Archives pour la catégorie Economie

Valoriser nos atouts

Un article du quotidien L’Echo commence par constater que la Région bruxelloise concentre les difficultés. Coincée (volontairement ndlr) dans ses 19 communes, le premier bassin d’emplois du pays, qui affiche le taux de chômage le plus élevé, est privé des recettes fiscales liées à l’impôt des personnes physiques des navetteurs, qui profitent pourtant de ses infrastructures routières, de ses écoles, de ses hôpitaux… Ainsi, malgré un effort budgétaire conséquent, Bruxelles n’a pas pu soutenir son tissu économique à la même hauteur que les deux autres Régions en cette période de covid.

Plutôt que de se complaire dans son rôle de victime, L’Echo estime que Bruxelles pourrait valoriser ses atouts. La ville la plus jeune du pays peut miser sur ce capital humain. Les centres de formation informatique et de codage rassemblés à Be Central et ceux de Molengeek développent des formations d’excellence. Il faut cesser de voir la jeunesse infra-qualifiée uniquement comme un problème. Il faut lui offrir un avenir et lui proposer des formations d’avenir. « On pourrait fournir une armée de codeurs aux starts-ups de la tech qui décident de s’installer à Bruxelles pour sa situation géographique et la présence de nombreuses institutions internationales. Cela ne repose pas uniquement sur des ingénieurs, des profils juniors capables de vérifier la qualité des données entrantes sont indispensables ».

 L’Echo va plus loin en décrivant aussi le rôle de pionnière internationale de Bruxelles dans le standard passif pour les nouvelles constructions et pourquoi pas aussi en matière de construction circulaire ? « Il s’agit de déterminer dès maintenant dans quel domaine Bruxelles excellera dans dix ans. Sur le plan Mobilité, la création de la zone de basses émissions, l’instauration de la zone 30 km/h et la multiplication des pistes cyclables sont des mesures qui s’inscrivent dans un objectif commun: apaiser la ville. Et L’Echo de conclure: il est malheureusement difficile de déceler les contours de la stratégie économique des autorités bruxelloises, à l’heure des polémiques stériles sur le voile et de l’encommissionnement de la 5G ».

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20238

photos Tivoli durable Green Surf et formation codage Pixabay

Un portrait de Bruxelles

Bruxelles aligne les plus. Les meilleurs comme les pires. C’est la ville la plus jeune du pays, la plus cosmopolite, la plus pauvre, la plus riche, la plus fragile, la plus inégalitaire, la plus clivée. C’est un article assez complet du journal Le Soir qui fait le point sur la situation, sur base du rapport 2020 de l’Observatoire de la Santé et du Social. Le confinement a révélé de manière criante les inégalités en termes de situation de logement et de cadre de vie. Les inégalités sociales de départ se sont encore amplifiées.

La ville la plus jeune. Age moyen: 37,6 ans, pour 42,9 en Flandre et 41,6 en Wallonie.
La plus cosmopolite. 58 % des Bruxellois.e.s ne sont pas né.e.s belges. 74 % ont une origine étrangère – parce que un des parents a (eu) une autre nationalité. Il n’y a cependant que 35 % de la population qui est de nationalité étrangère, notamment grâce aux déclarations et naturalisations. Les Français sont en tête des étrangers, devant les Roumains, les Marocains et les Italiens. 
La plus pauvre. 31 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, contre 10 % en Flandre et 18 % en Wallonie. 20% de la population vit avec un revenu de remplacement. 
La plus riche aussi. Le PIB est de 71.412 euros – contre 30.236 en Wallonie et 42.249 en Flandre – mais cette richesse bruxelloise profite en partie à la Flandre et à la Wallonie, où résident nombre de navetteurs, qui contribuent à la richesse de Bruxelles, mais dont  une partie importante des contributions retourne à leur Région de résidence.

La plus fragile. Plus d’un adulte sur cinq vit dans un ménage dont aucun membre ne travaille à plus de 20 % d’un temps plein.
La plus inégalitaire. C’est en Région bruxelloise que les inégalités de revenus sont les plus marquées, que l’inégalité entre hommes femmes au travail est la plus importante.
La plus clivée.  La ville est fracturée en deux: première couronne contre seconde, rive gauche du canal contre droite. Le taux de chômage oscille entre 8 % à Woluwe-Saint-Pierre pour 22 % à Molenbeek, où l’âge moyen est de 35 ans contre 42,4 à Watermael-Boitsfort. Le retard scolaire en secondaire est de 3 % à Woluwe-Saint-Pierre et de 14 % à Saint-Josse.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20178

photo Objectief et clichés multiples d’origine inconnue …

En finir avec le vélo

Un lecteur du blog nous transmet ce message du PDG d’Euro Exim Bank Ltd

« Un cycliste est un désastre pour l’économie du pays. Il n’achète pas de voiture et ne prend pas de crédit automobile. N’achète pas d’assurance automobile. N’achète pas de carburant. N’envoie pas sa voiture pour entretien et réparations. N’utilise pas les parkings payants. Ne cause pas d’accident majeurs. Ne nécessite pas d’autoroute à plusieurs voies. Ne devient pas obèse …

