Archives pour la catégorie Logement

Néo: un projet d’un autre temps

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Imaginé il y a 10 ans par la ville de  Bruxelles – propriétaire du plateau du Heysel – ce grand projet d’urbanisation semble déjà largement obsolète avant même de sortir de terre. Ne devrait-il pas être remis à plat, suite à la situation nouvelle sur le plan climatique, sur le plan consommation et suite à un manque de logements criant ?

Plieurs éléments neufs. Le terrain du stade roi Baudouin n’est plus libre, vu son maintien in situ, faute d’un nouveau stade sur le parking C. Les palais des expositions ont un besoin urgent de rénovation, plus prioritaire que la construction d’un palais des Congrès, selon ses occupants et selon le ministre de l’Urbanisme régional Pascal Smet. Les grands centres commerciaux  de périphérie appartiennent au passé et les 72.000m2 de Néo (2 x City2) sont démesurés par rapport aux besoins locaux et hors de propos pour tenter d’y attirer une clientèle motorisée lointaine (1). Le maintien d’un maximum d’arbres et la création d’un étang nageable pour remplacer Océade s’imposent. Le nombre de logements moyens et sociaux prévu est insuffisant pour répondre à demandes croissante.

Rudi Vervoort et Philippe Close viennent néanmoins d’organiser, en fanfare, une conférence de presse avec les investisseurs, au salon de l’immobilier commercial de Cannes, pour clamer haut et fort que Néo verra le jour à tout prix. Reconnaître que le projet n’est plus approprié et laisser place à une formule plus adaptée à la situation actuelle – en assumant d’éventuels dédits – serait cependant un acte d’humilité apprécié par les citoyens, plutôt qu’un acharnement radical, que l’histoire ne tardera pas à reprocher à nos édiles.

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(1) Si le méga shopping Néo est un succès, ce sera nécessairement au détriment du commerce de centre-ville, du vivotant centre commercial Docks Bruxsel et d’une circulation apaisée. S‘il est un échec, il deviendra un chancre difficilement reconvertible.

 

Bruxsels en chiffres

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Avec 62% de citoyens d’origine étrangère, Bruxelles est la capitale la plus cosmopolite du monde après Dubaï (83,9%).

La Ville-Région compte
5.322 diplomates
1.400 journalistes et représentants de presse
15 à 20.000 lobbyists
300 représentants des régions d’Europe
4.000 militaires et employés de l’OTAN
2.500 autres agences internationales
2.000 compagnies étrangères
150 bureaux d’avocats internationaux

Région riche / Cité pauvre
50% des familles vivent dans des quartiers défavorisés
30% de la population est estimée vivre sous le seuil de pauvreté
8% seulement des logement sont à caractère social avec 50.000 familles en attente
70% des Bruxellois sont locataires
le marché immobilier pousse les résidents les plus pauvres vers la zone du canal

(source Brussels Academy  et beaucoup plus de chiffres ICI sur Mini-Bru)

Les propriétaires vont-ils payer un loyer ?

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C’est l’intention de Gaspard Gantzer – candidat à la Mairie de Paris – qui entend lutter contre les quelques 100.000 logements vides, en faisant payer un loyer aux propriétaires de logements inoccupés. C’est à son programme selon un billet d’Immovlan, à partir d’un article du Figaro;

Faute de louer ou de vendre leur bien, les propriétaires devront s’acquitter d’un montant de 30€ du m2, proche du prix d’un loyer moyen à Paris. Pour un appartement inoccupé de 31 m2, cela se chiffrerait donc à 930 € par mois. Pour un bien de 80 m², le propriétaire devrait débourser un « loyer » de  2.400 euros. Selon le candidat à la mairie, les montants exigés ont pour but d’inciter la remise sur le marché de ces biens inoccupés. Ces sommes pourraient aussi être utiles à la mairie pour construire et rénover davantage de logements.

Ce prix de 30 € du m2 – en moyenne – explique sans doute la surface réduite des appartements parisiens qui oscille autour des 31 m2 selon l’Insee. On peut encore s’estimer heureux de la situation à Bruxelles, même si les personnes en attente d’un logement social s’alignent sans fin sur la liste d’attente. Voilà peut-être aussi pourquoi les Français sont les étrangers les plus nombreux à Bruxelles, avec près de 70.000 ressortissants ayant choisi de venir habiter la capitale de l’Europe …

Un cime contre l’humanité

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« Laisser des personnes dormir dans la rue est un crime contre l’humanité ». C’est Laurent d’Ursel qui assène cette vérité, dans un pays qui ne manque pas de moyens pour assurer une vie digne à tous ses citoyens. Le comte d’Ursel a accepté de livrer une interview très directe, sincère et parfois drôle à Kris Hendrickx de Bruzz. Un vrai reportage à lire à tout prix. Si nécessaire, vous en trouverez ICI une traduction automatique (parfois un peu fantaisiste) assurée par DeepL.

Le rédacteur en chef de Bruzz consacre un éditorial à la situation du sans-abrisme à Bruxelles. Nous l’avons aussi traduit ICI de manière automatique.

Vous verrez également dans ces articles comment soutenir le mouvement bénévole Doucheflux de manière efficace. En attendant, Laurent d’Ursel prend une douche tout habillé …

>>> 2000 acteurs culturels réagissent ICI contre la diète de la culture « laboratoire de la société ».

L’insoutenable parc Maximilien

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A Buxelles, à l’approche de l’hiver, le parc Maximilien nous fait honte. Insupportable pour eux et pour nous. Ce parc n’est-il pas la vitrine de l’incapacité du gouvernement fédéral – comme ceux de la plupart des pays européens – d’apporter une réponse juste et humaine à la situation des réfugiés de guerre, des victimes de mauvais traitements et des personnes qui fuient la misère au risque de leur vie et aboutissent dans nos villes ? Un gouvernement fédéral qui s’avère incapable de leur apporter une aide temporaire, ne serait-ce que des toilettes et un simple toit. La Ville de Bruxelles reste seule, pour tenter de faire face à cette inaction et se voit encore accusée de créer un « appel d’air ».

Dans un contexte d’inhospitalité accrue envers les exilés, un article d’Alternatives Economiques, épingle le vocabulaire révélateur des Etats européens « qui se sont engagés dans une spirale répressive sans fin, visant à contrôler, trier, stocker ces « flux », ces « masses en exode ». Pour contenir les « vagues » de migrants, comme si pesait la menace d’un tsunami, de multiples dispositions s’empilent, visant toutes à réduire l’accès aux ressources nécessaires à la vie : un titre de séjour, un toit, un travail, des soins, des liens… ». « Des catégories sont instituées, différenciant et classant les « vrais/faux réfugiés », « vrais/faux mineurs isolés », « exilés politiques / économiques / sanitaires », « vrais/faux malades »… En toile de fond de ces classifications, se profile toujours le soupçon qui les vise et qui justifierait les situations d’exception dans lesquelles ils sont placés ».

« Reconnaître le visage des migrants comme celui de la condition humaine ». Des Bruxelloises et des Bruxellois continuent sans relâche à les accueillir chez eux pour une nuit, pour une douche, pour un diner. L’amitié et la solidarité succèdent souvent aux appréhensions réciproques, mais cette ouverture ne peut pallier l’absence de politique du gouvernement et de l’Office des Etrangers supposés faire le tri et prendre en charge.