Archives pour la catégorie Identité

Happy Monday: le parcours d’intégration débarque

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A Bruxelles, à partir de 2020, il sera obligatoire de participer à des cours de langue (français ou néerlandais) et d’orientation sociale, pour les primo-arrivants de moins de 65 ans qui séjournent en Belgique depuis moins de 3 ans, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 2.500€. Une info résumée en français, en néerlandais, en anglais et en allemand par VRT NWS.

La Flandre à rendu ce parcours Integratie en Inburgering obligatoire, avec un certain succès, depuis plus de 10 ans et la Wallonie l’a imposé en 2016. A Bruxelles, ce parcours n’était pas obligatoire et l’offre de formation insuffisante. Le parcours sera finalement obligatoire en 2020, avec la collaboration des Bureaux d’Accueil des Primo-Arrivants de la CoCoF et de l’agence flamande Agentschap Integratie en Inburgering. Si les communes sont chargées d’informer les nouveaux arrivants de ce caractère obligatoire de la formation, il suffira de la suivre, sans obligation de résultat, pour obtenir une attestation de fréquentation … à défaut d’avoir prévu une petite cérémonie  de bienvenue officielle et joyeuse dans la communauté bruxelloise.

Même si (beaucoup) trop tardive, je me réjouis de cette mesure, cependant controversée. Faut espérer que les budgets suivront. L’apprentissage de la langue de la ville d’accueil est la clé du processus d’intégration des nouveaux arrivants. Une initiation à la vie culturelle et sociale de Bruxelles doit aussi leur permettre d’élargir leur horizon et de savoir où ils mettent les pieds. C’est évidemment trop tard pour toutes les personnes d’origine étrangère qui ont dû se débrouiller seules depuis tant d’années. Comme cette formation ne peut être imposée aux ressortissants de l’Union Européenne – qui constituent actuellement la majorité des nouveaux arrivants – ce pourrait malgré tout être un coup dans l’eau.

Mainmise salafiste sur l’éducation ?

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En Belgique, l’instruction est non seulement un droit, mais aussi une obligation pour les parents des enfants de 6 à 18 ans. Si l’instruction est obligatoire et doit pouvoir être vérifiée, l’inscription dans une école n’est pas obligatoire. Les parents ou un professeur particulier peuvent prodiguer une instruction à domicile. Il faut le déclarer, des inspections et des épreuves sont prévues par la loi.

C’est dans cette brèche que semble s’être installé le courant salafiste saoudien qui va devoir quitter la Grand mosquée du Cinquantenaire en avril prochain. Cela n’empêche pas ce courant conservateur minoritaire (mais riche) de financer des écoles et des modules d’apprentissage et d’inciter les parents à ne pas mettre leurs enfants dans les écoles belges en les instruisant à domicile.

Le dernier rapport d’activité de la Sûreté de l’Etat parle de « l’offensive que mènent certains réseaux salafistes internationaux sur l’enseignement en Belgique ». Et de pointer «  la possible utilisation de l’enseignement à domicile par des extrémistes pour « préserver » leurs enfants de l’enseignement officiel ou libre et du mode de vie qu’il implique ». Près de 20% des parents d’élèves inscrits dans l’enseignement à domicile seraient liés à des groupes extrémistes, selon l’article publié par La Libre. Cela repose à la fois la question du rôle de l’école comme lieu d’élaboration d’un sentiment d’appartenance à une communauté urbaine bruxelloise ouverte et démocratique et la question de la déconfessionnalisation de l’enseignement.

Bruxelles pas à la table

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« Le gouvernement fédéral n’a même pas pris la peine de m’inviter au déjeuner donné au palais d’Egmont le jour de la venue du président français Emmanuel Macron alors que les ministres-présidents wallon et flamand étaient invités ». C’est Rudi Vervoort, coutumier des sorties à la Calimero, qui s’exprime ainsi dans une interview pour L’Echo.

Et de poursuivre: « Cela montre l’étendue du mépris pour Bruxelles et cela alors que 80% des Français de Belgique y vivent. Donc, s’il y a bien une entité concernée, c’est nous. Quel mépris pour Bruxelles ».

Hormis le ton, le ministre-président de Bruxelles n’a-t-il pas raison d’épingler cette attitude inadmissible du fédéral ? Gageons que cela ira mieux quand le ministre-président siégera à l’hôtel de ville et plus à la rue Ducale.

Une Place Royale animée et lumineuse

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La commission de concertation vient de rendre un avis positif  détaillé sur l’aménagement d’une place Royale à large priorité piétonne, avec un revêtement minéral de plain-pied de façade à façade. Cet avis favorable est assorti d’un certain nombre de conditions, qui rejoignent en grande partie le contre-projet présenté par Quartier des Arts et soutenu par un grand nombre de participants à la réunion de concertation.

L’espace réservé aux voitures et transports en commun, sur cet espace piéton, sera canalisé par de simples bornes en pierre bleue, un peu sur le modèle de la place Vendôme à Paris. La mise en lumière de la place sera sobre et « enveloppante » et devrait renforcer son unité. Ni la statue du duc Charles de Lorraine, ni celle du prince Charles-Joseph de Ligne – qui incarnent cependant le siècle des Lumières – ne remplaceront Godefroy de Bouillon et ses croisades. Dommage.

Simple lieu de passage, la place Royale pourrait ainsi devenir un lieu de destination et de détente. Reste la question des rez de chaussée – quasi aveugles avec leurs fenêtre étriquées – et peu propices à l’installation de terrasses et de boutiques culturelles. Un lecteur créatif nous a expédié une simulation, qui fait la part belle à l’animation de la place. Par le simple enlèvement  (réversible) des allèges, chaque fenêtre peut devenir une vitrine muséale (et pas pour exposer des fringues), peut donner accès à une terrasse ou servir de porte d’entrée aux institutions culturelles de la place. Un beau projet qui ne demande qu’à être soutenu.

Photos du projet d’animation de la place et plus bas, la place Vendôme à Paris largement piétonne.

 

 

Happy Monday: des paysages citoyens

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Savez-vous que Bruxelles possède plus de 300 potagers urbains ? que beaucoup de quartiers proposent un compost collectif ? que des friches urbaines deviennent des vergers, des lieux de culture et d’exploration ? que les guinguettes se multiplient dans les parcs … Le nouveau guide « Paysages citoyens à Bruxelles »  en fait un inventaire coup de cœur, qui met en lumière l’incroyable énergie que les Bruxellois déploient pour investir les friches et autres espaces disponibles.

Commune par commune, Christophe et Jacques Mercier vous emmènent en images à la découverte de 50 projets, à la fois verts et citoyens. Certains projets sont plus axés « nature » et d’autres davantage tournés vers le social, tous favorisent les rencontres entre habitants. Cette tendance se répand dans le monde, mais à Bruxelles, la quantité et la qualité des paysages verts citoyens sont uniques. Cette fois nous avons une longueur d’avance et le phénomène ne semble pas près de s’éteindre !

Les auteurs présenteront l’ouvrage le 19 novembre, de 12h15 à 14h, chez Perspective, au 59 rue de Namur. Vous pouvez aussi le feuilleter sur le site des éditions Racine.

>>>  tiens, avez-vous déjà fait part de vos plaintes à la Région à propos des pollutions sonores que vous subissez ?  Chaque réponse sera prise en compte. Il est encore temps de renvoyer ce formulaire, très simple à remplir.