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Etes-vous contaminé ?

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Sans doute ne savez-vous pas si vous avez été contaminé par le Covid-19, parce que vous n’observez aucun des symptômes liés au virus et que vous ne vous êtes pas fait tester récemment. Mais l’Etat, lui il le sait, puisqu’il publiait hier dans La Libre qu’un total 62.123 contaminations ont été recensées en Belgique et que la moyenne cette semaine était de 85 cas journaliers, situation stable et rassurante, par rapport à la semaine précédente selon Sciensano.

Et si demain 50.000 Bruxellois.e.s décidaient de se faire tester ? on découvrirait inévitablement un certain nombre de « nouveaux positifs » qui feraient monter brusquement la moyenne et vraisemblablement craindre une deuxième vague à Bruxelles. La Belgique teste peu, normal donc qu’elle recense relativement peu de personnes contaminées. Si les chiffres des hospitalisations et des décès ont une base claire et indiscutable, ne faut-il donc pas se demander ce que signifient les chiffres des contaminations ? et quel est leur intérêt ?

Cela reste un mystère pour moi. Quelqu’un a-t-il une réponse ?
Même si ils devaient devenir la cause d’une explosion des moyennes, ne serait-il pas judicieux de multiplier les tests volontaires ? Le matériel existe, l’Université de Liège serait en mesure réaliser plus de 50.000 tests par jour. A partir de ces informations, en cas d’augmentation sensible des personnes contaminées, des confinements ciblés pourraient éviter de confiner inutilement et massivement tout un pays. C’est une question ouverte, qu’il serait nécessaire de poser, quand on sait ce qu’à coûté le lockdown de la ville, tant sur le plan social, scolaire, sanitaire et émotionnel que sur le plan économique.

 

Chef d’œuvre en péril

On vient du monde entier pour visiter la cité-jardin Floréal – Le Logis à Boitsfort. Une utopie devenue réalité en 1921, grâce aux travaux de l’urbaniste Louis Van der Swaelmen et à l’architecte Jean-Jules Eggericx, proches des réalisations de l’urbaniste anglais Ebenezer Howard. Erigée sur des terres agricoles de bord de ville, cette cité-jardin devait assurer une transition entre ville et campagne, favoriser un meilleur contact avec la nature et entre les habitants. Une nouvelle conception sociale, hygiéniste et urbanistique de la vie en ville. Si son modèle n’est pas reproductible partout, au vu des surfaces nécessaires à son installation, on est face a une cité historique, qui a d’autant mieux assumé son rôle, qu’elle freine l’exode urbain et offre une présence de la nature en ville, dont le covid-19 et le réchauffement climatique ont démontré l’urgence.

Au centre de cette cité, un vaste terrain agricole de 3 ha, appartenant à Floréal-Le Logis, est resté agricole grâce à l’initiative citoyenne de l’asbl Ferme du Chant des Cailles. On y trouve des potagers collectifs dont des parcelles pédagogiques pour les écoles du coin,, ainsi qu’un pôle professionnel qui comprend un élevage de moutons, du maraîchage, un jardin d’herbes aromatiques, qui fournissent une dizaine d’emplois et nourrissent 400 personnes. Mieux qu’un parc décoratif, ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est le nombre d’habitants qui contribuent au succès de ce « parc agricole », qui l’entretiennent et s’en nourrissent, sans que cela coûte un centime à la commune ou au contribuable. Une étude universitaire analyse les contours de cette initiative exemplaire et toujours d’avant-garde.

Un avenir compromis ? Bientôt un tiers de cet espace pourrait être loti (p. 11 à 13)  par la SLRB pour accroître le nombre de logements sociaux. Bruxelles manque en effet cruellement de logement sociaux, mais faut-il pour autant sacrifier la qualité de vie exceptionnelle des habitants actuels et futurs du site ? attenter à une image visionnaire de la ville de demain ? L’étude SAULE qui est clôturée, propose différentes solutions permettant de créer un nombre équivalent de logements sociaux, tout en préservant les précieuses terres arables, l’activité citoyenne qui s’y déroule et la cohésion sociale de tout un quartier qui s’y renforce

photos du site La Ferme du Chant des Cailles

Quelles entreprises faut-il sauver ?

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Cette question, que nous avons déjà évoquée en demandant l’établissement d’une feuille de route, est capitale, au moment où l’Etat et les Régions ont commencé à distribuer divers types d’aides à certaines entreprises et personnes. La question se pose toujours pour Brussels Airlines – filiale à 100% de Luftahansa – et plus récemment pour la compagnie Swissport Belgium qui vient déposer son bilan. Elle se pose aussi pour un grand nombre de très petites entreprises fragilisées par la crise sanitaire et tout particulièrement pour le secteur culturel, qui commence à nous manquer. Des économistes déplorent ICI un certain nombre de choix inadéquats.

L’Etat – donc la collectivité – doit-il et peut-il sauver tout le monde ? Si c’est non, sur quelles critères faut-il s’appuyer pour établir les choix ? On se souviendra des charbonnages que l’Etat belge à maintenu en activité à coups de millions … pour devoir quand même les fermer tous quelques années plus tard. Se pose donc la question de la sélectivité qualitative à définir de manière impartiale. Ces mesures de soutien doivent-elle être assorties de conditions ? De quelle nature ? Y a-t-il une opportunité pour orienter les entreprises aidées vers des comportements « éthiques » (développement durable, lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, participation des travailleurs et des autres parties prenantes) ?

