Archives de catégorie : Propreté

Malbouffe Valley

C’est ainsi que la DH titre son article décapant consacré au piétonnier du centre-ville. Alors qu’il est un axe touristique majeur du centre historique, il échoue à installer un Horeca qualitatif. Sur un trajet de 1 700 mètres rejoignant les stations Anneessens – Fontainas à Rogier, c’est le temple de la malbouffe. S’ajouteront bientôt  encore un KFC et un G La Dalle. Au total, une quinzaine de fast-foods et six snacks proposent un menu s’éloignant chaque jour un peu plus d’une alimentation équilibrée.

Outre l’image que la Ville donne de la capitale du pays et de l’Europe, on ne peut s’empêcher de se rappeler que selon Sciensano, un Bruxellois sur deux est déjà en surpoids. A Lyon, la mairie vient d’interdire le cordon-bleu, jugé nourriture trop transformée. Alors que la ville de Bruxelles est propriétaire d’un grand nombre d’espaces commerciaux, on compte sur les doigts d’une main les établissements qui proposent une cuisine de qualité à des prix corrects. Trop de graisse, trop de sel, trop de sucre et si peu de légumes, finissent par poser un problème de santé publique. Il ne faudra pas 10 ans pour en voir le résultat sur toute une génération.

Le grand nombre de personnes qui arpentent le piétonnier démontre cependant chaque jour son utilité. Défendre ce nouvel espace public ne doit pas nous empêcher de critiquer le manque de vision pour une offre commerciale variée et de qualité, de relever un entretien trop peu performant, ni de constater l’absence de règles pour un bon usage du piétonnier et de personnel proactif pour les faire respecter. Cela n’a pas seulement été souligné par la DH, mais aussi par un article  de La Capitale et un reportage de BX1. Après son énorme investissement, la Ville peut mieux faire pour valoriser ses Ramblas et y attirer un public issu de toutes les communes et au-delà.

photo Flickr cc de notre célèbre « mitraillette »

Quelle gestion des déchets ?

L’image d’une ville et la façon dont elle est perçue sont étroitement liées à sa propreté. Les quartiers populaires, où trop de détritus s’entassent dans les rues, sont stigmatisés et dévalorisés. C’est à partir de la situation de Cureghem, que Brussels Studies livre une analyse trilingue de la question sensible de la propreté des quartiers populaires de Bruxelles. Elle part du principe que les enjeux vont au-delà du contrôle et des sanctions et que des solutions peuvent être mises en place localement, à partir d’un travail de terrain et d’ateliers avec des acteurs locaux. Bruzz aussi y consacre un article.

L’étude s’en prend à deux idées reçues: le manque de civisme des habitants et usagers de ces quartiers ou un défaut de contrôle de la part de l’administration locale. Deux facteurs explicatifs:  – la fonction d’accueil transitoire de ces quartiers pour des populations précarisées, qui engendre une fréquence très élevée des déménagements  – une activité commerciale très dynamique, qui s’avère responsable de l’accumulation d’importants volumes de déchets résiduels et emballages de toutes sortes. A la chaussée de Mons, une multitude de restaurants ethniques, de bars et de magasins de primeurs, accumulent beaucoup de déchets, mais des responsabilités publiques éclatées empêchent une réponse adéquate à cette situation.

L’information insuffisante ou inefficace de la population semble liée à une communication inadaptée des consignes de la part de Bruxelles-Propreté ainsi que dans le contrôle et le suivi par les autorités locales. Deux solutions émergent des ateliers: la création de circuits alternatifs de collecte et de récupération des matériaux par l’intermédiaire d’une plateforme physique d’une part et, d’autre part, l’amélioration de la coordination entre les organismes publics par la mise en place d’un·e gestionnaire de quartier, chargé·e de perfectionner la collecte des déchets et le service de nettoyage des rues. 

Photo by Jon Tyson on Unsplash

En finir avec le tout à l’égout

C’est  un article de Pauline Deglume dans L’Echo,  qui  constate que nous sommes bien pressés d’évacuer les eaux de pluie le plus vite et le plus loin possible de chez nous, via d’invisibles canalisations. Les récentes inondation en annoncent d’autres et Bruxelles amorce progressivement une gestion plus naturelle de ses eaux pluviales. Au bénéfice de la végétation, mais aussi des habitants concernés par les inondations.

L’eau de pluie n’est plus l’ennemie et nous lui trouvons de nouveaux usages pour arroser le jardin, laver la voiture ou alimenter la chasse d’eau. Cela suppose de pouvoir la recueillir, ce qui signifie que les eaux de pluie et les eaux usées ne doivent plus être mélangées dans les mêmes tuyaux, à savoir les égouts, qui peinent parfois à évacuer tout cela assez rapidement. Cela va aussi réjouir les stations d’épuration qui doivent traiter des eaux de pluie qui n’étaient pas sales au départ, mais qui se sont mélangées aux eaux noires de nos demeures. Ce traitement a un coût et il est assumé par l’ensemble des Bruxellois.

