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Happy Monday: un nouveau parc urbain

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Sur la friche de Philips et d’un magasin de meubles, la Ville a créé un parc de 10.000 m2 au coeur du pentagone. C’est nouveau et intéressant, parce que la plupart des 60.000 habitants du centre-ville ne disposent ni de jardin, ni même de terrasse ou de balcon. Bien sûr, il y a le parc de Bruxelles, mais il se situe dans une zone fédérale pratiquement sans habitants … et cela monte pour y arriver. Le « Parc Fontainas » a donc été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme en cette période de pandémie. S’y mélangent en toute quiétude, des familles avec enfants, des jeunes des kots étudiants, des sportifs, des personnes âgées, des amoureux, des habitants des quatre quartiers, qui se rejoignent au coeur d’une place Fontainas, désormais aussi plantée.

La conception du parc Fontainas a fait l’objet de nombreuses concertations entre la plupart de ses potentiels utilisateurs. S’il compte des espaces sportifs, du fitness de plein air, des lieux sécurisés pour les petits, les moyens et les grands enfants, il abrite aussi des tables de ping pong et du football de table en béton. Le parc se caractérise particulièrement par ses fossés et son aspect sauvage. On y a semé de la prairie, s’y succèdent donc des coquelicots, des marguerites, des bleuets, de la camomille …. et même des iris et des chardons. Cela peut surprendre et peut sembler assez négligé, mais cette flore varie au fil des saisons et assure une fort belle biodiversité au parc. Nous attendons l’avis des paysagistes d’OLM qui ont conçu l’environnement et que nous avons interrogés à propos de sa réalisation et de son entretien.

Les personnes rencontrées sur place se réjouissent de pouvoir profiter de cet espace vert unique. Ils expriment cependant quelques regrets. L’absence d’eau pour jouer, l’absence de fontaines d’eau potable, l’absence de toute toilette ou urinoir, trop peu des bancs, trop d’arbres morts, des poubelles trop loin des tables, la présence de redoutables orties. Ils déplorent aussi le manque d’indication du nom des arbres et plantes peu connus et l’absence de jardiniers attitrés, qui seraient aussi des gardiens de parc respectés. Ils pourraient également avoir un rôle éducatif pour associer les usagers au respect des lieux. C’est surtout le manque d’entretien des fossés et le nettoyage des tables qui est souligné ainsi que l’absence d’affichage de toute règle d’usage des lieux.

 

Etes-vous contaminé ?

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Sans doute ne savez-vous pas si vous avez été contaminé par le Covid-19, parce que vous n’observez aucun des symptômes liés au virus et que vous ne vous êtes pas fait tester récemment. Mais l’Etat, lui il le sait, puisqu’il publiait hier dans La Libre qu’un total 62.123 contaminations ont été recensées en Belgique et que la moyenne cette semaine était de 85 cas journaliers, situation stable et rassurante, par rapport à la semaine précédente selon Sciensano.

Et si demain 50.000 Bruxellois.e.s décidaient de se faire tester ? on découvrirait inévitablement un certain nombre de « nouveaux positifs » qui feraient monter brusquement la moyenne et vraisemblablement craindre une deuxième vague à Bruxelles. La Belgique teste peu, normal donc qu’elle recense relativement peu de personnes contaminées. Si les chiffres des hospitalisations et des décès ont une base claire et indiscutable, ne faut-il donc pas se demander ce que signifient les chiffres des contaminations ? et quel est leur intérêt ?

Cela reste un mystère pour moi. Quelqu’un a-t-il une réponse ?
Même si ils devaient devenir la cause d’une explosion des moyennes, ne serait-il pas judicieux de multiplier les tests volontaires ? Le matériel existe, l’Université de Liège serait en mesure réaliser plus de 50.000 tests par jour. A partir de ces informations, en cas d’augmentation sensible des personnes contaminées, des confinements ciblés pourraient éviter de confiner inutilement et massivement tout un pays. C’est une question ouverte, qu’il serait nécessaire de poser, quand on sait ce qu’à coûté le lockdown de la ville, tant sur le plan social, scolaire, sanitaire et émotionnel que sur le plan économique.

