Archives pour la catégorie Travail

Les jeunes face au coronavirus

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Après une année en mode « covid », Amnesty International s’inquiète auprès de la RTBF de l’état de santé mentale des jeunes, mais aussi de l’absence de leur point de vue dans le débat public. C’est pourquoi l’ONG a voulu donner la parole aux jeunes. « Mon cri » a été lancé début de l’année 2021 dans l’urgence. Il doit permettre de formuler des propositions de changements afin d’améliorer la vie de jeunes, pour la leur rendre plus supportable.

Alors que les files des épiceries sociales s’allongent, que les demandes aux CPAS explosent et qu’un étudiant sur 3 a plus de difficultés à payer ses études depuis le début de la crise, il est plus que temps que des mesures soient prises pour lutter contre la précarité étudiante et il est de la responsabilité de la Ministre de s’assurer que ce soit le cas afin de garantir un enseignement accessible à tous“, affirme un communiqué de la Fédération francophone des étudiants.

Elle dénonce la précarisation grandissante des étudiants et interpelle la Ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny à prendre des mesures concrètes. Réduire les coûts des droits d’inscription, rembourser le matériel de cours ou créer des aides au logement. Elle attire aussi l’attention sur la détresse psychologique de certains étudiants.

Couvrir Bruxelles, loin de Bruxelles

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Au cours des derniers mois, de nombreux correspondants étrangers à Bruxelles sont repartis vers leur région d’origine. Si internet et Zoom leur permettent de poursuivre leur travail, Alexander Fanta reconnaît être en manque de ce qui était l’élément vital de cette ville: discuter avec quelqu’un de manière décontractée, faire connaissance avec des gens lors d’événements, se faire des amis rapides chez Kitty O’Shea après une nuit blanche au Conseil européen. Les appels téléphoniques et les événements virtuels peuvent compenser un peu cela, mais ils ne sont pas un véritable substitut.

Dans son article pour Brussels Times, traduit en français ICI, il estime qu’il est encore difficile d’évaluer ce que des reportages virtuels sur Bruxelles signifient pour le journalisme. Même ceux qui sont encore en ville ont plus de mal à rencontrer leurs sources, à entendre des rumeurs intéressantes ou à savoir quel député européen fréquente les lobbyistes lors d’un événement industriel. Il est également devenu plus facile pour les commissaires et les hauts fonctionnaires d’esquiver les questions sans avoir à affronter la presse en personne. Le site de Global Investigative Journalism Network a recueilli de nombreux conseils  pour tenter de maintenir un journalisme d’investigation et débusquer les fake news durant la pandémie. L’Association belge des Journalistes Professionnels (AJP) donne les résultats d’une enquête sur les conditions de travail actuelles des journalistes.

Alexander Fanta pense que les reportages en direct, en personne, resteront essentiels pour la couverture de l’Union européenne. Le journalisme repose sur des conversations informelles avec les sources, sur des découvertes fortuites et sur la connaissance du contexte d’une institution, bien plus que ne le pensent la plupart des non-journalistes. Le retour des journalistes dans la salle de presse ne permettra pas seulement d’échapper à l’ennui du travail à domicile, mais aussi d’insuffler des informations nouvelles dans la couverture de l’UE.

image par Alterio Felines de Pixabay

S’habiller différemment ?

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Depuis la pandémie, les Bruxellois semblent acheter moins de vêtements. Une bonne nouvelle pour la planète ? Pas nécessairement pour Alternatives Economiques, qui poursuit dans son article: les arrière-boutiques sont pleines de stocks à écouler coûte que coûte. C’est ainsi que fonctionne la « fast fashion »: fabriquer en masse, à bas coût, des collections sans cesse renouvelées, puis pousser les consommateurs à les acheter.

« Et si cela ne marche pas, on jette. Combien de vêtement ont ainsi fini à la poubelle parfois même avant d’avoir été portés ? Difficile de le savoir, car les marques ne s’en vantent pas. Depuis 2013, H&M aurait jeté 12 tonnes de vêtements chaque année. En Europe, selon Oxfam,  4 milliards de tonnes de vêtements sont jetées chaque année, après n’avoir été portés qu’entre sept à dix fois en moyenne ».

