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Notre eau, une ressource périssable

Jadis, à Bruxelles, la seule eau potable était… la bière. Aujourd’hui, imperturbable, l’eau potable coule du robinet à volonté. Elle semble inépuisable. La « journée de l’eau » est une  occasion de rappeler que le sous-sol de Bruxelles est peu aquifère. Bois de la Cambre et Forêt de Soignes produisent à peine 3% de nos besoins, qui se chiffrent à près de 100 litres par jour par citoyen. Plus de 60 millions de m3 par an, comme le rappelle le document que Bruxelles Environnement a consacré à l’eau que nous consommons et à sa surveillance.

Avant d’arriver chez nous, l’eau doit être pompée, acheminée, traitée, distribuée via un réseau de km de canalisations, qui nécessitent un entretien constant. Une fois consommée, l’eau doit être collectée et épurée avant d’être renvoyée vers le milieu naturel. Le reportage de la RTBF en dit plus sur la fragilité de tout ce processus et sur la nécessité d’être parcimonieux avec cette précieuse ressource. Plus nous consommons d’eau potable, plus nous déversons d’eaux usées qu’il va falloir traiter… et plus élevée sera logiquement notre facture.

Si on pourrait espérer que les quelques premiers m3 soient gratuits – comme un droit universel d’accès à l’eau – Il n’est est rien. Cependant, le système de tarification est progressif. Le prix de l’eau augmente exponentiellement, chaque fois qu’un palier de consommation est dépassé, selon le principe pollueur/payeur. Garantie pure, notre eau est 200 fois moins chère que l’eau en bouteille et sans production de déchets. Après deux heures au frigo, le goût du chlore qui la protège aura disparu. Une rondelle de citron ou une feuille de menthe achèveront de la rendre désirable. A votre santé.

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photo du jet par Hebi B pour Pixabay et captation à Modave par Athénée Royal d’Ouffet

En finir avec les pigeons

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Trop is te veel. Les pigeons sont trop nombreux à Bruxelles. Il faut mettre un terme à leur multiplication, parce que leurs déjections sont corrosives pour les bâtiments et qu’elles peuvent être porteuses de maladies. Même la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux le reconnaît et s’en explique fort bien ICI. Mais voilà, la gestion des pigeons est de la compétence des 19 communes … comme si les pigeons se souciaient des frontières communales. La Région a tenté d’établir un plan d’action en 2019. Il est détaillé ICI, mais n’a pas donné beaucoup de résultats. Elle va (enfin) désigner un coordinateur régional, mais elle se dit aussi préoccupée par le bien-être animal, au vu de certaines méthodes de mises à mort.

N’est-il pas temps de donner tous pouvoirs à la Région pour gérer cette compétence en adoptant des méthodes qui ont fait leurs preuves ailleurs ?  Ce ne sont pas les oiseaux qu’il faut combattre, mais les raisons de leur présence et de leur regroupement. Il faut agir sur leur milieu de vie, le modifier de façon à ce qu’ils ne puissent plus trouver ni la nourriture, ni les espaces dont ils ont besoin. Il faut empêcher leur nidification en bouchant les orifices des bâtiments publics et privés, voire même par effarouchement. Mais il s’agit avant tout d’empêcher le nourrissage, qui est à la fois inutile, néfaste et interdit. Les personnes âgées et les enfants adorent leur jeter du pain et des graines. Il va falloir leur rappeler que c’est interdit, mais ensuite il n’y a que la police qui soit en mesure d’exiger une carte d’identité et de verbaliser ces incivilités.

Humainement parlant il n’est pas toujours évident de soumettre à l’amende des enfants ou des personnes âgées au « bon coeur », mais après des campagnes d’information ciblées et de l’affichage sur les lieux de nourrissage inventoriés, il ne restera à la police en civil qu’à sévir contre les réfractaires. Une société privée s’est aussi spécialisée dans cette lutte contre la prolifération. Ils ne font pas dans la dentelle, mais ont bien étudié le problème et viennent avec des solutions très diversifiées que vous découvrirez ICI. Il est urgent de mettre fin à l’invasion de la ville par les pigeons. N’est-ce pas à la Région à assumer cette tâche, avec obligation de résultats ?

Happy Monday: les Bruxellois se démènent

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Aujourd’hui, trois bonnes raisons de se réjouir de l’implication de nos concitoyens.

Bois de la Cambre. Armés de grands sacs, de pinces et de gants, certains se sont levés tôt ce dimanche pour mettre de l’ordre et nettoyer le bois, après la fiesta improvisée de mercredi dernier. Hommes, femmes et enfants s’étaient donné rendez-vous via les réseaux sociaux pour “ne pas se laisser impressionner par une minorité polluante”. BX1 consacre un petit reportage à cette promenade pas comme les autres.

