Archives pour la catégorie Logement

Encourager la mixité sociale ?

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La mixité sociale – ou plus platement: le mélange des riches et des pauvres – c’est rompre l’entre-soi. Celui d’Uccle, comme celui de Cureghem. Pas évident du tout de quitter sa zone de confort. De s’installer sur le territoire « des bourges blancs quand on est pauvre et basané ». Et inversement. On continue donc à construire des villas à Uccle et des logements sociaux à Molenbeek. Les enfants se retrouvent donc aussi entre eux dans les écoles de ces quartiers, à l’école communale de Molenbeek ou à Dachsbek et Decroly. Le communautarisme n’est pas loin. La ville duale se développe des deux côtés du canal, dans une sorte d’indifférence générale.

Henri Goldman vient de publier sur son “blog cosmopolite » un réquisitoire contre l’hypocrisie de la mixité sociale. Pour lui, la méthode est éprouvée : « Suffit de monter des projets immobiliers avec un peu de logements sociaux et beaucoup de logements “moyens” inaccessibles aux gens du cru. Généralement sur les dernières friches urbaines disponibles au sein des quartiers les plus denses de la ville qui manquent déjà cruellement d’espaces verts et où les gens étouffent dans leurs logements trop exigus. La pente naturelle d’une telle politique de “mixité” décrétée, si elle n’est pas menée avec d’infinies précautions, c’est l’embourgeoisement inéluctable des quartiers populaires et l’exode de leurs habitants actuels hors de la ville ». Il est rejoint dans son analyse par un article du Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat.

Tout ne réside-t-il pas précisément dans cette nécessité « d’infinies précautions » ? Créer du logement moyen dans un quartier où la commune possède suffisamment de logements sociaux et conventionnés, écarte le risque d’éviction des personnes les moins fortunées. Il est quelques  exemples à Bruxelles où cette mixité fonctionne et semble profiter à tous. Construire des écoles à cheval entre Molenbeek et Bruxelles, ce serait donner aux jeunes l’occasion de se rencontrer et de se connaître. A l’ouverture du Marché des Tanneurs, Il n’y avait sans doute que des bobos, mais chacun a droit à une alimentation saine et payable et aujourd’hui, on y trouve progressivement une clientèle plus mélangée. La vraie question n’est-elle pas finalement le niveau indécent des salaires les plus bas, souvent pour des métiers pourtant de première nécessité ? Avec l’exode continu de sa classe moyenne, Bruxelles ne souffre-t-elle pas plus de paupérisation que d’excès de gentrification ?

 

Impact du coronavirus sur Bruxelles

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Les mesures prises par nos différents gouvernements pour gérer la crise sanitaire déclenchée par l’arrivée du Covid-19 ont eu un impact considérable sur la vie quotidienne des Bruxellois et n’ont pas fini de nous surprendre.

Le groupe de réflexion Aula Magna organise trois rencontres centrées sur l’impact de la crise sanitaire à Bruxelles sur la mobilité, sur le maintien de l’ordre et sur la fonction bureau. Elles se tiendront le samedi de 10 à 12 h à l’Université Saint-Louis, dans les meilleures conditions de sécurité sanitaire. L’inscription sera gratuite, mais obligatoire. Plus de précisions suivront.

Si vous êtes intéressés, vous pouvez déjà noter dans vos agendas

Samedi 3 octobre:  Impact sur la mobilité dans et autour de Bruxelles et développement de la mobilité douce.

Samedi 7 novembre: Impact sur le maintien de l’ordre dans l’espace public à Bruxelles, recrutement et formation du corps de Police bruxellois.

Samedi 5 décembre: Impact sur la fonction bureau à Bruxelles suite au développement rapide du télétravail.

 

Un exode urbain ?

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L’attrait des villes c’est fini. Sauve-qui-peut vers la campagne ?
En réponse à une question, c’est ce que Michel Draguet avait l’air de sous-entendre à l’AG de Quartier des Arts: plus besoin de venir en ville pour découvrir dans des musées, les oeuvres qui sont sur tous les réseaux sociaux. C’est ce que semble aussi indiquer les chiffres de ventes de l’immobilier bruxellois. Ils ont continué à baisser, alors qu’en Flandre et en Wallonie, un nombre record de transactions immobilières a été enregistré le mois dernier. C’est la Fédération du notariat qui l’affirme à Bruzz, traduit ICI avec DeepL.

Un constat cependant loin d’être partagé par les professionnels de la place bruxelloise, courtiers et promoteurs immobiliers, dont vous lirez ICI les confidences recueillies par L’Echo. Même pour les notaires, les chiffres ne laissent pas nécessairement présager un exode urbain généralisé. M. Van Opstal: « La vente de biens immobiliers dans les grandes villes de Flandre et de Wallonie a effectivement augmenté le mois dernier ». A Bruxelles, sur le marché du logement et des appartements pour les acheteurs privés, la présence de verdure et d’un espace extérieur suffisant est devenue capitale. Il n’empêche que les classes moyennes continuent leur exode vers les vertes banlieues.

