Archives pour la catégorie Sécurité

Une ville sans feux rouges

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En descendant la rue du Lombard, Manu – qui y habite depuis longtemps – est bien étonné, et un peu inquiet, de ne plus voir de feux rouges en arrivant au carrefour avec la rue du Midi. Voilà quelque temps qu’ils ont été enlevés sans avertissement. Les passages pour piétons ont été repeints. Les automobilistes habitués des lieux s’avèrent aussi étonnés que lui et s’engagent prudemment dans le carrefour. Les feux de circulation étaient omniprésents dans tout le paysage urbain du centre-ville. Sont-ils indispensables au maintien de voiries plus sûres ? En ajouter plus ? En supprimer ? La revue CityMetric (traduite en français) consacre un article de fond à cette épineuse question qui agite les villes.

Une ville sans feux rouges est-elle donc imaginable ?

En obligeant les conducteurs à ralentir pour examiner leur environnement, ils retrouvent leur capacité à adopter un comportement socialement responsable, alors qu’un feu vert leur donnait le droit de foncer, pour ne pas rater le suivant. Oui, à Bruxelles, les automobilistes s’arrêtent quand quelqu’un met son pied sur un passage piéton et souvent la personne les salue. En 2015 déjà, Le Soir titrait un article « Et si on supprimait les feux rouges ? ». Bien sûr cela ne convient pas partout, mais en de nombreux endroits, cela pourrait changer les mentalités et inciter à partager l’espace public plus courtoisement avec tous ses usagers.

Abbeville fut la première ville de France sans feux tricolores, suivie par Decize. Mais ce sont de petites villes direz-vous. Aujourd’hui, après Nantes, c’est Bordeaux qui expérimente la fin des feux rouges, avant Paris. Au final, cela semble modérer le trafic automobile tout en le fluidifiant. Priorité totale au piéton. Plus personne n’attend inutilement et comme tout le monde se montre plus attentif aux autres, il semble qu’il n’y ait pas davantage d’accidents.

Les Bruxellois ne s’en laissent pas conter


À l’automne 1356, le comte de Flandre, Lodewijk van Male, a conquis Bruxelles, la capitale du Brabant. Il voulait s’approprier le Brabant et se proclamer Duc de Brabant. C’était sans compter avec Everard t’Serclaes. Oui, oui, celui que l’on voit étendu sur le côté de la Grand-Place. C’est N-BB  Nieuw Brabantse Belangen qui relate l’histoire à sa façon (traduction libre).

Le 24 octobre, un groupe de partisans franchit les remparts de Bruxelles, près du Warmoesbroek où habitait Everard. Ils pénètrent jusqu’à la Grand-Place et réussissent à enlever la bannière de Flandre de l’hôtel de ville. Ils jettent le drapeau dans la rivière. Lorsque la population a vu l’étendard brabançon flotter à nouveau sur l’hôtel de ville, elle s’est rebellée et a chassé le reste des troupes de Flandre. Cette rébellion a ouvert la voie au retour du véritable duc de Brabant et a obligé le duc à garantir aux Brabançons des libertés étendues dans une Charte dite de la Joyeuse Entrée, dont le contenu est évoqué ICI.

Sans les actes héroïques d’Everard t’Serclaes et de ses compagnons, la révolte populaire ne se serait jamais manifestée. De l’avis de la N-BB, il mérite quelques statues supplémentaires à travers la ville … et d’ajouter ironiquement: avec la disparition prochaine de celles de Léopold II, il y aura de la place pour de nouvelles statues de ce véritable héros brabançon.

 

Le racisme: pas un sentiment mais un délit

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Plus de dix mille personnes se sont retrouvées pacifiquement à la place Poelaert, pour le respect de la vie et pour dire non à tous les racismes. Les exactions d’un groupe de casseurs professionnels ne peuvent occulter la dignité de ce rassemblement. Ce fut un plaisir de constater que la moitié des participants étaient des blancs, venus soutenir les revendications du mouvement Black Lives Matter. Si la distance physique fut impossible à respecter, la quasi totalité des manifestants ont restreint les risques en extérieur par le port d’un masque.

