Archives de catégorie : Identité

L’identité bruxelloise sur le tapis

Luckas Vanden Taelen s’est livré à une analyse des propos de Bart De Wever publiée dans Bruzz et il vous conseille de regarder A La Carte sur BRUZZ TV ce jeudi. Il en livre un avant-goût en titrant à l’usage des Bruxellois néerlandophones « Bruxelles comme région à part entière: Certains construisent leur propre « guillotine ». Vous lirez son article sur Bruzz avec de nombreux commentaires et si vous ne maîtrisez pas suffisamment le néerlandais, je vous ai préparé une traduction de l’article avec DeepL.com. Il n’est pas exclu que certaines nuances échappent à cette traduction automatique.

Quel avenir pour Bruxelles au sein d’une Flandre indépendante ? Et quel avenir pour la République flamande ? Car le Vlaams Belang l’a déjà annoncé: si les partis flamands obtiennent la majorité en 2024, le Vlaams Belang demandera un vote sur une déclaration d’indépendance. Pour De Wever, ce sera sans lui: « J’ai toujours dit très clairement que l’extrémisme de droite est la maladie de la Flandre et du Mouvement flamand. Un peu comme l’islamisme est la maladie de l’islam. Deux virus qui se renforcent mutuellement ».

 A propos de l’identité bruxelloise qui se développe, Bart De Wever constate sans plaisir: « Il y a une sorte d’aliénation en cours, dans laquelle les Flamands de Bruxelles se comportent aussi de plus en plus comme des Bruxellois flamands ». Et d’ajouter: « Si vous voulez devenir un Bruxellois et que vous rêvez d’une identité bruxelloise, sachez que le lendemain, vous deviendrez un nain politique ». « Les néerlandophones qui vivent à Bruxelles ne se comportent plus comme des compatriotes des Flamands, mais comme des Bruxellois. Cette aliénation est ressentie dans tous les partis ». Et de conclure : « Nous devrions être en mesure de briser cela ».

photo LEO Magazine van de N-VA

Happy Monday: un passé inspirant

Le Mirano 80. L’espace d’un rêve, celui d’un film qui vient de sortir. New York avait le Studio 54, Paris le Palace, à Bruxelles une jeunesse ivre de new wave et de funk électrisait la célèbre piste tournante du Mirano Continental dès le début des années 80. Une avant-garde audacieuse et créative évoquée par ses promoteurs et par de superbes images d’archives. C’est au Vendôme que vous pourrez découvrir le film les lundi 20 et 27 septembre et le lundi 4 octobre à 19:30. A la chaussé de Louvain, le nouveau Mirano fera à nouveau briller les nuits bruxelloises à partir du 1er octobre.

Bruxelles bord de Senne. Comment vivaient les Bruxellois du 14e au 16e siècle ? Vous le découvrirez au fil de l’expo « Down the river »  (tiens en anglais) aux Halles Saint-Géry. Elles présentent l’incroyable collection de vestiges retrouvés à l’occasion des fouilles à grande profondeur, lors de la démolition du Parking 58. C’est tout un mode de vie que cette exposition retrace à travers des objets usuels et même des marques d’élégance et de raffinement. Ramenés soigneusement à la surface du port installé sur les berges de la Senne, qui reliait Bruxelles à la mer. On sait même ce qu’il y avait dans l’assiette de ces Bruxellois. C’est passionnant, c’est didactique, c’est ouvert tous les jours jusqu’à 18h et c’est gratuit.

Plus grand que nousBigger Than Us, un film résolument positif. « Une génération se lève pour réparer le monde. Partout, adolescents et jeunes adultes luttent contre la crise migratoire, démocratique ou climatique, et toute forme d’injustice. Seuls contre tous, parfois au péril de leur vie et sécurité, ils protègent, dénoncent, soignent les autres. La terre. Et ils changent tout ». Alors que tout semble s’effondrer, Flore Vasseur filme des jeunes joyeux et motivés qui nous montrent comment vivre. Ils nous disent ce qu’être au monde signifie aujourd’hui. Le film sera en salle à partir du 29 septembre : Vendôme, UGC, Le Stockel.

image extraite de la vidéo FRPremière

Les musulmans et la vie politique

C’est dans Knack, qu’une chercheuse de l’UAntwerpen publie les résultats de son enquête à propos de la participation des musulmans à la vie politique. C’est ICI que vous trouverez l’article publié en néerlandais et LA une traduction automatique faite avec DeepLcom, moins fidèle au texte d’origine. L’engagement politique ne s’y limite pas au vote: les chercheurs se sont aussi intéressés à d’autres formes de participation politique telles que les manifestations, la signature de pétitions et le boycott de produits et de services. On se rappellera la manifestation foulard: Ni obligation, Ni interdiction.

