Archives de catégorie : Economie

Covid: raison garder

Vos journaux et vos écrans débordent d’actualités covid. Inutile d’en remettre une couche ici. Peut-être ne savez-vous plus qui croire ? Qui serais-je pour prétendre vous délivrer la vérité ? Les experts se contredisent, les labos sont dans l’ombre, la fondation Gates (active dans l’industrie pharmaceutique) subventionne l’OMS et arrose les grands journaux de subsides, des traitements utilisés ailleurs sont interdits en Belgique et font l’objet d’une omerta, l’information sur les vaccins est incomplète et pas transparente … quand elle ne devient pas propagande, les médecins généralistes sont largués, etc.

Et pourtant, ce petit virus couronné affecte déjà le futur de Bruxelles. Il nous a divisés entre vaccinés et non vaccinés, entre couche-tôt et couche-tard, entre enfants et adultes, entre obéissants et complotistes, … La démocratie en a pris un coup. Plusieurs de nos libertés ont disparu. Reviendront-elles intactes ? Que faire de nos colères ? Quelles solidarités réactiver ? Serions-nous à l’aube d’un changement de civilisation ?

De quoi ce petit bout de code génétique est-il le messager ? Comment a-t-il pu gripper notre belle machine ? Alain de Halleux donne la parole au coronavirus, dans le très beau film « Le Grain de sable dans la machine ». Voyez le résumé et la bande annonce, mais gardez surtout ce lien, pour pouvoir prendre le temps de le regarder en entier sur ARTE. C’est un canari dans la mine. C’est de notre rapport à la nature qu’il s’agit. Ici et ailleurs dans le monde. En ville comme à la campagne. En forêt comme en usine. Un grain de sable précieux pour se rassembler et pour affronter nos vrais problèmes. 

Happy Monday: vers une autre économie bruxelloise

La bonne nouvelle, c’est que la Région de Bruxelles-Capitale dit vouloir entamer sa transition vers une économie à la fois locale, circulaire, sociale et démocratique. On ne demande qu’à la croire. La Région commence par une Semaine de la Transition Economique, qui débute ce lundi. Reste à voir quels moyens et quelles aides seront mis en place pour arriver à des résultats tangibles.

Qu’est-ce, concrètement, que la transition économique ? Comment lancer une activité économique qui s’y inscrive ? Quels outils pour inciter les entreprises ? Durant une semaine, conférenciers expérimentés et intervenants inspirants vont se relayer au cours de nombreux événements, pour présenter les orientations de la transition régionale et inviter les acteurs bruxellois à s’inscrire dans le mouvement. Le programme est ICI et si vous n’êtes pas disponible, vous pouvez prendre part à la discussion sur les réseaux sociaux avec le #EconomicTransitionWeek.

Vous vous rappelez « La Théorie du donut » ? Kate Raworth, son auteure, sera là. Pas que des théories, vous apprendrez aussi: en 60 minutes, comment opérer la transition de votre commerce ou de votre établissement horeca vers plus de durabilité ? vous rencontrerez de jeunes entrepreneurs qui expliqueront comment ils produisent des accessoires et des remorques pour vélos adaptés à chaque activité, ou de délicieux mélanges prêts à cuisiner avec zéro déchets, ou des abonnements pour des réparations illimitées de gros électroménager et la TV, ou l’installation d’une centrale photovoltaïque sur votre bien, et même une nouvelle manière d’exercer le métier d’avocat …

Les jeunes paieront-ils le prix ?

Paieront-ils le prix des dettes que nos gouvernements accumulent « pour sauver l’économie » ? Une politique que l’Europe a soutenu et continue à soutenir. La Banque centrale européenne (BCE) ne prévoit pas d’atténuer son soutien d’urgence pandémie et pourrait maintenir les taux d’intérêt bas au-delà de mars 2022. Les économistes craignent que les prochaines générations n’aient à payer la facture.

Business AM consacre un article documenté à cette situation inédite qui se prolonge. « Les économistes d’ING résument la politique monétaire actuelle: la banque centrale injecte de l’argent frais dans l’économie en achetant des obligations et des titres, il n’y a plus de limites. L’abandon progressif du soutien d’urgence et la perspective d’une hausse des taux d’intérêt ne semblent plus être programmés et deviennent une « nouvelle normalité ». Qu’en pense la génération Covid ?

