Archives pour la catégorie Economie

Bientôt, le tram du futur

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La STIB prépare l’avenir. Elle vient de commander 30 trams  « nouvelle génération » au constructeur canadien Bombardier. Ils s’ajoutent à une première commande de 60 véhicules faites en 2018. Les premiers exemplaires de ces 90 nouveaux trams circuleront dans nos rues vers le milieu de l’an prochain. Plus spacieux et confortables, ils bénéficieront de larges portes et (enfin) d’un plancher bas intégral. Selon leur longueur, ils offriront 182 ou 256 places, dont 47 ou 65 assises.

Cette commande devrait permettre d’accroître la capacité totale du parc de tram de la STIB de 10.000 places, soit environ 15% de capacité supplémentaire. Ils serviront avant tout à desservir les extensions du réseau de tram décidées par le gouvernement régional vers Neder-over-Heembeek et Tour &Taxis, ainsi qu’à renforcer le réseau existant. L’article de l’avenir.net vous en dit plus ICI.

C’est un budget total de 5,2 milliards d’euros que la STIB va progressivement investir en vue d’une meilleure mobilité, avec moins d’embouteillages, de pollution, de stress et de nuisances sonores. Elle détaille tout cela ICI, mais ne précise pas la part de ce budget qui ira à la création et à l’entretien de la future ligne de métro Nord, que d’aucuns continuent à contester et qui sera certainement sur la table du prochain gouvernement bruxellois.

>> si vous avez raté le film de Luc Jabon  » Bruxelles, une traversée urbaine «  il est désormais  possible de le visionner gratuitement en cliquant ICI.

 

Happy Monday: la fin d’un privilège ?

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Tax free kerosene. Seul carburant non taxé – en vue de développer l’aviation commerciale à la fin de la guerre – ce privilège  accordé au secteur aérien a-t-il encore un sens aujourd’hui, alors qu’il faut diminuer drastiquement les émissions de CO2 ? La Commission européenne a commandé une étude sur le sujet, mais comme la conclusion n’est pas celle qu’elle voulait entendre et contredit l’impact sur l’emploi agité par le secteur commercial, elle tarde à le publier.

Il faut remercier Bill Hemmings, directeur Aviation de l’association  Transport et & Environnement d’avoir mis la main sur le rapport. On y lit en conclusion : l’introduction d’accises sur le kérosène consommé par le secteur aérien ferait baisser le trafic aérien et la pollution, sans affecter l’emploi global et le PIB.

L’étude casse le mythe créé par l’industrie aérienne selon lequel l’économie du pays serait irrémédiablement endommagée par la taxation du carburant aérien. Par contre, le scénario des accises sur le kérosène entraînerait une baisse de 11% des émissions de CO2 (- 16,4 millions de tonnes) et de 8% des personnes affectées par les nuisances sonores.  On en dit plus ICI  et beaucoup plus dans The Conversation. Tout cela fait dire à Bill Hemmings qu’il est urgent  » de mettre fin à l’exonération fiscale sur le kérosène « .

Rénover sans déloger

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Redonner de l’espace et de la lumière tout en limitant les déperditions énergétiques au profit des personnes qui habitent les 530 logements sociaux de la cité du Grand Parc à Bordeaux était la mission des architectes français Lacaton et Vassal. Ils ont relevé le défi en accrochant aux bâtiments – tel un jeu de construction – une structure enveloppante qui vient s’ajouter à l’une des anciennes façades.

Cette transformation a été réalisée en site occupé sans déloger aucun habitant. La formule a permis de faire d’appréciables économies par rapport à l’habituelle logique de destruction/reconstruction affirme ICI le journal Le Monde. Cette solide greffe modulaire, en béton et en métal, offre à chaque logement 25 à 45 m2 supplémentaires. Ces espaces, qui disposent de grands rideaux occultant et de fenêtres coulissantes en polycarbonate, peuvent devenir des pièces à vivre, des terrasses ou des jardins d’hiver. Le gain de confort et d’usage est stupéfiant, l’intervention transformant les petites baies d’origine en généreuses portes-fenêtres

