Archives de catégorie : Education

Happy Monday. Recyclons.

Fini d’extraire, de fabriquer et de jeter, le recyclage des matières et des bâtiments progresse.

Gagner 900 milliards. C’est ce que l’Europe pourrait engranger d’ici 2030, si elle se convertissait à l’économie circulaire, plutôt qu’en suivant le modèle économique actuel, basé sur « Extraire, Fabriquer, Jeter ». C’est la Fondation Mac Arthur qui l’affirme. Elle en résume les principes de manière très brève, très simple et très claire ICI

 Energie solaire. Une société suisse est arrivée à faire fondre de l’acier issu du recyclage en concentrant le rayonnement solaire. Une première étape dans la décarbonation de la sidérurgie. Plutôt que d’acheter ses barres métalliques en Chine, Panaterre a décidé de produire son propre acier, de qualité horlogère, à partir du recyclage de nombreux déchets d’acier.

Occupations temporaires. Bruxelles compte un nombre incroyable de bâtiments inoccupés, on parle de sa vingtième commune ! Permettre à des associations d’en user temporairement constitue un progrès, en attendant une réaffectation définitive. See U, aux casernes, fut la plus grande de Belgique. Alle Du Kaai a abrité une trentaine d’organisations le long du canal. Aujourd’hui, la ville de Bruxelles met à disposition rue des Grands Carmes, un espace à l’abandon depuis 20 ans,  pour y créer un espace pluridisciplinaire LGBTQIA +. 

D’autres habitudes.

Il n’y a rien de plus difficile que de devoir modifier ses habitudes. C’est rarement par sagesse que nous adoptons d’autres comportements, mais le plus souvent à la faveur d’une crise ou d’une contrainte. Mieux isoler nos maisons, arrêter de chauffer les murs, baisser la température, limiter les déplacements motorisés non indispensables, autant d’attitudes que nous aurions pu adopter depuis longtemps. Il a bien souvent fallu attendre la crise des énergies et la flambée des prix pour que nous passions à l’acte.

Faudra-t-il que la qualité de l’air en ville se détériore et qu’elle aboutisse à des décès, pour que nous acceptions de réduire l’usage de la voiture privée et pour que nous arrêtions de circuler dans les rues résidentielles, dont nous polluons les habitants ? Les réactions parfois violentes des personnes qui refusent la mise en œuvre du plan Good Move interpellent, même si des améliorations pourraient lui être apportées par un dialogue constructif.

Si nous avons largement profité du soleil et l’agréable température de ce WE, nous n’ignorons pas que cet été indien inattendu comporte son lot de menaces. Faudra-t-il subir des inondations à Bruxelles pour limiter les gaz à effet de serre qu’émettent nos maisons, nos déplacements, nos modes de chauffage et tous ces bâtiments publics, bureaux et entreprises ? Sans renforcement des politiques actuelles, le GIEC annonce un réchauffement de +3,2°C d’ici la fin du siècle, alors qu’il serait possible de diminuer nos émissions de GES de moitié d’ici 2030. Allons-y joyeusement !

Accès à la propriété récompensé.

104 logements ont déjà été construits à Bruxelles sur des terrains appartenant à l’organisation Community Land Trust Brussels (CLTB) et 64 autres sont en préparation. Les habitants achètent le logement, pas le terrain ! Cela diminue singulièrement le prix d’achat et favorise l’accès à la propriété pour des familles aux revenus modestes.

C’est pour l’implication des habitants dans la conception et la gestion des logements et pour le rôle important qu’ils ont joué dans la diffusion de ce modèle innovant des CLT en Europe, que le CLT Brussels vient de se voir remettre le « World Habitat Award » des Nations Unies. Une récompense bien méritée, qui fait honneur à Bruxelles et à ses habitants.

Le modèle CLT est né à la fin des années 1960. Le maire démocrate Bernie Sanders en avait fait un élément central de sa politique de logement. Bruxelles n’est pas en reste et c’est face à l’immeuble « Indépendance » – qui compte 21 logements et une salle communautaire à Molenbeek – que le CLT bruxellois s’est vu remettre son Award. La RTBF et Bruzz en disent plus.

Révolte populaire.

Ce n’est pas à un débat qu’on assiste, mais à des actes de désobéissance civile dans plusieurs communes. Panneaux arrachés, bocs de béton déplacés, personnel de sécurité agressé, des citoyens en viennent aux mains pour exprimer leur rejet de la mise en application du plan Good Move dans leur quartier. Sans même prendre le temps d’entendre les partisans de ce plan, certaines communes le retirent tout simplement, d’autres l’amendent à la hâte ou le mettent en débat. Des enquêtes tronquées sont publiées. Panique.

Il y a là, à l’évidence, du malentendu et de l’incompréhension. Oui, il y a eu de la communication et des rencontres pendant plusieurs mois dans la plupart des communes. Quelle forme cela a-t-il pris ? Quel public cela a-t-il touché ? Combien sont venus ? C’est lors de l’installation que la plupart des citoyens ont compris la nature de ce plan et s’ils n’en ont pas nécessairement compris la finalité – supprimer le trafic de transit dans les quartiers – ils en ont mesuré l’impact sur leurs trajets quotidiens et sur leurs emplacements de parking gratuits.

Améliorer la qualité de l’air et augmenter la sécurité profite à tout le monde, mais n’est pas directement perceptible, alors que les changements d’habitude imposés le sont. Comme nous sommes à la veille d’autres grands changements d’habitude en terme de mobilité, d’énergie et de consommation, il va falloir faire preuve de beaucoup de pédagogie et de nouveaux moyens de communication pour obtenir l’adhésion de tous les citoyens. Ceux qui se sentent exclus de la prise de décision pourraient n’avoir que la révolte comme moyen de se faire entendre. Et certains ont intérêt à souffler sur les braises.

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Un futur pour les nouveaux-nés.

Ben oui, dans 25 ans, le futur de Bruxsels sera largement entre les mains des bébés d’aujourd’hui. Le maternage qui leur est prodigué est essentiel. Basé sur la tradition et sur des puéricultrices formées comme exécutantes dans notre enseignement professionnel, il mérite d’être revisité. Se mouvoir en liberté est fondamental pour les bébés et ce n’est pas la propagation des relax style Maxi-Cosy et les heures passées devant des dessins animés, qui va permettre cette liberté de mouvement. Confortables et rassurants pour les adultes, pas vraiment favorables à l’autonomie des bébés.

Se mouvoir en liberté est la recommandation de base du maternage, quelque peu insolite, proposé par Emmi Pikler depuis bien longtemps (1). Un livre incontournable lui est consacré aux éditions Érès. Couché sur le dos sur une petite couverture, le bébé est libre de ses mouvements, dans le baby relax il est calé. « Il ne devrait pas passer plus d’une heure assis ainsi et moins d’une heure par jour à regarder des écrans » peut-on lire dans cet article scientifique paru dans Le Monde et dans cette courte vidéo.

Plusieurs études montrent que les enfants de 0 à 5 ans, physiquement actifs, développent de meilleures capacités motrices et de mémorisation et gèrent mieux leurs émotions. Il ne s’agit pas d’organiser des séances de psychomotricité, mais de créer des conditions favorables à la liberté de mouvement des bébés, également installés sur le dos au lit plutôt que sur le ventre. Un ouvrage précieux pour une formation Piklérienne des professionnels de la petite  enfance, mais aussi pour les jeunes parents. Les associations CEMEA et la File diffusent cette pédagogie chez nous.

(1) J’ai eu le privilège de rencontrer longuement Emmi Pikler à Budapest en son temps et de participer à la vie de Loczy.