Archives de catégorie : Energie

D’autres combustibles

L’accord signé à la fin de la COP 26 est et loin d’être à la hauteur de nos ambitions et une fois de plus, les pays riches – dont la Belgique – n’ont pas fait assez pour s’attaquer à la crise climatique. Greenpeace relève que l’accord conclu à Glasgow a néanmoins envoyé un premier signal fort indiquant clairement que l’ère du charbon et des combustibles fossiles touche à sa fin. En tant que citoyens, nous devrons faire pression pour que ce vœu pieux se traduise en actes, comme l’exigent les jeunes.

Les actionnaires des grandes compagnies pétrolières ont bien compris le message. Ils exigent de plus en plus de diversification. La compagnie pétrolière Total a déjà dû se renommer TotalEnergies. Elle n’est pas la seule à avoir compris que l’avenir n’est plus dans les forages. Shell veut quitter les Pays-Bas pour échapper à la taxe sur les dividendes et va devoir réduire ses émissions de gaz à effet de serre de moitié d’ici 2030, suite au jugement en mai d’un tribunal néerlandais. Si nous ne leur achetons plus leurs produits d’origine fossile, les prix et les bénéfices ne manqueront pas de finir par chuter pour toutes les compagnies. Le pouvoir est entre les mains des consommateurs.

Mieux isoler votre logement pour réduire la facture énergétique, vous chauffer avec des pellets automatisés, avec une pompe à chaleur ou avec de nouveaux radiateurs électriques à inertie alimentés par vos panneaux photovoltaïques ou par de l’électricité verte, vous déplacer en mobilité douce ou partagée, prendre le train plutôt que l’avion, tout cela ne peut que précipiter la fin des super puissances pétrolières qui épuisent la terre et produisent quantité de gaz à effet de serre. La transition ne sera pas facile mais va finir par s’imposer, et elle est bonne pour le climat, le portefeuille et la santé

photo Pixabay

Changer de mode de vie

Le futur de Bruxelles ne ressemblera pas à la vie que nous menons aujourd’hui. C’est aujourd’hui une certitude. Si nous voulons léguer une planète habitable à la nouvelle génération, il va nous falloir modifier bon nombre de nos comportements. Changer d’habitudes ? Rien de plus difficile. C’est sortir de sa zone de confort. Nous sommes alarmés par la crise climatique, qui ne peut plus être niée en Belgique, après les inondations catastrophiques vécues par des milliers de concitoyens, mais sommes-nous prêts pour autant à modifier considérablement notre mode de vie ?

Une nouvelle étude internationale de Kantar Public – résumée ICI – souligne l’écart important entre la prise de conscience et l’action. Elle montre qu’il y a peu de volonté de prendre moins l’avion, de mettre de côté la voiture ou de manger moins de viande. Les tableaux de l’étude sont très révélateurs des freins à l’action individuelle, souvent jugée insuffisante pour régler la question climatique. Un certain nombre de personnes pensent que c’est plutôt au niveau politique que des décisions doivent être prises.

Le débat politique nécessaire aujourd’hui porte évidemment sur la définition de notre futur modèle de production et de consommation et sur ses implications: nous devons nous concentrer sur les solutions et les changements, y compris les plus difficiles, et accepter la répartition des efforts nécessaires entre tous les acteurs de la société. Alors qu’ils génèrent le moins de gaz à effet de serre, ce sont les moins nantis qui paieront le plus lourd tribut aux conséquences des changements climatiques en cours. Cela devient désormais une question de solidarité entre êtres humains. La COP 26 ne semble pas y être arrivée.

photos unplash et oxfam international

Les pubs carburants fossiles

On ne peut empêcher personne de partir en solo à Paris à bord de l’oasis de confort offert par sa douce Mercedes Classe C  ou de faire un city trip à Rome pour 20€ avec Ryanair, mais doit-on permettre de nous y inciter en nous vantant le calme et la volupté de la nouvelle BMW ? Doit-on autoriser la radio publique à nous vanter les mérites d’un coucher de soleil magique à Barcelone ? à nous proposer un chauffage au mazout ? En pleine conférence climat, est-il cohérent d’être invités à réduire l’usage de carburants fossiles tout en étant entourés de pubs  qui nous invitent à en consommer davantage ?

