Archives de catégorie : Sécurité

Good Move à l’épreuve.

Deux lecteurs nous communiquent des photos d’une signalisation supposée aider les automobilistes à s’y retrouver dans les modifications de circulation liées à la mise en place des premières phases du plan Good Move. Force est de constater que cette signalisation n’aide personne et crée de la perplexité, si ce n’est de la révolte. Un sabotage ? Beaucoup d’autres photos – dont celle mythique prise à Uccle – pourraient démontrer qu’il ne s’agit pas de cas isolés, tout comme la demande de plus de clarté du Gracq, qui présente aussi un « code de la rue ».

Si les plans Good Move ont été étudiés par les experts du ministère de la Mobilité et de certains échevins communaux de la Mobilité, c’est à la police à procéder à l’installation de la signalisation routière adéquate. Mais quelle police ? Il y a des règles internationales à respecter et des règles du fédéral et puis celles du régional, mais après, le placement des panneaux de signalisation relève du ministère de la Mobilité pour les voiries régionales et de chacune des 19 communes pour les autres voiries !

A cette complexité s’ajoute encore les panneaux placés par les entrepreneurs de chantiers. Des panneaux parfois contradictoires, placés n’importe comment et à des hauteurs pas toujours adéquates, n’aident pas l’automobiliste à circuler paisiblement en ville et à en respecter les règles. Et s’il n’y avait qu’une Agence régionale de la signalisation routière, pourrait-on déjà espérer plus de compétence, de cohérence et de lisibilité ?

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Pour une ville plus féminine.

Conçue par des hommes pour des hommes, la ville à tendance à oublier que la moitié des hommes sont des femmes. Des pissotières pour hommes mais peu de toilettes publiques mixtes, peu de lieux pour nourrir ou changer un bébé, des espaces sportifs majoritairement occupés par des hommes et leur foot. Lorsqu’une fille se rend au skatepark, les garçons pensent qu’elle vient là pour draguer.

« On voit des garçons traîner partout, mais à partir de 9 ans, les filles disparaissent rapidement de l’espace public ». La ville pourrait être plus sûre et plus accueillante pour elles. C’est l’objectif du projet Girls Make The City, qui a démarré dans les Marolles. Mis en place par ZIJKant et Wetopia, il a aussi pu compter sur vingt-cinq jeunes femmes issues de six organisations locales, qui se se focalisent sur la recherche de solutions pour une ville plus inclusive.

C’est de manière festive qu’elles ont présenté trois actions visant à rendre les espaces publics plus accessibles aux filles et aux femmes « qui ne se sentent chez elles nulle part dans les rues ». Il s’agit d’aménagements et d’éclairage, mais aussi d’être plus présentes dans l’espace public. Chaque semaine le skatepark organisera des cours de skate et de patinage pour les filles, mais aussi du yoga, de la danse et de la capoeira. BX1 et Bruzz en disent plus.

Images extraites de la vidéo de BX1

Missions urgentes.

« Pin Pon » imite le bruit de la sirène des pompiers. Un message qui invite à leur céder rapidement le passage. Il y a longtemps déjà, que police et ambulances sont passées à d’autres sirènes à tons multiples, de plus en plus agressives et puissantes, plutôt qu’aux seuls gyrophares bleus. En ville, les sirènes constituent une source de nuisances sonores redoutables pour certains riverains, troisième après le bruit du trafic routier et celui du trafic aérien. 

Les sirènes ne peuvent cependant être actionnées qu’en cas de mission urgente … mais le code de la route ne définit pas ce qu’est une mission urgente. Lorsque des vies sont en danger, nul ne conteste l’usage des sirènes, mais pour escorter un fourgon bancaire ou un détenu en route vers le palais de justice, le gyrophare ne devrait-il pas suffire ? Sous la pression du collectif Stop Sirènes, la Région a préparé un projet d’arrêté qui devrait mettre un peu d’ordre en la matière.

Par contre, une lectrice nous signale que le tram, qui est dans l’impossibilité de freiner très rapidement, dispose d’un joyeux carillon, mais que son bref klaxon d’urgence de 91,5 à 93,5 dB(A) selon la STIB, n’est peut-être pas assez puissant pour être bien perçu dans la circulation. L’arrêté de la Région règlera-t-il aussi cela ?

Une fête gâchée.

Ce qui devait être une fête pour les Bruxellois d’origine marocaine s’est vite mué en une action violente de près de 200 jeunes, bien décidés à troubler l’ordre public à tout prix. Ils jettent ainsi l’opprobre sur toute la communauté marocaine de Bruxelles, privée du plaisir d’une victoire bien méritée, face à des Diable Rouges quelque peu usés et finalement peu inspirés.

Certains se demandent s’il va falloir supporter longtemps la présence d’un certain nombre d’individus sauvages, que leur propre communauté réprouve ? La ministre de l’Intérieur interroge: “Comment devrions-nous traiter les personnes qui ne veulent pas s’inscrire dans notre société ?“.

Les caméras de surveillance devraient permettre d’identifier plus que la dizaine d’émeutiers arrêtée en centre-ville. Il y a aussi ceux des places Etangs Noirs, Bara et Pavillon. Ce sera à la Justice de s’en occuper. Peut-on espérer qu’elle le fasse rapidement, pour que cela ait un sens et ne contribue pas à accroître un sentiment d’impunité ? En attendant, on peut se réjouir de voir des supporters du Maroc s’attacher à nettoyer les espaces ravagés.

photos Twitter (Klaas Geens)

Good Move polarise.

C’est à Schaerbeek, que l’opposition au nouveau plan de mobilité de la Région a atteint son paroxysme. Bornes arrachées, échauffourées, policiers et pompiers agressés: le conseil communal, épouvanté, décide de reporter la mise en œuvre de ses réformes. Au grand dam de leurs partisans, qui bataillaient depuis des années pour rendre le quartier plus sûr, la vie plus saine, plus calme, plus douce… Le projet aura donc capoté juste avant de se concrétiser. Recalé ou reporté ? Bruzz s’explique ICI.

Le journal De Morgen vient de consacrer une analyse approfondie aux origines de ce phénomène de polarisation. Traduit par DaarDaar, l’article vaut la peine d’être lu. Il pose une question fondamentale: à qui appartient la ville ? D’un côté, des citadins sensibles à la cause écologiste, engagés et souvent très diplômés; de l’autre, une classe moyenne inférieure et des riverains moins qualifiés, qui tiennent à leur voiture et deviennent les alliés de tous ceux qui s’opposent une évolution de l’automobilité.

En forte compétition à Bruxelles, les partis tentent de tirer profit d’une émotion grandissante. MR et PTB même combat ? Socialistes communaux contre socialistes régionaux ? Coalitions divisées, la question de la mobilité prend des airs de… lutte des classes. L’instauration des zones de basses émissions avait déjà suscité des sentiments similaires. On ne gouverne pas contre le peuple. Là, où la communication fut la plus défaillante, la révolte s’est avérée la plus forte. En tirera-t-on les leçons avant d’en arriver à une bataille de gilets jaunes ?

photos extraites de l’article de la VRT et de Bruzz