Archives pour la catégorie Travail

Attirer des talents en 2019

___________________________________________

Il est capital pour le développement d’une ville d’être capable d’attirer des talents. Athènes, Rome, Constantinople ou Angkor leur doivent leur grandeur passée. Aujourd’hui, New-York, San Francisco, Honk-Kong, Singapour, Berlin ou même Zürich leur doivent leur attractivité de hub. Bruxelles – petite ville mondiale – profite de son statut de capitale européenne, pour attirer des talents de tout le pays, de toute l’Europe et même de tous les continents. Des cerveaux, des personnes entreprenantes, mais aussi des architectes, des intellectuels, des poètes, des musiciens, des artisans, des artistes …

Un Hit Parade a été dressé en 2018 par IMD World Talent Ranking Report. Loin de couvrir toute la panoplie des talents, il s’avère  plutôt centré autour des aspects éducatifs et financiers. Les chercheurs ont analysé les performances de 63 pays sur le plan « education, apprenticeships, workplace training, language skills, cost of living, quality of life, remuneration and tax rates ». On peut toujours s’interroger sur les critères et la méthodologie mis en oeuvre pour réaliser ce classement, mais vous en trouverez les résultats complets sur le site IMD et l’analyse des résultats par CNBC ICI.

Selon le directeur d’IMD, les pays placés dans le top 10 des hubs ont en commun un investissement important en matière d’éducation publique et une bonne qualité de vie, qui leur permettent de développer le capital humain de la population locale et d’attirer des personnes très qualifiées de l’étranger. Les pays qui ne répondent pas positivement à ces deux critères descendent régulièrement dans le classement, comme la Chine, Hong-Kong, la Grande Bretagne, la Slovaquie ou les Philippines.

En tête du classement, il est assez surprenant de trouver 10 pays européens (sauf le Canada). Avec la Suisse en n°1 et la Belgique en n°11, mais juste devant les USA et Singapour …
Belle performance belge, mais il faut savoir qu’en 2017, la Belgique caracolait encore en 3ème position ! Pour quelles raisons a-t-elle perdu 8 places en 2018 ?

Bruxelles: pauvres enfants pauvres

_________________________________________

Dans la riche capitale de l’Europe, des enfants ne mangent pas à leur faim et n’ont qu’une paire de chaussures. 15% sont en situation de déprivation. Une honte. Tout simplement inacceptable. Des familles n’ont qu’une vieille diesel pour aller travailler et ne peuvent plus entrer, ni circuler à Bruxelles. Nous revoilà face à la crise du partage de l’immense richesse générée par la ville.

La Rtbf consacre un article à la pauvreté des enfants sur base de l’excellente étude publiée par la Fondation Roi Baudouin. En Belgique on est considéré comme pauvre, si le ménage dispose de moins 885€ par mois. 885 euros ? même avec 1.000€ par mois, seriez-vous capable de payer un loyer et de faire vivre votre famille ? Dans la population sans emploi à Bruxelles, plus de 50% des enfants sont déprivés. En cause, des allocations sociales trop basses qui permettent tout au plus d’essayer de survivre. La Ligue des Familles commente. Voilà des conséquences et des statistiques.

En cause aussi, l’incapacité d’accéder aux emplois disponibles à Bruxelles par méconnaissance d’une langue véhiculaire et d’une formation. L’Allemagne d’Angela Merkel s’y est attelée avec succès. «  La langue est le principal obstacle à une bonne intégration. Mais (beaucoup de) réfugiés l’ont appris très vite et ont été en mesure d’occuper rapidement une place d’apprentissage. Pour la culture, c’est plus difficile mais nous apprenons l’un de l’autre », assure un patron allemand ravi, par contre des syndicats moins enthousiastes.

Gilets jaunes, gilets verts et cagoules noires

___________________________________________

  • Gilet jaune: « Nous somme surtaxés. L’essence et l’électricité ne sont pas des produits de luxe. Je ne vais jamais en vacances et mon salaire temps plein ne suffit pas. Ils vont tuer la classe moyenne » dit une mère de famille à Schuman. Témoignage du vécu des manifestants.
  • Gilet vert: « Le vrai enjeu est d’éviter que les gens qui sont les perdants de la mondialisation entrent dans une logique de radicalisation, y compris anti-climatique ». dit Nicolas van Nuffel, porte-parole de la Coalition Climat.
  • Cagoule noire: « En finir avec le capitalisme. Faites payer les riches » hurle un anonyme en noir, dont nombre de partenaires se sont trouvés isolés préventivement. Kairos proteste.

