Archives pour la catégorie Identité

La future place Sainctelette

une simulation des architectes Arcadis et d’autres vues de taille plus grande sur BX1

Elle n’a de place que le nom, mais depuis l’arrivée du projet de centre d’art contemporain Kanal à la place du garage Citroën, l’échangeur routier Sainctelette se devait de subir un profond lifting,  pour accueillir confortablement ses visiteurs. Ce sont les bureaux AgenceTer, Karbon et Arcadis qui ont été sélectionnés, pour repenser entièrement le croisement entre la Petite Ceinture et le canal. Les retards se sont accumulés suite à de nécessaires études supplémentaires. Après une phase participative encore mise en place avant la fin de cette année, il y aura le dépôt de la demande de permis au printemps 2021. Les travaux ne commenceront qu’en avril 2022, pour se terminer en 2025, selon Bruzz, en même temps que d’autres chantiers dans le quartier.

A quoi ressemblera la future place Sainctelette ? Une grande esplanade s’installera devant Kanal et une place arborée verra le jour côté Molenbeek. Deux passerelles seront ajoutées sur les côtés du pont actuel, afin de pouvoir mettre trams et le bus en site propre et de réserver un espace protégé pour les piétons et les vélos. Les deux fois deux bandes pour les voitures seront maintenues sur Léopold II, mais les voitures ne pourront plus traverser le carrefour depuis le boulevard de Dixmude. Il était aussi question d’une sortie métro plus proche de Kanal et de Tours et Taxis que la station Yser, mais ce projet ne figure pas sur les plans.

C’est BX1 qui annonce tout cela dans un article d’actualité, mais si vous voulez découvrir les différents aspects de ce nouvel espace, allez donc voir cet autre article très illustré de BX1 de 2019. Avec quelques passerelles de plus, de véritable barrière, le canal pourrait progressivement devenir un trait d’union entre ces deux parties de la ville basse.

 

Happy Monday: vivre les uns avec les autres

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Cela ressemble à un slogan facile ou a un lieu commun, mais lorsque c’est le ministre flamand de l’Intégration et de l’Égalité des chances qui affirme que son objectif est « d’encourager les Flamands à vivre les uns avec les autres et nous plus les uns à côté des autres » on peut se demander comment il va s’y prendre pour en faire une réalité ? Mais l’homme sait de quoi il parle, il a été bourgmestre de Malines. Il a été nommé « meilleur bourgmestre du monde » en 2016 par la City Mayors Foundation pour s’être s’investi, avec sa communauté, dans l’accueil des réfugiés et l’intégration des migrants dans une ville plutôt négligée, qu’il a  transformée en l’une des cités les plus attrayantes de Belgique.

C’est bien du ministre Bart Somers qu’il s’agit. Peut-être serez vous surpris d’apprendre qu’il est élu sur les listes de l’Open VLD. C’est un article de la Gazet Van Antwerpen – heureusement traduit ICI par Daardaar – qui nous apprend comment il s’y est pris à Malines. « Chaque primo-arrivant est encadré par un parrain ou une marraine avec lequel ou laquelle il va passer plusieurs heures par semaine durant un certain nombre de mois. Il apprendra ainsi non seulement notre langue, mais aussi nos valeurs et coutumes. Il étoffera son réseau de connaissances et augmentera ses chances d’accéder à un emploi et un logement. Nous voulons l’étendre à d’autres groupes cibles, comme les personnes dans la précarité, atteintes d’un handicap ou appartenant à la communauté LGBT. Nous pourrons ainsi renforcer les liens au sein de notre société ».

Multiplier les contacts entre les individus, ne pas se contenter de vivre un entre soi confortable. Avec « School in Zicht », Bart Somers compte aussi favoriser la mixité au sein des écoles avec le ministre de l’Enseignement. Non par la contrainte, mais en encourageant les parents à opter pour des écoles mixtes. La société a tout à y gagner. La jeune génération est amenée à évoluer dans une Flandre multiculturelle. Le fédéral gère les arrivées sur le sol belge, la Flandre veille à l’intégration des primo-arrivants, mais les pouvoirs locaux jouent un rôle déterminant dans la participation réelle au projet de société. Un exemple pour Bruxelles ? où la Région a tardé à mettre des programmes d’accueil et d’intégration en route. Alors qu’elle les a enfin rendus obligatoires au 1er janvier 2020 (pour les primo-arrivants non UE), rien ne sera finalement prêt avant le 1er janvier 2021… Même G-L Bouchez au MR regrette ces retards et ces discriminations.

 

Maintenir le lien

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Les rues sont à nouveau désertes. C’est le confinement, saison 2. Retrouverons-nous la fraternité du balcon ? Avons-nous appris du premier confinement ? Ou avec l’hiver et les attentats, celui-ci sera-t-il plus dur à vivre ? Pour y survivre psychologiquement, Euronews a interviewé le psychiatre Serge Hefez, qui évoque d’emblée la nécessité du maintien du lien. « Ce qui permet de supporter les drames à répétition c’est de se sentir reliés les uns aux autres, c’est à dire de sentir qu’on participe d’une communauté, d’une société partageant la même communauté de destin, parce que son sacrifice est pour le bien commun ».