La dette publique accumulée de la zone euro a pour la première fois dépassé la barre des 100% du produit intérieur brut. Des signes visibles: les prix des logements néerlandais ont augmenté à un rythme jamais vu depuis vingt ans et à Bruxelles aussi, l’achat d’un logement par les jeunes pourrait devenir inabordable sans le soutien financier de la famille. Faudra loger plus petit ou ailleurs. C’est sans doute à cause de la complexité de la stratégie que la génération covid ne réalise pas encore pleinement ce qui se passe et ne se révolte pas davantage contre les agissements de leurs aînés au pouvoir. Certains se sentent infantilisés et contraints de subir une grande passivité, d’autres se préparent à manifester.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20373

photo de manifestation d’origine inconnue

photo par Tumisu de Pixabay 

Valoriser nos atouts

Un article du quotidien L’Echo commence par constater que la Région bruxelloise concentre les difficultés. Coincée (volontairement ndlr) dans ses 19 communes, le premier bassin d’emplois du pays, qui affiche le taux de chômage le plus élevé, est privé des recettes fiscales liées à l’impôt des personnes physiques des navetteurs, qui profitent pourtant de ses infrastructures routières, de ses écoles, de ses hôpitaux… Ainsi, malgré un effort budgétaire conséquent, Bruxelles n’a pas pu soutenir son tissu économique à la même hauteur que les deux autres Régions en cette période de covid.

Plutôt que de se complaire dans son rôle de victime, L’Echo estime que Bruxelles pourrait valoriser ses atouts. La ville la plus jeune du pays peut miser sur ce capital humain. Les centres de formation informatique et de codage rassemblés à Be Central et ceux de Molengeek développent des formations d’excellence. Il faut cesser de voir la jeunesse infra-qualifiée uniquement comme un problème. Il faut lui offrir un avenir et lui proposer des formations d’avenir. « On pourrait fournir une armée de codeurs aux starts-ups de la tech qui décident de s’installer à Bruxelles pour sa situation géographique et la présence de nombreuses institutions internationales. Cela ne repose pas uniquement sur des ingénieurs, des profils juniors capables de vérifier la qualité des données entrantes sont indispensables ».

 L’Echo va plus loin en décrivant aussi le rôle de pionnière internationale de Bruxelles dans le standard passif pour les nouvelles constructions et pourquoi pas aussi en matière de construction circulaire ? « Il s’agit de déterminer dès maintenant dans quel domaine Bruxelles excellera dans dix ans. Sur le plan Mobilité, la création de la zone de basses émissions, l’instauration de la zone 30 km/h et la multiplication des pistes cyclables sont des mesures qui s’inscrivent dans un objectif commun: apaiser la ville. Et L’Echo de conclure: il est malheureusement difficile de déceler les contours de la stratégie économique des autorités bruxelloises, à l’heure des polémiques stériles sur le voile et de l’encommissionnement de la 5G ».

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20238

photos Tivoli durable Green Surf et formation codage Pixabay

Un portrait de Bruxelles

Bruxelles aligne les plus. Les meilleurs comme les pires. C’est la ville la plus jeune du pays, la plus cosmopolite, la plus pauvre, la plus riche, la plus fragile, la plus inégalitaire, la plus clivée. C’est un article assez complet du journal Le Soir qui fait le point sur la situation, sur base du rapport 2020 de l’Observatoire de la Santé et du Social. Le confinement a révélé de manière criante les inégalités en termes de situation de logement et de cadre de vie. Les inégalités sociales de départ se sont encore amplifiées.

La ville la plus jeune. Age moyen: 37,6 ans, pour 42,9 en Flandre et 41,6 en Wallonie.
La plus cosmopolite. 58 % des Bruxellois.e.s ne sont pas né.e.s belges. 74 % ont une origine étrangère – parce que un des parents a (eu) une autre nationalité. Il n’y a cependant que 35 % de la population qui est de nationalité étrangère, notamment grâce aux déclarations et naturalisations. Les Français sont en tête des étrangers, devant les Roumains, les Marocains et les Italiens. 
La plus pauvre. 31 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, contre 10 % en Flandre et 18 % en Wallonie. 20% de la population vit avec un revenu de remplacement. 
La plus riche aussi. Le PIB est de 71.412 euros – contre 30.236 en Wallonie et 42.249 en Flandre – mais cette richesse bruxelloise profite en partie à la Flandre et à la Wallonie, où résident nombre de navetteurs, qui contribuent à la richesse de Bruxelles, mais dont  une partie importante des contributions retourne à leur Région de résidence.

La plus fragile. Plus d’un adulte sur cinq vit dans un ménage dont aucun membre ne travaille à plus de 20 % d’un temps plein.
La plus inégalitaire. C’est en Région bruxelloise que les inégalités de revenus sont les plus marquées, que l’inégalité entre hommes femmes au travail est la plus importante.
La plus clivée.  La ville est fracturée en deux: première couronne contre seconde, rive gauche du canal contre droite. Le taux de chômage oscille entre 8 % à Woluwe-Saint-Pierre pour 22 % à Molenbeek, où l’âge moyen est de 35 ans contre 42,4 à Watermael-Boitsfort. Le retard scolaire en secondaire est de 3 % à Woluwe-Saint-Pierre et de 14 % à Saint-Josse.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20178

photo Objectief et clichés multiples d’origine inconnue …