Archives de catégorie : Travail

Trois mises au point

Détecteur de CO2. Un lecteur attentif nous fait remarquer que la photo qui illustre le billet d’hier montre un appareil qui détecte le CO (monoxyde de carbone) un dangereux tueur silencieux et non le CO2 (dioxyde de carbone) qui vous renseigne sur la nécessité d’aérer les locaux à partir d’une alarme ou d’un signal orange, voire rouge. Une sérieuse différence. Si certains appareils détectent les deux, vous trouverez cependant de simples détecteurs de CO2 chez Mediamarkt, Vanden Borre, FNAC et Nature et Découvertes. Téléphonez avant, parce que pas toujours disponibles dans toutes les succursales. Parlez-en aussi avec l’école de vos enfants.

Coworking et Mobilité. Un grand nombre de salariés sont passés au télétravail, voire au coworking, à la recherche d’un environnement social et convivial permettant un rapprochement géographique entre lieux de vie et de travail. Selon une étude franco-québécoise, il semblerait que cette nouvelle donne ait aussi favorisé un certain exode urbain et réduit en partie les espoirs de réduction des déplacements. L’étude soulève aussi d’autres questions liées à ce nouveau mode de travail et ses limites.

Règles urbanistiques trop complexes. Sans doute avez-vous déjà été confrontés à des règles urbanistiques bruxelloises multiples à l’occasion de travaux de construction ou de rénovation ? S’il est bon que des règles existent en vue d’assurer une certaine harmonie et une cohérence, il ne faudrait cependant pas qu’elles retardent trop les travaux à entreprendre, tuent toute créativité, se multiplient à l’infini ou ne tiennent pas compte des leçons du confinement. Bientôt des toits verts et une terrasse pour chaque habitation ? Le gouvernement régional a demandé conseil à un panel de 12 experts qui a livré 23 recommandations et 90 propositions de solutions. Ils suggèrent de repartir sur de nouvelles bases pour réformer le Règlement Régional d’Urbanisme (RRU). 

Bruxsels, ville de la connaissance ?

Ce week end, s’ouvre au Heysel le festival « I love Science ». Pendant 3 jours les visiteurs pourront découvrir (presque) tout ce qu’il est possible de faire grâce aux sciences et aux nouvelles technologies. Si ce festival semble s’adresser plus particulièrement aux jeunes, en réalité il s’adresse à tous et à toutes. Ceux qui apprécient les expériences surprenantes ne seront pas déçus. Des stands interactifs seront consacrés à l’espace, à la nature, aux phénomènes météo et bien sûr à la réalité augmentée, aux drones et aux robots.

Chacun pourra y résoudre des énigmes, y fabriquer des produits ou des objets. Un camion XperiLab.be – avec neuf petits laboratoires – permettra aux jeunes de mener des expériences en biologie, chimie et physique. Liens entre causes et effets. Caractère reproductible d’une expérience. Apprentissage par essais et erreurs. Tout cela participe au développement de l’esprit scientifique. Le festival veut y contribuer. Il est gratuit, mais il faudra un Covid Safe Ticket ou passer un test négatif sur place (gratuit pour les moins de 18 ans).

Bruxelles est la première ville étudiante de Belgique. Des formations s’y donnent en français, en néerlandais et de plus en plus en anglais. Les étudiants étrangers sont toujours plus nombreux dans nos établissements. La Région a l’ambition de positionner Bruxelles comme ville de la connaissance et de la recherche. Et même si elle place un point d’interrogation derrière « ville de connaissance ? »,  Brussels Studies Institute a fait un bilan et a  analysé notre enseignement supérieur. Bruxelles, ville de la connaissance et de la recherche, ne se développera que si elle attire et forme suffisamment des chercheuses et des chercheurs.

Quels taxis voulons-nous  ?

On parle beaucoup du Plan Taxi de Rudi Vervoort qui tarde à venir *, on parle des propositions des taxis bruxellois  et de celles d’Uber, on entend les craintes des chauffeurs qui restent dans une insupportable incertitude, mais on n’entend rien à propos des utilisateurs de taxis. A croire qu’on a inventé le transport rémunéré uniquement pour créer de l’emploi. Dans la mobilité de demain le taxi pourrait occuper une plus grande place, s’il évolue et tient compte des besoins des Bruxellois. Une alternative occasionnelle à la voiture personnelle ? Un choix de société.

Qu’ont fait les taxis bruxellois du quasi monopole dont ils ont bénéficié pendant tant d’années ? Il a fallu l’arrivée d’Uber pour que des taximen créent enfin Victor Cab et se dotent d’une application performante. L’acceptation des cartes de crédit et l’obtention d’un ticket de course officiel restent toujours très aléatoires, tout comme l’itinéraire le plus court. Le métier ne serait pas rentable, mais ils se revendent à prix d’or les licences qu’ils ont reçues gratuitement de la Région. Ils peuvent bloquer toute la ville avec 100 véhicules et s’en servent en négociation. Ils vont manifester ce jeudi matin, tandis qu’Uber suspendra son App.

