Archives pour la catégorie Justice

Les lanceurs d’alerte, ces héros

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C’est au travail obstiné et au courage de celles et ceux qui rassemblent et dénoncent des pratiques frauduleuses que nous devons la révélation de scandales longtemps cachés, tels que Nethys, LuxLeaks, Panama Papers ou Dieselgate, dont ont profité – au détriment de l’intérêt général – des groupes, des familles et des individus fortunés et souvent respectés. Ces lanceurs d’alertes méritent notre reconnaissance et doivent bénéficier de protections adéquates vis à vis de leurs employeurs et des autorités qu’ils dénoncent. La chercheuse Amélie Chapelle s’est intéressée à la délicate question de la dénonciation.

L’Union Européenne a décidé, en avril dernier, de garantir aux lanceurs d’alerte une protection bien plus large que celles accordées par quelques États. Elle a donné aux pays membres de l’Union jusqu’au 17 décembre 2021  pour transposer la Directive  dans leur droit national. Le Monde détaille la Directive ICI. Le contestable projet Reynders devrait donc passer à  la trappe. La démocratie en sortira gagnante.

Edward Snowden (NASA), Armand Deltour (LuxLeaks), Stephanie Gibaud (UBS), Marty Baron (Boston pédophilie) ou Julien Assange (WikiLeaks) sont quelques lanceurs d’alerte qui ont changé la face du monde. Aujourd’hui, la demande d’extradition qui vise Julien Assange n’a rien à voir avec Wikileaks, mais se base sur une agression sexuelle présumée et jamais clarifiée, tandis que sa santé décline, après son interminable saga.

“Personne ne devrait risquer sa réputation ou son emploi
pour avoir dénoncé des comportements illégaux »

présidence finlandaise de l’UE

Happy Monday: 30 bonnes nouvelles

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Parlons bonne nouvelles, parce que la liste des mauvaises nouvelles de l’année écoulée pourrait être longue. Des inégalités toujours plus grandes et plus scandaleuses aux guerres et conflits sanglants qui se poursuivent ou qui se profilent. Des désastres écologiques qui sont le résultat de la course au profit et à la croissance aux des multinationales qui continuent de violer impunément les droits humains. Mais le site Victoires, qui cite ces défaites de l’humanité – et auxquelles on pourrait ajouter l’échec dramatique de la COP 25 à Madrid – Victoires a préféré sélectionner 30 bonnes nouvelles qui peuvent nous réjouir dans le bilan de l’humanité pour 2019.

Ces bonnes nouvelles concernent aussi bien des victoires contre de grosses multinationales que des communes innovantes et courageuses, mais aussi des combats d’activistes déterminés, des soins de santé gratuits, une plus grande place aux citoyens, des progrès dans l’égalité hommes/femmes, la démocratisation des logements, des écoles d’un genre nouveau, le retour des mouvements coopératifs, …

2020 pourrait bien être une année charnière, entre la phase de découverte et de confirmation de la situation du climat et de la planète et le passage à une phase d’action de la part des gouvernements comme des individus. Non, il n’est pas trop tard pour contrôler le climat et l’avenir de l’espèce humaine, mais il n’est plus temps de tergiverser, il faut agir rapidement et avec détermination. Les gouvernements savent ce qu’il leur reste à faire, mais oseront-ils prendre les mesures impopulaires qui s’imposent ? Nous aussi, nous savons ce qu’il nous reste à faire, mais sommes-nous prêts à revoir notre manière de consommer et à adopter un autre mode de vie ? Ce sont les réponses à ces questions qui doivent nous permettre de nous montrer optimistes ou non.

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Et si nous arrêtions d’enrichir les riches ?

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Billet d’humeur

Les riches de plus en plus riches, parce que nous buvons leur Jupiler, consommons leur eau en bouteille, brunchons dans leurs Pains Quotidiens multinationaux, achetons leur pétrole et portons fièrement leurs vêtements griffés LVH ou COST.

L’intérêt des consommateurs que nous sommes est-il de continuer à enrichir les Bernard Arnault, les Spoelberch, les Bettencourt, les Albert Frères ou la famille Lhoist, qui se moquent de l’Environnement et exploiteront les ressources de la planète jusqu’à épuisement … puis se tireront en Nouvelle Zélande avec leur argent du Panama, comme les magnats de la Silicon Valley, pendant que nous mangerons des racines.

