Archives pour la catégorie Gouvernance

La société civile s’engage

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Bruxelles est riche d’une  » société civile «  active et créative. Pourquoi ses membres restent-ils au balcon et hésitent-ils à entrer en politique, à mettre les mains dans le cambouis pour mettre leurs idées en pratique ? Le plus souvent, parce qu’aucun parti ne présente un programme dans lequel ils peuvent se retrouver. Alors, les uns se lancent dans la création de nouveaux partis comme sans doute Jump for Brussels, Plan B, Agora, One Brussels, Oxygene, Demain, Islam, Plib, Be.One, BUB et BAB, … et d’autres se présenteront comme « candidats d’ouverture » dans des partis existants qu’ils tentent – ou ont l’espoir – d’influencer dans le sens qui leur semble utile.

Comme les partis ont jusqu’à la fin du mois pour rentrer leurs listes, il n’est pas encore possible d’établir l’image définitive du nouveau paysage qui s’offrira à l’électeur bruxellois. Le recours à des ministres issus de la « société civile » semble cependant inéluctable pour répondre à la fois au besoin de compétences affirmées par l’exercice d’un métier et d’une conviction, comme à la méfiance grandissante des citoyens à l’égard des professionnel.le.s de la politique. La « page blanche » à partir de laquelle Zakia Khattabi  (Ecolo) a proposé de réécrire Bruxelles, il y a près d’un an, n’a pas manqué de provoquer une rencontre entre membres de la société civile « qui ont une vision de la ville » et la classe politique, rencontre éloignée de toute démarche d’ouverture de type “pêche-voix” avec stars de la télé à la clé.

Il y a aura encore d’autres surprises, mais d’ores et déjà, il est permis d’annoncer l’arrivée chez Ecolo/Groen d’Isabelle Pauthier, qui fut directrice de l’Atelier de Recherche Urbaine (ARAU) et d’Henri Goldman, qui était impliqué dans Aula Magna et coauteur et éditeur de « Demain Bruxsels ». Il sera sans doute question de réfléchir à l’identité cosmopolite bruxelloise post belgo-belge et de mieux prendre en compte les attentes des Bruxellois ainsi  que de la nécessaire transition sociale et écologique et de la fin du « productivisme » – de gauche comme de droite – qu’exige avec détermination une nouvelle génération de Bruxelloises et de Bruxellois soucieuse de son avenir et de celui de la planète.

La société civile se rebiffe

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En France – comme en Belgique – la société civile se rassemble, descend dans la rue, formule des exigences en faveur d’une juste transition écologique. Le Journal de l’Environnement rapporte que face aux nouvelles déclarations d’Emmanuel Macron – qui plagie les propositions climatiques de Pierre Larrouturou – une vingtaine d’ONG, de syndicats et de mutuelles publient carrément un nouveau projet de société, que vous pouvez lire dans leur Pacte social et écologique. Un front commun inédit, qui ne donnera que plus de force à leurs propositions. Le journal Le Monde en fait une première analyse ICI.  J’en pointe une déjà évoquée sur ce blog en son temps: création d’un observatoire qui évaluera la durabilité des lois et des décrets à venir.

Chez nous, la RTBF propose quatre grandes conférences-débats en public dans nos universités pour questionner en profondeur la crise qui secoue nos démocraties. Si celle d’aujourd’hui – avec Pierre Larrouturou, Bruno Colmant et Géraldine Thiry est déjà complète – il reste encore des places ICI pour les trois autres. Gratuit, mais inscription obligatoire.

Nous reparlerons demain des réactions de la société civile belge face aux échéances électorales du mois de mai. Si un certain nombre de mouvements spontanés ont choisi de rester vigilants en dehors de l’arène politique, d’autres groupes et personnalités de la société civile ont décidé de franchir le pas, de créer un parti ou d’entrer en politique, comme candidats d’ouverture en vue de forcer un indispensable changement de société.

Tous les Bruxellois pourront-ils voter ?`

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Et bien non, toujours pas. On peut même se demander si l’Etat fédéral y tient ?
Alors qu’ils peuvent voter aux communales (1) et y être éligibles (2), pas moins de 310.000 Bruxellois étrangers – dont 220.000 européens – ne pourront pas participer à l’élection du nouveau parlement bruxellois, parce que la Constitution ne le permet pas et que sa modification n’est pas à l’ordre du jour du parlement fédéral.

