Archives pour la catégorie Gouvernance

« Alain Flausch à la Mobilité ! »

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Alain Flausch est l’ancien patron de la STIB. Il y a huit ans, il a quitté son poste en claquant la porte. Trop d’ingérences politiques et peu d’appréciation pour son titanesque travail. D’aucuns disent: question de salaire. A 69 ans, le flamboyant PDG a accepté de livrer une interview à Bruzz … malgré sa jambe cassée et ses béquilles. « Aujourd’hui, la Région de Bruxelles-Capitale est plus adulte », Alain Flausch se montre particulièrement indulgent à l’égard des nouveaux plans de Mobilité Good Move, même s’il estime que leur financement, hors enveloppe budgétaire, sera recalé par l’Europe. Il avait proposé la création d’une société d’infrastructure à côté de la STIB, afin de pouvoir amortir les investissements, mais le PS a dit non.

Il n’y va pas par quatre chemins: il fustige la disparition des trams vicinaux et la SNCB qui n’exploite pas les 28  gares bruxelloises (ou 32 ?) qu’elle possède, qui poursuit la « bruxellisation »,  qui manque de vision pour Bruxelles et construit de bâtiments sans âme ni identité. Le billet unique STIB / De Lijn /TEC et SNCB, déjà proposé il y a 10 ans, n’est toujours pas d’application ! Aujourd’hui, le vent tourne: il y a un mélange d’ambition et de fierté à Bruxelles.

Faut  aussi aller voir ailleurs – à Copenhague par exemple, mais pas seulement – c’est inspirant et moins cher qu’un bureau d’étude. La voiture y a été remise à sa juste place. Ici, le rêve d’avoir chacun sa propre voiture – même vieille, usée et polluante – reste comme un droit social. Il se réjouit de voir ce qui est sur la table aujourd’hui, mais est aussi excédé, parce qu’en 2000 cela y était déjà ! Il faut réduire la capacité des voitures à Bruxelles dans l’intérêt de tous. « Rétrécissez ! La vie d’un automobiliste doit devenir insupportable à Bruxelles. Je ne vois pas d’autres possibilités »

Un lecteur de Bruzz se demande « Pourquoi pas Flausch à la Mobilité ? » la réponse ICI, en lisant la traduction libre de l’interview réalisée avec l’aide gratuite de http://www.DeepL.com/Translator

Bruxsels: la ville aux 100 comités de quartier

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La Région est riche de plus de 100 comités de quartier qui vont et qui viennent, mais qui témoignent d’une société civile active et entreprenante, même si ces comités n’ont généralement pas de reconnaissance formelle par les autorités. Ils organisent des réunions, des débats, des newsletter et des manifestations parfois bruyantes. Ils développent aussi souvent un sentiment d’appartenance à un quartier. On leur doit la sauvegarde de nombreux édifices, la suppression de projets mégalomanes et des contre-projets souvent fort judicieux. Maurice Culot en a fait une analyse déjà ancienne.

Désireuse de mettre de l’ordre dans tout cela, la Région a confié au monde académique la réalisation d’un monitoring des quartiers bruxellois, sur base de critères définis ICI. Cela a débouché sur une carte qui compte 118 quartiers résidentiels sur un total de 145. La Ville de Bruxelles a aussi fait ICI son petit partage personnel et pour son Pentagone, elle a créé une carte de 10 « quartiers » dont un appelé « Centre », qui amalgame les quartiers Saint-Jacques et Saint-Géry avec la Bourse,  l’Ilot sacré, les Galeries Saint Hubert, de Brouckère et même un bout de la rue Neuve et la banque nationale…  bref un véritable « non quartier ». Plus récemment, la Ville vient de couper son Pentagone en deux « quartiers » pour y instaurer des comités consultatifs.

Si ces entités correspondent à un désir de rationalisation et s’appuient souvent sur des bases statistiques existantes, peut-on dire que ces entités développent un sentiment d’appartenance (1) ? sont le reflet de la vie des territoires investis par de nombreux et divers comités d’habitants ? Ces cartes ont le mérite d’exister et ont une utilité, mais quand elles deviennent La référence en matière de quartiers bruxellois, il est temps de s’insurger. Le fruit d’un travail en chambre peut-il se substituer à la réalité de plus de 100 comités de quartier qui font vivre Bruxelles et correspondent à de véritables entités à la fois démocratiques et sociologiques ?

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(1) Un des critères retenus a-t-il vraiment été appliqué ? « Le quartier correspond à un espace de vie que partagent au quotidien les gens qui y habitent. »

L’Europe des Régions

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Les leaders flamand et catalan se sont rencontrés à Barcelone. Vous devinez de quoi ils ont parlé. En conclusion, ils ont appelé l’Union européenne à mettre en place un mécanisme permettant l’intégration au sein de l’Union de nouveaux États indépendants qui sont apparus démocratiquement. Cela n’a pas dû échapper aux Ecossais, Irlandais, Basques et autres Corses, qui se souviennent de la révolution de velours qui a donné naissance à la Tchéquie et à la Slovaquie.

