Archives pour la catégorie Economie

La force de travail de Bruxelles

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Poumon économique de la Belgique, notre Ville-Région procure du travail à plus de 700.000 personnes. Quelques chiffres ICI. Une grande partie de ces emplois se situent dans le secteur tertiaire et demandent des cols blancs, souvent d’un haut niveau de qualification. L’offre d’emplois dans le domaine manuel et manufacturier est insuffisante pour absorber l’ensemble des cols bleus de la cité, dont une part reste sans emploi. L’exigence de bilinguisme et même de trilinguisme souhaitable – même si parfois excessive – est aussi un obstacle à leur engagement. 77 000 Bruxellois ont trouvé un emploi en dehors de leur Région.

Il faut se réjouir de voir près de 330 000 Wallons et Flamands venir nous prêter main forte pour occuper les emplois que nous créons … même si on préférerait les voir venir en transport en commun plutôt que seul en voiture. Voire même, assister à leur  installation dans la ville où ils gagnent leur vie ? Où restent les incitants ?

En Belgique, 85% des travailleurs trouvent un emploi dans leur propre Région et même 75% dans leur propre province. Deux exceptions: le Brabant flamand et le Brabant wallon, où respectivement 47% et 54% travaillent hors de leur province, principalement à Bruxelles.

 

Et si nous arrêtions d’enrichir les riches ?

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Billet d’humeur

Les riches de plus en plus riches, parce que nous buvons leur Jupiler, consommons leur eau en bouteille, brunchons dans leurs Pains Quotidiens multinationaux, achetons leur pétrole et portons fièrement leurs vêtements griffés LVH ou COST.

L’intérêt des consommateurs que nous sommes est-il de continuer à enrichir les Bernard Arnault, les Spoelberch, les Bettencourt, les Albert Frères ou la famille Lhoist, qui se moquent de l’Environnement et exploiteront les ressources de la planète jusqu’à épuisement … puis se tireront en Nouvelle Zélande avec leur argent du Panama, comme les magnats de la Silicon Valley, pendant que nous mangerons des racines.

Notre pouvoir de consommateur est énorme et inexploité. Il peut  forcer les délinquants des paradis fiscaux du luxe et de l’extraction à mettre la clé sous le paillasson … mais ils nous ont si bien conditionnés à les aimer et à les nourrir ! Pour des raisons de prudence, les investisseurs commencent cependant à bouder les entreprises pétrolières et certains extracteurs de terres rares. Moody’s va dégrader la note de l’entreprise pétrolière ExxonMobil: trop risqué face à la vague verte. Quelques détails ICI.

Alors chiche, on essaie de ne plus donner nos petits sous aux nantis en 2020 ?

 

Apartheid à Bruxelles et ruine de la Wallonie

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Non, pas de la science-fiction, comme vous le constaterez à l’issue de la rencontre que vient d’organiser Re-Bel, à propos du type de confédéralisme voulu par la N.VA. Sander Loones y répondait pour le parti nationaliste. Il a été confronté à des académiques et à un nombreux public – essentiellement masculin et blanc – qui tenait à l’interroger sur l’impact de ce projet pour Bruxelles et la Wallonie. Pour mieux en comprendre les enjeux, vous pouvez lire ICI, la carte blanche que les initiateurs, Paul De Grauwe et Philippe Van Parijs, y ont consacrée.

Si la séance a commencé de manière studieuse et courtoise, la fin fut plus mouvementée, notamment par rapport au statut de Bruxelles dans ce confédéralisme à la sauce N.VA et à la situation de la Wallonie, après répartition de la dette de l’Etat belge. Après avoir reproché à Sander Loones de n’apporter aucun chiffre, le professeur Paul De Grauwe – économiste à la London School of Economics – a pronostiqué pour la Wallonie une situation financière semblable celle de la Grèce. Vives protestations de Sander Loones. Irresponsable ! Onverantwoord ! Onverantwoord !  Onverantwoord !

Pour en savoir plus sur cet indispensable questionnement, vous trouverez ICI, un billet de la RTBF en HIER een reportage van Bruzz. Il y a aussi l’édito de Béatrice Delvaux, suivi du juste commentaire d’Alain Maskens, un abonné du blog. Et encore d’autres articles ICI, dont la carte blanche in het Nederlands et l’article de Grenzecho, où Sander Loones et Jan Jambon ont affirmé « qu’il y a un droit à l’autodétermination pour les Germanophones, mais pas pour les Bruxellois, parce qu’ils ne forment pas un peuple… ». Reste alors à poursuivre la construction de ce peuple de Bruxelles et à souhaiter qu’il se révolte, pour démontrer son existence à une certaine Flandre et lui apprendre aussi, que d’autres formes de confédéralisme sont possibles.

 

Green Friday, vous connaissez ?

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La fièvre acheteuse du Black Friday étant retombée, une semaine plus tard, il est peut-être temps de s’interroger sur cette manifestation consumériste, venue tout droit des USA, et qui s’est développée rapidement chez nous. Un record de plus de 10 millions de paiements a été enregistré en Belgique, dans les magasins et en ligne lors de ce Black Friday. L’an dernier déjà, 28% des Belges interrogés par Dedicated ont acheté en ligne durant cette journée de promotions et 22% dans les magasins physiques. Pour 73%, Black Friday est d’abord synonyme de bonnes affaires. Test Achats appelle cependant ICI à la prudence.

Black Friday contre Green Friday est le titre d’un article fort bien documenté que bruseslslife.be consacre au modèle de société de surconsommation, « extraire-produire-acheter-jeter » qui épuise la planète et est à l’exact opposé du Green Friday. Surproduction de biens manufacturés, forte utilisation de ressources naturelles et d’énergie, course aux plus petits prix (et nécessairement aux salaires de misère), gaspillage et pollution à outrance, addiction des citoyens, etc. Un certain nombre d’accusations pèsent aujourd’hui sur le Black Friday.

C’est en réaction qu’est né en France le collectif Green Friday. Une recherche d’alternative à la consommation compulsive, aux achats non-nécessaires dictés par la seule logique promotionnelle. Le collectif rappelle « nous achetons 60% de vêtements de plus qu’il y a 15 ans mais nous gardons nos habits deux fois moins longtemps. Nous changeons nos téléphones tous les deux ans alors qu’ils fonctionnent encore parfaitement ». C’est encore sans épingler les embouteillages, causés par les milliers livraisons individuelles effectuées par Amazon et autres livreurs à domicile, que nous évoquerons la semaine prochaine.

La Flandre paye-t-elle pour nous ?

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C’est la question que pose La Libre. « Les Flamands paient beaucoup plus au gouvernement qu’ils ne reçoivent en retour », souligne la N.VA sur son site web. « La Flandre transfert des milliards vers la Wallonie qui maintiennent bien trop de Wallons dans leurs hamacs« , lâchait Jan Jambon trois semaines avant les élections.

Cet argument, utilisé par d’autres partis flamands, Vlaams Belang en tête, constitue un carburant pour les partis du nord du pays et l’un des moteurs de leurs demandes d’autonomie et de régionalisation.

Mais que paient réellement les Flamands pour les francophones ? L’économiste Eric Dor (IESEG) a réalisé une étude précise sur le sujet, publiée en juillet. Vous pourriez être surpris des réponses que vous allez trouver ICI, même si on fait souvent dire aux chiffres ce que l’on veut bien.