Archives pour la catégorie Energie

Happy Monday: le retour du train

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Une initiative inattendue dans un monde ferroviaire, qui n’arrête pas de fermer des lignes de train considérées non rentables. Railcoop s’est constitué en société coopérative en vue de réinvestir dans les lignes délaissées du rail. Un poids léger français, qui a cependant de l’ambition. Ses premiers trains de fret pourraient rouler dès 2021 et une première ligne voyageurs pourrait relier directement Bordeaux à Lyon mi-2020. Railcoop entend proposer des wagons confortables, de la place pour stocker vélos, poussettes ou skis avec un prix de base fixé à 38 euros. Six trains circuleraient chaque jour entre les deux villes, soit trois dans chaque sens.  Le magazine en lignes Victoires – bonne nouvelles, qui diffuse l’info, en dit plus ICI.

Si l’objectif est de profiter de l’ouverture européenne du rail à la concurrence, pour prendre des parts de marché à la voiture individuelle, à l’autocar et surtout à l’avion pour les courtes distances, le plan financier restera difficile à boucler, tant que la concurrence déloyale du secteur aérien se maintiendra, grâce à l’exemption de taxe sur le kérosène et de TVA sur les billets d’avion. L’aide que l’Etat belge a décidé d’accorder à Brussels Airlines – et contestée globalement par Ryanair – ne peut rester un chèque en blanc. Cette aide doit être assortie de conditions qui rétablissent une saine concurrence et garantissent une diminution de l’impact environnemental.

Bruxelles Air Libre Brussel nous a transmis un communiqué de Greenpeace, dans lequel l’association environnementale exige notamment la réduction du nombre de vols, une taxation équitable de l’aviation en introduisant une TVA sur les tickets et une taxe sur le kérosène. Les recettes de ces taxes devraient être investies dans des fonds de transition, pour aider à la reconversion des travailleurs dans des emplois de qualité et plus particulièrement dans les transports durables, comme les chemins de fer. Greenpeace a publié une pétition à ce sujet. Vous pouvez la signer ICI. Bon lundi … en attendant le RER bruxellois.

Photos Greenpeace

Une ville accessible

Vous l’aviez imaginé comme cela l’an 2.000 ? Non, il ne nous aura pas tous dotés d’ailes dans le dos, ni même d’un drone – qui se contente jusqu’ici de livrer des marchandises à domicile – pas même un taxi volant ou une voiture autonome immédiatement en vue. Etre plus mobile et plus rapide n’est plus vraiment une fin en soi. Tout à dix minutes de son domicile et pour aller plus loin, l’avenir présage plutôt un partage plus équilibré de l’espace public entre plusieurs modes de transport publics et privés, avec une priorité aux modes les plus doux. Non, on ne va cependant pas mettre votre grand-mère sur un vélo, fut-il électrique. Oui, il va falloir demander un peu plus de discipline et de respect aux adeptes des vélos, trottinettes et autres mono-roues, qui mettent trop souvent les piétons en danger.


Bruxelles 2040 – Etude prospective en matière de mobilité confiée aux bureaux d’étude Technum (devenu Tractebel) et Espaces-Mobilités: un autre partage de l’espace disponible en entrée de ville

Dix ans plus tard – en 2050 – voilà comment Vincent Callebaut imagine les villes: plus denses, plus vertes et dépolluées. Cet architecte visionnaire belge, formé à l’ULB et dans la lignée des cités végétales de Luc Schuiten. Il s’est rendu célèbre par des projets d’écoquartiers à l’allure futuriste, qui intègrent tant les énergies renouvelables que l’agriculture urbaine. Sauf évidemment, si après réchauffement climatique et épuisement des resources, nous finissons tous dans des sortes de favelas – avec tout de même l’eau courante – comme l’annonçait Edgar Morin dans une conférence à Bruxelles. Il en reprend le concept dans une interview, tout aussi visionnaire, où il affirme « qu’il est vital de penser autrement » et il décrit un avenir plus simple, pour une l’humanité contrainte à une frugalité heureuse.

©Vincent Callebaut Architectures – Paris en 2050

 

Roulez, roulez, roulez …

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Roulez, roulez, roulez … et ne payez qu’en automne. C’est ce que j’ai entendu de manière tonitruante de la part de  Mercedes-Benz sur les ondes de la RTBF. Bien sûr, c’est une pub qu’ils payent, mais quand même, entendre cela sur la chaîne publique, juste après une info sur la qualité de l’air qui se détériore à nouveau, après la fin du confinement et le retour des embouteillages. Ce n’est pas ainsi que l’on écartera le spectre de la prochaine crise, qui sera climatique et sans vaccin. Sur son site, Mercedes-Benz confirme la promotion et aucun modèle proposé ne semble électrique, ni même hybride. Pendant ce temps, la FEBIAC annonce fièrement : Toujours plus de Belges roulent en SUV… et retournent vers le diesel !

