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Oui, il faut soutenir la transition écologique

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Sans doute avez-vous progressivement équipé votre logement de coûteuses – mais performantes – lampes LED à (très) basse consommation et à grande longévité ? Et vous disposez probablement de doubles vitrages ? d’une pompe à chaleur et d’un frigo A +++ ? Des investissements coûteux mais très rentables pour votre portefeuille comme pour la planète.

Mes proches voisins ont deux enfants et de faibles revenus. Ils s’éclairent encore avec de l’incandescence et un peu d’halogène, parce que les lampes LED sont trop chères pour eux. Ils le paieront au fil des mois. Ils n’ont pas de doubles vitrages, leur frigo baille et ils se chauffent avec la vieille chaudière au mazout qui équipe l’appartement hérité des parents du mari. Ils le payent aussi au fil des mois. Sans aides spécifique et crédits d’impôts, ils seront les innocentes victimes de la transition écologique et finiront sans doute par descendre dans la rue en gilets fluos …

Sacrifier la nouvelle taxe carbone pour les carburants sur l’autel de la paix sociale est lâche, démagogique et irresponsable de la part du gouvernement. Comprendra-t-il qu’il faut maintenir et même majorer cette taxe ? Et dans le même temps fournir les aides indispensables aux personnes à bas revenus pour qu’ils puissent prendre part à l’indispensable transition écologique, qui ne peut-être un sport de riches. Ou faudra-t-il encore attendre le gouvernement qui sortira des urnes en mai … et qui sera nécessairement plus vert ?

Face à une véritable crise du partage, le Mouvement français pour un revenu de base fait ICI une proposition proche des revendications de certains gilets jaunes.

Happy Monday: le parcours d’intégration débarque

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A Bruxelles, à partir de 2020, il sera obligatoire de participer à des cours de langue (français ou néerlandais) et d’orientation sociale, pour les primo-arrivants de moins de 65 ans qui séjournent en Belgique depuis moins de 3 ans, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 2.500€. Une info résumée en français, en néerlandais, en anglais et en allemand par VRT NWS.

La Flandre à rendu ce parcours Integratie en Inburgering obligatoire, avec un certain succès, depuis plus de 10 ans et la Wallonie l’a imposé en 2016. A Bruxelles, ce parcours n’était pas obligatoire et l’offre de formation insuffisante. Le parcours sera finalement obligatoire en 2020, avec la collaboration des Bureaux d’Accueil des Primo-Arrivants de la CoCoF et de l’agence flamande Agentschap Integratie en Inburgering. Si les communes sont chargées d’informer les nouveaux arrivants de ce caractère obligatoire de la formation, il suffira de la suivre, sans obligation de résultat, pour obtenir une attestation de fréquentation … à défaut d’avoir prévu une petite cérémonie  de bienvenue officielle et joyeuse dans la communauté bruxelloise.

Même si (beaucoup) trop tardive, je me réjouis de cette mesure, cependant controversée. Faut espérer que les budgets suivront. L’apprentissage de la langue de la ville d’accueil est la clé du processus d’intégration des nouveaux arrivants. Une initiation à la vie culturelle et sociale de Bruxelles doit aussi leur permettre d’élargir leur horizon et de savoir où ils mettent les pieds. C’est évidemment trop tard pour toutes les personnes d’origine étrangère qui ont dû se débrouiller seules depuis tant d’années. Comme cette formation ne peut être imposée aux ressortissants de l’Union Européenne – qui constituent actuellement la majorité des nouveaux arrivants – ce pourrait malgré tout être un coup dans l’eau.

Une ado en colère pour le climat

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle est suédoise. Elle n’a que 15 ans. Elle est déterminée et n’a pas sa langue en poche.
Greta Thunberg en a assez. Le journal suédois The Local lui consacre un bel article en anglais et annonce qu’elle fait la grève des cours pour le climat toutes les semaines devant le parlement de Stockholm. « Nous devrons vivre avec le bazar que les précédentes générations ont créé. Nous devrons réparer les dégâts pour eux. Ce n’est pas juste ». Elle a poussé sa famille à devenir vegan et à abandonner les voyages en avion. Pour elle ce n’est pas un sacrifice.

