Archives pour la catégorie Economie

Happy Monday: un nouvel avenir

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A Bruxelles, comme ailleurs, il y aura un avant et un après Covid-19. La sortie progressive du confinement et la crise économique inéluctable, ne devraient-elles pas être l’occasion de réfléchir à notre avenir ? Et même à l’avenir de notre civilisation productiviste, basée sur une croissance sans fin et une consommation jamais repue ?

“Depuis les années 80, on a dit aux gouvernements de rester à l’écart et de laisser les entreprises créer de la richesse et diriger, l’Etat n’intervenant que pour régler les problèmes, lorsqu’ils se posent. Il en résulte que les gouvernements ne sont pas préparés et équipés pour faire face à des crises comme celle de Covid-19 ou comme l’urgence climatique” écrit Mariana Mazzucaton (traduite par DeepL). Elle est professeur d’économie à l’University College London et auteur de «The Value of Everything«. Plus réformatrice que révolutionnaire, elle en dit beaucoup plus sur le blog de Paul Jorion. Elle ne veut pas la fin du capitalisme, mais sa maîtrise dans l’intérêt général.

Les banques, les entreprises, les investisseurs, les commerçants, aujourd’hui, tout le monde réclame des aides de l’Etat pour sortir de la crise, dès la fin de la pandémie. Pour la première fois, depuis longtemps, l’Etat a donc la main. Avec la société civile, ne doit-il pas saisir cette occasion pour remettre l’intérêt général au cœur de l’action ? plutôt que le profit à n’importe quel prix ? Une occasion de recadrer le capitalisme qui rabote le service public, épuise les matières premières et pollue la planète.

Eric Corijn, fondateur de la Brussels Academy, va soumettre à la presse une carte blanche passionnante: Reconstruire la ville par le bas, il faut profiter de la solidarité créée par le coronavirus pour voir comment nous voulons continuer à vivre ensemble et à quelles conditions. Le think tank français Institute for Climate Economics vient aussi de sortir des propositions pour sortir de la crise du Covid-19: Investir vite et fort dans une société plus résiliente, donc écologique et solidaire. Cela supposera de solides contre-pouvoirs pour exister face aux  lobbies des grandes puissances.

Tiens, Coca Cola a cédé la place à d’autres attentes

 

Union Européenne: des décisions et vite

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Avec tous ses commerces fermés et tant de lieux de production à l’arrêt, Bruxelles est paralysée. La crise déclenchée par le coronavirus frappe progressivement toute les régions d’Europe et paralyse son économie. L’UE dispose cependant de nombreux outils pour ne pas réagir sur le mode du « trop peu, trop tard »: Banque centrale européenne, Banque européenne d’investissement, Mécanisme européen de stabilité, fonds divers …  Que peuvent et doivent faire les institutions de l’Union pour ne pas laisser chaque région, chaque pays, seul face à une telle situation ?  C’est la question que pose la revue Alternatives Economiques, dans un article bien documenté, qui propose une série de solutions, qui – selon elle – peuvent limiter les dégâts.

Dans l’immédiat, il ne s’agit pas, comme pendant une crise financière classique, de soutenir la demande et de relancer l’activité, puisqu’au contraire les Etats ont décidé de la réduire au strict minimum, pour bloquer progressivement l’épidémie. Il convient d’éviter les licenciements grâce à un chômage technique généralisé et bien indemnisé, d’empêcher les petites entreprises et les travailleurs indépendants de faire faillite, d’éviter que les banques ne soient étranglées et de financer un effort exceptionnel en matière de dépenses de santé. Tout cela en limitant la spéculation sur les marchés financiers, en particulier contre les dettes des Etats les plus fragiles.

Après un état des lieux, viennent 5 propositions, détaillées dans l’article d’Alternatives Economiques du 18 mars.

1 /La Banque européenne d’investissements doit accorder massivement des prêts aux PME
2/ Recourir sans conditions aux fonds du mécanisme européen de stabilité
3/ La BCE doit acheter des titres des Etats les plus en difficulté
4/ Renforcer les moyens de l’Union bancaire
5/ Financer le chômage partiel à l’échelle européenne

… depuis la BCE a sorti un bazooka de 750 milliards d’euros.

 

La pandémie révèle des dérives

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Deux institutions spécialisées de l’ONU en matière de santé – OMS – et de transport aérien – OACI – sont chargées de veiller à l’intérêt général, mais à la lumière de la crise sanitaire, elles se révèlent être devenues de véritables lobbies au service de l’industrie pharmaceutique et du transport aérien. Leur dépendance de plus en plus grande par rapport au monde économique ne semble pas être étrangère à la propagation rapide du coronavirus, comme l’écrit la presse.

