Archives pour la catégorie Education

L’identité qui enferme

« Je ne veux pas annuler les identités, mais je veux montrer la violence que les identités produisent ainsi que les effets néfastes du courant identitaire ». Je pense que nos identités sont multiples et complexes. « On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. L’écrivaine Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d’origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l’heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pédigrée » alors que l’injonction est de choisir un camp ? Rachel Khan refuse toute assignation identitaire et victimaire.

« Un artiste ne peut pas rentrer dans une case, être assigné. Lorsqu’on lui dicte ce qu’il a à créer, à dire ou à penser, en fonction de son « identité », on l’enferme. Le rôle de l’artiste est de penser autrement pour que la société change: il n’a pas à obéir à une idéologie ».  « On pense que l’émancipation consiste à s’indigner sur les réseaux sociaux avec sa communauté. Il n’y a plus d’émancipation individuelle. « Metoo » c’est un « nous », et non la voix d’une personne. Avant, l’émancipation était quelque chose d’intime: il s’agissait de sortir de la masse, de se singulariser. Aujourd’hui, le groupe nous rattrape constamment ».

Dans son livre « Racée », elle critique notamment les nouvelles idéologies « décoloniales » et « intersectionnelles » qui, sous prétexte d’antiracisme et de lutte pour la reconnaissance des minorités, ne font que diviser notre société et alimenter les ressentiments. « Les minorités déchirent notre société en mille morceaux », assène-t-elle dans L’Echo, où elle en dit bien plus.

L’article intégral est disponible si vous vous inscrivez gratuitement à L’Echo, où vous trouverez aussi cette belle photo de Rachel Khan par ©AFP

Notre eau, une ressource périssable

Jadis, à Bruxelles, la seule eau potable était… la bière. Aujourd’hui, imperturbable, l’eau potable coule du robinet à volonté. Elle semble inépuisable. La « journée de l’eau » est une  occasion de rappeler que le sous-sol de Bruxelles est peu aquifère. Bois de la Cambre et Forêt de Soignes produisent à peine 3% de nos besoins, qui se chiffrent à près de 100 litres par jour par citoyen. Plus de 60 millions de m3 par an, comme le rappelle le document que Bruxelles Environnement a consacré à l’eau que nous consommons et à sa surveillance.

Avant d’arriver chez nous, l’eau doit être pompée, acheminée, traitée, distribuée via un réseau de km de canalisations, qui nécessitent un entretien constant. Une fois consommée, l’eau doit être collectée et épurée avant d’être renvoyée vers le milieu naturel. Le reportage de la RTBF en dit plus sur la fragilité de tout ce processus et sur la nécessité d’être parcimonieux avec cette précieuse ressource. Plus nous consommons d’eau potable, plus nous déversons d’eaux usées qu’il va falloir traiter… et plus élevée sera logiquement notre facture.

Si on pourrait espérer que les quelques premiers m3 soient gratuits – comme un droit universel d’accès à l’eau – Il n’est est rien. Cependant, le système de tarification est progressif. Le prix de l’eau augmente exponentiellement, chaque fois qu’un palier de consommation est dépassé, selon le principe pollueur/payeur. Garantie pure, notre eau est 200 fois moins chère que l’eau en bouteille et sans production de déchets. Après deux heures au frigo, le goût du chlore qui la protège aura disparu. Une rondelle de citron ou une feuille de menthe achèveront de la rendre désirable. A votre santé.

> Merci à WordPress… pour ses bouleversements techniques sans préavis

photo du jet par Hebi B pour Pixabay et captation à Modave par Athénée Royal d’Ouffet

Un savoir-vivre urbain partagé

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Chaque ville a ses habitudes, ses codes, son étiquette. Des non-dits qui se partagent entre citadins et qui leur permettent de se reconnaître, de se sentir chez eux. Lorsque de nouveaux habitants arrivent, pas évident pour eux de connaître ces codes et de s’intégrer dans une nouvelle société urbaine, parfois plus prompte à juger plutôt qu’à  partager amicalement ses us et coutumes.

Les parcours d’intégration obligatoires en Communauté flamande (inburgering) pour les primo-arrivants non européens ont donné des résultats au niveau de la langue et de la citoyenneté. La Wallonie les a rendus obligatoires il y a peu. A Bruxelles, ces parcours arrivent tardivement, à un moment où l’immigration est de plus en plus européenne et donc non assujettie. Pour les personnes hors Europe, ils sont désormais obligatoires … mais toujours pas mis en application. CAIRN Info consacre une réflexion de fond sur cet forme « d’activisme d’Etat ». Soutien ou sommation ? se demande le CRESPO. Et le CIRÉ s’interroge ICI sur les besoins des bénéficiaires. Le Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation s’intéresse à l’analyse des résultats.

