Archives de catégorie : Economie

Happy Monday. Recyclons.

Fini d’extraire, de fabriquer et de jeter, le recyclage des matières et des bâtiments progresse.

Gagner 900 milliards. C’est ce que l’Europe pourrait engranger d’ici 2030, si elle se convertissait à l’économie circulaire, plutôt qu’en suivant le modèle économique actuel, basé sur « Extraire, Fabriquer, Jeter ». C’est la Fondation Mac Arthur qui l’affirme. Elle en résume les principes de manière très brève, très simple et très claire ICI

 Energie solaire. Une société suisse est arrivée à faire fondre de l’acier issu du recyclage en concentrant le rayonnement solaire. Une première étape dans la décarbonation de la sidérurgie. Plutôt que d’acheter ses barres métalliques en Chine, Panaterre a décidé de produire son propre acier, de qualité horlogère, à partir du recyclage de nombreux déchets d’acier.

Occupations temporaires. Bruxelles compte un nombre incroyable de bâtiments inoccupés, on parle de sa vingtième commune ! Permettre à des associations d’en user temporairement constitue un progrès, en attendant une réaffectation définitive. See U, aux casernes, fut la plus grande de Belgique. Alle Du Kaai a abrité une trentaine d’organisations le long du canal. Aujourd’hui, la ville de Bruxelles met à disposition rue des Grands Carmes, un espace à l’abandon depuis 20 ans,  pour y créer un espace pluridisciplinaire LGBTQIA +. 

Les entreprises reviendront.

Pour quelques éditorialistes, le plan Good Move pourrait générer la fuite d’un certain nombre d’entreprises installées à Bruxelles et plus particulièrement celles basées sur l’économie de la connaissance. Les difficultés de circulation et de stationnement ainsi que les embouteillages quotidiens seraient la cause de leur désaffection. Un certain nombre de commerçants et un syndicat d’indépendants tiennent les mêmes propos basés sur un sondage assez basique. Le projet de ville apaisée de Good Move serait la cause d’un déclin économique de Bruxelles ou les prémices d’une autre vie urbaine.

Olivier Willocx , le CEO de la Chambre de Commerce de Bruxelles (BECI) se livre dans une interview à La Libre. Il affirme que la stagnation de l’économie de la connaissance à Bruxelles n’a rien à voir avec l’accessibilité. Si les nouveaux plans de mobilité ont pu faire fuir quelques entreprises, ils en attireront bien d’autres après une période de stabilisation, comme cela a été le cas ailleurs en Europe. « Je fais le pari que demain, certaines des grosses entreprises qui ont quitté Bruxelles vont complètement revenir dans le centre. Simplement parce que cela reste la zone la plus accessible et que le schéma sans voiture devient quelque chose d’attirant.”

Selon Olivier Willocx, le futur de l’emploi réside loin de la périphérie. “Un certain nombre des moins de 30 ans, y compris diplômés, voire hautement diplômés, n’ont pas leur permis de conduire. Les zonings de Wavre ou de Zaventem n’attirent plus les jeunes, qui préfèrent sans hésiter travailler dans le centre de la capitale ». Pour lui, « la bataille de la ville de Bruxelles s’inscrit dans la durée et non dans l’immédiateté”. Un mauvais moment à passer donc.

26 ans chez papa et maman

Jeune autonomes ?

L’année dernière, les jeunes Belges sont restés – en moyenne – vivre chez leurs parents jusqu’à l’âge de 26 ans ! C’est 6 mois de plus que l’année précédente: un record. En 2012, la moyenne était encore légèrement inférieure à 25 ans.

Selon le sociologue de la famille Dimitri Mortelmans (UAntwerpen), l’âge auquel les jeunes commencent à vivre de manière indépendante est désormais exceptionnellement élevé. Cause principale selon lui : la crise du Covid et l’incertitude qui en résulte sur le plan économique. L’augmentation du coût des produits énergétiques fait aussi que les jeunes ne sont pas prêts à vivre seuls très rapidement.