A Bruxelles: « Les acheteurs recherchent surtout des appartements de séjour avec de grandes terrasses, un balcon ordinaire ne suffit plus. Il y a également une plus grande demande pour la présence d’espaces verts dans le quartier, afin de pouvoir s’aérer. Pour beaucoup, le confinement est encore dans les esprits. Si il devait être réintroduit, ils préféreraient disposer d’un appartement où ils pourraient s’asseoir confortablement à l’extérieur ». Tout cela évidemment, pour ceux qui peuvent se le permettre et qui ne sont pas refroidis par la frilosité actuelle des banques à octroyer des prêts hypothécaires. Peu de choses en vue pour le public qui recherche un logement social – il en manque 40.000 – ou même un logement conventionné, malgré les initiatives de Citydev.

photo Irmgard Mertens

Les leçons urbanistiques du covid

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Les épidémies ont toujours contraint les villes à se remodeler et le Covid-19 a déjà commencé à modifier le visage de Bruxelles. Hippocrate, affirmait que santé et habitat ne cessent de dialoguer. Pour lui, il existe des liens entre les maladies et l’environnement, il faut porter une attention particulière à la dimension sanitaire de l’habitat. L’actuelle pandémie planétaire laissera-t-elle une empreinte sur la manière de construire la ville et ses logements ? sur les cheminements piétonniers, la largeur des trottoirs ou le nombre de pistes cyclables ?  sur la qualité de l’air ?Des questions que se pose Le Monde dans une enquête très documentée.

Choléra et tuberculose ont contraint les villes à se transformer. Un courant hygiéniste est né et a structuré le développement des villes du XIXème siècle. « Chaque fois que la médecine n’était pas capable de juguler des crises sanitaires on a fait appel à l’espace et à l’environnement pour les résoudre à titre préventif». Les sanatoriums aseptisés ont même eu leur influence sur l’architecture Bauhaus. Urbanisme au secours des villes ? vous le verrez ICI dans Demain la Ville et LA dans Slate. Chez nous, le voûtement de la Senne fut la seule réponse face à cet égout à ciel ouvert qu’était devenu la rivière. Les boulevards haussmanniens fut celle des urbanistes.

Plus près de nous, l’émission « Les Experts » de BX1 (anciennementTélé Bruxelles) va s’interroger samedi sur « Les leçons urbanistiques du covid ». Elle abordera la redéfinition de l’espace public dont l’importance ne cesse de croître, vu que nous allons devoir vivre dans des espaces plus petits (vu le prix de l’immobilier) et vouloir échapper aux affres des canicules. La question des terrasses et des balcons sera aussi au programme. De nouvelles règles d’Urbanisme devront permettre l’aménagement de terrasses et de balcons et même les encourager et les soutenir. Où télétravailler sera aussi une question d’actualité. Jean-Jacques De Leeuw animera un débat entre l’architecte Sabine Leribaux d’Architectesassoc, la journaliste BX1 Stéphanie Meyer et moi. L’émission sera diffusée ce samedi à 12h et sera ensuite accessible en boucle sur BX1.

 

Un appartement suspendu

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Coincée entre deux immeubles de 10 étages, une maison de maître bruxelloise agonise depuis des années au 26 boulevard Général Jacques. Plusieurs projets tenant du façadisme ou de la pure spéculation ont été recalés. Un propriétaire et un auteur de projet, qui n’ont pas froid aux yeux, viennent d’oser une intervention contemporaine surprenante: un appartement suspendu 10 mètres au-dessus du bâtiment existant. Et, entre les deux, dans le vide créé, un jardin suspendu.

C’est l’échevin de l’Urbanisme Ecolo d’Ixelles, Yves Rouyet, qui détaille ce projet sur son site. Un projet imaginé par Thomas de Wouters d’Oplinter (maître d’ouvrage-mécène) et les architectes Luc Schuiten et Jacques Ceyssens. Il a reçu un avis favorable et enthousiaste de la Commission de concertation d’Ixelles et de la Commission Royale des Monuments et des Sites, ainsi qu’un soutien quasi unanime des riverains. Et l’échevin de conclure: comme quoi, l’audace paye !

Le propriétaire compte y implanter une fondation culturelle, des logements d’artistes et un logement familial. Sa particularité: restaurer scrupuleusement le patrimoine, porter une grande attention aux enjeux environnementaux et, dans le même temps, oser une intervention contemporaine surprenante: un appartement suspendu 10 mètres au-dessus du bâtiment existant. Et, entre les deux, ce jardin suspendu – imaginé par Luc Schuiten – se développera sur la toiture de l’hôtel de maître.