Archives de catégorie : Gouvernance

La fin des cumuls

Cumuler les mandats politiques ne permet pas à certains mandataires de se concentrer à temps plein à la fonction pour laquelle ils ou elles ont été élu.e.s. et concentre trop de pouvoirs dans quelques mains. C’est pourquoi, le gouvernement régional a  (enfin) pu soumettre un projet de décumul intégral au parlement, qui va devoir se prononcer. Seule l’opposition minoritaire semble actuellement défavorable. Dans ce document, Cumuleo se réjouit. Le prix à payer pourrait être absorbé par la diminution du nombre d’échevins.

Si le parlement vote en faveur de ce projet, il ne sera plus possible de cumuler une fonction de bourgmestre, d’échevin ou de président de CPAS avec un autre mandat politique régional ou fédéral. Etre bourgmestre d’une grosse (1) commune bruxelloise n’est-il pas une charge de tous les instants qui exige un vrai temps plein ? et pourquoi pas une juste rémunération revue à la hausse, comme le prévoit le projet ? Plus de détails dans cet article de la RTBF.

Aux citoyens désireux de s’engager en politique à effectuer leur choix entre le niveau communal, régional ou fédéral. Il s’agit là de niveaux de responsabilité fort différents. Trop longtemps, un certain nombre de municipalistes n’ont siégé au parlement régional qu’en vue de maintenir les prérogatives et compétences actuelles des communes, empêchant ainsi la Région de gérer son territoire de manière cohérente et efficace. Cela s’est remarqué, par exemple, dans la saga inachevée du plan de stationnement régional, bien décrite dans un article de L’Echo.

(1) une révision des limites communales et de leurs compétences devrait en finir avec des communes trop petites, comme Saint-Josse ou Koekelberg, ou beaucoup trop grandes, comme Bruxelles-Ville ou Schaerbeek, afin de leur permettre d’exercer leur pouvoir de proximité et de réaliser des économies d’échelle.

Pourquoi des frontières ?

Les murs de la première enceinte, qui entouraient Bruxelles dès le XIIIe siècle, étaient supposés protéger la ville contre les ennemis et les envahisseurs de l’extérieur. Ils ont été remplacés par une seconde enceinte plus large, dont la destruction a permis d’installer la petite ceinture et dont la Porte de Hal reste une trace. Aujourd’hui, ce sont les 19 communes qui forment le territoire de Bruxelles. Cette nouvelle frontière distingue notre Région de la Flandre et de la Wallonie unilingues.

Chaque jour, l’actualité est saturée par des questions de frontières et les drames qui s’y jouent. En quinze ans, selon l’Organisation internationale des Migrations, quelques 22 400 migrants sont morts sur les routes vers l’Europe et près de 5 millions d’Ukrainiens ont dû s’exiler, suite au franchissement de leur frontière par l’armée russe. C’est pour se constituer que les Etats-nations ont consolidé des frontières, souvent à la suite de diverses conquêtes, qui leur ont parfois permis de gérer d’immenses territoires au détriment des communautés locales. Ils avaient des marquis et aujourd’hui des garde-frontières.

« Les frontières mettent en question la « communalité ». Elles interrogent ce que nous avons justement en commun, les limites de la communauté, tout en construisant, simultanément, un « nous » toujours incertain et ouvert à la reformulation ». C’est ce qu’affirme une (lourde) étude académique disponible ICI, pour qui veut aller plus loin. Pour certains, l’avenir de l’Europe c’est l’Europe des Régions ou l’Europe des Villes, malgré le poids encore considérable de certains de ses Etats- nations.

D’une pierre deux coups

Le dernier volet du rapport GIEC est dédié aux solutions que l’humanité peut mettre en place pour contenir le dérèglement climatique. Mauvaise nouvelle: jamais l’espèce humaine n’avait émis autant de gaz à effet de serre que ces 10 dernières années. Bonne nouvelle: des solutions sont aujourd’hui largement disponibles, pour nous prémunir du pire, à condition d’être appliquées massivement et sans attendre. Greenpeace décrypte soigneusement.