La police est-elle là pour nous protéger ? nous protéger tous ? Ce policier, responsable du meurtre de Georges Floyd, aura déclenché une réaction sans précédent en Europe, contre le racisme qui sévit trop souvent dans les corps de police … comme dans la population. Les policiers accusés de violence n’en sont souvent pas à leurs premières plaintes. Les dossiers ouverts par Unia et la Ligue des Droits Humains sont en hausse et s’ils ne concernent pas que Bruxelles et la police, ils y sont cependant largement majoritaires. Hamid Benichou nous fait part du cas d’un commissaire raciste, qui a été suspendu 3 mois – pas plus – après avoir tenu des propos très désobligeants envers un policier issu de la diversité en pleine intervention. Et ICI, Hamid parle de son vécu dans l’exercice de son métier de policier.

La Belgique fut pionnière, en adoptant en 1981, la « loi Moureaux » visant à réprimer les actes inspirés par le racisme ou la xénophobie, avec des sanctions à la clé. Mais près de vingt ans plus tard, un plan d’action national de lutte contre le racisme se fait toujours attendre. Une fois l’émotion actuelle retombée, le politique va-t-il vraiment s’emparer de la question du racisme bien épinglé par L’Echo ? La première ministre annonce la reprise de la conférence interministérielle contre le racisme, qui devrait accoucher d’un premier plan d’action national. Une étape.

Respect et forces de l’ordre

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Ces dernières semaines, la presse a relevé à plusieurs reprises des problèmes sérieux de manque respect au sein des forces de l’ordre, de manque des respect à l’égard de citoyens contrôlés et de manque de respect à l’égard de policiers en service. Il est fait état ICI de harcèlement sexuel au sein du personnel des zones de police, ICI d’interventions musclées ou risquées vis-à-vis de jeunes et ICI d’agressions de policiers dans l’exercice de leur fonction par des citoyens excités, sans parler des véhicules de police caillassés ou incendiés par des jeunes.

En démocratie, nul ne peut se faire justice lui-même. A Bruxelles, le maintien de l’ordre public est de la responsabilité des bourgmestres, qui disposent d’un corps de police pour faire respecter la tranquillité, la sécurité et la santé publiques. Les policiers ne peuvent agir que sur une base légale et leur intervention doit être proportionnelle au but poursuivi, selon la News Juridique d’Infor Jeunes. Chaque citoyen devrait éprouver le sentiment que la police est là pour faire respecter la loi avec équité, qu’elle est au service de toutes et de tous et qu’elle est là pour protéger chacun.

Pour être respectée, la police doit évidemment être irréprochable et mériter le respect qui lui est dû. Les harcèlements au sein du corps de police, les interventions musclées non justifiées et la fin tragique de plusieurs poursuites ont sérieusement entamé ce respect. Ces abus de pouvoir doivent être sanctionnés pour restaurer la confiance. Une partie de la population n’a plus confiance, ne se sent nullement protégée par la police et cela doit changer. A l’inverse, il ne peut – en aucun cas – être toléré que des représentants de l’ordre soient l’objet de violences physiques de la part de citoyens sur les sentiers glissants du sentiment d’injustice, de la colère ou de la trahison. Eux aussi doivent être immédiatement sanctionnés. Il en va du maintien de l’Etat de droit.

 

Profitez des UV et du masque

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C’est le chouchou des Bruxellois, Marius Gilbert, qui le révèle à la RTBF: les rayons UV du soleil détruisent le virus. On utilise d’ailleurs ces UV pour désinfecter les masques et Bruxelles Expo en installe à grands frais dans ses palais. Une publication scientifique montre que le virus, excrété dans l’air par un malade, ne survit que quelques minutes en plein soleil. Soyez donc à l’extérieur, donnez-y  rendez-vous à vos amis, là où l’air circule. Et avec un masque tissu, des facteurs qui limitent les risques.

Une nouvelle hypothèse commence aussi à voir le jour, dit Marius Gilbert, même si on ne comprend pas encore bien les mécanismes précis: il y aurait des personnes protégées. « Il se pourrait qu’une partie de la population serait ‘non infectable’ parce que ‘protégée’ par des mécanismes immunitaires pas encore identifiés à 100% et qui ferait intervenir les lymphocytes T ». On parle d’immunité croisée ICI et encore ICI.

Marius Gilbert appelle cependant à la prudence: « L’épidémie n’est pas terminée, il y a encore des transmissions et des personnes vulnérables. Et même si le virus devait disparaître de chez nous, il est encore présent ailleurs dans le monde et pourrait être réimporté. »