Archives pour la catégorie Mobilité

La guerre des taxis

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Les diverses compagnies de taxi qui opèrent sous le logo noir et jaune de la Région de Bruxelles ont longtemps pu jouir d’un monopole et d’un tarif unique très discutable. Cette absence de concurrence ne s’est pas exercée au profit des utilisateurs captifs que nous sommes. Pas toujours évident de pouvoir payer par carte de crédit, pas évident non plus de toujours bénéficier du trajet le plus court vers sa destination, ni d’obtenir une pièce officielle reprenant les éléments et le prix de la course. L’utilisateur doit s’en remettre aux meilleurs et aux pires chauffeurs de taxi bruxellois.

L’arrivée des particuliers affiliés à l’application Uber a jeté le trouble dans la profession et a crée une concurrence qualifiée de déloyale. La Région – qui vend des licences d’exploitation – impose des règles et des examens aux taximans. Il n’ y a aucune raison que les chauffeurs Uber y échappent. Ils se sont donc reconvertis en VTC (Véhicule de Tourisme avec Chauffeur) ou service limousine, tout en continuant à accepter des courses par smartphone. La Région vient de décider d’appliquer la règle: désormais les courses limousine seront de 3 heures au minimum. Fini de concurrencer les taxis.

En pleine crise sanitaire, il est permis de se demander si c’était le meilleur moment pour priver ces coursiers de revenus ? Souvent issues du chômage, ces personnes se sont reconverties en  freelance, souvent qualifiés de faux indépendants. Un débat qui n’est pas terminé, les syndicats et des tribunaux croisent le fer avec Uber, ici et à l’étranger. Travailler quand on le désire sans bénéficier de protection sociale est un choix pour certains et c’est pareil pour les coursiers de Deliveroo. Il en est même qui se disent heureux de cette liberté. On peut se demander ce que deviendront ces centaines coursiers sans revenus, qui ne rêvent pas tous de devenir des salariés. Le gouvernement bruxellois est divisé sur la mesure annoncée. Quant aux utilisateurs, leur sort n’est pas envisagé dans ce débat.

photo Brussels Star Multimedia de la vie internationale de Bruxelles Capitale

Happy Monday: les Bruxellois se démènent

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Aujourd’hui, trois bonnes raisons de se réjouir de l’implication de nos concitoyens.

Bois de la Cambre. Armés de grands sacs, de pinces et de gants, certains se sont levés tôt ce dimanche pour mettre de l’ordre et nettoyer le bois, après la fiesta improvisée de mercredi dernier. Hommes, femmes et enfants s’étaient donné rendez-vous via les réseaux sociaux pour “ne pas se laisser impressionner par une minorité polluante”. BX1 consacre un petit reportage à cette promenade pas comme les autres.

Site Donderberg. Un lecteur du blog, très choqué par le projet de construction sur le site naturel du Donderberg, a pris contact avec la presse et a déjà obtenu un article dans La Capitale. Un texte qui reprend les griefs des riverains et leur étonnement devant la soumission d’Ecolo. L’article rappelle aussi qu’il n’est pas trop tard pour signer la pétition. On attend encore la fixation d’une date pour la Commission de concertation, à laquelle plusieurs d’entre nous ont demandé à être entendus.

Succès du vélo. Le baromètre de la mobilité révèle qu’en 2020 un travailleur sur trois s’est rendu au travail à vélo, parfois en combinaison avec un autre moyen de transport. 14,6% ont enfourché leur vélo chaque fois qu’ils devaient se rendre au travail, comme le précise cet article de BX1. L’utilisation du vélo a ainsi augmenté de 9,1% par rapport à 2019. Les vélos électriques, la réalisation d’infrastructures cyclistes et la crise sanitaire expliquent sans doute cet heureux regain de popularité. La « voiture de société » reste cependant encore le mode de déplacement favori des Belges, mais bientôt du changement est en vue, on en reparlera.

image extraite du reportage Bois de la Cambre de BX1

Plus vite qu’en avion et moins cher ?

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Qui est plus rapide que l’avion ? Le train à sustentation magnétique, que les Chinois viennent de mettre au point. Il pourra atteindre la vitesse de 620 km/h et ils s’efforceraient même de porter cette vitesse à… 800 km/h. De quoi rivaliser avec la plupart des avions actuellement en service. Et cela sans compter le gain de temps lié à la proximité des gares urbaines et du temps d’embarquement réduit. Pour ce qui est du prix, tant que le kérosène des avions ne sera pas taxé comme les autres carburants, la concurrence restera faussée.

La réputation de l’avion plus rapide que le train est mise en doute par une étude de l’UCL qui prouve le contraire. En 2017, près de 4 millions de passagers ont pris l’avion alors qu’ils auraient pu gagner du temps et réduire leur empreinte carbone en prenant le train. En 2018 déjà, le comparateur de voyages en ligne GoEuro (aujourd’hui Omio) avait listé dix liaisons pour lesquelles les trajets en train étaient plus intéressants. Elles dégageaient un gain de temps, allant de 1h à plus de 3h20 par trajet.

