Archives de catégorie : Mobilité

Une mobilité plus saine.

Longtemps vulnérables et réduits à la portion congrue, les deux roues ont conquis leur place dans la mobilité urbaine. Des pistes cyclables dignes de ce nom ont commencé à faire leur apparition et ont offert plus de sécurité aux usagers, comme les cyclistes quotidiens l’exigent depuis longtemps. Vélos, vélos électriques, vélos cargo, livraisons cyclistes, trottinettes, circulent sans polluer l’air, sans bruit et en consommant peu ou pas d’énergie. Voilà pour l’aspect positif.

Pas tenus de passer d’examens, souvent sans casque et sans assurance, il faut bien constater que les deux roues sont nombreux à ne pas connaître le code de la route ou à ne pas le respecter. Si la plupart des voitures s’arrêtent aux passages piétons, les vélos les franchissent allègrement, pour ne pas mettre pied à terre. Ils mettent régulièrement les piétons en danger, c’est bien visible sur le piétonnier. Vias ou le Gracq comptent-ils entreprendre quelque chose ?

Rien dit des motos. Les motards se rendent-ils compte de la gêne qu’ils occasionnent pour les citadins avec leurs accélérations aussi brutales que bruyantes, avec des pots d’échappement souvent trafiqués. Ils peuvent réveiller des centaines de personnes en une seule nuit. Quand le parlement bruxellois va-t-il enfin réglementer leurs nuisances sonores et oser braver les puissants lobbies qui les soutiennent, police en tête.

 

Happy Monday: vu ailleurs.

Transports illimités. Depuis un an, l’Autriche a lancé un ticket à 3 euros par jour permettant de prendre tous les transports en commun du pays en illimité. Cette mesure s’inscrit dans l’objectif de neutralité climatique en 2040. Mais pour les associations écologistes, le compte n’y est pas encore.

Encourager l’isolation. A Paris, le taux d’imposition de la taxe foncière passera de 13,5 % à 20,5 % en 2023. Cependant, une exonération totale est prévue pour les propriétaires engagés dans la rénovation thermique de leur bien et ceux « rencontrant des difficultés économiques », a précisé la maire de la capitale.

Jets privés bloqués. Des manifestants de Greenpeace et d’Extinction Rebellion se sont rassemblés autour des jets privés à l’aéroport de Schiphol à Amsterdam pour les empêcher de partir. Leurs revendications: moins de vols, plus de trains et interdiction des vols courts et des jets privés non nécessaires. On pourrait y ajouter la taxation du kérosène.

300 arbres. Inspiré par les tiny forest japonaises, c’est à Evere que plusieurs centaines d’arbres ont été plantés sur le terrain de l’espace de coworking Transforma. « L’écologie étant une valeur importante pour nous, planter une micro-forêt nous semblait être un objectif parfait. Cela permet d’avoir, à notre échelle, un impact positif pour la planète ».

Votre avis sur la STIB.

La STIB fait souvent l’objet de commentaires, surtout quand elle accuse des retards ou est défaillante. Aussi, quand son personnel nous prend en otage par des grèves, plutôt que par des opérations de transports gratuits, aussi efficaces pour alerter la direction de la STIB. Important quand on sait la place que les transports en commun vont devoir  occuper comme alternative à la civilisation de l’automobile personnelle.

Soyons de bon compte, le réseau de la STIB est assez complet et performant. Les retards de ses trams et bus qui ne disposent pas de sites propres sont le plus souvent liés au fait qu’ils se trouvent englués dans la circulation automobile ou bloqués par un camion stationnant en double file. Avec très peu de feux de circulation télécommandés par les véhicules de la STIB, ils prennent aussi régulièrement du retard.

D’accord ou pas, vous avez l’occasion d’émettre votre avis. Remplir le questionnaire qu’elle a établi avec Ipsos et Bruxelles Mobilité va vous prendre 10 minutes, mais elles seront utiles en vue d’améliorer le réseau et d’optimaliser les fréquences des véhicules. Une occasion de vous manifester comme citoyenne ou citoyen de Bruxelles.

Du haut de ses 101 ans

Edgar Morin sera le grand invité de l’hôtel de ville de Bruxelles, ce mercredi 16 novembre à 19:30. Philosophe et sociologue, ce grand penseur profitera certainement de l’occasion pour nous inviter à nous « réveiller » et nous sortir de ce qu’il appelle un « somnambulisme généralisé ». Cette sorte d’inconscience qui lui rappelle celle qu’a connu le monde de 1933 à 1940 et qui a conduit à la deuxième guerre mondiale.

A 100 ans révolus, Edgar Morin s’est senti le devoir de publier un court manifeste à l’impératif, Réveillons-nous ! (Denoël), pour nous alerter sur l’urgence à agir face à la crise de l’humanisme et à la crise écologique. A quelques jours près, il aurait pu ajouter « et face au retour de la guerre en Europe »… C’est Le Soir qui a publié cela début mars, dans un article qui donne largement la parole à Edgar Morin.

Il y prône une « nouvelle politique humaniste de salut public ». Le principe est de changer de voie, c’est abandonner la voie dite néolibérale qui non seulement consacre l’hégémonie du capital et du profit, mais privatise les indispensables services publics. Il s’agit d’opérer progressivement le recul de l’hégémonie des puissances d’argent, de dépasser l’alternative stérile entre croissance et décroissance, de faire croître les productions utiles et indispensables aux individus, y compris les biens culturels.

Photo extraite de The Conversation / Edgar Morin à l’Unesco, le 2 juillet 2021. AFP

La ville de demain ?

Plusieurs réactions suite au billet sur La Ville de Demain. Un lecteur nous rappelle que construire en hauteur présente un bilan carbone défavorable, appuyé par cette vidéo de Philippe Bihouix, qui ne croit pas vraiment aux métropole vertes. A Bruxelles, on n’est cependant pas obligé de construire des tours pour densifier l’habitat, on pourrait se contenter d’ajouter un ou deux étages aux immeubles existants. Même à deux pas du Berlaymont, on trouve des maisons à un ou deux étages et même sans étages !

Plus que le mitoyen, la villa 4 façades reste toujours le rêve de beaucoup de Bruxellois. Si vous demandez à un gamin de vous dessiner une maison, il vous dessine une maison 4 façades avec un petit arbre et un soleil. Cela figure donc toujours dans notre imaginaire. Sauf qu’en 2030, la jeune génération ne pourra plus se loger comme ses parents, avec le prix du foncier et de l’énergie qui explosent et le coût des matériaux et de la main d’oeuvre qui grimpent.

À quoi ressemblera donc notre société dans 8 ans ? Une lectrice propose de regarder la brève annonce d’un reportage plus complet, que la RTBF consacre à la question de l’avenir de la villa 4 façades. Il rejoint en partie les conclusions de la vidéo de Bihouix, qui pointe l’importante sous occupation des logements existants, les résidences secondaires, la reconversion des bureaux et les possibilités inexploitées d’adaptation de la ville. Vivre mieux avec moins ?