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Le droit à un service public de qualité

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Les contributeurs et les contributrices – que nous sommes – sont en droit d’exiger des services publics de qualité. L’action récente des pompiers est exemplative des « petites économies » qui détricotent régulièrement le réseau de services publics mis à disposition de tous les citoyen.ne.s de la cité. Après les assistant.e.s, les infirmier.e.s dénoncent aussi des politiques de productivité qui les font crouler sous le travail, au détriment des malades.

Sous l’Ancien Régime, il existait déjà quelques banalités mises à disposition du peuple par le seigneur et parfois un certain nombre de services organisés par des communes. Avec l’arrivée du siècle des Lumières, le service public tel que défini lCI, deviendra contrat social. Il représente aujourd’hui une marque positive de multiples démocraties modernes. Il sera souvent lié à la notion  » d’Etat providence « . Lui donner les moyens financiers et humains nécessaires pour remplir ses multiples missions avec efficacité est une exigence légitime, sans laquelle seuls le mieux lotis pourront faire appel à des écoles privées, pourront se déplacer en voiture personnelle ou en taxi, se soigner dans des cliniques privées, faire appel à des gardiennes à domicile, …

Le service public s’avère être un des meilleurs moyens d’assurer une juste redistribution des richesses d’une ville prospère comme Bruxelles (1) au profit de tous ses habitant.e.s. Un financement équitable, mais aussi une exigence de qualité et d’efficacité, en sont les conditions. Il en va de notre sécurité, de notre enseignement, de nos transports publics, de notre distribution d’eau, de nos hôpitaux publics, de l’aide sociale aux plus fragiles, ….
Le prochain gouvernement ne devrait-il pas inscrire cela dans ses priorités ?

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(1) une prospérité dont les citoyen.ne.s de Bruxelles, ne profitent pas de manière équitable, vu que ce sont les deux Régions voisines qui bénéficient des contributions des Bruxellois nantis qui dorment en périphérie (air connu, mais une injustice à rappeler sans modération).

Qui va payer nos retraites ?

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À Bruxelles, dans les années 60, la plupart des personnes travaillaient jusqu’à 65 ans et disposaient pendant 5 ans d’une pension aisément « finançable », vu que l’espérance de vie s’établissait encore autour des 70 ans. Aujourd’hui – dixit Maxime Prévot (cdH) – « quatre générations cohabitent: une qui ne travaille pas encore, une qui bosse et deux qui ne travaillent plus ».

 Il ne va pas être pas possible d’augmenter indéfiniment la part contributive de cette génération au travail, pour financer les pensions et les soins de santé d’une population qui vit jusqu’à 81 ans, même si à Bruxelles, nous avons la chance de bénéficier d’une immigration jeune et d’un taux de natalité bien supérieur aux deux autres Régions. Bruno Colmant (1) parle d’un scénario à la japonaise: le vieillissement de la population crée des dépenses publiques de plus en plus insupportables. Yves Montenay (2) mène une réflexion démographique plus profonde, qui pourrait vous intéresser.

Il reste, que le statu quo est irréaliste. Ceux qui le préconisent font dans la démagogie.
Deux solutions se font jour: augmenter régulièrement l’âge de la retraite pour les personnes en bonne santé, avec adaptation des tâches et réduction progressive des heures à prester, ou déterminer un montant unique pour la retraite de tous les citoyens, vu qu’ils ont des besoins identiques (3). Une forme d’allocation universelle. Les réactions ne se feront pas attendre, mais y a-t-il une alternative crédible ? Pouvons-nous continuer à nous voiler la face ?

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(1) Bruno Colmant est professeur à la Vlerick Management School, à l’ULB et à l’UCL, et responsable de la recherche économique auprès de la Banque Degroof Petercam

(2) Yves MONTENAY est ingénieur et politologue français, il est président de l’Institut Culture, Economie et Géopolitique et administrateur de Population et Avenir (géographie humaine et questions familiales).
(3) les personnes qui ont cotisé le plus, sont aussi celles qui ont eu les salaires les plus élevés et sont souvent propriétaires de leur logement, d’une pension complémentaire et d’un bas de laine. Elles ont droit à une retraite comme tout le monde, mais y a-t-il des raisons objectives qu’elle soit plus élevée que celle des personnes qui n’ont que leur pension pour vivre ?

 

Happy Monday: bientôt un gouvernement

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Bruxelles pourrait bien être la première Région à disposer d’un nouveau gouvernement. Pour l’aile néerlandophone les jeux sont faits et connus: une coalition composée de Groen, One Brussels (SP.A) et Open VLD, qui rejettent dans l’opposition la N.VA, le V.B et le PVDA.