Une transition écologique s’impose, sans délais et avec beaucoup de pédagogie. Faut-il la faire payer par ceux qui peinent déjà à finir le mois ? La crise écologique est là, plus perceptible que jamais, mais son financement révèle l’explosion d’une crise sociale latente.  » Les riches toujours plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres « . C’est bien d’une crise du partage qu’il s’agit. Il va falloir la résoudre avant de taxer ou d’interdire tout ce qui engendre le changement climatique en cours. Augmentation des bas salaires, primes, crédit d’impôts, allocation universelle de base ? Les outils sont sur la table, il va falloir faire des choix et affiner. Avec la N.VA en moins, le gouvernement fédéral va-t-il s’y atteler ? et quid des Régions ?

Ce n’est peut-être pas (encore) le grand soir, mais ne sommes-nous pas dos au mur ?
– Ne rien faire, verra inévitablement des cohortes de réfugié « climatiques » envahir les pays épargnés et mettra l’espèce humaine en péril.
– Taxer indifféremment tous les citoyens pour financer la nécessaire transition écologique, ne peut qu’alimenter une révolte des plus démunis, qui finira par exploser.
« Quand les règles deviennent illégitimes, il faut à un moment les transgresser ».
Extinction Rebellion s’y prépare et s’y est déjà lancé à Londres.

Le 30 novembre, dans L’Echo, Frédéric Rohart se risquait déjà à faire le point.

Happy Monday: le parcours d’intégration débarque

______________________________________

A Bruxelles, à partir de 2020, il sera obligatoire de participer à des cours de langue (français ou néerlandais) et d’orientation sociale, pour les primo-arrivants de moins de 65 ans qui séjournent en Belgique depuis moins de 3 ans, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 2.500€. Une info résumée en français, en néerlandais, en anglais et en allemand par VRT NWS.

La Flandre à rendu ce parcours Integratie en Inburgering obligatoire, avec un certain succès, depuis plus de 10 ans et la Wallonie l’a imposé en 2016. A Bruxelles, ce parcours n’était pas obligatoire et l’offre de formation insuffisante. Le parcours sera finalement obligatoire en 2020, avec la collaboration des Bureaux d’Accueil des Primo-Arrivants de la CoCoF et de l’agence flamande Agentschap Integratie en Inburgering. Si les communes sont chargées d’informer les nouveaux arrivants de ce caractère obligatoire de la formation, il suffira de la suivre, sans obligation de résultat, pour obtenir une attestation de fréquentation … à défaut d’avoir prévu une petite cérémonie  de bienvenue officielle et joyeuse dans la communauté bruxelloise.

Même si (beaucoup) trop tardive, je me réjouis de cette mesure, cependant controversée. Faut espérer que les budgets suivront. L’apprentissage de la langue de la ville d’accueil est la clé du processus d’intégration des nouveaux arrivants. Une initiation à la vie culturelle et sociale de Bruxelles doit aussi leur permettre d’élargir leur horizon et de savoir où ils mettent les pieds. C’est évidemment trop tard pour toutes les personnes d’origine étrangère qui ont dû se débrouiller seules depuis tant d’années. Comme cette formation ne peut être imposée aux ressortissants de l’Union Européenne – qui constituent actuellement la majorité des nouveaux arrivants – ce pourrait malgré tout être un coup dans l’eau.

Un WE pas comme les autres

____________________________________________

Vendredi, et peut-être samedi, le peuple des bas salaires en gilets jaunes brave les interdits et manifeste à Bruxelles contre la hausse du prix des carburants, impayable pour certains d’entre eux. Ils se font déborder par quelques casseurs.

Dimanche, la Coalition Climat, ses sympathisants et vous ? vont défiler –  avec autorisation – de la Gare du Nord au Cinquantenaire, pour demander de taxer davantage tous les carburants, afin d’en limiter la consommation et de lutter contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air.

Pouvons-nous dire au nom des Bruxellois ?

OUI, il faut augmenter le prix de tous les carburants pour diminuer la pollution de l’air et le réchauffement climatique, mais d’autres mesures doivent accompagner cette décision.

OUI, il faut que l’argent récolté soit utilisé pour soutenir la transition énergétique.

OUI, il faut augmenter les plus bas salaires, pour permettre à ceux qui ne peuvent se passer de voiture pour travailler de remplir leur réservoir et de nourrir leur famille dans la dignité.

OUI, il faut aider les Bruxellois à vivre regroupés dans une ville apaisée, pour éviter bien des navettes inutiles pour aller travailler, pour conduire les enfants à l’école, pour faire des courses en périphérie , …

OUI, il va être indispensable de changer de mode de vie pour que la ville et la planète restent habitables par l’espèce humaine.