Archives de catégorie : Economie

Pourquoi sommes-nous survolés ?

Certains quartiers de Bruxelles sont à nouveau fortement survolés, de jour comme de nuit. Pourquoi envoie-t-on les avions de Zaventem au-dessus de la ville la plus densément peuplée du pays ? N’y a-t-il pas moyen d’impacter moins de monde ? Une nouvelle étude d’incidences, exigée par la justice et résumée ICI, présente 9 scénarios dont 7 renvoient les nuisances vers des espaces moins densément peuplés de Flandre. Les habitants du Noordrand s’y opposent violemment avec le support de leurs politiciens.

On peut les comprendre, mais l’aéroport est situé en Flandre et c’est le gouvernement flamand qui délivre les permis qui ont autorisé les extensions de cet aéroport mal situé. C’est aussi lui qui refuse d’instaurer des normes de bruit, pour ne pas gêner l’aéroport. C’est lui encore qui s’est aussi opposé – en son temps – au transfert de l’aéroport à Chièvres et mis Beauvechain au frigo. Les élus de Flandre semblent privilégier l’économie et l’emploi plutôt que la santé de leurs habitants.

Dans une carte blanche (pas encoure publiée) je m’insurge contre cette politique flamande, qui exige une « répartition équitable » des survols qui ne tient pas compte des densités de populations survolées. C’est la Flandre qui autorise l’extension de l’aéroport de Zaventem, mais c’est Bruxelles qui devrait en assumer une part importante de nuisances. Plutôt que de tenter de se décharger d’un certain nombre de survols sur Bruxelles, les électeurs du Noordrand ne seraient-ils pas mieux avisés de s’en prendre au laxisme de leurs élus ?

Demain on rase gratis.

La STIB est fière de publier son enquête: 72% des Bruxellois sont favorables à la construction de la ligne de métro 3. En dehors d’un certain nombre de riverains, qui aurait de bonnes raisons de s’opposer à une nouvelle ligne de métro ? Avec ses comptes en rouge, la question est de savoir si la Région peut se permettre cette nouvelle ligne ? La facture s’élève à 2,3 milliards et elle risque encore de grimper, suite à des problèmes de sous-sol et à la hausse de prix des matériaux de construction. Les personnes interrogées savaient-elles que l’intégralité des investissements de Beliris seront consacrés au seul métro durant des années et qu’il n’y aura plus un franc pour d’autres projets prioritaires à Bruxelles ?

Il en va un peu de même pour la question des pensions et celle des allocations familiales. Personne ne veut qu’on touche à ces avantages acquis. On peut le comprendre, mais cela reste-t-il payable ? Le gouvernement tente d’anticiper sur la situation, mais craint les réactions des électeurs. Le différend qui oppose Sven Gatz au Budget et Clerfayt à la Famille, illustre bien cette difficulté d’arbitrer. Pareil au fédéral, où le dossier pension est sans cesse reporté, alors que le vieillissement de la population occasionne des surcoûts croissants, y compris en soins de santé. Pourra-t-on raser gratis demain ?

Avec les aides distribuées pour la Covid, la guerre en Ukraine, l’inflation, les faillites et les prix de l’énergie qui flambent, les budgets des différentes entités fédérées sont mal en point. Reste donc à emprunter. Ce n’est pas interdit, mais cela a désormais un prix. Emprunter c’est reporter la charge de la dette et de ses intérêts sur la génération suivante. Une génération qui aura bien besoin de budgets solides pour faire face au réchauffement climatique qui ne fera qu’amplifier.

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Des immeubles en bois.

Il s’en trouve de plus en plus dans le monde, comme l’illustre cet article. Même des gratte-ciel en bois commencent à sortir de terre. En Norvège se dresse la tour en bois la plus haute du monde. Avec ses 85,4 mètres, la tour « Mjøstårnet » incarne peut-être le futur de la conception d’immeubles. Des chantiers moins chers, plus rapides et nettement moins émetteurs de CO2. Une alternative écologique puissante pour l’industrie du bâtiment.

