Archives de catégorie : Justice

Une fête gâchée.

Ce qui devait être une fête pour les Bruxellois d’origine marocaine s’est vite mué en une action violente de près de 200 jeunes, bien décidés à troubler l’ordre public à tout prix. Ils jettent ainsi l’opprobre sur toute la communauté marocaine de Bruxelles, privée du plaisir d’une victoire bien méritée, face à des Diable Rouges quelque peu usés et finalement peu inspirés.

Certains se demandent s’il va falloir supporter longtemps la présence d’un certain nombre d’individus sauvages, que leur propre communauté réprouve ? La ministre de l’Intérieur interroge: “Comment devrions-nous traiter les personnes qui ne veulent pas s’inscrire dans notre société ?“.

Les caméras de surveillance devraient permettre d’identifier plus que la dizaine d’émeutiers arrêtée en centre-ville. Il y a aussi ceux des places Etangs Noirs, Bara et Pavillon. Ce sera à la Justice de s’en occuper. Peut-on espérer qu’elle le fasse rapidement, pour que cela ait un sens et ne contribue pas à accroître un sentiment d’impunité ? En attendant, on peut se réjouir de voir des supporters du Maroc s’attacher à nettoyer les espaces ravagés.

photos Twitter (Klaas Geens)

Voile et libertés.

A l’heure où des femmes iraniennes manifestent pour leurs libertés au péril de leur vie, il n’est pas inutile de rappeler nos luttes passées pour exprimer librement nos opinons. Fini les livres mis à l’index, fini la censure préalable, fini de rester dans le placard. La liberté d’expression, c’est le droit de toute personne à exprimer ce qu’elle pense et ressent. Wikipédia en dresse un historique révélateur. Il valorise la place de l’individu dans le système social, pour aboutir à la consécration de la liberté d’expression comme norme juridique. Amnesty en résume assez clairement le contenu.

A Bruxelles, chacun est libre de développer des valeurs, des croyances, des opinions et dispose du droit de les manifester pacifiquement. Un communiste peut vouloir arborer la faucille et le marteau en boutonnière, un arc en ciel peut vouloir révéler une identité de genre, un étoile de David signifier une identité juive, une personne de religion musulmane peut affirmer son identité par le port d’un voile ou d’une barbe, un A peut révéler un anarchiste, une montre Rolex ou un foulard Hermès une certaine classe sociale, un triangle rouge un résistant aux idées qui menacent nos libertés fondamentales, …

En décidant de signifier ainsi une part de sa personnalité, la personne révèle publiquement une identité et la revendique. Elle s’expose ainsi à différents types de réactions de la part ceux et celles qui partagent – ou non – ces opinions ou croyances. Elle n’ignore pas qu’elle peut subir des exclusions ou des rejets – parfois violents et même punissables – tant dans la sphère sociale que professionnelle, mais elle estime nécessaire d’afficher cette part de sa personnalité. Tout le monde n’est pas d’accord avec cette prétendue « liberté », ni avec ses limites. Vous trouverez ICI un texte d’Henri Goldman et LA des premières réactions, qui ouvrent un débat qui n’est pas clos.

Réchauffement en cours.

Les changements climatiques sont aussi perceptibles à Bruxelles et l’action climatique en cours est insuffisante. Selon Transitions et Energies, cela va reporter sur les générations futures une part bien trop élevée des engagements de réduction d’émissions. Un scénario inquiétant à mesure que le temps passe. L’enjeu des prochaines étapes de la négociation climatique sera par conséquent d’aller vers un scénario plus rassurant, en accélérant les transitions énergétiques et en isolant les logements.

Les gaz à effet de serre (GES) que nous avons produits sont toujours stockés dans l’atmosphère et compte tenu de l’inertie de ce stock, il faut de vingt à trente ans, pour que la baisse des émissions impacte significativement ce stock. Le temps d’une génération. Le réchauffement climatique est donc bien une affaire générationnelle. L’article de Transitions et Energies la détaille et avance 3 scénarios possibles.

En 2050, la génération Covid aura 30 ans. Le climat qu’elle connaîtra sera largement déterminé par le stock de GES dans l’atmosphère dont elle a hérité en 2020. Le réchauffement moyen aura dépassé 1,5 °C, quel que soit le scénario considéré. Elle devra faire face à des impacts plus sévères que ceux du monde à 1,2 °C prévalant lors de sa naissance. C’est après 2050 que les conditions climatiques divergeront fortement suivant les trajectoires d’émission et la couleur des scénarios retenus.

Du haut de ses 101 ans

Edgar Morin sera le grand invité de l’hôtel de ville de Bruxelles, ce mercredi 16 novembre à 19:30. Philosophe et sociologue, ce grand penseur profitera certainement de l’occasion pour nous inviter à nous « réveiller » et nous sortir de ce qu’il appelle un « somnambulisme généralisé ». Cette sorte d’inconscience qui lui rappelle celle qu’a connu le monde de 1933 à 1940 et qui a conduit à la deuxième guerre mondiale.

A 100 ans révolus, Edgar Morin s’est senti le devoir de publier un court manifeste à l’impératif, Réveillons-nous ! (Denoël), pour nous alerter sur l’urgence à agir face à la crise de l’humanisme et à la crise écologique. A quelques jours près, il aurait pu ajouter « et face au retour de la guerre en Europe »… C’est Le Soir qui a publié cela début mars, dans un article qui donne largement la parole à Edgar Morin.

Il y prône une « nouvelle politique humaniste de salut public ». Le principe est de changer de voie, c’est abandonner la voie dite néolibérale qui non seulement consacre l’hégémonie du capital et du profit, mais privatise les indispensables services publics. Il s’agit d’opérer progressivement le recul de l’hégémonie des puissances d’argent, de dépasser l’alternative stérile entre croissance et décroissance, de faire croître les productions utiles et indispensables aux individus, y compris les biens culturels.

Photo extraite de The Conversation / Edgar Morin à l’Unesco, le 2 juillet 2021. AFP

Gare aux préjugès.

Un écologiste français s’est rendu sobrement à la Cop 27 en train et puis en bateau. Un périple qui lui a pris une semaine et donc deux avec le retour. Ce voyage lui aura finalement coûté 3.000 €, au lieu de 400 en low cost … et avec une empreinte carbone qui a largement dépassé celles des participants partis en avion !

La démonstration semble faite. On ne devrait pas systématiquement s’opposer à l’avion. Pour les courts courriers et certains moyens courriers, il existe des alternatives moins polluantes que l’avion (même si elle restent souvent plus lentes et plus chères que l’avion … détaxé). Par contre, pour les longs courriers, il n’y a pas encore de solution moins polluante qu’un avion qui fait le plein de passagers.

 Reste à se savoir si tous ces déplacements en longs courriers sont bien indispensables et remplis ? Est-il nécessaire d’aller tellement loin pour profiter de 15 jours de vacances sur une plage ? La réunion internationale programmée ne peut-elle se dérouler par visioconférence Zoom ou Teams comme lors de la Covid 19 ?  Fallait-il envoyer 125 Belges à la COP 27 ? Produire moins de gaz à effet de serre ne s’impose-t-il pas au monde occidental, principal responsable du réchauffement climatique subi par toute la planète ?