Archives de catégorie : Santé

Un futur pour les nouveaux-nés.

Ben oui, dans 25 ans, le futur de Bruxsels sera largement entre les mains des bébés d’aujourd’hui. Le maternage qui leur est prodigué est essentiel. Basé sur la tradition et sur des puéricultrices formées comme exécutantes dans notre enseignement professionnel, il mérite d’être revisité. Se mouvoir en liberté est fondamental pour les bébés et ce n’est pas la propagation des relax style Maxi-Cosy et les heures passées devant des dessins animés, qui va permettre cette liberté de mouvement. Confortables et rassurants pour les adultes, pas vraiment favorables à l’autonomie des bébés.

Se mouvoir en liberté est la recommandation de base du maternage, quelque peu insolite, proposé par Emmi Pikler depuis bien longtemps (1). Un livre incontournable lui est consacré aux éditions Érès. Couché sur le dos sur une petite couverture, le bébé est libre de ses mouvements, dans le baby relax il est calé. « Il ne devrait pas passer plus d’une heure assis ainsi et moins d’une heure par jour à regarder des écrans » peut-on lire dans cet article scientifique paru dans Le Monde et dans cette courte vidéo.

Plusieurs études montrent que les enfants de 0 à 5 ans, physiquement actifs, développent de meilleures capacités motrices et de mémorisation et gèrent mieux leurs émotions. Il ne s’agit pas d’organiser des séances de psychomotricité, mais de créer des conditions favorables à la liberté de mouvement des bébés, également installés sur le dos au lit plutôt que sur le ventre. Un ouvrage précieux pour une formation Piklérienne des professionnels de la petite  enfance, mais aussi pour les jeunes parents. Les associations CEMEA et la File diffusent cette pédagogie chez nous.

(1) J’ai eu le privilège de rencontrer longuement Emmi Pikler à Budapest en son temps et de participer à la vie de Loczy.

Réduire la pollution lumineuse.

Les éclairages commencent à  faire l’objet de débats politiques et médiatiques. Avec l’augmentation du prix de l’énergie, la sobriété devient un enjeu de souveraineté nationale. L’éclairage des monuments, purement esthétique, est de plus en plus jugé superflu. De même, les vitrines, enseignes et publicités allumées toute la nuit, choquent de plus en plus de citoyens à qui l’on demande de la sobriété.

Identifier les éclairages les plus énergivores, dont l’extinction engendrerait le plus d’économie énergétique et financière est à l’agenda. L’éclairage des rues et des routes en fait partie, tout en gardant la sécurité à l’esprit. Un lecteur nous rappelle qu’aujourd’hui, il est possible que l’éclairage ne s’allume que lors du passage d’une personne. Nous interrogerons Sibelga.

Dans cet article, qui épingle nombre d’idées reçues, vous découvrirez les mesures déjà prises en France et leur difficulté de mise en service. Vous y apprendrez aussi l’impact considérable de la pollution lumineuse sur la faune, la flore et l’espèce humaine. La crise de l’énergie et le changement climatique nous imposent de nous poser (enfin) quelques questions fondamentales, qui nous mèneront peut-être vers une civilisation nouvelle ?

photos Romain Sordello Ingénieur expert biodiversité pour The Conversation
aveuglante lumière d’un parking désert et intrusion de l’éclairage public dans les logements 

Une presse peu cohérente.

 

Si l’avion reste encore irremplacé pour les déplacements intercontinentaux, il demeure néanmoins le mode de transport le plus polluant. Tout lieu donc de se réjouir de sa résorption à la suite de la pandémie. Il ne devrait y avoir que Brussels Airport Company (BAC) pour se réjouir d’enregistrer un nombre croissant de passagers et ses cargos en augmentation de 30%, meilleur résultat sur 15 ans ! La newsletter de BAC vante des minitrips urbains … sans mention « à consommer avec modération », même pour des villes bien reliées par TGV

Qui imaginerait encore autoriser de la pub pour des cigarettes ? ou pour de l’alcool sans restrictions ? Mais, pour les minitrips, producteurs de gaz à effets de serre, pas de problème. On vole toujours vers Paris et Amsterdam. Pour les jets privés, le kérosène reste toujours le seul carburant non taxé ! Inutile de chercher de la cohérence. Plus cynique, Ryanair menace de quitter Bruxelles en cas de maintien de la (faible) taxe de compensation de quelques euros mise en place par l’aéroport et le fédéral.  Ryanair veut qu’on taxe plutôt les longs courriers.

