Archives pour la catégorie Energie

L’avion mis au pas par le covidus ?

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Les Bruxellois survolés, de jour comme de nuit, vont-ils pouvoir retrouver leur santé physique et mentale grâce à un redoutable virus ?

« Moins d’avions et des prix de billets plus élevé : le COVID-19 va ébranler l’aérien. On ne voyagera plus en avion comme avant » c’est Raphaël Meulders qui l’affirme dans La Libre. Il répond aussi à ces deux questions: « Le train, la voiture ou le bus vont-ils supplanter l’avion sur les courtes distances ? »  « Est-ce la fin de l’heure de gloire pour les compagnies aériennes ? ». Le journaliste s’en explique ICI et encore LA. Il est aussi question du remplacement de l’avion sur les courtes distances par le train. Une résolution du PS vise à soutenir financièrement les trains de nuit en Europe, grâce à la taxation du kérosène des avions. Le MR, la N-VA et le Vlaams Belang on voté contre, comme vous le verrez ICI.

Austrian Airlines va recevoir une aide d’Etat conditionnée à des mesures sociales et environnementales. Plus aucun billet d’avion sous les 40 €. « Cette mesure fait de nous des pionniers en Europe” affirme la ministre autrichienne de l’Environnement, l’écologiste Leonore Gewessler. C’est l’un des points clés du plan de sauvetage de la compagnie. Le but ? Lutter contre le dumping “social et environnemental” des compagnies low cost.

On le voit, le développement incontrôlé de l’aéroport urbain de Zaventem et le soutien demandé à l’Etat pour sauver Brussels Airlines ne vont plus de soi aujourd’hui. L’Etat belge serait mal inspiré de ne pas y mettre des conditions. Tout récemment, face à un Arnaud Feist – patron de Brussels Airport Company – qui déclare ICI « À part le PTB, je ne vois pas qui voudrait nationaliser l’aéroport », sept professeurs d’université rétorquent dans une carte blanche « Nationaliser Brussels Airlines est le seul choix d’avenir ».

Industrie automobile: à soutenir ?

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Les acteurs du secteur automobile belge (FEBIAC) proposent de mettre en place une incitation financière à l’achat de véhicules neufs, ce qui aurait – selon eux – l’avantage de relancer le marché et de renflouer les caisses de l’Etat. Un article d’IEW publié par Inter Environnement Bruxelles, révèle qu’ils implorent le gouvernement de leur venir en aide. En s’appuyant sur une enquête fort légère, ils ressassent leur argument fétiche: la voiture, vache à lait des Finances de l’Etat. Une argumentation éculée qui ne tient pas compte des coûts d’entretien des infrastructures et des frais de santé occasionnés par les moteurs à combustion, à une heure où il faudrait plutôt encourager les citoyens à se diriger vers d’autres pratiques de mobilité.

En période d’incertitudes financières, le remplacement de son véhicule ne relève pas d’une dépense prioritaire ou essentielle, surtout pour des citoyens dont les revenus ont été lourdement impactés par la crise sanitaire. Le parc automobile belge est globalement jeune. La durée de vie optimale d’un véhicule, pour réduire son empreinte CO2, se situe entre 15 et 20 ans (source : T&E. 2018. CO2 émissions from cars : The facts). Aucune raison donc que l’Etat encourage le consommateur à racheter une nouvelle voiture, les nécessaires zones de basses émissions (LEZ) occasionnent déjà suffisamment de dépenses pour certains citadins.

Une taxation des formes de mobilité non durables et l’abandon des avantages indus (comme la voiture de société) ne devraient-elles pas alimenter le budget de l’Etat ? afin d’atteindre au plus tôt une certaine résilience. Un mesure nécessaire qui pourrait aussi générer de sérieuses économies.

Happy Monday: un arbre à vent

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Un drôle d’arbre qui utilise l’énergie du vent, présent au cœur de toutes les villes et donc au plus près des consommateurs. Les industriels négligent cette énergie parce qu’elle est diffuse, instable et difficile à récolter. L’entreprise New Wind a voulu relever le défi avec un produit au design biomimétique: des « feuilles » qui génèrent chacune environ 100 watts, disposées en grappes d’une cinquantaine unités accrochées à un « arbre ». New Wind promet un arbre de 4,1 kilowatts capable de produire 2 500 kilowattheures par an d’électricité. Engie en fait l’éloge ICI.

