Archives pour la catégorie Identité

Le futur de la grande mosquée

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Suite aux attentats du 22 mars 2016, la Commission parlementaire avait demandé de mettre fin au contrat établi avec le Centre Culturel de Belgique, financé par la Ligue islamique mondiale, très liée à l’Arabie saoudite. Une infrastructure que le roi Baudouin avait « cédée » au roi Fayçal en 1967. Ce 31 mars le préavis a expiré et les clefs ont été rendues. L’Exécutif des Musulmans de Belgique – instance reconnue par l’Etat – en assurera la gestion matérielle et a déjà engagé un concierge. Pour la prière il y aura une rotation d’imams rémunérés par le SPF Justice: des imams rattachés à des mosquées reconnues par la région bruxelloise.

La future Grande Mosquée du Cinquantenaire serait composée de quatre entités. La première, l’Exécutif des Musulmans en permanence. La deuxième, un Institut de formation pour les imams. La troisième consacrée à un musée islamique et puis une quatrième, la Grande Mosquée comme lieu de culte. Son but: faire éclore un islam de Belgique, celui du juste milieu, du dialogue et de la coexistence pacifique éloigné de celui de la péninsule arabique.

Il ne suffit évidemment pas de couper le lien pour que l’idéologie wahhabite – à tendance salafiste – s’évapore, alors qu’elle a percolé dans une partie de la communauté par son influence dans un grand nombre de mosquées. Par exemple, deux ASBL se sont déclarées candidates pour reprendre la gestion et on y trouve des personnes nommées par les Saoudiens salafistes. Mais ce n’est pas tout, c’est plus compliqué que cela, voilà ce qu’en disent quelques médias.

RTBF Et si l’Arabie saoudite lorgnait toujours la Grande Mosquée de Bruxelles?
La Libre La politisation de la foi musulmane en Belgique doit cesser
RTBF Où en est la gestion de la Grande Mosquée ?
La Libre Les appétits s’aiguisent pour la reprise de la Grande Mosquée
Carte blanche Décoloniser la Grande Mosquée de Bruxelles, voilà l’urgence
De Morgen interview imam Khalid Benhaddou

 

Europe : voie de garage ?

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En Belgique, comme ailleurs, les candidats pour la constitution du prochain parlement européen ne sont pas des premiers couteaux. C’est une élection qui est supposée intéresser assez peu la population, les partis se croient donc souvent permis de l’utiliser comme voie de garage pour services rendus,comme des anciens présidents, comme Benoît Lutgen (cdH) ou Olivier Chastel (MR) par exemple, ou alors pour lancer des petits nouveaux sans prendre trop de risques.

Plusieurs partis se permettent aussi de mettre en tête de liste des personnes qui déclarent (ou non) qu’elles ne siégeront pas et donneront donc leurs voix à des suppléants souvent inconnus. Paul Magnette (PS) en est un exemple frappant, même s’il a dit en se présentant qu’il resterait bourgmestre de Charleroi … et possible futur président du PS. Cette pratique peut-elle perdurer à un moment ou l’Europe a besoin de parlementaires de qualité pour se ressourcer pour ne pas dire se réinventer ? et pour contrer une possible percée du populisme et de l’extrême droite ?

Il y a fort heureusement des exceptions, quelques partis ont choisi des personnalités issues du monde scientifique pour les représenter. La presse parle par exemple d’Olivier De Schutter (Ecolo/Groen) en Belgique ou en France d’un philosophe engagé comme Raphaël Glucksmann (Place Publique) et peut-être bientôt de Paul Jorion, l’anthropologue économiste franco-belge au blog décapant ? Ils se caractérisent tous par leur franc parler et leur capacité à se saisir de l’air du temps. Seront-ils élus et seront-ils à la hauteur d’anciens élus comme Daniel Cohn-Bendit ou Guy Verhofstadt et leur groupe Spinelli qui s’est penché sur un véritable fédéralisme européen ?

La société civile passe à l’action

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Une réactualisation s’impose à propos de mon billet  » La société civile s’engage « . Une partie (croissante ?) de la population ne sent plus ses préoccupations prises en compte par les partis traditionnels ni par les syndicats. Elle s’inquiète et parfois se mobilise pour la préservation de son pouvoir d’achat, pour une transition écologique qui tarde ou pour une juste répartition de son coût. Des Gilets jaunes ont déboulé dans les rues et puis sont arrivés les 35.000 jeunes de Youth for the Climate et les 75.000 familles de Claim the Climate et maintenant des campeurs pour l’exigence d’une loi Climat contraignante. Tout cela témoigne de l’existence d’une société civile vivante, dynamique et vigilante. Elle ébranle les partis qui voient venir une vague verte et une remise en cause du partage des richesses.

Des citoyennes et citoyens insatisfaits ont voulu redynamiser la démocratie en créant de nouveaux partis comme Pro Bruxsel en son temps et puis, plus récemment, Plan BAgora et d’autres partis comme Oxygène, Demain, Islam, Parti libertarien, Be.One ou le Parti pour la Poésie … qui n’en est pas vraiment un. D’autres changent de nom et de programme comme le SP.A qui devient One.brussels.

