Archives de catégorie : Gouvernance

Société civile menacée.

La société civile désigne « l’auto-organisation des citoyens indépendamment de l’État, des partis politiques et du monde économique (CRISP). C’est vous et moi, qui utilisons notre droit d’association et notre liberté d’expression. Aujourd’hui, la société civile est sous pression. L’État et les Régions menacent de supprimer les subventions de certaines associations voire même de les dissoudre et de poursuivre des activistes devant les tribunaux.

Un avant-projet du ministre Quintin (MR) a pour objectif d’autoriser le pouvoir exécutif à dissoudre, interdire ou geler les biens d’associations sans passer par une décision judiciaire, s’ils constituent une menace grave pour la sécurité nationale ou l’ordre démocratique et constitutionnel. La Ligue des Droits Humains y consacre une analyse complète dans sa dernière Chronique.

Dans le même temps, le BRAL et IEB sont menacées par le ministre Dirk De Smedt (Anders) de perdre une partie de leurs subsides annuels. Elles seraient trop critiques envers le gouvernement bruxellois. Il leur reproche d’attaquer la Région en justice sur plusieurs projets: “Nous attendons des organisations subsidiées qu’elles remplissent leurs missions de base et apportent des solutions ». Une procédure bâillon inédite. Cela s’apparente à de la censure. Ici vous en saurez plus et vous pourrez Ies soutenir.

Sucres, sel et graisses.

Le gouvernement met en place un système de classification nutritionnelle des boissons pour lutter contre les mauvaises habitudes alimentaires. « Plutôt que de soigner les gens une fois qu’ils sont malades, il vaut mieux prévenir en restant en bonne santé. C’est pourquoi nous devons réglementer notre consommation alimentaire, en particulier celle de sucre, de sel et de graisses »

Hélas, il ne s’agit pas d’une décision du gouvernement belge, mais bien d’une mesure prise par le gouvernement indonésien. Elle classe les boissons de A à D, avec des codes couleur en fonction de la teneur en sucre, en sel et en matières grasses pour 100 millilitres de boissons sucrées, déterminée par des tests en laboratoire supervisés par les autorités.

Les autorités visent ainsi à décourager les régimes alimentaires malsains, qui ont contribué à l’augmentation des maladies non transmissibles dans le pays, telles que le diabète, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiaques et l’insuffisance rénale.

Des boulevards à l’abandon.

De la Porte de Hal à la Porte d’Anderlecht, les terre-pleins des boulevards du Midi et Poincaré sont transformés, depuis des décennies, en parking sauvage et en dépôts d’immondices, où tout semble possible. Ce chaos au cœur de la ville révèle les conséquences visibles de la fragmentation territoriales bruxelloise, écrit Kris Hendrickx dans un édito de BRUZZ traduit pour vous ICI.

Ces boulevards se trouvent en effet à cheval sur les territoires de la ville de Bruxelles, sur ceux des communes de Saint-Gilles et d’Anderlecht et celui de la Région. Comment transformer ce « no man’s land » en un  « iedersland » (pays de tous) ? Comment mettre fin à la fragmentation qui contribue à la situation dramatique de ce terre-plein ? Une question épineuse, qui débouche rapidement sur un débat de tranchées : « Fusionner les communes » ou « Ne pas y toucher ».

Tout le monde est compétent, mais personne n’est responsable. Une spécialité bruxelloise. La Région ne devrait-elle pas commencer par un réaménagement de ce boulevard et de ces bermes ? Même s’il y a fort à parier que le bourgmestre de la ville de Bruxelles et divers lobbies y mettront leur veto pour pouvoir y accueillir tous les étés la Foire du Midi. Cette foire pourrait cependant très bien déménager au vert au Heysel, comme la foire du Trône à Paris. La balle est dans le camp de Elke Van den Brandt (Groen), ministre de la Mobilité.

Opération nettoyage, stationnement sauvage, Foire du Midi

 

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Freiner le réchauffement.

Il ne fait pas encore assez chaud pour s’en inquiéter, pourtant c’est dès aujourd’hui que Bruxelles devrait développer des actions pratiques pour limiter un réchauffement à venir, qui pourrait s’avérer insupportable. L’intervention de Simon De Muynck, que nous vous avions renseignée, s’est révélée assez optimiste, quant aux moyens disponibles au niveau local, individuel et politique. Il serait encore temps d’agir en faveur du maintien d’une ville habitable.

La lutte contre les îlots de chaleur est primordiale pour lui. Les quartiers très denses devront être verdurisés avec des espèces adaptées au climat futur. Il va falloir déminéraliser des espaces publics et privés. Revenir à des sols perméables qui limiteront aussi les risques d’inondations. Encourager les toitures vertes. Monitorer les conditionnements d’air qui rafraichissent l’intérieur mais réchauffent la rue.

Le haut de la ville a la chance de bénéficier d’une verdunisation importante. Ses eaux pluviales et ses eaux grises s’écoulent vers le bas de la ville densément bâtie. Une certaine solidarité va s’imposer entre quartiers privilégiés et le bas de la ville. Une aide sélective sera nécessaire pour permettre l’isolation des bâtiments, responsable d’une grande part des émissions. De même pour le transport privé. Simon De Muynck en a dit bien plus et a proposé des solutions résumées ICI.

Le fait du prince.

Mons, 14 février tôt matin. G-L Bouchez décroche son téléphone et réveille Boris Dilliès, le bourgmestre MR d’Uccle. Alors qu’il n’était pas candidat au poste, le président du MR lui annonce qu’il le nomme ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale. Il faut qu’il s’empresse de rejoindre au parlement la coalition, qui a rédigé un accord de gouvernement lors d’un conclave, auquel il n’a pas participé. Ensuite prestation de serment chez le roi.

C’est au parti qui a recueilli le plus de voix que revient le privilège de nommer le ministre-président. La fédération bruxelloise du Parti Socialiste (PS) a fait de même, quand Laurette Onkelinx, a nommé Rudi Vervoort ministre-président et lui a imposé son chef de cabinet, aujourd’hui à la tête de Kanal. G-L Bouchez a fait durer le suspense jusqu’à la dernière minute et c’est donc comme Montois qu’il a désigné le ministre-président des Bruxelloises et des Bruxellois.

On peut faire le parallèle avec léditorial de Béatrice Delvaux, qui fustige la proposition de G-L Boucher de nommer Axel Miller à la tête de la SFPIM. « Ces désignations qui sont le fait d’un Roi Soleil donnent le sentiment détestable qu’on privilégie des amis et des proches sélectionnés, au mieux pour leurs compétences – cela arrive –, au pire en remerciement de services rendus ou pour leur allégeance. Ces pratiques sont une insulte à la bonne gouvernance. » Elles minent aussi la confiance du citoyen en la démocratie.