Archives de catégorie : Gouvernance

Ministre-président de tous ?

Boris Dilliès est-il le ministre-président de tous ? Bien sûr que non. Mais Rudi Vervoort l’était-il ? Les Bruxellois ont fait du MR le premier parti de Bruxelles, après 20 ans dans l’opposition. Pas étonnant donc que le nouveau gouvernement penche à droite, comme le précédent penchait à gauche. Les priorités ne sont plus les mêmes. Nul en néerlandais et francophile, Boris Dilliès ne sera manifestement pas non plus le ministre-président des néerlandophones. Traduit pour vous, l’article de Bruzz le souligne à raison.

Ce gouvernement à sept partis, doit maintenant relever le défi de redresser – en trois ans – ce que le passé et ces mois d’immobilisme ont causé. Il faudra également regagner la confiance de la population. L’accord de gouvernement semble plutôt rassurant, mais comme il a été expédié en trois jours et ne compte que 20 pages, nombre de décisions resteront à préciser et à négocier durement.

Un autre article de Bruzz souligne aussi qu’à l’exception du ministre PS Ahmed Laaouej, aucun des nouveaux membres du gouvernement n’est issu de l’immigration. Cela contraste fortement avec la réalité bruxelloise, les listes électorales et même le parlement. L’article analyse aussi les critères et les obligations qui prévalent pour la formation d’un gouvernement de coalition à Bruxelles. En priorité, il faudra maintenant que la coalition produise un projet de budget réaliste et précis, qui révèlera clairement les priorités retenues.

Dépossédés de notre vote ?

Seuls quatre des huit membres du nouveau gouvernement régional ont été élus au Parlement bruxellois le 9 juin 2024: Ahmed Laaouej, Karine Lalieux, Elke Van den Brandt et Ans Persoons. Les quatre autres n’ont pas sollicité nos suffrages pour le parlement bruxellois. C’est Caroline Sägesser du CRISP qui pointe cette situation, qui peut sembler étonnante et peu démocratique, mais néanmoins légale. Cela mérite réflexion.

Sur base des voix de préférence exprimées le 9 juin ont aurait eu : Ahmed Laaouej, David Leisterh, Françoise De Smedt, Soulaimane El Mokadem, Hadja Lahbib et Elke Van den Brandt, Fouah Ahidar, Lotte Stoops. Notre mode de scrutin ne le permet pas, mais cela cause un éloignement entre les résultats des élections et le choix des personnes qui nous gouvernent.

Scrutin proportionnel, gouvernements de coalition, particratie obligent. Les Bruxellois peuvent légitimement se sentir dépossédés de leur vote. Cela ne suscite guère l’enthousiasme de l’électeur et n’a pas tendance à renforcer sa confiance dans le système… Soulagée d’avoir, enfin, un gouvernement, Caroline Sägesser en dit plus ICI.

 

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Qu’est ce qui importe ?

Aujourd’hui, après plus de 600 jours en « affaires courantes », Bruxelles va à nouveau être gouvernée. Les partis de la majorité ont désigné leurs représentants et se sont réparti les responsabilités. Casting complet ICI avec des gagnants et des perdants. Qui comme ministre-président, chargé du respect de l’accord de majorité ? Comme premier parti à Bruxelles, c’est au président du MR qu’il appartenait de le désigner. Il fait durer le suspens jusqu’à la dernière minute et a créé la surprise.

Mons, samedi 07h du matin. G-L Bouchez décroche son téléphone et appelle le bourgmestre d’Uccle – Boris Dilliès – pour lui annoncer qu’il le charge de la ministre-présidence de la Région de Bruxelles. Portrait. Il doit déjà aller prêter serment une heure  plus tard avec son gouvernement et se rendre au Palais pour le faire dans les mains du roi. Tout va très vite, il n’y a plus de temps à perdre, une vraie révolution à mener… et pour certains, peut-être un avion à prendre pour les vacances de carnaval ? Voilà aussi le regard d’Isolde Van den Eynde de HLN, interrogée par La Libre.

Au-delà des procédures et des pouvoirs dévolus au président du MR, ce qui importe c’est que désormais ces femmes et ces hommes soient au service de tous les Bruxellois et plus seulement de ceux de leur parti. Ce qui importe, c’est le calendrier pour rattraper les 615 jours perdus à se toiser. Ce qui importe, c’est qu’ils rendent de l’espoir, restaurent l’image de Bruxelles, rééquilibrent les comptes et font ce qu’il faut pour qu’une telle situation ne puisse plus jamais se représenter. Une opposition solide y veillera.

Enfin en conclave.

Depuis juin 2024, ont sait que le MR et PS sont les gagnants des élections et qu’ensemble ils peuvent constituer la base d’un gouvernement solide. Mais plus de 600 jours plus tard, les vétos des uns et des autres ont rendu jusqu’ici cette formation impossible, avec l’obligation d’une majorité dans chaque groupe linguistique. Temps nécessaire pour cette longue maturation ?

Après quelques coups de fil aux partis, Georges-Louis Bouchez (MR) a constaté que personne ne voulait être responsable de l’échec de sa tentative de la dernière chance. Fort de l’accord de suffisamment de partis pour constituer une double majorité, il s’est auto proclamé formateur et a lancé la tenue  d’un conclave, moult fois suggéré par la société civile. Les négociateurs sont réunis depuis mardi au finish à la Fondation universitaire. Bruxelles vaut bien un conclave.

S’il faut se réjouir de voir à table MR, PS, Les Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V, la partie est loin d’être gagnée. L’équilibre budgétaire en 2029 plutôt que 2034, exigé par les libéraux francophones et flamands, demandera plus de sacrifices. Jean Faniel du CRISP, estime ICI, que l’on met peut-être « la charrue avant les bœufs ». Il y aura aussi la question du ministre-président, qui ne peut être un Montois. On parle de l’Uccloise Valentine Delwart, une femme de l’ombre, mais actuelle négociatrice MR.

Vivaqua en question.

L’eau qui coule de votre robinet est produite et acheminée par l’intercommunale bruxelloise Vivaqua, qui en a le monopole. Elle a aussi la charge de son énorme réseau d’égouts et de l’épuration des eaux usées. Vivaqua se dit contrainte d’augmenter le prix de l’eau à cause d’un très grand nombre de factures impayées …. Une bien mauvaise raison, alors qu’il y en a d’autres plus légitimes.

L’enquête menée par la RTBF démontre que ce manque à gagner est largement lié à des retards de facturation de plusieurs années. De plus, Vivaqua traîne une dette déjà ancienne d’un milliard d’euros, ce qui l’empêche de procéder à la rénovation des 1.900 km de réseau d’égouts. Une bombe à retardement, avec les affaissements de chaussée qui en résultent. Avec l’eau la moins chère du pays, Vivaqua à de la marge pour revenir à l’équilibre.

Il y a plus d’un an que nous dénonçons une mauvaise gestion et un manque de transparence. Longtemps dans les mains d’Yvan Mayeur (PS), c’est aujourd’hui David Weytsman (MR) qui préside Vivaqua. Sera-t-il capable de remettre de l’ordre dans cette intercommunale essentielle pour les citoyens de la Région ? En attendant, Vivaqua persévère dans les erreurs de facturation …