Archives pour la catégorie Justice

Préparer la réinsertion

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Tôt ou tard, les (trop) nombreux détenus qui peuplent nos prisons finiront par se retrouver du jour au lendemain dans nos rues. Des arrêtés royaux ont ouvert la voie à la création de deux « maisons de transition » pour détenus en fin de peine, à un certain nombre de conditions décrites ICI.

Un projet-pilote a déjà été sélectionné. Il débutera le 1er septembre à Malines. Un autre devrait bientôt voir le jour à Spa, sur base d’un concept différent. Cela devrait permettre une évaluation des résultats avant d’en ouvrir davantage.

C’est « Sterkhuis », projet porté par deux sociétés privées – G4S Care et l’organisation néerlandaise Exodus Nederland – qui a été retenu. Il permettra à une poignée de détenus (environ 15) de connaître une fin de peine dans une petite structure, en vue d’une meilleure préparation à une réinsertion dans la société. Chaque détenu disposera d’une simple chambre et y vivra davantage en communauté.

Le partage des richesses

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« Les entreprises belges cotées ont enregistré une belle année 2018. Deux tiers d’entre elles ont augmenté leur chiffre d’affaires » apprenons-nous dans un article de L’Echo ». A qui doit-on ces résultats ? Au cadres ? aux administrateurs ? aux travailleurs ? aux actionnaires ? La question n’est pas tranchée, mais ce qui est confirmé c’est que ces entreprises ont distribué de généreux dividendes aux actionnaires.

Cela pose crûment la question de la redistribution des richesses produites. Bien sûr, si les actionnaires ne bénéficient aucunement de cette augmentation des bénéfices ils investiront ailleurs. Pareil pour les cadres qui pourraient filer à la concurrence. Mais la productivité des entreprises n’est-elle pas aussi à mettre au crédit des travailleurs, souvent très sollicités par des mesures de « restructuration » et de flexibilité accrue de leurs horaires de travail ? Pourquoi leurs salaires ne profiteraient-ils pas aussi de ces bénéfices ? C’est la question que L’Echo ne pose pas.

C’est l’occasion de revenir sur l’irruption de l’intelligence artificielle et des robots qui assistent les travailleurs quand ils ne vont pas jusqu’à les remplacer … sans contribuer à l’approvisionnement des caisses de la sécurité sociale, vu que le travail des robots en est exonéré. Là aussi, le gain de productivité revient uniquement aux propriétaires des machines et ne profite pas aux travailleurs. Ils ne verront pas leur temps de travail allégé, ni leur salaire revu à la hausse. C’est une question qui devrait être traitée au niveau de l’Europe. Son nouveau parlement ne devrait-il pas mettre sur la table la taxation des robots évoquée par Bruno Colmant, mise en avant par Paul Jorion sous le nom de « taxe Sismondi » et aussi par le libéral Georges-Louis Bouchez, qui l’a reprise à son compte dans un article de la Dernière Heure.

Pourquoi survoler Bruxelles ?

Les traînées de condensation que vous voyez sur cette photo récente montrent à quel point le ciel de Bruxelles est survolé. Bien sûr, ces avions sont à plus de 8.000m d’altitude, ne s’entendent pas et n’émettent que de la condensation de vapeur d’eau – contrails – laissée par les réacteurs et supposée inoffensive. Nous y reviendrons. Mais est-il bien indispensable que ces avions – en transit au-dessus de la Belgique – viennent survoler intentionnellement une ville d’un million d’habitants ?

Le principe de précaution exigerait évidemment d’exposer le moins de personnes possible aux risques de crash ou de perte de réacteur, statistiquement faibles mais pas nuls. Au quotidien, les nuages artificiels que ces survols créent en altitude peuvent couvrir de vastes surfaces de ciel, persister durant plusieurs heures et nous priver de soleil, tout en ayant un impact non négligeable en termes d’effet de serre et de réchauffement climatique global. De plus, certains experts estiment qu’il ne s’agit pas seulement de traînées de condensation, mais aussi de « chemtrails » constitués de produits chimiques « aérosols » dangereux.