Les nouvelles extensions offrent un équilibre bioclimatique qui profite au portefeuille des occupants, et en accord avec le maître d’ouvrage, l’équation générale du programme a permis d’augmenter la surface de logements… mais pas le prix des loyers. Les architectes viennent de recevoir à Bruxelles le prix Mies van der Rohe 2019, prix d’architecture contemporaine bisannuel décerné par l’Union européenne.

cité du Grand Parc à Bordeaux. PHILIPPE RUAULT


Le partage des richesses

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« Les entreprises belges cotées ont enregistré une belle année 2018. Deux tiers d’entre elles ont augmenté leur chiffre d’affaires » apprenons-nous dans un article de L’Echo ». A qui doit-on ces résultats ? Au cadres ? aux administrateurs ? aux travailleurs ? aux actionnaires ? La question n’est pas tranchée, mais ce qui est confirmé c’est que ces entreprises ont distribué de généreux dividendes aux actionnaires.

Cela pose crûment la question de la redistribution des richesses produites. Bien sûr, si les actionnaires ne bénéficient aucunement de cette augmentation des bénéfices ils investiront ailleurs. Pareil pour les cadres qui pourraient filer à la concurrence. Mais la productivité des entreprises n’est-elle pas aussi à mettre au crédit des travailleurs, souvent très sollicités par des mesures de « restructuration » et de flexibilité accrue de leurs horaires de travail ? Pourquoi leurs salaires ne profiteraient-ils pas aussi de ces bénéfices ? C’est la question que L’Echo ne pose pas.

C’est l’occasion de revenir sur l’irruption de l’intelligence artificielle et des robots qui assistent les travailleurs quand ils ne vont pas jusqu’à les remplacer … sans contribuer à l’approvisionnement des caisses de la sécurité sociale, vu que le travail des robots en est exonéré. Là aussi, le gain de productivité revient uniquement aux propriétaires des machines et ne profite pas aux travailleurs. Ils ne verront pas leur temps de travail allégé, ni leur salaire revu à la hausse. C’est une question qui devrait être traitée au niveau de l’Europe. Son nouveau parlement ne devrait-il pas mettre sur la table la taxation des robots évoquée par Bruno Colmant, mise en avant par Paul Jorion sous le nom de « taxe Sismondi » et aussi par le libéral Georges-Louis Bouchez, qui l’a reprise à son compte dans un article de la Dernière Heure.

En finir avec les voitures-salaire ?

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Le débat a repris de plus belle depuis que la transition écologique se trouve au centre de l’échiquier politique. Tout a été dit sur le sujet et tout le monde sait qu’une part importante des voitures de société est en réalité un complément de salaire « qui permet aux employeurs comme aux employés qui en bénéficient de réaliser de substantiels bénéfices financiers au détriment du budget de l’État et de la sécurité sociale. Ce qui affecte notamment la capacité de l’un et l’autre à mener des politiques sociales, alors même que le régime de faveur dont jouit cet « avantage en nature » profite principalement aux ménages dont les revenus sont les plus élevés » (Pierre Courbe article de la revue Politique).

Une carte blanche de Trends considère  » les voitures-salaire comme le symptôme d’un besoin de voiture. Besoin ressenti par la plupart des ménages (sic), plus particulièrement lorsque leur quotidien ne se joue pas uniquement dans l’enceinte d’une ville. Si le gouvernement devait décider que seules les voitures hybrides ou électriques pourront encore entrer en ligne de compte, la transition vers un parc automobile plus écologique se ferait à la vitesse de l’éclair « . (ndlr Pour ceux qui en ont les moyens et si la production d’électricité durable peut suivre).

« En 2016, la Belgique comptait environ 650  000 voitures de société pour un total de 5  700  000 voitures en circulation. On peut estimer qu’environ 100  000 voitures de société entrent, sortent ou circulent en Région bruxelloise chaque jour ». C’est ainsi que débute l’étude très documentée que le Brussels Studies Institute vient de publier ICI et qu’un article de BX1 résume à sa manière.
Pour des raisons de justice fiscale et sociale ainsi que pour des raisons de mobilité et de santé, n’est-il pas nécessaire que l’Etat intervienne de manière plus équitable ?

Rappel: la Nuit du Savoir sur Bruxelles abordera notamment la question de la « navette » ce vendredi 29 mars à partir de 19h. Le programme est ICI.