Archives pour la catégorie Identité

Homme d’Etat bruxellois ?

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Billet d’humeur.

Philippe Close, bourgmestre d’une de nos 19 communes – portant désormais cravate et lunettes noires – n’arrête pas de surprendre avec des interventions dignes d’un homme d’Etat … ou d’un ministre président. A la fête de la Communauté flamande, sa présence et son discours ont été appréciés: Mooie toespraak en knap dat hij hier is. Il veut être le bourgmestre de tous les Bruxellois et dit aussi apprécier la composante flamande de l’identité de la capitale, comme le montre les articles de Bruzz: Vlaming moet zich in Brussel thuis voelen. De vlaamse identiteit is één van de vele gezichten van onze mooie hoofdstad. Wij hebben jullie steun nodig, geen geld. “ Nous ne demandons pas votre argent, mais bien des professeurs de néerlandais ”.

Lorsque TV5MONDE programme une interview d’une heure sur Bruxelles, avec FRI et Le Monde, c’est Philippe Close qu’ils interrogent, pas Rudi Vervoort … Ses réponses, à découvrir ICI, dépassent largement les préoccupations de sa commune. Il a une vision pour l’ensemble de la Région et pour la Belgique. Il pourrait succéder à  Laurette Onkelinx à la fédération bruxelloise du PS et un bruit court, qu’il remplacerai Rudi Vervoort à la Région à mi-mandat ?

Après le scandale du Samusocial et du GIAL et suite à la gestion autocratique du piétonnier par Yvan Mayeur, qui aurait cru – qu’en un an – Philippe Close allait pouvoir revitaliser l’image du PS et éviter une descente en enfer ? Son charisme, sa bonhomie, son bilinguisme volontariste, mais aussi son franc-parler, lui ont permis de dépasser le score de Freddy Thielemans, dont il fut un chef cab efficace pendant 6 ans. Si on peut lui reprocher son côté bling-bling, son penchant pour l’événementiel ou sa défense de projets discutables comme le Beer Temple à la Bourse, le Mega shopping Mall NÉO, et aussi sa candidature à la Région, alors qu’il avait décidé de ne pas y siéger, il est évident que Bruxelles a besoin d’hommes d’Etat rassembleurs et charismatiques comme lui. Il y a un besoin urgent de politiques qui ont une vision d’avenir pour notre Ville-Région. Merci à lui, et à quand d’autres hommes d’Etat et femmes d’Etat ?

Happy Monday: de l’info en continu

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À partir du 2 septembre, à  tout moment, quand vous le désirez, vous pourrez disposer d’informations en continu sur une nouvelle chaîne de télévision et de radio belge francophone, appelée LN24. Ses fondateurs promettent d’être indépendants, innovants et irrévérencieux. Ils ont de bons antécédents, mais on jugera sur pièce.

Johan Condijts a quitté L’Echo, dont il était le rédacteur en chef, pour se lancer dans cette aventure audiovisuelle en compagnie du journaliste Martin Buxant. Ils seront entourés d’une équipe qui comptera 48 personnes d’un âge moyen de moins de 30 ans. Ils pourront aussi compter sur les chroniques de trois gloires du paysage audiovisuel: Patrick Poivre d’Arvor, Christine Ockrent et Franz-Olivier Giesbert.

L’Echo vous explique ICI comment ils commencent à fourbir leurs armes et si vous voulez déjà les voir en action, c’est par LA.  Le capital initial , de 4,5 millions d’euro, provient des trois fondateurs: Joan Condijts, Martin Buxant et Boris Portnoy, ainsi que de quatre partenaires financiers assez inattendus: Belfius-Insurance, Ice-Patrimonials (Jean-Pierre Lutgen, le frère de l’autre), Besix  Group et Giles Daoust, administrateur délégué de Daoust et Title Media. La chaîne vivra uniquement des revenus de la publicité.

 

Des partis pour représenter les Bruxellois ?

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Pas à pas, la nécessaire constitution de partis bruxellois multilingues, initiée déjà en 2008 par Pro Bruxsel, semble progresser. Des élus bruxellois, de partis flamands et francophones, commencent à prendre leurs distances avec les diktats de leurs états-majors communautaires. Sven Gatz et Guy Vanhengel de l’Open VLD bruxellois en ont donné un brillant exemple, en ayant eu le courage de résister aux pressions insistantes de leur présidente de parti communautaire, qui empêchaient la formation du nouveau gouvernement bruxellois. Cette excellente analyse de Vincent Rocour dans La Libre y voit la marque d’une tendance lourde: l’émancipation bruxelloise.