Actuellement, ni la RTBF, ni le Jury d’Ethique Publicitaire (JEP) ne paraissent s’émouvoir. Le JEP a cependant déjà condamné des campagnes « contraire à la dignité humaine ». Ce n’est pas le cas de celle-ci, il ne s’agit pas de dignité humaine mais « seulement » de santé humaine et de ressources difficilement renouvelables. Le JEP s’est pourtant donné pour mission d’assurer « une publicité loyale, véridique et socialement responsable ».

Il n’y a plus de publicité pour le tabac, celle pour l’alcool est sévèrement règlementée. Il ne s’agit pas de prohiber la voiture, mais de cesser de pousser à l’achat et à la consommation. « Ma voiture c’est ma liberté », le slogan ne disparaîtra pas de si tôt, surtout après la pandémie, mais faut-il encore permettre d’inciter à « Rouler, rouler, rouler … » ? même pour des professionnels, dont ce peut être l’outil de travail. A quand « Volez, volez, volez, … » de la part de Brussels Airlines, avec une aide probable de 300 millions de l’Etat sans conditions ?

L’avion mis au pas par le covidus ?

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Les Bruxellois survolés, de jour comme de nuit, vont-ils pouvoir retrouver leur santé physique et mentale grâce à un redoutable virus ?

« Moins d’avions et des prix de billets plus élevé : le COVID-19 va ébranler l’aérien. On ne voyagera plus en avion comme avant » c’est Raphaël Meulders qui l’affirme dans La Libre. Il répond aussi à ces deux questions: « Le train, la voiture ou le bus vont-ils supplanter l’avion sur les courtes distances ? »  « Est-ce la fin de l’heure de gloire pour les compagnies aériennes ? ». Le journaliste s’en explique ICI et encore LA. Il est aussi question du remplacement de l’avion sur les courtes distances par le train. Une résolution du PS vise à soutenir financièrement les trains de nuit en Europe, grâce à la taxation du kérosène des avions. Le MR, la N-VA et le Vlaams Belang on voté contre, comme vous le verrez ICI.

Austrian Airlines va recevoir une aide d’Etat conditionnée à des mesures sociales et environnementales. Plus aucun billet d’avion sous les 40 €. « Cette mesure fait de nous des pionniers en Europe” affirme la ministre autrichienne de l’Environnement, l’écologiste Leonore Gewessler. C’est l’un des points clés du plan de sauvetage de la compagnie. Le but ? Lutter contre le dumping “social et environnemental” des compagnies low cost.

On le voit, le développement incontrôlé de l’aéroport urbain de Zaventem et le soutien demandé à l’Etat pour sauver Brussels Airlines ne vont plus de soi aujourd’hui. L’Etat belge serait mal inspiré de ne pas y mettre des conditions. Tout récemment, face à un Arnaud Feist – patron de Brussels Airport Company – qui déclare ICI « À part le PTB, je ne vois pas qui voudrait nationaliser l’aéroport », sept professeurs d’université rétorquent dans une carte blanche « Nationaliser Brussels Airlines est le seul choix d’avenir ».

Industrie automobile: à soutenir ?

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Les acteurs du secteur automobile belge (FEBIAC) proposent de mettre en place une incitation financière à l’achat de véhicules neufs, ce qui aurait – selon eux – l’avantage de relancer le marché et de renflouer les caisses de l’Etat. Un article d’IEW publié par Inter Environnement Bruxelles, révèle qu’ils implorent le gouvernement de leur venir en aide. En s’appuyant sur une enquête fort légère, ils ressassent leur argument fétiche: la voiture, vache à lait des Finances de l’Etat. Une argumentation éculée qui ne tient pas compte des coûts d’entretien des infrastructures et des frais de santé occasionnés par les moteurs à combustion, à une heure où il faudrait plutôt encourager les citoyens à se diriger vers d’autres pratiques de mobilité.

En période d’incertitudes financières, le remplacement de son véhicule ne relève pas d’une dépense prioritaire ou essentielle, surtout pour des citoyens dont les revenus ont été lourdement impactés par la crise sanitaire. Le parc automobile belge est globalement jeune. La durée de vie optimale d’un véhicule, pour réduire son empreinte CO2, se situe entre 15 et 20 ans (source : T&E. 2018. CO2 émissions from cars : The facts). Aucune raison donc que l’Etat encourage le consommateur à racheter une nouvelle voiture, les nécessaires zones de basses émissions (LEZ) occasionnent déjà suffisamment de dépenses pour certains citadins.

Une taxation des formes de mobilité non durables et l’abandon des avantages indus (comme la voiture de société) ne devraient-elles pas alimenter le budget de l’Etat ? afin d’atteindre au plus tôt une certaine résilience. Un mesure nécessaire qui pourrait aussi générer de sérieuses économies.