Archives pour la catégorie Economie

Happy Monday: vers un nouvel âge d’or

______________________________________

Vous lirez sans doute avec plaisir, que la crise du coronavirus pourrait conduire à un âge d’or. C’est une professeure d’économie à l’Institute for Innovation and Public Purpose à Londres qui l’affirme. Carlota Perez, du haut de ses 80 ans, a toujours l’oreille des pouvoirs publics et des grandes institutions, qui la considèrent comme une autorité dans le domaine de l’étude des grandes évolutions technologiques des siècles derniers. Pour elle, nous sommes à un point de basculement difficile, qui voit émerger les populismes à cause de la haine de ceux qui se sentent exclus. Mais les crises finissent par ouvrir la porte à de grands changements. Les destructions peuvent être créatrices. Retourner au « business as usual » ? ou franchir le pas vers une croissance intelligente, verte et équitable ?

En plein confinement marqué par la rareté des contacts sociaux, difficile de croire que nous connaîtrons bientôt un âge d’or. Carlota Perez répond à cette question et à bien d’autres.

Quatre petites phrases pour vous donner envie de lire son interview complète dans L’Echo.

« Avant, les consommateurs prenaient pour acquis que la propriété était la base d’une vie prospère, mais aujourd’hui c’est la location qui règne en maître. »
« Aujourd’hui, la pandémie a créé une situation comparable à une guerre en termes de destruction de l’économie et des moyens de subsistance des populations. »
« Je suis convaincue qu’un revenu de base universel représente la meilleure forme d’assurance contre le chômage au sein de l’Etat Providence moderne. »
« Les pouvoirs publics doivent faire évoluer les règles du jeu de manière à ce que le potentiel technologique se traduise par des bénéfices aussi nombreux que possible pour l’ensemble de la société.

Lucas Cranach l’ancien – L’age d’or – 1530

Un axe Bruxelles – Anvers ?

___________________________________

La récente conférence de presse qui a réuni Anne Hidalgo et Edouard Philippe, unis autour du projet « Paris, Rouen, Le Havre, région capitale », a traduit l’émergence d’un intérêt pour l’aménagement des territoires à une autre échelle. L’architecte-urbaniste Antoine Grumbach de conclure son article : l’aménagement à grande échelle repose sur deux marqueurs : la géographie et le système de mobilité, seuls les grands bassins hydrologiques ont la capacité à incarner les marqueurs géographiques de l’identité de véritables régions.

Il poursuit: repenser les grandes métropoles en concevant un aménagement à grande échelle, dans le respect des problématiques écologiques et sociales, est une question que le monde entier doit se poser. Les métropoles de demain sont déjà là ; il suffit de prendre acte de leur dimension géographique et de leur construire une gouvernance adaptée.

Bien que nous n’arrivions toujours pas à créer la zone métropolitaine dont Bruxelles et son hinterland ont besoin, pouvons-nous imaginer une conférence de presse Vervoort – De Wever annonçant l’étude d’un axe Bruxelles-Anvers, dans le registre des grandes métropoles mondiales ? Toutes portuaires, étant donné l’importance du trafic maritime des marchandises qui s’effectue à 80 % par bateau ? Le canal comme véritable axe dans cette grande « banane bleue » mégalopole européenne ?

Contribuer oui, mais différemment 

€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€€

La manière dont les citoyens et les sociétés sont priés de contribuer aux finances de l’Etat commence à devenir obsolète et de plus en plus inéquitable. S’il est normal que chacun se montre solidaire du financement des soins de santé, du filet de sécurité sociale, des réseaux d’enseignement, des transports en commun, des voies de communication, de l’ordre public, etc … il faut que ce soit en fonction des moyens de chacun. Les différents modes de taxation actuels et leurs accommodements rendent manifestement les riches de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

Inédit: l’arrivée d’un nouveau concept fiscal, sous l’impulsion du Professeur Marc Chesney de l’Université de Zurich. Il a échafaudé une toute autre manière de percevoir les contributions des citoyens comme celles des sociétés. Elle est basée sur une redevance minime, collectée automatiquement par les banques, sur toute transaction électronique dans le cadre d’activités économiques et financières, en échange du privilège de pouvoir utiliser un système aussi sécurisé, pratique et élaboré. Une « super-taxe Tobin » en quelque sorte. Des précisions sur les avantages et sur les modalités de perception sont détaillées ICI, dans une excellente carte blanche de Luigi Chiavarini – fondateur Think Tank Harmonia* – publiée par L’Echo.

