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Le quartier le plus cool de Bruxelles

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Où se situe le quartier le plus cool de Bruxelles ?
Selon le classement du quotidien anglais The Guardian, à la recherche de quartiers moins touristiques permettant de “réellement entrer dans la peau” des grandes villes européennes, le quartier universitaire du cimetières d’Ixelles occupe la deuxième place parmi les 10 quartiers les plus cools d’Europe, juste derrière Järntorget/Långgatorna à Göteborg (Suède). BX1 et Bruzz annoncent cette consécration.

Bien desservi en transports en commun, mais peu fréquenté par les circuits touristiques, le quartier a gardé toute son authenticité et sa diversité . « Il compte autant de personnes âgées que de jeunes professionnels à la recherche de bars et de nouvelles boutiques. Un nouvel arrivant d’Afrique. ouvrant le restaurant de ses rêves aussi bien qu’un propriétaire de bar belge septuagénaire” . La population étudiante de l’ULB et de la VUB y a attiré,  ces dernières années, de nouveaux talents et investissements.

On est cependant en droit de s’interroger sur l’impact que pourrait avoir cette distinction sur l’évolution du quartier. Ouvert aux voyageurs curieux, que pourra faire le quartier pour empêcher l’arrivée d’un tourisme de masse avide de selfies ? Alors, on garde la nomination pour nous ?

>>>  jusqu’à ce dimanche, la ville s’illumine, ne ratez pas le festival des lumières « Bright Brussels » qui déroule ses fastes de la Porte de Hal à Sainte Catherine en passant par les Marolles. En prélude, l’artiste Koert Vermeulen a imaginé un nouveau monde pour les casernes d’Ixelles, avec son projet See U, il a totalement rhabillé de lumière les anciennes écuries.

Bart De Wever a-t-il gagné ?

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Billet d’humeur

Après avoir passé plus d’un mois à écouter et parlementer en vain avec le Vlaams Belang … et à retarder la création d’un gouvernement flamand, à la tête duquel il a fini par placer habilement son meilleur pion Jan Jambon, Bart De Wever aura tout fait, en coulisses, pour rendre la constitution d’un gouvernement fédéral impossible. L’enlisement de la procédure de formation aurait même fait sortir le roi Philippe de sa neutralité politique, en faisant la leçon à ceux qui ont proféré des exclusives et en passant récemment le tour de Bart De Wever pour transmettre le relais à Koen Geens.

Avec ou sans gouvernement fédéral, une réforme fondamentale de l’Etat va s’avérer indispensable, même pour les francophones généralement “demandeurs de rien”. Non, on ne sauvera pas le pays en niant Bruxelles Monsieur Coens. Henri Goldman propose d’ailleurs une autre coalition miroirEn laissant pourrir la situation et en laissant les partis démontrer que le pays est désormais devenu ingérable – et le serait encore plus après de nouvelles élections – Bart a gagné sur toute la ligne. VRTnews en français pose déjà la question: La date de péremption de la Belgique est-elle dépassée ?

N’est-il pas urgent de prendre les devants et de lancer cette « enceinte spécialement créée » pour définir les contours d’une nouvelle maison commune démocratique, qui reconnaîtrait pleinement l’existence des quatre « peuples » régionaux qui composeraient cette maison commune ? Dans une nouvelle carte blanche Philippe Van Parijs écrit:  … pour assainir nos institutions (…) il y a un certain nombre de proposition plus ou moins radicales, qui n’attendent qu’un espace approprié pour pouvoir fleurir. Et si les politiques n’y arrivent pas, il faut que la société civile les y aide. Qui s’y met ?  « Make Belgians proud again ! »

 

L’espace public en débat

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Trop longtemps accaparé par l’automobile – jusque sur les trottoirs – l’espace public est en transition. Il se se soucie davantage de tous ses usagers, avec une priorité pour les plus vulnérables. Le partage de l’espace public sera au centre du débat, qui suivra une nouvelle projection du beau film de Luc Jabon: « Bruxelles, une traversée urbaine ».

Une rue, ce n’est pas seulement une artère publique où l’on se déplace. Elle recèle à la fois des enjeux urbanistiques, culturels, économiques, politiques et parfois même poétiques ou franchement drôles. A quel prix Bruxelles se métamorphose-t-elle ? Quel est son futur ? Comment les citoyens tentent-ils se réapproprier leur espace urbain ?

