Archives pour la catégorie Energie

De l’énergie transportable

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Que ce soit  pour votre téléphone portable, votre laptop, votre montre ou votre vélo électrique, vous transportez de l’énergie en permanence. Le plus souvent sous la forme de batteries. On les voudrait légères, performantes et durables. Mais voilà, plus elles sont puissantes, plus elles sont lourdes, longues à recharger et chaudes (rappelez-vous les Galaxy Note 7 explosifs de Samsung). La batterie est le talon d’Achille du développement de l’énergie verte et de la voiture électrique en particulier. La batterie lithium-ion est un progrès récent dans cette course, même si sa fabrication et son recyclage restent coûteux et problématiques.

Deux bonnes nouvelles annoncées par le quotidien économique L’Echo
* Des chercheurs de l’UCLouvain ont découvert un matériau (le « LTPS ») permettant de produire des batteries « tout-solide » à la fois plus sûres et plus performantes. Ils ont pu compter sur le financement et la collaboration de Toyota, et même si la commercialisation n’est pas encore pour demain, les brevets ont déjà été déposés. Plus de précisions ICI.
*Un premier réseau dédié à la coordination européenne de la récupération et de la gestion des batteries usagées a été mis sur pied par 18 associations nationales spécialisées, dont Bebat pour la Belgique. Il est baptisé Reneos, se dit « unique au monde » et s’avère essentiel pour les protagonistes d’une mobilité plus verte, plus partagée et autonome. En savoir plus ICI.

Lorsqu’ils affirment que « la mobilité de demain se dessine à mesure des entrées de nouveaux joueurs venus des quatre coins du monde, et qu’il est pour l’instant établi qu’elle sera électrique », ils s’avancent sans doute un peu vite à propos des batteries et tiennent pour négligeable les progrès de la pile à hydrogène qui vient de faire son apparition dans deux trains allemands. Equiper Bruxelles pour la recharge électrique ou pour la recharge en hydrogène ? Belle question pour un gouvernement naissant, qui devra se garder de l’erreur commise avec le diesel.

… tiens, depuis hier, les humains vivent à crédit et consomment des biens et services destinés aux générations futures. Pas vous ? Calculez ICI votre empreinte écologique personnelle.

 

La géothermie est-elle rentable ?

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Suite à la question soulevée par un lecteur – qui pense qu’une installation géothermique ne se trouve pas à moins de 40.000 euro – il est nécessaire de faire le point au profit de tous les lecteurs. Le coût d’une telle installation est évidemment variable en fonction de la taille du logement et de la nature du sol disponible pour forer.

Le site français Je change estime qu’il faut compter environ 1m de forage par m2 habitable à climatiser. À titre d’exemple, 2 sondes géothermiques de 50 m de profondeur peuvent suffire pour chauffer une maison de 120 m2. L’acquisition d’un dispositif géothermique représente  effectivement un coût conséquent, puisque selon Je Change, il faut compter entre 100 à 300 € par m2 chauffé. Il ne s’agit cependant pas d’une dépense, mais bien d’un investissement, à partir du moment où l’installation peut être amortie en 3 à 8 ans. C’est pourquoi la Région devrait envisager de soutenir cette transition, par des primes ou des prêts à taux réduits.

Une telle installation est évidemment plus simple à réaliser dans le cas de constructions neuves et groupées, mais est aussi praticable pour des logements anciens, lorsque la nature et la superficie du sol, ainsi que son accessibilité, le permettent. Une analyse du sol sera toujours la première démarche à effectuer, plus d’infos auprès d’Estelle Petitclerc epetitclerc@naturalsciences.be  Une information générale accessible est disponible ICI et aussi LA, déjà depuis 2010. Des réponses individualisées peuvent être fournies par SmartGeotherm, mais actuellement uniquement en néerlandais. Et puis, si vous êtes vraiment intéressé et désirez des idées, Jacques Vercruysse est le champion de la débrouillardise et peut être joint à info@geo-green.be

> à propos de canicule: voici deux compléments d’information  » La vértié, Greta et la canicule «  ainsi qu’un article paru dans Le Monde proposé par une lectrice.

 

Pourquoi aurez-vous trop chaud aujourd’hui ?

… et encore plus demain ? Parce qu’en ville on constate des températures qui peuvent aller jusqu’à 3 à 10° de plus par rapport à la campagne. L’asphalte noir et le béton des bâtiments absorbent davantage la chaleur des rayons solaires que les paysages naturels et ils restituent cette chaleur la nuit. Les arbres créent de l’ombre et ont un effet protecteur et rafraîchissant, grâce à l’eau qui s’évapore des feuilles. À l’inverse, en ville la chaleur qui provient des moteurs thermiques, des embouteillages et des systèmes de climatisation amplifient l’augmentation de température.