Cette taxe universelle sur les transferts d’argent devrait être explorée avec toute l’ouverture d’esprit requise, que ce soit pour financer un revenu de base, tel qu’évoqué ICI par Philippe Van Parijs et Yannick Vanderborght, ou pour les autres dépenses publiques, liées aux fonctions d’intérêt général, assignées aux contributions perçues par l’Etat. Une piste digne d’être explorée.

_______________
* Harmonia MT est un groupe de réflexion qui a pour objectif de repenser une fiscalité équitable, pérenne et adaptée aux nouveaux paramètres et contraintes de la société. Cfr aussi https://www.micro-tax.org.

Les jeunes se révolteront-ils ?

____________________________________

Si à 20 ans on vous avait demandé de rembourser l’emprunt qui a permis à vos grands-parents d’acheter leur appartement, vous auriez été bien surpris et peu enclin à supporter cette charge inattendue et non convenue. Trois jeunes diplômés, dénoncent dans une tribune au « Monde » le poids que la politique sanitaire et les dépenses publiques liées à l’épidémie vont faire peser sur les jeunes.

La « dette Covid » n’est pas une dette d’investissement, mais une dette conjoncturelle, principalement utilisée pour financer des dépenses courantes. Pour une large part, ces dépense ne sont pas porteuse de croissance future, mais servent essentiellement à financer l’existant : soutenir la demande des ménages et pallier la baisse de recettes de l’Etat. Il sera ainsi demandé aux jeunes d’aujourd’hui, de rembourser demain une dette qui ne leur bénéficiera pas, qui n’est pas créatrice de valeur à venir.

« Les mesures sanitaires strictes, qui ont eu pour effet le ralentissement économique que nous connaissons, ne sont pas destinés à autre chose qu’à la protection des plus âgés qui, en leur temps, ont connu la croissance et l’emploi. Les jeunes ont renoncé à leurs libertés hier, et paient pour eux aujourd’hui en entrant sur un marché du travail dégradé, et paieront pour eux demain encore en remboursant la dette et en finançant leurs retraites. La planche à billets, que la génération au pouvoir fait tourner, devra bien un jour être remboursée et par qui d’autres que la jeune génération en place ? Vous pouvez lire l’article du Monde ICI.

Sauver la liberté de la presse

_________________________________________

La presse tient le coup, mais pour combien de temps encore ? Chaque journal tente de s’adapter, avec un nombre conséquent de journalistes en télétravail. Les journaux continuent d’être publiés, les sites web sont particulièrement suivis par les internautes en quête d’informations sur le coronavirus. La pub, elle, a déserté. Il est question de revenus publicitaires en baisse de 80% dans certains groupes de presse belges, selon la RTBF. Reste le numérique et les abonnements. Mais il faudrait des centaines de milliers d’abonnés en plus pour pouvoir compenser la quasi-disparition (pour combien de temps ?) de la publicité et la réduction des points de vente.

Bien qu’ils soient de plus en plus consultés par des lecteurs, la plupart des médias de toute l’Europe se disent en grande difficulté financière, car aussi privés de recettes publicitaires. Un certain nombre de gouvernements prévoient des plans de sauvetage. « Les industries touristiques et aéronautiques sont massivement aidées par l’Etat au nom de leur importance pour la société. Pourquoi en irait-il autrement des médias et du journalisme, dont le service à notre démocratie est essentiel ». (Le Temps Suisse). « A quoi bon voir le gouvernement consteller de publicité institutionnelle des journaux qui ne se vendent pas en kiosques ? » rétorque le Jornal ecoomico portugais, qui pense « qu’Il serait bien plus judicieux de miser sur les lecteurs et de leur proposer des abonnements à des prix intéressants et compétitifs ».

Mais l’argent distribué par les Etats ne réjouit pas forcément les journalistes. « Nous ne voulons pas que notre indépendance journalistique soit mise en doute. Nous ne voulons pas de cet argent ». écrit le journal estonien Postimees. Non à « La survie d’épaves journalistiques tenues par des milliardaires qui se font renflouer par de l’argent public » écrit carrément Contrepoints France.
Bref, achetez des journaux, papier ou en ligne, abonnez-vous. L’info indépendante de qualité aura toujours un coût.