Archives pour la catégorie Sécurité

Un confinement alterné ?

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C’est la revue Sciences & Avenir qui annonce qu’une pré-publication en anglais – récemment acceptée dans la prestigieuse revue Nature Communications – affirme qu’un confinement alterné, une semaine sur deux, pourrait être aussi efficace que le confinement total de la population.

L’idée de l’équipe de chercheurs, majoritairement israélienne, serait de mettre en place un confinement alterné, où chaque foyer serait autorisé à sortir de chez lui une semaine, puis confiné la suivante, de façon à ce que seulement 50% de la population soit de sortie simultanément.

Pourquoi ça marche selon eux ? « C’est le théorème du ‘petit monde’, selon lequel dans le monde occidental, chaque personne est connectée à une autre par environ 5 poignées de mains« , explique le mathématicien Miquel Oliu-Barton. Même en affaiblissant les relations sociales par la distanciation, le réseau reste connecté, précise-t-il. « Mais quand on divise la population certaines personnes sont séparées par une distance infinie. Ça change tout« .

Je n’émets pas d’avis à ce sujet, mais vous vous pouvez vous faire votre propre opinion en lisant l’étude en anglais ou en parcourant ICI le résumé en français de Sciences & Avenir.

 

Des policiers agressés

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En contact plus fréquent avec la population, pour faire respecter les consignes sanitaires ou pour des opérations de trafic de drogues, des policiers bruxellois ont dû faire face à plusieurs reprises à la violence des personnes contrôlées. Une policière se dit écoeurée par l’inertie de notre système judiciaire. Le respect mutuel indispensable entre citoyens et forces de l’ordre était à l’ordre du jour de la rencontre programmée le 7 novembre par Aula Magna, elle sera finalement reportée au mois de janvier, face à l’absence de dernière minute d’une des trois personnes intervenantes.

Tout type de violence physique à l’encontre de qui que ce soit est intolérable. On vient cependant d’assister, tout récemment, à de multiples violences à l’égard de policiers en service à Ixelles ainsi qu’à Saint-Josse. La rapide remise en liberté provisoire des personnes arrêtées a ému et ne peut que renforcer un sentiment d’impunité dans le chef des agresseurs, même si cette remise en liberté ne signifie pas qu’ils ne seront pas sanctionnés. Le MR a voulu apporter son total soutien à la police par la voix du député bruxellois David Weytsman, chef de file MR à Bruxelles-Ville, qui a aussi réagit sur Twitter. Christos Doulkeridis, bourgmestre (Ecolo) d’Ixelles, veut une stratégie concertée contre la petite criminalité.

Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), s’est montré particulièrement décidé dans un article du Standaard (traduit ICI par DaarDaar). Il a immédiatement exigé que le parquet rende des comptes et promis la poursuite et la condamnation des agresseurs, s’il apparaît qu’ils ont commis des faits répréhensibles. Vu le principe de séparation des pouvoirs, « il a joué là avec les limites de ce qu’un ministre de la Justice peut se permettre : demander des explications, c’est autorisé, mais intervenir dans une affaire en cours, non ».

 

Happy Monday: une plante contre la covid-19

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Soigner la covid-19 avec une plante ? Ça se saurait. Pas si sûr. N’étant pas médecin, je me suis toujours abstenu d’émettre un avis sur les moyens choisis pour lutter contre le virus SARS-Cov-2. Si on parle sans cesse de vaccins, n’est-il pas étonnant que l’on parle si peu de traitements à utiliser dès les stades précoces, afin de diminuer les risques d’hospitalisation et de décès ?  On se souviendra de la saga de la chloroquine issue de la quinine. Aujourd’hui, c’est une autre plante utilisée contre la malaria, qui commence à faire parler d’elle pour lutter contre les effets de ce coronavirus chez les humains: l’Artemisia annua (armoise annuelle). Elle est connue depuis 2000 ans en médecine chinoise. Les soldats d’Ho Chi Minh se soignaient à l’Artemisia durant la guerre du Vietnam et elle a valu le Prix Nobel de médecine à la chinoise Tu Youyou dès 2015.

Voilà que cette petite plante très banale commence enfin à être évoquée avec intérêt, notamment par la RTBF. Il a déjà été vérifié qu’elle a une action in vitro sur le coronavirus SARS-Cov-2, responsable de la covid-19. Le très sérieux Institut Max Planck a constaté qu’elle prépare le corps et permet d’atténuer la charge virale. Des études sont en cours en Californie et des tests réalisés sur 360 patients au Mexique. La Maison de l’Artemisia fait le point sur ces recherches.

