Archives pour la catégorie Gouvernance

Métro ligne 3: un dossier à revoir

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Pierre Laconte, président de la FFUE, nous fait parvenir un billet. Extraits.
 » Le ministre Smet a annoncé dans la presse (Le Soir 21/1) qu’il passera la 1re commande du Métro Nord-Sud dès l’annonce du gagnant de l’appel d’offres – donc avant les élections – alors que le projet devra être profondément modifié par rapport au cahier de charges distribué, vu les demandes justifiées de Bruxelles et de St-Gilles « . Voir ICI le dossier de la Fondation pour l’environnement urbain.

 » Si le gouvernement de la Région bruxelloise accepte d’endosser la responsabilité politique de cette commande du Ministre Smet avant le 26 mai, celle-ci ouvrirait la porte à des suppléments importants et à des compensations pour les entreprises non retenues, sans compter d’autres incertitudes sur le coût du projet, rappelées par les signataires de la carte blanche de La Libre. Ces suppléments seront entièrement à charge des Bruxellois, puisque Beliris ne paiera que 500 millions pour l’ensemble de la ligne 3, pas un euro de plus, quel que soit le coût réel des travaux « . Cela laisserait plus d’un 1,5 milliards à charge de la Région.

 » Un engagement irréversible sur un projet qui obérerait ses finances pendant des décennies, alors que les budgets régionaux seront réduits d’année en année suite à la 6ème réforme de l’Etat qui en fixe la réduction annuelle « . La sagesse n’imposerait-elle pas d’attendre le 26 mai et de confier la décision finale à la nouvelle majorité sortie des urnes ?

En finir avec les autoroutes urbaines

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Toute la presse en parle et commente, mais c’est depuis 2010 que la Région envisage de transformer des autoroutes urbaines (E40 et E12) de l’époque Expo 58 en boulevards urbains. On y plantera des arbres, on y circulera sur moins de bandes et à une vitesse de 50 km/h au lieu de 120. Files garanties en amont, mais comme les bouchons sont déjà là, les experts de la VUB et de la RUG contactés par Bruzz, concluent que finalement il vaut mieux que des files se forment en dehors de la ville et que des alternatives s’y développent … ou que des travailleurs se décident à se rapprocher de leur lieu de travail.

Cette fois, la décision finale est prise, mais Les travaux ne seront pas mis en œuvre avant la fin du chantier à Reyers, ni avant la création d’un parking de dissuasion à côté de l’E12. Cela n’a pas manqué de susciter des commentaires e.a. de la Voka, de Touring, d’Unizo et de BECI.  La Région wallone et la Région flamande se plaignent aussi du manque de concertation, alors que cette dernière compte élargir unilatéralement le ring et s’oppose à la mise en route de la Communauté métropolitaine, prévue par la 6è réforme de l’Etat, et destinée à coordonner les politiques des trois Régions, notamment en matière de Mobilité.

La photo d’archive trouvée sur le web, révèle toute l’horreur de l’échangeur Reyers construit en pleine ville, avec encore le viaduc en arrière-plan. Transformer cet espace stérile et polluant en boulevard urbain – connecté au futur Mediapark – est un projet dont profiteront à la fois les habitants de Bruxelles et les navetteurs qui y travaillent. Bruzz se livre à une analyse qui évoque des améliorations en cascade pour d’autres goulets. Rudi Vervoort confirme  que le viaduc Hermann Debroux est aussi condamné, mais pas avant 2025.

Photo Wegen – Routes.be

Stop à l’imbroglio bruxellois

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« La Flandre et la Wallonie ont doté la Région de Bruxelles d’une superposition d’institutions complexes qui l’ont presque rendue ingouvernable. Six réformes de l’État se sont succédé sans vision à long terme pour notre ville. Il est temps aujourd’hui de se débarrasser de tout ce fatras qui bride l’ambition de Bruxelles comme ville et comme capitale multiple ». C’est ainsi que débute le chapitre  » En finir avec l’imbroglio institutionnel «  du livre Demain Bruxsels d’Aula Magna. Se débarrasser de cette lasagne institutionnelle, qui empêche la cité de se construire et de « faire peuple », c’est ce que la plupart des Bruxellois.es attendent.

