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Se sentir Bruxellois

Comment les jeunes Bruxellois issus de l’immigration se forgent-ils une identité ? Voire même des identités multiples ? La meilleur manière de le savoir est dans doute de le leur demander. C’est ce que des journalistes de Bruzz ont fait dans ce reportage vécu. Inscrit dans une école néerlandophone, Joseph vit dans une famille qui ne parle pas le néerlandais. « A la maison, je suis le Flamand de la famille, à l’école je suis le Francophone, mais aussi le Congolais ». Intéressant de constater comment l’identité perçue peut varier en fonction du contexte.

En traduction libre, voici comment d’autres filles et garçons de l’enseignement néerlandophone tentent d’exprimer leurs identités. « Quand quelqu’un dit quelque chose à propos des néerlandophones, je me sens directement concerné, surtout parce que je parle leur langue ». « Dans un bar, il m’arrive de passer commande en néerlandais, le serveur ne me comprend pas toujours. C’est ainsi que je perçois ce que l’on peut ressentir comme Bruxellois néerlandophone ».  « En soi, je reste peut-être davantage un Bruxellois francophone, mais je ressens un réel attachement à la culture néerlandophone ».  « La culture néerlandophone à Bruxelles est différente de celle de la Flandre. Surtout ces dernières années, elle a pris une direction différente, qui  me correspond davantage ». « Moi, je ne me sens pas tellement lié à la culture flamande, mais plutôt à un Bruxelles bilingue. Je ne suis ni Flamand ni Wallon ».

Un autre ajoute: « Je me sens vraiment comme un néerlandophone, un Flamand. En fait, je suis trilingue, mais le néerlandais est la langue que j’utilise le plus, même avec l’accent ». « L’identité est quelque chose qu’il faut décider en tant que personne ». D’autres encore s’interrogent ou proposent des solutions réalistes. « Pourquoi des partis flamands et francophones séparés ? alors qu’ils représentent souvent la même idéologie. Cela n’est plus nécessaire ». « Simplement: créer des écoles bilingues ou trilingues ». « Toutes les inscriptions en ville devraient être dans les deux langues  … et aussi en anglais ». « Importer à Bruxelles les tensions de la Belgique n’est pas une bonne idée ».

https://wordpress.com/post/bruxselsfuture.com/20280

photo Pixabay

100 femmes actives pour Bruxelles

Elles sont de toutes origines, elles sont multilingues, elles sont présentes dans toutes les professions et militent pour mieux vivre ensemble à Bruxelles. Oui, elles sont formidables, elles exercent un réel leadership … et il y en a encore bien plus d’autres. Voici quelques mois, le groupe W100 à lancé un appel aux femmes bruxelloises actives durant la crise Covid. La réponse fut rapide et elles ont réuni 100 portraits de femmes présentées chaque jour sur leur page Facebook.

Aujourd’hui, elles viennent d’occuper l’espace public en s’affichant sur toute la longueur de la palissade qui entoure la Bourse en rénovation. Women Bridging Brussels. Une vision puissante de la place prise par les femmes, qui se sont données à fond, chaque jour, au cœur de la société bruxelloise en cette période de crise sanitaire. Chaque photo de femme est accompagnée d’un petit texte de présentation de son action. Un projet par des femmes et pour les femmes pour une reconquête symbolique de l’espace public.

L’inauguration de l’exposition se tiendra ce vendredi 25 juin à 18h à la place de la Bourse. Une surprise est annoncée vers 18:45. Le samedi 26 dès midi, un programme très varié avec une balade décoloniale, une architecture qui dégenre, les noms des rues non peut-être ? et même des démonstrations de self-défense. Les hommes qui n’ont peur de rien sont les bienvenus. D’autres animations peuvent être annoncées ici: w100bxl@gmail.com

L’Islam de Belgique se fait attendre

Le mois de jeûne a débuté pour les Bruxelloises et les Bruxellois de confession musulmane dans des conditions difficiles pour cause de Covid-19. Malgré diverses suggestions et protestations, aucune dérogation ne leur a été accordée, comme cela fut le cas pour les commémorations des autres religions reconnues. Cette situation soulève à nouveau la question de l’instauration d’un islam de Belgique soumis aux lois du peuple belge. sur laquelle la revue Hommes et Migrations jette un regard. L’Allemagne aussi se trouve dans la même situation.

L’ingérence du salafisme de l’Arabie Saoudite, celle de la Turquie – avec sa Diyanet – et celle de l’ambassade du Maroc, s’avèrent être des obstacles à l’émergence d’un véritable islam de Belgique, dans lequel certains voient une tentative de « vaticanisation » par l’Etat (voir pdf en bas de page). C’est l’Exécutif des musulmans de Belgique qui est supposé prendre l’organisation du culte en charge. Musulmans d’origine marocaine et turque s’y partagent le pouvoir, mais faute de nouvelles élections, il est dans la tourmente, ne se réunit plus et ne décide donc de rien. Il est attendu du ministre de la Justice et des Cultes – qui participe à son financement – qu’il oblige ses membres à fixer un calendrier pour la tenue d’élections.

