Archives pour la catégorie Gouvernance

Les têtes de listes sur tous les fronts

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A quelques semaines des élections, les têtes de listes des partis sont sollicitées de toutes parts. Les nombreuses associations de la société civile bruxelloise les interrogent tant par écrit que lors de débats contradictoires. Il s’agit de répondre présent lorsque l’on sollicite les voix des membres de ces divers groupes aux centres d’intérêts très variés. Les animateurs ne se contentent généralement pas de la langue de bois. Il s’agit de s’engager, de faire des promesses et puis … de pouvoir les tenir en choisissant bien ses partenaires de coalition.

A Bruxelles, les têtes de listes sont interrogées à propos du survol de la ville, de la fusion des communes, du vote des étrangers, de la taxation du kérosène, de la redistribution des richesses, de l’entrepreneuriat, du salaire minimum, …  et bien sûr aussi à propos de leur programme d’action pour une autre mobilité et une transition énergétique efficace, doublée d’une vraie justice sociale pour son financement. Les médias en feront état.

A titre d’exemple, j’ai épinglé le débat « Pour un Bruxelles multilingue » qui se déroulera à l’auditorium du Palais de la Bourse à l’initiative du Plan Marnix. Les têtes de listes devront expliquer comment ils comptent s’y prendre pour relever le défi que représente l’écart entre les compétences linguistiques des Bruxellois et les exigences linguistiques nécessaires pour un nombre croissant d’emplois. Les recteurs de l’ULB et de la VUB y présenteront aussi leur projet de création d’écoles multilingues et Philippe Close y réagira. Le débat se déroulera le vendredi 26 avril de 18h à 20h. Le programme complet est ICI. L’inscription est gratuite, mais obligatoire ICI.

 >>> Rappel: pour les personnes qui ont reçu une invitation pour le film de Luc Jabon à Bozar le 2 mai: vous devez confirmer votre présence en allant à l’adresse du site d’imagecreation mentionnée dans le bas de votre invitation pour 2 personnes avant le 26 avril.

Pour qui voter ?

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Ce n’est pas de moi que vous attendez la réponse à cette question qui va se poser à vous trois fois le 26 mai. Toutefois, ceux et celles qui s’opposent au pouvoir excessif des partis ne voteront pas « tête de liste », pour ne pas se contenter d’avaliser l’ordre des candidats décidé par les états majors des partis. Ils pourront voter pour plusieurs candidat.e.s de leur choix sur une même liste, y compris pour des « candidats d’ouverture », qui soutiennent la liste sans être membres du parti. Cela ne manquera pas d’influer sur la liste des élus qui les représenteront dans les trois parlements ainsi que sur le choix des personnalités qui seront appelées à faire partie des différents gouvernements ou de la Commission européenne.

Les électrices et les électeurs qui estiment que la question du climat et d’un partage plus juste des richesses constituent des enjeux cruciaux pour cette triple élection, n’auront pas trop de peine à retrouver, dans les slogans et les programmes des partis, les candidats qui ont agi et prennent des engagements clairs sur ces sujets. Les élections ne sont-elles pas aussi une occasion de soutenir ou de sanctionner pour leur gestion les femmes et les hommes qui étaient en charge au cours de la dernière législature ?

Pour vous aider à y voir plus clair, un « test électoral » a été mis au point par des académiques à l’initiative de la RTBF, la VRT, La Libre, De Standaard, l’UCLouvain, l’Université d’Anvers et Tree company. Il vous permet de répondre « D’accord » ou « Pas d’accord » à une série de propositions pour chaque scrutin (fédéral, régional bruxellois ou européen) et savoir ensuite quels partis sont les plus proches de vos convictions. Je me suis livré à l’exercice et il me semble que cela ne manque pas d’intérêt, malgré les limites du genre.

 

Europe : voie de garage ?

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En Belgique, comme ailleurs, les candidats pour la constitution du prochain parlement européen ne sont pas des premiers couteaux. C’est une élection qui est supposée intéresser assez peu la population, les partis se croient donc souvent permis de l’utiliser comme voie de garage pour services rendus,comme des anciens présidents, comme Benoît Lutgen (cdH) ou Olivier Chastel (MR) par exemple, ou alors pour lancer des petits nouveaux sans prendre trop de risques.