Notre pouvoir de consommateur est énorme et inexploité. Il peut  forcer les délinquants des paradis fiscaux du luxe et de l’extraction à mettre la clé sous le paillasson … mais ils nous ont si bien conditionnés à les aimer et à les nourrir ! Pour des raisons de prudence, les investisseurs commencent cependant à bouder les entreprises pétrolières et certains extracteurs de terres rares. Moody’s va dégrader la note de l’entreprise pétrolière ExxonMobil: trop risqué face à la vague verte. Quelques détails ICI.

Alors chiche, on essaie de ne plus donner nos petits sous aux nantis en 2020 ?

 

Green Friday, vous connaissez ?

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La fièvre acheteuse du Black Friday étant retombée, une semaine plus tard, il est peut-être temps de s’interroger sur cette manifestation consumériste, venue tout droit des USA, et qui s’est développée rapidement chez nous. Un record de plus de 10 millions de paiements a été enregistré en Belgique, dans les magasins et en ligne lors de ce Black Friday. L’an dernier déjà, 28% des Belges interrogés par Dedicated ont acheté en ligne durant cette journée de promotions et 22% dans les magasins physiques. Pour 73%, Black Friday est d’abord synonyme de bonnes affaires. Test Achats appelle cependant ICI à la prudence.

Black Friday contre Green Friday est le titre d’un article fort bien documenté que bruseslslife.be consacre au modèle de société de surconsommation, « extraire-produire-acheter-jeter » qui épuise la planète et est à l’exact opposé du Green Friday. Surproduction de biens manufacturés, forte utilisation de ressources naturelles et d’énergie, course aux plus petits prix (et nécessairement aux salaires de misère), gaspillage et pollution à outrance, addiction des citoyens, etc. Un certain nombre d’accusations pèsent aujourd’hui sur le Black Friday.

C’est en réaction qu’est né en France le collectif Green Friday. Une recherche d’alternative à la consommation compulsive, aux achats non-nécessaires dictés par la seule logique promotionnelle. Le collectif rappelle « nous achetons 60% de vêtements de plus qu’il y a 15 ans mais nous gardons nos habits deux fois moins longtemps. Nous changeons nos téléphones tous les deux ans alors qu’ils fonctionnent encore parfaitement ». C’est encore sans épingler les embouteillages, causés par les milliers livraisons individuelles effectuées par Amazon et autres livreurs à domicile, que nous évoquerons la semaine prochaine.

L’école en question

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La publication des résultats des tests Pisa a suscité de nombreuses réactions et de règlements de compte entre les différents acteurs. Le Soir y consacre un dossier important pour ses abonnés, dont je vous ai rassemblé de larges extraits, qui valent la peine d’être consultés si  vous vous intéressez à l’éducation. Les mauvaises performances en lecture – comme distinguer un fait d’une opinion – ne sont pas le seul objet de ce dossier et des progrès y sont aussi relevés. Ouf !

A qui la faute ? est évidemment la question qui est sur toutes les bouches. On se rejette donc la balle ICI de manière assez brutale. Les directeurs taclent leurs professeurs « qui résistent au changement » et alignent trop de journées d’absence. Les professeurs sont choqués et estiment que certains directeurs ne sont pas formés pour diriger une équipe. La formation initiale des enseignants est aussi sur le tapis. Elle ne tient pas compte de la nouvelle composition de classes de plus en plus hétérogènes et repose sur des conceptions d’arrière-garde. Alors la faute aux élèves ? qui ne lisent plus, ou seulement sur leur smartphone … mais qui déclarent recevoir peu de soutien de la part de leurs enseignants. 

Et le système scolaire ? Il ne sélectionne que ceux qui en maîtrisent les codes, avec une pédagogie qui reste fondamentalement destinée aux meilleurs. Le poids des inégalités sociales est considérable mais les débats sont confisqués par les élites. Pourquoi remettre en cause un système qui vous a fait réussir ? Qui écoute les plus démunis ?  C’est à ces questions, qui valent pour la Belgique comme pour la France, que tente de répondre ICI Philippe Watrelot dans Alternatives économiques. Et d’interroger: L’Ecole est-elle encore capable de tenir sa promesse de lutter contre le déterminisme ?