Archives pour la catégorie Gouvernance

Pandémie: trois questions ?

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UN
Pourquoi les ministres de l’UE ne se sont-ils pas saisis directement du dossier, pour élaborer une politique commune cohérente au niveau européen et éviter le rétablissement de frontières internes ?

DEUX
Pourquoi la Belgique, qui entend limiter la transmission du virus, n’a-t-elle pas suivi l’initiative française, qui impose la rédaction personnelle d’un document écrit daté pour chaque sortie ? L’effet dissuasif est évident et simplifie le contrôle de la présence des personnes en rue par les policiers ?

TROIS
Pourquoi peut-on courir en rue (jogging), mais pas marcher en rue sans raisons ? alors que marcher 30 minutes par jour est un minimum, avec ou sans autre raison ?

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By the way

  • Fini les avions qui volent à vide pour garder leurs slots pendant la crise.
    Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, la Commission européenne a dévoilé, ce vendredi 13 mars, un projet de révision du règlement de l’UE (CEE 95/93) visant à permettre aux compagnies aériennes de suspendre des liaisons, sans perdre pour autant leur futur droit aux créneaux horaires (‘slots‘) dans les aéroports.
  • Andrew Murphy, responsable de l’aviation chez T&E, a déclaré : « Les compagnies aériennes qui demandent le soutien du public en période de crise devraient accepter de commencer à payer des taxes en période de prospérité. Les gouvernements de l’UE devraient subordonner le renflouement des compagnies aériennes au paiement par les transporteurs de taxes sur les carburants, les billets et autres, une fois la crise passée. »  https://mailchi.mp/eeb/support-airlines-in-crisis-but-on-condition-they-start-paying-tax-and-take-up-green-technology-te?e=833e87d612 (traduit de l’anglais avec DeepL. – version gratuite)

La pandémie révèle des dérives

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Deux institutions spécialisées de l’ONU en matière de santé – OMS – et de transport aérien – OACI – sont chargées de veiller à l’intérêt général, mais à la lumière de la crise sanitaire, elles se révèlent être devenues de véritables lobbies au service de l’industrie pharmaceutique et du transport aérien. Leur dépendance de plus en plus grande par rapport au monde économique ne semble pas être étrangère à la propagation rapide du coronavirus, comme l’écrit la presse.

Le transport aérien a joué un rôle crucial dans la propagation rapide et mondiale du virus. Des chercheurs viennent d’en apporter ICI la preuve scientifique. Ce qui est inadmissible et scandaleux, c’est que – pour des raisons économiques – l’OACI a tout mis en oeuvre pour empêcher l’adoption de mesures rapides et radicales pour entraver le trafic aérien au début de l’épidémie. Elles auraient pu donner aux gouvernements le temps de freiner son expansion. C’est déjà à l’OACI que nous devons l’absence de toute taxe sur le kérosène des avions.

L’OMS est aussi montrée du doigt pour sa lenteur et son inaction. Alors que le fossé économique et sanitaire ne cesse de se creuser, ne doit-elle pas assurer la santé pour tous les êtres humains, riches ou pauvres ? L’OMS  semble de plus en plus considérer la santé, non plus comme un droit, mais comme un simple moyen au service de la croissance économique. Cette dérive tient principalement à la dépendance financière croissante de l’Organisation envers certains pays (comme les États-Unis) et les intérêts privés (grandes entreprises, fondations, firmes pharmaceutiques), comme le démontre l’article de Conversation.

Par ailleurs, les prix qui flambent pour de simples masques en papier ou des flacons de gel hydroalcoolique, démontrent aussi les limites d’une fixation des prix régulée uniquement par la libre concurrence. A tel point, que le gouvernement français a été contraint d’en fixer par décret la vente à 2 euros maximum pour 50 ml. pour éviter toute spéculation. Alternatives Economiques fait une analyse plus fine du mode de fixation des prix dans notre économie.

Happy Sunday: une autre vie surgit

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Une autre vie a démarré samedi matin. Une vie sans réunions, sans écoles, sans cinémas, sans cafés ni restaurants. Tout ce qui nous semblait normal devient extra-ordinaire et mérite réflexion. Prendre le temps de revoir notre agenda, cuisiner davantage, inviter amies ou amis mais au compte-goutte, surveiller notre santé, accompagner nos enfants, écouter de la musique à la maison, retrouver le temps de lire ou se nourrir de podcasts, de télévision, de Netflix ou de médias sociaux … Une perturbation de nos habitudes de cette ampleur ne devrait pas manquer de nous interpeler sur notre façon presque automatique d’aborder la vie en ville. Certains voient même dans l’arrivée du virus, un progrès possible pour notre santé ?

