Archives pour la catégorie Santé

De l’eau, mais pas n’importe comment

Par ces chaleurs, si l’eau n’est pas accessible, elle n’est que pur prestige et sans utilité pour les citoyens. C’est le cas, par exemple, à Montgomery. (photo Gerec engineering ). On veut désormais de l’eau « jouable ».

Les activistes de Pool is Cool se manifestent régulièrement en faveur de l’accès aux plans d’eau de la ville. Vous pouvez même signer leur pétition. Pascal Smet se mobilise depuis 2007 pour une piscine en plein air, toujours pas en vue. A Copenhagen on a trouvé la solution (photo Danish Architecture Center (DAC). Avec toutes ces indispensables photos, j’espère que WordPress pourra respecter la mise en page …

D’autres villes ont appris à apprivoiser l’eau pour la mettre à disposition des citoyens.
Ici, un plan d’eau filtrée accessible aux enfants à l’avant du centre commercial de centre ville de Kyoto. Plus bas, une rivière artificielle à Tokyo avec eau filtrée et siège (planche) remis par l’indispensable gardien de parc. Tout en bas, plus mystérieux, mais toujours de l’eau accessible et même de la brume.

 

    

    

   

    

 

 

 

 

 

S’équiper face aux canicules

_________________________________________

« My God, quelle chaleur ! » répète Marcelle, du haut de ses 70 ans, comme une litanie tout au long du Marché au Charbon. L’expérience vécue en ville, en cette fin juin, doit être un signal d’alarme pour les urbanistes et le bouwmeester de Bruxelles. Notre Ville-Région continue à accorder et maintenir des permis pour des projets conçus il y a 10 ans, quand ce n’est pas au siècle dernier, sans imposer la végétalisation des bâtiments. Planter des arbres, multiplier les fontaines et les plans d’eau, encourager l’installation de balcons qui font de l’ombre et protègent de la pluie, subsidier l’installation de toitures vertes, récolter les eaux de pluie, sont des moyens simples et relativement peux coûteux pour créer des microclimats pour échapper aux chaleurs excessives. Comme à Saint-Nicolas, où la plus vaste Grand-Place du pays sera en partie végétalisée. La ville verte ne doit-il pas devenir un impératif ?

Lorsque la Ville de Bruxelles a confié au bureau Sum l’aménagement des boulevards centraux, des membres de la société civile ont suggéré, il y a près de 10 ans, de récolter l’eau des toitures dans des réservoirs souterrains, pour assurer l’arrosage automatique des plantations. Le bureau Sum s’est contenté de récolter l’eau – plus souillée – des voiries, prétendant qu’elle ne pouvait recueillir l’eau rejetée des toitures sans l’accord des propriétaires. Quand on sait que la Ville est propriétaire de plus de la moitié du bâti, cela n’aurait pas du être insurmontable. En attendant, des plantations meurent de soif sur les boulevards, à la place et au parc Fontainas et les fontaines sont alimentées en eau potable.

Pendant ce temps, Paris – qui dispose d’un vrai réseau d’eau non potable – limite les eaux pluviales qui peuvent être rejetées.  Anvers prévoit dès à présent un réseau de canalisations d’eau non-potable pour se protéger contre la sécheresse. « Nous avons largement assez d’eau, dont la qualité est suffisante pour les fontaines et les parcs. Nous utilisons 27 milliards de litres d’eau à Anvers, et il s’agit avant tout de l’eau du robinet ». Waterlink y expérimente  une épuration en bas de chez soi. La commune de Forest vient aussi de se lancer dans la récupération des eaux de pluie . Inutile de courir très loin pour trouver de l’inspiration.

La fontaine de la porte de Ninove et l’ombre propice de la forêt urbaine face à la cathédrale


Revoir les priorités du maître architecte ?

________________________________

Troisième mandat pour cette nouvelle fonction de bouwmeester apparue à Bruxelles. C’est Kristiaan Borret qui rempile pour ce poste, qu’il a déjà assumé avec son équipe élargie. Sur base des priorités qu’il a mises en avant dans son texte de candidature, le Gouvernement a convenu avec lui de se concentrer sur des éléments essentiels qui figurent aussi dans l’Accord conclu entre les partis qui gouvernent la Région de Bruxelles.

