Archives de catégorie : Logement

NÉO se fait vieux

Plus de 10 ans que les projets visionnaires NÉO se succèdent pour reconfigurer un plateau du Heysel plutôt disparate. Les tuiles se sont accumulées après l’échec du stade national, la suppression du centre de congrès et de son hôtel de Jean Nouvel, le maintien du stade roi Baudouin, les permis recalés ou retardés par des actions en justice et les énormes indemnités réclamées par tous ceux qui ont travaillé sur des projets finalement abandonnés.

NÉO se met en valeur ICI avec de merveilleuses visions d’artistes, qui ne se réaliseront jamais. Inter Environnement se montre très critique dans cet article qui règle ses comptes avec NÉO. Même Ecolo, qui fait partie de la majorité à la Ville, se montre frileux sur la poursuite du projet commercial, dans cette analyse de Bruzz. La RTBF parle d’un projet de palais des congrès NÉO 3 pour sauver Brussels Expo, en difficulté depuis la Covid-19 et avec la fin des grandes foires commerciales. Ce projet semble de plus en plus mort-né, et peut-être faut-il s’en réjouir, même si son président affirme que son abandon n’est pas à l’ordre du jour.

Depuis 10 ans le monde a changé et ces projets novateurs de l’époque apparaissent aujourd’hui bien obsolètes, avant même d’être sortis du sol. Ce temple du commerce de 72.000 m2, qui devait financer le centre de congrès, n’a plus de raison d’être quand on veut favoriser la ville à 15 minutes et les commerces de proximité. N’est-ce pas à la Région, plutôt qu’à la Ville, de se remettre à la table pour y dessiner un morceau de ville du futur. Une grande mixité de logements, composés de constructions passives avec des toitures vertes et puis aussi des crèches, des écoles et un plan d’eau nageable. Tout cela parmi les vestiges bien intégrés des différentes expositions universelles entourés d’espaces verts remarquables à mettre en valeur. 

Happy Monday: un si beau dimanche

Après ce paisible dimanche sans voitures, quelques bonnes nouvelles pour le futur de la ville, dont un tout premier festival Nourrir Bruxelles, dont voici l’alléchant programme.

Bureaux reconvertis. En 2018 et 2019, un nouveau logement  bruxellois sur cinq était auparavant un bureau, souvent de vieille génération.  Avec 20% de bureaux en moins, des quartiers plus mixtes pourraient commencer à préfigurer la ville de demain: la ville à un quart d’heure. Le quartier nord aimerait en devenir un exemple. Vu les exigences accrues en matière de lumière, de verdure, de jardin ou de terrasse, tous les bâtiments de bureaux ne seront cependant pas aptes à accueillir des habitants. Faudra aussi veiller à disposer d’écoles et de crèches aux alentours. 

Mieux répartir la richesse.  A Pékin, Xi Jinping, la joue Robin des Bois. La Chine affirme vouloir mener une nouvelle politique visant à garantir une « prospérité commune » dans le pays. Autrement dit, une répartition moins inégale des richesses. Reste à voir comment le parti va s’y prendre. La recette sera-t-elle applicable à Bruxelles ? Ville riche avec un taux de pauvreté en nette croissance et une classe moyenne qui se paupérise à son tour.

Un 10 octobre capital. Un grand nombre de citoyens ont déjà bloqué le 10 octobre dans leur agenda pour soutenir les jeunes qui vont défiler dans nos rues pour faire pression sur la classe politique en vue d’une action beaucoup plus résolue en faveur du climat. « Le prochain gouvernement sera le dernier qui ait encore le pouvoir d’influer sur les changements climatiques en cours ». Serez-vous à la gare du nord à 13h le dimanche 10 octobre,  à la veille de la capitale COP26 à Glasgow?

Photo by Kyle Ryan on Unsplash

Les jeunes paieront-ils le prix ?

Paieront-ils le prix des dettes que nos gouvernements accumulent « pour sauver l’économie » ? Une politique que l’Europe a soutenu et continue à soutenir. La Banque centrale européenne (BCE) ne prévoit pas d’atténuer son soutien d’urgence pandémie et pourrait maintenir les taux d’intérêt bas au-delà de mars 2022. Les économistes craignent que les prochaines générations n’aient à payer la facture.