La vente de produits à base d’Artemisia a été interdite en Belgique comme en France. Voilà ce que dit le docteur Van Snick de ce blocage par les lobbies pharmaceutiques. Après brevets, faudra donc attendre que l’industrie pharmaceutique vende la plante sous forme d’artemisine pour s’en procurer. En phytothérapie, on constate cependant qu’il y a intérêt à utiliser la plante en « totum », la synergie de ses composants plutôt que le seul extrait de son principe actif. Le parasite développe très vite des parades face à une seule molécule, alors qu’il lui est plus difficile de contourner l’ensemble des propriétés de la plante. Mais voilà, une plante qui pousse partout, qui n’est pas chère,…  mais qui n’est évidemment en aucun cas brevetable.

photo extraite de La Maison de l’Artemisia

 

Big Brother

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Le Big Brother de George Orwell pointe son nez en Thaïlande, pour bonne cause corona bien entendu … Le gouvernement thai, qui compte de nombreux anciens militaires dans ses rangs, gère la crise avec beaucoup de fermeté et avec un indéniable succès. Il vient d’accepter le retour des hommes d’affaires et des étrangers retraités qui y disposent d’une résidence. Ils devront effectuer une quarantaine de luxe de 14 jours, assignés dans un grand hôtel désigné par les autorités et produire force certificats et assurances.

Le ministère de la santé vient d’annoncer une idée – déjà controversée – pour suivre les touristes étrangers qui entrent sur le territoire, en leur imposant un bracelet électronique. Ils pourraient être introduits très rapidement, comme un outil de lutte contre la pandémie de COVID-19. Ils permettent de suivre l’emplacement du porteur et sont également capables de mesurer le rythme cardiaque, la pression artérielle et la température du corps. Si une température corporelle supérieure à 37,5c est enregistrée, une alerte est automatiquement envoyées aux autorités sanitaires locales …

> Si vous êtes intéressés à suivre et participer au débat à propos de la police bruxelloise en ces temps de crise sanitaire, il se déroulera sur Zoom ce samedi de 10h à midi. Il est encore temps demander gratuitement le code d’accès à l’adresse bruxselscity@gmail.com

 

Maintenir le lien

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Les rues sont à nouveau désertes. C’est le confinement, saison 2. Retrouverons-nous la fraternité du balcon ? Avons-nous appris du premier confinement ? Ou avec l’hiver et les attentats, celui-ci sera-t-il plus dur à vivre ? Pour y survivre psychologiquement, Euronews a interviewé le psychiatre Serge Hefez, qui évoque d’emblée la nécessité du maintien du lien. « Ce qui permet de supporter les drames à répétition c’est de se sentir reliés les uns aux autres, c’est à dire de sentir qu’on participe d’une communauté, d’une société partageant la même communauté de destin, parce que son sacrifice est pour le bien commun ».

Des discours clivants commencent cependant à apparaître à Bruxelles à la faveur de communications gouvernementales hésitantes. La société se fragmente. Il y a le déni. Il y a les anti-masques et les anti-vaccins. Il y a ceux qui seront les privilégiés du virus, qui vont avoir du travail, contre certains commerçants ou gens du spectacle, qui sont les laissés-pour-compte. Il y a les personnes âgées, qui peuvent se dresser contre des jeunes pas assez prudents. Il y a ces attentats, qui pourraient monter les communautés les unes contre les autres, développer une islamophobie, dont les musulmans seraient les premières victimes. Ils pourraient nous faire perdre ce sentiment de fraternité, d’unité, de solidarité.

La société on la fabrique et elle nous protège. Le peuple multicolore de Bruxsels est encore en construction. Cela va demander plus d’efforts pour maintenir le lien, parce qu’il y a plus d’angoisse ou d’indifférence. « Il va y avoir une tendance au repli sur soi, surtout pour les personnes seules et âgées. Se forcer à téléphoner, envoyer des messages, participer à des réseaux sociaux de confiance ». Serge Hefez de conclure:  Partager, partager, ne pas se laisser confiner à l’intérieur de soi, dans cette solitude. Et The Conversation recommande très scientifiquement … de parler, pour maintenir le lien social pendant l’épidémie.