Archives pour la catégorie Santé

Happy Monday: trois bonnes nouvelles

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Ce lundi, pas moins de trois informations réjouissantes à vous livrer.

Immersion. L’école Charles Buls lance une classe de première primaire en immersion français néerlandais. Une première à la Ville de Bruxelles, selon l’article de BX1. Deux institutrices parfaitement bilingues donneront les cours un jour en français et un autre en néerlandais. Onze élèves participeront à cette classe. A la fin de l’année, les institutrices espèrent qu’ils et elles deviendront de vrais Bruxellois, au moins bilingues et ouverts aux autres cultures. Les écoles unilingues seront-elles un jour l’exception à Bruxelles ?

Piscines en plein air. Bruxelles est une des seules capitales européennes sans piscine en plein air, une situation particulièrement lourde en temps de coronavirus et de canicule. Ce sont les familles les moins privilégiées et sans vacances qui déplorent le plus cette situation. Mais il y a de l’espoir, selon les infos de BX1 et de Bruzz, plusieurs projets seraient actuellement à l’étude. Il resterait à la Région à décider lequel soutenir, pour que le installations soient à la disposition de tous les Bruxellois, quelle que soit la commune où ils vivent. La Ville de Bruxelles se tâte encore à propos des quatre projets que l’échevin des Sports étudie. Il en fait une priorité : « Avec la systématisation des épisodes de chaleur, nous devons garantir l’accès à l’eau pour tous ».

Spectacles vivants accessibles. La Fédération Wallonie Bruxelles a pris la décision de limiter la distance physique dans les théâtres à 1m au lieu de 1,5m. Cette mesure va permettre à plusieurs théâtres de prendre le risque de réouvrir, malgré un équilibre budgétaire encore incertain. En dernière minute la Communauté flamande a pris la même mesure, évitant ainsi un apartheid particulièrement dommageable entre citoyens bruxellois.

Les leçons urbanistiques du covid

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Les épidémies ont toujours contraint les villes à se remodeler et le Covid-19 a déjà commencé à modifier le visage de Bruxelles. Hippocrate, affirmait que santé et habitat ne cessent de dialoguer. Pour lui, il existe des liens entre les maladies et l’environnement, il faut porter une attention particulière à la dimension sanitaire de l’habitat. L’actuelle pandémie planétaire laissera-t-elle une empreinte sur la manière de construire la ville et ses logements ? sur les cheminements piétonniers, la largeur des trottoirs ou le nombre de pistes cyclables ?  sur la qualité de l’air ?Des questions que se pose Le Monde dans une enquête très documentée.

Choléra et tuberculose ont contraint les villes à se transformer. Un courant hygiéniste est né et a structuré le développement des villes du XIXème siècle. « Chaque fois que la médecine n’était pas capable de juguler des crises sanitaires on a fait appel à l’espace et à l’environnement pour les résoudre à titre préventif». Les sanatoriums aseptisés ont même eu leur influence sur l’architecture Bauhaus. Urbanisme au secours des villes ? vous le verrez ICI dans Demain la Ville et LA dans Slate. Chez nous, le voûtement de la Senne fut la seule réponse face à cet égout à ciel ouvert qu’était devenu la rivière. Les boulevards haussmanniens fut celle des urbanistes.

Plus près de nous, l’émission « Les Experts » de BX1 (anciennementTélé Bruxelles) va s’interroger samedi sur « Les leçons urbanistiques du covid ». Elle abordera la redéfinition de l’espace public dont l’importance ne cesse de croître, vu que nous allons devoir vivre dans des espaces plus petits (vu le prix de l’immobilier) et vouloir échapper aux affres des canicules. La question des terrasses et des balcons sera aussi au programme. De nouvelles règles d’Urbanisme devront permettre l’aménagement de terrasses et de balcons et même les encourager et les soutenir. Où télétravailler sera aussi une question d’actualité. Jean-Jacques De Leeuw animera un débat entre l’architecte Sabine Leribaux d’Architectesassoc, la journaliste BX1 Stéphanie Meyer et moi. L’émission sera diffusée ce samedi à 12h et sera ensuite accessible en boucle sur BX1.

 

Monde culturel: un sentiment d’injustice

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“Nous conservons ce sentiment de profonde injustice quand on voit que les gens se serrent dans les avions côte à côte et qu’ils enlèvent leur masque lorsqu’on leur sert à boire. Il n’y a pas de distance sociale dans les avions, pourquoi en faut-il dans les salles de théâtre qui sont très conscientes des mesures à appliquer ? Ce n’est pas parce qu’on est des artistes qu’on est des fanfarons. Cette nouvelle a déçu beaucoup de gens et va empêcher beaucoup de salles d’ouvrir parce qu’elles ne pourront pas mettre 200 personnes”. C’est Thierry Debroux, directeur du Théâtre royal du Parc qui assène ces injustices, qu’il partage avec la plupart de ses collègues bruxellois.