Ces statistiques sont établies pour l’ensemble de la Belgique, sans que nous puissions distinguer la situation par Région. Pour Bruxelles, tout porte cependant à croire que le montant élevé des loyers s’est ajouté à la crise de la Covid-19. En réaction, les jeunes ont reporté leurs projets. Par contre, les Suédois sont plus rapides, ils quittent déjà le foyer familial dès 19 ans. Les Portugais par contre, restent chez leurs parents jusqu’à 33 ans. En savoir (un peu) plus ICI.

Pourquoi sommes-nous survolés ?

Certains quartiers de Bruxelles sont à nouveau fortement survolés, de jour comme de nuit. Pourquoi envoie-t-on les avions de Zaventem au-dessus de la ville la plus densément peuplée du pays ? N’y a-t-il pas moyen d’impacter moins de monde ? Une nouvelle étude d’incidences, exigée par la justice et résumée ICI, présente 9 scénarios dont 7 renvoient les nuisances vers des espaces moins densément peuplés de Flandre. Les habitants du Noordrand s’y opposent violemment avec le support de leurs politiciens.

On peut les comprendre, mais l’aéroport est situé en Flandre et c’est le gouvernement flamand qui délivre les permis qui ont autorisé les extensions de cet aéroport mal situé. C’est aussi lui qui refuse d’instaurer des normes de bruit, pour ne pas gêner l’aéroport. C’est lui encore qui s’est aussi opposé – en son temps – au transfert de l’aéroport à Chièvres et mis Beauvechain au frigo. Les élus de Flandre semblent privilégier l’économie et l’emploi plutôt que la santé de leurs habitants.

Dans une carte blanche (pas encoure publiée) je m’insurge contre cette politique flamande, qui exige une « répartition équitable » des survols qui ne tient pas compte des densités de populations survolées. C’est la Flandre qui autorise l’extension de l’aéroport de Zaventem, mais c’est Bruxelles qui devrait en assumer une part importante de nuisances. Plutôt que de tenter de se décharger d’un certain nombre de survols sur Bruxelles, les électeurs du Noordrand ne seraient-ils pas mieux avisés de s’en prendre au laxisme de leurs élus ?

Demain on rase gratis.

La STIB est fière de publier son enquête: 72% des Bruxellois sont favorables à la construction de la ligne de métro 3. En dehors d’un certain nombre de riverains, qui aurait de bonnes raisons de s’opposer à une nouvelle ligne de métro ? Avec ses comptes en rouge, la question est de savoir si la Région peut se permettre cette nouvelle ligne ? La facture s’élève à 2,3 milliards et elle risque encore de grimper, suite à des problèmes de sous-sol et à la hausse de prix des matériaux de construction. Les personnes interrogées savaient-elles que l’intégralité des investissements de Beliris seront consacrés au seul métro durant des années et qu’il n’y aura plus un franc pour d’autres projets prioritaires à Bruxelles ?

Il en va un peu de même pour la question des pensions et celle des allocations familiales. Personne ne veut qu’on touche à ces avantages acquis. On peut le comprendre, mais cela reste-t-il payable ? Le gouvernement tente d’anticiper sur la situation, mais craint les réactions des électeurs. Le différend qui oppose Sven Gatz au Budget et Clerfayt à la Famille, illustre bien cette difficulté d’arbitrer. Pareil au fédéral, où le dossier pension est sans cesse reporté, alors que le vieillissement de la population occasionne des surcoûts croissants, y compris en soins de santé. Pourra-t-on raser gratis demain ?

Avec les aides distribuées pour la Covid, la guerre en Ukraine, l’inflation, les faillites et les prix de l’énergie qui flambent, les budgets des différentes entités fédérées sont mal en point. Reste donc à emprunter. Ce n’est pas interdit, mais cela a désormais un prix. Emprunter c’est reporter la charge de la dette et de ses intérêts sur la génération suivante. Une génération qui aura bien besoin de budgets solides pour faire face au réchauffement climatique qui ne fera qu’amplifier.

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