Archives pour la catégorie Identité

Bruxsels enfin décryptée

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Bruxelles, Brussel, Brussels …
Trouvez des réponses de qualité, grâce à un cours en ligne gratuit, entièrement consacré à Bruxelles et ouvert à toutes et tous. Le cours existe en Français et en Néerlandais, grâce à la collaboration de 20 chercheurs de nos universités, rassemblés par le Brussels Studies Institute, qui l’a dénommé Brussels Open Online Course (BrOOC). Une petite vidéo de présentation ICI.

La série de cours a pour objectif de déconstruire les préjugés sur Bruxelles pour faire découvrir cette ville-région sous ses multiples facettes historiques, géographiques, sociologiques, politiques, administratives, urbanistiques.  Au fil de ces six séquences, chaque cours propose une information rigoureuse et une formule de co-construction du savoir, via un dialogue permanent et original avec les participants et la société bruxelloise au sens large, qui peuvent à tout moment envoyer leurs suggestions ou leurs commentaires.

Le menu de Bruxelles décryptée
* Bruxelles, capitale de quoi ? clarifier les institutions
* A chacun.e sa ville ! des perceptions multiples et variées
* Bruxelles, deuxième vile cosmopolite du monde ? oui, oui, après Dubaï !
* Bruxelles, championne des embouteillages ? mobilité et immobilité
* Bruxelles, un chantier permanent ? grands travaux sans fin
* Bruxelles, ville administrative et nid  d’espions ? rôle politique de la ville

Tout pour en savoir plus et vous lancer ICI. C’est parti !

Happy Monday: enfin une salle comble

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La séance du festival bruxellois BRIFF était sold out au Cinéma Galeries samedi soir et cela faisait plaisir à voir, même si tout cela se passait dans les règles imposées par le Covid-19. Le public était au rendez-vous et n’a pas eu peur de se déplacer en toute sécurité pour voir un film en avant-première. Que projetait-on donc au Cinéma Galeries ? Un film proche de la pensée du philosophe William James, pour qui les émotions ne sont qu’une conséquence de nos réactions physiologiques, et pas l’inverse : « nous sommes affligés parce que nous pleurons, effrayés parce que nous tremblons ».

« Si c’était de l’amour » est un film émotionnel de Patrick Chiha, cinéaste autrichien d’origine hongroise et libanaise. Un vrai et talentueux zinneke, qui a d’ailleurs suivi des études de montage à l’INSAS à Bruxelles. Son dernier film est un documentaire sur le spectacle Crowd de Gisèle Vienne, mais en fait, il s’agit d’un vrai film, qui mêle la scène à la vraie vie, à la Pina Bausch et avec des réminiscences de Chantal Ackerman. Bref, selon moi, un très beau film que les Galeries remettront à l’affiche à partir du 16 septembre.

Cet engouement faisait d’autant plus plaisir à voir, que le monde de la culture et de l’événementiel a manifesté « Still Alive » le lendemain au Mont des Arts, pour conjurer une mort annoncée. Si le monde de la nuit s’est parfois heurté aux riverains par des abus de nuisances nocturnes, il est remarquable de constater que de nombreux établissements on modifié leurs heures d’ouverture pour pouvoir rester rentables, malgré la fermeture à 01h. Peut-être de nouvelles habitudes qui perdureront au-delà de la crise sanitaire ? Pourquoi le cabaret Chez Maman ne commençait-il son spectacle qu’à minuit, pour se terminer au petit matin ? Aujourd’hui, on y réserve sa table avec succès et le cabaret ouvre de 20h à 01h le WE et même à 19h le dimanche.

 

50 ans d’architecture et d’urbanisme

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« Si on la compare avec Rotterdam, Cologne ou Anvers, la capitale belge a relativement peu souffert des dégâts de la Seconde Guerre mondiale. Plutôt que de se consacrer à reconstruire l’infrastructure, les autorités ont donc pu porter leur effort sur l’adaptation de la ville à l’émergence de l’État-providence. Tandis que les acteurs publics sont surtout motivés par le prestige de Bruxelles comme capitale nationale et internationale, le secteur privé se soucie d’abord de ses propres intérêts économiques. Deux ambitions qui se réalisent au détriment des habitants, dont la voix ne se fera entendre qu’à un stade tardif ». C’est ainsi que Sven Sterken – docteur en histoire de l’architecture à LUCA School of Arts/KUL Faculté d’Architecture – introduit son aperçu de l’évolution de l’urbanisme de Bruxelles au cours des 50 dernières années. Les années de la «bruxellisation» et du tout à l’auto.

« Dans les années 1950, il règne un climat politique tumultueux: guerre scolaire, question royale, grèves des charbonnages… Si le gouvernement belge s’obstine à organiser la première exposition universelle de l’après-guerre malgré ces conditions, c’est pour assurer ses ambitions européennes : Bruxelles se profile comme le « carrefour de l’Occident ». Les efforts portent leurs fruits: en 1957, le Traité de Rome fait de Bruxelles le siège de la CEE et d’Euratom, et dix ans plus tard, l’installation de l’OTAN confirme la stature internationale de la capitale ».

