Archives pour la catégorie Identité

Soudain, une envolée

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Soudain, un lecteur nous laisse ces quelques mots en anglais.
Ils sont simples à comprendre, mais si nécessaire, DeepL les a traduits ICI pour vous.

Suddenly

Suddenly, we slept in one world and woke up in another.
Disney has no more magic and Paris is no longer romantic.

Suddenly, in New York everyone sleeps.
And the Great Wall of China is no longer a fortress.

Suddenly, hugs and kisses become weapons.
Holding hands and walking the parks become outlawed.

Suddenly, not visiting aging parents and grandparents becomes an “act of love”.

Suddenly, our bombs and machine guns, our tanks and artilleries begin to gather dust.

Suddenly, we realised that power is with God alone. And that money has no value when it can’t even buy you toilet paper.

Suddenly, we have been put back in our place by the hands of the universe.

And we’ve been made aware how vulnerably “human” we truly are, when faced with a microbe so powerfully inhumane.

And here in the silence of my room. From a massive city that remains silence
Long for a kiss, long for a hugs. Only God knows when it will come…

Happy Monday: les service essentiels restent assumés

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Non, ils ne peuvent pas télé-travailler. Ils et elles travaillent de leurs mains. Oui, ils ont plein de raisons de se confiner chez eux et de prendre soin de leur famille. Mais elles sont sur le pont et eux aussi. ils font rouler nos bus. Elles soignent les malades. Ils ramassent nos ordures. Elles sont à la caisse du supermarché. Ils balaient nos rues. Elles réassortissent les rayons. Ils conduisent leur taxi. Elles nous tiennent informés, …

A Bruxelles, il y a du courant électrique, l’eau coule du robinet, le tram roule et la nourriture arrive sans interruption. Cela ne va pas de soi en ces temps de confinement. Il faut en remercier tout ce peuple de Bruxelles à notre service. Pas de gros salaires, un travail pas toujours justement reconnu, c’est au courage de ces travailleurs et à ces travailleuses de l’ombre que notre vie en confinement à Bruxelles reste vivable. Nous ne les en remercierons jamais assez. Pourquoi ne pas leur dire: « merci d’être là », lorsque nous les croisons ?

Devant l’adversité les solidarités surgissent de partout. Vous pouvez demander ou offrir des services bénévoles sur un site dédié de facebook. Les Bruxellois font preuve  de beaucoup d’inventivité. Et tous les soirs à 20h, si vous ouvrez vos fenêtres ou allez au balcon, vous verrez vos voisins qui applaudissent ou font de la musique pour remercier le personnel soignant, mais il faut y associer toutes les autres personnes qui sont modestement à notre service et rendent la vie en ville possible. Merci à elles et à eux. Merci à vous.

Applaudir le corps médical mais aussi tous les autres métiers de service
illustration RTBF et Ville de Bruxelles et ICI « Eux ils soignent » une petite vidéo d’une minute et demi

Plus de 400 arbres abattus

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La Ville et la Région parlent sans cesse de planter une grande quantité d’arbres pour contrer le réchauffement climatique et les futures canicules. En attendant de passer à l’acte, ils procèdent à des coupes sombres et en accordent aussi aux promoteurs.  Plus de 400 arbres disparus, sur seulement trois chantiers visités. Allez comprendre.

L’avenue de Stalingrad est méconnaissable sans ses platanes, comme vous le verrez ICI sur les photos avant/après de Bruzz. Ligne 3 du métro oblige. La forêt urbaine romantique des cliniques Saint-Luc, vient de passer sous la coupe radicale des tronçonneuses pour bâtir un nouveau bâtiment. Le campus ULB/VUB n’est pas en reste, depuis qu’un promoteur s’est lancé dans la construction – contestée en justice – de logements au détriment de cette autre forêt urbaine.

A ce massacre, il faut ajouter l’océan de pierre bleue et de béton de la place De Brouckère, qui a perdu ses platanes et se retrouve avec une dizaine de jeunes arbres dans le coin de l’UGC. La place de la Bourse est sur la même voie de minéralisation, ses plantations ont disparu pour se retrouver avec à un seul arbre à côté du MacDo. Tout cela pour pouvoir organiser de futurs et occasionnels grands événements ?

