Archives pour la catégorie Economie

Happy Monday: la cohabitation rajeunit Bruxelles

______________________________________________

Le jour même où je vous annonçais la construction d’un immeuble de cohabitation américain de 800 unités, dépassant la taille du leader londonien, Bruzz publiait un reportage très vivant avec photos (texte traduit ICI en français) sur la progression rapide de la cohabitation à Bruxelles. Plus qu’un projet immobilier, c’est un nouveau mode de vie qui commence à se développer en ville, dans la foulée du concept de partage des biens plutôt que de leur possession. Des grands groupes ont commencé à s’y intéresser, à développer leur marque et à concevoir une architecture pour demain.

A Bruxelles, l’achat d’une maison devient inaccessible pour les jeunes, qui sont aussi très nomades, tout en disposant rarement de leur propre voiture. Ils recherchent des logements meublés avec plus de services et moins de solitude. Chez le promoteur Cohabs: «  Nous ne nous contentons pas d’assurer le nettoyage des maisons, nous offrons aussi la télévision par câble, internet, des séances de yoga, des espaces communs conviviaux et même un petit-déjeuner mensuel pour les résidents de toutes nos maisons ». Plus discret, le promoteur Ikoab semble bien être actuellement à la tête du marché coliving à Bruxelles. A Liège, Horizon Groupe arrive à maintenir un niveau de prix plancher – entre 500€ et 700€ euros maximum, charges comprises.

Dans des quartiers trendy, des maisons de maître unifamiliales et des espaces désaffectés,  proches des transports en commun, sont transformés en cohabitations et trouvent rapidement preneurs. La crainte d’une augmentation des loyers dans ces quartiers se fait jour, mais ce type de logement n’est-il pas nécessaire pour retenir en ville une classe moyenne jeune et active ? Qu’attendent les pouvoirs publics pour développer, sans but lucratif, des logements sociaux ou intergénérationnels sur le même modèle ? plutôt que de continuer à construire des barres anonymes et des homes.

document bruxellois extrait du site de Cohabs

 

 

Le gaz comme avenir énergétique ?

_________________________________________

Selon L’Echo, des investisseurs luxembourgeois seraient prêts à injecter 2,5 milliards dans 4 nouvelles centrales électriques au gaz en Belgique, dont une à Vilvorde. À peine annoncée, la nouvelle a déjà fait l’objet de plusieurs contestations dans le même quotidien. (1)

Mais, en dehors du gaz de mine, dont l’exploitation commence à Anderlues et les débuts de la biométhanisation (2), mais pas à Bruxelles, où le PS s’y oppose, nous ne disposons d’aucune ressource en gaz. Il faudra donc l’importer et le transporter dans des navires méthaniers depuis les émirats arabes, dont nous nous rendrons très dépendants et dont les ressources fossiles ne sont pas illimitées.

Ce n’est donc pas un projet énergétique d’avenir, mais s’il se réalise, il devrait nous laisser le temps nécessaire pour développer les alternatives durables, qui vont s’imposer suite au nécessaire démantèlement de nos vieilles centrales nucléaires en fin de vie.

___________________
(1) Pour bénéficier de l’accès gratuit à 5 articles par mois dans L’Echo, vous pouvez vous enregistrer ICI sans engagement.
(2) Il s’agit de deux articles intéressants et documentés, mais à lire avec l’esprit critique, vu qu’ils s’apparentent à du publi-reportage.

Bientôt, le tram du futur

__________________________________________

La STIB prépare l’avenir. Elle vient de commander 30 trams  « nouvelle génération » au constructeur canadien Bombardier. Ils s’ajoutent à une première commande de 60 véhicules faites en 2018. Les premiers exemplaires de ces 90 nouveaux trams circuleront dans nos rues vers le milieu de l’an prochain. Plus spacieux et confortables, ils bénéficieront de larges portes et (enfin) d’un plancher bas intégral. Selon leur longueur, ils offriront 182 ou 256 places, dont 47 ou 65 assises.

