a voulu donner la parole aux jeunes. « Mon cri » a été lancé début de l’année 2021 dans l’urgence. Il doit permettre de formuler des propositions de changements afin d’améliorer la vie de jeunes, pour la leur rendre plus supportable.

Alors que les files des épiceries sociales s’allongent, que les demandes aux CPAS explosent et qu’un étudiant sur 3 a plus de difficultés à payer ses études depuis le début de la crise, il est plus que temps que des mesures soient prises pour lutter contre la précarité étudiante et il est de la responsabilité de la Ministre de s’assurer que ce soit le cas afin de garantir un enseignement accessible à tous“, affirme un communiqué de la Fédération francophone des étudiants.

Elle dénonce la précarisation grandissante des étudiants et interpelle la Ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny à prendre des mesures concrètes. Réduire les coûts des droits d’inscription, rembourser le matériel de cours ou créer des aides au logement. Elle attire aussi l’attention sur la détresse psychologique de certains étudiants.

Vont-ils continuer à se taire ?

Les quadragénaires au pouvoir ne pensent-ils qu’à consolider les acquis de leur génération et vont-ils reporter les dettes accumulées sur la nouvelle génération ? Se doteront-ils d’un passeport vaccinal qui leur permet de voyager, alors que le jeunes en seront privés, faute de vaccination ? La presse en parle (un peu). A Lyon, des jeunes cherchent du commun, pas à être reclus. Un lecteur du blog – jeune retraité – vient de publier une lettre ouverte ironique aux jeunes sur Facebook. Il se demande s’ils vont encore se taire longtemps.

“ Pendant un an, nous vous avons demandé d’accepter les restrictions liées aux mesures sanitaires pour protéger vos grand-parents d’un virus qui n’était pas très dangereux pour vous. Maintenant ils sont vaccinés, ou vont l’être très bientôt, et sont hors de danger. Merci vraiment pour ce sacrifice. Maintenant, nous vous demandons de continuer à accepter ces mêmes restrictions parce que les variants du virus sont dangereux pour vous aussi, mais surtout pour vos parents. Patience, dans les mois qui viennent, vos parents seront vaccinés. Merci vraiment pour cet effort supplémentaire.

Ensuite, nous vous demanderons de continuer à faire gaffe, parce que ce virus et ses variants semblent être plus virulents et ne vous épargneront pas ! Malheureusement, nous n’avons pas de vaccin à vous proposer dans l’immédiat. Nous avons tout utilisé, et nos vaccins ne sont plus très au point pour vous protéger des nouveaux variants.  Alors, nous vous demandons de continuer comme vous en avez maintenant l’habitude.
Merci vraiment pour votre compréhension”. R.V.

des jeunes patientent, d’autres s’interrogent ou se révoltent comme à Lyon photo bastamag

Un savoir-vivre urbain partagé

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Chaque ville a ses habitudes, ses codes, son étiquette. Des non-dits qui se partagent entre citadins et qui leur permettent de se reconnaître, de se sentir chez eux. Lorsque de nouveaux habitants arrivent, pas évident pour eux de connaître ces codes et de s’intégrer dans une nouvelle société urbaine, parfois plus prompte à juger plutôt qu’à  partager amicalement ses us et coutumes.

Les parcours d’intégration obligatoires en Communauté flamande (inburgering) pour les primo-arrivants non européens ont donné des résultats au niveau de la langue et de la citoyenneté. La Wallonie les a rendus obligatoires il y a peu. A Bruxelles, ces parcours arrivent tardivement, à un moment où l’immigration est de plus en plus européenne et donc non assujettie. Pour les personnes hors Europe, ils sont désormais obligatoires … mais toujours pas mis en application. CAIRN Info consacre une réflexion de fond sur cet forme « d’activisme d’Etat ». Soutien ou sommation ? se demande le CRESPO. Et le CIRÉ s’interroge ICI sur les besoins des bénéficiaires. Le Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation s’intéresse à l’analyse des résultats.