Si les utilisateurs des taxis bruxellois et des locations de voitures avec chauffeur LVC  (Uber, Heetch, …) accordent de l’importance à la protection sociale des chauffeurs – comme à celui des coursiers de Deliveroo – ils attendent aussi de la Région de mettre de l’ordre dans le secteur, sans revenir à la situation monopolistique, qui n’a pas été à l’avantage des utilisateurs. Ils attendent toujours l’arrivée des compteurs intelligents, qui délivrent des tickets officiels ou des factures et luttent contre le travail en noir. Ils attendent également un incitant pour des taxis non polluants, de préférence à l’hydrogène, pour des raisons d’autonomie et de recharge rapide. Les utilisateurs ne peuvent être négligés dans ce véritable bras de fer bruxellois. 

image extraite d’une vidéo de BX1

Trois success stories bruxelloises

Issues de familles immigrées modestes, trois personnalités marquantes qui peuvent se réjouir de l’image alternative qu’elles contribuent à donner des enfants de l’immigration bruxelloise. Leurs combats contre la discrimination et l’injustice a été le moteur principal de leur réussite. Si deux d’entre elles ont su comment tirer profit de la qualité de notre enseignement supérieur, le troisième n’a pas fini le secondaire inférieur, mais s’est avéré un véritable self made man. Bruxelles peut être fière de les compter parmi les talents de la ville et les remercie pour le travail qu’elles partagent avec leurs équipes.  

Leila Belkhir. De père tunisien venu en Belgique pour être ouvrier chez Caterpillar, elle reçoit en héritage une éthique du travail : « bien travailler en classe » pour aller au maximum de son potentiel. Toute jeune, elle veut  déjà devenir médecin, « pour soigner ». Et elle y arrivera brillamment. Aujourd’hui infectiologue interniste – experte Covid reconnue – elle s’est engagée et au service de ses pairs. Elue au Conseil médical des cliniques Saint-Luc, elle y est est la seule femme. Vous en saurez bien plus ICI sur son attachante personnalité.

Fatima Zibouh. Elle a grandi à Molenbeek. Elle y a pris conscience des questions d’inclusion et de diversité. Son père était électricien, sa mère n’a jamais été à l’école. Elle, qui n’avait pas de livres à la maison, est la seule à entrer à l’université. Après avoir obtenu sa licence en sciences politiques à l’ULB, elle poursuivra à l’UCL et à l’ULiège, où elle vient d’être reçue docteur. Elle se bat avec conviction contre le nationalisme et le repli communautaire. Aujourd’hui, toujours d’humeur joyeuse, elle assume la responsabilité d’Actiris Inclusive et s’engage dans de multiples actions citoyennes. En savoir bien plus ICI.

Ibrahim Ouassari. Né à Molenbeek, dans une fratrie belgo-marocaine, sa famille compte des ingénieurs, un juge et une soeur universitaire. Malgré ces rôles modèles, lui il quitte qui l’école à 13 ans et est la déception de sa famille. Après divers métiers qui ne lui procuraient pas de sens, à 18 ans, il tombe dans l’informatique par hasard. « Vas sur Internet et débrouille-toi »» est sa formule. Il deviendra consultant, créera des entreprises et sera le co-fondateur de Molengeek, une entreprise peu banale, qui forme des jeunes sans diplôme à l’informatique et au codage. On parle de Silicon Valley belge. Les visites se suivent, dont celle du CEO de Google qui offrira un soutien financier. Ibrahim est nommé administrateur à Proximus. Il devient lui-même un rôle modèle pour les jeunes de Molenbeek. La suite c’est ICI

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Un tourisme nouveau à Bruxelles ?

Les hôtels et leurs nombreux personnel de chambre attendent le retour des touristes, tout comme les marchands de souvenirs, les lieux de restauration et les débits de boissons. Ils ne font pas qu’attendre, ils insistent auprès des autorités et de VisitBrussels, pour un retour rapide à la situation d’avant Covid. N’est-ce cependant pas l’occasion de réfléchir sur le type de tourisme que nous souhaitons pour Bruxelles  à l’avenir ?

Un certain tourisme de masse et les hordes de visiteurs, cornaqués par leur guide, ne nous ont-ils pas montré les limites de cette activité ? que nous n’acceptons pas de qualifier d’industrie. Manque de respect pour les visiteurs comme pour les visités. La découverte de notre ville ne peut évidemment être réservée aux nantis qui dépensent beaucoup d’argent, ni même aux personnes très cultivées. Si tout le monde doit avoir le droit de visiter Bruxelles, l’offre ne peut se limiter à Manneken Pis, aux gaufres, aux frites et à la bière. Ne serait-il pas souhaitable de favoriser du lien entre les locaux et les visiteurs ?

Amsterdam a réfléchi à l’image que la ville veut donner d’elle. Elle a pris une série de mesures  intéressantes que vous trouverez dans un article de Géo et un autre plus détaillé dans le journal  Le Monde. La location touristique b&b y est  restreinte à 60 nuits maximum par an. Les beer bikes – bars à pédales – ont été interdit, de même que toute nouvelle ouverture d’hôtels et de magasins de souvenirs. « Bienvenus, pour profiter de la vie nocturne, mais pas uniquement pour fumer du cannabis et pisser dans les canaux. Non aux Anglais déguisés en pénis gonflables ». Qu’en pense VisitBrussels ? et le bourgmestre Philippe Close, partisan des grands événements et du folklore brassicole, qui attirent les foules à Bruxelles, en vue de remplir les hôtels, qui génèrent beaucoup d’emplois peu qualifiés ?

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