Des discours clivants commencent cependant à apparaître à Bruxelles à la faveur de communications gouvernementales hésitantes. La société se fragmente. Il y a le déni. Il y a les anti-masques et les anti-vaccins. Il y a ceux qui seront les privilégiés du virus, qui vont avoir du travail, contre certains commerçants ou gens du spectacle, qui sont les laissés-pour-compte. Il y a les personnes âgées, qui peuvent se dresser contre des jeunes pas assez prudents. Il y a ces attentats, qui pourraient monter les communautés les unes contre les autres, développer une islamophobie, dont les musulmans seraient les premières victimes. Ils pourraient nous faire perdre ce sentiment de fraternité, d’unité, de solidarité.

La société on la fabrique et elle nous protège. Le peuple multicolore de Bruxsels est encore en construction. Cela va demander plus d’efforts pour maintenir le lien, parce qu’il y a plus d’angoisse ou d’indifférence. « Il va y avoir une tendance au repli sur soi, surtout pour les personnes seules et âgées. Se forcer à téléphoner, envoyer des messages, participer à des réseaux sociaux de confiance ». Serge Hefez de conclure:  Partager, partager, ne pas se laisser confiner à l’intérieur de soi, dans cette solitude. Et The Conversation recommande très scientifiquement … de parler, pour maintenir le lien social pendant l’épidémie.

 

Happy Monday: pas de guerre de religion

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C’est à la cathédrale, que les représentants de la Fédération des Mosquées de Bruxelles ont demandé à rencontrer l’évêque auxiliaire de la ville, pour lui exprimer “en tant que Belges de confession musulmane, leur solidarité avec la communauté catholique, avec tous les frères chrétiens, avec les laïcs, sans oublier les cousins juifs”, comme le relate ce reportage de BX1.

Toute vie est précieuse. “On ne peut tuer quelqu’un au nom de Dieu! Nous croyons en un Dieu de la vie, un Dieu dont la personne humaine est la plus belle de ses créations. Quels que soient les motifs, on ne peut tuer au nom de Dieu”.

“Apprendre à mieux se connaître pour vivre ensemble, les uns AVEC les autres et non les uns ET les autres, parce que c’est là que s’infiltrent les extrémistes” a déclaré Mohamed Belabed, tandis que Jean Kockerols précisait ”Il convient que les responsables religieux réagissent aussi, avec fermeté, avec clarté, ensemble“, en saluant l’initiative de la Fédération des Mosquées de le rencontrer ce samedi. C’est ensemble que chrétiens et musulmans dénoncent tout acte terroriste.

prise de vue extraite du reportage de BX1

Oui, l’architecture c’est politique

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C’est la réponse à la question que pose la Cellule Architectures de la Fédération Wallonie Bruxelles, qui publie tous les trois ans un livre qui dresse le portrait d’architectures contemporaines à Bruxelles et en Wallonie. Pour sa troisième édition, elle publie un inventaire abondamment illustré. 45 architectures exemplaires désignées pour la première fois par des jurys citoyens. Des maisons privées, des habitats collectifs, des lieux de travail, des équipements collectifs et des espaces publics. L’ouvrage recense également 45 actions engagées pour transformer les villes, les paysages et les vies. Un certain aperçu ICI.

Ce sont les deux commissaires chargés de la sélection – un architecte et une historienne – qui ont voulu aller vers les habitants et sortir du cénacle traditionnel des architectes parlant aux architectes. « On veut reconnecter ce livre au monde réel, aux personnes qui vivent dans ces villes, ces places… ». Bruxelles et ses écoles d’architecture on produit parmi les meilleurs exemples d’architecture Art nouveau et Art Déco. Mais après la “bruxellisation », l’architecture contemporaine ne s’est-elle pas avérée pauvre, fonctionnaliste ou simplement postmoderniste ? On en est encore à devoir citer les anciens sièges de Citroën, de Bruxelles Lambert (aujourd’hui ING), de Glaverbel ou de la Royale Belge/Axa, pour illustrer l’architecture bruxelloise d’aujourd’hui …

Peu d’oeuvres bruxelloises grandioses dans ce recueil, mais un véritable renouveau de la part de jeunes architectes soucieux du choix des matériaux, de leur durabilité, de leur recyclage et d’une réelle collaboration avec les habitants. Loin des « quatre façades entourées de thuyas », des maisons souvent modestes, mais aussi audacieuses, qui s’affirment dans leur rue et que ces architectes aimeraient habiter. Faut-il construire ou rénover ? Est-ce qu’on a tous un lieu dans lequel on se sent bien ? Le beau entraîne un sentiment. Saint-Vide / Leegbeek la vingtième commune bruxelloise. Des dizaine de Post-it interpellant de la part de simples citoyens. Vous l’aurez compris, j’aime ce livre et il sera en librairie dès novembre.

photos extraites de « Inventaires #3 de Wallonie-Bruxelles »