Quand un tiers des Bruxellois ne peuvent élire leurs parlementaires, le parlement peut-il encore se considérer comme représentatif ? Le parlement bruxellois en est conscient et vient de consacrer un débat à cette situation que le groupe de réflexion Aula Magna dénonce depuis 10 ans. Le mouvement 1bru1vote a lancé une pétition et diverses actions médiatiques pour revendiquer ce droit de vote pour tous les habitants de Bruxelles aux élections régionales.

Pour les élections européennes, les ressortissants de pays membres de l’Union disposent du droit de vote depuis 1994 et ils sont éligibles. Ils doivent toutefois s’inscrire sur la liste électorale de leur commune avant le 28 février. Mais voilà … la lettre qui le leur rappelle n’a été envoyée par le ministère de l’Intérieur que le tout dernier jour, pour ce qui est des 20.000 courriers destinés aux Européens de Bruxelles et d’Anderlecht. Un expat réagit à ce sujet dans Bruzz. Il a l’impression qu’il s’agit d’une obligation imposée par l’Europe mais que la Belgique le désire pas vraiment. Il regrette aussi que la lettre soit rédigée en français et en néerlandais, mais pas en anglais, alors qu’elle s’adresse à des personnes de toute l’Union Européenne.

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(1) A condition de s’être inscrits sur les listes électorales. Les ressortissants de pays hors UE  ne peuvent toutefois voter qu’après 5 ans de résidence légale et à condition de signer un document dans lequel ils s’engagent à respecter la Constitution, les lois belges et la Convention européenne des droits de l’homme. Ils ne sont pas éligibles.
(2) La fonction de bourgmestre reste réservée aux nationaux belges.

Vers une démocratie participative ?

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Agora compte créer une assemblée de personnes tirées au sort sur l’ensemble de la Région bruxelloise. Ces personnes seront invitées à délibérer ensemble de façon régulière et ensuite à proposer des solutions pour notre ville. Agora veut que cette assemblée obtienne un pouvoir législatif. Il est temps disent-ils que nous, les Bruxellois, décidions ce qu’il se passe dans notre ville !

Dès l’automne 2019, ils veulent réunir une assemblée mensuelle de 89 citoyens tirés au sort,  en parallèle avec les 89 députés bruxellois. Cette assemblée alternative serait représentative de la population Bruxelloise en terme de genre, d’âge et de niveau de diplôme. Tous les 6 mois, la moitié de l’assemblée serait renouvelée pour permettre à plus de citoyens de participer et pour assurer un transfert de connaissance entre les anciens et les nouveaux tirés au sort. Après 5 ans de législature, 401 citoyens bruxellois auront eu l’occasion de participer à cette expérience démocratique.

Ces citoyens et citoyennes tirés au sort seraient amenés à délibérer sur des sujets tels que l’environnement, l’aménagement du territoire, le logement l’énergie, ou l’emploi. Ils auront également l’occasion réfléchir au futur de la démocratie. Grâce aux discussions en petits groupes en présence de facilitateurs, tous les points de vue pourront s’exprimer dans un cadre serein et constructif. Vous en saurez plus et pouvez participer à la création du groupe Agora en allant sur leur site bilingue.

Métro ligne 3: un dossier à revoir

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Pierre Laconte, président de la FFUE, nous fait parvenir un billet. Extraits.
 » Le ministre Smet a annoncé dans la presse (Le Soir 21/1) qu’il passera la 1re commande du Métro Nord-Sud dès l’annonce du gagnant de l’appel d’offres – donc avant les élections – alors que le projet devra être profondément modifié par rapport au cahier de charges distribué, vu les demandes justifiées de Bruxelles et de St-Gilles « . Voir ICI le dossier de la Fondation pour l’environnement urbain.

 » Si le gouvernement de la Région bruxelloise accepte d’endosser la responsabilité politique de cette commande du Ministre Smet avant le 26 mai, celle-ci ouvrirait la porte à des suppléments importants et à des compensations pour les entreprises non retenues, sans compter d’autres incertitudes sur le coût du projet, rappelées par les signataires de la carte blanche de La Libre. Ces suppléments seront entièrement à charge des Bruxellois, puisque Beliris ne paiera que 500 millions pour l’ensemble de la ligne 3, pas un euro de plus, quel que soit le coût réel des travaux « . Cela laisserait plus d’un 1,5 milliards à charge de la Région.

 » Un engagement irréversible sur un projet qui obérerait ses finances pendant des décennies, alors que les budgets régionaux seront réduits d’année en année suite à la 6ème réforme de l’Etat qui en fixe la réduction annuelle « . La sagesse n’imposerait-elle pas d’attendre le 26 mai et de confier la décision finale à la nouvelle majorité sortie des urnes ?