Contrairement à une éolienne, l’Arbre à Vent ne fait aucun bruit. Ses 8 mètres de haut et la disposition de ses 63 feuilles sont l’aboutissement d’un long processus d’études scientifiques pour que les lois aérodynamiques soient respectées et que chaque « aéroleaf » soit la plus efficace possible. Chaque arbre est capable de produire 2 500 kilowattheures par an d’électricité en ville en moyenne. Soit l’équivalent de la moitié de la consommation moyenne d’un foyer. New Wind détaille sa construction et ses performances ICI et ICI.

Une bonne nouvelle, que vient cependant d’assombrir la toute récente mise en liquidation de la société New Wind, prononcée faute de pouvoir payer les salaires de ses employés. Cette mauvaise gestion ne ne remet cependant pas en cause le concept de l’arbre à vent et un repreneur est recherché pour poursuivre la commercialisation et abaisser le prix de revient en augmentant la production. Affaire à suivre, si vous voulez installer un arbre à vent dans votre jardin, avec l’aide de la Région ?

L’Arbre à Vent – photo UsineNouvelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://newworldwind.com/arbre-a-vent/

Bruxelles face à l’hydrogène

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Ce n’est pas la première fois que je vous vante les mérites de l’hydrogène, comme énergie alternative, plutôt que la filière électrique avec ses lourdes et polluantes batteries, ses indispensables prises d’alimentation à répartir à travers toute la ville et  ses longs temps de charge. Le Journal de l’Environnement français consacre un article détaillé à cette filière, dont l’Allemagne a fait son cheval de bataille pour accélérer la transition climatique. Berlin vient d’allouer 9 milliards d’euros pour financer la stratégie nationale de l’hydrogène, soit 90 fois plus que le plan français de Nicolas Hulot de 2018 !

Pour Berlin, il ne s’agit pas de développer quelques stations-services et une poignée de démonstrateurs, mais de contribuer à la décarbonation de l’économie de la première puissance économique européenne. En 10 ans, l’Allemagne espère produire 14 TWh d’énergie (c’est énorme) à partir d’hydrogène décarboné. Cela mobilisera l’éolien et le solaire (qui produisent désormais 46% du courant allemand) mais aussi des centrales thermiques à flammes, dont il faudra capter et séquestrer (ou réutiliser) le CO2.

La question mérite d’être posée à Bruxelles, qui devrait aussi songer à s’équiper pour le futur. Alors, des bornes électriques plein la ville ou des stations de remplissage rapide d’hydrogène, dont Colruyt à ouvert la voie ? Il faut choisir et il est temps d’annoncer la couleur, avant que les Bruxellois.e.s  – non acquis à la STIB ou au vélo – se décident à remplacer leur voiture diesel ou à essence.

En route vers un autre tourisme ?

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Les vacances de cet été restent un grand point d’interrogation. Quelles frontières seront ouvertes ? Y aura-t-il des vols et des visas pour tous ? Prise de température et certificat sanitaire seront-ils imposés ? Revisiterons-nous la Belgique ou nos voisins français ? Mais au-delà de la situation exceptionnelle de cet été, n’est-ce pas le type tourisme, qui s’est développé depuis la fin de la guerre, qui est remis en question, à la fois pour des raisons sanitaires et pour tenter de limiter le réchauffement climatique ?

L’Obs consacre deux articles à cette problématique. L’un est consacré à la réduction de l’offre de transport aérien avec la proposition de suppression des vols courts et des jets privés, chaque fois que le train constitue une alternative de moins de 4h30. Et le débat fait rage sur la nature des contreparties que l’Etat doit exiger du secteur aérien, en échange d’aides publiques massives, comme par exemple demandé par Brussels Airlines. L’autre est consacré à l’avenir du low cost et du tourisme de masse remis en question. Les nombreux emplois perdus pourraient cependant être injecté dans le développement d’un transport ferroviaire écologiquement plus performant.

Si l’aérien est dans le viseur, il ne faut pas négliger le transport maritime. Les croisières transportent désormais 28 millions de passagers par an. Ces énormes paquebots utilisent du fioul « lourd », dont l’utilisation émet de l’oxyde de soufre (SOx) – 10 millions de tonnes, soit 12 % du total –, et des oxydes d’azote (NOx) – qui polluent l’atmosphère. Les 94 bateaux du seul croisiériste Carnival ont émis dix fois plus de SOx que les 260 millions de voitures européennes. « Bombes écologiques », ces croisières sont aussi de véritables « bombes sanitaires » comme on l’a constaté en pleine épidémie de Covid-19 avec le Diamond Princess. Y a-t-il encore un avenir pour ces véritables immeubles flottants ?

Carnival continue à violer les lois sur les émissions de polluants