Archives pour la catégorie Economie

Des produits réparables

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Pour la première fois, des fabricants vont être obligés de faciliter la réparation d’un certain nombre d’appareils électroménagers à la suite de l’adoption officielle de lois révolutionnaires par la Commission européenne. Les nouvelles règles réduiront également l’énergie nécessaire pour les alimenter, selon l’ONG Coolproducts. L’allongement, de cinq ans seulement, de la durée de vie des lave-linge, permettrait à l’UE d’économiser autant d’émissions (CO2eq) que le retrait annuel d’un demi-million de voitures des routes.

À partir de 2021, tous les téléviseurs, moniteurs, réfrigérateurs, congélateurs, lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle et produits d’éclairage mis sur le marché de l’UE devront satisfaire à des exigences minimales en matière de réparabilité visant à prolonger leur durée de vie. Ces produits devront également être plus faciles à recycler grâce à une meilleure conception et, dans le cas des écrans, à l’élimination des retardateurs de flamme halogénés.

« Avec ces mesures, l’Europe vient de faire un grand pas vers une économie plus circulaire, qui devrait inspirer le reste du monde. Nous attendons à présent des décideurs européens qu’ils reproduisent cette approche pour de nombreux autres produits, et notamment les produits électroniques tels que les smartphones et les ordinateurs, afin de minimiser leur impact environnemental ». Une affirmation qui contraste avec un article de La Libre, qui trouve une justification historique à l’obsolescence programmée.

Les bas salaires pourraient augmenter

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Syndicats et patrons en parlent. La compétitivité des entreprises est évidemment sur le tapis. Mais à moins d’aligner nos salaires sur ceux du Bangladesh, nous ne serons évidemment jamais gagnants dans la production d’articles manufacturés de base, sans vraie valeur ajoutée. Par contre, actuellement, la différence entre un bas salaire et une indemnité de remplacement est tellement faible, qu’elle ne stimule pas la recherche d’un travail. C’est là qu’une revalorisation de 58 € brut des salaires les plus bas (avec diminution des cotisations sociales ?) pourrait faire la différence, tout en améliorant le niveau de vie des travailleurs et travailleuses concerné.e.s,  qui ont déjà subi une baisse de leur salaire réel depuis 2014, selon un rapport de l’OCDE.

 Avec un salaire de 1713 € brut – plutôt que 1.665 € – et donc un net d’un peu plus de 1.000 € par mois (en fonction de la situation familiale) il serait (un peu) moins difficile d’affronter la hausse du coût de la vie et celui du prix des loyers à Bruxelles, où plus de 40.000 personnes sont dans les conditions pour bénéficier d’un logement social, mais n’arrivent pas en disposer.
Vous aurez un bon aperçu des niveaux de salaires à Bruxelles et en Belgique ICI.

Selon un article de L’Echo,136.000 travailleurs du pays pourraient bénéficier de cette mesure, si le « groupe des dix » arrive à se mettre d’accord et si le prochain gouvernement fédéral consent à réduire (temporairement) les charges sur les salaires inférieurs à 1.900 €, comme l’exigent les patrons. A Bruxelles, cette revalorisation des salaires les plus bas pourrait diminuer quelque peu la dualisation croissante entre les populations situées des deux côtés du canal.

 

Oui, on peut combattre l’inégalité

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Une enquête de Thomas Piketty de plus de 1 200 pages sur la formation et la justification des inégalités. Le Monde, Alternatives Economiques et Libération interrogent et analysent pour vous.

Le Monde en parle ICI. L’étude des différentes trajectoires historiques et des multiples bifurcations inachevées du passé est le meilleur antidote tout à la fois au conservatisme élitiste et à l’attentisme révolutionnaire du grand soir. Le marché et la concurrence, le profit et le salaire, le capital et la dette, les travailleurs qualifiés et non qualifiés, les nationaux et les étrangers, les paradis fiscaux et la compétitivité, n’existent pas en tant que tels. Ce sont des constructions sociales et historiques qui dépendent entièrement du système légal, fiscal, éducatif et politique que l’on choisit de mettre en place.