Plusieurs partis se permettent aussi de mettre en tête de liste des personnes qui déclarent (ou non) qu’elles ne siégeront pas et donneront donc leurs voix à des suppléants souvent inconnus. Paul Magnette (PS) en est un exemple frappant, même s’il a dit en se présentant qu’il resterait bourgmestre de Charleroi … et possible futur président du PS. Cette pratique peut-elle perdurer à un moment ou l’Europe a besoin de parlementaires de qualité pour se ressourcer pour ne pas dire se réinventer ? et pour contrer une possible percée du populisme et de l’extrême droite ?

Il y a fort heureusement des exceptions, quelques partis ont choisi des personnalités issues du monde scientifique pour les représenter. La presse parle par exemple d’Olivier De Schutter (Ecolo/Groen) en Belgique ou en France d’un philosophe engagé comme Raphaël Glucksmann (Place Publique) et peut-être bientôt de Paul Jorion, l’anthropologue économiste franco-belge au blog décapant ? Ils se caractérisent tous par leur franc parler et leur capacité à se saisir de l’air du temps. Seront-ils élus et seront-ils à la hauteur d’anciens élus comme Daniel Cohn-Bendit ou Guy Verhofstadt et leur groupe Spinelli qui s’est penché sur un véritable fédéralisme européen ?

Favoriser la participation citoyenne

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C’est à l’initiative du groupe eChange – que la RTBF présente ICI – qu’un débat  » Démocratie et participation citoyenne «  a eu lieu entre divers politiques, sur base du travail préparatoire du groupe eChange et avec intervention de citoyens. Il s’est déroulé dans le respect, l’ouverture et la recherche de convergences, c’est sans doute inédit ?

Quelques convergences se sont dégagées :
* Le diagnostic et l’impact négatif du fonctionnement actuel des partis en Belgique.
* L’accord des représentants de tous les partis présents pour se mettre autour de la table pour tenter de dégager ensemble les axes d’amélioration du fonctionnement de la démocratie.
* L’ambition de rendre la démocratie plus efficace et plus participative:
– financement plus équitable des partis, en ce compris dans le cas de la création d’un nouveau ou d’une re-fondation de partis existants,
– diminution de leur impact sur le choix des élus (primaires internes, suppression de l’effet dévolutif de la case de tête)
– émergence positive d’innovations telles que l’assemblée citoyenne (en complément de l’assemblée représentative) et du référendum d’initiative citoyenne dans certaines conditions.

Vous trouverez aussi ICI quelques réflexions de participants.

Un nouveau débat public sera organisé par le groupe eChange sur la question de la Mobilité ce mercredi 27 mars à 19H30 à Bozar (Rotonde Bertouille). Vous pouvez vous inscrire ICI.

 

Il n’y aura pas de loi climat

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« Tout ça, ce n’était que des mots : il n’y aura pas de loi climat » c’est ainsi que débute l’édito de Béatrice Delvaux dans Le Soir. « Ils allaient la signer, elle était une urgence, on devait donner un signal fort aux jeunes soudain descendus dans la rue chaque jeudi, brossant l’école pour le climat. On les avait compris et on allait désormais agir en conséquence ».

Et de poursuivre. Ce qui gêne, ce sont les arguments utilisés, surtout celui de l’ouverture de la boîte de Pandore. C’est très petit comme excuse : se cacher derrière la crainte d’une révision d’une Constitution qu’on a si peu souvent hésité à triturer en tous sens pour remplir des objectifs bien moins louables. C’est aussi très faux et donc hypocrite : on a déjà modifié des articles sans toucher à l’édifice « sacré ».

Ce qui gêne, c’est la promesse faite hier au Parlement par les partis du « niet » de trouver d’autres moyens pour arriver au même résultat. Parle-t-on de ces accords de coopération entre fédéral et Régions qui ne se concluent jamais ou alors au prix de palabres sans fin et de complexités qui les rendent impraticables ?

Faut-il rappeler les raisons qui ont poussé des experts à élaborer cette fameuse loi ? Il s’agissait de forcer via la Constitution « toutes les entités belges à coopérer à une politique climatique efficace et à fixer les objectifs et les modalités « . Anuna De Wever, la pionnière néerlandophone des marches pour le climat en Belgique, estime que c’est une insulte à l’égard des jeunes.