Le « résumé à l’intention des décideurs », condensé politiquement sensible du rapport scientifique de plusieurs milliers de pages, a été négocié âprement, durant deux semaines, mot à mot, par les représentants des 195 pays membres du GIEC, en collaboration avec les auteurs. Les blocages résolus portaient sur la sortie des énergies fossiles, la finance, le rôle des technologies ou les questions d’équité, selon cet article du journal Le Monde.

La lutte contre le dérèglement climatique s’inscrit aujourd’hui parfaitement dans le contexte géopolitique actuel. « Nous disposons des outils permettant de réussir la transition. Le prix des technologies respectueuses de l’environnement a diminué de 85% depuis 2010…  et de plus, nous n’avons plus besoin du gaz et du pétrole de Poutine et d’autres dictateurs » relève euro topics. Les technologies sont prêtes, « reste » à la classe politique des pays membres du GIEC à les mettre en œuvre sans tarder et à leurs citoyens d’opter pour une forme de sobriété. Il reste huit ans.

Bourgmestres en conférence

La Conférence des bourgmestres bruxellois n’a aucune existence juridique, mais personne ne peut empêcher les bourgmestres de se rencontrer. Ils ne s’en privent pas. De quoi parlent-ils ? On n’en sait rien, parce qu’ils ne publient ni ordre du jour, ni procès-verbal. Ce n’est pas la transparence qui les caractérise. Si cette instance de coordination avait tout son sens avant la création de la Région, elle est aujourd’hui une forme de « gouvernement de l’ombre ». La Libre se demande si elle n’a pas trop de pouvoir.

La commune, c’est un autre niveau de responsabilités que la Région et il ne serait sans doute pas inutile de revoir les compétences qui doivent demeurer aux communes et celle qui auraient intérêt à être régionalisées pour plus de cohérence. Quoi qu’en dise le ministre-président de la Région, la conférence des bourgmestres a-t-elle à se mêler des compétences régionales et faire Parlement à la place du Parlement ?  Ce n’est pas pour rien, que dès 2024, il sera impossible de cumuler un mandat d’échevin ou de bourgmestre avec celui de parlementaire.

Lorsqu’il y a enfin un règlement de stationnement régional, un bourgmestre peut décider de ne pas l’appliquer, c’est discuté en Conférence des bourgmestre et cela peut tout bloquer. Quand Rudi Vervoort, affirme que pour l’urbanisme ou la mobilité, la commune doit être l’interlocuteur direct, on peut se demander si c’est le ministre-président qui parle ou le bourgmestre empêché d’Evere ?  On assiste parfois à de vraies  luttes de pouvoir. On ne fera pas ville ainsi. Il est des matière locales qui sont mieux gérée avec une grande proximité et des politiques urbaines qui ont intérêt a être définies au niveau de la Ville-Région.

Verts ! le gaz et le nucléaire ?

Le futur de l’énergie  verte à Bruxelles dépend largement du fédéral, même si Sibelga est un acteur local important. Le fédéral est devant des choix politiques cruciaux et Bruxelles en sera largement dépendant. Le gaz a beau être doté du qualificatif « naturel », sa consommation n’en produit pas moins des gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques. Quant au nucléaire, tout le monde connaît les risques auxquels il nous expose et le poids de la gestion des déchets, qu’il reporte sur les générations qui nous suivront.

La France, qui parie sur le nucléaire, a obtenu de l’Europe de le considérer comme une énergie verte et l’Allemagne – qui doit remplacer ses centrales au charbon – a obtenu la même qualification pour le gaz, qu’elle importe largement de Russie. Un deal entre ces deux ténors de l’Europe, face auquel la Commission s’est inclinée et qui leur permettra d’avoir accès aux subventions européennes. Mais non, ces énergies ne sont pas vertes et ne peuvent être que temporaires, en attendant un développement accéléré d’énergies durables.

Bruxelles ne peut miser actuellement que sur le développement public et privé du photovoltaïque, mais aussi de la géothermie. Mieux isoler nos bâtiment est aussi une manière de réduire notre consommation d’énergie. Et pour le reste, nous serons dépendants des choix opérés au niveau fédéral. Comme le nucléaire reste une activité très rentable pour Engie, il y aura une négociation serrée sur ce surprofit le 31 mars, comme le détaille cet article de Business AM.