Archives de catégorie : Education

Exclus de la société ?

Ce n’est pas tous les jours que la N.VA est mise en évidence sur ce blog, mais lorsque la députée flamande Annabel Tavernier déclare que le faible taux de vaccination à Bruxelles est en lien avec l’absence de parcours d’intégration obligatoire, ne s’impose-t-il pas de la citer ? A Anvers, qui se trouve face aux mêmes défis métropolitains et face à une même population multiculturelle, l’intégration des nouveaux arrivants est obligatoire depuis 2004. Le taux de vaccination y est de près de 80 %, alors qu’à Bruxelles on en est à 63%. L’écart entre les deux villes est considérable. L’exclusion sociale, que le Covid SafeTicket va encore renforcer, en sera le prix.

L’article – traduit ICI – que Bruzz lui consacre va plus loin. Bart Somers – ministre du Vivre ensemble, chargé de l’intégration civique en Flandre – y déclare que l’inburgering obligatoire à Bruxelles pourrait aider à l’intégration. « En Flandre, nous faisons des efforts particuliers pour favoriser l’apprentissage du néerlandais et de l’orientation sociale. Chaque nouvel arrivant se voit aussi attribuer un « buddy » personnel, qui peut lui fournir les ficelles de notre société et avec qui il peut pratiquer sa langue. Une politique d’intégration forte offre un tremplin pour mieux participer à notre société. »

C’est n’est que depuis 2017 qu’une ordonnance rend le parcours d’intégration obligatoire à Bruxelles pour les nouveaux arrivants. Il faudra encore attendre 2022 pour que le ministre Maron la mette (enfin) en application. Ce sera trop tard pour les personnes installées à Bruxelles de longue date et ne sera pas applicable aux nombreux primo arrivants originaires des pays de l’Union européenne, notamment des Balkans. Dommage et irréparable. Bien conçu et avec l’attribution d’un buddy, ce parcours obligatoire n’est ni une punition, ni une assimilation, mais peut être un tremplin pour comprendre la société bruxelloise et s’y sentir à l’aise.

Photo by Leon on Unsplash

La confiance se mérite chaque jour

Le billet sur le devoir de transparence continue à faire l’objet de réactions et de commentaires sur le blog, comme ceux que vous pouvez lire au bas de cette page. Non, ce billet ne peut s’assimiler une campagne anti vaccin, ni à une introduction à la théorie du complot. Faute de traitement agréé, la vaccination reste la meilleure manière de freiner la dispersion du virus. N’est-il cependant pas normal d’exiger une information claire et complète – sans exagérer ni minimiser – si on désire que la personne donne son accord en parfaite connaissance de cause. Le  « consentement éclairé du patient » figure à l’article 8 de la loi du 22 août 2002.

En vue de stimuler une vaccination qui tarde, des autorités et des médias n’hésitent plus à passer de l’information à la propagande, voir même à utiliser des moyens de pression et de discrimination. Dans son invitation à se faire vacciner, envoyée aux jeunes, la Cocom se permet d’écrire « Tous les vaccins sont efficaces, sûrs et fiables. Chaque vaccin a fait l’objet de tests approfondis ». Par contre rien pour démentir les propos sur la fertilité ou le magnétisme qui circulent dans les médias sociaux. Mis au courant de cette situation, le délégué général aux droits de l’enfant estime ne pas pouvoir agir. Il y a fort heureusement le groupe de réflexion «Covid Rationnel», dont les propos sobres et remarquablement documentée, méritent notre attention.

Sur le blog Cosmopolite Henri Goldman écrit : « À Bruxelles, le refus de la vaccination est-il autre chose que la marque d’une très large méfiance des classes populaires à l’égard des autorités, qu’elles soient politiques, médiatiques ou scientifiques ? C’est simple : on ne les croit plus et donc on ne suit plus leurs consignes. Dans une société où, à l’occasion de la pandémie, toutes les inégalités se sont exacerbées – souvenons-nous de l’injonction à rester chez soi dans des logements exigus et de la police qui patrouillait dans les quartiers populaires pour faire rentrer les ados chez eux –, il me semble qu’on peut comprendre qu’on ne se précipite pas quand le maître siffle ». Renaud Maes, sociologue et rédacteur en chef de La Revue Nouvelle ne dit pas autre chose ICI.

photo Marisol Benitez pour Unplash

Happy Monday: Bruxsels ma belle

 

De si belles façades. Bruxelles n’a pas un style architectural propre comme Paris, façonnée par Hausmann ou Londres, avec ses alignements à la Nash. A Bruxelles, tous les styles se mélangent dans une admirable et créative cacophonie architecturale où le pire peut côtoyer le meilleur. Brigitte et Jean-Jacques Evrard ont constitué une collection exceptionnelle de 275 façades bruxelloises des 100 dernières années. Peut-être la vôtre ? C’est sans doute avec plaisir que vous les découvrez toutes ICI, ainsi que dans ce petit reportage de Bruzz.

