Archives pour la catégorie Logement

Des vacances … pas pour tout le monde

Après des mois de confinement et une météo diluvienne – qui affecte très durement nos voisins wallons – les Bruxelloises et les Bruxellois aspirent à une période de vacances. En Belgique ou à l’étranger, avec toutes les précautions d’usage … en espérant que le virus ne fera pas une nouvelle apparition lors du retour des vacanciers.

Bruxselsfuture sera aussi en mode vacances jusqu’au 15 août. Il n’y aura donc plus de billets quotidiens à propos de l’avenir de Bruxelles, mais nous garderons l’œil ouvert sur l’actualité bruxelloise et ne manquerons pas de vous revenir, si l’urgence l’impose.

L’actualité tournera sans doute au ralenti, même si la situation des 470 personnes sans papiers – en grève de la faim depuis 52 jours – est de plus en plus dramatique et revient enfin au premier plan. Faudra-t-il des morts pour que le gouvernement prenne ses responsabilités et désigne un médiateur ? C’est ce qu’exige la carte blanche « Mourir pour des papiers » rédigée par un collectif de signataires belges et internationaux, dont plusieurs lectrices et lecteurs de ce blog. Un autre lecteur vient aussi d’adresser une lettre ouverte aux parlementaires.

des photos transmises par des lecteurs et publiées sans sources connues vu l’urgence

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20357

Logements ou espaces verts ?

Controverses bruxelloises

Limité à ses 19 communes, l’espace disponible de la Région de Bruxelles s’avère restreint et précieux. La ville ne peut (heureusement) s’étaler sans fin. L’utilisation du sol suppose donc des choix. Choisir c’est renoncer. Pallier à la pénurie de logements ? ou répondre à la demande d’espaces verts de proximité des habitants ? Les controverses et les polémiques ne manquent pas, de la Ferme du Chant des Cailles à la Friche Josaphat et des logement sociaux supplémentaires à Molenbeek aux excès de « gentrification » des rives du canal.

Le manque de logements sociaux dans certaines communes et de logements conventionnés pour la jeune classe moyenne, justifient les permis de construction durable accordés par la Région sur les dernières friches disponibles. Des groupes de pression environnementaux ou partisans de l’entre soi retardent ou limitent leur mise en oeuvre, tandis que la rareté de l’offre de logement abordable contribue à l’augmentation constante des prix. Pourquoi pas l’ajout d’un ou deux étages sur des immeubles existants ? la réhabilitation de très nombreux immeubles à l’abandon ? la transformation des bureaux excédentaires en logement ? tout cela sans emprise sur le sol.

Le manque d’espaces verts de proximité dans certains quartiers justifie une opposition au lotissement d’un certain nombre de terrains, quand ce n’est pas au nom du maintien de la biodiversité. Une densification harmonieuse de la ville ne permettrait-elle pas le maintien d’espaces verts existants tout en évitant de miter complètement la campagne de la périphérie de Bruxelles ? Le retour d’une certaine agriculture nourricière peut-elle justifier l’existence des 3 hectares de prairies pour faire paître 5 vaches en ville ? Des choix judicieux ne s’imposent-ils pas eut égard aux pressions exercées par le lobbies du béton tout comme par les adeptes du « not in my backyard » ?

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20269

photos be sustainable brussels et BX1

Quel avenir pour le télétravail ?

La crise sanitaire a donné un fameux coup d’accélérateur au télétravail. Apprécié ou contraint et forcé, le télétravail a changé le mode de vie des Bruxellois et limité les embouteillages aux entrées de la ville. Il aura aussi un impact considérable sur l’immobilier de bureaux bruxellois, désormais excédentaire, mais pas seulement. L’absence de liens sociaux entre employés a souvent été durement ressentie et les nombreuses conférences virtuelles Zoom n’ont pas pu remplacer les rencontres informelles autour de la machine à café.

Pour celles et ceux qui ne disposent pas d’un bureau à leur domicile ou qui ont dû le partager avec les autres membres de la famille, cela n’a pas toujours été facile. Ne parlons pas de l’ordinateur unique qu’il a fallu se disputer dans certaines familles, ni des connexions toujours trop lentes. Si le télétravail doit se poursuivre au-delà de la crise sanitaire, il va falloir se poser la question du bureau idéal, tant celui qu’offre l’entreprise que celui dont le télétravailleur peut disposer chez lui avec indemnités. Continuer comme avant ne serait pas la meilleure option pour attirer et fidéliser des talents.

