Archives pour la catégorie Identité

Des quais plus verts et plus bas

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Le  canal est le seul cours d’eau qui traverse entièrement la ville à l’air libre. Son niveau est très bas dans le centre pour permettre aux péniches de passer sous nos nombreux ponts. Il faut souvent se pencher pour  y voir couler l’eau. La seule manière de remédier à cette situation serait d’abaisser certains quais. Cette intention figure dans le texte de l’accord de majorité qui affirme vouloir « renforcer le lien entre l’espace public, l’eau et la nature ».

Une fois de plus, Bruzz est le premier média à annoncer que le gouvernement vient de discuter de l’étude de faisabilité réalisée par deux bureaux d’étude pour l’abaissement du quai de Péniches et  des Armateurs à hauteur du bassin Vergote. L’espace y est assez large et central pour verdir ces quais et les abaisser par paliers. Le gouvernement espère inclure ces projets dans l’accord de collaboration avec Beliris, dont la bruxelloise Karine Lalieux (PS) a aujourd’hui la tutelle.

Ce scénario favoriserait l’extension du parc Maximilien et inclurait la construction d’un nouveau complexe sportif Vergote. La possibilité d’une cafétéria avec une terrasse au bord de l’eau est en cours de discussion. Le point le plus bas du quai serait environ à deux mètres de moins qu’il ne l’est actuellement. Vous en saurez plus en lisant l’article de Bruzz ou sa traduction avec DeepL.com sous la photo.

simulation extraite de l’article de Bruzz

Bientôt 22 communes ?

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Cela fait 100 ans que la commune agricole de Haren a été annexée par la ville de Bruxelles, avec laquelle elle ne partage guère de caractéristiques. Si on considère que le pouvoir communal est un pouvoir de proximité, il ne faut pas trop s’étonner de voir des habitants contester cette tutelle, que certains n’hésitent pas à considérer comme une colonisation.

Bruzz relate des réactions d’habitants qui considèrent que la Ville laisse installer chez eux tout ce qu’elle ne veut pas chez elle, comme des dépôts de bus, une méga prison, un déversement incessant de béton … Cette terre – jadis nourricière- n’est plus qu’une terre stérile, envahie par le bruit des routes, des trains et des avions. D’aucuns pensent que les attentes des habitants de la commune seraient mieux prises en compte si elle disposait de ses propres élus. ICI certains n’en pensent pas moins à Laeken et Neder.

Cette revendication peut sembler légitime et remet sur le tapis la question des frontières communales héritées de l’histoire. Aula Magna avait suggéré un nouveau découpage des territoires communaux plus logique pour une bonne gestion des matières qui demandent une grande proximité. Koekelberg et Saint-Josse trop petites, Schaerbeek et Ixelles trop grandes, Pentagone et Laeken des communes à part entière … Ces modifications sont du pouvoir de la Région, gageons que les municipalistes qui siègent au parlement bruxellois ne manqueront pas de s’opposer à cette réforme, qui pourrait cependant assurer une gestion plus démocratique de Bruxelles.

L’identité qui enferme

« Je ne veux pas annuler les identités, mais je veux montrer la violence que les identités produisent ainsi que les effets néfastes du courant identitaire ». Je pense que nos identités sont multiples et complexes. « On est tous des additionnés », affirmait Romain Gary dans Pseudo. L’écrivaine Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d’origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire « racée ». Mais comment vivre cet excès de « races » à l’heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce « pédigrée » alors que l’injonction est de choisir un camp ? Rachel Khan refuse toute assignation identitaire et victimaire.

« Un artiste ne peut pas rentrer dans une case, être assigné. Lorsqu’on lui dicte ce qu’il a à créer, à dire ou à penser, en fonction de son « identité », on l’enferme. Le rôle de l’artiste est de penser autrement pour que la société change: il n’a pas à obéir à une idéologie ».  « On pense que l’émancipation consiste à s’indigner sur les réseaux sociaux avec sa communauté. Il n’y a plus d’émancipation individuelle. « Metoo » c’est un « nous », et non la voix d’une personne. Avant, l’émancipation était quelque chose d’intime: il s’agissait de sortir de la masse, de se singulariser. Aujourd’hui, le groupe nous rattrape constamment ».

