Archives pour la catégorie Education

L’inexpertise responsable ?

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Sur les antennes de la RTBF, le philosophe Philippe Van Parijs était invité à débattre de la notion « d’essentiel » qui s’est trouvée au cœur de l’actualité depuis plusieurs mois. Une profession, une activité « essentielle » pour vous, l’est-elle pour moi ? Y a-t-il un « essentiel » commun ? Ensuite, on lui a demandé si la démocratie avait été malmenée, en particulier par le rôle donné aux experts. Il y a répondu en plaidant pour “l’inexpertise responsable”. Deux mots antagonistes. Un oxymore ? Une expression qui peut surprendre, mais qui ne manque pas d’intérêt, en ces temps où les experts de toutes disciplines ont acquis une influence considérable sur les choix politiques de l’exécutif et sur le nouveau mode de vie qui en découle.

Philippe Van Parijs estime que ce qui peut être attendu des membres du monde académique, ce n’est pas de s’exprimer au nom de leur institution, mais de s’engager à titre personnel. Marius Gilbert en est sans doute un bon exemple, très apprécié des Bruxellois. Ils ne peuvent se contenter de s’exprimer en tant qu’experts, de dépositaires attitré d’un fragment minuscule de la connaissance universelle, mais bien en tant qu’inexperts responsables. Ils doivent se permettre de prendre position de manière argumentée sur des questions dont l’opinion publique et les mandataires politiques ont à débattre. Ils doivent s’appuyer sur une synthèse critique des connaissances pertinentes, dont une part seulement relève de leur expertise et même de leur discipline. Les positions qu’ils prennent font aussi inévitablement appel à des jugements de valeur, qu’ils doivent être prêts à expliciter et défendre s’ils ne sont pas évidents pour tous.

Il ne s’agit pas donc pas d’être ou prétendre être « neutres », « purement scientifiques ». Mais il ne faut pas pour autant renoncer à une distinction claire entre faits et opinions. Il importe en effet d’immuniser les jugements de fait contre l’influence des jugements de valeur et celle des intérêts personnels ou collectifs. « L’inexpertise responsable » consiste à aider les responsables politiques, la société civile organisée et les simples citoyens, en articulant le mieux qu’on peut, analyses factuelles et jugements de valeur, pour fonder des recommandations précises sur des questions controversées.

 

Covid-19: attendre ou agir ?

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Si vous n’êtes pas encore immunisé.e, sachez que des traitements existent. Ils augmentent fortement les chances de guérison, s’ils sont prescrits aux stades précoces de la Covid-19. C’est un abonné à ce blog qui le souligne. Alain Maskens – docteur en médecine et spécialiste en médecine interne – vient de publier une carte blanche courageuse dans Le Vif. Courageuse, parce qu’elle va à contre-courant de la politique du « tout au vaccin », qui néglige la recherche et la mise à disposition de traitements qui peuvent aider à une guérison rapide et donc à une diminution de la pression sur les hôpitaux et de la mortalité, principales causes de l’obligation de confiner.

Attendre ou agir ? Attendre le vaccin et ses promesses, attendre les premiers symptômes avant de se faire tester, attendre une contravention pour mettre son masque, attendre une aggravation de la situation pour se faire traiter et hospitaliser … Plutôt que d’attendre on peut aussi faire le choix d’agir et tenter de prévenir, comme déjà proposé ICI. Développer son immunité avec les vitamines C et D, avec l’oligoélément Zinc, avec l’huile essentielle de Ravintsara en inhalation ou en usage externe, … tout cela peut nous offrir plus de résistance en cas de contact avec le virus, peut nous aider à rester sans symptômes, même en étant testé positif.

Si malgré toutes vos précautions, vous développez les premiers signes de la maladie (fièvre, toux sèche, fatigue, perte d’odorat ou du goût, …) le docteur Alain Maskens préconise des traitements à discuter avec votre médecin et à appliquer sans tarder. Il s’en explique dans sa carte blanche destinée à un public général, mais développe ICI ses arguments de manière plus scientifique, pour celles et ceux qui veulent en savoir plus.

photo de fernando zhiminaicela pour Pixabay

Respect mutuel en question

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En ces temps de confinement imposé et de nervosité grandissante, la police se voit de plus en plus chargée de faire respecter des gestes barrière alignés par le gouvernement ainsi que le contrôle de réunions strictement limitées. Une fonction assez neuve que la police la police tente d’intégrer, même si l’usage proportionné de la force n’est pas toujours observé pour y parvenir. Pareil pour les citoyens, qui contestent parfois de manière violente les consignes que la police doit leur imposer. Le manque de respect entre citoyens et forces de l’ordre est parfois criant et pas évident de savoir qui a commencé le premier à manquer de respect.

Nous avons déjà consacré trois billets à cette problématique exacerbée par la crise sanitaire. Nous avons rappelé que la protection des citoyennes et citoyens est une tâche fondamentale de la police, mais que ce rôle éducatif est assez neuf pour certains policiers qui peuvent manquer de contact avec la population de leur territoire. Une partie de la population se montre aussi excédée par les contrôles réguliers dont elle est l’objet et adopte des comportements inadmissibles vis à vis de tout ce qui représente l’autorité, y compris le caillassage des voitures de police, de pompiers et même de véhicules la STIB et De Lijn.

