Archives pour la catégorie Travail

Gilets jaunes, gilets verts et cagoules noires

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  • Gilet jaune: « Nous somme surtaxés. L’essence et l’électricité ne sont pas des produits de luxe. Je ne vais jamais en vacances et mon salaire temps plein ne suffit pas. Ils vont tuer la classe moyenne » dit une mère de famille à Schuman. Témoignage du vécu des manifestants.
  • Gilet vert: « Le vrai enjeu est d’éviter que les gens qui sont les perdants de la mondialisation entrent dans une logique de radicalisation, y compris anti-climatique ». dit Nicolas van Nuffel, porte-parole de la Coalition Climat.
  • Cagoule noire: « En finir avec le capitalisme. Faites payer les riches » hurle un anonyme en noir, dont nombre de partenaires se sont trouvés isolés préventivement. Kairos proteste.

Une transition écologique s’impose, sans délais et avec beaucoup de pédagogie. Faut-il la faire payer par ceux qui peinent déjà à finir le mois ? La crise écologique est là, plus perceptible que jamais, mais son financement révèle l’explosion d’une crise sociale latente.  » Les riches toujours plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres « . C’est bien d’une crise du partage qu’il s’agit. Il va falloir la résoudre avant de taxer ou d’interdire tout ce qui engendre le changement climatique en cours. Augmentation des bas salaires, primes, crédit d’impôts, allocation universelle de base ? Les outils sont sur la table, il va falloir faire des choix et affiner. Avec la N.VA en moins, le gouvernement fédéral va-t-il s’y atteler ? et quid des Régions ?

Ce n’est peut-être pas (encore) le grand soir, mais ne sommes-nous pas dos au mur ?
– Ne rien faire, verra inévitablement des cohortes de réfugié « climatiques » envahir les pays épargnés et mettra l’espèce humaine en péril.
– Taxer indifféremment tous les citoyens pour financer la nécessaire transition écologique, ne peut qu’alimenter une révolte des plus démunis, qui finira par exploser.
« Quand les règles deviennent illégitimes, il faut à un moment les transgresser ».
Extinction Rebellion s’y prépare et s’y est déjà lancé à Londres.

Le 30 novembre, dans L’Echo, Frédéric Rohart se risquait déjà à faire le point.

Happy Monday: le parcours d’intégration débarque

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A Bruxelles, à partir de 2020, il sera obligatoire de participer à des cours de langue (français ou néerlandais) et d’orientation sociale, pour les primo-arrivants de moins de 65 ans qui séjournent en Belgique depuis moins de 3 ans, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 2.500€. Une info résumée en français, en néerlandais, en anglais et en allemand par VRT NWS.

La Flandre à rendu ce parcours Integratie en Inburgering obligatoire, avec un certain succès, depuis plus de 10 ans et la Wallonie l’a imposé en 2016. A Bruxelles, ce parcours n’était pas obligatoire et l’offre de formation insuffisante. Le parcours sera finalement obligatoire en 2020, avec la collaboration des Bureaux d’Accueil des Primo-Arrivants de la CoCoF et de l’agence flamande Agentschap Integratie en Inburgering. Si les communes sont chargées d’informer les nouveaux arrivants de ce caractère obligatoire de la formation, il suffira de la suivre, sans obligation de résultat, pour obtenir une attestation de fréquentation … à défaut d’avoir prévu une petite cérémonie  de bienvenue officielle et joyeuse dans la communauté bruxelloise.

Même si (beaucoup) trop tardive, je me réjouis de cette mesure, cependant controversée. Faut espérer que les budgets suivront. L’apprentissage de la langue de la ville d’accueil est la clé du processus d’intégration des nouveaux arrivants. Une initiation à la vie culturelle et sociale de Bruxelles doit aussi leur permettre d’élargir leur horizon et de savoir où ils mettent les pieds. C’est évidemment trop tard pour toutes les personnes d’origine étrangère qui ont dû se débrouiller seules depuis tant d’années. Comme cette formation ne peut être imposée aux ressortissants de l’Union Européenne – qui constituent actuellement la majorité des nouveaux arrivants – ce pourrait malgré tout être un coup dans l’eau.

Un WE pas comme les autres

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Vendredi, et peut-être samedi, le peuple des bas salaires en gilets jaunes brave les interdits et manifeste à Bruxelles contre la hausse du prix des carburants, impayable pour certains d’entre eux. Ils se font déborder par quelques casseurs.

Dimanche, la Coalition Climat, ses sympathisants et vous ? vont défiler –  avec autorisation – de la Gare du Nord au Cinquantenaire, pour demander de taxer davantage tous les carburants, afin d’en limiter la consommation et de lutter contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air.

Pouvons-nous dire au nom des Bruxellois ?

OUI, il faut augmenter le prix de tous les carburants pour diminuer la pollution de l’air et le réchauffement climatique, mais d’autres mesures doivent accompagner cette décision.

