Archives pour la catégorie Langues

Happy Tuesday: la science pour les nuls

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La science nous a délivrés de l’obscurantisme et de tant croyances diverses. Encore faut-il que son langage nous soit accessible. Ce n’est pas toujours le cas. Le discours scientifique – souvent un jargon utile entre pairs – reste trop souvent inaccessible à chacun d’entre nous ou même à des scientifiques d’une autre discipline. Il y a bien des ouvrages et des émissions de vulgarisation, mais simplificateurs, sont-ils toujours crédibles ? Comment les distinguer des fake news qui nous inondent ? Et des messages incontrôlés des médias sociaux ?

Vous aurez remarqué que je fais fréquemment référence au média en ligne The Conversation, sous-titré « L’expertise universitaire, l’exigence journalistique ». C’est un média en ligne collaboratif gratuit, sans publicité et à but non lucratif. Il veut faire entendre la voix des enseignants-chercheurs dans le débat citoyen. Il est animé par une rédaction de 12 journalistes–chefs de rubrique. Ses journalistes commandent des articles à des chercheurs et universitaires, les éditent avec leurs auteurs. À chaque étape, l’auteur garde le contrôle total de ce qu’il écrit.

The Conversation existe en 8 versions différentes dans 8 langues. Vous trouverez l’édition française ICI. La version globale en anglais ICI. Et une joyeuse version junior pour les jeunes ICI. Vous pouvez  aussi demander à recevoir gratuitement le sommaire de chaque nouvelle édition dans votre boîte mail en vous inscrivant ICI. J’espère que vous y trouverez autant d’intérêt et de plaisir que moi … et que vous garderez néanmoins votre esprit critique en éveil.

 

Distance sociale ou distance physique ?

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Happy Monday … vous est parvenu Saturday par accident ! Sorry.

Aujourd’hui à Bruxelles, la différence entre distance sociale et distance physique n’est pas sans intérêt et n’est pas purement sémantique. Le terme « distance sociale » m’interpelle depuis le début du confinement, dans une ville où plus de la moitié des habitants n’ont pas le français pour langue maternelle. Rester à 1,5m de distance physique des autres personnes est compréhensible par tout un chacun. Respecter le 1,5m de distance sociale est nettement moins clair et évident.

Pourquoi confie-t-on le soin de traduire l’anglais à des gens qui ne le comprennent pas ? interroge Paul Jorion, qui poursuit. « Social distanciation » = consigne de maintien de distance pour des raisons liées à la vie en société. Voilà comment traduire cela en français. Mais comme – et c’est le cas le plus souvent – le français a besoin de beaucoup plus de mots que l’anglais pour exprimer la même chose, le plus simple est sans doute de dire … « distanciation sociale », en se disant que … tout le monde comprendra !  En tout cas, pas nécessairement à Bruxelles, où je lui préfère nettement « distance physique ».

> les Bruxelloises futées sortent masquées depuis longtemps … et les Bruxellois aussi

 

En route vers une langue européenne ?

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En cette période de crise post-Brexit pour l’Union Européenne, Jean-Marc Sparenberg – professeur à l’ULB – évoque pour nous un retour de l’Espéranto, qui pourrait offrir un nouveau souffle, idéaliste à souhait, dont la jeunesse (et pas seulement elle!) semble avoir particulièrement besoin. Bruxelles pourrait être la ville idéale pour relancer le projet d’une langue européenne, zinneke de langues latines, germaniques, slaves… particulièrement ouverte sur le reste du monde. D’un point de vue purement pratique, l’Espéranto pourrait remplacer l’anglais comme langue de travail européenne, tant au niveau des institutions que de Frontex ou des futurs « casques bleus » européens.

Dans le cadre de l’année des langues, l’ULB invite à une initiation à l’Espéranto le 19 mars prochain, en collaboration avec des étudiants de l’ULB, de la VUB et d’étudiants internationaux. Un projet idéaliste décrit ICI. Intellectuellement fascinant… et joyeux. Une autre utopie pour demain, bien mise en ondes par la RTBF et disponible gratuitement sur AUVIO.

