Archives pour la catégorie Gouvernance

Les forêts: patrimoine de l’humanité ?

_________________________________________

« Les forêts précèdent les hommes, les déserts les suivent. » (Chateaubriand 1878).

L’année qui vient de s’achever a été marquée par une intensification des aléas climatiques. Plus encore que les années précédentes. Des feux de l’été volontaires en Amazonie et à Bornéo à ceux qui ont ravagé l’Australie et l’Amérique. « La conscience de la fragilité des espaces naturels se fait de plus en plus forte. Dans ce panorama d’une nature en danger, les forêts occupent une place toute particulière. Parce qu’elles sont véritablement menacées, mais aussi parce qu’elles occupent dans nos imaginaires une place centrale ».

Une série d’articles illustrés à cliquer, rassemblés par Conversation, vous en dira bien plus. Avec tout ce que nous savons aujourd’hui à propos du rôle des forêts, tant sur le plan de la captation du carbone, que des populations indigènes, de la faune et de la flore qu’elles abritent, ne serait-il pas normal de les classer au patrimoine mondial de l’humanité ? Les forêts  de Bornéo et d’Amazonie: poumons de la planète. La proposition ne date pas d’hier. Elle remet cependant en cause la souveraineté des Etats sur leur territoire et ne fait pas l’unanimité.

Pourquoi ? Les pays développés, qui ne possèdent plus beaucoup de forêts – parce qu’ils  les ont rasées pour cultiver ou construire – sont évidemment demandeurs du classement des forêts des autres, dont ils seraient bénéficiaires. Les pays en voie de développement refusent de se voir interdire aujourd’hui l’exploitation libre de leurs forêts, qu’ils espèrent bénéfiques pour leur économie. Si des pays comme l’Indonésie, le Laos ou les Etats d’Amazonie doivent conserver leurs forêts primaires intactes, pour servir de poumon à la planète entière, sommes-nous prêts à les payer pour cette fonction capitale et solidaire ? Un juste montant, qui compenserait le manque à gagner de l’exploitation de leur domaine forestier et de sa transformation … pour y installer de l’élevage ou des cultures dont  les produits sont très demandés par les pays riches.

 

Les lanceurs d’alerte, ces héros

________________________________________

C’est au travail obstiné et au courage de celles et ceux qui rassemblent et dénoncent des pratiques frauduleuses que nous devons la révélation de scandales longtemps cachés, tels que Nethys, LuxLeaks, Panama Papers ou Dieselgate, dont ont profité – au détriment de l’intérêt général – des groupes, des familles et des individus fortunés et souvent respectés. Ces lanceurs d’alertes méritent notre reconnaissance et doivent bénéficier de protections adéquates vis à vis de leurs employeurs et des autorités qu’ils dénoncent. La chercheuse Amélie Chapelle s’est intéressée à la délicate question de la dénonciation.

L’Union Européenne a décidé, en avril dernier, de garantir aux lanceurs d’alerte une protection bien plus large que celles accordées par quelques États. Elle a donné aux pays membres de l’Union jusqu’au 17 décembre 2021  pour transposer la Directive  dans leur droit national. Le Monde détaille la Directive ICI. Le contestable projet Reynders devrait donc passer à  la trappe. La démocratie en sortira gagnante.

Edward Snowden (NASA), Armand Deltour (LuxLeaks), Stephanie Gibaud (UBS), Marty Baron (Boston pédophilie) ou Julien Assange (WikiLeaks) sont quelques lanceurs d’alerte qui ont changé la face du monde. Aujourd’hui, la demande d’extradition qui vise Julien Assange n’a rien à voir avec Wikileaks, mais se base sur une agression sexuelle présumée et jamais clarifiée, tandis que sa santé décline, après son interminable saga.

“Personne ne devrait risquer sa réputation ou son emploi
pour avoir dénoncé des comportements illégaux »

présidence finlandaise de l’UE

Happy Monday: 30 bonnes nouvelles

_____________________________________________

Parlons bonne nouvelles, parce que la liste des mauvaises nouvelles de l’année écoulée pourrait être longue. Des inégalités toujours plus grandes et plus scandaleuses aux guerres et conflits sanglants qui se poursuivent ou qui se profilent. Des désastres écologiques qui sont le résultat de la course au profit et à la croissance aux des multinationales qui continuent de violer impunément les droits humains. Mais le site Victoires, qui cite ces défaites de l’humanité – et auxquelles on pourrait ajouter l’échec dramatique de la COP 25 à Madrid – Victoires a préféré sélectionner 30 bonnes nouvelles qui peuvent nous réjouir dans le bilan de l’humanité pour 2019.

