Archives pour la catégorie Gouvernance

Un retour aux urnes s’impose ?

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La Belgique post coronavirus va-t-elle soutenir la relance de tous les secteurs économiques et renouer au plus vite avec le passé ou doit-elle sélectionner ses soutiens pour jeter les bases d’un autre mode de vie plus soucieux du climat et de la planète ? La question est capitale et se pose pour la première fois. Quelle est la position exacte des partis à ce sujet ? Nous n’en savons rien. Ne devraient-ils pas être invités à définir et communiquer leur position par rapport à ce challenge ? Ensuite, en démocratie, ce sera aux électeurs de décider.

Ce n’est que fort de l’aval d’une majorité de la population, qu’un nouveau gouvernement démocratique pourra être mis en place pour relever ces défis. Intéressant de lire le point de vue des éditorialistes flamands à ce sujet. Aubry Touriel – Journaliste indépendant passionné par la Flandre, Liégeois d’origine, Anversois de coeur – a rédigé pour Daardaar cette analyse en français. La RTBF a effectué un tour d’horizon auprès l’ensemble des partis francophones. Voilà de quoi vous faire une idée de la situation.

Il y a un an que nous avons voté. Les Belges voteraient-ils de la même manière, depuis que nous avons basculé dans un autre monde ? Il n’y a que de nouvelles élections qui apporteront la réponse, après avoir pris connaissance des programmes de chacun des partis. La constitution d’un gouvernement minoritaire, sur base des élections passées, est-elle sérieuse face aux défis à relever ? Les neufs ministres en charge de la santé n’ont-ils pas démontré à suffisance la nécessité de simplifier le paysage institutionnel du pays et en particulier celui de la Région de Bruxelles ?

Non à notre infantilisation

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Comme on n’avait pas renouvelé la réserve stratégique de masques, le gouvernement a préféré dire que le port du masque n’était pas utile, plutôt que de reconnaître que ce serait une barrière de plus, mais que nous n’en disposions pas à ce moment de la crise. Comme il ne disposait pas d’assez de tests, le gouvernement a dit, que la bonne stratégie consiste à les réserver aux cas sévères et on n’a donc pas testé le personnel des maisons de repos, avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui.

« Lavez-vous les mains ! ». Bien sûr, il faut des messages simples et clairs, qui soient compréhensibles pour l’ensemble de la population et en ne perdant pas de vue qu’à Bruxelles, la moitié de la population n’a ni le français, ni le néerlandais pour langue maternelle. Mais est-ce une raison suffisante pour trahir la vérité ? Pour ne pas reconnaître ses erreurs vis-à-vis d’un virus inconnu ? Pour ne pas oser imposer aujourd’hui le masque à toutes et à tous à l’extérieur ? Les consignes du gouvernement ne continueront à être bien suivies – dans l’intérêt général – que si la confiance est maintenue. Lorsque l’on nous ment à propos des masques ou des tests, le respect des instructions restera-t-il entier ?

Chercheur en épidémiologie à l’Université libre de Bruxelles, Marius Gilbert, publie régulièrement ses commentaires dans l’hebdo Paris Match. Vous les retrouverez ICI. Il regrette qu’un certain nombre d’acteurs institutionnels pensent qu’il faut rassurer à tout prix. Il y a comme une impossibilité structurelle de reconnaître que quelque chose ne fonctionne pas. Un discours qui se veut trop rassurant par rapport à la réalité finit par être créateur d’angoisse pour la population. » (Michel Bouffioux)

 

De très petites entreprises en péril

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Lorsque Brussels Airlines envisage de licencier un millier de personnes, tout le monde est sur le pont et la Première ministre discute en direct de 300 millions d’aide demandée par le patron de Lufthansa. Mais lorsque plus de 100.000 très petites entreprises sont en péril ou au bord de la faillite, personne ne semble s’émouvoir et personne ne propose des aides spécifiques pour celles qui doivent être sauvées à tout prix, à la fois au nom de l’emploi, de la diversité des commerces et des besoins des citoyens.

Depuis que la plupart des commerces – hors Horeca – ont pu réouvrir, c’en est fini du du programme Prime Unique des Régions et du droit Passerelle, mais ce n’est pas pour autant que les clients sont déjà revenus. Peur de sortir de chez eux. Moins d’argent à dépenser. Les commerces spécialisés, qui ne proposent pas des produits de première nécessité, voient arriver peu de clients. Certains tentent déjà d’essayer de se mettre à l’abri de la faillite. D’autres ont été contraints de remettre des préavis prévisionnels, de crainte de ne pouvoir payer de lourdes indemnités de licenciement dans quelques mois. Et cela sans considérer leur propre situation. Demain, que ferons-nous sans librairies, sans bijoutiers, sans serruriers, sans artisans et créateurs ? A quoi ressembleront nos vitrines vides et éteintes ?