En se présentant sous le sigle « One Brussels », Pascal Smet a pris ses distances avec le SP.A et Ans Persoons avait fait de même aux communales sous le nom « Change ». Tous deux ont introduit des francophones dans leurs listes. Le PS de la Ville avait déjà introduit des Bruxellois néerlandophones dans les siennes et les élus socialistes bruxellois n’ont pas caché leur agacement suite aux pressions exercées par leur – très peu bruxelloise – présidente régionale Laurette Onkelinx. Sans doute, Céline Fremault n’a-t-elle pas dû trop apprécier non plus, le coup de poker de Benoît Lutgen, son président au cdH ? Même Het Nieuwsblad (traduit en français par DaarDaar) évoque ICI la naissance d’une identité bruxelloise qui « ne doit pas attendre l’approbation des belles-mères des deux côtés de la frontière linguistique pour se donner de nouvelles structures, autonomes et simples ». Déjà en 2013, Elke Van den Brandt – aujourd’hui vice-présidente du gouvernement bruxellois – publiait une tribune libre à ce sujet dans De Tijd.

Un lecteur de ce blog écrit: « Une chose me frappe, la plupart des acteurs du changement bruxellois en cours … sont des lecteurs de ce blog, véritable perfusion ininterrompue d’identité bruxelloise en goutte à goutte ! Un autre ajoute :  «  Je pense effectivement que le blog d’Yvan Vandenbergh, par son contenu comme par son ton, est crucial dans le “percolage » d’une vision cohérente, lucide et enthousiasmante de l’avenir de Bruxelles. » et il en donne ICI des exemples très révélateurs. Ainsi donc se pourrait-il que je ne travaille pas tout-à-fait en vain ?

Quels partis oseront-ils se rassembler sur base régionale plutôt que linguistique ?

Happy Monday: la transition est au menu

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Bruxelles à un gouvernement. Ce n’est pas banal. Un gouvernement qui promet de se lancer dans la transition écologique et sociale indispensable pour le futur de Bruxsels et de l’espèce humaine. Il annonce aussi des pratiques de gouvernance plus transparentes et davantage de participation citoyenne. Il faut s’en réjouir … et le croire sur parole, parce que le budget pour y parvenir n’est pas encore établi, ni garanti et que de nouvelles taxes pour l’alimenter semblent exclues.

En trois paragraphes, impossible de livrer une analyse des 130 pages de déclarations d’intention, du nouveau gouvernement, mais certains médias s’y sont attelé. J’en ai sélectionné trois pour vous: l’analyse de L’Echo, celle de Bruzz et celle du Soir .

Sur le plan social pas trop de craintes, le PS omniprésent depuis 30 ans à l’expérience et dispose de ses relais dans  toutes les administrations. Sur le plan environnemental Ecolo/Groen – plus démunis – devront être vigilants pour que cet ambitieux programme se concrétise. Avec une présence verte dans 14 communes, une nouvelle répartition des compétences entre les communes et la Région devrait pouvoir voir le jour. Beaucoup est aussi attendu des « Etats Généraux » et des « Contrats Ecole » annoncés et que nous suivons de près.

 

Le meilleur ennemi du confédéralisme ?

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En banalisant la présence massive du parti d’extrême droite Vlaams Belang, en rejoignant le groupe des Eurosceptiques (CRE) au parlement EU et en plaçant Theo Francken comme porte-parole, la NV.A n’est-elle pas devenue le meilleur ennemi du confédéralisme qu’elle souhaite instaurer ? Déjà en 2016, le politologue Dave Sinardet relevait ce paradoxe. Bien sûr, le confédéralisme à deux – avec cogestion de Bruxelles par le Flandre et la Wallonie – ne passera jamais à Bruxelles et sans doute pas en Wallonie. Faut-il pour autant se limiter à un tel contenu de la notion de confédéralisme ?

D’autres formes de confédéralisme sont elles devenues onbespreekbaar ? Une Belgique basée sur quatre Régions autonomes et solidaires est-elle définitivement destinée à passer à la trappe ? Présentée par d’autres que la NV.A, une nouvelle organisation de la cohabitation belge ne peut-elle être débattue de manière féconde par la société civile avec des femmes et des hommes politiques décomplexés ? Sa première tâche pourrait être de définir un concept, en « enjambant d’emblée la frontière linguistique et en se mettant vraiment à l’écoute des arguments des autres «.

 C’est dans une nouvelle carte blanche publiée par Le Soir et De Standaard, que Philippe Van Parijs exprime le fondement et les nuances de ses considérations, ainsi que celles émises par Bart De Wever. Une fois le gouvernement fédéral mis en place – vu des échéances urgentes – il faudra « prendre le temps de voir comment  faire évoluer nos institutions de telle sorte que la génération de nos petits-enfants n’ait pas à avoir honte de celle qui exerce le pouvoir aujourd’hui ».