Archives pour la catégorie Justice

Caméras corporelles et police

Les drames et incident récents entre citoyens et police ont fait resurgir la question du port de caméras corporelles par les agents. Tant sur le plan juridique, éthique et financier, des questions semblent encore rester non résolues pour en généraliser l’usage.

Aux USA, 25 États qui ont reçu des subventions pour l’achat de caméras corporelles permettant de filmer les interactions avec le public. Selon une étude récente, les avantages pour la société et les services de police l’emportent largement sur les coûts de ces caméras. Elles montrent une baisse du recours à la force par la police. Parmi les services de police étudiés, les plaintes contre la police ont diminué de 17 % et le recours à la force par la police, lors d’affrontements mortels ou non, a baissé de près de 10 %.

Le coût des caméras corporelles de la police peut s’élever à plusieurs milliers de dollars par agent, étant donné que les coûts comprennent l’achat et l’entretien de l’équipement, le paiement du stockage de l’énorme quantité d’informations que les caméras peuvent collecter et la formation des agents. L’étude affirme cependant que la valeur monétaire des avantages des caméras corporelles – les économies générées par une réduction des plaintes des citoyens et des incidents de recours à la force évités – ainsi que les réductions de coûts qui pourraient résulter de la diminution du nombre d’enquêtes, sont très significatives. Le pdf traduction de l’article de CityLab en dit plus.

L’Islam de Belgique se fait attendre

Le mois de jeûne a débuté pour les Bruxelloises et les Bruxellois de confession musulmane dans des conditions difficiles pour cause de Covid-19. Malgré diverses suggestions et protestations, aucune dérogation ne leur a été accordée, comme cela fut le cas pour les commémorations des autres religions reconnues. Cette situation soulève à nouveau la question de l’instauration d’un islam de Belgique soumis aux lois du peuple belge. sur laquelle la revue Hommes et Migrations jette un regard. L’Allemagne aussi se trouve dans la même situation.

L’ingérence du salafisme de l’Arabie Saoudite, celle de la Turquie – avec sa Diyanet – et celle de l’ambassade du Maroc, s’avèrent être des obstacles à l’émergence d’un véritable islam de Belgique, dans lequel certains voient une tentative de « vaticanisation » par l’Etat (voir pdf en bas de page). C’est l’Exécutif des musulmans de Belgique qui est supposé prendre l’organisation du culte en charge. Musulmans d’origine marocaine et turque s’y partagent le pouvoir, mais faute de nouvelles élections, il est dans la tourmente, ne se réunit plus et ne décide donc de rien. Il est attendu du ministre de la Justice et des Cultes – qui participe à son financement – qu’il oblige ses membres à fixer un calendrier pour la tenue d’élections.

C’est à cet Exécutif qu’il appartient de jeter les base d’un Islam de Belgique adapté au contexte démocratique belge et européen, respectueux de ses lois et de ses valeurs fondamentales, notamment la séparation Eglise/Etat, la liberté d’expression, l’égalité hommes/femmes, le rejet de tout forme de radicalisme violent. C’est lui aussi – en collaboration avec les autorités compétentes – qui doit se charger d’organiser la formation des imams. Trop souvent, ils ne parlent aucune des langue de notre pays et en ignorent les structures politiques et institutionnelles. Les bases se trouvent dans différents documents, dont le pdf de la Commission mise en place par le ministre Marcourt.

Image par Ahmad Ardity de Pixabay

Sans respect, pas de respect

Aux environs de midi, trois jeunes se dirigent vers la station de métro. Une voiture de police ralentit. S’arrête. Moi aussi. Deux policiers débarquent et leur demandent leur carte d’identité. Ils s’exécutent. L’un d’eux demande pourquoi il est contrôlé, vu que c’est déjà la deuxième fois ce matin et la cinquième cette semaine. Un policier répond : « Nous faisons notre travail ». Contrôle terminé, ils arrivent dans la station en bougonnant. L’un frappe violemment sur un dispositif de secours. L’autre tape son poing dans un distributeur de boissons. Le troisième signe d’un tag. La rame arrive. Ils s’installent les pieds sur la banquette d’en face.