Plus modestement, dans une ville aussi cosmopolite que Bruxelles, ne serait-il pas nécessaire de commencer par rappeler à chacun quelques règles de savoir-vivre qui favorisent de bonnes relations entre citadins ? A l’entrée des parcs, pourquoi ne pas afficher clairement ce qui est permis ou non ? cela pourrait aussi faciliter le travail des gardiens de la paix et des policiers chargés d’informer et – si nécessaire – de verbaliser les contrevenants. Même chose sur le piétonnier, accessible à des deux roues qui mettent trop souvent les promeneurs en péril par leur vitesse excessive. Dans les transports en commun peut-on boire ? manger ? emmener un vélo ? un chien ? Tout cela gagnerait à être plus clairement précisé, pour rendre la vie sociale plus agréable et renforcer l’émergence d’un véritable « peuple de Bruxelles » avec sa jovialité, son humour et sa bonhommie.

des indications claires à l’entrée d’un parc à Tokyo

Jeunes et Police: la crise de confiance

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Hier encore, la police a débarqué en nombre à la cité sociale Versailles à N-O-H, pour une dizaine de jeunes qui jouaient au foot. Après les incidents précédents et malgré la récente visite non protocolaire du bourgmestre, les policiers ont peur et débarquent donc à 30. Les jeunes aussi ont peur et n’ont pas le sentiment qu’on vient ici pour les protéger. La crise de confiance est profonde. Il y a du pain sur la planche. Même les policiers reconnaissent des abus. « Lorsqu’on trouve des policiers pour un dialogue, ils viennent rencontrer les jeunes uniquement pour… parler de leur métier. Une confusion inefficace entre une réelle rencontre et une séance de pub, vitrine de la police. Dommage ».

C’est la parole de la confédération des organisations de jeunesse. Une voix qu’on n’entend pas souvent mais qu’il faut pouvoir écouter. Un animateur s’exprime : « Quand les conclusions de l’enquête sur le décès d’Adil sont tombées: ce sera un non-lieu pour le policier. Circulez il n’y a rien à voir… Non merci, je vais rester un peu et réfléchir ! Ce combat pour la justice nous allons continuer à le mener avec ces jeunes. Nous les accompagnerons, nous serons derrière eux car ce combat des violences et des abus de la police est le leur. Ces jeunes ne sont-ils pas les plus légitimes pour en parler ? N’ont-ils pas une réelle expertise de terrain concernant les violences policières ? »

« Pour être honnête avec vous, moi aussi j’ai de moins en moins confiance en ce système que je ne cesse pourtant de défendre. Il m’arrive de me poser beaucoup de questions sur le bien-fondé de nos actions, sur l’utilité de se bagarrer, de vous accompagner… tant ce système est générateur d’inégalités, de violence institutionnalisée. Le travailleur associatif, pourtant rodé, glisse parfois dans ce désespoir. Néanmoins, je vais rester de votre côté – toujours – car j’ai encore soif de justice sociale… » . Vous en saurez plus ICI.

document extrait de l’article de Bruzz sur l’intervention policière au quartier Versailles

 

En finir avec les pigeons

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Trop is te veel. Les pigeons sont trop nombreux à Bruxelles. Il faut mettre un terme à leur multiplication, parce que leurs déjections sont corrosives pour les bâtiments et qu’elles peuvent être porteuses de maladies. Même la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux le reconnaît et s’en explique fort bien ICI. Mais voilà, la gestion des pigeons est de la compétence des 19 communes … comme si les pigeons se souciaient des frontières communales. La Région a tenté d’établir un plan d’action en 2019. Il est détaillé ICI, mais n’a pas donné beaucoup de résultats. Elle va (enfin) désigner un coordinateur régional, mais elle se dit aussi préoccupée par le bien-être animal, au vu de certaines méthodes de mises à mort.

N’est-il pas temps de donner tous pouvoirs à la Région pour gérer cette compétence en adoptant des méthodes qui ont fait leurs preuves ailleurs ?  Ce ne sont pas les oiseaux qu’il faut combattre, mais les raisons de leur présence et de leur regroupement. Il faut agir sur leur milieu de vie, le modifier de façon à ce qu’ils ne puissent plus trouver ni la nourriture, ni les espaces dont ils ont besoin. Il faut empêcher leur nidification en bouchant les orifices des bâtiments publics et privés, voire même par effarouchement. Mais il s’agit avant tout d’empêcher le nourrissage, qui est à la fois inutile, néfaste et interdit. Les personnes âgées et les enfants adorent leur jeter du pain et des graines. Il va falloir leur rappeler que c’est interdit, mais ensuite il n’y a que la police qui soit en mesure d’exiger une carte d’identité et de verbaliser ces incivilités.

Humainement parlant il n’est pas toujours évident de soumettre à l’amende des enfants ou des personnes âgées au « bon coeur », mais après des campagnes d’information ciblées et de l’affichage sur les lieux de nourrissage inventoriés, il ne restera à la police en civil qu’à sévir contre les réfractaires. Une société privée s’est aussi spécialisée dans cette lutte contre la prolifération. Ils ne font pas dans la dentelle, mais ont bien étudié le problème et viennent avec des solutions très diversifiées que vous découvrirez ICI. Il est urgent de mettre fin à l’invasion de la ville par les pigeons. N’est-ce pas à la Région à assumer cette tâche, avec obligation de résultats ?