Le transport aérien a joué un rôle crucial dans la propagation rapide et mondiale du virus. Des chercheurs viennent d’en apporter ICI la preuve scientifique. Ce qui est inadmissible et scandaleux, c’est que – pour des raisons économiques – l’OACI a tout mis en oeuvre pour empêcher l’adoption de mesures rapides et radicales pour entraver le trafic aérien au début de l’épidémie. Elles auraient pu donner aux gouvernements le temps de freiner son expansion. C’est déjà à l’OACI que nous devons l’absence de toute taxe sur le kérosène des avions.

L’OMS est aussi montrée du doigt pour sa lenteur et son inaction. Alors que le fossé économique et sanitaire ne cesse de se creuser, ne doit-elle pas assurer la santé pour tous les êtres humains, riches ou pauvres ? L’OMS  semble de plus en plus considérer la santé, non plus comme un droit, mais comme un simple moyen au service de la croissance économique. Cette dérive tient principalement à la dépendance financière croissante de l’Organisation envers certains pays (comme les États-Unis) et les intérêts privés (grandes entreprises, fondations, firmes pharmaceutiques), comme le démontre l’article de Conversation.

Par ailleurs, les prix qui flambent pour de simples masques en papier ou des flacons de gel hydroalcoolique, démontrent aussi les limites d’une fixation des prix régulée uniquement par la libre concurrence. A tel point, que le gouvernement français a été contraint d’en fixer par décret la vente à 2 euros maximum pour 50 ml. pour éviter toute spéculation. Alternatives Economiques fait une analyse plus fine du mode de fixation des prix dans notre économie.

Happy Sunday: une autre vie surgit

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Une autre vie a démarré samedi matin. Une vie sans réunions, sans écoles, sans cinémas, sans cafés ni restaurants. Tout ce qui nous semblait normal devient extra-ordinaire et mérite réflexion. Prendre le temps de revoir notre agenda, cuisiner davantage, inviter amies ou amis mais au compte-goutte, surveiller notre santé, accompagner nos enfants, écouter de la musique à la maison, retrouver le temps de lire ou se nourrir de podcasts, de télévision, de Netflix ou de médias sociaux … Une perturbation de nos habitudes de cette ampleur ne devrait pas manquer de nous interpeler sur notre façon presque automatique d’aborder la vie en ville. Certains voient même dans l’arrivée du virus, un progrès possible pour notre santé ?

Le coronavirus semble faire office de catalyseur pour stimuler un sentiment d’urgence. Les politiques réalisent, d’heure en heure, la nécessité d’un gouvernement fédéral – comme le confirme l’article en français de la VRT. L’enseignement comble son retard par rapport au numérique. Le télétravail prend son envol. Noël Mamère va plus loin et parle dans Le Monde de l’effondrement d’un modèle: « le coronavirus nous fait vivre une sorte de répétition générale, avant l’effondrement majeur d’un modèle qui a trouvé ses limites».

Si le rush non justifié sur le papier de toilette, les masques buccaux ou les pâtes, crée des paniques superflues, la crise sanitaire contribue aussi à rassembler citoyennes et citoyens face à l’adversité. Une solidarité et des collaborations inattendues émergent un peu partout. Etre prudents, mais ne pas avoir peur les uns des autres, des Bruxellois.e.s proposent de faire des courses pour des personnes âgées ou pour garder des enfants sans école, font leurs courses en semaine et pas sur internet, commandent des repas à emporter dans les restaurants aux frigos remplis de victuailles ou leurs proposent une avance, pour des repas à prendre après le 3 avril, …

billet rédigé avec les contributions de plusieurs lectrices et lecteurs

 

Happy Monday: la frugalité s’impose

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Tôt ou tard, l’humanité sera contrainte à une certaine frugalité, parce que les ressources de la planète ne sont pas inépuisables. Alors, autant prendre les devants, être parcimonieux avec les matières premières, limiter les gaspillages et favoriser le durable pour tenter de rendre cette frugalité agréable et pourquoi pas désirable ?

Un produit frugal se distingue par une concentration sur les fonctionnalités essentielles, avec une faible complexité technologique, mais avec un niveau de performance et de fiabilité élevé. Ces objets sont pensés pour être moins chers, de meilleure qualité, tout en optimisant les ressources utilisées. Le contraire de l’obsolescence programmée. Ils ne participent toutefois pas nécessairement à la réduction de l’empreinte écologique, puisqu’ils vont – à raison – permettre l’accès à des biens et services auxquels des populations entières n’avaient jusqu’ici malheureusement pas droit.

Dans des pays comme l’Inde, une grande partie de la population est contrainte à une frugalité extrême pour raison de pauvreté. Disposant d’ingénieurs et de chercheurs, le sous-continent indien peut aussi compter sur l’ingéniosité et la créativité de ses habitants pour tenter d’accéder au confort à moindres frais. Découvrez leur ingéniosité contrainte dans cet article documenté et encourageant de la revue Conversation.