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Bruxelles capitale d’un pays bilingue ?

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Un rêve dépassé. En 1932, quand les francophones ont refusé l’inscription du bilinguisme au niveau de l’ensemble du pays, la Belgique a raté le train du bilinguisme. C’est la conclusion du  résumé historique qu’Olivier Mouton a publié dans La Libre. « Revendications du Mouvement flamand, les francophones estiment que le bilinguisme étendu à tout le pays représente une concession trop importante « . Puisque le bilinguisme pour l’ensemble de la Belgique est refusé, la Flandre et la Wallonie seront des régions strictement unilingues … qui décideront plus tard que la Région de Bruxelles se doit d’être une région bilingue comme capitale du pays.

La scission du ministère de l’Instruction publique au profit de deux Communautés linguistiques  et la fixation d’une frontière linguistique auront tôt fait de faire de la Belgique un Etat fédéral composé de 3 Régions et de 2 Communautés. Olivier Mouton écrit : La frontière virtuelle devient un mur de non-communication. La Belgique a raté le train du bilinguisme.

Philippe Van Parijs apprécie ce résumé, mais estime que même si le train du bilinguisme obligatoire avait été pris en 1932, il se serait vite enlisé. Il s’en explique dans son livre « Belgium : Une utopie pour notre temps ». Vous en trouverez ICI un extrait, qui souligne la faible motivation des jeunes à apprendre la langue de l’autre et induit facilement une attitude dédaigneuse. L’irruption de l’anglais a amplifié la situation. Tant en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles, les plus jeunes sont désormais en moyenne bien plus compétents en anglais qu’ils ne le sont dans la deuxième langue nationale. Promoteur du Plan Marnix, Philippe Van Parijs livre ICI ses conclusions personnelles sur le débat très positif qui a réuni les têtes de liste à la Bourse, à propos de l’avenir des langues à Bruxelles.

 

Des chiffres qui vont vous surprendre

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Depuis l’an 2000, combien de citoyens des deux autres Régions sont arrivés à Bruxelles ? Et combien d’étrangers ? Réponse: 405.000 Belges et 805.000 étrangers. Soit un total de 1.210.000 personnes. On devrait donc être plus de 2 millions de Bruxellois, mais c’est sans compter les personnes qui ont quitté Bruxelles depuis l’an 2.000: 607.000 partis vers les deux autres Régions et 496.000 partis vers l’étranger. Le solde en 17 ans est donc de – 202.000 vers la Belgique et + 309.000 vers l’étranger, soit un solde net pour Bruxelles de + 107.000 … et une très grande mouvance de population. (source FOD-SPF économie avec l’aide de Jan Hertogen).

Et combien de jeunes Bruxellois vivent dans une famille où l’on parle uniquement le français ? Ou uniquement le néerlandais ? Ou uniquement l’anglais ? La réponse: 52,2 % pour le français, 5,6% pour le néerlandais et 1,1% pour l’anglais. Et combien disent avoir une bonne ou très bonne connaissance du français: 87,1%. Pour l’anglais: 34,4% et pour le néerlandais 16,3%.

Parmi les résidents bruxellois qui déclarent avoir une bonne ou très bonne connaissance du français on passe de 96% en 2000 à 87% en 2017. Pour le néerlandais une chute de 33 à 16% et pour l’anglais une hausse de 33 à 34%.  Quant aux 18-30 ans qui ont fréquenté une école francophone à Bruxelles leur maîtrise du néerlandais chute de 20 à 8% en 17 ans. Si le sujet vous intéresse, vous en saurez plus ICI sur la double page réalisée par le Plan Marnix à partir du Taalbarometer et de l’ouvrage de Rudi Janssens Meertaligheid als opdracht – VUB Press 2018.

Happy Monday: écoles multilingues en vue

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Coup sur coup, une déclaration commune des recteurs de l’ULB et de la VUB, la Ville candidate à une expérience, une étude juridique commandée par la Région, un colloque BSI à la Fondation universitaire, un débat Plan Marnix à la Bourse avec toutes les têtes de liste quasi unanimes … une école multilingue s’impose à tous comme une évidence dans une ville cosmopolite comme Bruxelles. Et pourtant à ce jour à Bruxelles, il n’existe pas même une école publique bilingue, tout au plus quelques rares classes d’immersion.