Le coronavirus semble faire office de catalyseur pour stimuler un sentiment d’urgence. Les politiques réalisent, d’heure en heure, la nécessité d’un gouvernement fédéral – comme le confirme l’article en français de la VRT. L’enseignement comble son retard par rapport au numérique. Le télétravail prend son envol. Noël Mamère va plus loin et parle dans Le Monde de l’effondrement d’un modèle: « le coronavirus nous fait vivre une sorte de répétition générale, avant l’effondrement majeur d’un modèle qui a trouvé ses limites».

Si le rush non justifié sur le papier de toilette, les masques buccaux ou les pâtes, crée des paniques superflues, la crise sanitaire contribue aussi à rassembler citoyennes et citoyens face à l’adversité. Une solidarité et des collaborations inattendues émergent un peu partout. Etre prudents, mais ne pas avoir peur les uns des autres, des Bruxellois.e.s proposent de faire des courses pour des personnes âgées ou pour garder des enfants sans école, font leurs courses en semaine et pas sur internet, commandent des repas à emporter dans les restaurants aux frigos remplis de victuailles ou leurs proposent une avance, pour des repas à prendre après le 3 avril, …

billet rédigé avec les contributions de plusieurs lectrices et lecteurs

 

Bruxelles compte pour du beurre

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Face aux difficultés à former un gouvernement fédéral, Bart De Wever a proposé un gouvernement « miroir » des entités fédérées, pour défaire le nœud politique. Koen Geens du CD&V avait déjà suggéré cette formule, en omettant Bruxelles. Le président de la N-VA, lui,  a explicitement mentionné la Flandre et la Wallonie, mais pas un mot quant à la participation de la Région bruxelloise. C’est un article de Bruzz – traduit par nos soins – qui fait état de cette négation de Bruxelles. L’article précise qu’au CD&V, Yves Leterme avait pourtant proposé – dans De Standaard – un gouvernement fédéral composé des trois Régions. « Ce serait un beau signe de maturité si la Flandre et la Wallonie, avec Bruxelles, cherchaient une solution fédérale ».

Le leader parlementaire fédéral du PS et président du PS de Bruxelles, Ahmed Laaouej, accuse la N-VA de mépris pour la Région de Bruxelles-Capitale. « C’est encore une nouvelle provocation. Le mépris de Bruxelles, de ses habitants et de ses institutions semble faire partie de la nature de la N-VA », accuse Laaouej, « de cette façon, vous ne trouverez pas de solution à l’impasse. Nier Bruxelles, c’est nier la Belgique. Le parti Ecolo est sur la même longueur d’onde.

Nous avions déjà suggéré ICI la mise en place d’une « enceinte particulière » associant la société civile et des citoyens des quatre Régions, en vue de définir et renforcer une  nouvelle« maison commune » démocratique, qui reconnaîtrait pleinement l’existence des quatre « peuples » régionaux qui composeraient cette maison commune.

 

Logements touristiques: que nous cache-t-on ?

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Voilà 10 mois que Rudy Vervoort a reçu les résultats de l’étude qu’il a commandée à l’ULB et à la VUB en vue d’évaluer l’impact de l’Ordonnance sur l’hébergement touristique à Bruxelles et les auteurs n’ont toujours pas le droit de la rendre publique. Que contient-elle que les citoyens et citoyenne ne peuvent découvrir ?

Un vent favorable semble en avoir livré des éléments au journal Bruzz, qui vient de publier un article dont nous vous livrons une traduction en français. Les reproches sont nombreux: des délais trop longs pour obtenir les autorisations d’exploitation, des termes impropres et ambigus, des interprétations différentes entre communes, pas de distinction suffisante entre offres limitées de particuliers et professionnels qui entrent sur le marché du tourisme, …  Les chercheurs font des propositions qui ne pénalisent pas indistinctement les plates-formes de partage qui ont une valeur ajoutée pour Bruxelles et ses habitants et les entreprises commerciales qui entrent en concurrence avec l’industrie hôtelière sans en avoir les contraintes.

Nous avons déjà souligné l’utilité de règles claires par rapport au logement touristique qui soustrait de nombreux logements au marché immobilier bruxellois avec un impact sur les prix et sur la vie des quartiers. Barcelone, Paris et Berlin ont pris des mesures pour garantir l’habilité de la ville. Bruxelles aussi, mais la Région semble l’avoir fait à la hâte et va devoir revoir sa copie. Certains s’interrogent à propos de la qualité du travail des parlementaires bruxellois qui ont voté cette Ordonnance.