Archives pour la catégorie Langues

Journée du multilinguisme

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C’est déjà ce samedi 26 octobre que se tiendra la première journée du multilinguisme à Bruxelles, de même que la présentation du Conseil bruxellois pour le multilinguisme,  informations malheureusement annoncées avec beaucoup de retard, en raison d’incertitudes sur les contraintes corona.

Vous trouverez le programme ICI, juste après une brève vidéo. Et si vous voulez suivre le live en direct en streaming sur Youtube c’est ICI, à partir de samedi 10h.

Il va falloir parler de Bruxelles

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Les « missionnaires royaux » ont beau être – Flamand ou Wallon – ils vont devoir parler de Bruxelles. C’est tellement vrai, que Luckas Vander Taelen – qui est journaliste et enseignant, mais aussi membre de Groen, ancien député européen et échevin à Forest – s’est fendu d’un lettre, adressée à cinq présidents de partis  flamands, susceptibles de négocier la mise sur pied d’un prochain gouvernement fédéral. La lettre a été publiée par Doorbraak et j’en ai fait une traduction libre, avec l’aide de DeepL, pour ceux et celles qui ne maîtrisent pas encore bien le néerlandais.

Lukas Vander Taelen est un Bruxellois néerlandophone, qui habite la ville depuis 40 ans, qui la connaît et la trouve fascinante. Il a écrit à ces présidents de partis flamands, parce qu’aucun d’entre eux n’habite Bruxelles. Il faut à la fois, les informer et combattre un certain nombre de préjugés. La vision de Bruxelles de Luckas est singulière et il la partage. Il voit des citoyens qui s’emploient à rendre plus agréable l’environnement urbain dans lequel ils vivent. Des comités de quartier et des groupes d’action qui apparaissent partout et des coopératives qui se mettent en place. Il n’est pas rare que les habitants néerlandophones de Bruxelles soient moteurs de cette évolution. Il y a de quoi être fier et il estime regrettable que cela soit aussi peu connu en Flandre.

Mais, après avoir fait un petit historique de l’évolution de cette ville brabançonne et de sa francisation, il règle aussi ses comptes avec des hommes politiques, flamands comme francophones. Relève des incohérences et des dysfonctionnements dans les structures imposées à Bruxelles. Tout comme celles que la Région maintien en place, alors qu’elle pourrait les rationaliser. Il fait du modèle parisien un exemple pour Bruxelles: un Maire pour la Ville-Région et 19 mairies d’arrondissement. Il conclut: il ne serait pas mauvais, lorsque l’on parlera de Bruxelles, que vous vous informiez bien auprès de gens qui y vivent.

Qui donc recommandera cela aux présidents de partis francophones qui, pour la plupart, n’habitent pas Bruxelles, et ne sont familiers que de la rue de la Loi, voire du Quartier européen ?

Happy Tuesday: la science pour les nuls

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La science nous a délivrés de l’obscurantisme et de tant croyances diverses. Encore faut-il que son langage nous soit accessible. Ce n’est pas toujours le cas. Le discours scientifique – souvent un jargon utile entre pairs – reste trop souvent inaccessible à chacun d’entre nous ou même à des scientifiques d’une autre discipline. Il y a bien des ouvrages et des émissions de vulgarisation, mais simplificateurs, sont-ils toujours crédibles ? Comment les distinguer des fake news qui nous inondent ? Et des messages incontrôlés des médias sociaux ?

Vous aurez remarqué que je fais fréquemment référence au média en ligne The Conversation, sous-titré « L’expertise universitaire, l’exigence journalistique ». C’est un média en ligne collaboratif gratuit, sans publicité et à but non lucratif. Il veut faire entendre la voix des enseignants-chercheurs dans le débat citoyen. Il est animé par une rédaction de 12 journalistes–chefs de rubrique. Ses journalistes commandent des articles à des chercheurs et universitaires, les éditent avec leurs auteurs. À chaque étape, l’auteur garde le contrôle total de ce qu’il écrit.

The Conversation existe en 8 versions différentes dans 8 langues. Vous trouverez l’édition française ICI. La version globale en anglais ICI. Et une joyeuse version junior pour les jeunes ICI. Vous pouvez  aussi demander à recevoir gratuitement le sommaire de chaque nouvelle édition dans votre boîte mail en vous inscrivant ICI. J’espère que vous y trouverez autant d’intérêt et de plaisir que moi … et que vous garderez néanmoins votre esprit critique en éveil.

 

Distance sociale ou distance physique ?

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Happy Monday … vous est parvenu Saturday par accident ! Sorry.

Aujourd’hui à Bruxelles, la différence entre distance sociale et distance physique n’est pas sans intérêt et n’est pas purement sémantique. Le terme « distance sociale » m’interpelle depuis le début du confinement, dans une ville où plus de la moitié des habitants n’ont pas le français pour langue maternelle. Rester à 1,5m de distance physique des autres personnes est compréhensible par tout un chacun. Respecter le 1,5m de distance sociale est nettement moins clair et évident.

Pourquoi confie-t-on le soin de traduire l’anglais à des gens qui ne le comprennent pas ? interroge Paul Jorion, qui poursuit. « Social distanciation » = consigne de maintien de distance pour des raisons liées à la vie en société. Voilà comment traduire cela en français. Mais comme – et c’est le cas le plus souvent – le français a besoin de beaucoup plus de mots que l’anglais pour exprimer la même chose, le plus simple est sans doute de dire … « distanciation sociale », en se disant que … tout le monde comprendra !  En tout cas, pas nécessairement à Bruxelles, où je lui préfère nettement « distance physique ».

> les Bruxelloises futées sortent masquées depuis longtemps … et les Bruxellois aussi

 

En route vers une langue européenne ?

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En cette période de crise post-Brexit pour l’Union Européenne, Jean-Marc Sparenberg – professeur à l’ULB – évoque pour nous un retour de l’Espéranto, qui pourrait offrir un nouveau souffle, idéaliste à souhait, dont la jeunesse (et pas seulement elle!) semble avoir particulièrement besoin. Bruxelles pourrait être la ville idéale pour relancer le projet d’une langue européenne, zinneke de langues latines, germaniques, slaves… particulièrement ouverte sur le reste du monde. D’un point de vue purement pratique, l’Espéranto pourrait remplacer l’anglais comme langue de travail européenne, tant au niveau des institutions que de Frontex ou des futurs « casques bleus » européens.

Dans le cadre de l’année des langues, l’ULB invite à une initiation à l’Espéranto le 19 mars prochain, en collaboration avec des étudiants de l’ULB, de la VUB et d’étudiants internationaux. Un projet idéaliste décrit ICI. Intellectuellement fascinant… et joyeux. Une autre utopie pour demain, bien mise en ondes par la RTBF et disponible gratuitement sur AUVIO.

La langue des signes fait aussi un grand retour dans certains pays et les « imagettes » incrustées apparaissent sur plusieurs chaînes TV. Des apprentissages assistés se développent et pas seulement au profit des personnes malentendantes. Malgré les efforts de Gestuno pour en faire l’Espéranto des sourds, la langue des signes est moins universelle qu’on pourrait le croire. En Belgique elle se décline évidemment en une version francophone et une néerlandophone. Néanmoins certains signes commencent à faire le buzz et sont compris par des jeunes de toutes origines, notamment dans les discothèques thailandaises, dont le volume sonore ne permet pas de se parler …