Les obstacles sont évidemment nombreux: l’inertie du fédéral dont c’est une prérogative, l’absence de volonté et de concertation des deux Communautés linguistiques, les 19 échevins de l’instruction publique et le manque de professeurs formés et disponibles. Une volonté politique vient cependant de voir le jour. Trois juristes ont rendu leur verdict: c’est possible, même sans modifier la Constitution. Pour y ajouter l’anglais ce sera un peu plus compliqué, mais on pourrait y arriver. Comme tout cela est assez complexe, pour celles et ceux qui veulent en savoir plus j’ai rassemblé ICI plusieurs extraits de presse qui détaillent tout cela.

La bonne nouvelle, c’est qu’enfin, plus personne ne s’oppose à la création d’écoles multilingues et que des énergies se déclarent prêtes à créer les conditions d’une expérimentation. Dès lors, les obstacles seront levés ou contournés un à un. Bruxelles excelle dans ce genre d’exercice d’équilibriste. Il est temps que tous les jeunes se voient offrir la possibilité de pratiquer dans des écoles publiques les langues qui seront de plus en plus déterminantes pour avoir accès à un emploi, comme en disposent déjà les jeunes privilégiés des écoles européennes et de quelques écoles privées.

Une langue qui véhicule plusieurs cultures

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On ne peut plus dire que le Bruxsels d’aujourd’hui soit une ville de culture française, même si la ville comporte toujours une importante minorité de Bruxelloises et de Bruxellois francophones. Par contre, le français reste toujours la véritable lingua franca de Bruxelles, un outil précieux qui permet aux Bruxellois de toutes origines de se comprendre et d’échanger. Une lingua franca qui véhicule donc plusieurs cultures, dont la culture française.

Ce n’est évidemment pas parce qu’un Bruxellois néerlandophone, anglophone ou originaire d’Italie s’exprime en français qu’il participe ou cultive la culture française. C’est en français qu’il exprime sa pensée, avec les accents et les valeurs de sa culture propre, en vue d’être compris par une majorité de Bruxellois. Tous ces efforts méritent le respect et contribuent aussi à enrichir les débats qui se déroulent dans la ville la plus cosmopolite du monde (cependant derrière la ville de Dubaï).

Si demain, le français devait être supplanté par l’anglais comme langue véhiculaire, cette nouvelle lingua franca de notre ville, ne ferait pas de nous des citoyens de culture anglaise. Chacun se contenterait de traduire sa pensée en anglais, sans renier sa culture propre.

Les têtes de listes sur tous les fronts

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A quelques semaines des élections, les têtes de listes des partis sont sollicitées de toutes parts. Les nombreuses associations de la société civile bruxelloise les interrogent tant par écrit que lors de débats contradictoires. Il s’agit de répondre présent lorsque l’on sollicite les voix des membres de ces divers groupes aux centres d’intérêts très variés. Les animateurs ne se contentent généralement pas de la langue de bois. Il s’agit de s’engager, de faire des promesses et puis … de pouvoir les tenir en choisissant bien ses partenaires de coalition.

A Bruxelles, les têtes de listes sont interrogées à propos du survol de la ville, de la fusion des communes, du vote des étrangers, de la taxation du kérosène, de la redistribution des richesses, de l’entrepreneuriat, du salaire minimum, …  et bien sûr aussi à propos de leur programme d’action pour une autre mobilité et une transition énergétique efficace, doublée d’une vraie justice sociale pour son financement. Les médias en feront état.

A titre d’exemple, j’ai épinglé le débat « Pour un Bruxelles multilingue » qui se déroulera à l’auditorium du Palais de la Bourse à l’initiative du Plan Marnix. Les têtes de listes devront expliquer comment ils comptent s’y prendre pour relever le défi que représente l’écart entre les compétences linguistiques des Bruxellois et les exigences linguistiques nécessaires pour un nombre croissant d’emplois. Les recteurs de l’ULB et de la VUB y présenteront aussi leur projet de création d’écoles multilingues et Philippe Close y réagira. Le débat se déroulera le vendredi 26 avril de 18h à 20h. Le programme complet est ICI. L’inscription est gratuite, mais obligatoire ICI.

 >>> Rappel: pour les personnes qui ont reçu une invitation pour le film de Luc Jabon à Bozar le 2 mai: vous devez confirmer votre présence en allant à l’adresse du site d’imagecreation mentionnée dans le bas de votre invitation pour 2 personnes avant le 26 avril.