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Co-habiter ?

Billet d’humeur

J’ai travaillé quatre ans aux Etangs Noirs, voilà pourquoi ce reportage molenbeekois de La Libre m’interpelle. Il relate l’expérience vécue par un certain nombre de jeunes flamands, qui ont fait choix de s’installer à Molenbeek. Ils y vivent et souhaitent co-habiter avec la population existante. Ils organisent parfois des activités festives ouvertes à tous, avec plus ou moins de succès. La plupart s’accrochent. Certains pensent qu’ils ne restent que parce que les loyers y sont moins chers …

On peut sans doute leur reprocher de préférer traverser le canal le soir pour aller boire un verre au Walvis. Mais que faut-il penser des salons de thés sombres de Molenbeek, où ils ne sont généralement pas bien accueillis pour un bière avec leur copine ? Les habitants de Molenbeek – qui y ont remplacé les travailleurs italiens et espagnols – considèrent-ils être aujourd’hui chez eux à Marokebeek de manière immuable ? Pensent-ils pouvoir imposer leur mode de vie à tous ? Répéteraient-ils le genre d’exclusion dont ils ont eux-mêmes été victimes ?

« Les jeunes flamands chassent les locaux ». Les locaux ne chassent-ils  pas les nouveaux venus qui ne partagent pas leurs habitudes ? Sauf à considérer que le vieux Molenbeek ou Anneessens doivent rester des enclaves marocaines, ne faudrait-il pas y favoriser une mixité active et joyeuse ? N’est-ce pas plutôt à Woluwe ou à Ixelles qu’il faudrait construire de nombreux petits logements à prix sociaux, si là aussi on souhaite une mixité active ? Ce n’est pas le clientélisme politique actuel qui y poussera. Moi j’y crois, malgré une opposition tenace et argumentée à coups de « gentrification » et du confort de tous les « entre-soi ».

Une mixité choisie.

Le CPAS de Saint-Gilles vient d’acheter, rue de Suède, un immeuble complètement à l’abandon. Un article de BX1 précise que le CPAS va le rénover grâce à une subvention de la Région, en vue d’y aménager sept logements de deux à quatre chambres, dans un délai de moins de trois ans. La confirmation d’une politique affirmée de dispersion des ménages sur le territoire.

Cette opération va permettre à la fois d’éliminer un chancre urbain, d’aménager de grands logements pour les familles, d’accroître la mixité sociale et de créer du logement à tarif social sans consommer de terre arable. Bingo ! De plus, les nouveaux habitants bénéficieront des infrastructures de proximité et des écoles existantes. Il ne restera qu’à planter quelques arbres de plus.

De tels logements peuvent être rapidement mis à disposition d’une population à faibles revenus. Cette dispersion volontaire nous change des grands ensembles en béton qui rassemblent de trop nombreuses personnes précarisées, dont les enfants se retrouveront aussi massivement dans les écoles environnantes avec l’étiquette stigmatisante « enfants du Foyer Communal ». Ni spectaculaires, ni médiatiques, de telle opérations permettent aux communes d’accroître leur trop faible parc de logements publics à loyer modéré. Leur pourcentage par commune va vous étonner.

Picqué: un mauvais socialiste ?

A la veille de son départ, Charles Picqué livre sa différence à Bruzz. Extraits.

Mixité sociale. Saint-Gilles jouit d’une grande mixité sociale. C’est en partie parce que nous avons acheté une série de maisons (180 bien réparties). Il ne faut pas concentrer les résidents vulnérables en un seul endroit. On opte trop souvent pour des solutions de facilité: des appartements superposés comme des kots à lapins. Notre mission n’est pas de constituer des réserves de pauvres ! Nous ne pouvons pas changer la ville juste pour gagner des élections.

