Archives de catégorie : Gouvernance

Maîtriser notre énergie

Electrabel était un producteur public d’énergie. La vague des libéralisations a mis la production d’énergie dans les mains du privé. Electrabel a été vendu à Suez en 2003. Grâce à la concurrence, c’est le marché qui allait en réguler les prix au profit du consommateur.

Force est de constater, qu’à Bruxelles en particulier, cette concurrence n’a pas vraiment joué, vu la taille réduite du territoire, pendant que le privé engrange d’énormes profits. Des voix s’élèvent aujourd’hui pour un opérateur public chargé de produire une partie de notre énergie, par exemple avec des panneaux solaires sur nos nombreux bâtiments publics, le reste serait acheté aux producteurs les plus compétitifs.

Une proposition d’ordonnance est en cours du côté du PS, mais n’a pas encore été déposée au parlement bruxellois. Le PS souhaite que cette idée de producteur et distributeur publics fasse partie des enjeux du gouvernement prochain, et en attendant, voudrait déjà en débattre au parlement pour être moins dépendants. Nos lecteurs économistes ont-ils des réactions à ce sujet ?

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100 solutions

Face aux modifications perceptibles du climat, ses inondations et ses feux de forêt générés par l’activité humaine, nous ne pouvons nous résigner. Nous ne pouvons attendre l’arrivée massive des premiers réfugiés climatiques pour agir. Les villes ont une responsabilité particulière, elle doivent  impérativement réduire leur immense production de gaz à effet de serre. Le futur de Bruxelles et de ses habitant en dépend.

La Coalition Climat vient de présenter au Premier ministre ses « 100 solutions pour le climat ». BX1 les évoque ICI et le mémorandum complet pour un Green New Deal belge est disponible . Se préparer à un nouveau monde soutenable, pour nous et pour la nouvelle génération, constitue sans doute le projet le plus ambitieux et le plus motivant que Bruxelles puisse se donner. Cela nécessitera des changement d’habitudes et de la solidarité. Certains pensent qu’il s’agit de bâtir une nouvelle civilisation …

A Bruxelles, plus de 50 % de nos émissions sont dues à nos bâtiments. Pour sortir de cette situation, il va falloir mobiliser tous les outils dont nous disposons pour isoler nos maisons. Le prix de l’énergie nous y pousse, les primes aussi. Propriétaires et locataires doivent se coaliser et les gouvernements régionaux et fédéraux doivent mieux les soutenir. N’ayons pas peur de le dire: ce sont les plus fortunés d’entre nous qui ont le plus de possibilités d’agir … et ce sont aussi eux qui consomment le plus d’énergie et produisent le plus de pollution.

Happy Monday, ça bouge !

 

Des cours de Climat. Une première mondiale: l’Université de Barcelone impose désormais un cours obligatoire sur la crise climatique pour obtenir son diplôme. Une formation indispensable pour toutes et tous, quelle que soit la faculté. L’article de la RTBF en dit plus. Peut-on espérer une initiative semblable dans nos universités bruxelloises ?

Maintenir des guichets conviviaux. La Région vient de publier une ordonnance « Bruxelles numérique ». Fort bien. Encore faudrait-il que cela ne se fasse pas au détriment d’un accueil humain au guichet des administrations. Aujourd’hui pour un rendez-vous à la commune ou à la banque, pour trouver du travail ou inscrire son enfant à l’école… l’informatique est devenue incontournable. Une grande partie des citoyens – pas équipés ou compétents – a du mal à accéder à ses droits. Lire et Ecrire vous invite à manifester  en faveur des guichets ce mardi 6 décembre à 13h à l’Albertine.

Des déchets utiles. Quatre jeunes sociétés bruxelloises rivalisent d’ingéniosité pour trouver un nouvel usage à nos déchets. Elles récupèrent des invendus pour produire de la nourriture saine pour les animaux, une autre en fait des préparations culinaires en bocaux, une troisième des panneaux rigides avec des sacs en plastique. La dernière récupère des cheveux chez les coiffeurs pour produire des « paillassons » qui absorbent huit fois leur volume d’hydrocarbures (marées noires) ou de graisse. Elles s’expliquent au micro de BX1.

Jancovici, vous connaissez ?

Jean-Marc Jancovici est un ingénieur sorti de Polytechnique qui enseigne et qui s’avère être un vulgarisateur hors pair. Il remplit les auditoires. Il veut changer le monde et s’y emploie. Il a créé The Shift Project, Carbone 4, publié plusieurs livres, dont un album de bande dessinée didactique: Le monde sans fin.

Selon lui, le modèle des sociétés occidentales est voué à la décroissance. Basé sur l’extraction de tout ce que la terre possède et plus particulièrement sur des énergies provenant essentiellement des combustibles fossiles, il n’est pas pérenne et doit donc changer ou disparaître.

Même si ses affirmations à propos du nucléaire civil et sur l’avenir de l’hydrogène lui ont valu des critiques, il donne du monde actuel et de son avenir lié à l’évolution du climat une image globale et rassurante. Il sait ce qu’il faut faire. Le fera-t-on ?

Du haut de ses 101 ans

Edgar Morin sera le grand invité de l’hôtel de ville de Bruxelles, ce mercredi 16 novembre à 19:30. Philosophe et sociologue, ce grand penseur profitera certainement de l’occasion pour nous inviter à nous « réveiller » et nous sortir de ce qu’il appelle un « somnambulisme généralisé ». Cette sorte d’inconscience qui lui rappelle celle qu’a connu le monde de 1933 à 1940 et qui a conduit à la deuxième guerre mondiale.

A 100 ans révolus, Edgar Morin s’est senti le devoir de publier un court manifeste à l’impératif, Réveillons-nous ! (Denoël), pour nous alerter sur l’urgence à agir face à la crise de l’humanisme et à la crise écologique. A quelques jours près, il aurait pu ajouter « et face au retour de la guerre en Europe »… C’est Le Soir qui a publié cela début mars, dans un article qui donne largement la parole à Edgar Morin.

Il y prône une « nouvelle politique humaniste de salut public ». Le principe est de changer de voie, c’est abandonner la voie dite néolibérale qui non seulement consacre l’hégémonie du capital et du profit, mais privatise les indispensables services publics. Il s’agit d’opérer progressivement le recul de l’hégémonie des puissances d’argent, de dépasser l’alternative stérile entre croissance et décroissance, de faire croître les productions utiles et indispensables aux individus, y compris les biens culturels.

Photo extraite de The Conversation / Edgar Morin à l’Unesco, le 2 juillet 2021. AFP