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Action policière en question.

Lors des dernières manifestations organisées sans demande d’autorisation, le rôle de la police était néanmoins d’en permettre le bon déroulement et d’assurer la protection des biens publics et privés. Les dérapages auxquels on a assisté ont fracturé la gauche et généré de vives tensions au sein du PS. Le député bruxellois Martin Casier (PS) a ouvertement critiqué la gestion policière sous l’autorité des bourgmestres socialistes Philippe Close (Bruxelles-Ville) et Willy Demeyer (Liège).

« Certes, il y a eu des violences (inacceptables ndlr)) du côté des manifestants. Mais nous avons aussi observé des violences policières manifestes. J’ai vu des images d’agents s’acharner sur des hommes à terre. C’est inacceptable. Il faut reconnaître publiquement ces faits. » Dans un article sévère, Bruzz s’en prend publiquement à Philippe Close, qui défend l’usage de « la nasse », pourtant interdite par la justice. Le Parti socialiste condamne ces interventions musclées.

Philippe Close souligne « le rôle des parents absents, qui ne savent pas où traînent leurs enfants. La police et la justice font leur travail, c’est la Communauté française qui faillit à sa mission en ne prévoyant pas suffisamment de places en IPPJ. » Comme à Anvers, le bourgmestre compte interdire à certaines personnes de participer aux festivités du Nouvel An, car elles ont causé des dégâts. Moustique livre également un article documenté sur la situation et évoque une boîte noire. Une carte blanche dans Le Soir pointe des interventions policières disproportionnées et demande des mesures pour mieux protéger le droit de manifester.

Que veulent les jeunes ?

Révolte d’élèves et de jeunes en Belgique, France, Espagne, Serbie, Italie …. Que raconte la colère d’une partie de la jeunesse ? Les débordements et la casse ne peuvent faire oublier leurs revendications, même si elles ne sont pas toujours claires et unanimes. Est-ce un un conflit générationnel ? Difficile de faire le point en trois paragraphes. Il faudra aussi revenir sur la place prise par les médias dits sociaux, sur les rapports avec la police et sur les différences avec les jeunes néerlandophones.

Si certains jeunes étaient dans la rue pour exiger davantage de moyens pour l’enseignement, des écoles rénovées et tempérées, un minerval qui n’exclut personne, des professeurs devant les classes et un avenir désirable, d’autres venaient régler leur compte avec une police qui les humilie et les discrimine et puis aussi des mineurs, comme emmenés malgré eux dans une sorte de jeu de rôle grandeur nature excitant. QR y a consacré un débat et un sondage à la RTBF.

S’il faut tenter d’éradiquer les casseurs, il est crucial d’entendre les autres. Leur inquiétude grandit en voyant le climat hors de contrôle et leurs parents qui rament devant la hausse du coût de la vie. Ils commencent à se demander de quoi leur futur sera fait. Lui opposer uniquement une réponse policière serait une erreur, voire une faute. Ils ont des idées. Un dialogue doit s’organiser et vite. Mais avec qui ? Avec quels budgets ?

Convergence des inquiétudes.

« Les images fortes des casseurs et pillards ont écrasé les demandes et le malaise d’une jeunesse qui se cherche un avenir. L’écouter, dialoguer avec elle, est pourtant aussi vital que rétablir l’ordre. »  Des  jeunes se mobilisent, des manifestations étudiantes sont actuellement en cours dans plusieurs pays.

Il ne s’agit cependant pas d’une révolte internationale coordonnée : les revendications varient selon les pays, même si ce sont les conditions de vie, le coût des études et la défiance envers les gouvernements qui reviennent le plus souvent. Il s’agit d’étudiants mais pas seulement, c’est aussi une génération de jeunes inquiets pour leur avenir. The Conversation en dit plus.

Cela se manifeste à Bruxelles et à Liège, mais aussi en France, en Italie, en Grèce et même en Inde et en Indonésie. Ils parlent, personne n’écoute. Ils descendent dans la rue. En Serbie, les étudiants ont créé un parti qui vient de gagner les élections et a réussi à renverser le président populiste serbe Aleksandar Vucic.

The Conversation

 

Appel à la violence.

Des appels à manifester violemment à Bruxelles comme à Liège se multiplient sur les réseaux sociaux et sur WhatsApp. Jusqu’où peut-on aller ? Les auteurs de ces messages ont souvent l’impression qu’ils ne risquent rien tant qu’ils n’ont commis aucun acte. Ils se trompent, inciter à commettre des actes de violence est punissable.

La liberté d’expression n’est pas absolue. Injures, discrimination, racisme, homophobie ou incitation à la haine sont punissables. Il y a infraction dès qu’on appelle à la violence, que l’auteur soit mineur ou majeur, il peut être poursuivi et puni. Même si l’appel n’est pas suivi d’actes. Un auteur majeur risque 6 mois à 3 ans de prison pour un message qui incite à commettre un délit.

Pour les mineurs, ce sont des mesure protectionnelles et éducatives qui seront prises (s’il y a de la place en IPPJ …). Les parents restent cependant civilement responsables des fautes commises par leurs enfants, et cela peut coûter fort cher. C’est un article de la RTBF qui rappelle tout cela à juste titre. Par contre il ne rappelle pas l’obligation d’un usage proportionné de la force de la part des policiers. 26 plaintes ont été déposées  récemment contre des policiers auprès du Comité P.

 

 

 

 

Violence faite aux jeunes.

Non seulement nous laissons extraire de la terre tout ce qu’elle contient, mais nous polluons l’air et le climat de la planète, que nous allons laisser en héritage à une nouvelle génération de jeunes, qui veut simplement un monde plus habitable et plus juste. En Belgique, comme en France, une révolte gronde et a commencé à éclater. Avec ses inacceptables et injustes excès et avec la répression violente et indiscriminée qui a suivi.

Minerval en hausse, kots étudiants hors de prix, transports en commun impayables, professeurs dénigrés, la violence faite aux jeunes a tardé à se voir contestée. Victimes de l’isolement imposé par le Covid, du repli sur des médias dits sociaux et des crises léguées par les générations précédentes, des jeunes commencent à se révolter. Ils nous demandent des comptes. Les questions budgétaires ne peuvent suffire à nous en exempter. Il faut aller chercher l’argent là où il est.

Un lecteur nous envoie ses réflexions. Extraits: « Qu’est-ce donc qu’un État qui procède à autant de violence envers sa jeunesse, qui est son avenir, quand celle-ci ne fait que réclamer un horizon plus souhaitable ? Des bâtiments isolés et des établissements décents, de meilleures conditions d’études, un accès financièrement possible aux études supérieures, des professeurs devant les classes, plus de justice sociale et climatique, dans un monde gangréné par de multiples crises, hérité de leurs aînés. Bref, de la dignité et des perspectives. »

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