Archives pour la catégorie Energie

Happy Monday: la STIB nous gâte

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Malgré la crise sanitaire et la chute de fréquentation, la STIB arrive à maintenir son offre et ses principaux horaires. Elle fait mieux, avec de bonnes nouvelles pour 2021. BX1 annonçait ICI les nouveautés 2020 devenues largement réalités et maintenant c’est L’Echo qui détaille les projets 2021 de la STIB, que nous résumons ci-dessous, suite à l’interview du CEO Brieuc de Meeûs que vous pouvez lire ICI (1).

Côté matériel, Bruxelles va réceptionner 90 nouveaux trams et les mettre en circulation d’ici le mois de mai. Cela devrait permettre d’augmenter l’offre de 15 % et d’envisager la création d’une nouvelle ligne vers Neder-over-Heembeek. Pas moins de 11 nouvelles rames de métro vont aussi être livrées, en vue de pouvoir assurer une fréquence d’une rame toutes les 2 minutes en heures de pointe sur le tronçon commun des lignes 1 et 5. Le métro sans chauffeur n’est pas pour demain, à cause du prix de l’installation de portes palières sur les quais, qui seront cependant testées dans 3 stations. Le gigantesque et coûteux projet Métro 3 va se poursuivre avec 3 grands chantiers: Albert, Stalingrad et Gare du Nord.

La STIB a aussi loué un bus à hydrogène à la firme Van Hool pour le tester longuement avant de décider de s’engager dans cette filière d’avenir, qui est aussi liée à la production d’hydrogène vert et à la création de postes de recharge. La billettique n’est pas en reste pour tenter d’attirer plus d’usagers. Le payement sans contact d’un voyage unique dans les véhicules avec carte de banque a fait ses preuves et serait largement utilisé. Mais la vraie nouveauté se trouve du côté de l’intégration tarifaire tant attendue entre STIB, TEC, De Lijn et la SNCB. Début février, il devrait enfin être possible de payer avec le même titre de transport tout voyage dans un rayon de 11,5 km autour de la Grand-Place.

(1) article accessible aux lecteurs inscrits gratuitement à L’Echo

La Région soutient mieux l’isolation

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La facture énergétique moyenne d’un ménage bruxellois atteint 1.400 euros, dont 60% pour le chauffage. Outre son coût, la combustion dans l’ensemble des bâtiments de la Région est responsable de 90% des émissions d’oxyde de souffre. Bruxelles Environnement en dit plus ICI. Réduire cette consommation est donc bénéfique pour votre portefeuille et pour l’air que nous respirons tous. Cela peut commencer par l’isolation du toit, qui est souvent l’investissement le plus rentable pour économiser l’énergie, mais il y a aussi les châssis, les vitrages, la chaudière, la ventilation, …

Si vous envisagez de faire des travaux d’isolation, de chauffage ou même de simple étude énergétique, sachez que le moment est idéal. Vous profiterez des traditionnelles « Primes énergie » de la Région, mais dans certains cas, d’un bonus temporaire lié à la crise sanitaire, si vous effectuez ces travaux d’ici le 1er septembre 2021. Que vous soyez propriétaire, copropriétaire ou simple locataire. Ces primes peuvent même aller jusqu’à 70% dans le meilleur des cas. Vous en trouverez tous les détails dans une excellente synthèse livrée par L’Echo.

Oui, il faudra évidemment constituer un dossier et donc beaucoup de papiers, mais le jeu en vaut la chandelle depuis que la Région a permis la création de Homegrade, dont les conseillers vous guideront gratuitement dans votre projet et vous aideront à constituer un dossier de demande de primes. Appelez Homegrade au n° 1810. Et pour financer ces travaux d’amélioration énergétique dans votre habitation, vous pouvez aussi profiter du Prêt Vert bruxellois, à un taux très avantageux, de 0 à 2%. Alors ça y est ? cette année 2021 sera celle d’une habitation moins énergivore et d’un air plus respirable à Bruxelles ?

Schéma extrait du site d’Eco’Logis

Démolir pour construire

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Dans une ville densément bâtie – sauf existence de quelques friches – il est nécessaire de démolir pour construire du neuf. Se pose alors la question de déterminer ce qui doit être conservé et ce qui peut être détruit. Quelles traces du passé une ville doit-elle conserver ? Ainsi, Bruxelles a déjà perdu son ancienne gare du Midi place Rouppe, la Maison du Peuple de Victor Horta ainsi que son hôtel Aubecq, le Centre Rogier (Martini) de Jacques Cuisinier, les immeubles d’angle de la porte de Namur et ceux de la place Stéphanie, et tant d’autres victimes de la « bruxellisation », bien illustrée par cet article de 2017 de la RTBF, avec ses astucieuses photos coulissantes Avant/Après.

Aujourd’hui, la réflexion doit aussi se porter sur les conséquences écologiques de démolitions d’immeubles qu’il possible de rénover ou d’adapter. Nous n’ignorons plus que matériaux ne sont pas inépuisables, même le sable nécessaire au béton finit par se faire rare. L’ARAU s’insurge contre la très large démolition prévue de l’îlot de la place De Brouckère (côté UGC), de la démolition du tri postal de l’avenue Fonsny en sursis, de la rue de la Loi, dont les immeubles –  souvent récents – ne cessent d’être démolis et reconstruits sans l’accord des citoyens. S’oppose aussi formellement à la démolition de l’immeuble Belgacom (aujourd’hui Proximus) au pied du Sablon, à propos de laquelle Quartier des Arts adopte une position plus mitigée.