Site Donderberg. Un lecteur du blog, très choqué par le projet de construction sur le site naturel du Donderberg, a pris contact avec la presse et a déjà obtenu un article dans La Capitale. Un texte qui reprend les griefs des riverains et leur étonnement devant la soumission d’Ecolo. L’article rappelle aussi qu’il n’est pas trop tard pour signer la pétition. On attend encore la fixation d’une date pour la Commission de concertation, à laquelle plusieurs d’entre nous ont demandé à être entendus.

Succès du vélo. Le baromètre de la mobilité révèle qu’en 2020 un travailleur sur trois s’est rendu au travail à vélo, parfois en combinaison avec un autre moyen de transport. 14,6% ont enfourché leur vélo chaque fois qu’ils devaient se rendre au travail, comme le précise cet article de BX1. L’utilisation du vélo a ainsi augmenté de 9,1% par rapport à 2019. Les vélos électriques, la réalisation d’infrastructures cyclistes et la crise sanitaire expliquent sans doute cet heureux regain de popularité. La « voiture de société » reste cependant encore le mode de déplacement favori des Belges, mais bientôt du changement est en vue, on en reparlera.

image extraite du reportage Bois de la Cambre de BX1

Prendre soin de nos déchets

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Billet d’humeur

« Bois de la Cambre hier matin. Toutes les poubelles débordent de canettes de bière et bouteilles de tous types, la plaine remplie de déchets et des équipes de nettoyage écœurées, à juste titre ». C’est ce que nous relate un lecteur du blog. BX1 consacre aussi un reportage à l’étendue du désastre et affiche la réaction sécuritaire du bourgmestre Close. Le futur de Bruxelles n’est-il pas aussi lié au civisme de ses habitants ? N’est-il pas trop facile de reprocher aux services de nettoyage de ne pas se trouver derrière chaque citoyen pour ramasser les déchets qu’il produit ? La rue et l’espace public ne sont pas des poubelles. Les préposés ne sont pas nos domestiques.

Ce n’est pas tous les jours que l’on découvre un billet moralisateur sur ce blog.  Ne s’agit-il cependant pas d’une question d’éducation ? Celle que donnent les parents, celle que dispense l’école, celle que fait respecter la police ? Non, la commune n’est pas là pour ramasser les détritus dispersés un peu partout, malgré la présence de quelques étudiants de l’ULB venus nettoyer.  Dans certaines villes japonaises, il n’y a plus de poubelles publiques. Et alors ?  Et bien, chacun emporte ses déchets et les trie à la maison. Un exemple à suivre ?

« On ne naît pas urbain. On le devient ». Education, prévention et finalement sanction, pourraient conduire à une forme de civisme dont chacun serait bénéficiaire. Famille, école, police, toutes ont  un rôle à jouer. Chacun d’entre nous pourrait y contribuer, pourrait intervenir aimablement lorsqu’il – ou elle – constate des incivilités, qui vont du mégot à la la canette jetée dans l’espace public au matelas déposé sur le trottoir. L’indifférence et le silence gêné ne feront pas régresser cette regrettable pratique.

photos Philippe Cattoir


Happy Monday: le canal revalorisé par des citoyens en kayak

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« J’étais choqué qu’une ville comme Bruxelles tolère une telle dégradation du canal. Dans l’eau, pas de nature mais des détritus à foison ». Pieter Elsen décide d’acheter un kayak et s’en va ramasser les nombreux déchets qui flottent sur le canal. Très vite d’autres citoyens se joignent à lui. C’est ainsi qu’est né « Canal it up » qui se présente déjà sur un très beau site trilingue.Toutes les semaines de nouveaux bénévoles s’embarquent pour une pêche aux détritus hebdomadaire. A ce jour, déjà plus de 100 volontaires kayak.

Trop peu de Bruxellois.e.s  sont conscients de cette situation. Ils et elles ont toujours vu le canal ainsi et n’y font plus attention. L’équipe de Pieter cherche donc à sensibiliser les habitants, sans taper du poing sur la table, mais en expérimentant des solutions constructives. Ils y réfléchissent ensemble avec le Port de Bruxelles qui gère cette voie d’eau au trafic intense et ils tentent de sensibiliser les politiques. Le canal est la seule « rivière » de la ville. lls aspirent à un canal propre, vert et vivant pour relier les deux berges. “Un endroit où il ferait bon se promener, une source de fierté pour les Bruxellois”. BX1 leur a consacré un beau reportage ainsi d’ailleurs que We love Brussels.

La Vlaamse Gemeenshcapcommissie (VGC) vient de reconnaître leur travail et leur accorde un subside de 6.000€ pour mettre quelqu’un à la pêche aux déchets journellement tout au long de l’été. Chacun peut d’ailleurs accompagner et prendre place dans le kayak. Ils ont encore plein d’autres projets, pour cette voie d’eau, dont l’installation d’un bras anti déchets, le recyclage des déchets récoltés, des îles de verdure, l’amélioration de la qualité de l’eau …  On peut toujours rêver d’une collaboration avec Pool is Cool pour pouvoir un jour imaginer un plongeon pour tous dans un canal assaini ? Les Bruxellois son décidément très créatifs.