Comment programmer une saison sans connaître les mesures sanitaires qui seront en vigueur à la rentrée ? Pourquoi créer de nouveaux spectacles ou répéter des morceaux si on n’a pas de spectateurs pour les découvrir ? Comment assurer un équilibre budgétaire avec des salle à moitié vides ? C’est un vide sidéral qui s’ouvre devant le mode culturel, ses acteurs, ses techniciens, ses auteurs. Les étudiants récemment diplômés n’auront même pas accès au statut d’artiste, puisqu’ils n’auront jamais pu se produire. Haut lieu de culture, Bruxelles n’a plus rien à nous montrer, n’a plus rien pour nous émouvoir, pour nous faire vibrer ou nous mettre en question. Où est ce public qui partage ses émotions avec nous ?

Les mesures sanitaires s’imposent à tous pour des raisons de santé publique. Mais, lorsque pointent des discriminations, on soupçonne l’intervention de puissants lobbies et intérêts économiques. Pourquoi Walibi et Pairi Daiza peuvent-ils accueillir du monde dans leurs parcs d’attraction mais pas les forains de la Foire de Bruxelles ? Pourquoi peut-on on être côte à côte dans des avions pendant des heures, mais pas au théâtre ou au cinéma ? Le virus fait-il ces distinctions pour se répandre ? Le gouvernement Wilmès va devoir s’expliquer s’il veut conserver sa crédibilité.

A le demande de quelques lecteurs, voilà ce qui est permis à Bruxelles, selon la dernière mise à jour pratique de visit.brussels du 21 aout 2020. Dernière minute: perpétuel oublié, le secteur événementiel se manifestera à la place Poelaert le 5 septembre.

Illustration transmise par Simon Paco

Bruxelles et nature: un vif débat

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Le béton, l’asphalte et la pierre, minéralisent la ville et imperméabilisent son sol. Ne serait-il pas temps de « Réparer la ville, à la lumière de la crise sanitaire que nos traversons » ? C’est le thème retenu pour une petite Université d’été de deux jours, les 27 et 28 août. Une ville c’est (c’était ?) la présence d’un bâti dense, entouré de terres naturelles et agricoles en périphérie. Cette conception est aujourd’hui confrontée aux crises de l’écosystème et exige une nouvelle approche de l’urbain, combinant la nature, les maillages verts et bleus, l’espace ouvert avec le construit, l’habitat, l’économie, la terre nourricière, les services… le tout à un quart d’heure à pied.

Cette université d’été se propose d’interroger cette nouvelle approche à partir de l’examen des rapports entre « nature » et « ville » à Bruxelles, en considérant la manière dont les politiques de relance post-covid peuvent contribuer à restaurer ou réparer des déficits identifiés dans l’aménagement du territoire bruxellois. Elle est organisée par l’ULB, la VUB, le CEPULB et Brussels Academy, avec la collaboration de CRD-Prospect.

Cet examen se fera à partir de trois thématiques complémentaires. 1. Bruxelles et l’éco-système métropolitain  2.Comment mieux alimenter Bruxelles ? 3. Comment ré-aménager Bruxelles en tenant compte des leçons du confinement ?
 Elles feront l’objet d’exposés structurés en demi-journées. Les débats de clôture inviteront les ministres et parlementaires responsables, l’administration concernée, et les orateurs. Si vous craignez que cela soit trop académique, votre présence citoyenne pourrait faire toute la différence. Info et programme ICI.

photos Chant des Cailles – Le Logis Floréal

Plantations ou évènements: le bourgmestre répond

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Nous avons dit ICI tout le bien que nous pensions de la conception du nouveau parc Fontainas, bien qu’actuellement il soit mal entretenu. Mais c’est suite aux deux billets, à propos de la minéralisation des places du centre-ville, de leur manque de fraîcheur et d’ombre, qui ont paru ICI et , que Philippe Close nous détaille son point de vue.

« Nous avons cherché à atteindre un équilibre entre les espaces dédiés à la promenade, aux rencontres et à l’événementiel. Equilibre signifie toujours compromis et par conséquent nous ne pourrons jamais satisfaire tout le monde. Néanmoins, nous avons dû composer avec les contingences de terrain, comme la dalle de métro citée et les travaux d’étanchéité.

Ceci étant, en fonction des études menées par les spécialistes, nous avons pu ménager suffisamment d’espaces verts et de plantations… sachant aussi que les espaces de verdure de la place Fontainas annoncent aussi la belle superficie du parc Fontainas. La place De Brouckère, quant à elle, comporte peu d’arbres étant donné sa vocation d’agora. L’entrée du métro a d’ailleurs été repoussée vers le boulevard Adolphe Max pour accroître encore davantage la surface disponible. Quant à l’espace fraîcheur, il s’agira effectivement du plan d’eau de la rue Auguste Orts ».

Dont acte. De Brouckère, agora pour de futurs grands événements. Mais la Bourse pourra-t-elle devenir cet espace de fraîcheur annoncé, sans les bancs et les arbres qui génèrent de l’ombre propice à la rencontre ? ou est-ce un deuxième lieu pour accueillir des événements ?

photo extraite de Brussels the place to be