Des gens en bonne santé ne sont pas nécessaires pour l’économie. Ils n’achètent pas de médicaments. Ils ne vont pas dans les hôpitaux ni chez le médecin. Ils n’ajoutent rien au PIB du pays. Au contraire, chaque nouveau point de vente Mc Donald crée au moins 30 emplois – 10 cardiologues – 10 dentistes – 10 experts en perte de poids en dehors des personnes travaillant au point de vente Mc Donald. Un cycliste ou un Mc Donald ?  Ça vaut le coup d’y penser ».

PS: la marche c’est encore pire, ils n’achètent même pas un vélo 

Happy Monday: des citoyens crient victoire

Citoyens et organisations non gouvernementales viennent de gagner le procès intenté à la société pétrolière Shell. Pour la première fois, un objectif climatique est imposé de jure à une multinationale: Shell devra se conformer aux accords de Paris et réduire ses émissions de CO2 de 45% d’ici fin 2030. Cette contrainte exercée sur une puissante société privée ouvre une brèche importante, même si Shell a annoncé qu’elle ira en appel. Il y avait déjà une décision de la Cour constitutionnelle fédérale allemande qui donne raison aux citoyens et ONG: la loi fédérale Climat viole les droits fondamentaux, explications ICI. D’autres affaires recevables sont pendantes en Belgique et devant la Cour européenne des droits de l’homme. Ce n’est pas rien. 

Diverses sociétés cotées en Bourse font aussi face à la fronde d’un certain nombre de leurs actionnaires, qui n’acceptent plus le mépris affiché pour la protection de l’environnement. Exxon Mobil et Chevron ont dû faire des concessions environnementales à leurs actionnaires révoltés, contrairement à ceux de TotalEnergies, qui ont voté à une large majorité pour la poursuite des activités de forage. Des banques doivent également subir les reproches de leurs clients pour la poursuite de leurs investissements dans l’extraction du charbon et du pétrole.

Sensibles à la montée en puissance de ce courant environnementaliste, de nombreuses sociétés tentent d’améliorer leur image par un simple « greenwashing ». C’est un simulacre qui ne satisfait plus de nombreux citoyens, ils exigent  désormais une attitude plus responsable de la part des producteurs et de ceux qui les financent. Bonne nouvelle aussi pour Bruxelles, en ce lundi ensoleillé.

photo Pixabay

L’hydrogène réunit ses partisans

Il y a quelque temps déjà, une lectrice se demandait à quoi pouvaient bien servir nos soliloques à propos de l’avenir de notre ville. Autant prêcher dans le désert. Aujourd’hui, nous sommes 544 à partager des visions d’un futur que nous voulons désirable. Mieux encore, certain.e.s n’hésitent pas à diffuser nos idées auprès de leurs relations ou de responsables politiques. Depuis peu, des lecteurs et lectrices ont décidé de passer de la réflexion à l’action. Réunis pour faire le point entre passionnés et scientifiques pour voir comment agir pour assurer un avenir à l’hydrogène à Bruxelles. Ils ont déjà un RV fixé avec le cabinet d’Alain Maron.

La Région semble tout miser sur la voiture électrique et l’installation des milliers de bornes nécessaires au long rechargement de leurs volumineuses batteries. Contrairement à la Flandre et à la Wallonie, Bruxelles ne mentionne pas l’hydrogène dans le plan de relance qu’elle a introduit à l’Europe. La compétition entre la voiture électrique à batteries et celle à pile à combustible (hydrogène) ne fait que commencer. La Chine abandonne la voiture électrique au profit de l’hydrogène et les provinces se ruent sur les subventions. Le Japon n’est absolument pas en reste.

La Commission Européenne ambitionne de positionner l’hydrogène comme une énergie incontournable à l’horizon 2050 pour les transports. Au point que les voitures à pile à combustible pourraient détrôner les modèles électriques à batterie … que 18% de propriétaires américains se mettent déjà à revendre, à cause du temps de rechargement. Les jeux ne sont pas faits. Bruxelles aurait tort de mettre tous ses oeufs dans le même panier et de ne pas miser aussi sur des stations à hydrogène.

Pour rejoindre le groupe Bruxelles Hydrogène il suffit d’adresser votre demande à cette  adresse.

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