Archives pour la catégorie Sécurité

Dé-radicalisé ? Vous avez dit dé-radicaliser ?

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Dé-radicalisé ? A la question posée par RTL » Avez-vous changé ? « ,  Jean-Louis Denis – sorti de prison en homme libre après 5 ans de détention en section  » Deradex «  de haute sécurité pour avoir recruté des combattants pour la Syrie – réaffirme ICI ses convictions religieuses et rétorque directement:  » Vous avez l’impression que j’ai changé ? ». « La torture psychologique ne fait que les renforcer (les détenus radicalisés) dans leurs convictions ». Pour lui c’est clair : « Islam n’est pas compatible avec la démocratie ». Son avocat en dit plus ICI. Et à Londerzeel on a peur de le voir arriver.

Itinera a demandé un rapport sur notre programme de dé-radicalistion à une sociologue criminologue de l’Université de Rotterdam. Elle flingue nos mécanismes de prévention et de détection du radicalisme. « Il n’y a aucune manière de prévoir ou d’anticiper le fait qu’un individu devienne ou non à terroriste. Ni en investissant dans la dé-radicalisationr. » sermonne Marion Van San.  Malgré son ton de donneur de leçon, son rapport fait un inventaire intéressant des manquements. Il l’est nettement moins pour ce qui est des recommandations, si ce n’est l’usage de la pédagogie. Un journal luxembourgeois confirme cet échec de notre dé-radicalisation.

Dé-radicaliser ? À part la lobotomie ou un lavage de cerveau à la Orange Mécanique, il semble aussi illusoire  » de faire de Jean-Louis Denis un laïque, que de faire d’un laïque un musulman radical ». Nos prisons sont en charge d’une mission impossible  et  » demeurent souvent des oubliettes où les prêcheurs de haine embrigadent en toute facilité «  parmi les 450 détenus considérés « radicalisés ». Est-il possible dé-radicaliser un vegan ? un catholique intégriste ? ou un membre d’une autre secte ?  » Plus vous leur direz qu’ils sont dans l’erreur, plus ils penseront que c’est vous qui êtes dans l’erreur « . Donc, mission impossible pour les prisons ? L’ Observatoire International des Prisons belge s’intéresse à cette problématique du confinement, la section française confirme que la prison est la pire des solutions pour déradicaliser. Un regard sur d’autres pratiques en Europe fournirait-il une lueur d’espoir ?

Mainmise salafiste sur l’éducation ?

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En Belgique, l’instruction est non seulement un droit, mais aussi une obligation pour les parents des enfants de 6 à 18 ans. Si l’instruction est obligatoire et doit pouvoir être vérifiée, l’inscription dans une école n’est pas obligatoire. Les parents ou un professeur particulier peuvent prodiguer une instruction à domicile. Il faut le déclarer, des inspections et des épreuves sont prévues par la loi.

C’est dans cette brèche que semble s’être installé le courant salafiste saoudien qui va devoir quitter la Grand mosquée du Cinquantenaire en avril prochain. Cela n’empêche pas ce courant conservateur minoritaire (mais riche) de financer des écoles et des modules d’apprentissage et d’inciter les parents à ne pas mettre leurs enfants dans les écoles belges en les instruisant à domicile.

Le dernier rapport d’activité de la Sûreté de l’Etat parle de « l’offensive que mènent certains réseaux salafistes internationaux sur l’enseignement en Belgique ». Et de pointer «  la possible utilisation de l’enseignement à domicile par des extrémistes pour « préserver » leurs enfants de l’enseignement officiel ou libre et du mode de vie qu’il implique ». Près de 20% des parents d’élèves inscrits dans l’enseignement à domicile seraient liés à des groupes extrémistes, selon l’article publié par La Libre. Cela repose à la fois la question du rôle de l’école comme lieu d’élaboration d’un sentiment d’appartenance à une communauté urbaine bruxelloise ouverte et démocratique et la question de la déconfessionnalisation de l’enseignement.

Justice: 1.700 dossiers classés sans suite

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A Bruxelles, 1.700 dossiers, notamment de vol, ont été classés sans même être ouverts, ces dernières semaines. Pire: il a été décidé que, pendant une durée d’un ou deux mois, les faits de vol simple, vol à l’étalage, menaces et harcèlement seront systématiquement classés sans suite. C’est L’Echo qui le révèle dans un article qu’il faut lire ICI. Cette situation est incroyable à Bruxelles est évidemment inacceptable.

La sécurité de chacun en ville est une condition de sa liberté d’aller et de venir. Il revient aux pouvoirs politique et judiciaire de l’assurer. Le laxisme dont cette décision communiquée aux substituts du procureur du roi est le résultat, semble évidemment lié à un manque cruel de personnel et à l’incapacité matérielle de traiter les dossiers. Manque de personnel particulièrement criant à Bruxelles. « Le parquet de Bruxelles, le plus chargé du pays, est aussi – et depuis toujours – le vilain petit canard ». « Au risque de faire hurler les nombreuses victimes et abaisser leur foi en la Justice ».

