Archives pour la catégorie Mobilité

Se chauffer à l’hydrogène

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Nous avons déjà abordé les promesses de l’hydrogène en vue de notre nécessaire transition énergétique. Aujourd’hui à Rotterdam, un immeuble de 25 appartements est désormais chauffé à partir d’hydrogène vert. L’Echo présente ce projet pilote, qui vise à démontrer que l’utilisation de l’hydrogène est réaliste pour la production d’eau chaude et le chauffage de bâtiments résidentiels. La société qui a réalisé l’installation donne ICI plus d’informations.

L’avantage de l’hydrogène ? Il n’émet ni CO2, ni CO, ni particules, lors de sa combustion – juste de la vapeur d’eau. Il présente donc un bilan écologique particulièrement favorable, s’il est produit à partir d’électricité éolienne ou solaire. Il a aussi l’avantage de pouvoir se stocker et de se transporter plus facilement que l’électricité. Il permet ainsi de valoriser les surplus de production d’électricité verte en heures creuses. La voiture à hydrogène pourrait être une alternative crédible à la voiture électrique avec ses problématiques batteries et ses temps de charge.

L’utilisation de l’hydrogène, comme énergie alternative, progresse tous les jours. Alstom a mis en service les deux premiers trains à hydrogène alimentés par pile à combustible, la Chine implante un vaste réseau de stations d’hydrogène, à Paris la flotte de taxis à hydrogène atteindra 600 taxis en 2020, les premiers bus à hydrogène vont circuler à Lens, Colruyt a ouvert une première station à Hal… l’hydrogène fait manifestement sa rentrée dans la transition énergétique durable. Si vous aimez en savoir plus, L’Usine Nouvelle y consacre un dossier ICI.

 

Trottinettes: fini l’anarchie

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… mais c’est à Paris. Après avoir laissé ce nouveau mode de déplacement silencieux et inodore envahir la ville, après avoir pris quelques mesures peu efficaces et puis misé sur la bonne volonté des exploitants, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, s’est résolue à employer la méthode forte, face au mécontentement grandissant des habitants. Le Monde en détaille les modalités.

En bref, il sera interdit aux trottinettes de stationner sur les trottoirs de la ville, elles devront se parquer sur la voirie, comme les autres véhicules et leur vitesse devra être bridée à 20km/h. (au lieu de 25). Afin de diminuer leur nombre total – évalué à 35 ou 40.000 engins – la Mairie compte lancer un appel d’offres et ne sélectionner qu’un maximum de 3 opérateurs, pouvant mettre chacun 5.000 trottinettes à disposition du public. L’appel d’offres comportera aussi des clauses sociales et environnementales pour lutter contre l’« ubérisation de notre société » et contre des recharges non vertes.

Il est évidemment plus aisé de prendre des mesures pareilles quand une seule Maire gère une ville, plutôt que 19 bourgmestres et un ministre de la Mobilité régional (air connu). En attendant l’arrivée d’un nouveau gouvernement bruxellois plus vert, nous pourrons tirer profit des premiers résultats des mesure parisiennes. Suite à l’augmentation des accidents survenus à des piétons et à des usagers et suite à l’encombrement des (étroits) trottoirs bruxellois, il va être temps d’agir, sans pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain.

Les trottinettes en sursis ?

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Les  start-up multinationales qui ont pris l’initiative d’introduire ces trottinettes partagées, ne s’attendaient peut-être pas à un tel succès dans le centre de Bruxelles, où elles suscitent autant d’amour que de haine. C’est comme si l’espace public leur appartenait. Y compris le seuil de ma maison.  C’est maintenant au pouvoir politique à instaurer les règles d’intérêt général, dont les promoteurs ne se sont pas souciés. La colère populaire gronde. Tarder à agir pourrait coûter la vie à un mode de déplacement certes problématique, mais cependant innovant et complémentaire aux transports en commun.

Depuis le 1er juin, le fédéral impose aux propriétaires de trottinette électriques d’être couverts par une assurance familiale en cas d’accident avec des tiers. Les usagers qui louent une trottinette sont couverts par l’assurance souscrite par les firmes qui les mettent en location. Les trottinettes pourront atteindre 25 km/h sur la chaussée et sont interdites sur les trottoirs, sauf au pas (5 km/h).  Le casque est conseillé mais pas obligatoire. La Région a imposé une licence aux start-up.