Afin de limiter ce gâchis, une nouvelle tendance fashion commence à émerger. Pour une mode plus responsable: ne confectionner que des vêtements qui sont réellement désirés. Des vêtements fabriqués à la demande, grâce à des pré-commandes en ligne. Plutôt que d’acheter beaucoup de pièces à bas coût qui s’abîment vite, des nouvelles firmes proposent d’investir dans de belles pièces qui seront portées plusieurs années. Pas évident pour tous ceux et celles qui ne peuvent investir dans la qualité et que l’on croise avec des sacs bruns de Primark, bourrés de vêtements neufs à prix réduits. Une association de consommateurs livre cinq bons plans pour s’babiller enfin durable.

photo extraite de l’article d’Alternatives Economiques

La guerre des taxis

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Les diverses compagnies de taxi qui opèrent sous le logo noir et jaune de la Région de Bruxelles ont longtemps pu jouir d’un monopole et d’un tarif unique très discutable. Cette absence de concurrence ne s’est pas exercée au profit des utilisateurs captifs que nous sommes. Pas toujours évident de pouvoir payer par carte de crédit, pas évident non plus de toujours bénéficier du trajet le plus court vers sa destination, ni d’obtenir une pièce officielle reprenant les éléments et le prix de la course. L’utilisateur doit s’en remettre aux meilleurs et aux pires chauffeurs de taxi bruxellois.

L’arrivée des particuliers affiliés à l’application Uber a jeté le trouble dans la profession et a crée une concurrence qualifiée de déloyale. La Région – qui vend des licences d’exploitation – impose des règles et des examens aux taximans. Il n’ y a aucune raison que les chauffeurs Uber y échappent. Ils se sont donc reconvertis en VTC (Véhicule de Tourisme avec Chauffeur) ou service limousine, tout en continuant à accepter des courses par smartphone. La Région vient de décider d’appliquer la règle: désormais les courses limousine seront de 3 heures au minimum. Fini de concurrencer les taxis.

En pleine crise sanitaire, il est permis de se demander si c’était le meilleur moment pour priver ces coursiers de revenus ? Souvent issues du chômage, ces personnes se sont reconverties en  freelance, souvent qualifiés de faux indépendants. Un débat qui n’est pas terminé, les syndicats et des tribunaux croisent le fer avec Uber, ici et à l’étranger. Travailler quand on le désire sans bénéficier de protection sociale est un choix pour certains et c’est pareil pour les coursiers de Deliveroo. Il en est même qui se disent heureux de cette liberté. On peut se demander ce que deviendront ces centaines coursiers sans revenus, qui ne rêvent pas tous de devenir des salariés. Le gouvernement bruxellois est divisé sur la mesure annoncée. Quant aux utilisateurs, leur sort n’est pas envisagé dans ce débat.

photo Brussels Star Multimedia de la vie internationale de Bruxelles Capitale

Plus vite qu’en avion et moins cher ?

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Qui est plus rapide que l’avion ? Le train à sustentation magnétique, que les Chinois viennent de mettre au point. Il pourra atteindre la vitesse de 620 km/h et ils s’efforceraient même de porter cette vitesse à… 800 km/h. De quoi rivaliser avec la plupart des avions actuellement en service. Et cela sans compter le gain de temps lié à la proximité des gares urbaines et du temps d’embarquement réduit. Pour ce qui est du prix, tant que le kérosène des avions ne sera pas taxé comme les autres carburants, la concurrence restera faussée.

La réputation de l’avion plus rapide que le train est mise en doute par une étude de l’UCL qui prouve le contraire. En 2017, près de 4 millions de passagers ont pris l’avion alors qu’ils auraient pu gagner du temps et réduire leur empreinte carbone en prenant le train. En 2018 déjà, le comparateur de voyages en ligne GoEuro (aujourd’hui Omio) avait listé dix liaisons pour lesquelles les trajets en train étaient plus intéressants. Elles dégageaient un gain de temps, allant de 1h à plus de 3h20 par trajet.

La reprise 
« comme avant » du trafic aérien ne peut plus être d’actualité et l’accompagnement de la reconversion des salariés (notamment vers le rail) devient donc une priorité. L’extension des aéroports ne peut plus être autorisée. Alternatives Economiques s’en explique ICI. Même aux USA, où l’avion et la voiture sont les grands maitres, Joe Biden veut relancer le trafic ferroviaire dans son pays. Cela passera forcément par la création de premières lignes à grande vitesse.

Il ne faudrait donc pas que les aides européennes à la relance économique servent à développer un secteur aérien très polluant, qui doit accepter de devenir complémentaire au rail pour les très longues distances.

photo extraite du site Voyager à petit prix qui compare aussi les modes de transport