The Conversation révèle les résultats intéressants d’une enquête effectuée en France à propos du télétravail – subi ou souhaité – suite au confinement. Le bureau idéal: bureau personnel ? bureau paysager ? « flex office » ? ou « tiers-lieux » ? Quels espaces pour accueillir le télétravailleur et limiter des déplacements inutiles et de longues pertes de temps ? L’enquête montre que les habitudes ont encore la peau dure. A Bruxelles, ce qui se dit, c’est que ce sont les personnes qui résident en périphérie de la ville qui apprécieraient le plus le télétravail et rechigneraient même parfois à revenir travailler « au bureau ». Celles qui résident en ville seraient plutôt en faveur d’un partage du temps de travail et apprécieraient les espaces de coworking, mieux équipés que leur domicile, mais plus proche que leur lieu de travail habituel. Affaire à suivre.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20251

Un portrait de Bruxelles

Bruxelles aligne les plus. Les meilleurs comme les pires. C’est la ville la plus jeune du pays, la plus cosmopolite, la plus pauvre, la plus riche, la plus fragile, la plus inégalitaire, la plus clivée. C’est un article assez complet du journal Le Soir qui fait le point sur la situation, sur base du rapport 2020 de l’Observatoire de la Santé et du Social. Le confinement a révélé de manière criante les inégalités en termes de situation de logement et de cadre de vie. Les inégalités sociales de départ se sont encore amplifiées.

La ville la plus jeune. Age moyen: 37,6 ans, pour 42,9 en Flandre et 41,6 en Wallonie.
La plus cosmopolite. 58 % des Bruxellois.e.s ne sont pas né.e.s belges. 74 % ont une origine étrangère – parce que un des parents a (eu) une autre nationalité. Il n’y a cependant que 35 % de la population qui est de nationalité étrangère, notamment grâce aux déclarations et naturalisations. Les Français sont en tête des étrangers, devant les Roumains, les Marocains et les Italiens. 
La plus pauvre. 31 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, contre 10 % en Flandre et 18 % en Wallonie. 20% de la population vit avec un revenu de remplacement. 
La plus riche aussi. Le PIB est de 71.412 euros – contre 30.236 en Wallonie et 42.249 en Flandre – mais cette richesse bruxelloise profite en partie à la Flandre et à la Wallonie, où résident nombre de navetteurs, qui contribuent à la richesse de Bruxelles, mais dont  une partie importante des contributions retourne à leur Région de résidence.

La plus fragile. Plus d’un adulte sur cinq vit dans un ménage dont aucun membre ne travaille à plus de 20 % d’un temps plein.
La plus inégalitaire. C’est en Région bruxelloise que les inégalités de revenus sont les plus marquées, que l’inégalité entre hommes femmes au travail est la plus importante.
La plus clivée.  La ville est fracturée en deux: première couronne contre seconde, rive gauche du canal contre droite. Le taux de chômage oscille entre 8 % à Woluwe-Saint-Pierre pour 22 % à Molenbeek, où l’âge moyen est de 35 ans contre 42,4 à Watermael-Boitsfort. Le retard scolaire en secondaire est de 3 % à Woluwe-Saint-Pierre et de 14 % à Saint-Josse.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20178

photo Objectief et clichés multiples d’origine inconnue …

Le « cohousing », une opportunité ou un problème ?

La rareté et le prix des logements de qualité à Bruxelles ont contraint un certain nombre de jeunes Bruxellois à se montrer créatifs en louant à plusieurs une maison ou un grand appartement. Ils se le partagent avec succès ou tant bien que mal. A côté de ces organisation spontanées, des professionnels sont de plus en plus nombreux à acquérir de vastes demeures en centre-ville, pour y aménager de grands espaces communs entourés de chambres individuelles. Une forme de  « cohousing » que la Région n’a pas vu venir, tout comme précédemment avec le phénomène Airbnb.

La formule a du succès auprès de jeunes qui ont un job et sont heureux d’habiter la ville, de bénéficier d’une chambre privative et de partager une grande salle à manger, une cuisine et parfois même une salle de cinéma, une salle de yoga ou un salon commun avec une table de billard. Tout cela aménagé avec un certain caractère et souvent avec des matériaux et des meuble recyclés. On ne peut que se réjouir de voir ces grands immeubles connaître une deuxième vie et retenir à Bruxelles des jeunes qui aiment la ville et qui ne rêvent heureusement pas de se tirer à la campagne.

La Région n’a rien prévu pour encadrer ce nouveau mode d’habiter, ni même exigé une demande de permis. Alors, les échevins de l’Urbanisme de Saint-Gilles, Ixelles et Bruxelles Ville, qui ont plusieurs centaines de chambres en « cohousing » sur leur territoire, ont pris les devants dès le 17 juin, avec leurs propres « recommandations » qui ressemblent quelque peu à une traque au « cohousing ». Cet article de Bruzz en dit plus. Vous en trouverez la traduction et l’article du Soir dans le pdf ci-dessous. Il y aurait beaucoup à dire sur les remarques négatives des trois échevins qui redoutent notamment une densification de la ville  (préfèrent-ils l’étalement ?) et agitent bien sûr la prévisible allusion à la « gentrification ». Retenir les jeunes avec des revenus en ville n’est-il pas souhaitable pour composer une ville mixte au coté du logement familial et du logement social ?

https://bruxselsfuture.com/?p=20132&preview=true

Cohousing et les trois échevins. Photos Le Soir – Mathieu Golinvaux et Dominique Duchesnes