Business AM consacre un article documenté à cette situation inédite qui se prolonge. « Les économistes d’ING résument la politique monétaire actuelle: la banque centrale injecte de l’argent frais dans l’économie en achetant des obligations et des titres, il n’y a plus de limites. L’abandon progressif du soutien d’urgence et la perspective d’une hausse des taux d’intérêt ne semblent plus être programmés et deviennent une « nouvelle normalité ». Qu’en pense la génération Covid ?

La dette publique accumulée de la zone euro a pour la première fois dépassé la barre des 100% du produit intérieur brut. Des signes visibles: les prix des logements néerlandais ont augmenté à un rythme jamais vu depuis vingt ans et à Bruxelles aussi, l’achat d’un logement par les jeunes pourrait devenir inabordable sans le soutien financier de la famille. Faudra loger plus petit ou ailleurs. C’est sans doute à cause de la complexité de la stratégie que la génération covid ne réalise pas encore pleinement ce qui se passe et ne se révolte pas davantage contre les agissements de leurs aînés au pouvoir. Certains se sentent infantilisés et contraints de subir une grande passivité, d’autres se préparent à manifester.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20373

photo de manifestation d’origine inconnue

photo par Tumisu de Pixabay 

Des vacances … pas pour tout le monde

Après des mois de confinement et une météo diluvienne – qui affecte très durement nos voisins wallons – les Bruxelloises et les Bruxellois aspirent à une période de vacances. En Belgique ou à l’étranger, avec toutes les précautions d’usage … en espérant que le virus ne fera pas une nouvelle apparition lors du retour des vacanciers.

Bruxselsfuture sera aussi en mode vacances jusqu’au 15 août. Il n’y aura donc plus de billets quotidiens à propos de l’avenir de Bruxelles, mais nous garderons l’œil ouvert sur l’actualité bruxelloise et ne manquerons pas de vous revenir, si l’urgence l’impose.

L’actualité tournera sans doute au ralenti, même si la situation des 470 personnes sans papiers – en grève de la faim depuis 52 jours – est de plus en plus dramatique et revient enfin au premier plan. Faudra-t-il des morts pour que le gouvernement prenne ses responsabilités et désigne un médiateur ? C’est ce qu’exige la carte blanche « Mourir pour des papiers » rédigée par un collectif de signataires belges et internationaux, dont plusieurs lectrices et lecteurs de ce blog. Un autre lecteur vient aussi d’adresser une lettre ouverte aux parlementaires.

des photos transmises par des lecteurs et publiées sans sources connues vu l’urgence

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20357

Logements ou espaces verts ?

Controverses bruxelloises

Limité à ses 19 communes, l’espace disponible de la Région de Bruxelles s’avère restreint et précieux. La ville ne peut (heureusement) s’étaler sans fin. L’utilisation du sol suppose donc des choix. Choisir c’est renoncer. Pallier à la pénurie de logements ? ou répondre à la demande d’espaces verts de proximité des habitants ? Les controverses et les polémiques ne manquent pas, de la Ferme du Chant des Cailles à la Friche Josaphat et des logement sociaux supplémentaires à Molenbeek aux excès de « gentrification » des rives du canal.

Le manque de logements sociaux dans certaines communes et de logements conventionnés pour la jeune classe moyenne, justifient les permis de construction durable accordés par la Région sur les dernières friches disponibles. Des groupes de pression environnementaux ou partisans de l’entre soi retardent ou limitent leur mise en oeuvre, tandis que la rareté de l’offre de logement abordable contribue à l’augmentation constante des prix. Pourquoi pas l’ajout d’un ou deux étages sur des immeubles existants ? la réhabilitation de très nombreux immeubles à l’abandon ? la transformation des bureaux excédentaires en logement ? tout cela sans emprise sur le sol.

Le manque d’espaces verts de proximité dans certains quartiers justifie une opposition au lotissement d’un certain nombre de terrains, quand ce n’est pas au nom du maintien de la biodiversité. Une densification harmonieuse de la ville ne permettrait-elle pas le maintien d’espaces verts existants tout en évitant de miter complètement la campagne de la périphérie de Bruxelles ? Le retour d’une certaine agriculture nourricière peut-elle justifier l’existence des 3 hectares de prairies pour faire paître 5 vaches en ville ? Des choix judicieux ne s’imposent-ils pas eut égard aux pressions exercées par le lobbies du béton tout comme par les adeptes du « not in my backyard » ?

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20269

photos be sustainable brussels et BX1