Ce n’est pas si simple, il n’y a pas qu’à … parce que des majorités spéciales, voire des modifications de la Constitution seraient nécessaires pour y arriver et qu’il est illusoire – à court terme – d’obtenir les majorités nécessaires dans les deux groupes linguistiques du fédéral. En attendant une inévitable – mais tardive – réforme de l’État, qui pourrait tout remettre à plat, la situation de Bruxelles pourrait être fortement améliorée à l’initiative des seuls responsables politiques bruxellois. Avec Alain Maskens – qui est notre meilleur spécialiste en matière institutionnelle – nous avons essayé de défricher le terrain et de proposer une stratégie qui permettrait au gouvernement et au parlement bruxellois de prendre la main rapidement et de faire bénéficier tous Bruxellois et toutes les Bruxelloises de plus de cohérence et d’efficacité.

Il suffirait que la Région fusionne les pouvoirs des 19 communes. Aiiie ! fusion. Rassurez-vous, les « communes » subsisteraient, avec des frontières revisitées et sous une forme proche des Mairies d’Arrondissement parisiennes. Elles seraient en charge des antennes Etat civil, de l’entretien des rues, des petits permis d’urbanisme et de tout ce qui fait la vie locale. La nouvelle grande commune de Bruxelles – installée à l’hôtel de ville – aurait tout pouvoir pour gérer une Police unique, la politique Culturelle, l’Aide sociale, l’Etat civil, l’Instruction publique, les Espaces verts …  La proximité avec le citoyen serait assurée par un soutien accru à des structures basées sur les quartiers et par la mise en place de nombreux petits commissariats de quartier à l’image des koban japonais. La Région continuerait à gérer toutes les compétences que la loi lui a conférées.

La version complète du chapitre « En finir avec l’imbroglio institutionnel » du livre Demain Bruxsels est disponible ICI en ook HIER in het Nederlands.

Chiffrer les promesses

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Demain on rase gratis …
Fini les promesses non chiffrées en vue des élections du 26 mai. La loi sur le chiffrage des programmes électoraux de 2014 – révisée en 2018 –  a chargé le Bureau Fédéral du Plan (BFP) de se livrer à un réel exercice de transparence démocratique. « Le Plan se chargera d’établir une estimation chiffrée de l’impact de des priorités (des partis) entre 2020 et 2024 sur les finances publiques, le pouvoir d’achat, l’emploi, la sécurité sociale, l’environnement et la mobilité » précise l’article de La Libre.

 « Les membres du Bureau du Plan qui travailleront sur ce chiffrage des (priorités) des partis politiques seront sur le pont jour et nuit, et sans possibilité de prendre des jours de congé jusqu’à la remise des résultats ». Après plusieurs contacts avec les partis, le Bureau du Plan communiquera les résultats définitifs le 26 avril, un mois avant les élections.

Il faut saluer cette innovation démocratique qu’il sera nécessaire d’évaluer après cette première mise en œuvre. On pourrait faire le parallèle avec la proposition d’un lecteur, qui demandait que de manière systématique, le coût environnemental de toute décision ou permis soit chiffré et soit joint au dossier.

Happy Monday: une adolescente fait chuter une ministre

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Ce n’était pas son but et ne la réjouit pas plus que moi, mais oui, Anuna De Wever a provoqué la démission de la ministre Joke Schauvliege en pleurs, prise en flagrant délit de double discours. La ministre a commencé par remercier Youth for Climate pour la pression créée, qui renforce son Plan Climat flamand, pour finalement accuser Anuna De Wever, devant ses alliés du Boerenbond, d’être manipulée par les écologistes et surveillée par la Sûreté d’Etat.

L’événement pourrait être qualifié d’anecdotique, s’il n’avait pas mis face à face une femme politique influente et une jeune représentante de la société civile, indignée par la passivité de la classe politique face au plus grand défi du siècle. Le gouvernement Michel n’a pas mesuré l’urgence de la situation ou n’a pas pu agir à cause de la N.VA, qui croyait plus judicieux de se centrer sur l’immigration. Joke Schauvliege en a payé le prix. Le CD&V et le MR aussi ?

Une jeune fille déterminée de 17 ans (interview dans Le Soir), en guerre contre l’injustice, qui fait tomber une ministre. C’est du jamais vu dans l’histoire de la Belgique, pas même en mai 68. Alors qu’elle cherchait l’engagement du gouvernement dans un Plan Climat audacieux et concret, elle se retrouve en ennemi public de la classe politique. Une charge et une responsabilité énorme sur ses (solides) épaules. L’adoption probable du projet de loi, rédigé par des scientifiques, pourrait être une sortie de crise, qui ne devrait cependant pas démobiliser les familles et les jeunes inquiets pour l’avenir de la planète, qui reste en de bonnes mains.