Archives de catégorie : Travail

Une place pour la voiture

Billet d’humeur

Au fil du temps, la voiture a pris tout l’espace disponible en ville pour circuler et pour stationner, très progressivement à partir de l’Expo 58 et sans réelle opposition. Les allées arborées de la petite ceinture et de l’avenue Louise ont laissé la place à toute une série de voies rapides et de tunnels. Des véritable autoroutes urbaines ont pénétré plus profondément dans la ville, reléguant les piétons sur d’étroits trottoirs et ne laissant aucune place pour les cyclistes peu nombreux. La ville devait s’adapter à la voiture ou mourir.

La voiture reine et le règne de la voiture dite « de société » ont permis à de nombreux Bruxellois de loger de plus en plus loin de leur lieu de travail. Dans de vertes campagnes brabançonnes, dénuées de transports en commun, qu’ils ont mitées avec leurs villas quatre façades et avec les émissions de gaz à effet de serre de leurs puissantes berlines. C’est aussi là qu’il payent leurs impôts. Mais les temps changent et le partage équitable de l’espace public entre tous ses usagers devient la norme.

Même remise à sa place, la voiture a cependant toujours droit à sa place en ville, parce qu’elle reste encore indispensable pour toute une série de personnes et de professions, malgré le développement des transports en commun et des voitures partagées. ll ne peut cependant s’agir d’une revanche. Il ne s’agit pas de faire de l’automobiliste un paria. Il faut lui laisser accès à des stationnements souterrains qu’il doit accepter de payer. Il faut le laisser circuler en ville, mais à vitesse réduite et sans polluer l’air. N’est-ce pas à ce prix que la voiture personnelle peut espérer une place dans la ville du futur ?

Un Etat moins complexe

D’ici 2024 – et pour la première fois dans notre histoire – la réforme de l’État va faire l’objet d’une véritable réflexion, sans aucun tabou. Les vraies questions vont remonter à la surface. Des questions auxquelles les citoyens vont être invités à répondre. Autant s’y préparer. Véronique Lamquin nous y a conviés ICI il y a un an. Aujourd’hui, dans cet article pionnier publié par De Tijd, c’est Willem Sas – professeur d’Economie publique – qui estime que la place de Bruxelles et la relation des Flamands et des Wallons avec leur capitale seront cruciaux à cet égard. En voilà une traduction libre.

Une structure moins complexe, comme en Suisse ou en Allemagne, présente déjà un avantage majeur: la transparence. L’électeur a plus de chances de savoir qui mène la barque, et les politiciens ont moins de chances de s’en tirer en prétextant que le pouvoir est ailleurs. Moins de postes, plus d’influence. Que pouvons-nous attendre d’une Belgique à quatre ? était aussi la question posée par Sven Gatz à un panel d’universitaires. Un lecteur nous a transmis leur rapport complet ainsi que sa synthèse.

Au cours du workshop organisé par Re-Bel avec Willem Sas et Benoît Bayenet, deux aspects importants avaient déjà été épinglés :
– Les budgets des matières communautaires sont tous deux en fort déficit (moins visible côté flamand en raison de la fusion Région-Communauté). Il est donc inévitable que le transfert de ces matières à la Région bruxelloises augmenterait son déficit.
– Des dépenses communautaires – telles que les subsides accordés à l’enseignement supérieur néerlandophone bruxellois –  à charge de Bruxelles n’est pas logique. Les auteurs postulent que la Région flamande financerait l’enseignement supérieur néerlandophone à Bruxelles en proportion des étudiants qu’elle y envoie.

Un pentagone plus mobile

Le compromis bruxellois

La Ville de Bruxelles vient de divulguer le nouveau plan de mobilité qu’elle a concocté pour le pentagone. Fruit de longues négociations, particulièrement ardue entre PS et Ecolo/Groen, il débouche sur un compromis. Il n’est donc pas radical, mais devrait améliorer la qualité de l’air et de la vie des habitants du centre et mettre fin aux embouteillages quotidiens. On est encore loin de la politique de mobilité douce de Gand, mais c’est une étape dans la même direction. ICI les premières réactions de la société civile.