Le parlement européen, place du Luxembourg, n’a pas 30 ans, mais dès 2017 ses membres ont déjà examiné la possibilité de sa rénovation complète ou de sa démolition/reconstruction, bien que le promoteur estime qu’il n’y a pas de problème de stabilité. Fin 2019, un appel à projets a été lancé pour évaluer les deux solutions, en vue répondre aux problèmes de sécurité et de gaspillage d’énergie qui ont été constatés. Strasbourg en profite pour se profiler comme siège unique. Pour le citoyen, cela fait plutôt mauvais genre et pourrait être vu comme symbolique d’une mauvaise gestion européenne. Comme le constate ma voisine, la maison que j’occupe a 300 ans et est toujours là …

image Michael Gaida Pixabay

 

Certificat de décès: la pollution

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C’est la première fois qu’un certificat de décès mentionne comme cause la pollution. Les faits se passent à Londres en 2013 et concernent la mort d’Ella Adoo-Kissi-Debrah, à l’âge de 9 ans, suite à une insuffisance respiratoire aiguë causée par un asthme severe, comme mentionné sur le certificat de décès de l’époque.

« La pollution de l’air a-t-elle tué ma fille ? » est la question que sa maman se pose depuis 2013 et que reprennent les articles du journal Le Monde et de Transport & Environnement. Après sept années d’un « rude combat », le coroner, officier de police chargé d’établir les causes des morts violentes, a jugé que le décès d’Ella Adoo-Kissi-Debrah n’était pas seulement dû à son asthme sévère, comme l’avait conclu la justice en 2014, mais le résultat d’une exposition chronique à des niveaux de pollution élevés, liés au trafic routier proche du South Circular. « Sur le certificat de décès d’Ella, il y aura désormais la vraie raison : la pollution ».

Un rude combat pour Ella. Pour « toutes ces familles qui souffrent en silence »« Cette décision ne me ramènera pas ma fille, mais j’espère qu’elle débouchera sur une prise de conscience collective, dit au Monde Rosamund, qui a élevé seule ses trois enfants. A Londres, au moins douze enfants meurent chaque année des suites de crises d’asthme à cause de l’air toxique qu’ils respirent. Ça ne peut plus durer. J’attends maintenant la réponse du gouvernement, de nos gouvernements». Bruxelles – zone 30 généralisée – offrira-t-elle un air plus pur, se demande la RTBF ? Nous allons désormais pouvoir nous appuyer sur ce jugement pour passer à la vitesse supérieure, affirme Maria Neira, directrice à l’OMS.

Free-Photos Pixabay

Un tarif kilométrique qui ébranle la Belgique

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Le projet de taxation kilométrique mis sur la table du gouvernement bruxellois n’a pas fini de susciter des commentaires, que résume fort bien Joyce Azar dans VRT news en français. Dans la presse, la ministre flamande de la Mobilité menace Bruxelles d’actions en justice. « Scandaleux » proclame Willy Borsus et Georges Louis Bouchez : « Les classes moyennes n’ont pas besoin d’impôts en plus ». Quelqu’un y va même d’un «Sire, il n’y a plus de francophones». La FEB parle d’exode des entreprises hors de Bruxelles. Quant à Bart De Wever, il établit carrément un lien entre la tarification routière intelligente à Bruxelles et l’avenir de la Belgique.

Il aurait évidemment pu être plus simple de plancher sur un système à l’échelon national pour que tous les automobilistes soient sur un pied d’égalité, mais la régionalisation voulue de la compétence Mobilité en a décidé autrement. Chaque Région a le droit et aussi le devoir d’organiser au mieux sa Mobilité, en fonction des critères qu’elle se donne. Pour l’avocat bruxellois Joris Theelen – qui en a fait une remarquable synthèse dans une Opinie publiée par Bruzz et traduite ICIil est du devoir moral des politiciens bruxellois de percevoir ce « tarif kilométrique ». Alors certes, une concertation est souhaitable, mais la compétence n’a pas été régionalisée pour que chacun soit obligé suivre le même chemin.

Ecartons-nous un instant de la question de Mobilité pour nous pencher sur quelques phrases de cet article révélateur que Bruzz consacre à un Bart De Wever, qui lie le tarif km à l’avenir de la Belgique et que nous avons traduit ICI. Extraits: La taxe kilométrique est un nouvel exemple de « voisinage hostile ». Si Bruxelles veut cuisiner sa propre soupe, elle doit le dire très clairement. Nous pourrons alors commencer à affiner nos plans vis-à-vis de Bruxelles et préparer l’avenir de la Flandre. Je n’ai pas peur de cela. Bruxelles veut “tous les avantages, sans les inconvénients”. C’est aussi le cas des normes de bruit : que tout vole au-dessus de la Flandre, mais pas au-dessus de Bruxelles. Si vous voulez faire de Bruxelles une Ville-État, vous devez aller jusqu’au bout. Ensuite, nous devrons également apurer les comptes complètement. Pourquoi nous devrions remplir les caisses de Bruxelles avec l’argent de Beliris, avec de l’argent européen …