Quand on ne se sent pas respecté, on ne respecte rien. Dans un article de Bruzz, Michel Goovaerts, chef de la police Bruxelles-Ixelles, reconnaît qu’il y a un problème. A l’instar de Gand et Anvers, il a entamé une formation continue de ses policiers pour combler le fossé avec la population. Il s’agit à la fois d’expliquer au citoyen pourquoi il est contrôlé et de bannir des contrôles d’identité le « profilage ethnique », qui constitue une forme de racisme. Infor Jeunes a résumé ICI les droits et devoirs de chacun en cas de contrôle ou arrestation.

Ecolo a déposé une motion il y a quelque temps (ci-dessous), pour obliger les policiers à justifier leurs contrôles, comme à Malines. Le fait de devoir encoder un contrôle fait réfléchir les agents à deux fois. Le nombre de contrôles diminue alors que le pourcentage d’arrestations augmente, puisque les contrôles sont plus ciblés. La Libre y a consacré une carte blanche. Le parlement bruxellois a adopté une résolution en vue de l’amélioration des relations entre policiers et citoyens, dont un extrait des recommandations figure ci-dessous.

photo Human Rights Watch

Les jeunes face au coronavirus

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Après une année en mode « covid », Amnesty International s’inquiète auprès de la RTBF de l’état de santé mentale des jeunes, mais aussi de l’absence de leur point de vue dans le débat public. C’est pourquoi l’ONG a voulu donner la parole aux jeunes. « Mon cri » a été lancé début de l’année 2021 dans l’urgence. Il doit permettre de formuler des propositions de changements afin d’améliorer la vie de jeunes, pour la leur rendre plus supportable.

Alors que les files des épiceries sociales s’allongent, que les demandes aux CPAS explosent et qu’un étudiant sur 3 a plus de difficultés à payer ses études depuis le début de la crise, il est plus que temps que des mesures soient prises pour lutter contre la précarité étudiante et il est de la responsabilité de la Ministre de s’assurer que ce soit le cas afin de garantir un enseignement accessible à tous“, affirme un communiqué de la Fédération francophone des étudiants.

Elle dénonce la précarisation grandissante des étudiants et interpelle la Ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny à prendre des mesures concrètes. Réduire les coûts des droits d’inscription, rembourser le matériel de cours ou créer des aides au logement. Elle attire aussi l’attention sur la détresse psychologique de certains étudiants.

Vont-ils continuer à se taire ?

Les quadragénaires au pouvoir ne pensent-ils qu’à consolider les acquis de leur génération et vont-ils reporter les dettes accumulées sur la nouvelle génération ? Se doteront-ils d’un passeport vaccinal qui leur permet de voyager, alors que le jeunes en seront privés, faute de vaccination ? La presse en parle (un peu). A Lyon, des jeunes cherchent du commun, pas à être reclus. Un lecteur du blog – jeune retraité – vient de publier une lettre ouverte ironique aux jeunes sur Facebook. Il se demande s’ils vont encore se taire longtemps.

“ Pendant un an, nous vous avons demandé d’accepter les restrictions liées aux mesures sanitaires pour protéger vos grand-parents d’un virus qui n’était pas très dangereux pour vous. Maintenant ils sont vaccinés, ou vont l’être très bientôt, et sont hors de danger. Merci vraiment pour ce sacrifice. Maintenant, nous vous demandons de continuer à accepter ces mêmes restrictions parce que les variants du virus sont dangereux pour vous aussi, mais surtout pour vos parents. Patience, dans les mois qui viennent, vos parents seront vaccinés. Merci vraiment pour cet effort supplémentaire.

Ensuite, nous vous demanderons de continuer à faire gaffe, parce que ce virus et ses variants semblent être plus virulents et ne vous épargneront pas ! Malheureusement, nous n’avons pas de vaccin à vous proposer dans l’immédiat. Nous avons tout utilisé, et nos vaccins ne sont plus très au point pour vous protéger des nouveaux variants.  Alors, nous vous demandons de continuer comme vous en avez maintenant l’habitude.
Merci vraiment pour votre compréhension”. R.V.

des jeunes patientent, d’autres s’interrogent ou se révoltent comme à Lyon photo bastamag