Côté francophone, après la décision du cdH de faire une cure d’opposition et le refus du PTB de rentrer dans un gouvernement sans le PVDA, tout porte à croire que l’aile francophone sera composée du PS, d’Ecolo et de Défi, dès lors que le PS a clairement annoncé sa préférence pour une coalition « progressiste ».  Le MR et le cdH devraient se retrouver dans l’opposition avec Agora, qui compte bien installer son assemblée populaire parallèle tirée au sort.

La rédaction d’un accord de gouvernement et d’un cadre budgétaire prendra probablement encore un peu de temps, vu que chacun voudra y retrouver ses priorités et parce que des négociations serrées peuvent être attendues à propos du budget qui sera plombé par le projet d’extension du métro et de la répartition du budget de la STIB entre transports de surface et extension du métro. Au menu, on retrouvera certainement la transition énergétique et le climat, mais peut-être aussi l’emploi,  la prison de Haren, voire même le projet Néo et son méga shopping center d’un autre temps. Après cet exercice d’équilibriste, qui devrait être le chant du cygne de Laurette Onkelinx, il sera temps de rassembler les deux ailes pour rédiger l’accord de majorité final.

Vers une coalition progressiste

C’est ce qu’affirment Rudi Vervoort et Laurette Onkelinx – toujours présidente du PS bruxellois – dont le parti se tasse, mais demeure légèrement devant Ecolo. Ils commencent donc leurs consultations avec Ecolo, afin de voir si un programme commun est réalisable. Il faudra sans doute y adjoindre Défi pour assurer une majorité stable.

A Bruxelles, le gouvernement régional est composé de deux ailes: la francophone et la néerlandophone qui doivent gérer la Région ensemble. Personne n’a envie de gouverner Bruxelles avec une N-VA, qui veut la cogestion de la ville par les deux autre Régions. Mais voilà, si Bruzz annonce la groene golf de Groen en tête avec 20,6%, la N-VA devient le deuxième parti avec un score 18% et dépasse donc l’Open VLD de Guy Vanhengel et le One.Brussels de Pascal Smet. Une alliance Groen, Open VLD et One.Brussels compterait 10 sièges sur 17 et pourrait se passer de la NV-A.

Les commentateurs bruxellois néerlandophones de Bruzz voient se former une identité propre à Bruxelles : ‘Brussel is een eigen identiteit aan het vormen’. Pour ce qui est de la montée de l’extrême droite en Flandre qui inquiète les Bruxellois, la presse flamande (traduite par la VRT et par Daardaar) estime dans un article que ce score ne tombe pas du ciel et analyse qu’elle reflète une colère de 18% de la population. Pour le PVDA (PTB) c’est une autre approche “ Le fossé n’est pas entre le nord et le sud du pays mais bien entre les partis traditionnels et les gens ordinaires ”.

 

Le ring doit-il disparaître ?

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Pendant que la Flandre songe à élargir le ring qui enserre Bruxelles, Paris s’interroge sur la reconversion du périphérique qui encercle Paris intra-muros et ses 2,3 millions d’habitants. Trop bruyant, trop polluant, trop enfermant, le périph’ parisien, symbole du tout-voiture, est appelé à radicalement changer. « Finissons-en avec le périphérique parisien ! L’assertion est devenue réalité, du moins dans les esprits des élus parisiens, toute tendance confondue ». Une fuite dans la presse révélée par Alternatives économiques annonce les premiers changements envisagés: réduction du nombre de voies dont une serait réservée aux transports en commun, limitation de la vitesse à 50 km/h contre 70 km/h, interdiction des poids lourds… C’est le premier enseignement qu’on peut tirer de la mission d’évaluation conduite par la mairie de Paris sur le devenir du périphérique

« Cette infrastructure autoroutière pose aujourd’hui davantage de problèmes qu’elle n’apporte de solutions. Avec une situation qui empire. Car au-delà des nuisances sonores et de la pollution de l’air, les métropoles, et Paris ne fait pas exception, sont confrontées à l’accélération du changement climatique. Avec à la clé une double nécessité de réduire le nombre de voitures en ville (certaines métropoles, comme Londres ou Milan, ont d’ailleurs mis en place des péages urbains pour l’accès en automobile à leur hyper-centre) et d’augmenter les surfaces dédiées aux espaces verts, pour « rafraîchir » la ville lors des épisodes de canicule ».

Vous en saurez (beaucoup) plus en lisant l’article complet qui se trouve ICI et vous en viendrez sans doute à espérer que la Flandre et Bruxelles le lisent aussi et décident de se retrouver (après les élections …) pour penser le futur et non pour aménager les infrastructures du passé.

photo Alternatives économiques