Archives pour la catégorie Mobilité

Happy Tuesday: l’hydrogène pourrait nous sauver

____________________________________

Contrairement à ce qui est souvent prétendu, la voiture électrique ne serait pas la solution d’avenir, parce qu’elle est liée à des batteries très polluantes et à une production d’électricité encore largement dépendante du pétrole, du gaz, du nucléaire et même du charbon. Produire de l’hydrogène renouvelable (hydrogène vert) est depuis des années un espoir sur le marché de l’énergie. Mais on n’était pas encore parvenu à une véritable percée. L’hydrogène restait encore coûteux et encombrant à fabriquer et à stocker.

La bonne nouvelle vient des chercheurs de la KUL qui ont réussi à mettre au point un panneau solaire spécial, qui produit de l’hydrogène gazeux à partir de l’humidité de l’air. Après 10 ans de recherche, l’efficacité de ce panneau a été portée à 250 litres par jour, un record mondial. Vingt de ces panneaux solaires pourraient fournir de l’électricité et du chauffage à une famille pendant une année entière. Les ingénieurs ont montré leur prototype à la VRT. Les essais sur le terrain sont en cours.

La semaine dernière, le constructeur automobile Toyota a annoncé qu’il avait l’intention de produire de l’hydrogène avec un prototype de l’équipe Martens. L’hydrogène est déjà à l’essai chez Colruyt Group depuis 2012 et pourrait profiter de cette découverte. Plus récemment, une première maison complètement autonome allie la technologie solaire à un système de production d’hydrogène. Joyeux mardi !

Happy Monday: se passer de batteries

_________________________________________

Les sources d’énergie renouvelable se développent, c’est leur stockage qui continue à poser problème. La batterie est lourde, limitée et polluante à la fabrication comme en fin de vie. Les scientifiques estiment cependant que des progrès importants ont été engrangés ces dernières années et les décrivent ICI pour ceux qui veulent en savoir plus.

D’autres scientifiques sont sur de nouvelles pistes, elles permettent de se passer de métaux rares. Les chercheurs du MIT ont développé un accumulateur qui exhale et inhale de l’oxygène et qui peut stocker l’électricité pendant de longues périodes pour un cinquième du prix des technologies actuelles, avec zéro émissions polluantes et sans grandes contraintes d’emplacement.

Et puis le retour des supercondensateurs. Un vélo électrique sans batterie et sans aucune transmission mécanique, sera bientôt sur le marché. « On ne pédalera plus pour déplacer le vélo, mais pour générer de l’électricité. Cela permettra de découpler l’effort de l’utilisateur avec le relief du terrain ». L’effort du cycliste actionne directement une génératrice chargée de produire de l’électricité. Elle alimente le moteur électrique via un ensemble de supercondensateurs qui forment une petite unité de stockage qui s’appuie sur un principe électrostatique. Pas de lithium, mais du carbone, de l’aluminium et du sel et donc au moins 3 avantages environnementaux d’importance: une longévité qui dépassera celle du vélo lui-même, l’absence de matériaux rares et/ou sensibles, et un recyclage facile qui ne pose pas de problèmes majeurs.

Amour et haine des trottinettes

  1. ______________________________________


Qui eût cru qu’un jour des adultes se déplaceraient en trottinette ?  C’est plutôt avec un petit hélicoptère personnel dans le dos que la science-fiction imaginait l’an 2000. En quelques mois cependant, les trottinettes partagées ont réussi à faire partie du paysage urbain. Pour la plus grande joie de ses utilisateurs et parfois pour l’exaspération la plus vive des autres usagers de l’espace public. C’est qu’elles roulent vite, circulent parfois sur les trottoirs, ne s’arrêtent pas nécessairement aux feux rouges et – en « free floating » – se déposent n’importe où après usage.

La Région et les communes n’ont rien vu venir et tentent à la hâte de mettre un peu d’ordre dans la situation, d’autant que les blessés se multiplient aux urgences et dépassent déjà ceux occasionnés par les vélos. Saint-Josse les interdit sur son territoire. La Région se tâte, la police aussi. Où peuvent circuler les trottinettes ?  à quelle vitesse ?  quel éclairage ? faut-il imposer un casque ? les utilisateurs doivent-ils être assurés ? les questions fusent, les réponses tardent.