Ces bonnes nouvelles concernent aussi bien des victoires contre de grosses multinationales que des communes innovantes et courageuses, mais aussi des combats d’activistes déterminés, des soins de santé gratuits, une plus grande place aux citoyens, des progrès dans l’égalité hommes/femmes, la démocratisation des logements, des écoles d’un genre nouveau, le retour des mouvements coopératifs, …

2020 pourrait bien être une année charnière, entre la phase de découverte et de confirmation de la situation du climat et de la planète et le passage à une phase d’action de la part des gouvernements comme des individus. Non, il n’est pas trop tard pour contrôler le climat et l’avenir de l’espèce humaine, mais il n’est plus temps de tergiverser, il faut agir rapidement et avec détermination. Les gouvernements savent ce qu’il leur reste à faire, mais oseront-ils prendre les mesures impopulaires qui s’imposent ? Nous aussi, nous savons ce qu’il nous reste à faire, mais sommes-nous prêts à revoir notre manière de consommer et à adopter un autre mode de vie ? Ce sont les réponses à ces questions qui doivent nous permettre de nous montrer optimistes ou non.

>  Pour vous inscrire à la newsletter gratuite de Victoires, envoyez un mail à olivier.bonfond@gmail.com

Happy Monday: le retour de l’auto-stop

________________________________________

Complètement disparu des habitudes urbaines, l’auto-stop subsiste essentiellement à quelques rares entrées d’autoroutes dans le chef de quelques étudiants. L’air de rien, il pourrait refaire surface à la faveur d’une application bruxelloise, préparée par une start-up et destinée à rassembler l’offre et la demande, tout en procurant une plus grande sécurité aux conducteurs, comme aux passagers, qui ne resteront plus des inconnus. Vous ne devriez plus être gêné.e.s de lever le pouce.

La Libre détaille le récent débat avec Elke Van Den Brandt au parlement bruxellois sur ce projet. Il avait déjà été travaillé par la Commission Mobilité présidée par Anne-Charlotte d’Ursel. Une très grande majorité de partis semble prête à soutenir l’organisation de ce petit projet d’avenir.

Un auto stop plus structuré pourrait donc constituer une nouvelle offre de transport en commun – gratuite et conviviale – pour les quartiers mal desservis ou pour rejoindre rapidement une station de métro quand il pleut. Une occasion de faire des rencontres  et de limiter le nombre « d’autosolistes »,  qui sont près de 80% à être seul derrière leur volant à Bruxelles.
La formule rencontre un certain succès urbain à Lyon avec l’application OuiHop’, mais aussi avec le placement de simples panneaux de COurtVOITURAGE près de Lille et avec Rezo Pouce dans des communes rurales françaises mal connectées.

photo La Voix du Nord

La Belgique à quatre: comment y parvenir ?

_________________________________________

Interrogé cette fois par La Libre, Vincent de Coorebyter plaide pour une Belgique à quatre, qui permettrait indubitablement de sortir de l’ambiguïté. Mais pour lui, ce n’est pas un exercice à confier à un gouvernement fédéral. Il s’agit d’un exercice pour une législature, à mener au sein « d’une enceinte spécialement créée pour cela ».

Déconnectée de la négociation pour la formation d’un gouvernement, certains Bruxellois voient cette enceinte plutôt comme le lieu d’une délibération associant la société civile et des citoyens des quatre Régions, en vue de définir et renforcer une « maison commune » démocratique qui reconnaîtrait pleinement l’existence des quatre « peuples » régionaux qui composeraient cette maison commune.

Même si Vincent de Coorebyter croit que les partis pourraient mener à bien cet exercice (à l’exception de la N-VA et du Vlaams Belang) et que d’autres interlocuteurs estiment que les quatre gouvernements régionaux pourraient s’atteler à cette tâche, il est fort probable que dans les deux cas on se retrouverait rapidement devant des blocages politiques déjà connus.