Archives pour la catégorie Identité

Interroger le repli

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D’actualité chez nous – comme dans toute l’Europe et au-delà – le repli et le nationalisme interpellent et commencent à susciter le regard acéré de certains artistes. Harald Thys et Jos de Gruyter, un couple d’artistes flamands travaillant à Bruxelles, ont été sélectionnés par la Communauté française (Fédération Wallonie-Bruxelles) pour la représenter à Venise.  « L’art ne choque plus, il est en état de choc ». Vous imaginez le scandale et la polémique dans le pavillon belge de la biennale ? Alda Greoli, ministre de la Culture, ayant beau insister sur la diversité et la synergie culturelle de notre pays, certains continuent à regretter que  » le rayonnement flamand mette le monde artistique francophone à l’ombre « .

Si nos tensions communautaires demeureront présentes jusqu’à Venise, le surréalisme belge semble être transfiguré en un hyperréalisme délirant, selon Timour Sanli, qui en parle dans un article de L’Echo. Avec le projet  » Mondo Cane  » (un monde de chiens) les auteurs abordent la question du régionalisme, du repli, d’une Europe qui se dépeuple, qu’ils illustrent jusqu’à l’absurde. Ils montrent un monde dominé par la peur. Celle de l’autre.

Ne faut-il pas saluer le courage d’Alda Greoli, pour avoir osé cette provocation salutaire et qui fera date dans notre participation à la Biennale ?
Et dans deux ans, un couple d’artistes bruxellois francophones sélectionnés par la Flandre pour ausculter le monde ?

Le parlement est-il représentatif des Bruxellois ?

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Quand on sait que 420.000 habitant.e.s de Bruxelles (source Ibsa) ne pourront pas voter aux élections régionales du mois de mai, le parlement issu des urnes sera-t-il une représentation démocratique crédible d’une population bruxelloise, dont 34,79% – européens et non européens réunis – sont réduits au silence, selon L’Echo mais aussi La Libre et Bruzz ?

Si ces citoyen.ne.s peuvent s’exprimer aux élections communales, aux régionales, la loi le leur interdit et elle est de compétence fédérale. Cela n’a pas empêché le parlement bruxellois de mettre cette question en débat. Le but est d’arriver à une position commune que puisse défendre le gouvernement bruxellois face au Fédéral, à qui il revient de pouvoir de modifier la loi électorale. Mais il faut une majorité des deux tiers dans chacune des deux chambres, en plus de la majorité dans chaque groupe linguistique … C’est dire que ce ne sera en aucun cas applicable pour les régionales de mai.

La question de la crédibilité de notre système de démocratie représentative se pose déjà de manière très générale, mais de manière plus évidente à Bruxelles que dans les autres Régions, vu le pourcentage élevé de personnes étrangères résidant sur le territoire bruxellois. Pas exclu que les deux autres Région ne soient pas partie prenante de cette modification. Alors uniquement pour Bruxelles ? Pensable dans une loi fédérale ?

Encore beaucoup de patience et d’impatience ? Oui, sauf si notre Région fusionne ses 19 communes, comme le propose Aula Magna dans un chapitre de synthèse du livre Demain Bruxsels intitulé  » En finir avec l’imbroglio institutionnel « , qui sera présenté le 4 février à La Tentation.
Inscription ICI.

“ Demain Bruxsels ” lisez le premier chapitre

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10 ans après les Etats Généraux de Bruxelles, des membres du groupe de réflexion Aula Magna publient un livre aux éditions Politique. Il arrive en librairie. Les auteur.e.s font un bilan et alignent des recommandations positives pour l’avenir d’une ville cosmopolite du futur qu’ils dénomment Bruxsels. Des analyses sans concessions et des solutions créatives. Les auteur.e.s seront interrogé.e.s publiquement le lundi 4 février à 19h à La Tentation, 28 rue de Laeken. L’invitation au débat est en bas de page et le livre sera remis à la sortie aux participant.e.s qui s’inscrivent ICI.