 

Chef d’œuvre en péril

On vient du monde entier pour visiter la cité-jardin Floréal – Le Logis à Boitsfort. Une utopie devenue réalité en 1921, grâce aux travaux de l’urbaniste Louis Van der Swaelmen et à l’architecte Jean-Jules Eggericx, proches des réalisations de l’urbaniste anglais Ebenezer Howard. Erigée sur des terres agricoles de bord de ville, cette cité-jardin devait assurer une transition entre ville et campagne, favoriser un meilleur contact avec la nature et entre les habitants. Une nouvelle conception sociale, hygiéniste et urbanistique de la vie en ville. Si son modèle n’est pas reproductible partout, au vu des surfaces nécessaires à son installation, on est face a une cité historique, qui a d’autant mieux assumé son rôle, qu’elle freine l’exode urbain et offre une présence de la nature en ville, dont le covid-19 et le réchauffement climatique ont démontré l’urgence.

Au centre de cette cité, un vaste terrain agricole de 3 ha, appartenant à Floréal-Le Logis, est resté agricole grâce à l’initiative citoyenne de l’asbl Ferme du Chant des Cailles. On y trouve des potagers collectifs dont des parcelles pédagogiques pour les écoles du coin,, ainsi qu’un pôle professionnel qui comprend un élevage de moutons, du maraîchage, un jardin d’herbes aromatiques, qui fournissent une dizaine d’emplois et nourrissent 400 personnes. Mieux qu’un parc décoratif, ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est le nombre d’habitants qui contribuent au succès de ce « parc agricole », qui l’entretiennent et s’en nourrissent, sans que cela coûte un centime à la commune ou au contribuable. Une étude universitaire analyse les contours de cette initiative exemplaire et toujours d’avant-garde.

Un avenir compromis ? Bientôt un tiers de cet espace pourrait être loti (p. 11 à 13)  par la SLRB pour accroître le nombre de logements sociaux. Bruxelles manque en effet cruellement de logement sociaux, mais faut-il pour autant sacrifier la qualité de vie exceptionnelle des habitants actuels et futurs du site ? attenter à une image visionnaire de la ville de demain ? L’étude SAULE qui est clôturée, propose différentes solutions permettant de créer un nombre équivalent de logements sociaux, tout en préservant les précieuses terres arables, l’activité citoyenne qui s’y déroule et la cohésion sociale de tout un quartier qui s’y renforce

photos du site La Ferme du Chant des Cailles

Happy Monday: on arrive à se parler

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« C’était au temps où Bruxelles brusselait », mais Bruxelles bruxsels toujours. Le parler bruxellois n’a pas dit son dernier mot … sauf que, aujourd’hui, il cause en 104 langues. Lieu de rencontre exceptionnel entre la culture germanique et la culture latine, il n’est pas étonnant que le parler bruxellois – brusseleir beulemans ou brussels vloms – soit un doux mélange de français et de flamand. Largement minoritaires à Bruxelles, les Bruxellois néerlandophones en ont cependant forgé une partie de l’âme. Aujourd’hui, le multilinguisme a enterré le mythe d’une capitale « tweetalig » au profit d’une nouvelle identité plurielle, unique au monde, dont le maroxellois n’est qu’un exemple.

Dans la fosse, ça parle flamand. Sur scène, ça chante français. Au bar: « Wat wilt u drinken ? – Deux bières, s’il vous plaît – Très bien ». Flamands et Francophones décomplexés se respectent et ne font plus de chichis. Des étudiants en journalisme de l’ULB se sont livrés à une enquête unique et passionnante dans les méandres du nouveau paysage linguistique de notre ville. Le journal Le Soir la résume ICI. Si cet aspect de la vie bruxelloise vous passionne, procurez vous le dossier complet dans Le Soir du samedi 27 juin. Vous aurez déjà un bel aperçu des opinions récoltées par les étudiants auprès de Dominique Dognié, Dirk Jacobs, Jürgen Jaspers, Philippe Van Parijs, Rudi Janssens, Pauline Degrave, Eric Corijn, Jean-Jacques De Gheyndt … Et d’autres points de vue recueillis auprès de nouveaux Bruxellois.