Greta et son père sont venus à Katowice, capitale polonaise du charbon qui héberge la COP 24, pour tenter de convaincre les Etats de faire plus, dès maintenant. Quand elle aura 45 ans, des dizaines de millions de personnes auront dû fuir leurs maisons, chassés par les événements météo extrêmes, provoqués par le dérèglement climatique, par les feux de forêts ou le manque de nourriture. « C’est la plus grande crise que l’humanité ait jamais connue. Nous devons faire quelque chose maintenant, parce que demain, il sera peut-être trop tard ».

Greta est devenue une véritable figure parmi les jeunes qui se mobilisent de plus en plus pour le climat à travers le monde, appelant les décideurs politiques et les entreprises à réduire les émissions de gaz à effet de serre. La Libre lui consacre  une chronique, tandis que Le Soir donne carte blanche aux organisateurs de la marche Climate Coalition de dimanche dernier.

Mainmise salafiste sur l’éducation ?

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En Belgique, l’instruction est non seulement un droit, mais aussi une obligation pour les parents des enfants de 6 à 18 ans. Si l’instruction est obligatoire et doit pouvoir être vérifiée, l’inscription dans une école n’est pas obligatoire. Les parents ou un professeur particulier peuvent prodiguer une instruction à domicile. Il faut le déclarer, des inspections et des épreuves sont prévues par la loi.

C’est dans cette brèche que semble s’être installé le courant salafiste saoudien qui va devoir quitter la Grand mosquée du Cinquantenaire en avril prochain. Cela n’empêche pas ce courant conservateur minoritaire (mais riche) de financer des écoles et des modules d’apprentissage et d’inciter les parents à ne pas mettre leurs enfants dans les écoles belges en les instruisant à domicile.

Le dernier rapport d’activité de la Sûreté de l’Etat parle de « l’offensive que mènent certains réseaux salafistes internationaux sur l’enseignement en Belgique ». Et de pointer «  la possible utilisation de l’enseignement à domicile par des extrémistes pour « préserver » leurs enfants de l’enseignement officiel ou libre et du mode de vie qu’il implique ». Près de 20% des parents d’élèves inscrits dans l’enseignement à domicile seraient liés à des groupes extrémistes, selon l’article publié par La Libre. Cela repose à la fois la question du rôle de l’école comme lieu d’élaboration d’un sentiment d’appartenance à une communauté urbaine bruxelloise ouverte et démocratique et la question de la déconfessionnalisation de l’enseignement.

Une transition écologique à hauts risques

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Pour avoir tardé à l’amorcer, la majorité de la classe politique va avoir de la peine à nous expliquer que la transition écologique c’est pour notre bien et celui de la planète et non une opportunité pour équilibrer le budget de l’Etat … qui a fait beaucoup de cadeaux aux entreprises. Les mesures prises – ici comme en France – sont d’autant plus difficilement supportables, que les gouvernements successifs nous ont encouragés à passer au diesel, n’ont pas assez investi dans les transports en commun et n’ont pas suffisamment agi contre l’exode urbain et l’éparpillement de l’habitat privé.

Si les nécessaires augmentations des taxes carbone sont toujours mal vécues par les citoyens – comme le révèle ce courrier à la RTBF – elles sont dramatiques pour  les personnes qui ne disposent que d’un budget de survie et d’aucune réserve. Elles se sentent méprisées, parce que rien n’a été prévu pour les soutenir. Pour maintenir le cap de la nécessaire transition écologique, comme vient de la rappeler ICI Nicolas Hulot, qui parle de « lutter contre la fin du monde », il va falloir faire preuve de pédagogie, beaucoup expliquer et épargner des victimes involontaires.

Si nos divers gouvernements doivent avoir le courage de modifier les lois et les priorités budgétaires pour respecter, au moins, leurs engagements pris à la COP21, le plus dur reste à venir: le changement des mentalités et des modes de vie. Et cela c’est vous et moi. Ces nouvelles mentalités peuvent-elles résulter d’une sagesse retrouvée ? Les laissés pour compte envahiront-ils les supermarchés pour se nourrir ? Assisterons-nous à une révolte de la jeune génération ? Les villes n’ont elles pas un rôle essentiel à jouer ?