La Commission européenne pour l’efficacité de la Justice (lire L’Echo du 5 octobre) notait que parmi les membres de l’Union européenne, la Belgique était le pays qui connaissait le plus faible ratio entre les affaires portées devant le tribunal par le procureur et le nombre d’affaires reçues. En 2014, il s’établissait à 4,16%, alors que dans des États comme les Pays-Bas, le Danemark ou la Lituanie, il dépasse les 50%.

 Le sentiment d’impunité dont jouissent par conséquent les harceleurs et les voleurs ne peut qu’en sortir renforcé, et le sentiment d’insécurité des victimes ne peut que croître, au plus grand profit des populistes et de la droite extrême. Qu’en dit  Koen Geens (CD&V), le ministre fédéral de la Justice ?

 

 

 

 

 

Un autre monde à portée de main

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C’est le réalisateur du film « Demain » qui l’affirme et il détaille son propos dans La Libre.  Ses paroles auront-elles autant d’impact que son film, ni technique, ni ennuyeux, mais résolument optimiste ? Plus d’un million d’entrées en France et en Belgique et encore bien plus dans le monde. Du jamais vu pour un documentaire long métrage, très habilement synthétisé par Wikipédia. Le monde peut-il rester le même après le film « Demain » ? interroge avec pertinence le quotidien Libé.

Cyril Dion, réalisateur le film, est aussi un écrivain et un poète. C’est d’abord notre vision du monde, notre conception du monde, qui a besoin de se réinventer pour qu’elle puisse ensuite se traduire dans des structures politiques et économiques. Il compte beaucoup sur le monde artistique pour créer ce nouvel imaginaire dont nous avons besoin pour entrer dans un nouveau monde qui est à portée de main.

Je vous en parle aujourd’hui, parce que je viens d’apprendre que Cyril Dion sera l’invité des Midis de la Poésie ce mardi 23 octobre pour aborder “ Une résistance d’aujourd’hui ”. Cela se passera à l’auditorium B du Musée, 3 rue de la Régence. Vous pourrez vous y rendre pendant la pause de midi et même avoir le temps d’avaler une salade, vu l’horaire qui se situe entre 12h40 à 13h30. Infos.: www.midisdelapoesie.be

Non, il n’y a pas de planète B

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« On peut parler de possible fin du monde «.  Aurélien Barrau, un astrophysicien de renom, qui a signé la pétition de 200 personnalités, dont je vous ai parlé récemment, a enflammé les réseaux sociaux avec un discours lucide et saisissant – repris par La Libre – sur le réchauffement et la responsabilité de l’humanité dans sa propre destruction. Il ne s’agit plus ici du futur de Bruxelles, mais du futur de notre planète.

Cela fait depuis hier que je me demande ce qu’il faut que je vous dise en trois paragraphes à la lecture de la synthèse du rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) et des très nombreuses réactions lues dans la presse, dont je ne vous livre ICI qu’une sélection. Après la mise en garde solennelle du secrétaire général de l’ONU du 10 septembre, ce rapport peut se résumer ainsi: le changement climatique évolue beaucoup plus vite que prévu et le temps qui nous reste pour le limiter n’est plus que de 15 ans maximum. Trois jours plus tard, on n’en parle déjà plus. D’autres priorités reprennent le dessus, alors qu’elles n’auront plus lieu d’être si la maîtrise de l’évolution du climat, dont nous avons les moyens, n’est pas prise à bras le corps par les dirigeants politiques, par les financiers, par les industriels et par la population. C’est affolant et pour certains décourageant lorsqu’ils se demandent ce que nous laisserons à nos enfants.

Si Merkel et Macron veulent accélérer le mouvement, si l’Europe les suit ou les précède, la Chine, l’Inde ou l’Australie pourraient bien suivre. Les pays les plus riches du monde sont les premiers responsables de la crise climatique et ce sont les pays les plus pauvres et les populations et communautés les plus vulnérables en ressentent les effets les plus graves. Mais il va falloir que chacun de nous accepte, de bon gré, de renoncer à une part non négligeable de son mode de vie, accepte une perte de confort ou de liberté, s’il veut éviter pour lui et la génération à venir, des épisodes caniculaires qui iront jusqu’à nous empêcher de sortir de chez nous, comme décrit dans ce  bref extrait. Il va falloir tenter de vivre mieux avec moins, avec d’autres indicateurs de bonheur que le taux de croissance. Je vous raconterai lundi comme Paris et Tokyo ont réagi plus vite que nous à la canicule qu’ils ont connue cet été.

Photo La Libre