Les très petites entreprises (TPE) c’est plus de 100.000 entreprises qui occupent chacune de 1 à 10 personnes. Elles se sont avérées créatrices d’emploi avec plus de 30.000 embauches en 2016, comme les chiffres le démontrent ICI. Le fédéral et la Région auraient tort de sous-estimer ce secteur d’activité. Ne devraient-ils pas préparer d’urgence un programme d’aide spécifique ? La Wallonie semble avoir un tel programme, mais q’attend Bruxelles ? Il y va de milliers d’emplois et de services utiles à la population.

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UCM La microsociété ou TPE est fiscalement définie comme la société ou personne physique qui respecte, à la date de clôture des comptes, au moins 2 des limites suivantes :

  • max. 10 travailleurs occupés en moyenne annuelle
  • max. 700.000 € de chiffre d’affaires annuel hors TVA
  • max. 350.000 € en total du bilan

 

Prêts pour l’après coronavirus ?

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Revenu universel dès l’âge de 18 ans pour “donner un avenir aux jeunes” qui arrivent sur le marché du travail, congé paternel obligatoire, revalorisation des salaires des soignants et des métiers “féminisés en première ligne” pendant la crise du coronavirus. Qui exige cela ? Un article d’Huffpost nous apprend que c’est EDS, un nouveau groupe politique qui vient de se constituer au sein de l’Assemblée nationale française sous le nom « Ecologie, démocratie et solidarité ».

La plupart des membres de ce groupe politique ont quitté La République en Marche où ils estiment avoir été marginalisés au fil des années du quinquennat d’Emmanuel Macron. Des dissidents d’autres partis les ont rejoints, comme le précise Wikipédia. Le groupe ne se veut “ni dans l’opposition, ni dans la majorité”, mais fort d’une “liberté absolue” et d’une “indépendance”. L’accélération de la transition écologique est au sommet de leurs priorités avec une proposition-choc : 5 milliards par an accordés aux collectivités locales pour les accompagner dans ce changement.

Cela donnera-t-il des idées à certains parlementaires belges qui peuvent aussi se sentir marginalisés au sein de leurs partis respectifs pour mener à bien le projet de société post Covid-19 ? Une occasion de créer un nouveau groupe parlementaire au sein du parlement bruxellois, au-delà des appartenances linguistiques et idéologiques ? Certains y pensent, mais passeront-ils à l’acte ?

 

Qui va rembourser la dette ?

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Pour tenter de garder à flot des pans entiers de la vie sociale, culturelle et économique l’Etat se trouve face à des dépenser massives liées à la crise Covid-19. L’Etat – mais aussi les Régions et les Communautés –  empruntent énormément, selon un article de la RTBF, qui en explique les modalités. Ainsi, le gouvernement bruxellois a déjà octroyé plus de 16.000 « primes covid » de 4000€ aux entreprises en difficulté. Ce qui fait 64 millions d’euros. C’est une dépense inattendue pour le budget régional et elle ne suffira pas. « Effectivement, ça a des conséquences budgétaires jamais vues, explique la secrétaire d’Etat bruxelloise Barbara Trachte,  Ne pas agir aujourd’hui aurait des conséquences sociétales, sociales, économiques et budgétaires plus importantes que les mesures que nous prenons.

Mais d’où vient donc tout cet argent ? Il est emprunté – par petits paquets – auprès de divers investisseurs privés (Fonds de pensions, assurances, …) qui font confiance à l’Etat belge et consentent, jusqu’ici, des taux inférieurs à 1%. Chaque fois qu’arrive une échéance, la Belgique rembourse en empruntant la même somme auprès d’un autre investisseur. Dans des mesures diverses, tous les Etats gèrent une dette rendue visible ICI. La Banque Centrale Européenne a mené une politique de rachat de la dette souveraines des Etats, ce qui ne fait cependant que changer de créancier. Il faudra bien, à un moment donné, entamer le remboursement. Plus aisé s’il s’est agi d’investissements, plutôt que de dépenses. Sauf annulation des dettes souveraines, une proposition audacieuse qu’osent avancer deux économistes français.

L’Etat ne pourra rembourser ses dettes qu’en augmentant ses recettes (TVA, impôts sur le personnes physiques et les sociétés, …) ou en diminuant ses dépenses (réduction des services offerts au public). Il retardera ce moment le plus possible, pour ne pas freiner la relance, ni fâcher l’électeur, s’il n’arrive pas à trancher, cela pourrait bien être à la nouvelle génération qu’il appartiendra de rembourser un jour nos dettes. Dites moi si je me trompe ?

> ICI, les commentaires à chaud de deux économistes bruxellois