Plus inquiétant encore, la collaboration de la presse sans  aucun état d’âme. Le Soir annonce avec plaisir l’ouverture d’une nouvelle destination depuis Zaventem. Bruzz se réjouit de communiquer un troisième mois consécutif de 2 millions de passagers. SudInfo applaudit un record historique. La Libre regrette les succès passés. La presse nous invite à être sobres en énergie, mais se plaît à communiquer une reprise du trafic aérien, même à la RTBF et à BX1, ne cherchez pas à comprendre.

Le crime d’écocide.

Les notions de génocide, d’homicide et – plus récemment – de féminicide, nous sont familières, tout comme d’ailleurs celles d’herbicide ou de pesticide, depuis les procès du Roundup de Monsanto. Ce sont aujourd’hui les atteintes graves portées à l’environnement – commises de manière délibérée ou par imprudence – que l’on dénomme « écocide« , lorsqu’elles entraînent des dommages majeurs à l’écosystème.

L’usage de l’agent orange par les Américains pendant la guerre du Vietnam, les tirs qui ont touché des bâtiments de la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine, les innombrables marées noires, mais aussi la pêche à l’explosif ou la destruction des barrières de corail, n’en sont que quelques exemples. Tout savoir ICI.

La Belgique a été le premier pays européen à plaider pour faire de l’écocide un crime de droit international et pour étendre la compétence de la Cour pénale internationale à ce crime. Cela nécessitera cependant encore la modification du Statut de Rome, à la majorité des deux tiers des États membres de la Cour. La RTBF en dit plus. Notre parlement fédéral devrait bientôt examiner la possibilité d’inclure l’écocide dans le code pénal belge.

A Bruxelles, la biodiversité commence à se défendre mieux face aux bétonneurs, les arbres sont mieux protégés, la Senne se retrouve partiellement à l’air libre, les  herbicides ne sont plus utilisés par les pouvoirs publics pour supprimer les « mauvaises herbes ». Quelques pas dans la bonne direction.

Voler avec modération.

C’est dans Le Monde, que le patron des Aéroports de Paris  (ADP) invite les passagers à être plus raisonnables dans le voyage aérien, tant que le secteur n’aura pas été au bout de son processus de décarbonation, ce qui pourrait prendre vingt à trente ans. « Avant que nous ayons des avions propulsés soit à l’électricité, soit à l’hydrogène, soit avec des carburants durables faits à partir d’électricité verte, il faudra faire preuve de modération ». Il n’y aura pas de retour à la normale avant 2014, mais « Si demain matin le trafic aérien devait décroître, ce n’est pas une tragédie existentielle pour nous ».

Voilà un discours qui nous change des propos d’Arnaud Feist, directeur général de Brussels Airport Company, qui accumule les communiqués et les newsletters pour nous pousser à nous embarquer dans des Citytrips lointains à prix bradés. L’émission de tonnes de gaz à effets de serre et le survol à basse altitude de centaines de milliers de Bruxellois ne semblent pas l’émouvoir. Et tout cela au nom de l’économie et de l’emploi … mais surtout au profit des actionnaires du consortium étranger BAISA  (1) qui détient 75% de ses parts.

En attendant les progrès technologiques annoncés, ne serait-il pas plus sage de limiter les déplacements en avion au strict nécessaire ? De développer des lignes à grande vitesse au travers de l’Europe, en commençant par la ligne Bruxelles, Luxembourg, Strasbourg, qui devrait depuis longtemps déjà relier les trois capitales européennes en TGV. Les chemins de fer sont aussi créateurs d’emploi en polluant nettement moins.

(1) Le consortium BAISA comprend le fonds de pension canadien Ontario Teachers Pension Plan (OTTP), le fonds de pension néerlandais APG, l’investisseur australien QIC, l’assureur suisse Swiss Life, le partenaire financier du secteur public de l’État de Nouvelle-Galles du Sud en Australie TCorp et le fonds d’investissement du système de retraite du gouvernement japonais GPIF.

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