Archives pour la catégorie Education

De nouvelles habitudes alimentaires

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Notre alimentation urbaine va devoir évoluer, à la fois pour des raisons de santé – qui réclame plus de légumes et de fruits, vu une consommation au plus bas en 10 ans – et pour sauver le Sud de la planète, dont nous enrichissons les grands propriétaires terriens par nos importations massives, mais dont nous affamons la population … qui finira par venir frapper à nos portes. Oui, il va falloir diminuer volontairement notre consommation de viande – n’en déplaise au MR – parce que sa production mobilise trop de terres et d’aliments.

C’est Michael Hall, professeur à l’université d’Oxford, qui fait le point de la situation dans un nouvel article pour The Conversation. En conclusion, il propose 8 pistes pour éviter une crise alimentaire globale. C’est encourageant, c’est en anglais, mais particulièrement facile à comprendre.

Les pistes évoquées demandent des changements radicaux tant de la part des producteurs que des distributeurs. Ils devront être stimulés par des politiques coordonnées d’encouragements et de contraintes par les Etats, notamment au niveau européen. Toutefois, plusieurs de ces pistes sont aussi à la portée des consommateurs éclairés et responsables que nous devenons. Et si ce qui est bon pour la planète est aussi bon pour notre santé, c’est du Win-Win, surtout si nos talents culinaires reconnus en font aussi une découverte et un plaisir.

 

La foi ne fait pas la loi

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Alors que la majorité des Belges étaient baptisé.es et que beaucoup fréquentaient les églises catholiques ou protestantes, la loi – qui s’impose à toutes et à tous – a finalement consacré la séparation de l’Etat et de l’Eglise, après une longue histoire retracée dans un texte très personnel de Robert Calmon, publié par Wikisource.

A Bruxelles aussi, la liberté de culte est garantie et même subsidiée par l’Etat, mais son exercice reste subordonné au prescrit de la Constitution et aux lois du peuple belge. «La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne veut pas faire la loi» écrivait Le Soir en 2016. C’est une condition essentielle pour le maintien d’un État démocratique impartial.

Il y a plus de trois siècles déjà, la philosophie politique de Spinoza disait en conclusion, que le but de l’état de société est la paix et la sécurité. « Le meilleur État, par conséquent, est celui où les hommes vivent dans la concorde, et où la législation nationale est protégée contre toute atteinte ». Le droit au respect des croyances, des opinions ainsi que des diverses minorités qui composent la ville, constituent la base d’une démocratie urbaine saine. Y adhérer n’est-il pas un devoir pour toutes celles et tous ceux qui désirent continuer à vivre en paix avec les autres citoyennes et citoyens bruxellois.

 

Happy Monday: la transparence a gagné

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La Ville de Namur a été déboutée par la justice à la suite de son action en référé à l’encontre de Transparencia, qui a publié des informations en lien avec des réunions du conseil communal. La commune s’est attaquée au site web qui revendique « le droit de savoir ». Il y a eu des menaces et des tentatives d’intimidation pour que l’on se censure, affirme le porte-parole de l’antenne namuroise de Transparencia, qui confirme son intention de continuer à publier les informations relatives aux prochains conseils communaux, tant que la commune ne le fera pas elle-même.

Les séances de conseil communal sont publiques dans toutes les communes. Il n’y a donc pas de raisons que l’on ne puisse y filmer sans déranger et que les citoyens – qui ne peuvent se libérer pour y assister – ne puissent en prendre connaissance par les médias. Liège et Mons se sont engagées dans la voie de la transparence. A Bruxelles, dans les 19 communes, la situation est plus  contrastée, comme le montre cette carte. A partir du 1er juillet, la Ville de Bruxelles retransmettra ses conseils communaux sur son site. Un dossier du Soir fait le point ICI sur la les aspects juridiques et démocratiques de la situation à Bruxelles et ses 19 communes.

Si vous vous réjouissez de lire de bonnes nouvelles, il faut que je vous communique le lien vers le site  » Victoire Bonnes Nouvelles « , dont cette condamnation namuroise est extraite. Leur site récolte quotidiennement des alternatives et des nouvelles qu’il considère comme bonnes, à travers le monde. Vous pouvez les sélectionner par pays. Happy Monday !

photo BX1

 

Une ville de cols blancs ?

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Principal pôle d’emploi du pays, la grande majorité des offres d’emploi de Bruxelles s’adressent aux cols blancs, alors que la population de la ville comporte un nombre anormalement élevé de cols bleus et de personnes peu qualifiées. Résultat: une énorme navette entrante de non Bruxellois éduqués et bilingues pour occuper ces postes et une navette sortante de Bruxellois pour occuper des emplois manuels ou des postes de manutention peu qualifiés en périphérie.

On se trouve face à une gestion catastrophique des ressources humaines dont dispose Bruxelles. Aucune ville au monde ne peut se permettre de privilégier ainsi les emplois du secteur tertiaire, obligeant la population manuelle à se déplacer loin en périphérie – et particulièrement en Flandre – où la connaissance du néerlandais s’impose à ces demandeurs d’emploi. Cela explique à  la fois le taux élevé de demandeurs d’emploi parmi les Bruxellois.e.s peu qualifié.e.s et la congestion permanente des voies d’accès à la ville.

Brussels Studies consacre une étude à ce sujet, dont la synthèse en trois pages se trouve ICI.
Il est capital de réserver des terrains pour une industrie manufacturière urbaine à développer (par exemple le long du canal). Capital aussi, que les écoles délivrent des citoyens bilingues et même trilingues. Capital enfin, que les trois offices régionaux de mise au travail collaborent et annoncent les emplois disponibles en trois langues. C’est peu dire que tout cela urge.

Bruxelles capitale d’un pays bilingue ?

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Un rêve dépassé. En 1932, quand les francophones ont refusé l’inscription du bilinguisme au niveau de l’ensemble du pays, la Belgique a raté le train du bilinguisme. C’est la conclusion du  résumé historique qu’Olivier Mouton a publié dans La Libre. « Revendications du Mouvement flamand, les francophones estiment que le bilinguisme étendu à tout le pays représente une concession trop importante « . Puisque le bilinguisme pour l’ensemble de la Belgique est refusé, la Flandre et la Wallonie seront des régions strictement unilingues … qui décideront plus tard que la Région de Bruxelles se doit d’être une région bilingue comme capitale du pays.

La scission du ministère de l’Instruction publique au profit de deux Communautés linguistiques  et la fixation d’une frontière linguistique auront tôt fait de faire de la Belgique un Etat fédéral composé de 3 Régions et de 2 Communautés. Olivier Mouton écrit : La frontière virtuelle devient un mur de non-communication. La Belgique a raté le train du bilinguisme.

Philippe Van Parijs apprécie ce résumé, mais estime que même si le train du bilinguisme obligatoire avait été pris en 1932, il se serait vite enlisé. Il s’en explique dans son livre « Belgium : Une utopie pour notre temps ». Vous en trouverez ICI un extrait, qui souligne la faible motivation des jeunes à apprendre la langue de l’autre et induit facilement une attitude dédaigneuse. L’irruption de l’anglais a amplifié la situation. Tant en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles, les plus jeunes sont désormais en moyenne bien plus compétents en anglais qu’ils ne le sont dans la deuxième langue nationale. Promoteur du Plan Marnix, Philippe Van Parijs livre ICI ses conclusions personnelles sur le débat très positif qui a réuni les têtes de liste à la Bourse, à propos de l’avenir des langues à Bruxelles.