Archives de catégorie : Santé

Pourquoi sommes-nous survolés ?

Certains quartiers de Bruxelles sont à nouveau fortement survolés, de jour comme de nuit. Pourquoi envoie-t-on les avions de Zaventem au-dessus de la ville la plus densément peuplée du pays ? N’y a-t-il pas moyen d’impacter moins de monde ? Une nouvelle étude d’incidences, exigée par la justice et résumée ICI, présente 9 scénarios dont 7 renvoient les nuisances vers des espaces moins densément peuplés de Flandre. Les habitants du Noordrand s’y opposent violemment avec le support de leurs politiciens.

On peut les comprendre, mais l’aéroport est situé en Flandre et c’est le gouvernement flamand qui délivre les permis qui ont autorisé les extensions de cet aéroport mal situé. C’est aussi lui qui refuse d’instaurer des normes de bruit, pour ne pas gêner l’aéroport. C’est lui encore qui s’est aussi opposé – en son temps – au transfert de l’aéroport à Chièvres et mis Beauvechain au frigo. Les élus de Flandre semblent privilégier l’économie et l’emploi plutôt que la santé de leurs habitants.

Dans une carte blanche (pas encoure publiée) je m’insurge contre cette politique flamande, qui exige une « répartition équitable » des survols qui ne tient pas compte des densités de populations survolées. C’est la Flandre qui autorise l’extension de l’aéroport de Zaventem, mais c’est Bruxelles qui devrait en assumer une part importante de nuisances. Plutôt que de tenter de se décharger d’un certain nombre de survols sur Bruxelles, les électeurs du Noordrand ne seraient-ils pas mieux avisés de s’en prendre au laxisme de leurs élus ?

Fini les gaspillages ?

A l’heure où l’on s’inquiète de nos réserves de gaz et de notre production d’électricité en vue de l’hiver prochain, ne faut-il pas commencer par faire le tri entre l’essentiel et l’accessoire en matière de consommation d’énergie ? Si les Bruxellois ne veulent pas être rationnés, il va falloir suivre le calendrier (zoomable) établi par la Région. Mais ne faut-il pas immédiatement mettre fin à d’évidents gaspillages aussi inutiles qu’éhontés ?

Par exemple: cela a-t-il encore un sens aujourd’hui « de brûler de l’essence pour pouvoir créer des émotions fortes en faisant tourner des voitures en rond », comme le proposent les compétitions de Formule 1 ?  Un article du journal canadien Le Devoir conclut : « La F1 nous montre notre fascination pour cette machine automobile qui a décuplé notre capacité d’agir, mais aussi notre capacité de nous nuire. » Francorchamps appréciera.

Plus près de nous, qu’est-ce que la Région attend pour interdire de chauffer les terrasses dès cet hiver ? Et pourquoi ne pas éteindre l’éclairage des monuments à partir d’une heure du matin ? Quant au fédéral, pourquoi le ministre Ecolo Gilkinet n’interdit-il pas immédiatement les vols de très courtes distances, comme Paris, Amsterdam et Londres, bien desservis en trains à grande vitesse ? Après, il faudra passer à l’isolation des bâtiments publics et privés, mais cela sera une énorme tâche de bien plus longue haleine.

Pourquoi l’huile est rationnée ?

Parce que l’on brûle chaque jour des milliers de litres d’huile de colza et de tournesol dans nos voitures sans le savoir. Pas moins de 19 millions de bouteilles d’huile disparaissent chaque jour en Europe pour fabriquer des biocarburants à partir de cultures vivrières. C’est pour cela que les rayons se vident dans certains supermarchés et que les prix s’envolent.

C’est l’ONG européenne T&E qui a lancé cette étude, traduite ICI pour vous. Elle préconise, en cette période de pénurie, de donner la priorité à la nourriture sur le carburant. C’est que l’Ukraine représente 40 % des exportations mondiales d’huile de tournesol et reste le premier fournisseur européen d’huile de colza. Le blocus russe des exportations ukrainiennes exerce une pression considérable sur la nourriture.

L’UE encourage encore toujours les biocarburants de culture dans sa législation sur les carburants verts – la directive sur les énergies renouvelables – une politique que T&E a déjà décrite comme « la chose la plus stupide que l’UE ait faite au nom du climat ». La pression sur les prix est tangible chez nous, mais si l’Europe ne change pas de politique, c’est le sud qui va connaître des famines, parce que nous brûlons aussi 10 000 tonnes de blé dans nos voitures. Rouler ou manger ?

Un droit à l’eau.

L’eau n’est pas une marchandise. Tout comme l’air, l’eau est une ressource essentielle indispensable à tout être humain. Chacun devrait être assuré d’avoir accès à de l’eau potable. Comment font les personnes sans domicile fixe ? ou les demandeurs d’asile ? En cette période de fortes chaleurs, la question se pose avec  plus d’acuité.

Il y a longtemps que les habitants de la ville n’ont plus accès à l’eau d’une source qui surgit naturellement du sol à certains endroits. Les sources ont été canalisées et leur eau potable s’est écoulée dans les différentes fontaines de la ville, dont Manneken Pis ou le Cracheur restent des témoins. Aujourd’hui, notre eau potable vient de loin et surtout de la Meuse. Tous les Bruxellois y ont accès … pour autant qu’ils payent leur facture à Vivaqua. Si le prix du m3 est élevé, c’est qu’il comporte de lourdes infrastructures, mais aussi les frais d’épuration des eaux usées.

Des points d’eau publics mettent cependant de l’eau potable à disposition de tous gratuitement  … et même pétillante au siège de Vivaqua à côté de la gare centrale ! Si le pentagone en compte 30, les 18 autres communes n’en alignent, toutes ensemble, que 63 pour 1.200 à Paris. Les Infirmiers de rue ont dressé la carte de nos points d’eau. Vivaqua et les autorités se sont engagés à les multiplier: 100 de plus d’ici 2025. Cet article du Soir et celui de BX1 en disent plus sur ces perspectives d’avenir.

Photo de l’article de BX1

Les toilettes du futur

Sommes-nous toutes et tous égaux face à l’accès aux toilettes ? Une thématique pas très « sexy » mais qui touche à des enjeux essentiels de notre vie en ville. A Bruxelles, près de la moitié des toilettes existantes sont payantes. A peine la moitié des sanitaires publics sont accessibles aux femmes et moins de 25% aux personnes à mobilité réduite. Moins de 40% sont accessibles 24h/24.

En ville, l’accès à des sanitaires convenables, propres et sécurisés ne devrait pas être déterminé par le genre, le sexe, l’âge, la classe, la diversité fonctionnelle, l’origine, ou par le fait d’avoir un toit sur la tête. L’association Peesy s’est investie dans un travail d’inventaire qu’elle a mis sur carte. Elle s’était aussi associée avec Point Culture ULB pour mettre ce sujet pressant en discussion. Le programmes est encore  ICI.

Une thématique à laquelle s’est déjà attaquée la Ville de Bruxelles avec ses quelques urinoirs (pour hommes) souvent mal entretenus. Elle prépare actuellement un plan. Il comporte notamment l’installation de toilettes à nettoyage automatique et développe un programme (subsidié) de Toilettes accueillantes en collaboration avec les horeca qui acceptent d’afficher l’accès gratuit à leurs toilettes. Une cohérence plus grande et une économie d’échelle pourraient certainement être réalisées si cette matière était prise en charge par la Région, plutôt que par chacune des 19 communes.