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Bruxelles, n’est pas le nouveau Berlin

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Vous vous souvenez du « Brussels is the new Berlin » du New York Times ? confirmé par un article élogieux du Washington Post, mais aussi applaudi par les Inrockuptibles et l’objet d’une analyse poussée de la revue de géographie Belgéo.  Cocorico !  ils situent Bruxelles comme capitale de l’art contemporain, riche de ses chorégraphes, de ses cinéastes, de son opéra,  de ses centres culturels, de ses grandes scènes et de ses lieux alternatifs. C’est exceptionnel pour une ville qui ne compte qu’un gros million d’habitants, mais c’est insuffisant pour concerner et représenter la multiplicité des habitantes et habitants de ce lieu de rencontre unique entre la culture latine, la culture germanique et les cultures du monde. Sans doute encore trop blanc et trop élitaire ? Brussels is not the new Berlin titre The Art Newspaper  Nous pourrions ajouter: … et n’a pas à le devenir.

Aujourd’hui, Bruxelles rêve d’être choisie comme capitale européenne de la culture en 2030. Mais avec quel contenu ? interroge pertinemment Éric Corijn, qui veut que le débat s’ouvre et fait des propositions intéressantes  à découvrir dans Le Soir. Il ne s’agit pas de briller, mais de construire, étape par étape, une culture représentative de la diversité exceptionnelle de la population bruxelloise, qui dépasse de loin le cadre étroit des deux Communautés qui régissent sa culture, comme son enseignement.

Il ne suffira pas de mettre les projecteurs sur Kanal – alimenté par le Centre Pompidou – ni de présenter quelques spectacles exceptionnels destinés à la bourgeoise dans ses lieux préférés. Ce qui serait vraiment exceptionnel, ce serait de faire émerger la richesse de toutes les communautés qui habitent Bruxelles et qui rendent la ville si particulière et si prompte à rire d’elle-même. Loin du Parisianisme ou du So British London, le peuple de Bruxelles doit pouvoir définir et affirmer sa spécificité, sans prétention mais avec conviction. Dix ans ne seront pas de trop pour  y parvenir.

Un rapport de consultation très détaillé est aussi disponible ICI.

BRexit et VLexit, même combat ?

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Le feuilleton de l’année 2019 aura été sans conteste le BRexit. Il a d’autant plus envahi nos médias, que le British Exit affiche certaines similitudes avec un certain Vlaanderen Exit, que la victoire du Vlaams Belang et l’absence de gouvernement fédéral ont ravivé. Bruxselsfuture ne pouvait pas s’en désintéresser, malgré une évidente lassitude des lecteurs.

Avec le recul nécessaire, deux journalistes de L’Echo, se sont livrés à une analyse qui pourrait vous intéresser et que vous pouvez lire ICI gratuitement sur simple inscription (sans engagement) à L’Echo. C’est avec Vincent Laborderie – politologue UCLouvain, spécialiste des nationalismes régionaux et des séparations d’États – qu’ils font le point sur six aspects fondamentaux du nationalisme et du séparatisme.

  • Le Brexit, un nationalisme comme un autre
  • Reprendre le contrôle de son destin
  • Récupérer ses sous
  • Une question de démocratie
  • International: retour à la case départ
  • L’os c’est la frontière

Des Brabançons se rebiffent

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Soyons clairs, le Brabant n’a jamais fait partie des Flandres. Depuis 1350, l’autorité du Duc de Brabant s’étendait loin à l’intérieur les Pays Bas et comprenait évidemment les actuels Brabant flamand et Brabant wallon avec déjà Bruxelles comme capitale. Les rapport avec le Comte de Flandres ne furent pas toujours des meilleurs.

Un mouvement pour un Brabant autonome vient de se créer de manière à la fois provocante  et humoristique sous le nom N-BB  – Nieuw Brabantse Belangen – en vue de mettre fin à l’occupation flandrienne du Brabant. N-BB va s’efforcer de promouvoir le caractère multiculturel propre à un Brabant multilingue et ouvert. Et d’ajouter: « Et bien sûr en plusieurs langues ».

