Archives pour la catégorie Logement

Les bas salaires pourraient augmenter

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Syndicats et patrons en parlent. La compétitivité des entreprises est évidemment sur le tapis. Mais à moins d’aligner nos salaires sur ceux du Bangladesh, nous ne serons évidemment jamais gagnants dans la production d’articles manufacturés de base, sans vraie valeur ajoutée. Par contre, actuellement, la différence entre un bas salaire et une indemnité de remplacement est tellement faible, qu’elle ne stimule pas la recherche d’un travail. C’est là qu’une revalorisation de 58 € brut des salaires les plus bas (avec diminution des cotisations sociales ?) pourrait faire la différence, tout en améliorant le niveau de vie des travailleurs et travailleuses concerné.e.s,  qui ont déjà subi une baisse de leur salaire réel depuis 2014, selon un rapport de l’OCDE.

 Avec un salaire de 1713 € brut – plutôt que 1.665 € – et donc un net d’un peu plus de 1.000 € par mois (en fonction de la situation familiale) il serait (un peu) moins difficile d’affronter la hausse du coût de la vie et celui du prix des loyers à Bruxelles, où plus de 40.000 personnes sont dans les conditions pour bénéficier d’un logement social, mais n’arrivent pas en disposer.
Vous aurez un bon aperçu des niveaux de salaires à Bruxelles et en Belgique ICI.

Selon un article de L’Echo,136.000 travailleurs du pays pourraient bénéficier de cette mesure, si le « groupe des dix » arrive à se mettre d’accord et si le prochain gouvernement fédéral consent à réduire (temporairement) les charges sur les salaires inférieurs à 1.900 €, comme l’exigent les patrons. A Bruxelles, cette revalorisation des salaires les plus bas pourrait diminuer quelque peu la dualisation croissante entre les populations situées des deux côtés du canal.

 

Réunir l’administration

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Les 2.000 agents de l’administration de la Région vont être regroupés en un seul bâtiment, dès que la « Silver Tower » sera achevée à la gare du Nord. Une décision prise avec peu de transparence et peu d’ambition, selon le bouwmeester, qui estime qu’elle est déjà obsolète avant  même d’être terminée. Ne doit-on pas s’étonner de voir la Région louer un bâtiment neuf qui s’équipe de murs-rideaux (1) en verre qu’on croyait d’un autre temps ? A New York, le maire fait obligation à tous les gratte-ciel en verre et en acier de la ville d’être rénovés à grands frais, pour se protéger du soleil et limiter l’usage de l’air conditionné.

Je ne suis pas ingénieur, mais je doute qu’une façade entièrement vitrée et sans aucun pare-soleil puisse offrir une performance énergétique compatible avec les exigences actuelles au niveau climatique. J’attends d’être contredit valablement par les spécialistes.

Il faut espérer que le gouvernement régional se soit entouré de toutes les garanties pour assurer les meilleures performances énergétiques pour ce bâtiment, dans l’intérêt du confort de ses fonctionnaires, de ses charges de climatisation et de la préservation du climat.

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(1) Le mur-rideau (aussi appelé « façade rideau ») est un type de façade légère. C’est un mur de façade qui assure la fermeture de l’enveloppe du bâtiment sans participer à sa stabilité (les charges étant transférées à la fondation principale par des raccordements aux planchers ou aux colonnes du bâtiment). Les panneaux sont donc appuyés, étage par étage, sur un squelette fixe. Le CTB: on ne peut plus vitrer sans un bon contrôle solaire.

Happy Monday ? une ville couverte en gestation

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350 ouvriers travaillent tous les jours sur l’immense chantier de l’ancienne Gare Maritime du site Tour et Taxis entamé en 2016. Il s’agit de restaurer et réaffecter des halles métalliques de 175 m de long, qui reposent sur des piliers de fonte de style art nouveau. La « ville couverte » réalisée par le privé, comptera 45.000 m2 destinés aux commerces, aux showrooms et à des établissements horeca. Elle disposera d’un espace central pour des marchés et des événements du type Eat Brussels et la Fête de la BD déjà inscrits. Dans les étages et mezzanines, 35.000 m2 seront disponibles pour des bureaux, dont 7 sur 10 seraient déjà loués.

Conçu pour le promoteur Extensa par le bureau néerlandais Neutelings-Riedijk – qui a déjà réalisé le MAS à Anvers – la réhabilitation de ce patrimoine industriel se chiffrera 100 millions d’euro. Il comportera également 3.000 m2 d’espaces verts et 10.000 panneaux solaires en toiture. Pour se distinguer des centres commerciaux classiques, les promoteurs veulent favoriser « l’expérience visiteurs et non des achats impulsifs » . On pourrait y passer la journée, disent-ils. Hier, le chantier était ouvert aux visiteurs et Bruzz y consacre un reportage photo à faire défiler ICI.