« Notre démocratie suppose que chaque citoyen doit avoir la possibilité et la liberté de participer aux élections. Les musulmans (ou personnes de culture musulmane ndlr) constituent un groupe d’électeurs important estimé à 25 % de la population de Bruxelles. Alors que la modernité était censée annoncer la fin de la religion en Occident, les sociologues parlent aujourd’hui plutôt d’un renouveau de la religion dans une société post-séculaire. L’islam joue un rôle prépondérant dans la vie quotidienne (de certains citoyens) et apparaît également comme un important marqueur d’identité. Cela donne lieu à des discussions politiques passionnées sur l’intégration (et la loyauté) politique des musulmans, on l’a vu avec l’affaire Ihsane Haouach ».

Selon cette étude, « les musulmans qui considèrent leur foi comme très importante sont souvent plus engagés que ceux qui affirment que la religion a peu d’importance dans leur vie. Les musulmans qui ne se sentent ni entendus ni représentés par les partis politiques sont plus enclins à participer afin d’apporter des changements. Les jeunes musulmans belges ont une plus grande connaissance du système politique que les premières générations et donc aussi un plus grand désir de participer au façonnement de notre société ». La question de savoir s’ils sont réellement entendus fera l’objet d’une recherche future. Si ces questions vous intéressent, nous vous invitons à lire l’article complet renseigné en haut du billet.

Photo by Agnieszka Kowalczyk on Unsplash

Quand il ne se passe rien …

C’est fou tout ce qui se passe, quand il ne se passe rien à Bruxelles. Les voitures à peine rangées, les enfants  sont de sortie. Il y en a partout et de toutes les couleurs. Les vélos aussi, bien sûr. On se croirait à Copenhague … la discipline en moins.  Un vent de liberté. Où sont-ils donc tout le reste de l’année ? Covid oblige, pas de grands événements cette année, ni de grands rassemblements, mais plein de petits événements partout, souvent improvisés.

Dans le tram et dans le métro, du monde. Pas celui qu’on y croise d’habitude. Le piétonnier comme on le rêve depuis longtemps: avec son public des beaux jours habituel, mais en plus des Bruxelloises et des Bruxellois de tous âges, de toutes conditions et de toutes les communes de la Région. A la Bourse, toute seule, une femme superpose des affiches qu’elle colle sur trois panneaux. Ils  se répondent et délivrent progressivement des messages changeants aussi poétiques que politiques. Elle est très applaudie. Le  grand retour des situationnistes ou quoi ?

Avec du beau temps et sans voitures, Bruxelles est une autre ville. Une ville apaisée. Un air de qualité. Des gens qui se sourient, qui se croisent et se parlent. Des gens murmurent: pourquoi pas tous les dimanches ? d’autres: vivement 19h qu’on retrouve notre liberté de circuler en voiture. Meeting Points était le thème des journées du patrimoine, du matrimoine – sorry Heritage Days – le peuple de Bruxelles ne s’en est pas privé. C’était gratuit, pour tout le monde, avec inscription, mais encore sans pass sanitaire.

Exclus de la société ?

Ce n’est pas tous les jours que la N.VA est mise en évidence sur ce blog, mais lorsque la députée flamande Annabel Tavernier déclare que le faible taux de vaccination à Bruxelles est en lien avec l’absence de parcours d’intégration obligatoire, ne s’impose-t-il pas de la citer ? A Anvers, qui se trouve face aux mêmes défis métropolitains et face à une même population multiculturelle, l’intégration des nouveaux arrivants est obligatoire depuis 2004. Le taux de vaccination y est de près de 80 %, alors qu’à Bruxelles on en est à 63%. L’écart entre les deux villes est considérable. L’exclusion sociale, que le Covid SafeTicket va encore renforcer, en sera le prix.

L’article – traduit ICI – que Bruzz lui consacre va plus loin. Bart Somers – ministre du Vivre ensemble, chargé de l’intégration civique en Flandre – y déclare que l’inburgering obligatoire à Bruxelles pourrait aider à l’intégration. « En Flandre, nous faisons des efforts particuliers pour favoriser l’apprentissage du néerlandais et de l’orientation sociale. Chaque nouvel arrivant se voit aussi attribuer un « buddy » personnel, qui peut lui fournir les ficelles de notre société et avec qui il peut pratiquer sa langue. Une politique d’intégration forte offre un tremplin pour mieux participer à notre société. »

C’est n’est que depuis 2017 qu’une ordonnance rend le parcours d’intégration obligatoire à Bruxelles pour les nouveaux arrivants. Il faudra encore attendre 2022 pour que le ministre Maron la mette (enfin) en application. Ce sera trop tard pour les personnes installées à Bruxelles de longue date et ne sera pas applicable aux nombreux primo arrivants originaires des pays de l’Union européenne, notamment des Balkans. Dommage et irréparable. Bien conçu et avec l’attribution d’un buddy, ce parcours obligatoire n’est ni une punition, ni une assimilation, mais peut être un tremplin pour comprendre la société bruxelloise et s’y sentir à l’aise.

Photo by Leon on Unsplash