Archives de catégorie : Gouvernance

5000 euros brut pour tous.

Un revenu de 5000 euros brut par mois pour toutes les Bruxelloises et les Bruxellois et même partout sur la terre, sans faire exploser les limites planétaires. C’est l’économiste français Thomas Piketty qui l’affirme avec d’autres chercheurs, dans un « Rapport sur la justice mondiale ». Ils y détaillent les façons de réduire les inégalités dans le monde, tout en sortant de l’économie carbonée néfaste pour la planète d’ici 2100.

Un impôt mondial sur la fortune permettrait de converger vers un revenu moyen de 5000 euros brut pour tous les citoyens. Une fiction scientifique, un grand plan utopique assumé par les auteurs. Il résulte de deux ans d’un travail appuyé par une quarantaine de chercheurs internationaux qui ont abouti à cette proposition de plan de transformation de l’économie mondiale.

Ils partent d’un constat simple : si on ne propose pas un autre modèle, l’Inde, l’Afrique, l’Amérique latine, vont s’enrichir en utilisant finalement le même modèle que celui qui a été utilisé en Europe, en Amérique du Nord, avec énormément d’émissions carbone, et prenant inévitablement la trajectoire d’un réchauffement estimé au-delà de 4°C d’ici 2100.

 

KANAL: un rétropédalage.

« À quelques mois de l’inauguration du musée Kanal, il n’est pas inutile de revenir sur les 12 années d’une saga politique et économique et surtout de poser la question de son futur, suite aux décisions budgétaires du nouveau gouvernement bruxellois et au contexte de la crise actuelle. » C’est Yves Bernard, qui l’écrivait déjà en avril de cette année dans une bonne synthèse parue dans Bruxelles en Mouvement d’Inter Environnement Bruxelles.

On allait évidemment terminer ce chantier pharaonique, pas question d’un chantier abandonné supplémentaire à Bruxelles. Pour ce qui est du fonctionnement, on revient à des montants plus raisonnables et un peu plus supportables pour un Bruxelles désargenté. Le couperet pour le futur de Kanal est tombé: oui pour les 50 millions permettant la fin des travaux (mais ce ne sera finalement qu’un prêt); non pour les 30 millions de subsides de fonctionnement annuels.

Kanal devra faire avec trois fois moins dès 2029, juste 10 millions. Si on en croit le directeur général sur le départ Yves Goldstein, le budget alloué ne couvrira que les frais de  fonctionnement… rien pour les expos et événements. On parle de privatisation partielle, de location, d’événements rentables, de rupture avec le Centre Pompidou. Une affaire à suivre.

>>> une lectrice propose  d’aller plus loin sur » La droite extrême progresse » avec Résister 

© Milena Strange – 2026

Particratie sans complexes.

Le gouvernement fédéral doit trouver entre cinq et onze milliards. Or, la cacophonie menace au sein de l’Arizona. Georges-Louis Bouchez, président du MR, proposait la semaine dernière de réunir un conclave des présidents de partis dans un lieu clos, à la Dehaene. Il s’y agira aussi d’une nouvelle réforme de l’État. Les budgets des Régions et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, poseront les francophones en demandeurs.

Dans un article de Trends Tendances, l’économiste Bruno Colmant exprime son indignation à l’idée de ce retour aux sources de la particratie. « Cela ne choque-t-il personne que des présidents de partis pourraient se réunir en conclave pour discuter de notre avenir fiscal, social, écologique, énergétique et budgétaire? »

La Belgique est une démocratie parlementaire. L’article 33 de la Constitution est limpide : « Tous les pouvoirs émanent de la Nation. » Et ces pouvoirs ne s’exercent que de la manière établie par la Constitution. Elle connaît le Parlement. Elle connaît le gouvernement. Elle ne connaît pas le pouvoir des présidents de partis. Ils ne répondent pas devant le Parlement. Ils ne prêtent pas serment pour exercer le pouvoir exécutif.

La droite extrême progresse.

Un lecteur nous fait remarquer que le site du Gang des Vieux en Colère contient une petite brochure « anti-fa » très engagée. Elle relève des indices et fait le point sur la progression des doctrines fascistes et d’extrême droite, grâce à des personnes âgées, qui ont parfois côtoyé la Résistance et connu le fascisme au pouvoir en Allemagne avec Hitler, en Italie avec Musolini, mais aussi en Wallonie avec Léon Degrelle et en Flandre avec Staf De Clercq

Si aujourd’hui, on peut se réjouir de l’échec d’Orban et de son parti Fidesz en Hongrie, on ne peut s’empêcher de constater la montée de l’extrême droite en Europe, particulièrement en Italie, mais aussi en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche, au Portugal, en Espagne et en Slovaquie. Des partis qui affichent tous un scepticisme  certain envers la démocratie et l’Union européenne.

Leur brochure se veut un outil pour comprendre et résister aux mécanismes, aussi lents que dangereux ,qui se mettent en place ici et ailleurs. Grâce aux réseaux sociaux, aux influenceurs, à la presse et aux « fake news », l’extrême droite bénéficie d’une plus grande visibilité. La presse n’est plus que dans quelques mains. Des milliardaires ne cachent pas leurs visées politiques, surtout en France, mais nous sommes inondés par leurs contenus, comme 21News, financé par Bolloré et Lagardère.

 

De Smedt et Laaouej sur le gril.

Les journalistes de Bruzz ont laissé le temps de s’installer aux membres du gouvernement bruxellois. Là, ils viennent de mettre deux nouveaux ministres sur le gril. Sans complaisance et avec des questions auxquelles on n’échappe pas, ils veulent nous révéler les différentes facettes de ces deux hommes expérimentés, mais nouveaux dans la fonction de ministre. Nous avons traduit leurs interviews pour vous donner envie d’en savoir plus. Merci DeepL.com

Ahmed Laaouej (PS) a longuement été le Monsieur Non de l’interminable saga de la formation de ce gouvernement. Il s’en explique. Il refuse aussi d’être membre d’un gouvernement d’austérité, même s’il n’ignore pas les énormes économies à faire pour remettre le bateau à flot. Il aura toujours une pensée pour les Bruxellois les plus vulnérables. Peut-être se verrait-il bien un jour ministre-président ? En tous cas, ce bourreau du travail liégeois apprend le néerlandais à vitesse accélérée. Interview ICI.

Dirk De Smedt (Anders) n’a jamais été élu. Il doit son poste à la démission de Sven Gatz. En dix ans, l’administration de la Région s’est accrue de plusieurs milliers de fonctionnaires. Il veut mettre les bouchées doubles pour la simplifier. « Tirer rapidement les leçons de nos erreurs ». Il veut mettre fin aux doubles emplois, prévoit la fusion de l’administration en quatre piliers. Il veut au moins quinze millions d’euros d’économies d’ici fin décembre. Le ministre du Budget  et des Finances a parlé. Interview ICI.