Archives pour la catégorie Santé

Happy Monday: une ville plus verte

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Il faut se réjouir de voir Zoubida Jellab, l’échevine Ecolo des Espaces Verts de Bruxelles Ville, faire l’annonce – la pelle à la main – de son plan Canopée, avec la plantation de 2.000 arbres en 10 ans et avec l’objectif déclaré de « rafraîchir » la ville. Elle en parle aussi sur Bruzz. Avec des solutions adaptées pour les îlots de chaleurs et la pollution atmosphérique, il s’agira de faire naître de véritables “jardins forêts” et des “forêts urbaines”. Chiche: une première forêt urbaine place du Sablon ?

La Ville encouragera et encadrera aussi des initiatives citoyennes et associatives visant à végétaliser des espaces urbains et des façades, avec à la clé des subsides et des jeunes arbres à planter. Une prime pour l’installation de plantes grimpantes existe déjà. Les grands travaux du centre auraient cependant dû être l’occasion de planter, par exemple, rue des Pierres, des Teinturiers ou du Lombard, mais surtout, de rompre avec la minéralisation récente de l’espace public, comme on a pu le voir place de la Monnaie, place de Brouckère et sous peu place de la Bourse, si peu vertes. A tester lors des prochaines canicules …

Reste aussi à s’assurer que l’essentiel du plan ne sera pas développé du côté du bois de la Cambre, de Laeken et NOH, mais aussi dans le centre historique. La plantation d’arbres s’y avère plus difficile, parce que la Ville a laissé les opérateurs téléphoniques se disperser largement sous tous les trottoirs et même bandes de stationnement. Faudra donc les contraindre à se rassembler, pour dégager de la place pour des plantations qui piègent le CO2 du trafic et constituent aussi des lieux de vie pour les oiseaux, les papillons, les insectes… et les habitants.

Pourquoi chauffer la rue ?

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Alors qu’on nous parle tous les jours de réchauffement climatique et que nous sommes incités à installer du double vitrage et à limiter nos déperditions de chaleur, d’autres se permettent de chauffer la rue. Ils le font à grand renfort de bonbonnes de gaz et de chaufferettes électriques. Apparemment, en toute impunité, avec le soutien des lobbies de l’alcool et de la cigarette et avec pour seul objectif d’augmenter leur chiffre d’affaires, sans se soucier de l’environnement.

A Bruxelles, ce sont les communes qui règlementent (ou pas) ces pratiques de plus en plus courantes. Sur le territoire de la Ville de Bruxelles, les chaufferettes au gaz sont interdites (1) … mais l’échevin du Commerce – Fabian Maingain – n’applique pas le règlement « tant qu’il n’y aura pas d’alternative » ? Quelle alternative pourrait bien permettre de chauffer la rue sans consommer d’énergie ? A part pédaler pour produire du courant, on ne voit d’autre solution que de fournir une couverture ou alors d’accueillir les consommateurs à l’intérieur des établissements.

Le Parlement européen s’est prononcé pour l’interdiction des systèmes de chauffe pour terrasses, mais son avis est non contraignant. Par contre, nous avons un ministre bruxellois du Climat et de l’Environnement – Alain Maron – n’est-ce pas à lui d’interdire, pour l’ensemble de la Région, ce genre de pratique énergivore ? A charge des zones de police d’en assurer l’application: fermer l’interrupteur ou le robinet. La ville de Rennes a déjà interdit ce type de chauffage et s’en explique ICI. La ville de Namur suivra en juin 2021 selon la RTBF et Woluwé Saint-Lambert veut étendre l’interdiction à tout son territoire.

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(1) Règlement terrasses §7. Sont seules admises les chaufferettes électriques amovibles

Un cime contre l’humanité

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« Laisser des personnes dormir dans la rue est un crime contre l’humanité ». C’est Laurent d’Ursel qui assène cette vérité, dans un pays qui ne manque pas de moyens pour assurer une vie digne à tous ses citoyens. Le comte d’Ursel a accepté de livrer une interview très directe, sincère et parfois drôle à Kris Hendrickx de Bruzz. Un vrai reportage à lire à tout prix. Si nécessaire, vous en trouverez ICI une traduction automatique (parfois un peu fantaisiste) assurée par DeepL.

