Archives pour la catégorie Energie

La technologie nous sauvera

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Tous les jours, des articles scientifiques alarmistes sur l’avenir de notre planète. Et pourtant, « l’espèce humaine a toujours trouvé des solutions pour résoudre les problèmes qu’elle a créés et il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement pour le réchauffement climatique, pour la production d’énergie ou pour le recyclage et le traitement de nos déchets ». C’est un point de vue exprimé par certains et pas seulement par les climatosceptiques qui restent dans le déni. ICI l’avis optimiste du Centre d’études du MR et du professeur Damien Ernst.

S’agit-il là d’une promesse d’ingénieurs, devenue croyance politique ? un progrès qui sauverait l’humanité en repoussant les limites du possible, par des technologies capables de corriger les erreurs humaines et même d’inventer un monde de bonheur partagé ?  « La technologie et la géo-ingénierie, qui sont pour beaucoup dans l’état actuel de la planète, pourraient donc aussi la sauver » sans devoir modifier trop notre mode de vie et de consommer ?

Si vous tapez sur Google < la technologie nous sauvera > vous aboutissez paradoxalement sur quantité d’articles scientifiques intitulés: « Pourquoi la technologie ne nous sauvera pas  … ». Wikipédia y définit clairement l’Utopie technologique et si Eco-Conso et Medium se montrent relativement optimistes, peut-on en dire autant des propos d’ingénieurs de Mediapart et France Culture ou de la RTBF à propos du numérique ? Naoric va plus loin, son billet conclut que seul une « économie de guerre » et un pouvoir fort (donc non démocratique) seraient capable de faire respecter les Accords de Paris. Un nouveau Churchill ? ou un Xi Jinping ?

Pourquoi chauffer la rue ?

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Alors qu’on nous parle tous les jours de réchauffement climatique et que nous sommes incités à installer du double vitrage et à limiter nos déperditions de chaleur, d’autres se permettent de chauffer la rue. Ils le font à grand renfort de bonbonnes de gaz et de chaufferettes électriques. Apparemment, en toute impunité, avec le soutien des lobbies de l’alcool et de la cigarette et avec pour seul objectif d’augmenter leur chiffre d’affaires, sans se soucier de l’environnement.

A Bruxelles, ce sont les communes qui règlementent (ou pas) ces pratiques de plus en plus courantes. Sur le territoire de la Ville de Bruxelles, les chaufferettes au gaz sont interdites (1) … mais l’échevin du Commerce – Fabian Maingain – n’applique pas le règlement « tant qu’il n’y aura pas d’alternative » ? Quelle alternative pourrait bien permettre de chauffer la rue sans consommer d’énergie ? A part pédaler pour produire du courant, on ne voit d’autre solution que de fournir une couverture ou alors d’accueillir les consommateurs à l’intérieur des établissements.

Le Parlement européen s’est prononcé pour l’interdiction des systèmes de chauffe pour terrasses, mais son avis est non contraignant. Par contre, nous avons un ministre bruxellois du Climat et de l’Environnement – Alain Maron – n’est-ce pas à lui d’interdire, pour l’ensemble de la Région, ce genre de pratique énergivore ? A charge des zones de police d’en assurer l’application: fermer l’interrupteur ou le robinet. La ville de Rennes a déjà interdit ce type de chauffage et s’en explique ICI. La ville de Namur suivra en juin 2021 selon la RTBF et Woluwé Saint-Lambert veut étendre l’interdiction à tout son territoire.

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(1) Règlement terrasses §7. Sont seules admises les chaufferettes électriques amovibles

Happy Monday: rechargeables en 10 minutes

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Un article de Sciences et Avenir nous apprend qu’une équipe d’électrochimistes est parvenue à optimiser des batteries de voitures lithium-ion pour qu’elles puissent se charger en 10 minutes seulement.