Habiller Horta. C’est dans son ancienne maison de Saint-Gilles, devenue Musée Horta, que cinq artistes contemporains ont eu l’opportunité d’installer les papiers-peints qu’ils ont conçus pour chaque lieu. Une série de pièces de ce bijou Art Nouveau sont aujourd’hui recouvertes de ces nouvelles créations, visibles jusqu’au 14 novembre au 27 rue Américaine.

Vous prendrez bien le thé. C’est sous les arches vertes d’une petite rue piétonne du Quartier Saint-Jacques que l’asbl Les Feuilles Vertes a choisi de dresser la table pour vous initier à la découverte de l’art ancestral du thé à la chinoise. Ce samedi, il y aura encore des dégustation gratuite de 13 à 18h, rue de la Gouttière à l’angle de la rue des Grands Carmes dans le cadre des  premières Jacqueries. Les enfants sont aussi les bienvenus à Moirés, qui les invite à imprimer le Marché au Charbon.

Happy Wednesday: So very Brussels !

Tout en anglais ! C’est pourtant à Bruxelles – et nulle part ailleurs – que nous nous trouvons dans ce surprenant Subjective Atlas of Brussels, rédigé par une équipe composée de plus de 80 Bruxelloises et Bruxellois de toutes origines. Des centaines de photos se confrontent habilement pour vous révéler cet improbable Bruxelles. De la banalité quotidienne aux couchers de soleil bruxellois, ce regard pluriel sur la ville va vous étonner et vous faire découvrir  une cité livrée à la curiosité de ses jeunes et multiples habitants.

Annelys de Vet – qui publie cet atlas résolument subjectif – affirme: Brussels est un amalgame de juxtapositions: un endroit qui vous incite à rêver pendant d’étouffantes nuits d’été avant de vous frapper le lendemain avec sa dure réalité. C’est une ville dont vous tombez lentement amoureux, jusqu’à ce que vous ne puissiez plus imaginer vouloir vivre ailleurs. Cependant, il s’agit d’une forme d’amour particulière, une forme d’amour qui vous pousse à rester critique, une forme d’amour qui vous pousse à vous interroger sur l’espace que vous habitez, tout en vous demandant comment nous – en tant que communauté – pouvons faire mieux. De nouveaux Brusseleirs cartographient ce que cette ville capitale signifie pour eux en ce moment précis.

Peu de villes érigeraient des monuments en l’honneur d’un petit garçon qui pisse, d’un chien qui en fait autant, d’un policier qui chute ou d’une vieille dame en chapeau. Une autre double page vous montre les lunchbox d’une quinzaine de Bruxellois, d’autres des plaques de rue émaillées qui évoquent des libertés inédites ou notre passé colonial. On y voit aussi les images d’innombrables manifestations qui sillonnent nos rues, d’autres alignent nos collections de bollards, de drapeaux, de graffitis qui tatouent les murs de la ville et même nos divers chats et potagers. De l’humour, du surréalisme, du rêve, de l’espoir. Le livre est disponible à la librairie Passa Porta, 46 rue Antoine Dansaert.

Pourquoi pas un Islam de Belgique ?

Un certain nombre de personnes de religion ou de culture musulmane aspirent à un Islam de Belgique, débarrassé de toute instrumentalisation étrangère. Toutefois, les gouvernements du Maroc et de la Turquie, ainsi que les États du Golfe et de l’Arabie saoudite, participent très activement à cette ingérence dans les mosquées bruxelloises. Cela a été démontré à la fin de l’année dernière lorsque la presse étrangère a fait état de l’infiltration des services de renseignement marocains dans la Grande Mosquée de Bruxelles. Pour sa part, le gouvernement flamand a préparé un projet de décret de reconnaissance des communautés religieuses locales, qui entend aussi limiter le soutien financier de l’étranger. Il y voit une condition nécessaire à une intégration harmonieuse des croyants dans notre société.

C’est à cette occasion que le parlement flamand a reçu en audition Matthias Biesemans de l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace (OCAM). Il a procédé à une analyse de la situation pendant de nombreuses années et selon lui, les différents mécanismes développés par les gouvernements turc et marocain pour entraver l’évolution vers une identité islamique belge sont toujours actifs et efficaces. Néanmoins, il remarque que les jeunes générations sont désireuses de développer leur propre interprétation de l’Islam dans le cadre social et éthique belge. Les autorités turques et marocaines continuent à s’y opposer très activement.

Le gouvernement flamand espère que son décret sera approuvé par le Parlement dans le courant de l’automne. Son article huit prévoit notamment l’interdiction de coopérer de quelque manière que ce soit avec des activités qui incitent à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne, d’un groupe, d’une communauté ou de leurs membres. Vous pouvez lire ICI la traduction française avec DeepL.com du résumé de l’intervention de Matthias Biesemans au parlement flamand. Nous reviendrons ultérieurement sur l’évolution de la situation à Bruxelles, que nous avons déjà évoquée sur le blog.

photo extraite de BX1

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20664