Le rédacteur en chef de Bruzz consacre un éditorial à la situation du sans-abrisme à Bruxelles. Nous l’avons aussi traduit ICI de manière automatique.

Vous verrez également dans ces articles comment soutenir le mouvement bénévole Doucheflux de manière efficace. En attendant, Laurent d’Ursel prend une douche tout habillé …

>>> 2000 acteurs culturels réagissent ICI contre la diète de la culture « laboratoire de la société ».

L’insoutenable parc Maximilien

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A Buxelles, à l’approche de l’hiver, le parc Maximilien nous fait honte. Insupportable pour eux et pour nous. Ce parc n’est-il pas la vitrine de l’incapacité du gouvernement fédéral – comme ceux de la plupart des pays européens – d’apporter une réponse juste et humaine à la situation des réfugiés de guerre, des victimes de mauvais traitements et des personnes qui fuient la misère au risque de leur vie et aboutissent dans nos villes ? Un gouvernement fédéral qui s’avère incapable de leur apporter une aide temporaire, ne serait-ce que des toilettes et un simple toit. La Ville de Bruxelles reste seule, pour tenter de faire face à cette inaction et se voit encore accusée de créer un « appel d’air ».

Dans un contexte d’inhospitalité accrue envers les exilés, un article d’Alternatives Economiques, épingle le vocabulaire révélateur des Etats européens « qui se sont engagés dans une spirale répressive sans fin, visant à contrôler, trier, stocker ces « flux », ces « masses en exode ». Pour contenir les « vagues » de migrants, comme si pesait la menace d’un tsunami, de multiples dispositions s’empilent, visant toutes à réduire l’accès aux ressources nécessaires à la vie : un titre de séjour, un toit, un travail, des soins, des liens… ». « Des catégories sont instituées, différenciant et classant les « vrais/faux réfugiés », « vrais/faux mineurs isolés », « exilés politiques / économiques / sanitaires », « vrais/faux malades »… En toile de fond de ces classifications, se profile toujours le soupçon qui les vise et qui justifierait les situations d’exception dans lesquelles ils sont placés ».

« Reconnaître le visage des migrants comme celui de la condition humaine ». Des Bruxelloises et des Bruxellois continuent sans relâche à les accueillir chez eux pour une nuit, pour une douche, pour un diner. L’amitié et la solidarité succèdent souvent aux appréhensions réciproques, mais cette ouverture ne peut pallier l’absence de politique du gouvernement et de l’Office des Etrangers supposés faire le tri et prendre en charge.

Taxer les cochonneries

photo Alex Guillaume / Unspalsh, CC BY-SA in The Conversation

Si vous consommez souvent de la charcuterie industrielle, les débats de l’Assemblée nationale française de ce mercredi vous concernent. Les députés vont étudier un amendement visant à instaurer une taxe sur la charcuterie contenant des sels nitrés, pour des raisons sanitaires.

Le problème vient de la substance utilisée dans la fabrication des saucissons et jambons industriels. Le nitrate, en lui-même, n’est pas toxique, mais une fois ingéré, il va se transformer en d’autres composés, toxiques, comme les nitrites, qui peuvent augmenter les risques de cancer, notamment colorectaux (1). C’est sur cette subtilité que se fondent les industriels et leurs lobbys pour continuer à défendre l’utilisation des sels nitrés, alors que les preuves scientifiques de leur dangerosité sont avérées.

Plutôt que de taxer ces charcuteries, en espérant en réduire la consommation, ne pourrait-on se demander pourquoi ne pas interdire l’usage de toute substance toxique dans nos aliments ?
Sans doute, une telle interdiction mettrait l’industrie en danger, mais elle pourrait aussi bien stimuler la recherche d’une alternative saine ? Quant aux discours sur les bienfaits des nitrites ou des nitrates, ce sont évidemment des « fake », produits ou instrumentalisés par des industriels, inquiets de trop de réglementations. C’est pourquoi il est important de s’appuyer sur de véritables connaissances scientifiques, libérées de potentiels conflits d’intérêts. Vous trouverez ces démonstrations scientifiques dans l’article en français de The Conversation – academic rigour journalistic flair.

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(1) chaque portion de 50 grammes de viande transformée consommée quotidiennement accroît le risque de cancer colorectal de 18 % » ; l’ANSES française recommande de limiter la consommation de charcuterie à 25g par jour