ICI, c’est Alternatives Economiques qui se penche sur l’ouvrage. La Révolution française n’a pas changé grand-chose à la concentration des richesses. Profiter des recettes pour distribuer à chacun une dotation en capital, une sorte d’héritage pour tous. Le XIXe siècle pousse le niveau de protection de la propriété à un niveau de sacralisation quasi religieux. Les partis sociaux-démocrates ont accepté la libre circulation des capitaux sans réclamer des systèmes d’échange d’informations entre pays sur qui détient quoi, ce qui empêche de taxer correctement ces patrimoines et leurs revenus

ICI, c’est Libération qui parle. L’inégalité n’est pas économique ou technologique, elle est idéologique et politique. Héritage pour tous, forte imposition des plus hauts revenus et du patrimoine, cogestion en entreprise. Après «Capital au XXIe siècle» Piketty s’attaque au dogme de la propriété pour inverser la courbe explosive des inégalités. Renversant. L’histoire des inégalités que vous retracez dans votre livre montre pourtant qu’à certaines périodes, on n’a pas hésité à remettre en cause les principes de la propriété ? Je défends l’idée qu’on peut dépasser la propriété privée en instaurant une autre forme de propriété, sociale et temporaire.

« Capital et Idéologie » aux éditions du Seuil, un livre qui enquête sur la formation et la justification des inégalités.

Deux visions pour la société de demain

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Le journal économique français LesEchos a publié un entretien avec Patrick Artus (banque Natixis) dans lequel il estime que « le capitalisme a été à la hauteur de ce qu’on attendait de lui » et que les critiques sont liées à l’émergence « du creusement les inégalités dans les pays riches et au dérèglement du climat ». Le  fondateur du magazine Alternatives Economiques lui répond dans un article qui se demande si le capitalisme est encore adapté aux temps qui viennent ?

Extraits. « Patrick Artus, pour justifier son satisfecit met en avant « la très forte élévation du niveau de vie des populations », mais au prix de fortes inégalités et d’une mise en péril climatique. Alter Eco avait d’ailleurs relevé l’une de ses notes antérieures où il affirmait que « la dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx ». En d’autres termes, le Bon Dieu (capitaliste) traîne derrière lui des casseroles pas très ragoûtantes. C’est cela qui perdra le capitalisme ».

« La vraie question est de savoir si (le capitalisme) est capable de prendre un tournant majeur avant qu’il ne soit trop tard. Je crains que non. En effet, le capitalisme est miné par la démesure dont il est porteur, cette course au toujours plus – la croissance illimitée et la plus forte possible – qui est son moteur essentiel. Sa dynamique repose sur l’intérêt personnel, la concurrence et l’envie, alors que notre défi est de parvenir à construire ou fortifier les biens communs sur lesquels toute société s’appuie.

 

De l’info en continu

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L’info en continu, c’est l’actualité disponible à l’heure qui vous convient. Vous connaissez bien évidemment le précurseur CNN, ou Euronews, BFMTV, la BBC et peut-être aussi LCI, MSN ou France 24 et Sky News ? et même RT (Russia Today) ou Aljazeera ?

Depuis ce lundi, la Belgique francophone est aussi dotée d’une première chaîne d’information en continu appelée LN24. Un pari éditorial audacieux, auquel vous pouvez accéder par Voo (canal12), Telenet (canal 16 à Bruxelles et 140 en Flandre), Proximus (canal 18), et sur Orange (canal 90), mais aussi par internet sur www.ln24.be/direct et bientôt également en radio.

La soirée de lancement au parlement européen fut mondaine mais aussi enthousiaste. L’équipe, tirée par Joan Condijts et Martin Buxant, nous a promis une chaîne d’info qui bouscule le paysage médiatique, qui dispose du temps nécessaire pour recouper ses infos et pour décrypter les sujets d’actualité. Une chaîne qui vante son « ouverture sur le monde » et garantit une parfaite imperméabilité entre son actionnariat économique, les recettes publicitaires et la partie éditoriale de son média. Une chaîne dont la plupart des journalistes se situent sous la barre des 30 ans. On ne demande qu’à les croire. Allez donc voir et  jugez sur pièces.