Archives pour la catégorie Identité

Une langue qui véhicule plusieurs cultures

_________________________________________

On ne peut plus dire que le Bruxsels d’aujourd’hui soit une ville de culture française, même si la ville comporte toujours une importante minorité de Bruxelloises et de Bruxellois francophones. Par contre, le français reste toujours la véritable lingua franca de Bruxelles, un outil précieux qui permet aux Bruxellois de toutes origines de se comprendre et d’échanger. Une lingua franca qui véhicule donc plusieurs cultures, dont la culture française.

Ce n’est évidemment pas parce qu’un Bruxellois néerlandophone, anglophone ou originaire d’Italie s’exprime en français qu’il participe ou cultive la culture française. C’est en français qu’il exprime sa pensée, avec les accents et les valeurs de sa culture propre, en vue d’être compris par une majorité de Bruxellois. Tous ces efforts méritent le respect et contribuent aussi à enrichir les débats qui se déroulent dans la ville la plus cosmopolite du monde (cependant derrière la ville de Dubaï).

Si demain, le français devait être supplanté par l’anglais comme langue véhiculaire, cette nouvelle lingua franca de notre ville, ne ferait pas de nous des citoyens de culture anglaise. Chacun se contenterait de traduire sa pensée en anglais, sans renier sa culture propre.

Les têtes de listes sur tous les fronts

_______________________________________

A quelques semaines des élections, les têtes de listes des partis sont sollicitées de toutes parts. Les nombreuses associations de la société civile bruxelloise les interrogent tant par écrit que lors de débats contradictoires. Il s’agit de répondre présent lorsque l’on sollicite les voix des membres de ces divers groupes aux centres d’intérêts très variés. Les animateurs ne se contentent généralement pas de la langue de bois. Il s’agit de s’engager, de faire des promesses et puis … de pouvoir les tenir en choisissant bien ses partenaires de coalition.

A Bruxelles, les têtes de listes sont interrogées à propos du survol de la ville, de la fusion des communes, du vote des étrangers, de la taxation du kérosène, de la redistribution des richesses, de l’entrepreneuriat, du salaire minimum, …  et bien sûr aussi à propos de leur programme d’action pour une autre mobilité et une transition énergétique efficace, doublée d’une vraie justice sociale pour son financement. Les médias en feront état.

A titre d’exemple, j’ai épinglé le débat « Pour un Bruxelles multilingue » qui se déroulera à l’auditorium du Palais de la Bourse à l’initiative du Plan Marnix. Les têtes de listes devront expliquer comment ils comptent s’y prendre pour relever le défi que représente l’écart entre les compétences linguistiques des Bruxellois et les exigences linguistiques nécessaires pour un nombre croissant d’emplois. Les recteurs de l’ULB et de la VUB y présenteront aussi leur projet de création d’écoles multilingues et Philippe Close y réagira. Le débat se déroulera le vendredi 26 avril de 18h à 20h. Le programme complet est ICI. L’inscription est gratuite, mais obligatoire ICI.

 >>> Rappel: pour les personnes qui ont reçu une invitation pour le film de Luc Jabon à Bozar le 2 mai: vous devez confirmer votre présence en allant à l’adresse du site d’imagecreation mentionnée dans le bas de votre invitation pour 2 personnes avant le 26 avril.

Un devoir de protection

______________________________________

Tout a été dit sur l’inimaginable incendie de Notre Dame de Paris en pleine restauration. Je m’étonne cependant de ne pas (encore) entendre grand-chose à propos de l’absence de surveillance efficace d’un tel chantier. Alors que des détecteurs de fumée sont obligatoires dans le moindre appartement de Bruxelles, on peut être surpris de constater que rien ne semblait avoir été mis en place pour monitorer efficacement un chantier où soudures et chalumeaux représentent un danger connu et prévisible. L’enquête permettra de voir s’il y a eu manque de prévoyance ou défaillance des systèmes de surveillance en place. Détecté dès son origine, tout foyer d’incendie peut être maîtrisé par les hommes du feu, ce qui n’est plus le cas dès que le brasier s’emballe.

Cette tragédie ne soulève-t-elle pas la question de la conservation d’œuvres d’art majeures dans des églises qui ne peuvent être monitorées et protégées comme le sont des musées modernes ? A Bruxelles, et surtout en Flandre, des oeuvres d’art inestimables, des reliques et des trésors se trouvent conservés dans des églises pour lesquelles ces oeuvres ont été réalisées, mais dont les bâtiments ne peuvent assurer efficacement la protection contre le feu, mais aussi contre les dégâts des eaux, de l’humidité ou contre le vandalisme et le vol.