Plus modestement, dans une ville aussi cosmopolite que Bruxelles, ne serait-il pas nécessaire de commencer par rappeler à chacun quelques règles de savoir-vivre qui favorisent de bonnes relations entre citadins ? A l’entrée des parcs, pourquoi ne pas afficher clairement ce qui est permis ou non ? cela pourrait aussi faciliter le travail des gardiens de la paix et des policiers chargés d’informer et – si nécessaire – de verbaliser les contrevenants. Même chose sur le piétonnier, accessible à des deux roues qui mettent trop souvent les promeneurs en péril par leur vitesse excessive. Dans les transports en commun peut-on boire ? manger ? emmener un vélo ? un chien ? Tout cela gagnerait à être plus clairement précisé, pour rendre la vie sociale plus agréable et renforcer l’émergence d’un véritable « peuple de Bruxelles » avec sa jovialité, son humour et sa bonhommie.

des indications claires à l’entrée d’un parc à Tokyo

Jeunes et Police: la crise de confiance

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Hier encore, la police a débarqué en nombre à la cité sociale Versailles à N-O-H, pour une dizaine de jeunes qui jouaient au foot. Après les incidents précédents et malgré la récente visite non protocolaire du bourgmestre, les policiers ont peur et débarquent donc à 30. Les jeunes aussi ont peur et n’ont pas le sentiment qu’on vient ici pour les protéger. La crise de confiance est profonde. Il y a du pain sur la planche. Même les policiers reconnaissent des abus. « Lorsqu’on trouve des policiers pour un dialogue, ils viennent rencontrer les jeunes uniquement pour… parler de leur métier. Une confusion inefficace entre une réelle rencontre et une séance de pub, vitrine de la police. Dommage ».

C’est la parole de la confédération des organisations de jeunesse. Une voix qu’on n’entend pas souvent mais qu’il faut pouvoir écouter. Un animateur s’exprime : « Quand les conclusions de l’enquête sur le décès d’Adil sont tombées: ce sera un non-lieu pour le policier. Circulez il n’y a rien à voir… Non merci, je vais rester un peu et réfléchir ! Ce combat pour la justice nous allons continuer à le mener avec ces jeunes. Nous les accompagnerons, nous serons derrière eux car ce combat des violences et des abus de la police est le leur. Ces jeunes ne sont-ils pas les plus légitimes pour en parler ? N’ont-ils pas une réelle expertise de terrain concernant les violences policières ? »

« Pour être honnête avec vous, moi aussi j’ai de moins en moins confiance en ce système que je ne cesse pourtant de défendre. Il m’arrive de me poser beaucoup de questions sur le bien-fondé de nos actions, sur l’utilité de se bagarrer, de vous accompagner… tant ce système est générateur d’inégalités, de violence institutionnalisée. Le travailleur associatif, pourtant rodé, glisse parfois dans ce désespoir. Néanmoins, je vais rester de votre côté – toujours – car j’ai encore soif de justice sociale… » . Vous en saurez plus ICI.

document extrait de l’article de Bruzz sur l’intervention policière au quartier Versailles

 

Happy Monday: un dialogue est amorcé

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Entre la police et un certain nombre de jeunes, rien ne va plus. Plus de respect. Plus de confiance. Suite à la plainte introduite au comité P par les parents de mineurs maltraités, le bourgmestre Philippe Close a invité quatre jeunes, leurs parents et le délégué général aux droits de l’enfant à une rencontre à l’hôtel de ville. Bruzz était à la sorite et a réalisé cette vidéo et un compte-rendu de la rencontre, traduit ICI pour vous. « C’est unique. Il est rassurant de constater que nous sommes écoutés. J’espère que cette discussion débouchera sur des mesures concrètes pour que cela ne se reproduise plus jamais » Simon (16 ans).

Le bourgmestre se doit d’entendre le rapport de sa police mais il doit aussi entendre le point de vue des mineurs qui se disent victimes de brutalités injustifiées. C’est un premier pas, mais il est important pour tenter de rétablir une certaine confiance dans les forces de l’ordre. « La haine est encore très profonde en nous, mais je suis aussi conscient que les forces de police ne sont pas uniquement composées de pommes pourries ». Ils vont se revoir avec le bourgmestre dans un mois et comptent bien que des mesures concrètes soient prises. Le Soir a consacré un article intéressant à la problématique de la confiance en la police et y a interviewé le sociologue Xavier Rousseaux.

Trop souvent, des bavures policières sont classées sans suite ou se résument à un blâme ou une mutation. Des policiers racistes, violents ou sadiques restent dans les rangs et sont responsables de la dégradation de l’image d’une police, qui est là pour protéger. Je vous convie à regarder cette écoeurante vidéo de 2 minutes, filmée directement par les deux policières qui traitent les jeunes de macaques et de tapettes en rigolant par la fenêtre de leur véhicule de service. Elles n’ont plus leur place nulle part dans la police, mais deux plus tard, elles sont toujours en fonction. C’est tout simplement inadmissible, pendant que le commissaire lanceur d’alerte est torpillé.

image extraite de la vidéo de Bruzz