Archives de catégorie : Propreté

Un chez soi

Le nombre de personnes sans-abri à Bruxelles ne cesse de croître. Le « sans-chez-soirisme » (mot plus correct pour le « sans-abrisme ») aurait augmenté chez nous de 149 % en 10 ans. S’il faut faire la différence entre les personnes qui logent en rue faute de toute forme de revenus, en raison de problème de santé mentale, par refus d’être hébergés collectivement, en attente d’un statut de réfugié ou victimes d’une forme de mafia qui les exploite, il reste insupportable d’assister impuissants à cette déchéance qui touche des individus et des familles avec des enfants. Faire l’aumône n’y change rien, un bonjour ou un sourire non plus, mais témoigne d’une reconnaissance.

Disposer d’un lieu dans lequel on se sent bien. Un besoin essentiel pour tout être humain et pour la plupart des êtres vivants, même pour les oiseaux. A partir de ce lieu de ressourcement, une vie peut se dérouler et s’épanouir. Les pouvoirs publics et les CPAS doivent assumer leurs responsabilités face à une situation qui reste difficile à gérer. Ils doivent en tous cas pouvoir mettre fin à l’exploitation de la misère humaine qui sévit encore dans nos rues. Il y a urgence à la veille de l’hiver.

C’est aussi l’occasion de signaler les 10 ans d’existence de DoucheFLUX, qui s’est fait connaître par son camion douche. Il comporte aussi une machine à laver et offre une multitude d’activités qui visent redonner confiance en soi et dignité aux personnes sans chez-soi… L’association va bientôt fêter ses 10 ans avec ses bénévoles et ses sympathisants. Ils vous proposent ICI diverses manières de soutenir cette initiative réjouissante.

la rolling douche, image extraite d’une vidéo de la DH

Manneken Pis City

 Quelle ville aurait l’idée de choisir comme symbole un gamin qui pisse ? Avec leur sens aigu de la dérision, les Bruxellois n’ont pas hésité. On pourrait supposer que la satisfaction de besoins fondamentaux devrait donc y être aisée. Il n’en est rien. Très mal réparties entre ses 19 communes – qui n’ont pas adopté un modèle commun – les toilettes publiques sont en réalité trop souvent de simples urinoirs rudimentaires et mal entretenus … et tant pis pour les dames.

Voilà comment se présente la vespasienne installée à l’extérieur de la gare du Midi, où débarquent les voyageurs du Thalys et de l’Eurostar. Indigne d’une ville et encore plus d’une capitale de l’Europe. Ne serait-il pas temps que le ministre en charge de l’Urbanisme dispose de cette compétence et développe une politique d’équipement à l’échelle de toute la Région ? Qu’il négocie également des contrats rémunérés avec les cafés qui acceptent de mettre leurs installations à disposition. Le futur de Bruxsels est aussi à ce prix. A Paris, ils ont fait le choix d’installer 435 toilettes  publiques gratuites à entretien automatisé, sans doute imparfaites mais sans comparaison.

Malbouffe Valley

C’est ainsi que la DH titre son article décapant consacré au piétonnier du centre-ville. Alors qu’il est un axe touristique majeur du centre historique, il échoue à installer un Horeca qualitatif. Sur un trajet de 1 700 mètres rejoignant les stations Anneessens – Fontainas à Rogier, c’est le temple de la malbouffe. S’ajouteront bientôt  encore un KFC et un G La Dalle. Au total, une quinzaine de fast-foods et six snacks proposent un menu s’éloignant chaque jour un peu plus d’une alimentation équilibrée.

Outre l’image que la Ville donne de la capitale du pays et de l’Europe, on ne peut s’empêcher de se rappeler que selon Sciensano, un Bruxellois sur deux est déjà en surpoids. A Lyon, la mairie vient d’interdire le cordon-bleu, jugé nourriture trop transformée. Alors que la ville de Bruxelles est propriétaire d’un grand nombre d’espaces commerciaux, on compte sur les doigts d’une main les établissements qui proposent une cuisine de qualité à des prix corrects. Trop de graisse, trop de sel, trop de sucre et si peu de légumes, finissent par poser un problème de santé publique. Il ne faudra pas 10 ans pour en voir le résultat sur toute une génération.

