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Un site multilingue… en français !?

Bruxsels Future est le blog de tous les habitants et habitantes de Bruxelles qui s’intéressent à l’avenir de leur ville, quel que soit leur origine, leur langue, leurs croyances, leur quartier ou la couleur de leur peau. S’il est rédigé en langue française, c’est parce qu’elle reste encore la langue la mieux comprise par une majorité de Bruxellois. Une sorte de lingua franca, mais seulement une lingua franca. Les citoyens qui la comprennent ou la pratiquent ne sont pas nécessairement des francophones et restent souvent attachés à leur culture d’origine.

Ce n’est pas parce qu’un Italien, un Flamand ou un Turc sont capables de s’exprimer en français qu’ils deviennent des francophones. Parler le néerlandais ne fait pas de moi un Flamand et ma voisine espagnole, qui comprend le français, mourra espagnole et fait toujours la sieste l’après-midi.

Les sources d’information de ce blog ne se limitent donc pas aux médias francophones. Régulièrement, nous traduisons des articles néerlandais ou anglais avec DeepL.com ou les puisons dans les traductions de Daardaar ou de vrt NWS. Elargir son champ de vision, c’est aussi mieux comprendre le point de vue de l’autre. Si l’anglais doit aussi avoir sa place dans une ville internationale comme Bruxelles, devons-nous le laisser remplacer le français et le néerlandais ? comme il le fait de plus en plus souvent au travers des « posters & flyers » unilingues anglais à la mode ?

Un pays pour demain

En ces temps de questionnement sur l’avenir de la démocratie, le gouvernement fédéral se lance dans une grande enquête publique, à laquelle tous les citoyens peuvent participer, pour définir la Belgique dans laquelle ils voudraient vivre demain. Tous les citoyens, si ce n’est que la complexité des questions et le vocabulaire utilisé réserveront l’enquête à une minorité de citoyens lettrés et motivés. Vous, qui êtes passionnés par le futur de Bruxelles, pourriez être intéressés à découvrir l’enquête ICI et à prendre le temps d’y répondre d’ici le 5 juin.

Le Soir estime que l’intention de départ suscite le doute : la Vivaldi a eu recours à cette consultation citoyenne pour faire de l’institutionnel sans en faire. Il faudra donc démontrer que ce questionnaire n’est pas qu’un paravent et le citoyen, le jouet d’une manœuvre tactique politicienne. Si L’Echo commente cette initiative de manière relativement neutre, LE VIF se fait l’écho des remarques acerbes du PTB sur la procédure élitiste et de la N.VA qui parle d’un gaspillage d’argent.

Il est aussi curieux de constater que Jette et Ganshoren ne figurent pas dans la Région de Bruxelles-Capitale, mais que Linkebeek et Drogenbos l’ont rejointe subrepticement … Un acte manqué ? Même si on ne sait pas trop comment il va être possible de synthétiser les centaines de commentaires ouverts publiés, il est déjà révélateur d’en lire cette petite sélection non exhaustive, parmi les premiers arrivés.

Happy Monday: 4 bonnes nouvelles

Plus besoin de permis. Certains travaux sont maintenant dispensés de permis d’urbanisme. Isoler sa toiture, poser des panneaux solaires, décorer un mur avec une fresque, créer une toiture verte, utiliser une partie du logement pour une profession libérale, … Le gouvernement bruxellois a fixé de nouveaux arrêtés qui dispensent de permis ces travaux d’importance minime. Des précisions ICI.

Bons trieurs. Les Belges trient de plus en plus leurs déchets. Recycler ses piles est aussi devenu une (bonne) habitude en Belgique. Leur nombre bat des records : 3631 tonnes de piles ont été récoltées en 2021, mais seulement 149 tonnes à Bruxelles, qui dispose cependant de 2200 points de collecte. Il ne faut plus que nos piles finissent dans l’incinérateur.