Cette commande devrait permettre d’accroître la capacité totale du parc de tram de la STIB de 10.000 places, soit environ 15% de capacité supplémentaire. Ils serviront avant tout à desservir les extensions du réseau de tram décidées par le gouvernement régional vers Neder-over-Heembeek et Tour &Taxis, ainsi qu’à renforcer le réseau existant. L’article de l’avenir.net vous en dit plus ICI.

C’est un budget total de 5,2 milliards d’euros que la STIB va progressivement investir en vue d’une meilleure mobilité, avec moins d’embouteillages, de pollution, de stress et de nuisances sonores. Elle détaille tout cela ICI, mais ne précise pas la part de ce budget qui ira à la création et à l’entretien de la future ligne de métro Nord, que d’aucuns continuent à contester et qui sera certainement sur la table du prochain gouvernement bruxellois.

>> si vous avez raté le film de Luc Jabon  » Bruxelles, une traversée urbaine «  il est désormais  possible de le visionner gratuitement en cliquant ICI.

 

Happy Monday: la fin d’un privilège ?

________________________________________

Tax free kerosene. Seul carburant non taxé – en vue de développer l’aviation commerciale à la fin de la guerre – ce privilège  accordé au secteur aérien a-t-il encore un sens aujourd’hui, alors qu’il faut diminuer drastiquement les émissions de CO2 ? La Commission européenne a commandé une étude sur le sujet, mais comme la conclusion n’est pas celle qu’elle voulait entendre et contredit l’impact sur l’emploi agité par le secteur commercial, elle tarde à le publier.

Il faut remercier Bill Hemmings, directeur Aviation de l’association  Transport et & Environnement d’avoir mis la main sur le rapport. On y lit en conclusion : l’introduction d’accises sur le kérosène consommé par le secteur aérien ferait baisser le trafic aérien et la pollution, sans affecter l’emploi global et le PIB.

L’étude casse le mythe créé par l’industrie aérienne selon lequel l’économie du pays serait irrémédiablement endommagée par la taxation du carburant aérien. Par contre, le scénario des accises sur le kérosène entraînerait une baisse de 11% des émissions de CO2 (- 16,4 millions de tonnes) et de 8% des personnes affectées par les nuisances sonores.  On en dit plus ICI  et beaucoup plus dans The Conversation. Tout cela fait dire à Bill Hemmings qu’il est urgent  » de mettre fin à l’exonération fiscale sur le kérosène « .

Rénover sans déloger

______________________________________

Redonner de l’espace et de la lumière tout en limitant les déperditions énergétiques au profit des personnes qui habitent les 530 logements sociaux de la cité du Grand Parc à Bordeaux était la mission des architectes français Lacaton et Vassal. Ils ont relevé le défi en accrochant aux bâtiments – tel un jeu de construction – une structure enveloppante qui vient s’ajouter à l’une des anciennes façades.

Cette transformation a été réalisée en site occupé sans déloger aucun habitant. La formule a permis de faire d’appréciables économies par rapport à l’habituelle logique de destruction/reconstruction affirme ICI le journal Le Monde. Cette solide greffe modulaire, en béton et en métal, offre à chaque logement 25 à 45 m2 supplémentaires. Ces espaces, qui disposent de grands rideaux occultant et de fenêtres coulissantes en polycarbonate, peuvent devenir des pièces à vivre, des terrasses ou des jardins d’hiver. Le gain de confort et d’usage est stupéfiant, l’intervention transformant les petites baies d’origine en généreuses portes-fenêtres

Les nouvelles extensions offrent un équilibre bioclimatique qui profite au portefeuille des occupants, et en accord avec le maître d’ouvrage, l’équation générale du programme a permis d’augmenter la surface de logements… mais pas le prix des loyers. Les architectes viennent de recevoir à Bruxelles le prix Mies van der Rohe 2019, prix d’architecture contemporaine bisannuel décerné par l’Union européenne.

cité du Grand Parc à Bordeaux. PHILIPPE RUAULT