Questionner ces enjeux sera l’objet d’un débat, modéré par Philippe Van Parijs, philosophe (UCLouvain et KU Leuven), membre de l’Académie royale de Belgique, initiateur de Picnic the Streets, en présence du réalisateur Luc Jabon et avec la participation de Benoit Moritz, architecte urbaniste, professeur à la Faculté d’Architecture de l’ULB, coordinateur de Metrolab Brussels, membre de l’Académie royale de Belgique, Isabelle Pauthier, députée au Parlement bruxellois, directrice jusqu’en 2019 de l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (ARAU) et Luckas Vander Taelen, journaliste, professeur à la Erasmushogeschool – RITS, auteur de « Brussel. Een stad waar ik van hou »  (2019).

Ce sera le jeudi 13 février de 18h à 20:30 à l’Auditorium Albert II du Palais des Académies, rue Ducale 1. Participation gratuite. Inscription à info@academieroyale.be avant le 10 février.

Happy Monday: un Conseil de la Nuit

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Bruxelles n’aura pas de « Bourgmestre de la nuit » mais bien un « Conseil de la nuit ». La Région vient de créer cette structure, relayée par la RTBF. Elle a pour objet de favoriser le développement d’activités nocturnes, mais aussi de les pacifier. Pourquoi pas des piscines, des salles de sport, des bibliothèques et des musées ouverts en nocturne ? Pourquoi pas des écoles ouvertes le soir pour accueillir des activités citoyennes après le boulot ? La vie ne s’arrête pas à 18h.

Cette bonne nouvelle pourrait cependant en cacher une moins bonne: ce Conseil de la Nuit est essentiellement composé d’organisateurs d’activités nocturnes et sera présidé par VisitBrussels. C’est dire si l’accent est mis sur l’événementiel et sur le tourisme. Sans représentants de la société civile et des habitants, ne risque-t-on pas de mettre l’habitabilité de la ville en question sous la pression des lobbies de l’alcool et de la musique ?

Des associations et des habitants ont l’intention de demander d’être associés à ce Conseil de la Nuit. Certains estiment que des fondamentaux doivent être réunis avant tout développement de la vie nocturne: choix des implantations, isolation acoustique des locaux, respect de l’arrêté régional « Son amplifié », police nocturne équipée de sonomètres, …

>>> L’association 24h Brussels organise un forum « Mind the night », au Beursschouwburg le 20 février à 18h30.

Bruxelles, n’est pas le nouveau Berlin

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Vous vous souvenez du « Brussels is the new Berlin » du New York Times ? confirmé par un article élogieux du Washington Post, mais aussi applaudi par les Inrockuptibles et l’objet d’une analyse poussée de la revue de géographie Belgéo.  Cocorico !  ils situent Bruxelles comme capitale de l’art contemporain, riche de ses chorégraphes, de ses cinéastes, de son opéra,  de ses centres culturels, de ses grandes scènes et de ses lieux alternatifs. C’est exceptionnel pour une ville qui ne compte qu’un gros million d’habitants, mais c’est insuffisant pour concerner et représenter la multiplicité des habitantes et habitants de ce lieu de rencontre unique entre la culture latine, la culture germanique et les cultures du monde. Sans doute encore trop blanc et trop élitaire ? Brussels is not the new Berlin titre The Art Newspaper  Nous pourrions ajouter: … et n’a pas à le devenir.

Aujourd’hui, Bruxelles rêve d’être choisie comme capitale européenne de la culture en 2030. Mais avec quel contenu ? interroge pertinemment Éric Corijn, qui veut que le débat s’ouvre et fait des propositions intéressantes  à découvrir dans Le Soir. Il ne s’agit pas de briller, mais de construire, étape par étape, une culture représentative de la diversité exceptionnelle de la population bruxelloise, qui dépasse de loin le cadre étroit des deux Communautés qui régissent sa culture, comme son enseignement.

Il ne suffira pas de mettre les projecteurs sur Kanal – alimenté par le Centre Pompidou – ni de présenter quelques spectacles exceptionnels destinés à la bourgeoise dans ses lieux préférés. Ce qui serait vraiment exceptionnel, ce serait de faire émerger la richesse de toutes les communautés qui habitent Bruxelles et qui rendent la ville si particulière et si prompte à rire d’elle-même. Loin du Parisianisme ou du So British London, le peuple de Bruxelles doit pouvoir définir et affirmer sa spécificité, sans prétention mais avec conviction. Dix ans ne seront pas de trop pour  y parvenir.

Un rapport de consultation très détaillé est aussi disponible ICI.