Les Anglais ont quitté l’Union Européenne, mais leur langue restera, ne serait-ce que pour les habitants et visiteurs de Bruxelles qui ne maîtrisent ni le Français, ni le Néerlandais. Ceci étant dit, à Bruxelles, la lingua franca utilisée par la majorité des Bruxellois reste le Français, enseigné à l’école comme première ou deuxième langue, l’Anglais ne venant que plus tardivement en 3ème position. Le Français est aussi la langue de la rue et de la plupart des commerces. Dès lors, se pose la question des affiches, programmes ou conférences, de plus en plus souvent exclusivement en Anglais, même à Bozar. Cela ne tend-il pas à réserver ces activités à une « élite » multilingue qui s’en enrichit et se procure ainsi des positions et des emplois inaccessibles à la population issue de nos écoles ? On reparlera de l’Anglais, comme nouvelle lingua franca bruxelloise, lorsque l’école sera en mesure de délivrer des citoyens trilingues, voir même quadrilingues, si leur langue maternelle n’est pas celle de l’école.

 

 

 

 

Que faire de nos statues ?

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Léoplod II vient de faire la une. Toutes les villes érigent cependant des statues à la gloire de leurs dirigeants, héros et bienfaiteurs … et les capitales héritent en plus de personnages qui ont fait l’histoire et la gloire du pays. Cela forme une sorte de livre d’histoire en plein air. C’est le bariolage de Léopold II qui a soulevé la question du sens de cette histoire et du maintien de certaines statues dans l’espace public. Personnellement, je serais plutôt favorable à leur maintien, parce qu’elles sont une partie de notre histoire. Par contre, je serais d’avis de modifier les inscriptions qui figurent généralement au pied des statues. Godefroy de Bouillon, 1er roi de Jérusalem, franchement ? Léopold II, roi bâtisseur et roi du Royaume Indépendant du Congo sans aucun commentaire à propos de « l’oeuvre civilisatrice de la Belgique au Congo » ?

Qu’une Commission – comme on les aime en Belgique – composée d’historiens et de philosophes, soit chargée de rédiger de nouvelles notices bi ou trilingues à apposer sur toutes ces statues commémoratives. Un exercice d’histoire critique et une information actualisée pour les générations à venir. Il ne peut s’agir de renier ou d’oublier notre passé et les agissements de nos aïeux, il s’agit de remettre tout cela dans son contexte et tenter de comprendre, mais pas nécessairement d’excuser, des actions que nous n’acceptons plus aujourd’hui. Godefroy de Bouillon ne doit pas être déboulonné, mais les croisades ne peuvent plus se résumer à  la délivrance du tombeau du Christ.

Si Anvers s’illustre par un une glorieuse statue de Silvius Brabo coupant la main d’un géant romain qu’il jette dans l’Escaut et Liège, par deux fiers taureaux, Bruxelles, avec son sens de la dérision, se contente d’un petit garçon qui se soulage en plein centre – ville et un Zinneke qui en fait autant rue des Chartreux. Nous n’avons pas que des rois et des princesses, nous avons aussi François Anneessens et les comtes d’Egmont et Hornes, tous trois décapités à la Grand-Place. Mais, nous nous nous asseyons  sur les genoux du bourgmestre Charles Buls et nous avons statufié Tintin, Gaston, Jacques Brel, Nasreddin, Madame Chapeau, un policier qui chute … et bien cachées dans un pavillon du Cinquantenaire, nous illustrons « Les Passions Humaines » avec Jef Lambeaux. Et vous, qui voulez-vous voir statufié à Bruxelles ?