La reprise 
« comme avant » du trafic aérien ne peut plus être d’actualité et l’accompagnement de la reconversion des salariés (notamment vers le rail) devient donc une priorité. L’extension des aéroports ne peut plus être autorisée. Alternatives Economiques s’en explique ICI. Même aux USA, où l’avion et la voiture sont les grands maitres, Joe Biden veut relancer le trafic ferroviaire dans son pays. Cela passera forcément par la création de premières lignes à grande vitesse.

Il ne faudrait donc pas que les aides européennes à la relance économique servent à développer un secteur aérien très polluant, qui doit accepter de devenir complémentaire au rail pour les très longues distances.

photo extraite du site Voyager à petit prix qui compare aussi les modes de transport

Tous piétons

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Que ce soit pour acheter un pain, pour se promener dans un parc ou pour marcher jusqu’à la gare, nous sommes toutes et tous piétons. Et si certains se déplacent en voiture, en vélo ou en trottinette, ils et elles finissent aussi par en descendre et se retrouver piétons. L’espace dont le le piéton doit pouvoir bénéficier en ville est primordial et le « tout au piéton » commence à remplacer le « tout à l’auto » du siècle passé.

Il ne s’agit cependant pas d’une bataille, avec un victorieux et un vaincu, mais plutôt d’une nouvelle culture à développer, une civilité à développer, un savoir-vivre à recomposer. Il s’agit moins de s’approprier l’espace public que de le partager. L’asbl Tous à Pied  s’est créée pour cela. Elle s’intéresse à la marche, tant utilitaire, que de loisir. Marcher au moins une demi heure par jour est une activité sportive de santé simple et gratuite. Etes-vous sûr d’avoir marché une demi-heure hier ?

Si l’automobile a longtemps grignoté sur l’espace piéton en occupant près de 80% de l’espace public, la situation change. Si l’automobile-reine à longtemps été vue comme l’ennemi n°1 du piéton et de l’urbanité, aujourd’hui c’est avec le vélo (et la trottinette) que la cohabitation peut se montrer difficile. La ville de Gand en arrive à envisager d‘interdire les cyclomoteurs dans son espace piéton. Le Soir a fait le point dans un article très documenté sur cette situation, qui ne se règlera pas à coup de sanctions, mais sans doute par l’acquisition d’un respect mutuel, d’une courtoisie à générer dès le plus jeune âge.

 

Rudi Vervoort sur un siège éjectable?

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Qui dirige la Ville-Région de Bruxelles ? Le ministre-Président PS Rudi Vervoort, pardi.
Cela allait de soi jusqu’il y a peu. Là, Paul Magnette, président du parti socialiste, ne vient-il pas d’affirmer que la taxe kilométrique bruxelloise ne verra pas le jour d’ici la fin de la législature régionale ? Sa mise en place en 2022, figure pourtant dans l’accord de majorité de la Région, dont le ministre-Président est le garant. Au parlement bruxellois, n’entend-on pas le chef de file socialiste Ridouane Chahid clamer qu’il ne votera pas une taxe antisociale ? A la Fédération bruxelloise du PS, c’est le président Ahmed Laaouej qui confirme que le PS ne votera pas une taxe qui impacte les bas revenus. Ce double discours PS commence à agacer. Flandre et Wallonie n’en veulent pas non plus de cette taxe. Il va donc bien falloir se concerter.

Qu’en est-il de la collaboration du PS avec le partenaire de coalition Groen, en charge de ce projet ? Qu’en est-il aujourd’hui du leadership de Rudi Vervoort ? Mais ce n’est pas tout, une autre polémique s’est ouverte, quant au sort défavorable réservé à la capitale dans la répartition des fonds européens pour la relance belge. Une clé de répartition négociée entre les ministres-Présidents wallon et flamand, mais acceptée par Rudi Vervoort. Le bourgmestre d’Evere est un homme de consensus, il n’aime pas les conflits. « C’est couillon d’être loyal ? » lâche-t-il à Véronique Lamquin qui l’interviewe. Lassé, n’avait-il pas déjà annoncé vouloir prendre sa retraite politique en fin de mandat en 2024 ?

Dans les rangs socialistes, certains s’interrogent sur l’opportunité d’attendre jusqu’au scrutin de 2024 (La Libre). On parle de plus en plus de Philippe Close – l’étoile montante du PS bruxellois – pour prendre la relève. Dans De Morgen une carte blanche de Luckas Vander Taelen (traduite par DaarDaar) n’y va pas par quatre chemins: « Plus personne ne prend encore Vervoort au sérieux« . Il brille par son absence. Le ministre-Président en mauvaise posture : vers un affaiblissement du PS au sein du gouvernement bruxellois ?

image extraite d’une vidéo de BX1