Les États-nations qui composent l’Union, ont été vidés par le bas de nombreuses compétences, qu’ils ont voulu – ou dû – céder aux Régions. Ils ont été vidés par le haut par l’Europe, dont ils se contentent d’intégrer les directives dans leur droit national. Les Rois sont (presque) nus, mais ils continuent à gesticuler tant et plus sur la scène internationale, tandis que des décisions importantes et pragmatiques se prennent ailleurs. La Belgique, qui fonctionne actuellement sans gouvernement fédéral, en est une illustration (1).

Les matières locales ne seraient-elles pas mieux gérées par des gouvernements régionaux proches ? Les matières supra régionales – lAffaires étrangères, Monnaie, Sécurité sociale, Climat, Défense ou Economie – ne seraient-elles pas conduites de manière plus efficace au niveau de l’Europe ? Des analyses et thèses y sont consacrées. Pour cela, il faudrait plus d’Europe (et non moins) et qu’elle puisse parler d’une seule voix, mais aussi plus de pouvoirs aux Régions. Les Etats-nations feront tout pour l’empêcher… tant qu’ils le peuvent. La nomination d’Ursula von der Leyen et de Charles Michel n’est-elle pas le reflet du refus d’une Europe forte ?
L’Europe des Régions pourrait-elle cependant assurer l’avenir d’une Europe démocratique ?

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(1) Marc Uyttendaele et Vincent de Coorebyter ne suggèrent-ils pas dans Le Soir « une logique de cogestion des intérêts fédéraux par les entités fédérées (qui ont chacune un gouvernement ndlr) s’il n’est pas possible de voir émerger une coalition au niveau fédéral ». Les quatre Régions décideraient de ce qu’elles veulent confier au fédéral qu’elles co-gèreraient. Science fiction ou sortie de crise ?

 

La technologie nous sauvera

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Tous les jours, des articles scientifiques alarmistes sur l’avenir de notre planète. Et pourtant, « l’espèce humaine a toujours trouvé des solutions pour résoudre les problèmes qu’elle a créés et il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement pour le réchauffement climatique, pour la production d’énergie ou pour le recyclage et le traitement de nos déchets ». C’est un point de vue exprimé par certains et pas seulement par les climatosceptiques qui restent dans le déni. ICI l’avis optimiste du Centre d’études du MR et du professeur Damien Ernst.

S’agit-il là d’une promesse d’ingénieurs, devenue croyance politique ? un progrès qui sauverait l’humanité en repoussant les limites du possible, par des technologies capables de corriger les erreurs humaines et même d’inventer un monde de bonheur partagé ?  « La technologie et la géo-ingénierie, qui sont pour beaucoup dans l’état actuel de la planète, pourraient donc aussi la sauver » sans devoir modifier trop notre mode de vie et de consommer ?

Si vous tapez sur Google < la technologie nous sauvera > vous aboutissez paradoxalement sur quantité d’articles scientifiques intitulés: « Pourquoi la technologie ne nous sauvera pas  … ». Wikipédia y définit clairement l’Utopie technologique et si Eco-Conso et Medium se montrent relativement optimistes, peut-on en dire autant des propos d’ingénieurs de Mediapart et France Culture ou de la RTBF à propos du numérique ? Naoric va plus loin, son billet conclut que seul une « économie de guerre » et un pouvoir fort (donc non démocratique) seraient capable de faire respecter les Accords de Paris. Un nouveau Churchill ? ou un Xi Jinping ?

Pourquoi chauffer la rue ?

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Alors qu’on nous parle tous les jours de réchauffement climatique et que nous sommes incités à installer du double vitrage et à limiter nos déperditions de chaleur, d’autres se permettent de chauffer la rue. Ils le font à grand renfort de bonbonnes de gaz et de chaufferettes électriques. Apparemment, en toute impunité, avec le soutien des lobbies de l’alcool et de la cigarette et avec pour seul objectif d’augmenter leur chiffre d’affaires, sans se soucier de l’environnement.

A Bruxelles, ce sont les communes qui règlementent (ou pas) ces pratiques de plus en plus courantes. Sur le territoire de la Ville de Bruxelles, les chaufferettes au gaz sont interdites (1) … mais l’échevin du Commerce – Fabian Maingain – n’applique pas le règlement « tant qu’il n’y aura pas d’alternative » ? Quelle alternative pourrait bien permettre de chauffer la rue sans consommer d’énergie ? A part pédaler pour produire du courant, on ne voit d’autre solution que de fournir une couverture ou alors d’accueillir les consommateurs à l’intérieur des établissements.

Le Parlement européen s’est prononcé pour l’interdiction des systèmes de chauffe pour terrasses, mais son avis est non contraignant. Par contre, nous avons un ministre bruxellois du Climat et de l’Environnement – Alain Maron – n’est-ce pas à lui d’interdire, pour l’ensemble de la Région, ce genre de pratique énergivore ? A charge des zones de police d’en assurer l’application: fermer l’interrupteur ou le robinet. La ville de Rennes a déjà interdit ce type de chauffage et s’en explique ICI. La ville de Namur suivra en juin 2021 selon la RTBF et Woluwé Saint-Lambert veut étendre l’interdiction à tout son territoire.

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(1) Règlement terrasses §7. Sont seules admises les chaufferettes électriques amovibles