L’Adoration de l’Agneau Mystique des frères Van Eyck visible ICI en haute définition, a connu bien des aventure et vient d’être restaurée dans toute sa splendeur, mais cette oeuvre est-elle bien à l’abri du feu et des dégradations dans la cathédrale Saint-Bavon ? Malgré toutes les précautions prises, est-ce le lieu idéal pour sauvegarder ce trésor mondial de l’humanité ? L’incendie de Notre Dame de Paris, n’a-t-il pas démontré à suffisance l’impuissance des hommes du feu face à des bâtiments d’une telle ampleur et difficilement approchables ? Autant vitraux, orgue et mobilier fixe font partie intégrante de l’édifice, autant les œuvres d’art qu’abritent les églises pourraient être mieux protégées dans les bâtiments conçus à cette fin. Une réflexion ne s’impose-t-elle pas à Bruxelles comme ailleurs ?

Images Google Arts @ culture & Lukas Art in Flanders 

Bruxelles Grand Ecran

______________________________

C’est à Bruxelles et nulle part ailleurs, qu’il a été possible pour Luc Jabon de tourner ce long métrage à la découverte d’une ville, au fil de ses rues et de ses places et des ses habitants. Une ville qui se raconte sans forfanterie et se donne à voir telle qu’elle est: imprévisible, bordelesque, envahie, non formatée, émouvante, belle, négligée et tellement surréaliste. Le Bruxelles qui se déroule devant nos yeux est celui que nous aimons. Tout le peuple de Bruxelles est là et bien là, avec son sens inné de l’autodérision et dans sa super-diversité. Le film a d’ailleurs failli s’appeler « Bruxelles, ville-monde ».

La ville comme vous ne l’avez jamais vue. Ni documentaire didactique, ni film de propagande touristique, ni plaidoyer social ou historique, ni film de fiction. On ne s’ennuie pas une seconde. Des images superbes de Michel Baudour et des perspectives inconnues grâce à l’usage d’un drone. La ville aux cents comités d’habitants, qui rivalisent d’énergie et d’audace pour revendiquer des espaces à taille humaine et pour jouir d’une vie urbaine de qualité. La musique de Martin Salemi est aussi à l’image de ce jazz inimitable qui fleurit dans les clubs et les caves de Bruxelles, où plane toujours l’ombre du grand Toots.

Le film « Bruxelles-Brussel, une traversée urbaine » sera présenté en avant-première le jeudi 2 mai à 20h dans la grande salle de Bozar, après un verre de l’amitié dans le Hall Horta dès 19h.
Je dispose d’invitations gratuites pour les 20 premières personnes qui en feront la demande à bruxsel@gmail.com

 

 

 

Pour qui voter ?

__________________________________

Ce n’est pas de moi que vous attendez la réponse à cette question qui va se poser à vous trois fois le 26 mai. Toutefois, ceux et celles qui s’opposent au pouvoir excessif des partis ne voteront pas « tête de liste », pour ne pas se contenter d’avaliser l’ordre des candidats décidé par les états majors des partis. Ils pourront voter pour plusieurs candidat.e.s de leur choix sur une même liste, y compris pour des « candidats d’ouverture », qui soutiennent la liste sans être membres du parti. Cela ne manquera pas d’influer sur la liste des élus qui les représenteront dans les trois parlements ainsi que sur le choix des personnalités qui seront appelées à faire partie des différents gouvernements ou de la Commission européenne.

Les électrices et les électeurs qui estiment que la question du climat et d’un partage plus juste des richesses constituent des enjeux cruciaux pour cette triple élection, n’auront pas trop de peine à retrouver, dans les slogans et les programmes des partis, les candidats qui ont agi et prennent des engagements clairs sur ces sujets. Les élections ne sont-elles pas aussi une occasion de soutenir ou de sanctionner pour leur gestion les femmes et les hommes qui étaient en charge au cours de la dernière législature ?

Pour vous aider à y voir plus clair, un « test électoral » a été mis au point par des académiques à l’initiative de la RTBF, la VRT, La Libre, De Standaard, l’UCLouvain, l’Université d’Anvers et Tree company. Il vous permet de répondre « D’accord » ou « Pas d’accord » à une série de propositions pour chaque scrutin (fédéral, régional bruxellois ou européen) et savoir ensuite quels partis sont les plus proches de vos convictions. Je me suis livré à l’exercice et il me semble que cela ne manque pas d’intérêt, malgré les limites du genre.