Gentrification. Nos revenus ont augmenté parce que de nouveaux résidents payent plus d’impôts. Nous sommes devenus si attrayants que des dangers nous guettent. De plus en plus de personnes achètent ici pour investir et le coliving se développe exagérément. Nous continuons à être présents pour les résidents moins fortunés, avec nos propres logements moins chers et nos offres sociales, pour un équilibre entre la dynamique économique et la solidarité.

Parcours d’intégration. J’ai toujours trouvé très hypocrite de laisser entrer autant de nouveaux arrivants et, dans le même temps, de ne dégager aucune ressource pour gérer ce flux et donner une formation.

Abattage sans étourdissement. J’aurais sans aucun doute voté pour son interdiction. Mais il faut entamer un vrai dialogue avec les communautés musulmane et juive pour expliquer le sens de cette interdiction. Il faut aussi s’attaquer au bien-être global des animaux. Le fond de l’affaire c’est qu’on veut se garder des parts de marché en vue des élections.

Une pauvreté intolérable.

Lorsque l’on lit que « 50% des Bruxellois seraient dans les conditions d’obtenir un logement social » on ne peut s’empêcher de penser que le problème n’est pas tant le manque de logements, que la pauvreté de la moitié de la population, qui ne peut y accéder. Le baromètre 2020 de la pauvreté le démontre et en 2021 cela empire. S’attaquer aux causes de la pauvreté d’autant de familles est un combat qui s’impose au cœur de la ville la plus riche d’Europe, après Luxembourg. La vieille théorie dite du « ruissellement » de la richesse a démontré son manque de pertinence.

Les diverses aides ponctuelles accordées aux chercheurs d’emploi, aux « articles 27 », aux bénéficiaires du R.I.S, de la GRAPA ou du BIM, du tarif social de l’énergie, … n’ont pas réussi à sortir les personnes de la pauvreté. Oui, il faudrait plus de logements bien isolés et à des prix abordables. Oui,  les communes doivent impérativement accroître le nombre de leurs logements publics. Oui, des initiatives comme la gestion publique de logements inoccupés ou de l’immobilier social privé sont bienvenues, mais ne dispensent pas d’une revalorisation des bas salaires, trop souvent octroyés à des fonctions dont l’importance a été démontrée durant la crise de la Covid19.

Passer son enfance dans une famille pauvre a souvent des conséquences dramatiques. L’école, qui doit promouvoir une plus grande égalité, constitue toujours un véritable marché, dans lequel on constate que les enfants pauvres sont trop souvent exclus des meilleurs établissements et leur taux de redoublement semble excessif et décourageant. Bruxelles eut-elle espérer imaginer un futur avec la moitié de sa population en situation de pauvreté ?

Happy Monday: des réductions

Face à la diminution de notre pouvoir d’achat, quelques mesures de soutien ont été mises en place à Bruxelles et ailleurs. D’autres sont à l’étude, notamment à l’UE pour contrer les prix de l’énergie. Nos voisins font-ils mieux pour lutter contre l’inflation ?

Maisons moins chères. Même si les Bruxellois ont moins de briques dans le ventre que la plupart des Belges, l’accès à la propriété reste un rêve limité par les prix de vente qui ne cessent d’augmenter. Le gouvernement régional vient d’approuver un avant-projet de diminution des droits d’enregistrement sur l’habitation principale. Plus de détails dans cet article du Soir.

Partout pour 9€ par mois. C’est l’expérience de 3 mois que va mener l’Allemagne dès le 23 mai, pour promouvoir la diminution de l’usage de la voiture individuelle. Avec un abonnement mensuel à 9€, tous les voyageurs pourront emprunter les transports en commun – réseaux urbains et trains régionaux – au prix unique de 9 euros par mois.

Encourager la géothermie. Energie durable et locale, la géothermie est insuffisamment  exploitée à Bruxelles, alors que nous cherchons notre indépendance énergétique. C’est pour en faciliter l’accès que deux députés de l’opposition demandent une étude et une meilleure gestion du sous-sol bruxellois.