Le grand nombre de personnes qui arpentent le piétonnier démontre cependant chaque jour son utilité. Défendre ce nouvel espace public ne doit pas nous empêcher de critiquer le manque de vision pour une offre commerciale variée et de qualité, de relever un entretien trop peu performant, ni de constater l’absence de règles pour un bon usage du piétonnier et de personnel proactif pour les faire respecter. Cela n’a pas seulement été souligné par la DH, mais aussi par un article  de La Capitale et un reportage de BX1. Après son énorme investissement, la Ville peut mieux faire pour valoriser ses Ramblas et y attirer un public issu de toutes les communes et au-delà.

photo Flickr cc de notre célèbre « mitraillette »

Quelle gestion des déchets ?

L’image d’une ville et la façon dont elle est perçue sont étroitement liées à sa propreté. Les quartiers populaires, où trop de détritus s’entassent dans les rues, sont stigmatisés et dévalorisés. C’est à partir de la situation de Cureghem, que Brussels Studies livre une analyse trilingue de la question sensible de la propreté des quartiers populaires de Bruxelles. Elle part du principe que les enjeux vont au-delà du contrôle et des sanctions et que des solutions peuvent être mises en place localement, à partir d’un travail de terrain et d’ateliers avec des acteurs locaux. Bruzz aussi y consacre un article.

L’étude s’en prend à deux idées reçues: le manque de civisme des habitants et usagers de ces quartiers ou un défaut de contrôle de la part de l’administration locale. Deux facteurs explicatifs:  – la fonction d’accueil transitoire de ces quartiers pour des populations précarisées, qui engendre une fréquence très élevée des déménagements  – une activité commerciale très dynamique, qui s’avère responsable de l’accumulation d’importants volumes de déchets résiduels et emballages de toutes sortes. A la chaussée de Mons, une multitude de restaurants ethniques, de bars et de magasins de primeurs, accumulent beaucoup de déchets, mais des responsabilités publiques éclatées empêchent une réponse adéquate à cette situation.

L’information insuffisante ou inefficace de la population semble liée à une communication inadaptée des consignes de la part de Bruxelles-Propreté ainsi que dans le contrôle et le suivi par les autorités locales. Deux solutions émergent des ateliers: la création de circuits alternatifs de collecte et de récupération des matériaux par l’intermédiaire d’une plateforme physique d’une part et, d’autre part, l’amélioration de la coordination entre les organismes publics par la mise en place d’un·e gestionnaire de quartier, chargé·e de perfectionner la collecte des déchets et le service de nettoyage des rues. 

Photo by Jon Tyson on Unsplash

En finir avec le tout à l’égout

C’est  un article de Pauline Deglume dans L’Echo,  qui  constate que nous sommes bien pressés d’évacuer les eaux de pluie le plus vite et le plus loin possible de chez nous, via d’invisibles canalisations. Les récentes inondation en annoncent d’autres et Bruxelles amorce progressivement une gestion plus naturelle de ses eaux pluviales. Au bénéfice de la végétation, mais aussi des habitants concernés par les inondations.

L’eau de pluie n’est plus l’ennemie et nous lui trouvons de nouveaux usages pour arroser le jardin, laver la voiture ou alimenter la chasse d’eau. Cela suppose de pouvoir la recueillir, ce qui signifie que les eaux de pluie et les eaux usées ne doivent plus être mélangées dans les mêmes tuyaux, à savoir les égouts, qui peinent parfois à évacuer tout cela assez rapidement. Cela va aussi réjouir les stations d’épuration qui doivent traiter des eaux de pluie qui n’étaient pas sales au départ, mais qui se sont mélangées aux eaux noires de nos demeures. Ce traitement a un coût et il est assumé par l’ensemble des Bruxellois.

Ce n’est donc plus seulement l’affaire de la ville mais aussi celle de tous les habitants. Si le sol était plus perméable, moins d’eau finiraient dans les égouts. C’est vrai pour l’asphalte qui a remplacé les pavés de nos rues, c’est vrai  aussi pour les cours de récréation hermétiques et c’est encore vrai pour les jardinets bétonnés transformés en parking pour voiture. Par contre, une toiture verte constitue une sorte d’éponge qui retient l’eau tout en améliorant l’isolation de la maison. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire l’article très documenté de L’Echo.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20601