Iles flottantes. Sortes de radeaux végétalisés, les premières viennent de faire leur apparition sur le canal. Ces plantes dépolluantes doivent permettre d’améliorer la qualité de l’eau, d’offrir plus de place à la faune et à la flore. La chaleur excessive du canal sera aussi absorbée et le dispositif écologique donnera au canal des allures de rivière naturelle. De belles simulations de Luc Schuiten ICI.

Un pont en lin  C’est une première et c’est aux Pays-Bas, avec la collaboration de la VUB et de la KUL. Ni béton, ni acier, ce pont est constitué de matériaux composites de récupération et de  fibres de lin. Si vous voulez en savoir plus, allez donc voir ICI, c’est étonnant et prometteur.

Un futur pour l’architecture

Construire pour qui ?

Au Bard College dans l’Etat de New York, l’architecture est envisagée sous l’angle d’une méthode critique, et non comme une profession dédiée à la construction d’abris. Plutôt que des visionnaires créatifs à l’échelle mondiale, ses praticiens sont plutôt présentés comme des fonctionnaires assaillis dans une chaîne mondiale de production de ressources et de consolidation des richesses – souvent du mauvais côté de l’histoire. Ce petit Collège d’arts libéraux d’Annandale-on-Hudson est connu pour sa philosophie éducative peu orthodoxe.

C’est une rupture par rapport à la plupart des formations en architecture, où les écoles visent à former des professionnels prêts à concevoir des appartements, des bureaux et des écoles, grâce à un mélange de compétences techniques et d’artisanat artistique, déployé le plus souvent de manière apolitique. Ici, ils sont formés pour interroger la façon dont l’architecture est pratiquée et ce qu’elle produit. L’objectif du programme, selon le co-directeur Ross Exo Adams, est d’inculquer une « culture spatiale ».

A Bruxelles aussi, on peut s’interroger sur la formation des futurs architectes de la ville. « Vont-ils continuer à concevoir l’architecture pour un monde donné », se demande le co-directeur du Bard. « L’architecture est toujours censée résoudre les problèmes dans le meilleur des cas, voire les renforcer la plupart du temps. Nous n’avons pas d’autre choix que d’imaginer un monde différent, car le monde dans lequel nous vivons est en train de mourir ». Il en dit plus dans cet article de Bloomberg CityLab  traduit ICI pour vous.

“An Atlas for Housing Justice,” a project called Housing and Collective Care. Photo Bard  

Vous sentez-vous en Belgique ?

Le président des socialistes flamands, le jeune Conner Rousseau au franc parler, ne se sent pas en Belgique quand il traverse Molenbeek (en voiture). Toute la presse en parle et les critiques fusent de partout, résumées ICI. Pareil pour Georges-Louis Boucher, après son débat avec le Vlaams Belang, mais lui, il a pu compter sur Louis Michel pour voler à son secours. Les propos de Conner Rousseau ont par contre été dénoncés jusque dans son propre camp à Bruxelles, et notamment par l’échevin Vooruit de l’Enseignement  de Molenbeek Jef Van Damme ainsi que dans cet article.

Theo Francken (N-VA) a twetté: « Les socialistes votent depuis des années contre un renforcement du cadre légal en matière d’immigration. Les socialistes se sont emparés de Bruxelles, de tradition libérale, en s’appuyant sur l’immigration de masse qu’ils ont promue et continuent de promouvoir. (…) Laissez-moi rire« . L’extrême droite flamande et néerlandaise s’y engouffrent avec délectation. Dans l’article de La Libre, le politologue Dave Sinardet livre quelques réflexions de fond plus intéressantes.

Tout cela révèle une fois de plus les stéréotypes de nombreux non-Bruxellois envers la capitale. Molenbeek constitue un punching-ball facile. Bruxelles mérite mieux. Même si elle ne cesse de reporter le parcours d’intégration obligatoire, elle se charge d’offrir une éducation et des soins de santé à des citoyens paupérisés, que les deux autres Régions n’ont pas toujours envie d’accueillir, sauf les plus nantis qui finissent souvent par s’installer dans un des deux Brabant. La bourgmestre de Molenbeek a bien fait d’inviter Conner Rousseau à une visite sur le terrain et il a accepté.

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