Archives de catégorie : Mobilité

Trois mises au point

Détecteur de CO2. Un lecteur attentif nous fait remarquer que la photo qui illustre le billet d’hier montre un appareil qui détecte le CO (monoxyde de carbone) un dangereux tueur silencieux et non le CO2 (dioxyde de carbone) qui vous renseigne sur la nécessité d’aérer les locaux à partir d’une alarme ou d’un signal orange, voire rouge. Une sérieuse différence. Si certains appareils détectent les deux, vous trouverez cependant de simples détecteurs de CO2 chez Mediamarkt, Vanden Borre, FNAC et Nature et Découvertes. Téléphonez avant, parce que pas toujours disponibles dans toutes les succursales. Parlez-en aussi avec l’école de vos enfants.

Coworking et Mobilité. Un grand nombre de salariés sont passés au télétravail, voire au coworking, à la recherche d’un environnement social et convivial permettant un rapprochement géographique entre lieux de vie et de travail. Selon une étude franco-québécoise, il semblerait que cette nouvelle donne ait aussi favorisé un certain exode urbain et réduit en partie les espoirs de réduction des déplacements. L’étude soulève aussi d’autres questions liées à ce nouveau mode de travail et ses limites.

Règles urbanistiques trop complexes. Sans doute avez-vous déjà été confrontés à des règles urbanistiques bruxelloises multiples à l’occasion de travaux de construction ou de rénovation ? S’il est bon que des règles existent en vue d’assurer une certaine harmonie et une cohérence, il ne faudrait cependant pas qu’elles retardent trop les travaux à entreprendre, tuent toute créativité, se multiplient à l’infini ou ne tiennent pas compte des leçons du confinement. Bientôt des toits verts et une terrasse pour chaque habitation ? Le gouvernement régional a demandé conseil à un panel de 12 experts qui a livré 23 recommandations et 90 propositions de solutions. Ils suggèrent de repartir sur de nouvelles bases pour réformer le Règlement Régional d’Urbanisme (RRU). 

Survoler la ville ?

Bruxelles est la Région la plus densément peuplée du pays et c’est pourtant au-dessus de la capitale que l’on envoie délibérément un très grand nombre d’avions, qui portent ainsi atteinte à la santé d’un maximum de citoyens. La route du canal traverse même Bruxelles de part en part. Cela fait 15 ans de plaintes. La cartographie globale se trouve ICI et Droit de suite vient de livrer un résumé de la situation. Toutefois, un avion de moins au-dessus de Bruxelles, c’est nécessairement un avion de plus au-dessus de la Flandre. C’est ainsi que le dossier du survol est devenu source de conflit entre Régions et peine à être résolu par le fédéral, qui se contente de payer de lourdes amendes, plutôt que de respecter les normes de bruit de la Région bruxelloise avalisée par la justice.

Il peut sembler logique de tenir compte de la densité des populations survolées lors du choix des pistes et des routes imposées aux avions par le contrôleur aérien. C’est le coeur du mémorandum de l’association Bruxelles Air Libre Brussel. Si ce critère était prioritaire, la plupart des mouvements s’effectueraient au-dessus de la périphérie nord de Bruxelles, dont les habitants ne pourraient supporter une telle exposition. Expropriation, isolation, établissement d’une zone d’interdiction de construction, tout cela a été évoqué, mais jamais mis en œuvre. Le nouveau ministre fédéral de la Mobilité s’en explique ICI. La Première qui y consacre 4 dossiers à 08:45 depuis hier.

Certains estiment que l’aéroport urbain de Zaventem – dont les pistes principales se terminent à moins de 2 km d’Evere – ne pourra se maintenir si proche de la ville qu’à condition de limiter son activité: en mettant fin aux vols de courte distance, en fermant l’aéroport de 22h à 07h et refusant les avions les plus bruyants. Les avions cargo indispensables peuvent trouver leur place à Bierset et les vols low cost à Charleroi. Les trains à grande vitesse peuvent relier la plupart des grandes villes à moins de 750 km. Il doit devenir inacceptable qu’il soit moins cher d’aller à Londres en avion plutôt qu’en train. Le maintien de l’aéroport pourrait bien être à ce prix, depuis que la lutte pour le Climat est devenue prioritaire. Le gouvernement va devoir trancher.

Un stationnement trop bon marché

C’est le journal économique L’Echo qui l’affirme, dans un article qui se base sur une étude comparative du consultant Rebel. C’est bien du parking en voirie et des cartes de riverains qu’on parle. Nos tarifs seraient pour l’instant nettement plus bas que dans les autres villes européennes. En augmentant les prix du stationnement en surface, il s’agirait moins de remplir les caisses de la Région et des communes, que de rendre le parking souterrain plus attractif.

Les places de stationnement limitées en surface devraient être destinées aux arrêts de courte durée grâce à des parcmètres, qui assurent une bonne rotation des emplacements disponibles. Il devrait être plus cher de stationner en surface qu’en souterrain. Davantage de voitures dans les parkings souterrains et ce sont des trottoirs plus larges, plus de vraies pistes cyclables sécurisées, plus de plantations, plus de terrasses, plus de lieux de rencontre et plus de place pour les enfants. Nous en profiterions toutes et tous.