Ni dégrossi ni raboté, le bois massif ne subit à priori pas de transformation. Derrière ce terme se cache cependant une multitude de formes, dont le bois lamellé-croisé (CLT), qui a permis d’ouvrir le champ des possibles dans la construction. La technique est exposée ICI et LA. Notre pays n’est pas en reste et a même pu fournir des poutres en bois CLT en urgence pour soutenir Notre-Dame de Paris. …

Bruxelles entre dans la danse. Les 8 étages du Monteco,  en feront le plus grand immeuble à ossature bois de la ville. Il se dévoile ICI et sera inauguré en novembre au 14 rue Montoyer. Le bois utilisé est issu d’un périmètre ne dépassant pas les 500 km autour du chantier et les nuisances pour les riverains ont pu être fortement réduites. Les occupants de l’immeuble de bureaux devraient y jouir d’un environnement sain et confortable.

Photos Monteco et BX1 et Neutelings Riedijk Architects pour la Gare Maritime

Rue Neuve: un révélateur

Principale artère commerçante du pays, la presse annonçait il y a peu que la rue Neuve avait retrouvé le même nombre de chalands qu’avant la pandémie. Quelques jours plus tard Bruzz analyse et s’inquiète du nombre de commerces vides et de pop-up stores temporaires dans une rue qui semble avoir perdu le nord. Même Galeria Inno a dû mettre son personnel au chômage pendant plusieurs jours …

Alors qu’on y comptait 3 cinémas et un théâtre, un nightclub, un glacier et des restaurants, la rue Neuve vivait jour et nuit. Ils ont été remplacés par des chaînes de vêtements prêtes à débourser des loyers faramineux pour s’y installer. Les propriétaires n’ont pas hésité. Aujourd’hui tous les volets se baissent à 18 heures et les clients aux revenus confortables n’y viennent plus, vu la banalité de l’offre. Chez Primark on continue à faire la file. Les fast food et les baskets se multiplient. Les commerces se sont adaptés à la clientèle très homogène de la rue … dont le pouvoir d’achat a diminué.

Comment arrêter l’hémorragie ? Comment faire revenir en ville une clientèle avec des revenus plus confortables ? La Ville a peu de prise sur les choix commerciaux des propriétaires, et sur Anspach – où elle est gros propriétaire – elle tarde à améliorer le mix commercial. Ajoutez à cela les propriétaires gourmands qui ont chassé les jeunes designers de Dansaert et l’offensive de la commune d’Uccle pour débaucher les beaux commerces du centre, et vous verrez mieux de quoi la crise de la rue Neuve est le révélateur. N’est-il pas urgent d’agir pour plus de mixité en centre-ville ?

Happy Monday: des réductions

Face à la diminution de notre pouvoir d’achat, quelques mesures de soutien ont été mises en place à Bruxelles et ailleurs. D’autres sont à l’étude, notamment à l’UE pour contrer les prix de l’énergie. Nos voisins font-ils mieux pour lutter contre l’inflation ?

Maisons moins chères. Même si les Bruxellois ont moins de briques dans le ventre que la plupart des Belges, l’accès à la propriété reste un rêve limité par les prix de vente qui ne cessent d’augmenter. Le gouvernement régional vient d’approuver un avant-projet de diminution des droits d’enregistrement sur l’habitation principale. Plus de détails dans cet article du Soir.

Partout pour 9€ par mois. C’est l’expérience de 3 mois que va mener l’Allemagne dès le 23 mai, pour promouvoir la diminution de l’usage de la voiture individuelle. Avec un abonnement mensuel à 9€, tous les voyageurs pourront emprunter les transports en commun – réseaux urbains et trains régionaux – au prix unique de 9 euros par mois.

Encourager la géothermie. Energie durable et locale, la géothermie est insuffisamment  exploitée à Bruxelles, alors que nous cherchons notre indépendance énergétique. C’est pour en faciliter l’accès que deux députés de l’opposition demandent une étude et une meilleure gestion du sous-sol bruxellois.