Ils poursuivent toujours sur un mode mi-figue, mi-raisin en pastichant les slogans de la Flandre. « Les Flamands sont bien les seuls à avoir peur de l’indépendance ! Ce n’est que lorsqu’ils ne seront plus sous baxter brabançon qu’ils apprendront à gérer leurs affaires ! Arrêtez les transferts ! La Flandre ne peut dépendre éternellement des subsides du Brabant ! Stop de verVlaamsing ! Make Brabant Great again… ». Et pour ceux qui ont lu Tintin et maîtrisent le bruxellois, ils concluent: Eih bennek eih blavek !

Plus sur #brabant2020 et des illustrations ICI.

 

Flamand ! Faites vos affaires en Flandres ! Pas en Brabant ! Pas chez nous !

 

La Belgique à quatre: comment y parvenir ?

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Interrogé cette fois par La Libre, Vincent de Coorebyter plaide pour une Belgique à quatre, qui permettrait indubitablement de sortir de l’ambiguïté. Mais pour lui, ce n’est pas un exercice à confier à un gouvernement fédéral. Il s’agit d’un exercice pour une législature, à mener au sein « d’une enceinte spécialement créée pour cela ».

Déconnectée de la négociation pour la formation d’un gouvernement, certains Bruxellois voient cette enceinte plutôt comme le lieu d’une délibération associant la société civile et des citoyens des quatre Régions, en vue de définir et renforcer une « maison commune » démocratique qui reconnaîtrait pleinement l’existence des quatre « peuples » régionaux qui composeraient cette maison commune.

Même si Vincent de Coorebyter croit que les partis pourraient mener à bien cet exercice (à l’exception de la N-VA et du Vlaams Belang) et que d’autres interlocuteurs estiment que les quatre gouvernements régionaux pourraient s’atteler à cette tâche, il est fort probable que dans les deux cas on se retrouverait rapidement devant des blocages politiques déjà connus.

Viré de l’école, une chance

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C’est Pierre Wynants, du Comme chez soi à la place Rouppe, qui le confie. D’abord viré de l’athénée, mais aussi de l’école de cuisine CERIA à 14 ans. « Ma chance, ça a été de passer directement au manuel sans passer par l’intellectuel ». Il s’en explique dans un riche entretien dans Le Soir. Mozart et Picasso auraient-ils eu leurs points en musique et en peinture ?  Mozart ne reçoit pas d’autre éducation que celle que lui donne son père et Picasso a fini par renoncer à suivre les cours à l’Académie de Madrid. Il est dans la brutalité de l’instant. Plus tard, il dira: « Tout ce que je sais, je l’ai appris dans le village de Pallarès ». D’accord, ce sont des génies et l’école les aurait sans doute maintenus dans un certain académisme, une certaine convention.

Il ne s’agit pas ici d’un plaidoyer contre l’école, supposée donner sa chance à tout le monde à Bruxelles, quel que soit son origine, ses compétences et ses talents, même si on est encore très loin du compte. Les inégalités sociales se retrouvent trop régulièrement dans les résultats scolaires. il faut pouvoir dominer la langue de l’école, en connaître les codes, être soutenu par ses parents et bien souvent, être capable d’assimiler une formation essentiellement verbale, assis sur une chaise. Une belle série d’articles de Conversation ICI, autour de l’ascenseur social en panne et « d’apprendre à apprendre » en France. Et chez nous ?

Découvrir et faire éclore les talents. Un beau projet pour l’école. Avec un tronc commun jusqu’à 15 ans d’accord. Avec l’apprentissage du latin pour tous ? avec les arts plastiques, la cuisine l’ingénierie et la création en parents pauvres ? Et ensuite une formation intellectuelle, scientifique ou technique, pour ceux à qui cela convient. Pour les autres, l’apprentissage d’un métier, une formation en alternance entre l’apprentissage en entreprise et les fondements de base donnés à l’école.

L’école donne-t-elle à chacun les moyens de réussir selon ses ambitions ? 
La réussite se résume-t-elle à cette illustration ? tous en cravate et attaché-ccase ?

Illustration de l’article publié par The Conversation