Ce sera le sujet de la réflexion des « Mardis intimes » de la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale. Cela se passera par internet le mardi 16 juin de 12h45 – 14h00. Même si vous n’êtes pas membre, vous pourrez néanmoins y participer activement, suffit d’envoyer un courrier à Dina Geron chaire-hoover@uclouvain.be qui vous vous indiquera comment vous connecter. Vous trouverez aussi le programme complet des séances consacrées aux conséquences de la crise Coronavirus en cliquant ICI.

Pauvreté: on s’arrête, on réfléchit

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Plus visible depuis le confinement, la pauvreté à Bruxelles s’étale. Les personnes démunies ont dû compter sur le retour de la charité et c’est terrible, titre la DH. Chaque jour des centaines de Bruxelloises et de Bruxellois attendent patiemment qu’arrive leur tour pour recevoir un colis alimentaire ou un sandwich et une tasse de café, sans dossiers à remplir. Les initiatives solidaires des Bruxellois sont admirables et se sont multipliées dans plusieurs communes pour venir en aide aux personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Un tiers des Bruxellois. Le Soir en dit plus. C’est insupportable dans une ville aussi riche. Certains pensent qu’il faut en finir avec les rustines et la dépendance, des utopies audacieuses sont à portée de main. Il faut les rappeler. Le grand chambardement serait-il pour demain ?

L’instauration d’un revenu garanti pour tous n’est, pour l’américain Thomas Paine en 1796, qu’une juste indemnisation pour l’appropriation par quelques-uns de la terre, pourtant censée appartenir à tous… Aujourd’hui Mona Chollet résume: On travaille, et, grâce à ce travail, on perçoit de l’argent. Une telle logique est si bien ancrée dans les esprits que la perspective d’instaurer un revenu inconditionnel, c’est-à-dire de verser à chacun une somme mensuelle suffisante pour lui permettre de vivre, indépendamment de son activité rémunérée, apparaît comme une aberration. Nous sommes encore persuadés de devoir arracher à une nature aride et ingrate les moyens de notre subsistance individuelle ; or la réalité est bien différente. C’est possible et c’est ce que Mona Chollet tente de démontrer dans cet article du Monde Diplomatique.

Revenu universel ou gratuité ? c’est ainsi que Paul Ariès résume le dilemme dans un article de la même revue en 2018. Vaut-il mieux donner de l’argent aux citoyens ou leur fournir des services gratuits ? Pour lui, le capitalisme, dont la vocation consiste à transformer le monde en marchandises, ne peut poursuivre ce processus sans menacer l’humanité d’un effondrement à la fois financier, social, politique et écologique. Prendre acte de cette situation conduit à prôner un autre type de revenu d’existence, démonétarisé. En d’autres termes: la gratuité, dont il s’agirait de défendre l’extension, car elle n’a jamais totalement disparu.

Rue Haute, deux personnes âgées reçoivent un colis avec le sourire, mais refusent dignement une tasse de café … pour ne pas abuser

 

 

 

De très petites entreprises en péril

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Lorsque Brussels Airlines envisage de licencier un millier de personnes, tout le monde est sur le pont et la Première ministre discute en direct de 300 millions d’aide demandée par le patron de Lufthansa. Mais lorsque plus de 100.000 très petites entreprises sont en péril ou au bord de la faillite, personne ne semble s’émouvoir et personne ne propose des aides spécifiques pour celles qui doivent être sauvées à tout prix, à la fois au nom de l’emploi, de la diversité des commerces et des besoins des citoyens.

Depuis que la plupart des commerces – hors Horeca – ont pu réouvrir, c’en est fini du du programme Prime Unique des Régions et du droit Passerelle, mais ce n’est pas pour autant que les clients sont déjà revenus. Peur de sortir de chez eux. Moins d’argent à dépenser. Les commerces spécialisés, qui ne proposent pas des produits de première nécessité, voient arriver peu de clients. Certains tentent déjà d’essayer de se mettre à l’abri de la faillite. D’autres ont été contraints de remettre des préavis prévisionnels, de crainte de ne pouvoir payer de lourdes indemnités de licenciement dans quelques mois. Et cela sans considérer leur propre situation. Demain, que ferons-nous sans librairies, sans bijoutiers, sans serruriers, sans artisans et créateurs ? A quoi ressembleront nos vitrines vides et éteintes ?

Les très petites entreprises (TPE) c’est plus de 100.000 entreprises qui occupent chacune de 1 à 10 personnes. Elles se sont avérées créatrices d’emploi avec plus de 30.000 embauches en 2016, comme les chiffres le démontrent ICI. Le fédéral et la Région auraient tort de sous-estimer ce secteur d’activité. Ne devraient-ils pas préparer d’urgence un programme d’aide spécifique ? La Wallonie semble avoir un tel programme, mais q’attend Bruxelles ? Il y va de milliers d’emplois et de services utiles à la population.

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UCM La microsociété ou TPE est fiscalement définie comme la société ou personne physique qui respecte, à la date de clôture des comptes, au moins 2 des limites suivantes :

  • max. 10 travailleurs occupés en moyenne annuelle
  • max. 700.000 € de chiffre d’affaires annuel hors TVA
  • max. 350.000 € en total du bilan