Un journaliste de L’Echo constate ICI « que les trottinettes partagées sont vite jetées et obsolètes et constituent un défi écologique et économique majeur pour tous les nouveaux acteurs du secteur. Sont-elles un plus pour les villes d’aujourd’hui et pour l’écologie en tant que telle? La question se pose de plus en plus à mesure que les Lime, Dott, Flash ou autres Tier envahissent nos rues et nos trottoirs de manière plus ou moins ordonnée. Le bon usage n’est pas encore là, une crise de jeunesse qui passera ?

photo Lime

Pourquoi survoler Bruxelles ?

Les traînées de condensation que vous voyez sur cette photo récente montrent à quel point le ciel de Bruxelles est survolé. Bien sûr, ces avions sont à plus de 8.000m d’altitude, ne s’entendent pas et n’émettent que de la condensation de vapeur d’eau – contrails – laissée par les réacteurs et supposée inoffensive. Nous y reviendrons. Mais est-il bien indispensable que ces avions – en transit au-dessus de la Belgique – viennent survoler intentionnellement une ville d’un million d’habitants ?

Le principe de précaution exigerait évidemment d’exposer le moins de personnes possible aux risques de crash ou de perte de réacteur, statistiquement faibles mais pas nuls. Au quotidien, les nuages artificiels que ces survols créent en altitude peuvent couvrir de vastes surfaces de ciel, persister durant plusieurs heures et nous priver de soleil, tout en ayant un impact non négligeable en termes d’effet de serre et de réchauffement climatique global. De plus, certains experts estiment qu’il ne s’agit pas seulement de traînées de condensation, mais aussi de « chemtrails » constitués de produits chimiques « aérosols » dangereux.

Par ailleurs, personne ne souhaite être exposé aux nuisances sonores et aux résidus de combustion des décollages et atterrissages d’un trafic aérien qui ne cesse de se développer, notamment à la faveur d’une exonération de taxe sur le kérosène et de TVA sur les billets. Ne devrait-il pas aller de soi qu’on ne survole aucune zone densément peuplée ? et qu’on indemnise ou exproprie les victimes résiduelles ? Avec des pistes de décollage situées à moins de 2 km de la ville la plus densément peuplée du pays, l’aéroport urbain de Zaventem ne devrait-il pas être contraint de revoir ses couloirs aériens pour être conforme aux règles européennes et aux heures de sommeil ? Devant l’inertie des ministres réformateurs Galant et Bellot, il y a du travail en perspective pour le prochain gouvernement fédéral et de la vigilance à maintenir pour le gouvernement bruxellois.

En finir avec les voitures-salaire ?

__________________________________

Le débat a repris de plus belle depuis que la transition écologique se trouve au centre de l’échiquier politique. Tout a été dit sur le sujet et tout le monde sait qu’une part importante des voitures de société est en réalité un complément de salaire « qui permet aux employeurs comme aux employés qui en bénéficient de réaliser de substantiels bénéfices financiers au détriment du budget de l’État et de la sécurité sociale. Ce qui affecte notamment la capacité de l’un et l’autre à mener des politiques sociales, alors même que le régime de faveur dont jouit cet « avantage en nature » profite principalement aux ménages dont les revenus sont les plus élevés » (Pierre Courbe article de la revue Politique).

Une carte blanche de Trends considère  » les voitures-salaire comme le symptôme d’un besoin de voiture. Besoin ressenti par la plupart des ménages (sic), plus particulièrement lorsque leur quotidien ne se joue pas uniquement dans l’enceinte d’une ville. Si le gouvernement devait décider que seules les voitures hybrides ou électriques pourront encore entrer en ligne de compte, la transition vers un parc automobile plus écologique se ferait à la vitesse de l’éclair « . (ndlr Pour ceux qui en ont les moyens et si la production d’électricité durable peut suivre).

« En 2016, la Belgique comptait environ 650  000 voitures de société pour un total de 5  700  000 voitures en circulation. On peut estimer qu’environ 100  000 voitures de société entrent, sortent ou circulent en Région bruxelloise chaque jour ». C’est ainsi que débute l’étude très documentée que le Brussels Studies Institute vient de publier ICI et qu’un article de BX1 résume à sa manière.
Pour des raisons de justice fiscale et sociale ainsi que pour des raisons de mobilité et de santé, n’est-il pas nécessaire que l’Etat intervienne de manière plus équitable ?

Rappel: la Nuit du Savoir sur Bruxelles abordera notamment la question de la « navette » ce vendredi 29 mars à partir de 19h. Le programme est ICI.