Dès le sommaire, le ton est donné: Bruxelles a failli, mais si les critiques sont nombreuses et justifiées, l’ouvrage se veut résolument optimiste et présente des solutions, souvent à portée de main du gouvernement et du parlement bruxellois. Construire ensemble le peuple de Bruxelles est manifestement le credo d’Aula Magna, dans un premier chapitre à découvrir en primeur ICI.

Rien, ou (trop) peu, n’a été possible sur l’indispensable transition écologique urbaine, la priorité sans laquelle les autres priorités n’auront plus de raison d’être. Sur un meilleur partage des richesses: des constats mais relativement peu de recommandations. Soyons de bon compte, au fil des 12 chapitres – que je vous présenterai bientôt un à un – se révèlent une mine d’informations et un grand nombre de solutions, dont on aimerait retrouver trace dans les programmes de tous les partis. Bravo. Et bonne lecture à vous toutes et tous.

Qui a osé écrire cela ?

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« Bruxelles est notre héritage. Nous voulons être reconnus dans la diversité de nos identités, loin d’une appartenance communautaire exclusive dans le cadre d’un clivage francophones-néerlandophones. (Il faut) faire de la Région bruxelloise un exemple à l’échelle européenne, (la) sortir du corset institutionnel qui l’étouffe, alors qu’elle est une ville cosmopolite, jeune et dynamique. »

Qui a osé écrire cela ? Rudi Vervoort ? Pascal Smet ? Aula Magna ? l’Appel des Bruxellois ? Vous donnez votre langue au chat ? Et bien c’est Ecolo/Groen Brussels qui a publié cette position radicale dans La Libre, à l’occasion de la désignation de leurs têtes de liste pour les élections de mai.

Et ce n’est pas tout: « Nos institutions doivent être revisitées, à partir de cette réalité et avec des objectifs de solidarités internes et externes, de transparence, de subsidiarité, de lisibilité et d’implication des habitantes et habitants de tous les quartiers ».
Très encourageant. Qu’en pensent les candidats bruxellois des autres partis ?

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Près de 3000 jeunes étudiant.e.s  flamand.e.s de Youth for Climate ont brossé les cours jeudi: un succès de foule inespéré à Bruxelles dès le premier acte. À lire et voir sur BX1 sur Bruzz sur Bruzz2 et aussi un Belga.  A quand les francophones ?

Happy Monday: une nouvelle radio bruxelloise

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BX1 compte lancer une nouvelle radio en septembre 2019, en vue « de combler un manque dans le paysage radiophonique francophone bruxellois, selon une étude de marché qui a enregistré 76 % d’opinions favorables à la création d’une nouvelle radio régionale à Bruxelles ». C’est désormais inscrit dans le contrat de gestion conclu entre BX1 et le parlement bruxellois francophone (Cocof). Si nous regrettons que la chaîne télé de BX1 ne soit toujours pas sous-titrée, en radio, on peut comprendre qu’ils soit difficile d’être efficacement multilingue.

Vous connaissiez déjà BX1 comme successeur de Télé Bruxelles et comme éditeur d’un journal internet en ligne, désormais la chaîne se présente comme « éditeur de contenus numériques d’information régionale sur tous les supports ». La nouvelle station radio aura pour mission première l’information bruxelloise. Elle ne sera disponible que sur le web dans un premier temps. Ensuite BX1 sollicitera une fréquence FM et DAB+.

Bon vent à cette web radio qui se veut complémentaire à leur chaîne de télévision et devrait être une opportunité pour les Bruxellois.es qui veulent en savoir plus. Faut espérer qu’ils bénéficieront de journalistes supplémentaires et de l’indépendance requise pour faire l’actualité bruxelloise, pour investiguer la vie politique en profondeur sans complaisance et pour aller à la rencontre de la société civile et des Bruxelloises et des Bruxellois. Un public à attirer, un ton à trouver. Sera-t-il à la fois pertinent, impertinent et résolument multiple, à l’image de Bruxelles ? L’Echo en dit plus ICI