Archives de catégorie : Economie

Situation financière.

Bruxellois néerlandophone, Jan Wostyn est un commentateur régulier des billets de ce blog. Suite au billet La société civile se mobilise, il fait part de son inquiétude face à la direction que beaucoup veulent prendre, de manière assez aveugle et sans trop de sens de l’autocritique. Selon lui: si seulement depuis 2017, les académiques avaient passé autant de temps à analyser le budget bruxellois.

Pour lui le nœud du problème n´est pas le système électoral, mais plutôt que la Région va bientôt se retrouver avec une dette de 20 milliards et des charges d´intérêts de 700 millions par an. L’économiste Magali Verdonck (Dulbea ULB) est d’accord avec lui sur la question budgétaire, qui n’a pas été perçue comme importante par les précédents gouvernements. Et on en paie le prix aujourd’hui. Elle se réjouit cependant de voir le secteur associatif s’équiper pour pouvoir challenger les décideurs et aussi de voir un budget citoyen alternatif en construction.

Magali Verdonck est moins d’accord avec lui sur d’autres points. C’est précisément pour protéger la minorité néerlandophone que les institutions bruxelloise sont compliquées et aussi parce qu’elle peut être fière d’avoir accueilli une grande part de la population immigrée du pays. Elle demande des clarifications et conteste d’autres points du commentaire de Jan Wostyn. Vous les trouverez clairement repris ICI.

Des voitures en moins.

L’usage de la voiture individuelle régresse à Bruxelles. Oui. Moins d’un trajet sur trois se fait en voiture, alors qu’il y a 15 ans, près d’une personne sur deux se déplaçait en voiture individuelle. Si cette régression devait se poursuivre, les premiers à en profiter seraient ceux qui ont absolument besoins d’une voiture et qui circuleraient de manière plus fluide.

Avec la limitation des places de parkings et leur prix, avec la limitation de la vitesse, avec le plan Good Move, les LEZ et les prix en hausse des voitures, on assiste à une diminution de l’usage de la voiture. Selon Espaces Mobilités, une voiture coûte entre 500 et 600 euros par mois et donc près de 7000 euros par an. En dessous de 10 000 km par an, l’autopartage serait plus écologique et économique que la possession d’une voiture.

L’usage des transports en commun, des vélos, des trottinettes et de la marche ont fortement progressé. Les chiffres sont ICI. Cela a profité à des réaménagements plus conviviaux de l’espace public et à la qualité de l’air, au profit de tous. Malgré des poches de résistance tenaces, la classe politique est invitée à persévérer et à faire preuve de pédagogie plutôt que de clientélisme.

>>> rappel: la semaine du multilinguisme commence lundi

 

 

 

Électricité: 64% de frais et taxes.

Seuls 36% de votre facture sert à payer l’électricité consommée, tout le reste ce sont des frais de distribution, des accises et des taxes ! Vous en trouverez tout le détail ICI, mais bien plus encore dans l’émission Les Clés. Ce n’est pas comme cela qu’on va convaincre les Bruxellois de se déplacer et de se chauffer avec une énergie électrique performante (1).

Il y a donc de la marge pour réduire le prix de l’électricité, si on veut la privilégier comme source d’énergie performante et productible localement sans polluer la planète. Cela dépend largement du Fédéral. S’il ne peut se permettre de perdre cette rentrée, il pourrait mettre sur le gaz la TVA et les accises qu’il supprimerait sur l’électricité.

L’augmentation progressive de la taxation du gaz – dont on veut réduire l’usage vu la dépendance et la pollution qu’il entraîne – pourrait donc servir à baisser le prix de l’électricité, sans déséquilibrer le budget de l’État. Un signal clair et rapide doit être donné aux Bruxellois, dont certains en passe de devoir choisir une nouvelle source d’énergie et le matériel nécessaire pour l’utiliser à bon escient. On en reparlera.

(1) Avec une pompe à chaleur, chaque kWh consommé produit en moyenne 3 à 5 kW (kWh) de chaleur. Avec une chaudière à énergie fossile, le rendement n’est que de 1.

 

Les citoyens invitent les parlementaires.

Le parlement bruxellois a jugé opportun de maintenir sa réception de Nouvel An annuelle. Ce sera vendredi à 18h. Pour fêter quoi ? Les 579 jours qui n’ont pas suffi à constituer un gouvernement ? Les citoyens du collectif indépendant Respect Brussels ont écrit au président pour lui demander d’annuler cette réception, à la fois parce qu’il n’y a pas lieu de se réjouir et pour faire des économies. Le président Mampaka (MR) a décliné l’offre, au nom de tous les partis

Respect Brussels organisera donc un apéritif de protestation ce vendredi 9 à 18h devant le parlement bruxellois. Plus en trois langues sur Facebook. C’est avec une certaine ironie que le groupe souhaite une bonne année à l’ensemble des parlementaires. « Que votre mandat soit maintenu, que votre salaire soit correctement versé et que rien ne vienne perturber la sérénité parlementaire. »

Vendredi, les Bruxelloises et les Bruxellois apporteront quelque chose à boire ou à grignoter, à partager avec leurs voisins. Ils proposent, avec bienveillance, aux parlementaires de sortir de leur Salle des Glaces et de rejoindre le peuple dans la rue, pour faire pression sur les négociateurs de leurs partis. Serez-vous là ce vendredi à partir de 18hi ?

Le prix du succès.

Bruxelles paie le prix de son succès. C’est le titre paradoxal d’un nouvel article que le philosophe Philippe Van Parijs vient de publier dans The Brussels Times. A en croire la plupart des médias, la Région bruxelloise s’avère malade. Absence de gouvernement, hémorragie financière, travaux routiers et ferroviaires interminables., … Les défis auxquels Bruxelles est confrontée seraient cependant le prix à payer pour le succès qu’elle connaît.

Pour l’économiste Edward Glaeser, il n’y a pas d’indicateur plus fiable de la santé d’une ville que son évolution démographique. Depuis l’an 2000, Bruxelles a vu sa population augmenter de 31 %, contre 16 % en Flandre et 11 % en Wallonie. Et si Bruxelles est plus pauvre qu’avant, ceux qui l’ont quittée l’ont souvent fait avec des revenus et un capital humain nettement plus élevés qu’à leur arrivée. Bruxelles instruit et enrichit les gens et peut en être fière.

Philippe Van Parijs aborde aussi la tragédie de nos écoles, le difficile recrutement des enseignants, la question de l’apprentissage des langues, la mobilité enrayée, la sécurité en berne et le système électoral d’un autre temps. Il ne se contente pas d’épingler les problèmes, il propose aussi des solutions avec un certain optimisme rafraîchissant. Avec ses collègues de Re-Bel il propose également un nouveau système électoral destiné à éviter de futurs blocages.