« Bien que l’Expo 58 ne soit pas exploitée dans le développement urbanistique de Bruxelles, l’événement joue un rôle déterminant dans la transformation d’une ville provinciale et industrielle en centre national et international d’affaires et de services. Dans l’après-guerre, la pensée des urbanistes s’inspire largement du principe moderniste de la séparation des fonctions. Habitat, travail, circulation et loisirs ont besoin d’espaces propres, délimités par des zones de verdure ». Tout le contraire du tout à 10 minutes revendiqué aujourd’hui. Vous trouverez le texte complet richement illustré de Sven Sterken ICI. Ne vous laissez pas impressionner par l’offre d’upgrade, cliquez simplement sur « No thanks, I just want this paper ».

A Schaerbeek on a des idées

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La place des Bienfaiteurs à Schaerbeek se meurt, enfin d’une mort lente, d’une lente mort dont des Schaerbeekois ne s’accomodent pas. Entourée de plusieurs maisons superbes, la place est splendide sous le soleil, avec ses sculptures et l’ombre propice de ses grands arbres. Trop désaffectée, une place se trouve en manque d’affectation. Qu’à cela ne tienne, après l’initiative de la société More O’Ferrall, c’est dès 2017, que des habitants ont eu l’idée d’y installer quatre petites tables d’échec. Ensuite, ils furent une centaine à adresser une demande à la commune pour pérenniser le projet. Le bourgmestre a approuvé l’idée, mais n’a pas été en mesure d’offrir de solutions concrètes.

“Nous avons alors à ressorti nos propres tables en bois et avons commencé à jouer le samedi matin de façon conviviale. Par la suite, nous avons participé en tant que comité de quartier au prix Bruocsella 2019, organisé par Prométhéa, un concours pour des projets d’aménagement urbain originaux. Nous avons remporté le prix du jury de 11500 EUR pour l’achat de quatre tables d’échecs fixes et de huit chaises associées.

 Mais les riverains n’étaient pas au bout de leurs peines: la place étant classée, ils ont dû solliciter un permis d’urbanisme auprès de la Région. Ils et elles l’ont obtenu à la fin de l’année dernière. Ce samedi, de 10h à 13h, ils vont pouvoir inaugurer leur installation. N’ayons pas peur des mots: elle vise à la cohésion sociale et à l’amélioration du vivre-ensemble, par le biais du jeu d’échecs et par une occupation de l’espace public. Tram 25 et 62, bus 65, arrêt Bienfaiteurs.

Happy Monday: experts remis à leur place

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Les risques d’un « gouvernement des juges » ont déjà été évoqués ici, mais qu’en est-il d’un « gouvernement des experts » ? Il est heureux que virologues et statisticiens existent, il faut bien évidemment les écouter et parfois même les départager, surtout quand la présentation des chiffres n’est pas relevante. Faut-il pour autant, que ceux que nous avons élus pour veiller à l’intérêt général de notre vie en société, les suivent aveuglément ? même au risque de détruire nos lieux de rencontre, nos cultures, nos liens sociaux, nos amitiés ?

Éradiquer le virus est l’objectif final des experts. C’est le but d’un vaccin. Ils y sont parvenus avec la polio, mais pas avec le Sida ou l’Hépatite C. Alors nous vivons avec, grâce aux traitements qui ont été découverts pour ces maladies. Avec le temps qui s’allonge et les mesures sanitaires qui se renforcent, le prix que nous payons pour les mesures d’éradication du Covidus-19 est-il encore acceptable ? Le risque zéro est-il atteignable ?  et quand on monte dans une voiture ? et quand on respire l’air de la vill ? ou lorsque l’on vit dans une zone Seveso ou près d’une centrale nucléaire ? Le risque zéro peut-il être un objectif de santé publique ?

Ce sont les questions utiles et rafraîchissantes que viennent de poser François Gemenne et Olivier Servais. Ils élèvent le débat avec intelligence et affirment leur position, dans une carte blanche publiée par Le Soir. Quels risques sommes-nous prêts à prendre pour avoir le plaisir de manger, de boire, d’aller au théâtre, de voyager, d’aimer, … Vivre avec les autres comporte des risques. Vivre reclus et sans microbes (?) est-il garant d’une vie humaine longue et accomplie ? Les auteurs estiment qu’il revient au pouvoir politique de ne pas céder à l’hystérie hygiéniste – qui nous a déjà fait enterrer notre seul cours d’eau – mais d’arbitrer un débat démocratique sur le niveau de risque que citoyens et citoyennes sont prêts à accepter pour continuer à vivre ensemble … non sans danger. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik annonçait déjà en avril: « On a le choix entre vivre mieux ou subir une dictature ».