Les chercheurs ont réussi à leur faire « avaler » l’équivalent de 400 kilowatts en moins d’un quart d’heure en les chauffant entre 49 et  60°C. Une telle avancée pourrait techniquement être rapidement effective sur le marché des batteries.

La lenteur de recharge des batteries est effectivement un handicap important, qui freine le développement du marché des voitures électriques, comme l’est la production insuffisante d’électricité verte pour les alimenter.

 

Renoncer à une voiture de fonction

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Signe des temps. Cohérents avec leur discours, sept échevins de la Ville ont renoncé à la voiture de fonction à laquelle, ils et elles ont droit. BX1 vous dit qui ICI. Et d’ajouter: les échevins disposeront dorénavant d’un budget mobilité, qui leur permet de payer les transports en commun, une voiture partagée, une location de vélo, un taxi… Le plafond est fixé à 800 euros par mois. Il ne s’agit pas d’un « pack » forfaitaire. Si ce montant n’est pas dépensé dans son intégralité, le surplus ne constituera pas un complément de salaire, confirmé ICI par Bruzz.

Le montant de 800 euros a fait réagir l’opposition MR. Il est pourtant calqué sur le prix de la location de la voiture attribué à leurs collègues. Nos édiles n’arriveront cependant jamais à dépenser ce montant … même en se déplaçant continuellement en taxi. Cette décision et ce choix marquent un changement, plus que symbolique, dans les habitudes de déplacement en ville.

Maintenant, même KBC Brussels recommande ICI de tester 5 formules de mobilité douce sans moteur thermique. La banque surfe sur une vague verte, qu’elle n’est pas seule à emprunter pour séduire ses clients conscients des défis climatiques. Sans doute faut-il rester attentif au possible « greenwashing » (1), qui ne serait qu’un ravalement de façade racoleur, sans véritable changement des pratiques. Un excellent article de Conversation se penche sur les dangers des messages subtils – parfois subliminaux – qui tentent d’influencer les choix des consommateurs.

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(1) Le greenwashing, aussi nommé écoblanchiment, ou verdissage, est un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation (entreprise, administration publique nationale ou territoriale, etc.) dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse. Wikipedia en dit plus ICI sur ces pratiques, de plus en plus courantes.

 

Happy Monday: la géothermie progresse

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Propre et renouvelable, la géothermie permet de chauffer, mais aussi de refroidir, un bâtiment avec l’énergie du sol. A Bruxelles, un potentiel existe, mais il reste encore sous-exploité. Le Soir y a consacré ICI un article très documenté. On y apprend que ces derniers mois, des forages tests ont été réalisés à Anderlecht et à la gare maritime de Tour &Taxis. A terme, une cartographie gratuite reprendra l’ensemble du sous-sol bruxellois pour combler le manque de connaissances sur la qualité de notre sous-sol. On pourra ainsi mieux estimer le dispositif à installer et stimuler, par la même occasion, le recours à cette énergie  » gratuite « .

A la gare maritime, qui aurait pris le risque de forages, sans savoir ce qui serait trouvé et donc sans certitude de rentabiliser l’investissement de départ ? En forant jusqu’à 140 m, les tests réalisés ont permis de découvrir un réservoir d’eau souterraine, à 10º, avec un débit très important. A partir d’une certaine profondeur, le sous-sol est hermétique aux changements de saison et de température. Ces forages vont permettre de chauffer et refroidir 47.000 m2.

L’investissement initial – difficilement prévisible – est certainement la contrainte la plus importante à la démocratisation de la géothermie. Des particuliers utilisent cette source d’énergie, mais ils sont encore peu nombreux. Il y a aussi la méconnaissance de la part de certains architectes, alors que ce sont des personnes essentielles pour faire connaître la géothermie et ses avantages. Selon le cabinet du ministre de l’Environnement Alain Maron (Ecolo), un soutien sera intégré dans la réflexion qui sera menée sur le futur de la géothermie durant cette législature.