Reste la question fondamentale de leur stationnement après usage. L’Echo y a consacré un article. Certaines villes touristiques ont créé des parkings pour trottinettes et vélos électriques sur la voie publique et en ont imposé l’usage, sous peine d’enlèvement. Cela diminue la souplesse du free floating s’ils sont trop espacés, mais cela remet l’espace public à disposition de tous. À Bruxelles la question relève des 19 communes … et donc cela tarde et sera sans doute peu cohérent. Bruxelles Ville a interdit la Grand-Place, envisagerait des emplacements dédiés, seront-ils obligatoires ? Saint-Gilles a interdit le stationnement en 18 lieux très fréquentés. BX1 signale que plusieurs écoles de Laeken se sont mobilisées pour la création d’une piste cyclable pour les élèves sur les trottoirs à proximité des écoles, afin d’éviter les accidents. Tout cela suffira-y-il pour calmer le jeu ?

 

Bientôt, le tram du futur

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La STIB prépare l’avenir. Elle vient de commander 30 trams  « nouvelle génération » au constructeur canadien Bombardier. Ils s’ajoutent à une première commande de 60 véhicules faites en 2018. Les premiers exemplaires de ces 90 nouveaux trams circuleront dans nos rues vers le milieu de l’an prochain. Plus spacieux et confortables, ils bénéficieront de larges portes et (enfin) d’un plancher bas intégral. Selon leur longueur, ils offriront 182 ou 256 places, dont 47 ou 65 assises.

Cette commande devrait permettre d’accroître la capacité totale du parc de tram de la STIB de 10.000 places, soit environ 15% de capacité supplémentaire. Ils serviront avant tout à desservir les extensions du réseau de tram décidées par le gouvernement régional vers Neder-over-Heembeek et Tour &Taxis, ainsi qu’à renforcer le réseau existant. L’article de l’avenir.net vous en dit plus ICI.

C’est un budget total de 5,2 milliards d’euros que la STIB va progressivement investir en vue d’une meilleure mobilité, avec moins d’embouteillages, de pollution, de stress et de nuisances sonores. Elle détaille tout cela ICI, mais ne précise pas la part de ce budget qui ira à la création et à l’entretien de la future ligne de métro Nord, que d’aucuns continuent à contester et qui sera certainement sur la table du prochain gouvernement bruxellois.

>> si vous avez raté le film de Luc Jabon  » Bruxelles, une traversée urbaine «  il est désormais  possible de le visionner gratuitement en cliquant ICI.

 

Un nouveau boulevard urbain

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Le gouvernement bruxellois a donc décidé d’en finir avec le viaduc Herrmann-Debroux, il ne sera pas aménagé en promenade verte mais un projet de démolition sera mis à l’enquête publique à l’automne. Cette mesure cadre avec la volonté  de la Région de réaménager les autoroutes entrant vers Bruxelles en boulevards urbains. Le gouvernement avait déjà décidé de déclasser les tronçons bruxellois de l’A12 à Neder-Over-Hembeek et de la E40 à Reyers. L’avenue Charles Quint qui mène vers la Flandre fera également l’objet d’un réaménagement afin de donner plus de place aux transports publics.

La Libre livre ICI plus de détails et de belles simulations sur la démolition du viaduc Herrmann-Debroux, qui laissera la place à un boulevard urbain verdurisé  avec plus de place laissée à la mobilité douce. Didier Gosuin (Défi). “Le fait de réaménager le viaduc en boulevard urbain est un moyen de lutte contre la congestion automobile dans Bruxelles et cela va améliorer le cadre de vie des habitants d’Auderghem, qui vont certes subir les conséquences du lourd chantier, mais c’est un mal pour un bien. Par ailleurs, plusieurs alternatives vont voir le jour afin d’inciter la population à délaisser leur voiture à l’entrée de Bruxelles”.

Pour faire face aux 35 000 navetteurs qui empruntent encore le viaduc chaque jour, le gouvernement va lutter contre les voitures sans passagers et projette la construction d’un parking de dissuasion de 1 500 places situé du côté du centre sportif de l’Adeps, ainsi que la prolongation de 1,2 km du tram 8, qui sera prolongé en site propre de Roodebeek vers Rouge-Cloître. Le viaduc sera donc démoli dès que le parking et la ligne de tram seront en place, ce qui prendra environ cinq ans. Avec les obtentions de permis et les appels d’offres, la démolition ne devrait donc survenir que dans environ dix ans.