La première heure de stationnement peut monter jusqu’à 4 euros de l’heure à Paris. 4,70 à Copenhague et 7,50 à Amsterdam, alors qu’elle ne dépasse jamais 2 euros en Région bruxelloise. Prix en vigueur pour les cartes riverains: 245 euros à Berlin et 187 euros à Genève. Chez nous le prix varie d’une commune à l’autre. Pour atteindre les objectifs de Good Move (réduction des emplacements de stationnement et de l’utilisation de la voiture) les tarifs en voirie pourraient être majorés: 4 euros la première heure en zone rouge et 5 euros par heure supplémentaire. Une première carte riverain à 30 euros et la seconde à 100. Encore bien loin des tarifs d’Amsterdam. Il y a un scénario B plus coûteux dans l’article.

Image par Qywee de Pixabay

Quels taxis voulons-nous  ?

On parle beaucoup du Plan Taxi de Rudi Vervoort qui tarde à venir *, on parle des propositions des taxis bruxellois  et de celles d’Uber, on entend les craintes des chauffeurs qui restent dans une insupportable incertitude, mais on n’entend rien à propos des utilisateurs de taxis. A croire qu’on a inventé le transport rémunéré uniquement pour créer de l’emploi. Dans la mobilité de demain le taxi pourrait occuper une plus grande place, s’il évolue et tient compte des besoins des Bruxellois. Une alternative occasionnelle à la voiture personnelle ? Un choix de société.

Qu’ont fait les taxis bruxellois du quasi monopole dont ils ont bénéficié pendant tant d’années ? Il a fallu l’arrivée d’Uber pour que des taximen créent enfin Victor Cab et se dotent d’une application performante. L’acceptation des cartes de crédit et l’obtention d’un ticket de course officiel restent toujours très aléatoires, tout comme l’itinéraire le plus court. Le métier ne serait pas rentable, mais ils se revendent à prix d’or les licences qu’ils ont reçues gratuitement de la Région. Ils peuvent bloquer toute la ville avec 100 véhicules et s’en servent en négociation. Ils vont manifester ce jeudi matin, tandis qu’Uber suspendra son App.

Si les utilisateurs des taxis bruxellois et des locations de voitures avec chauffeur LVC  (Uber, Heetch, …) accordent de l’importance à la protection sociale des chauffeurs – comme à celui des coursiers de Deliveroo – ils attendent aussi de la Région de mettre de l’ordre dans le secteur, sans revenir à la situation monopolistique, qui n’a pas été à l’avantage des utilisateurs. Ils attendent toujours l’arrivée des compteurs intelligents, qui délivrent des tickets officiels ou des factures et luttent contre le travail en noir. Ils attendent également un incitant pour des taxis non polluants, de préférence à l’hydrogène, pour des raisons d’autonomie et de recharge rapide. Les utilisateurs ne peuvent être négligés dans ce véritable bras de fer bruxellois. 

image extraite d’une vidéo de BX1

Quel avenir pour votre voiture ?

Si c’est une diesel, dans un peu plus de 8 ans, elle ne pourra plus circuler à Bruxelles, ni d’ailleurs dans la plupart des pays européens. 5 ans plus tard ce sera pareil pour les voitures à essence. Il va donc s’agir de penser à une alternative, lorsqu’il sera question de remplacer votre véhicule. Le meilleur choix pour la qualité de l’air de la ville et pour la planète sera toujours la voiture que l’on ne remplace pas. Si elle vous est cependant absolument indispensable, la voiture électrique sera compétitive pour les courts trajets, elle dispose de moins d’autonomie, d’un temps de rechargement fort long et de batteries aussi lourdes que difficiles à recycler. De plus, elles utilisent des quantités très importantes de métaux sur lesquels les Européens n’ont aucune maîtrise (Ni, Mn, Co, Li, …)

Bientôt, il y aurai davantage de voitures à hydrogène, qui ne rejettent que quelques gouttes d’eau. Tandis que les constructeurs européens se centrent sur la voiture à batteries,  Toyota (Japon) et Hyundai (Corée du Sud) entrent en concurrence avec des voitures à hydrogène de série et la Chine abandonne la voiture à batteries au profit de l’hydrogène à coups de subventions. C’est dire si dans quelques années les prix vont chuter et les rendre plus accessibles. Reste la question de l’approvisionnement. Si le plein se fait en 3 minutes, Bruxelles ne dispose d’aucune station de remplissage. Les plus « proches »  à Zaventem et à Hal. La Région ne semble pas avoir l’intention de susciter l’installation d’une station sur son territoire, alors qu’elles se multiplient en Europe. L’Echo livre son état des lieux.

Et pourtant, la STIB va tester un bus à hydrogène et Bruxelles Propreté un camion de ramassage. En Allemagne Hyundai investit dans le développement de stations à hydrogène et  la police a réceptionné sa première  Hyundai Nexo à hydrogène, pour diminuer le niveau de pollution des villes. Toyota a déjà fourni 600 taxis à hydrogène à Hype pour Paris. Hype veut en installer 60 à Bruxelles, mais tarde à voir venir un appel d’offre régional pour de nouvelles licences. En matière d’énergie, c’est l’offre qui crée la demande et la Région aurait bien tort de mettre tous ses œufs dans le même panier: celui de la voiture à batteries. Et l’usager, lui il veut pouvoir effectuer un choix libre. Affaire à suivre.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20578

photo  Zaventem Air Liquide Benelux