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Réunir le haut et le bas.

A deux pas de la cathédrale, la Banque Nationale et son Imprimerie ont tenté réunir le haut de la ville au bas, suite à la balafre laissée par la jonction Nord/Midi. Tournées sur elles-mêmes par leur fonction, ces constructions ont fait des boulevards  Pacheco et Berlaimont un glacis sinistre affecté au stationnement des autocars.

Un promoteur a acquis  les 20.000 m2 de l’Imprimerie, non pour la raser, mais pour l’adapter à de nouvelles fonctions urbaines. Rejoint par Mix – à qui nous devons déjà la réaffectation de la Royale Belge à Boitsfort – ils vont s’atteler à créer au Fifty Six, 30 logements, un hôtel de 78 chambres, un salle de fitness, une piscine de 25 m, une boulangerie, deux restaurants et 5000 m2 de bureaux. BX1 et Bruzz en parlent aussi.

Avec les logements et l’école  déjà installés  en face, dans l’ancienne Cité administrative, la tentative de créer là-bas un véritable quartier reste une gageure, mais elle ne semble pas faire peut aux entrepreneurs, qui comptent aussi sur la Ville pour y aménager un véritable boulevard urbain. Petit à petit, la rupture occasionnée par la jonction Nord/Midi pourrait finitrpar se cicatriser. Plus d’images ICI.

Esquisses depuis la rue St Laurent et depuis le boulevard Pacheco

Le baiser de la mort.

C’est le titre d’un édito de Mediapart sur la situation française. Il n’est pas sans intérêt pour nous, dont le gouvernement fédéral est aussi incité à faire baisser artificiellement le prix des énergies fossiles (carburants et gaz) en en subsidiant la consommation … qu’on aimerait  bien voir baisser.

« Ne pas le faire, c’est exposer les personnes dépendant au quotidien de leur véhicule pour aller travailler dans un insupportable étau entre leur besoin de se déplacer et leur incapacité de se le permettre. C’est bien la responsabilité des gouvernements successifs, qui se sont montrés incapables de libérer les concitoyen·nes de leur dépendance aux carburants fossiles. »

Le faire, c’est pousser à la consommation et donc à une production accrue de gaz à effet de serre. A tout le moins faudrait-il cibler les publics bénéficiaires de ces mesures et d’y faire participer les géants pétroliers, qui se gardent bien de reconnaître leur part de responsabilité dans ces difficultés.

« Les scénarios de décarbonation, les plans de financement, les innovations technologiques, la motivation de grands acteurs institutionnels, la mobilisation d’une partie de la société étaient sur la table. »

Bravo, on se débrouille.

Nos gouvernants restent muets. On le relèvera plus loin. La bonne nouvelle c’est que les Bruxelloises et les Bruxellois se débouillent. Ils et elles font comme ils peuvent avec les moyens du bord. Ceux qui peuvent se le permettre se ruent sur les brumisateurs, les ventilateurs, les rideaux isolants, voire même les climatiseurs. Les autres sur les ventilateurs de poche, les feuilles d’aluminium, les tissus mouillés, les douches froides, un plongeon dans le canal, …

« Alors que les citoyens sont écrasés et étouffés par une crise exacerbée par le réchauffement climatique, nos gouvernants, si prompts à saturer l’espace public sur les risques de guerre et les analyses budgétaires, sont totalement muets » écrit Béatrice Delvaux.  Elle interroge: « Où en est l’isolation des logements, des lieux publics et des crèches ? Où en est la verdurisation des espaces urbains, des cours d’école et des toits ?  Michel De Muelenaere en dit plus sur ces silences. L’expert Coppieters désavoue le ministre Coppieters …

Ce qui nous arrive n’est pas une surprise et se renouvellera. Si chaque parti prétend se préoccuper du changement climatique, ce n’est manifestement plus une priorité pour grand monde. Pas de plan à long terme et de maigres budgets, alors que des solutions existent. L’économie prime. La réunion de concertation canicule annulée par la Flandre. Quelques communes sortent des plans à la hâte. Après avoir minéralisé toutes ses places publiques pour y accueillir des événements, la Ville de Bruxelles sort son Plan Canicule.

Taxation au lieu de travail.

Taxer au lieu de travail. Ce n’est pas la première fois que le philosophe et économiste Philippe Van Parijs essaye de tempérer mon ardeur sur la taxation du revenu sur le lieu de travail. Il estime que ce n’est pas une solution pour le refinancement de Bruxelles. Magali Verdonck, docteure en économie ULB estime que l’argument est plus difficile à défendre depuis la généralisation du télétravail et très difficile à opérationnaliser.

Elle précise qu’en Région wallonne et en Région flamande un Fonds des communes permet d’organiser une redistribution entre zones rurales et zones urbaines. Bruxelles ne peut bénéficier d’aucune zone rurale. Il ne faudrait pas se retrouver dans la même situation que la récente réforme de la TVA ou de l’indexation partielle des salaires, qui engendrent un travail administratif disproportionné par rapport à l’avantage obtenu.

Philippe Van Parijs estime que l’allocation de solidarité a pour effet (non anticipé) que la part de l’IPP attribuée à Bruxelles  est supérieure aux autres Régions, alors que la 6e réforme de l’Etat était supposée avoir mis fin à cette anomalie. Une meilleure taxation des donations et des héritages serait une meilleure solution, mais elle est bloquée par la concurrence fiscale.
Pour plus de précisions, vous trouvez ICI leurs réactions complètes.