Tout le monde n’applaudit pas à cette initiative. ICI l’avis bilingue du BRAL. Se pose la question d’une mixité pas acquise pour cette implantation à la limite du quartier populaire « Maritime », les risques de gentrification et de hausse des loyers et la question de l’utilité d’un centre commercial de plus. Question déjà soulevée à propos du méga shopping mall de 72.000 m2 prévu par Néo au Heysel et remis en question par l’opposition récente du gouvernement flamand au tracé d’une route d’accès depuis le ring. La Nuit Blanche de samedi a permis de découvrir l’évolution de l’immense site de Tour et Taxis, appelé à devenir un véritable morceau de ville avec un grand espace vert en bordure du canal. Là aussi, des craintes se font cependant jour à propos de l’insuffisance de logements abordables et d’entreprises urbaines productives.

Deux regards, une interrogation

La réaffectation en cours de la Gare Maritime (photo Bruzz)

 

Partout poussent des bâtiments, quartiers et villes, construits à vitesse ahurissante. Leur durée de vie est si faible qu’on peut les appeler « ruines instantanées »
(photo © Thomas Garnier pour Nuit Blanche 2019)

275.000 Européens vivent à Bruxelles

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Bruxelles accueille une importante population européenne. Brussels Studies y consacre sa dernière étude. Elle révèle qu’en 2018, les ressortissants de l’UE (hors Belges) représentaient 275 000 personnes, c’est-à-dire 23 % des 1,2 million d’habitants qui sont officiellement domiciliés en Région bruxelloise. Une contribution majeure de ces populations à la croissance de la population bruxelloise. De 2000 à 2018, la population de notre Région croit de 960 000 à 1 200 000 habitants. Plus de 55 % de cette croissance est le fait d’étrangers issus de l’Union européenne.

Les Bruxellois issus des nouveaux états membres sont globalement jeunes et majoritairement des femmes. La féminisation de ces nationalités serait liée à une importante émigration de jeunes femmes qualifiées. Toutefois, cette féminisation est contrebalancée par l’augmentation marquée de la proportion d’hommes parmi les Polonais, les Bulgares et surtout les Roumains, bien plus nombreux. Les ressortissants de ces trois nationalités s’insèrent majoritairement via deux secteurs peu qualifiés: le nettoyage pour les femmes et la construction pour les hommes.

Où vivent-ils ? ils sont plus nombreux dans le centre et la première couronne urbaine de Bruxelles et d’autre part, dans l’Est et le Sud-Est de la ville. Cette part peut monter jusqu’à 40 % de la population dans les quartiers à l’Est du Pentagone entre l’avenue Louise et le Square Ambiorix. Le Sud de la Région est lui l’espace de prédilection des Français, tandis que les Polonais, Roumains et Bulgares résident davantage dans des quartiers de l’Ouest de Bruxelles.

La géothermie est-elle rentable ?

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Suite à la question soulevée par un lecteur – qui pense qu’une installation géothermique ne se trouve pas à moins de 40.000 euro – il est nécessaire de faire le point au profit de tous les lecteurs. Le coût d’une telle installation est évidemment variable en fonction de la taille du logement et de la nature du sol disponible pour forer.

Le site français Je change estime qu’il faut compter environ 1m de forage par m2 habitable à climatiser. À titre d’exemple, 2 sondes géothermiques de 50 m de profondeur peuvent suffire pour chauffer une maison de 120 m2. L’acquisition d’un dispositif géothermique représente  effectivement un coût conséquent, puisque selon Je Change, il faut compter entre 100 à 300 € par m2 chauffé. Il ne s’agit cependant pas d’une dépense, mais bien d’un investissement, à partir du moment où l’installation peut être amortie en 3 à 8 ans. C’est pourquoi la Région devrait envisager de soutenir cette transition, par des primes ou des prêts à taux réduits.

Une telle installation est évidemment plus simple à réaliser dans le cas de constructions neuves et groupées, mais est aussi praticable pour des logements anciens, lorsque la nature et la superficie du sol, ainsi que son accessibilité, le permettent. Une analyse du sol sera toujours la première démarche à effectuer, plus d’infos auprès d’Estelle Petitclerc epetitclerc@naturalsciences.be  Une information générale accessible est disponible ICI et aussi LA, déjà depuis 2010. Des réponses individualisées peuvent être fournies par SmartGeotherm, mais actuellement uniquement en néerlandais. Et puis, si vous êtes vraiment intéressé et désirez des idées, Jacques Vercruysse est le champion de la débrouillardise et peut être joint à info@geo-green.be

> à propos de canicule: voici deux compléments d’information  » La vértié, Greta et la canicule «  ainsi qu’un article paru dans Le Monde proposé par une lectrice.