C’est à cet Exécutif qu’il appartient de jeter les base d’un Islam de Belgique adapté au contexte démocratique belge et européen, respectueux de ses lois et de ses valeurs fondamentales, notamment la séparation Eglise/Etat, la liberté d’expression, l’égalité hommes/femmes, le rejet de tout forme de radicalisme violent. C’est lui aussi – en collaboration avec les autorités compétentes – qui doit se charger d’organiser la formation des imams. Trop souvent, ils ne parlent aucune des langue de notre pays et en ignorent les structures politiques et institutionnelles. Les bases se trouvent dans différents documents, dont le pdf de la Commission mise en place par le ministre Marcourt.

Image par Ahmad Ardity de Pixabay

Tous Bourguignons

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Quand la Bourgogne défiait l’Europe. C’est l’histoire de nos origines, Francophones comme Flamands, le début de notre identité collective multiculturelle. Nous sommes des Bourguignons, c’est Bart Van Loo qui l’affirme. Un auteur flamand talentueux marié à une Bourguignonne, cela donne un livre qui passionne autant que Game of Thrones et qui suinte notre identité de partout. Minutieux, précis, mais aussi éloquent et malicieux, Bart Van Loo a ce talent et cette modestie belge de mélanger savoir, humour et anecdotes truculentes. Brel n’est jamais très loin. En deux minutes, il vous donne ici trois raisons de lire son livre. Un ouvrage qui atteint déjà l’incroyable tirage de 200.000 exemplaires ! Et Guy Duplat vous donne encore ICI des raisons supplémentaires de le lire, traduit en français chez Flammarion.

Entre France et Allemagne, l’histoire du duché de Bourgogne – ce Plat Pays – est aussi notre histoire à nous. A son apogée il recouvrait la Belgique, les Pays-Bas et la Bourgogne actuelle. Des Burgondes et une série de grands ducs – Philippe le Bon, Charles le Téméraire, … et finalement Charles Quint – dont la puissance et la richesse font des envieux dans toute l’Europe. Paris en bave. Culture-Tops et France 3 vous en disent plus sur ce livre d’histoire, qui se lit comme un thriller, dans lequel l’église scande encore la vie des humains, de leur naissance à leur mort.

Pour vous replonger dans cette époque d’avant l’imprimerie, rien de tel que d’aller visiter l’exposition très vivante et animée que la Bibliothèque Royale (KBR)  consacre à l’Albertine aux ducs de Bourgogne. Des enluminures d’une fraîcheur incroyable dans des livres précieux, qui vous livrent tous leurs secrets de fabrication. C’est toute la précieuse bibliothèque des ducs de Bourgogne qui va y défiler, avec la rotation régulière des ouvrages exposés. Comptez bien deux heures de visite. En attendant d’y aller faites-vous en une idée ICI.  Et vous pouvez déjà zoomer à l’infini sur les enluminures numérisées de la KBR.


Une identité bruxelloise

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Un (trop) simple résumé. Le peuple de Brussel parlait principalement le brabançon, une forme de thiois distinct du flamand ou du limbourgeois. Les ducs de Brabant également, mais ils maîtrisaient évidement le français. Bien plus tard, avec le développement économique lié à l’industrialisation de la Wallonie, la bourgeoise francophone a choisi de s’installer dans la capitale. Bruxelles s’est francisée et les francophones y ont longtemps régné en maîtres. Dans les années trente – les Wallons ayant refusé que la Belgique devienne un Etat bilingue – le territoire wallon est devenu unilingue français, le territoire flamand est devenu unilingue néerlandais … et la capitale Bruxelles, sommée d’être bilingue. Selon Le Vif, on le paie encore aujourd’hui.

Dans La Libre, Sven Gatz (Open VLD) résume: “Bruxelles a longtemps été une terre partagée par les deux grandes Communautés du pays (Wallonie et Flandre) mais, avec l’évolution de la démographie bruxelloise, elle devient de plus en plus une Ville-Région que les autres comprennent moins. Quand on est à New York, on n’est pas aux États-Unis. Quand on est Bruxelles, on n’est pas spécialement en Belgique ». Et d’ajouter: “Wallons et Flamands ont souhaité ce qu’est aujourd’hui Bruxelles. Il ne faut donc pas venir nous reprocher a posteriori que nous ayons une dynamique interne”.

Mais le contenu de l’interview de Sven Gatz va beaucoup plus loin. Il revient sur le projet d’une Belgique basée sur quatre Régions en 2024. Il rappelle ses trois prérequis de base. Il exige aussi un sytème bruxellois en phase avec la nouvelle réalité urbaine. Les récents chiffres de Stabel – repris ICI ici par Le Vifconfirment une nouvelle démographie et annoncent la nouvelle identité bruxelloise – aussi internationale et européenne – qui se forge dans la Région. Bruxsels, comme capitale européenne, c’est une assurance-vie pour que la Belgique continue de se développer et de rayonner. Je vous invite à découvrir ICI les propos complets – sans langue de bois – d’un Sven Gatz, fort proche de la Ville-Région que nous appelons de nos voeux.