OUI, il faut que l’argent récolté soit utilisé pour soutenir la transition énergétique.

OUI, il faut augmenter les plus bas salaires, pour permettre à ceux qui ne peuvent se passer de voiture pour travailler de remplir leur réservoir et de nourrir leur famille dans la dignité.

OUI, il faut aider les Bruxellois à vivre regroupés dans une ville apaisée, pour éviter bien des navettes inutiles pour aller travailler, pour conduire les enfants à l’école, pour faire des courses en périphérie , …

OUI, il va être indispensable de changer de mode de vie pour que la ville et la planète restent habitables par l’espèce humaine.

En finir avec les substituts salariaux

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On fait la file à cantine du gouvernement flamand à Tour et Taxis pour ses sandwiches à 1,40€ emportés à pleins paniers et son plat du jour à 4€, comme l’annonce Bruzz qui cite De Morgen. Réservée aux fonctionnaires, la cantine est un avantage extra légal dont ils sont obligés d’exclure les « visiteurs » de plus en plus nombreux à tenter d’en profiter.

Les entreprises et les administrations ne paient pas de cotisations sociales sur ces avantages offerts à leur personnel et constituent donc une sorte de concurrence déloyale vis à vis des restaurants. On connaissait déjà cela avec les « véhicules de société », alors même que la mise à disposition du véhicule et (dans la plupart des cas) du carburant est un substitut clair à une partie des rémunérations et contribue à l’engorgement des routes.

« La taxation sur le travail élevée explique en partie le succès des modes alternatifs de rémunération en Belgique. Il peut donc sembler logique d’envisager ce dossier dans le cadre d’une réforme fiscale large, allant dans le sens d’une diminution de la fiscalité sur le travail et d’une augmentation sur d’autres secteurs tels que les ressources ou le capital. Le débat sur les voitures de société est toutefois rarement objectif et serein ». Les défenseurs du système comme ses détracteurs ont en effet tendance à verser dans un discours simpliste, mobilisant raccourcis et approximations, c’est pourquoi IEW y consacre un dossier en vue d’objectiver la situation.

Un lecteur de Bruzz propose une solution bien plus simple : Geef iedereen het loon waar ze recht op hebben en schaf alle extra voordelen af. Waarom moeten broodjes gesusidieerd worden? Waarom moeten sommigen 3 x meer betalen voor hetzelfde product omdat ze voor een kleine werkgever werken in niet voor een groot (overheids)bedrijf?

 

 

http://www.iew.be/IMG/pdf/voituressociete.pdf

Des salaires plus élevés qu’annoncé

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La moyenne des salaires des Bruxellois est bien plus élevée que ne laissent croire les tableaux de Statbel. J’avais déjà attiré votre attention sur le fait que les salaires des Bruxellois résidant en périphérie n’étaient pas comptabilisés dans ces statistiques. Philippe Van Parijs réagit en détaillant le phénomène (1) et en mentionnant aussi les fonctionnaires internationaux et les diplomates, qui bénéficient de salaires confortables et paient évidemment des impôts dans leur pays d’origine, mais pas chez nous.

Il poursuit en écrivant « Ce n’est pas parce que ces revenus échappent à l’IPP belge (donc aux additionnels régionaux et communaux) et de ce fait aux statistiques aisément collectables qu’ils n’existent pas. Au minimum, pour avoir une comparaison sensée, on devrait enlever du dénominateur une estimation du nombre de fonctionnaires internationaux et de diplomates résidant dans chaque région ».

Il joint également une carte blanche, publiée en 2010 dans le Soir et De Standaard, où il attire l’attention (en page 2)  sur la triple spécialisation démographique de Bruxelles (qui se distingue de la Flandre et de la Wallonie). C’est essentiel, selon lui, pour bien interpréter les données – et surtout pour penser l’avenir de Bruxelles et du pays.

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(1) Les allocation familiales et les revenus d’intégration ne sont pas inclus dans les salaires collectés, mais ce biais est dérisoire par rapport à la non-prise en compte des dizaines de milliers de Bruxellois qui “gagnent lourd”, souvent même très lourd, mais dont le revenu n’est pas soumis à l’IPP fédéral belge. Au fil du temps, les “eurocrates” et autres diplomates et fonctionnaires internationaux sont proportionnellement de plus en plus nombreux à habiter dans la RBC (notamment en raison de la réduction de la taille moyenne de leurs ménages) et en plus, beaucoup d’eurocrates (généreusement) pensionnés continuent à résider à Bruxelles. Le résultat est, dans les « beaux quartiers », l’éviction de contribuables belges aisés (décédés ou partis en périphérie) remplacés par des ménages encore plus aisés, mais dont le revenu déclaré, étant nul, “appauvrit” la population bruxelloise dans les statistiques.