Archives pour la catégorie Santé

Pourquoi aurez-vous trop chaud aujourd’hui ?

… et encore plus demain ? Parce qu’en ville on constate des températures qui peuvent aller jusqu’à 3 à 10° de plus par rapport à la campagne. L’asphalte noir et le béton des bâtiments absorbent davantage la chaleur des rayons solaires que les paysages naturels et ils restituent cette chaleur la nuit. Les arbres créent de l’ombre et ont un effet protecteur et rafraîchissant, grâce à l’eau qui s’évapore des feuilles. À l’inverse, en ville la chaleur qui provient des moteurs thermiques, des embouteillages et des systèmes de climatisation amplifient l’augmentation de température.

A Bruxelles, la minéralisation  croissante de l’espace public – chère à Henri Simons, ancien échevin de l’urbanisme à la Ville – a fait ses ravages. Elle est aussi très tendance parmi les auteurs de projets à qui l’on doit, notamment, la place de la Monnaie et la place De Brouckère, presque sans ombre et avec si peu d’eau (quand la machinerie fonctionne …). On est loin du développement du concept de « forêts urbaines » dont la canicule révèle aujourd’hui toute l’utilité.

Sur l’extrait de la carte de BuzzFeed parue dans l’article de Slate, vous voyez clairement l’ilot de chaleur continu dans le triangle urbanisé Bruxelles/Anvers/Gand. Dans une émission du mois de juin, France Inter énumère quelques timides solutions pour rafraîchir les villes, qui vont dorénavant devoir s’organiser, face à la multiplication des périodes de canicule et des records de pics de température. Un défi à prendre en charge par le nouveau gouvernement bruxellois et qui ne se résoudra pas par la multiplication d’installations d’air conditionné, chez ceux qui peuvent se le permettre, au détriment de la température de l’air extérieur, qui doit absorber leurs rejets.

 

 

 

 

Des arbres pour contrer le réchauffement ?

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A l’échelle de la ville, des « forêts urbaines » pourraient créer des microclimats utiles pour contrer le réchauffement dans de nombreux quartiers. Aujourd’hui, à une toute autre échelle, l’université ETH de Zurich – citée par la RTBF  et développé par European Scientist – suggère de planter des centaines de milliers d’arbres sur la planète, en vue de capter le carbone excédentaire que nous produisons. La solution la plus efficace et la moins chère pour contrer le changement climatique, disent-ils.

Dans la très sérieuse revue Science, les chercheurs affirment que 900 millions d’hectares de couvertures arborées supplémentaires pourraient pousser sur la Terre, sans toucher aux zones aujourd’hui occupées par des cultures ou des villes. Ces nouvelles forêts auraient la capacité d’absorber 205 gigatonnes de carbone, sur les 300 gigatonnes qui ont été ajoutées à l’atmosphère depuis la fin du 19e siècle et le début de l’ère industrielle.

Devant le bel enthousiasme déclenché par cet article, d’autres scientifiques relativisent et rappellent que des arbres plantés aujourd’hui prendront au moins 50 ans avant d’atteindre leur plein effet d’absorption. Dans Science Media Centre, divers académiques réagissent et précisent que ces plantations ne nous dispenseraient pas de devoir faire baisser à zéro les émissions de gaz à effet de serre. D’autres vont plus loin: planter des arbres est devenu un alibi bien pratique pour pouvoir continuer à polluer sans être pointé du doigt.

De nouvelles habitudes alimentaires

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Notre alimentation urbaine va devoir évoluer, à la fois pour des raisons de santé – qui réclame plus de légumes et de fruits, vu une consommation au plus bas en 10 ans – et pour sauver le Sud de la planète, dont nous enrichissons les grands propriétaires terriens par nos importations massives, mais dont nous affamons la population … qui finira par venir frapper à nos portes. Oui, il va falloir diminuer volontairement notre consommation de viande – n’en déplaise au MR – parce que sa production mobilise trop de terres et d’aliments.

C’est Michael Hall, professeur à l’université d’Oxford, qui fait le point de la situation dans un nouvel article pour The Conversation. En conclusion, il propose 8 pistes pour éviter une crise alimentaire globale. C’est encourageant, c’est en anglais, mais particulièrement facile à comprendre.

Les pistes évoquées demandent des changements radicaux tant de la part des producteurs que des distributeurs. Ils devront être stimulés par des politiques coordonnées d’encouragements et de contraintes par les Etats, notamment au niveau européen. Toutefois, plusieurs de ces pistes sont aussi à la portée des consommateurs éclairés et responsables que nous devenons. Et si ce qui est bon pour la planète est aussi bon pour notre santé, c’est du Win-Win, surtout si nos talents culinaires reconnus en font aussi une découverte et un plaisir.

 

Vers une maison en autarcie

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Un couple de retraités s’est fait construire une maison en pleine ville, qui lui permet de produire sa nourriture, d’assurer la rétention des eaux pluviales, de se ventiler de manière naturelle, de laisser entrer la lumière mais en se protégeant du soleil direct. Construite en hauteur, sur une parcelle étroite, « son apparence oscille entre jardin, ferme et maison ». Vous pouvez la découvrir en photo ICI.

C’est à Kuala Lumpur, et – sans hiver – ses 40 espèces de plantes comestibles ne dorment évidemment jamais, y compris les bananiers. Le couple ne compte pas en rester là et veut faire évoluer la maison vers encore plus d’autonomie en collaboration avec le cabinet d’architecture malaisien formzero, qui a d’autres réalisations à son actif.

N’est-on pas là en route vers la maison du futur ? Faite de simplicité, d’empreinte écologique légère et prête à affronter l’augmentation du prix de l’énergie et de l’alimentation.
Merci à la lectrice qui me l’a fait découvrir.

photo Ameen Deen

Pollution: deux victoires historiques

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Des citoyens vivent et dorment dans des quartiers fortement pollués de Bruxelles, mais les seuils de dangerosité mesurés par la Région ne révèlent pas d’anomalies, parce que les chiffres qu’elle publie sont basés sur des moyennes établies pour l’ensemble des stations de mesure de la Région. Les victimes ont introduit une plainte contre cette pratique à la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Mercredi, la plus haute juridiction de l’UE a déclaré que les autorités régionales ne peuvent plus se fier à leur pratique passée, consistant à calculer la moyenne des mesures de pollution de l’air dans la ville, une formule qui pourrait occulter un problème de pollution endémique dans certaines parties de la capitale. Dans son arrêt, la Cour de Justice a déclaré que les tribunaux nationaux sont en droit d’évaluer si le choix des emplacements par les autorités mesure la pollution avec suffisamment de précision, comme le relate le communiqué de Politico traduit en français.

Cette décision intervient en pleine période de canicule, après des reproches déjà plus anciens de la Commission à notre Région et alors qu’elle vient de recaler les plans climatiques de la Belgique. Elle intervient aussi au lendemain d’une décision du tribunal de Montreuil qui vient de prononcer une condamnation « historique » de l’Etat français, suite à une « faute » reconnue pour son inaction contre la pollution de l’air.

Les Etats sont dorénavant placés devant leurs responsabilités. Ils ne peuvent plus échapper à leur devoir de précaution à l’égard de la santé de leurs concitoyens. Voilà deux arrêts qui vont faire jurisprudence et que l’on doit à la persévérance des victimes de la pollution de l’air.
Qui prétend que le pot de terre se heurte toujours au pot de fer ?