Ce n’est donc plus seulement l’affaire de la ville mais aussi celle de tous les habitants. Si le sol était plus perméable, moins d’eau finiraient dans les égouts. C’est vrai pour l’asphalte qui a remplacé les pavés de nos rues, c’est vrai  aussi pour les cours de récréation hermétiques et c’est encore vrai pour les jardinets bétonnés transformés en parking pour voiture. Par contre, une toiture verte constitue une sorte d’éponge qui retient l’eau tout en améliorant l’isolation de la maison. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire l’article très documenté de L’Echo.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20601

Happy Monday: trois raisons de vous réjouir

Le pari de l’hydrogène. La Commission européenne mise sur l’hydrogène vert. Les institutions européennes bruxelloises aussi. Le parlement européen dispose déjà de 10 voitures à hydrogène et va en acquérir une dizaine de plus, en attendant de reconvertir toute sa flotte à l’hydrogène. Si la Belgique est en pointe, la Région de Bruxelles tarde toujours à favoriser l’installation de stations de remplissage, malgré la demande pressante du parlement européen.

La danse des femmes. C’est à l’occasion de l’inauguration des 100 portraits de femmes actives pendant la pandémie, qu’Annabelle Van Nieuwenhuyse de Bruzz a présenté, avec beaucoup d’enthousiasme et d’émotion, le groupe de femmes hongroises Elles pour Elles contre la violence. Elles ont fait danser toute la place de la Bourse contre la violence ordinaire et pour une riposte collective. Les harceleurs n’ont plus qu’à bien se tenir.

Des toilettes pour tous et toutes. Une toilette publique pour 11.000 habitants est le pénible constat dressé par un groupe d’associations citoyennes – dont l’application Peesy – qui actualise la carte d’implantation des urinoirs et des rares toilettes mixtes. Le groupe adresse des revendications à la Région, qui doit mettre fin à la dispersion des compétences et reprendre la main. Le manque de toilettes accessibles aux femmes a été criant durant la fermeture des cafés. Pourquoi l’initiative Pipi Friendly de la Ville et de l’horeca n’étendrait-elle pas son principe son logo à toute la Région ?

Le prix de l’exemplarité

Tous les deux ans, la Fédération Wallonie Bruxelles attribue un prix de la « Maîtrise de d’ouvrage publique ». Il vient d’être attribué à la ville de Bruxelles pour l’ilot Fontainas dans la catégorie « grande échelle ». Voir la vidéo. Ce prix entend rendre visible des pratiques exemplaires en matière de commande publique. Le projet Fontainas a été conçu dans le cadre d’un contrat de quartier  avec le bureau d’architecture B612 Associates. Il s’agissait à la fois de construire du logement et des kots étudiants, ainsi que de créer un parc  paysager, reliant plusieurs quartiers et offrant des terrains de jeux et une salle de sport souterraine. Mission accomplie.

Si le concept architectural et les espaces de jeux et de sport méritent pleinement cette reconnaissance, il en va autrement pour le parc et la participation des citoyens. Peut-on parler d’exemplarité lorsque le parc ne contient pas un seul plan d’eau, pas même une pataugeoire ou un point d’eau potable ? pas de toilettes, pas de règles pour le bon usage des lieux, pas de gardien et un entretien les lieux quasi impossible pour le Service des Espaces Verts. Le orties et chardons poussent à l’envi, les fossés se remplissent de déchets plutôt que d’eau, les chiens sont partout. Des plantes meurent de soif, le gazon est mité, contrairement à ce que montrent les photos avantageuses.

Au-delà des congratulations convenues, il faut aussi pouvoir relever ces manques et en tirer des leçons pour l’avenir. Le bureau paysager parisien OLM, que nous avons interrogé à trois reprises à propos de la concrétisation du parc qu’il a conçu, refuse de répondre. Si la participation a fort bien associé les habitants côté rue Van Artevelde, elle a ignoré complètement les habitants de l’autre côté de la place. Alors que la Ville a acheté et abattu un grand bâtiment pour ouvrir le parc sur la rue Van Artevelde, les habitants côté Fontainas ont dû batailler ferme pour empêcher une tour de 8 étages qui aurait bouché l’autre entrée qui donne sur la place Fontainas. L’exemplarité reste encore à parfaire.

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20021

image du bureau paysager OLM

le parc Fontainas au quotidien