Vous aurez aperçu ces affichages sauvages qui ont commencé à fleurir à Liège, mais qui sont aujourd’hui aussi présents à Bruxelles. C’est une initiative d’activistes qui se développe à l’échelle européenne, avec l’appui d’un vingtaine d’organisations non gouvernementales « Ban fossil fuel ads » (supprimez les publicités sur les combustibles fossiles). Amsterdam vient déjà d’interdire la pub pour les voitures à essence et diesel dans son métro.

Une initiative citoyenne vient également d’être lancée pour demander à la Commission européenne d’interdire la publicité et les parrainages des entreprises actives sur le marché des combustibles fossiles. Un tel acte législatif relève de la compétence de l’UE, car il consiste à réglementer le marché intérieur pour renforcer la protection des consommateurs, de la santé publique et de l’environnement. Une initiative qui vise à obtenir 1 million de signatures et qui peut être signée ICI.  

photo de l’activiste Karl Andreasson

En ville en 2050

Olivia est née en 2021. Nous sommes en 2050, elle va donc sur la trentaine et vit en ville. Pas un récit de science-fiction, mais  une utopie réaliste des 24h chrono d’une citadine, dont la cité vient d’ atteindre sa neutralité carbone. Résultat de trois décennies de transformations profondes. Quel est son quotidien ? C’est ce que L’Echo a tenté d’imaginer avec la collaboration de toute une série de scientifiques.

« Olivia profite de sa douche alimentée par un chauffe-eau solaire installé sur le toit du bâtiment. Un signal sonore lui annonce que la fin de la douche est proche. La domotique facilite la chasse aux gaspillages, d’eau et d’énergie. Au petit-déjeuner, elle se régale de céréales achetées en vrac plongées dans un bol de lait végétal. Le lait de vache est devenu moins courant depuis que la Belgique s’est engagée dans la course à la réduction des émissions de méthane. Il y a deux fois moins de vaches, mais on en voit plus parce qu’elles sont en prairie ».

« Là, elle se rend à pied au « pôle » de son quartier. C’est dans ce bâtiment passif que se trouve son espace de cotravail. La décentralisation de beaucoup de métiers a permis de limiter significativement les déplacements. Un appel du travail: elle doit filer à l’usine pour gérer un incident technique. Elle y va en voiture électrique partagée. En ville, quatre déplacements sur dix se font en voiture, beaucoup de déplacements individuels ont été remplacés par une mobilité active, les transports en commun et autres taxis collectifs autonomes. Elle passe devant le Parlement européen reconstruit de pied en cap, cette fois pour 120 ans … ». La suite de sa journée se trouve ICI.

projet 2050 Vincent Callebaut Architectures

Photo by Ubiq on Unsplash

Le Climat, c’est reparti

Dès le lendemain de la Marche pour le Climat, des activistes du bloc People Power ont occupé les locaux communs des partis Ecolo/Groen à Bruxelles. Etant au pouvoir, ils exigent que ces partis joignent le geste à la parole. Le collectif Tegengas Dégaz s’oppose au mécanisme de subvention de nouvelles centrales à gaz et exige l’annulation de la mise aux enchères prévue le 15 octobre. Les Verts répondent que le choix des centrales à gaz est « une mesure transitoire temporaire » indispensable si on veut éviter des ruptures d’énergie causées par les retards inacceptables de la sortie du nucléaire, pourtant décidée il y a 18 ans.

Au micro de DH Radio, Gilles Vanden Burre (Ecolo/Groen) estime qu’une décision « historique » a été prise au fédéral en décidant la réduction des émissions de CO2 de 233 millions de tonnes d’ici 2030. « Tous les six mois, chaque ministre du fédéral devra publier ses efforts en matière de CO2. Honnêtement c’est du jamais-vu dans l’histoire de ce pays ». Dans l’article qu’y consacre La Libre, il reconnaît que la Belgique n’a toujours pas d’accord sur la feuille de route qu’elle présentera à la COP 26 de Glasgow. En cause, la ministre flamande (N-VA) du Climat qui a une vision entièrement différente des autres entités fédérées.

Des jeunes – dont Greta Thunberg – viennent d’obtenir une autre décision historique quant aux effets néfastes du changement climatique sur les droits des enfants. Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a estimé « qu’un État partie peut être tenu responsable de l’impact négatif de ses émissions de carbone sur les droits des enfants à l’intérieur et à l’extérieur de son territoire ». L’inaction des dirigeants est considérée comme une atteinte aux droits de l’enfant. Vous en saurez plus sur cette première étape dans l’article de la RTBF.

photos unsplash