Dans le pentagone, moins de 30 % des ménages disposent encore d’une voiture. Seulement 16 % des chalands et 21 % des travailleurs viennent au centre-ville en voiture. Empêcher les automobilistes d’arriver au centre n’est cependant pas l’objectif, le but est d’éliminer le trafic de transit. Il sera renvoyé vers la petite ceinture. Priorité est donnée aux transports publics, tout comme l’attribution de plus de place aux piétons et aux cyclistes.  Peu de stationnement en voirie, mais une série de parkings publics connectés où laisser sa voiture, avant de déambuler à pied ou en transport en commun. Reste à espérer que le bus 33, qui relie la Porte Louise à Dansaert, améliore sa cadence actuelle d’un passage … toutes les 20 minutes !

Vous trouverez ICI la synthèse du plan,  une carte  bien plus détaillée et les 27 points de changement repérés par Le Soir.  Vous verrez les grands axes de circulation maintenus, les nouvelles pistes cyclables et une attention particulière portée à une série de carrefours particulièrement dangereux. Si vous ne vous y retrouvez pas sur les plans, faudra attendre jusqu’au 16 août, pour assister à la mise en service sur le terrain. Une évaluation de la situation aura lieu un an plus tard. Un bouleversement qui sera vivement commenté mais qui a le mérite d’exister.

photo Bruzz

Bright Brussels

Le festival des lumières

Les technologies lasers et LED du futur se donnent rendez-vous à Bruxelles pour une promenade nocturne lumineuse. Bright Brussels, c’est le festival des lumières pour illuminer votre hiver. Cette année il se déroulera au Quartier Royal, au Quartier Européen et au Quartier Flagey. Trois parcours, reliés entre eux par des réverbères teintés de rose destinés à vous guider.

Du 10 au 13 février, quatre soirées de 19 à 23h pour partir à la découverte d’une vingtaine d’œuvres artistiques immersives et poétiques. Pour vous donner un avant-goût de ces œuvres, vous pouvez vous rendre sur le site de Bright Brussels. Au Parc Royal, Sibelga vous propose pour la première fois un vaste Light Market, pour réparer vos luminaires endommagés ou en acquérir un ancien remis à neuf.

Les musées le long du parcours seront exceptionnellement ouverts la nuit, notamment l’Albertine avec l’impressionnante librairie des Ducs de Bourgogne et le musée du Cinquantenaire qui révèle l’art aborigène d’Australie. Vous pourrez aussi profiter d’une  vue exceptionnelle sur Bruxelles  la nuit depuis l’arcade du Cinquantenaire à 65m de hauteur. Il vous faudra bien deux soirées pour vous plonger dans les méandres de Brussels by Night. Enfants bienvenus. Infos pratiques ICI.

Covid Safe Ticket uniquement pour accéder aux lieux intérieurs (œuvres et musées). Port du masque est obligatoire sur les différents parcours .

Salaires trop bas

Achats trop chers

Nos entreprises se portent bien et les faillites sont en baisse. Tant mieux. La progression des marges bénéficiaires des entreprises indique cependant  que nous payons nos achats trop cher, voilà ce que l’on peut lire dans un article du journal économique L’Echo. Il précise : qu’une part croissante de la richesse créée par ces entreprises va dans la poche des actionnaires et non pas des salariés. Une opportunité pour relever les salaires au-delà de l’indexation et particulièrement les salaires les plus bas. ?

Le phénomène semble être mondial. En cause: le déficit de concurrence dû à la montée en puissance de grands groupes qui réussissent à expulser du marché les plus petits acteurs, ce qui leur permet de relever leurs prix sans crainte de perdre des clients. Mais pourquoi cette évolution est-elle bien plus prononcée en Belgique que dans le reste de l’Europe, comme vous le voyez dans le tableau en annexe ?

« Le gonflement des marges bénéficiaires de ces dernières années nous interpelle assurément, mais pour bien l’interpréter, une analyse plus approfondie serait nécessaire », déclare le patron de l’Autorité belge de la concurrence (ABC), Jacques Steenbergen. Mais, faute de moyens, nous n’avons plus effectué de recherches sectorielles ciblées depuis de nombreuses années. » Et les résultats d’une analyse de la Banque nationale ne sont pas attendus de sitôt.