Dans son livre « Racée », elle critique notamment les nouvelles idéologies « décoloniales » et « intersectionnelles » qui, sous prétexte d’antiracisme et de lutte pour la reconnaissance des minorités, ne font que diviser notre société et alimenter les ressentiments. « Les minorités déchirent notre société en mille morceaux », assène-t-elle dans L’Echo, où elle en dit bien plus.

L’article intégral est disponible si vous vous inscrivez gratuitement à L’Echo, où vous trouverez aussi cette belle photo de Rachel Khan par ©AFP

Une jonction verte

La ville de Bruxelles a chargé le Bureau Bas Smet d’élaborer un plan directeur pour faire de la cicatrice de la jonction nord-midi une véritable forêt urbaine. Pour l’équipe de l’architecte paysagiste, ce vaste espace public doit avant tout devenir plus vert et plus frais. « Il y a 100 ans la construction de la jonction ferroviaire a provoqué une rupture dans le centre de la ville. Aujourd’hui, nous pouvons transformer cette zone centrale en un paysage urbain avec lequel nous allons créer un microclimat. »

C’est Bruzz qui reprend cette bonne nouvelle annoncée par l’échevine de l’Urbanisme Ans Persoons. « Nous voulons réaménager cette zone au cours de la prochaine décennie afin qu’elle devienne un modèle en Europe en terme de plantation d’arbres, de collecte d’eau et de mobilité douce. Nous voulons rendre ce quartier plus agréable à vivre et à visiter, mais nous allons aussi augmenter la résilience de Bruxelles à l’avenir. »

Il s’agit d’une mission de 3,5 ans, en collaboration notamment avec Espaces Mobilité et le professeur Eric Corijn de la VUB. Avec la participation de partenaires culturels et sociaux, la mission doit déboucher sur un plan directeur contraignant pour les futures constructions et aménagements. Toutefois, le Bureau Bas Smets fera lui-même des propositions pour deux zones réservées: la place de l’Albertine et l’espace public proche de la gare centrale, dont vous voyez déjà une première esquisse dressée par les paysagistes.

documents Bureau Bas Smets copyright et actualités belges/archives Le Soir.

Happy Monday: le pays le plus heureux

Le pays le plus heureux du monde est pour la quatrième fois la Finlande, selon un article du Télégramme et le rapport de l’ONU. La Belgique se situe à une belle 20ème place, sur 150 pays analysés. Assez curieusement, il n’y a pas eu – en moyenne – de déclin du bien-être enregistré depuis la Covid-19. La pandémie semble avoir été vécue comme une menace commune et extérieure, qui nuit à tout le monde. Elle aurait aussi entraîné un plus grand sens de la solidarité et de l’empathie. La fréquence d’émotions négatives a cependant été  significativement supérieure dans un bon tiers des pays.

Dans ce petit pays qu’est la Finlande, les autorités ont rapidement réussi à contrôler l’épidémie et les habitants ont plutôt bien vécu les restrictions imposées au printemps. Pour un quart d’entre eux leur qualité de vie s’est même améliorée. Le plaisir de voir la vie quotidienne tout d’un coup ralentir ? Le pays bénéficie d’un très haut niveau de vie, de services publics performants, de vastes étendues de nature (forêts et lacs notamment), et est également très bien classé en matière de solidarité ainsi que dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Sans oublier la qualité de leur enseignement et donc « Fiers d’être Finlandais ! »

S’il faut toujours s’interroger sur la pertinence des critères retenus, l’Europe domine très largement le top 10, qui inclut les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Luxembourg et l’Autriche. Seule invitée non européenne: la Nouvelle-Zélande, qui figure à la 9e place. L’Allemagne (13e), le Canada (14e), le Royaume-Uni (17e), les Etats-Unis (19e) et la Belgique (20e) devancent la France (21e). L’Espagne et l’Italie en 27e et 28e place. Le Brésil en 35e position. Le Japon n’est que 56e, la Russie 76e et la Chine 84e. Au bout, l’Afghanistan figure devant le Zimbabwe, le Rwanda, le Botswana et le Lesotho. L’Inde est la grande puissance la moins bien classée, à une 139e place.

photo d’Anastasia Borisova pour Pixabay