Après la remise de novembre,  Aula Magna tentera de faire le point ce samedi en donnant la parole au responsable du recrutement et de la formation des policiers, au porte parole de la police de Bruxelles-Ixelles, au responsable de l’antenne Police Watch de la Ligue des Droits Humains et à une professeure de criminologie de la VUB. Vous entendrez aussi les commentaires du président de la commission Police du parlement bruxellois. Mais vous pourrez aussi poser vos questions en direct en vous connectant à Zoom ce samedi à 10h à partir du lien que vous pouvez demander à l’adresse bruxselscity@gmail.com

photo extraite de Studyrama

Belgique à 4: un opposant inattendu

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On savait un certain nombre de partis opposés au projet d’une Belgique à quatre Régions, avec la suppression des Communautés qui l’accompagne (1). Voir le président du PS bruxellois s’opposer à ce projet, mis en avant par le président de son parti, est plus étonnant. Cet article de La DH en dit plus et la traduction  libre de cet article de Bruzz aussi.

« On n’améliore pas le niveau d’éducation en régionalisant l’éducation. Nous devons nous attaquer aux besoins réels, mais je ne suis pas sûr que nous y parviendrons si nous régionalisons la culture et l’éducation ». a déclaré publiquement Ahmed Laaouej, président du PS bruxellois, mais aussi leader du PS à la Chambre et bourgmestre de Koekelberg. Il poursuit: « Renforcer les régions est une chose, mais il faut aussi tenir compte de la réalité de Bruxelles. Je ne suis pas non plus convaincu que les Flamands accepteront que les francophones de Bruxelles gèrent l’enseignement néerlandophone à Bruxelles ».

D’aucuns – mais pas tous – estiment que dans ce projet de Belgique à quatre, il n’est pas question que les francophones s’occupent de la gestion de l’enseignement néerlandophone. S’il reste du travail à effectuer – par les francophones – pour régler un certain nombre de situations problématiques liées à ce transfert de compétences, il ne faudrait pas que des dissensions internes au sein des partis fassent obstacle à cette rationalisation tant attendue du paysage institutionnel de la Belgique.

(1) Dans cette nouvelle configuration les deux Communautés ne seraient plus des « entités fédérées », ce qui ne devrait pas les empêcher de se définir un rôle sur le plan culturel et éducatif. Rien ne devrait, par exemple, s’opposer à ce que la Région flamande puisse être pouvoir organisateur d’écoles à Bruxelles.

 

Légaliser le cannabis à Bruxelles

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A Bruxelles, 2.402 PV ont été dressés de janvier à septembre 2020 pour possession ou vente de « drogues illégales » sans trop de distinctions. Une augmentation de 30% par rapport à 2019. Près de 400 « dealers » arrêtés. En matière de cannabis, 22% des Bruxellois de 15 à 64 ans déclarent en avoir déjà consommé, 34% chez les moins de 25 ans. Des chiffres moins précis pour l’usage des drogues légales (bière, vin, alcool). Personne ne souhaite évidemment que ses proches deviennent dépendants de drogues – légales ou non – mais il faut arrêter l’hypocrisie et l’argent noir. Philippe Close appelle à sortir les jeunes consommateurs des réseaux criminels, en créant des magasins d’État et non privés (1) pour la vente contrôlée du cannabis.

“Nous dépensons des millions d’euros pour lutter contre le trafic de cannabis alors que les parquets ne poursuivent plus en dessous de 100 grammes”, constate le mayeur de Bruxelles, qui relève « les policiers perdent leur temps à courir derrière les fumeurs de pétards et les dealers”. L’interdiction se révèle manifestement contreproductive. Dans notre pays, un tiers des détentions est lié aux stupéfiants tel que définis par la loi. Si on y ajoute une circulaire et la pratiques des juges, cela devient difficile d’y voir clair. Infor-Drogues et Bruxelles-J tentent de faire le point, sans pouvoir généraliser les pratiques: interdit mais laissé à l’appréciation des juges. Le Soir y a consacré un important dossier en 2019. Prospective Jeunesse s’interroge aussi sur l’avenir des jeunes dealers de rue.

Un million de Belges affirme avoir déjà consommé du cannabis. Ils font partie de toutes les classes d’âge et de toutes les catégories sociales. Des pays comme le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, le Canada, l’Uruguay et certains états américains ont mis fin à la prohibition et établi leur propre système de vente de cannabis avec des résultats encourageants. Une carte blanche et une pétition ont été lancées pour une légalisation des «cannabis social clubs». Une société sans drogue est un mythe. Ne va-t-il pas falloir que la coalition Vivaldi tranche cette question qui est à l’agenda depuis longtemps et qui demande de la clarté ?

(1) article de L’Echo accessible pour les lecteurs qui s’inscrivent gratuitement et sans engagement