D’autres membres de la société civile ont pris le risque de quitter leurs fonctions pour entrer dans un parti comme  » candidats ouverture «  en vue d’agir à l’intérieur de partis existants. Pas de simples  » attrappe-voix «  comme l’explique ICI Henri Goldman. Faut dire que la page blanche bruxelloise de Zakia Khattabi et les manifestations pour le Climat ont créé un véritable appel d’air chez Ecolo/Groen, où l’on constate l’arrivée d’une série de spécialistes comme Olivier De Schutter ancien rapporteur ONU Alimentation, Isabelle Pauthier de l’ARAU, Henri Goldman de la revue Politique,  John Pitseys chercheur au CRISP, Benjamin Vella de ProBruxsel ou An Descheemaeker du BRAL, devenue chef de cabinet de l’échevin de la Mobilité Groen à Bruxelles. D’autres encore ont dû faire leur apparition dans différents partis, comme Delphine Chabbert, de la Ligue des Familles, entrée au PS ou François De Smet, le directeur de Myria, qui se présente chez Défi … tandis que moi je reste au balcon, malgré quelques appels du pied.

Happy Monday: Bruxsels plus forte

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Ce vendredi 22 mars, la grande salle de l’Espace Magh était archicomble pour se souvenir du 22 mars 2016. Des rescapées et des survivants, entourés de ceux et celles qui leur ont porté secours et de très nombreux habitants, habitantes et enfants de tout Bruxelles, non pour pleurer, mais pour nous dire qu’ils et elles se sentent plus forts après l’épreuve qui les a unis, qui nous a unis. De l’émotion, mais aussi et surtout du courage, de la tendresse, de la fierté et de l’espoir d’un monde plus juste.

Fionn Perry et Noureddine Zerrad étaient à Zaventem quand la première bombe a explosé. Depuis, ils ont réalisé un documentaire d’une heure, un film singulier qui donne un nom et un visage à quatre rescapés et aussi le temps de se confier dans leur quotidien. Le magazine Moustique a entendu les réalisateurs, publié la bande annonce du film et dit pourquoi les Bruxellois doivent regarder « Tous ensemble ». Si vous êtes touchés et émus par cet extrait, trouvez donc le temps de découvrir ICI le film en entier. Entendez les paroles vraies des témoins de l’indicible, vivez les luttes nécessaires pour vaincre les blessures et les cauchemars, pour oser la station Maelbeek, pour reprendre pied dans la vie.

Une soirée pleine de pleurs de joie et d’émotion. Une lourde tristesse face à l’absence de tous ceux et celles qui n’y sont plus, mais aussi un vrai bonheur face à ce public qui partage le courage et la présence des survivants. Une chorale de Boitsfort entame l’hymne « Bruxelles ma belle » de Dick Annegarn. Le slameur Manza crache sa colère mais aussi sa foi en l’avenir de Bruxsel. Ensuite c’est la fête, parce que la haine ne triomphera pas. Bruxsels est plus forte et plus soudée depuis les attentats qui ont atteint la ville dans toute sa diversité.

 

Bruxelles, un état d’esprit 

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Allons droit au but, il n’existe pas de « vrais Bruxellois », ni de nation bruxelloise. Bruxelles, est avant tout un état d’esprit. Nous sommes originaires des quatre coins du monde,parlons des dizaines de langues différentes et occupons nos journées à travailler dans les domaines les plus divers, de la banque à la boulangerie en passant par l’art de rue ; toutefois, il nous avons quelques points en commun.

NOUS SOMMES TOUJOURS PRESSÉS
Toute course en taxi, toute traversée d’un passage piéton Porte de Namur en est l’illustration.

NOUS NE REGARDONS PAS VERS LE HAUT
Nous avons déjà vu toutes les maisons gothiques ou art nouveau de la ville, en fait, nous savons que le meilleur de l’action de la ville se déroule au niveau du sol.

NOUS NE SOMMES JAMAIS ALLÉS VISITER L’ATOMIUM
Nous négligeons souvent nos sites touristiques les plus prisés. La plupart d’entre nous n’est jamais monté au sommet de l’Atomium ou n’a jamais visité la cathédrale Sainte-Gudule.

NOUS CHOISISSONS NOTRE CAMP
Nous débattons(ou plutôt nous discutons) beaucoup. Politique, foot, meilleures frites de la ville, les sujets sont multiples et infinis et nous ne voudrions pas qu’il en soit autrement.

NOUS ADORONS NOTRE VILLE
Nous nous plaignons en permanence de Bruxelles : congestion automobile, travaux incessants, étés chauds, hivers pluvieux. Mais nous sommes tous d’accord sur un point : Bruxelles est la ville la plus ouverte et la plus surréaliste du monde … et nous savons rire de nous-mêmes.

Hé hé, je n’ai fait que mettre Bruxelles à la place de New York et remplacé quelques lieux dans l’article paru ICI.