Le BMA (Bouwmeester Maître Architecte) devra porter une attention toute particulière à la lutte contre les effets du changement climatique et à rendre la ville plus conviviale, en se concentrant sur la verdurisation du bâti et de l’espace public et sur la construction circulaire. Suite à la situation vécue par les Bruxellois.e.s pendant le lockdown, comme annoncé dans un article du Soir, les grands gagnants de la crise du coronavirus dans le secteur immobilier sont… le jardin et la terrasse (ou à tout le moins le balcon). Difficile aujourd’hui de vendre ou de louer un bien sans cela. Après deux mois enfermé chez soi, il était clair que l’envie de prendre l’air allait se faire ressentir fortement et le réchauffement climatique ne fera que renforcer cette demande.

Ne serait-il pas indispensable que le bouwmeester fasse de la végétalisation des immeubles une condition de base pour tout nouveau projet ? Ne devrait-il exiger que les règles d’urbanisme s’assouplissent pour enfin permettre – et même encourager – la création de balcons et terrasses lors des rénovations, partout où c’est possible ? Dans la construction neuve, un possible “accès à l’extérieur” ne devrait-il pas être imposé pour le logement public comme pour le privé ? Des espaces verts de proximité – accessibles en dix minutes – ne sont-ils pas une condition pour le maintien de la population en ville ? La minéralisation de nos places, cela n’a-t-il pas a assez duré ?

Quelles entreprises faut-il sauver ?

___________________________________

Cette question, que nous avons déjà évoquée en demandant l’établissement d’une feuille de route, est capitale, au moment où l’Etat et les Régions ont commencé à distribuer divers types d’aides à certaines entreprises et personnes. La question se pose toujours pour Brussels Airlines – filiale à 100% de Luftahansa – et plus récemment pour la compagnie Swissport Belgium qui vient déposer son bilan. Elle se pose aussi pour un grand nombre de très petites entreprises fragilisées par la crise sanitaire et tout particulièrement pour le secteur culturel, qui commence à nous manquer. Des économistes déplorent ICI un certain nombre de choix inadéquats.

L’Etat – donc la collectivité – doit-il et peut-il sauver tout le monde ? Si c’est non, sur quelles critères faut-il s’appuyer pour établir les choix ? On se souviendra des charbonnages que l’Etat belge à maintenu en activité à coups de millions … pour devoir quand même les fermer tous quelques années plus tard. Se pose donc la question de la sélectivité qualitative à définir de manière impartiale. Ces mesures de soutien doivent-elle être assorties de conditions ? De quelle nature ? Y a-t-il une opportunité pour orienter les entreprises aidées vers des comportements « éthiques » (développement durable, lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, participation des travailleurs et des autres parties prenantes) ?

Ce sera le sujet de la réflexion des « Mardis intimes » de la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale. Cela se passera par internet le mardi 16 juin de 12h45 – 14h00. Même si vous n’êtes pas membre, vous pourrez néanmoins y participer activement, suffit d’envoyer un courrier à Dina Geron chaire-hoover@uclouvain.be qui vous vous indiquera comment vous connecter. Vous trouverez aussi le programme complet des séances consacrées aux conséquences de la crise Coronavirus en cliquant ICI.

Happy Monday: une périphérie plus verte

______________________________________

La VRT nous apprend que la  Flandre compte soutenir l’achat de terrains en périphérie flamande de Bruxelles pour favoriser leur végétalisation. Le gouvernement flamand a réservé une enveloppe de 2,2 millions d’euros pour inciter des personnes privées ou des organismes publics à acheter des terrains disponibles en périphérie.

L’enveloppe sera accessible jusqu’au 15 septembre prochain, pour des projets se situant dans l’arrondissement de Hal-Vilvorde et se concentrera sur les communes les plus proches de Bruxelles, où la pression immobilière venant de la capitale pèse davantage sur l’environnement.

Les candidats acquéreurs pourront prétendre à un subside équivalent à 50% du prix d’achat du terrain s’ils le verdissent ensuite. Ce taux monte à 60% s’ils prévoient de boiser le terrain. La Région interviendra aussi jusqu’à 80% dans les coûts de certains travaux de terrassement et de plantation.