La langue des signes fait aussi un grand retour dans certains pays et les « imagettes » incrustées apparaissent sur plusieurs chaînes TV. Des apprentissages assistés se développent et pas seulement au profit des personnes malentendantes. Malgré les efforts de Gestuno pour en faire l’Espéranto des sourds, la langue des signes est moins universelle qu’on pourrait le croire. En Belgique elle se décline évidemment en une version francophone et une néerlandophone. Néanmoins certains signes commencent à faire le buzz et sont compris par des jeunes de toutes origines, notamment dans les discothèques thailandaises, dont le volume sonore ne permet pas de se parler …

 

92% de francophones à Bruxelles ?

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Selon les résultats d’une étude réalisée par la députée fédérale Sophie Rohonyi (DéFI), analysée par L’Echo, 91,8 % des déclarations d’impôt des personnes physiques ont été remplies en français à Bruxelles en 2019 et donc 8,2 % en néerlandais (?). Vu l’interdiction d’organiser un recensement linguistique, depuis la loi du 24 juin 1961, ce type comptage constitue une indication, faute de mieux. Comme les déclarations ne peuvent se remplir qu’en français ou en néerlandais, elles limitent le choix des Bruxellois à deux langues. Il faut donc être prudent dans les conclusions tirées de cette étude.

Les 91,8 % de déclarations en français confirment cependant qu’à Bruxelles la « lingua franca » ou langue véhiculaire reste le français. Cela ne qui ne signifie nullement que ces personnes sont de culture française ou parlent couramment le français. C’est la langue qu’une majorité de Bruxellois utilisent entre eux pour se parler, espérer être compris … et pour répondre à l’administration. Les chiffres fournis par les déclarations à l’IPP ne permettent cependant pas de faire le point sur la situation de l’anglais, qui constitue une autre « lingua franca » dans certains milieux.

Bruxelles demeure une des rares métropoles internationales où l’anglais n’est pas la langue véhiculaire. Certains s’en réjouissent. D’autres le déplorent. Des études récentes auprès des étudiants montrent que – tant en Wallonie qu’en Flandre – l’anglais progresse au détriment de l’apprentissage du français et du néerlandais, qui demeurent cependant deux des langues officielles du pays et sont obligatoirement enseignées prioritairement dans les écoles bruxelloises. L’anglais reste donc à Bruxelles la troisième langue, si pas la quatrième, lorsque ni le français ni le néerlandais ne sont la langue maternelle des élèves.

Des Brabançons se rebiffent

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Soyons clairs, le Brabant n’a jamais fait partie des Flandres. Depuis 1350, l’autorité du Duc de Brabant s’étendait loin à l’intérieur les Pays Bas et comprenait évidemment les actuels Brabant flamand et Brabant wallon avec déjà Bruxelles comme capitale. Les rapport avec le Comte de Flandres ne furent pas toujours des meilleurs.

Un mouvement pour un Brabant autonome vient de se créer de manière à la fois provocante  et humoristique sous le nom N-BB  – Nieuw Brabantse Belangen – en vue de mettre fin à l’occupation flandrienne du Brabant. N-BB va s’efforcer de promouvoir le caractère multiculturel propre à un Brabant multilingue et ouvert. Et d’ajouter: « Et bien sûr en plusieurs langues ».

Ils poursuivent toujours sur un mode mi-figue, mi-raisin en pastichant les slogans de la Flandre. « Les Flamands sont bien les seuls à avoir peur de l’indépendance ! Ce n’est que lorsqu’ils ne seront plus sous baxter brabançon qu’ils apprendront à gérer leurs affaires ! Arrêtez les transferts ! La Flandre ne peut dépendre éternellement des subsides du Brabant ! Stop de verVlaamsing ! Make Brabant Great again… ». Et pour ceux qui ont lu Tintin et maîtrisent le bruxellois, ils concluent: Eih bennek eih blavek !

Plus sur #brabant2020 et des illustrations ICI.

 

Flamand ! Faites vos affaires en Flandres ! Pas en Brabant ! Pas chez nous !