Archives de catégorie : Santé

Happy Monday: le biochar, nouvel or noir ?

Les Bruxellois produisent énormément de déchets, mais ils les trient de mieux en mieux. Nos déchets organiques devront bientôt être obligatoirement placés dans des sacs oranges pour pouvoir être traités. Cette biomasse d’origine végétale est aujourd’hui utilisable comme source d’énergie.

Cette biomasse pourrait aussi être traitée par pyrolyse pour produire une sorte de charbon biologique, appelé « biochar ». Il est déjà utilisé en agriculture pour augmenter la qualité des sols, mais il permet aussi de lutter contre le réchauffement climatique par séquestration à long terme de carbone atmosphérique dans les sols. Un double bénéfice, bien décrit dans cet article du magazine Horizons.

Le biochar se différencie du charbon de bois par son utilisation directe dans le sol, plutôt que comme combustible. Au lieu de libérer du CO2 dans l’atmosphère lors de la combustion, il agit comme un puits de carbone. Un lecteur, professeur à l’ULB, nous livre ICI ses commentaires et soulève quelques questions intéressantes.

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Obstacles à l’isolation.

Capitale pour le futur de Bruxelles, l’isolation thermique pose problème. Si les travaux d’isolation à l’intérieur d’une maison ou d’un appartement ne demandent généralement pas de permis, ils posent cependant de nombreux problèmes techniques, dont dépose et repose des radiateurs, déplacement de canalisations, re-positionnement des interrupteurs et prises, ponts thermiques, sans compter la perte de place occasionnée par des moyens d’isolation pouvant atteindre 20 cm d’épaisseur.

Si l’isolation par l’extérieur du bâtiment pose peu de problèmes pour la façade arrière, il n’en va pas du tout de même pour la façade avant. Si elle est classée, il est exclu d’obtenir l’autorisation de la recouvrir de nouveaux matériaux. Même non classée ou protégée, la façade avant, dans une rue de maisons mitoyennes, ne va pas pouvoir empiéter de 20 cm sur le trottoir.

On se trouve devant un véritable dilemme: alors que l’isolation des logements est indispensable pour des raisons de facture énergétique et de diminution des gaz à effet de serre, elle s’avère impossible pour des raisons urbanistiques. La RTBF consacre un article bien documenté sur cette question. Le nouveau règlement d’urbanisme devrait prévoir un certain nombre de dérogations. En attendant, mieux isoler sa toiture reste immédiatement possible pour diminuer la source principale de perte de calories. Le programme Renolution et Homegrade peuvent apporter un soutien financier et technique.

Good Move polarise.

C’est à Schaerbeek, que l’opposition au nouveau plan de mobilité de la Région a atteint son paroxysme. Bornes arrachées, échauffourées, policiers et pompiers agressés: le conseil communal, épouvanté, décide de reporter la mise en œuvre de ses réformes. Au grand dam de leurs partisans, qui bataillaient depuis des années pour rendre le quartier plus sûr, la vie plus saine, plus calme, plus douce… Le projet aura donc capoté juste avant de se concrétiser. Recalé ou reporté ? Bruzz s’explique ICI.

Le journal De Morgen vient de consacrer une analyse approfondie aux origines de ce phénomène de polarisation. Traduit par DaarDaar, l’article vaut la peine d’être lu. Il pose une question fondamentale: à qui appartient la ville ? D’un côté, des citadins sensibles à la cause écologiste, engagés et souvent très diplômés; de l’autre, une classe moyenne inférieure et des riverains moins qualifiés, qui tiennent à leur voiture et deviennent les alliés de tous ceux qui s’opposent une évolution de l’automobilité.

En forte compétition à Bruxelles, les partis tentent de tirer profit d’une émotion grandissante. MR et PTB même combat ? Socialistes communaux contre socialistes régionaux ? Coalitions divisées, la question de la mobilité prend des airs de… lutte des classes. L’instauration des zones de basses émissions avait déjà suscité des sentiments similaires. On ne gouverne pas contre le peuple. Là, où la communication fut la plus défaillante, la révolte s’est avérée la plus forte. En tirera-t-on les leçons avant d’en arriver à une bataille de gilets jaunes ?

photos extraites de l’article de la VRT et de Bruzz

D’autres habitudes.

Il n’y a rien de plus difficile que de devoir modifier ses habitudes. C’est rarement par sagesse que nous adoptons d’autres comportements, mais le plus souvent à la faveur d’une crise ou d’une contrainte. Mieux isoler nos maisons, arrêter de chauffer les murs, baisser la température, limiter les déplacements motorisés non indispensables, autant d’attitudes que nous aurions pu adopter depuis longtemps. Il a bien souvent fallu attendre la crise des énergies et la flambée des prix pour que nous passions à l’acte.

Faudra-t-il que la qualité de l’air en ville se détériore et qu’elle aboutisse à des décès, pour que nous acceptions de réduire l’usage de la voiture privée et pour que nous arrêtions de circuler dans les rues résidentielles, dont nous polluons les habitants ? Les réactions parfois violentes des personnes qui refusent la mise en œuvre du plan Good Move interpellent, même si des améliorations pourraient lui être apportées par un dialogue constructif.

Si nous avons largement profité du soleil et l’agréable température de ce WE, nous n’ignorons pas que cet été indien inattendu comporte son lot de menaces. Faudra-t-il subir des inondations à Bruxelles pour limiter les gaz à effet de serre qu’émettent nos maisons, nos déplacements, nos modes de chauffage et tous ces bâtiments publics, bureaux et entreprises ? Sans renforcement des politiques actuelles, le GIEC annonce un réchauffement de +3,2°C d’ici la fin du siècle, alors qu’il serait possible de diminuer nos émissions de GES de moitié d’ici 2030. Allons-y joyeusement !

Révolte populaire.

Ce n’est pas à un débat qu’on assiste, mais à des actes de désobéissance civile dans plusieurs communes. Panneaux arrachés, bocs de béton déplacés, personnel de sécurité agressé, des citoyens en viennent aux mains pour exprimer leur rejet de la mise en application du plan Good Move dans leur quartier. Sans même prendre le temps d’entendre les partisans de ce plan, certaines communes le retirent tout simplement, d’autres l’amendent à la hâte ou le mettent en débat. Des enquêtes tronquées sont publiées. Panique.

Il y a là, à l’évidence, du malentendu et de l’incompréhension. Oui, il y a eu de la communication et des rencontres pendant plusieurs mois dans la plupart des communes. Quelle forme cela a-t-il pris ? Quel public cela a-t-il touché ? Combien sont venus ? C’est lors de l’installation que la plupart des citoyens ont compris la nature de ce plan et s’ils n’en ont pas nécessairement compris la finalité – supprimer le trafic de transit dans les quartiers – ils en ont mesuré l’impact sur leurs trajets quotidiens et sur leurs emplacements de parking gratuits.

Améliorer la qualité de l’air et augmenter la sécurité profite à tout le monde, mais n’est pas directement perceptible, alors que les changements d’habitude imposés le sont. Comme nous sommes à la veille d’autres grands changements d’habitude en terme de mobilité, d’énergie et de consommation, il va falloir faire preuve de beaucoup de pédagogie et de nouveaux moyens de communication pour obtenir l’adhésion de tous les citoyens. Ceux qui se sentent exclus de la prise de décision pourraient n’avoir que la révolte comme moyen de se faire entendre. Et certains ont intérêt à souffler sur les braises.

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