A Bruxelles, la minéralisation  croissante de l’espace public – chère à Henri Simons, ancien échevin de l’urbanisme à la Ville – a fait ses ravages. Elle est aussi très tendance parmi les auteurs de projets à qui l’on doit, notamment, la place de la Monnaie et la place De Brouckère, presque sans ombre et avec si peu d’eau (quand la machinerie fonctionne …). On est loin du développement du concept de « forêts urbaines » dont la canicule révèle aujourd’hui toute l’utilité.

Sur l’extrait de la carte de BuzzFeed parue dans l’article de Slate, vous voyez clairement l’ilot de chaleur continu dans le triangle urbanisé Bruxelles/Anvers/Gand. Dans une émission du mois de juin, France Inter énumère quelques timides solutions pour rafraîchir les villes, qui vont dorénavant devoir s’organiser, face à la multiplication des périodes de canicule et des records de pics de température. Un défi à prendre en charge par le nouveau gouvernement bruxellois et qui ne se résoudra pas par la multiplication d’installations d’air conditionné, chez ceux qui peuvent se le permettre, au détriment de la température de l’air extérieur, qui doit absorber leurs rejets.

 

 

 

 

Du neuf pour les propriétaires et locataires

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La presse a ausculté la centaine de pages de l’accord de gouvernement. Il contient, notamment, de nombreuses propositions qualifiées d’ambitieuses en matière de logement, pour pallier le manque de logement moyen et de logement social. L’Echo n’a pas tardé à les analyser. Peut-être êtes-vous concerné en tant que (futur) propriétaire, en tant que bailleur ou comme locataire (social) ?

Extraits. Diverses mesures pour faciliter l’accès à la propriété. Le régime des droits de succession sera modernisé et simplifié. La rénovation durable du bâti sera encouragée grâce à la révision des régimes fiscaux existants. L’accès au crédit du Fonds du logement va être simplifié et assoupli. Un régime fiscal favorable en matière de droits d’enregistrement pour l’acquisition d’une nouvelle habitation propre et unique. Un régime fiscal plus favorable en matière de droits d’enregistrement. Vous en saurez plus en découvrant cet extrait de l’analyse menée par L’Echo. 

Le parc immobilier bruxellois étant relativement ancien, la plupart des bâtiments sont de véritables passoires énergétiques, responsables à eux seuls de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre à Bruxelles. En vue de réduire ces émissions de 35% d’ici 2030, tous les bâtiments bruxellois devront disposer en 2025 d’un certificat C de Performance énergétique des bâtiments (PEB). À l’avenir, il servira de base à l’établissement d’un plan de rénovation personnalisé pour chaque bâtiment, avec un upgrade énergétique obligatoire tous les 5 ans. Là aussi L’Echo s’est livré à une analyse détaillée des mesures qui vont s’imposer aux propriétaires, pour respecter nos engagements européens en matière de climat.

Choisir la  » bonne  » géothermie

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Nous sommes les premiers (après les germanophones) a avoir constitué un gouvernement. Il a défini ses priorités vertes et sociales, que la presse a détaillées. Je comptais vous reparler aujourd’hui d’une énergie urbaine durable: la géothermie. Apparement, je n’en trouve pas trace dans l’accord de gouvernement.

Le signal d’alarme lancé par des sismologues par rapport aux installations de géothermie profonde – qui exploitent la chaleur en forant à plusieurs kilomètres sous terre –  a semé le doute sur la géothermie, que nous avons présentée comme une alternative durable pour notre production d’énergie et la climatisation de nos bâtiments.

Un de nos lecteurs – ingénieur – tient à faire la distinction entre la géothermie verticale profonde et la non profonde. La géothermie profonde, il n’y jamais vraiment cru: vraiment trop cher et compliqué chez nous, pour des résultats peu convaincants du point de vue du rendement énergétique. Si en plus il y a des risques sismiques, il faut évidemment arrêter les frais immédiatement. 

Par contre, il reste convaincu que la géothermie verticale non profonde peut jouer un rôle majeur dans notre mix énergétique, et encore mieux si on peut la coupler au refroidissement passif : on « recharge » alors le sol en calories pratiquement gratuitement pendant l’été, ce qui améliore énormément le rendement des pompes à chaleur en hiver.

Cela sera-t-il encouragé par le programme du nouveau gouvernement bruxellois ?