La Région ne devrait-elle pas se doter d’une Madame Espaces Verts (ou Monsieur) qui ferait l’inventaire de nos arbres, des plantations d’alignement et des arbres remarquables. Chaque arbre coupé devrait être remplacé par deux nouveaux arbres. Et pas des plumeaux.

Le coronavirus masque une autre tragédie

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Les décisions drastiques du gouvernement fédéral désarçonnent Bruxelles et tout le pays. Les scientifique les estimaient indispensables. Y a-t-il encore place pour autre chose ? Une certaine empathie pour les tragédies vécues par d’autres que nous est-elle encore d’actualité ? Les médias multiplieront sans fin les articles sur l’évolution de la pandémie qui bouscule le continent et la planète. Tout le reste passera désormais à l’arrière-plan. Et pourtant, je voudrais vous entretenir de la situation des réfugiés de guerre en détresse à la frontière gréco-turque. Face à cette situation dramatique, que le CIRÉ avait déjà dénoncée ICI, une septantaine d’intellectuels européens viennent d’exhorter l’Union européenne à accorder une protection temporaire à ces personnes qui cherchent refuge.Leur brève carte blanche, parue notamment dans Le Soir, mérite d’être lue.

 Après s’être déchargée de ses responsabilités sur la Turquie, l’Union européenne se plaît à saluer le rôle de « bouclier » (dixit Ursula von der Leyen) d’un de ses Etats-membres. La Grèce a en effet été chargée de contrer le flux de migrants, ce qui rend impossible la tâche d’accueillir ceux qui fuient l’horreur d’une guerre menée contre eux par un État criminel. Jean Ziegler, qui s’est rendu en Grèce sur l’île de Lesbos, décrit dans un texte poignant, les conditions inhumaines dans lesquelles sont entassées des dizaines de milliers de personne qui fuient la guerre en Syrie. Cette stratégie, mise en œuvre intentionnellement par la Commission européenne, est une stratégie de la terreur: en créant des conditions inhumaines dans les camps d’accueil il s’agit d’éviter que les réfugiés quittent leur pays d’origine, découragés devant ce qui les attend à Moria, à Samos…

Née des leçons tirées des catastrophes identitaires du XXe siècle, « l’Europe n’a pour légitimité que le respect du droit qui la fonde » disent les signataires de la carte blanche. « Que vaut l’Europe, si elle se fait l’ennemie de ce droit premier et fondamental ? À quoi bon des institutions européennes, s’il est permis aux États membres de refuser les obligations que leur impose le droit européen, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la Convention européenne des droits de l’homme et la Convention de Genève de 1951 ? »

 

Luc Tuymans piège Jan Jambon

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Bozar lui avait consacré une impressionnante rétrospective. Venise l’a reçu en 2019. Le monde entier l’invite et le reconnaît comme un des plus grands artistes contemporains. Jan Jambon voulait lui remettre solennellement le Grand Prix des Ultimas. Qu’allait faire Luc Tuymans, grand pourfendeur du nationalisme ? Il a laissé la chaise vide, mais a envoyé deux jeunes filles récupérer les 20.000€ qu’il va remettre à un studio de danse pour jeunes venus de tous les horizons, Let’s Go Urban, dirigé par Sihame El Kaouakibiaux. La RTBF en dit plus ICI et La Libre en dit plus LA.

Dans son travail, ce qui intéresse l’artiste c’est le résidu des choses. « Ce qu’on voit une fois qu’on a fermé les yeux ». Les images qu’il stocke sont « moches, instables, avec des imperfections qui leur donnent une dimension picturale». Car « dans les peintures, il faut toujours un point faible ».

Comme  le grand Gerhard Richter et comme la sublime Sud-Africaine Marlene Dumas, il accumule des images dans sa tête, leur laisse le temps, ne les utilise pas toujours immédiatement. Il peint ensuite d’une seule traite. « J’ai toujours le trac avant de commencer. C’est une action précise, spécifique, il faut qu’on ressente l’intensité et l’intention. »

une courte vidéo de TV5 Monde

https://culture.tv5monde.com/arts-et-spectacles/expo-le-peintre-belge-luc-tuymans-nous-invite-a-questionner-l-histoire-et-les-traumas