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Métro 3: faire le point.

On n’a pas fini de parler de ce chantier interminable et de ce gouffre financier. Les chantiers du Métro 3 entre Albert et Gare du Nord se poursuivent, même si cette mini ligne de métro ne sera desservie que par des trams. On voit mal ce que les usagers vont y gagner. Les trajets de Churchill à Bordet devront en tous cas s’effectuer par 4 trams et 3 correspondances !

En attendant la fin du chantier – dont on n’ose plus fixer ni date ni budget – il va falloir supporter des travaux à Stalingrad, au Palais du Midi, à la place Bara et à la Gare du Nord. Le 4 termine désormais sa course au Wiels et le 10 a son terminus  aérien Gare du Midi. Après, c’est l’attente des correspondances. Et ne parlons pas du 81, qu’on dévie aussi à cause de chantiers à la Barrière de Saint- Gilles et à Cureghem, qui auraient pu attendre. Même ChatGPT ne s’y retrouve plus.

Tout cet énorme gâchis est clairement analysé par Damien Delaunois d’Inter Environnement Bruxelles. Il en fait l’historique, la critique, la mutation et rappelle une alternative plus rapide et (beaucoup) moins couteuse, avec des plans et des schémas. Vous trouverez tout cela dans la synthèse de la réunion qui s’est tenue à Pianofabriek, en présence d’usagers Saint-Gillois excédés. Pour tout savoir, il y a le travail comparatif de Maël Dupriez paru sur BSI et le projet alternatif Prémétro+ qui fait son grand retour.

 

Pas de futur pour le gaz.

Du gaz nous n’en avons pas. Nous devons l’importer de pays qui ne sont pas toujours amis et dictent leurs conditions. A mesure qu’elles s’épuiseront, leurs ressources gazières deviendront aussi plus chères. Comme la combustion du gaz  naturel produit des gaz à effet de serre dommageables pour le climat, l’Europe demande à ses Etats membres d’augmenter progressivement les taxes sur le gaz, afin de pouvoir les diminuer sur l’électricité, qui peut être verte.

Après avoir placé des conduites dans tout le pays et avoir octroyé des primes pour l’installation de chaudières au gaz à condensation, la Belgique doit reculer. Elle interdit déjà la pose de conduites de gaz dans les nouveaux lotissements. A Bruxelles, il y a interdiction d’installation de chaudières au mazout depuis 2025. Quand cela sera fini avec le gaz et les produits pétroliers, que restera-t-il comme énergie ? L’électricité. Encore faut-il qu’elle soit verte et que son prix baisse.

Tout cela ne se fera que progressivement. Mais pour celles et ceux qui doivent remplacer leur chaudière au mazout ou leur chauffe-eau au gaz, la question du choix d’une autre source d’énergie se pose dès à présent. A court terme, l’électricité peut sembler trop chère, mais à plus long terme, elle devrait diminuer. Des travaux d’isolation et des appareils performants – comme les pompes à chaleur et les radiateurs à inertie sèche – devraient en limiter la consommation. Pour le gaz il n’y a plus d’avenir.

Budget Mobilité pas si vert.

La voiture de société est une spécialité belge dont il ne sera pas facile de se débarrasser. Elle constitue un supplément de salaire avantageux, parce que – même imposé – l’avantage de toute nature (ATN) est généralement plus faible que le coût réel d’une voiture et l’employeur prend en charge leasing, assurance, carburant, etc. Toutefois, le « budget mobilité » allait permettre à 22.886 employés de choisir des alternatives à la voiture.

Troquer sa voiture de société contre une alternative plus durable: telle était la vocation initiale du budget mobilité, proposé depuis 2019. Une opportunité unique de verdir le parc automobile grâce à un recours accru au vélo et aux transports en commun. Or, sept ans après son introduction, la mesure semble avoir loupé sa cible écologique. Et s’être muée en simple «instrument d’optimisation salariale». Dans les faits, le nombre d’employés prêts à renoncer à leur voiture de société est resté rare.

Avec le budget Mobilité, l’employé peut aussi payer son loyer ou son prêt hypothécaire à condition d’habiter à moins de10 km de son travail ou de télétravailler au moins 60 % du temps. Avantage fiscal très important: 0 impôt et 0 cotisations sociales. Avec le budget mobilité, le gouvernement a voulu peindre en vert une mesure de fiscalité sur le travail, mais cet outil n’a pas été pensé pour améliorer l’impact environnemental des salariés. On vous en dit plus ICI.

Une voiture à 100€ par mois.

Avec des zones de basses émissions progressivement plus sévères et la fin de la production de voitures thermiques prévue pour 2035 en Europe, on devrait arriver progressivement à zéro émission de CO₂. Une bonne nouvelle pour notre santé et pour le climat.

Cette bonne nouvelle en cache cependant une moins bonne. Un certain nombre de personnes, qui ont absolument besoin d’une voiture pour travailler, ne pourront pas se la payer avec des tarifs qui restent rarement en-dessous des 25.000€. Ecolo fait une proposition : mise en place d’un dispositif de location longue durée de voitures électriques à environ 100€ brut par mois.

La mesure ne serait pas générale, elle viserait des publics spécifiques : travailleurs à revenus modestes, notamment dans les secteurs des soins ou des services à domicile. Il faudra cibler efficacement les bénéficiaires pour éviter les effets d’aubaine, comme ce fut le cas avec les primes Rénolution, qui ont surtout profité à des personnes à l’aise. Cet article de Fleet en dit plus sur un projet fortement inspiré de l’expérience française.

Changer de voiture ?

Lorsque la voiture des Bruxelloises et des Bruxellois arrivera en fin de vie, ou ne sera plus autorisée à circuler en ville, ils et elles se trouveront devant un choix difficile. Se passer de voiture ? Acheter une voiture électrique ? Une voiture hybride ? La crise pétrolière, qui fait monter le prix de l’essence, rebat quelque peu les cartes, tout comme la chute du prix des batteries, des voitures et la multiplication des points de recharge.

Le coût des batteries a chuté de 93 % depuis 2010. C’est ce chiffre qui change tout. Un « pack » qui coûtait plus de 850 euros par kilowattheure en 2010 ne coûtait plus que 91 euros fin 2025, sous l’effet d’une décennie d’apprentissage, d’investissements et de politiques publiques favorables. Batteries, coûts, réseaux… l’industrie automobile franchit le point de bascule et peut s’affranchir du pétrole. Cet article explique ce point de vue et en dit plus sur la situation actuelle.

Chaque borne de recharge installée rend le véhicule électrique plus attractif. Chaque mise à jour logicielle augmente la valeur de toutes les voitures déjà en circulation. Chaque batterie recyclée alimente la chaîne d’approvisionnement et rend la suivante moins coûteuse. Selon l’expert Mobilité de Testachats, si l’on considère le coût total de possession d’une voiture, un véhicule électrique est aujourd’hui moins cher à moyen et long terme qu’une voiture thermique, surtout si on recharge chez soi, comme expliqué ICI.