Par ailleurs, personne ne souhaite être exposé aux nuisances sonores et aux résidus de combustion des décollages et atterrissages d’un trafic aérien qui ne cesse de se développer, notamment à la faveur d’une exonération de taxe sur le kérosène et de TVA sur les billets. Ne devrait-il pas aller de soi qu’on ne survole aucune zone densément peuplée ? et qu’on indemnise ou exproprie les victimes résiduelles ? Avec des pistes de décollage situées à moins de 2 km de la ville la plus densément peuplée du pays, l’aéroport urbain de Zaventem ne devrait-il pas être contraint de revoir ses couloirs aériens pour être conforme aux règles européennes et aux heures de sommeil ? Devant l’inertie des ministres réformateurs Galant et Bellot, il y a du travail en perspective pour le prochain gouvernement fédéral et de la vigilance à maintenir pour le gouvernement bruxellois.

Vendredi 15 nous serons là !

Copyright Svante Thunberg (Greta’s father)

Ce 15 mars sera une journée de grève mondiale pour le climat et pour l’avenir de l’humanité. Un appel aux jeunes du monde en vue de réveiller leurs dirigeants. Aussi un appel pathétique bilingue des jeunes Belges au monde adulte. Des jeunes qui prennent le risque de brosser les cours pour tenter de garantir un avenir, pour sauver la planète.  « A quoi bon étudier s’il n’y a plus de futur ? Dites aux adultes de soutenir notre grève, dites-leur de nous rejoindre, dites-leur que nous avons besoin d’eux pour avoir une chance de survivre dans le futur ». Pouvons-nous rester insensibles à cet appel ?

Trois degrés de plus ne seraient pas acceptables. Les scientifiques sont très nombreux à avoir apporté la preuve que même deux degrés d’augmentation causeraient des sécheresses, des famines, des inondations, des tornades, des réfugiés climatiques et même des guerres et des extinctions. Sans un air respirable et une température propice aux activités humaines, notre combat pour le futur de Bruxelles n’a plus de sens. Mais il n‘est pas trop tard. Des solutions sont à portée de main. Prenez le temps de regarder cette courte vidéo réaliste et optimiste de 5 minutes de Pierre Larrouturou* et si ses propos vous intéressent, installez-vous confortablement devant votre télé, en famille ou entre amis, pour visionner cette interview sans concessions de 90 minutes, en ce dimanche gris, ou alors lundi soir ?

Pour la première fois, bruxselsfuture fait le pari de vous convier à une action, à un rassemblement pour soutenir ces jeunes. Nous avons tous quelque chose à faire vendredi après-midi, mais est-ce vraiment plus important que notre avenir et celui de nos enfants ?
Alors, prenez une demi journée de congé et rendez-vous:
Vendredi 15 mars à 12:15 sous l’auvent de la tour Belfius à la place Rogier (M° Rogier)
A 12:30, c’est autour de la pancarte de bruxselsfuture que notre petit groupe ira apporter son soutien la manifestation devant la gare du Nord.

* Pierre Larrouturou est ingénieur agronome spécialisé dans les questions d’économie et était proche de Stéphane Hessel. Il est passé par le PS et par Europe Ecologie les Verts, qu’il a quittés à défaut d’avoir pu les convaincre. Soutenu par des parlementaires de gauche et de droite il a lancé le Pacte Finance Climat.

Tous les Bruxellois pourront-ils voter ?`

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Et bien non, toujours pas. On peut même se demander si l’Etat fédéral y tient ?
Alors qu’ils peuvent voter aux communales (1) et y être éligibles (2), pas moins de 310.000 Bruxellois étrangers – dont 220.000 européens – ne pourront pas participer à l’élection du nouveau parlement bruxellois, parce que la Constitution ne le permet pas et que sa modification n’est pas à l’ordre du jour du parlement fédéral.

Quand un tiers des Bruxellois ne peuvent élire leurs parlementaires, le parlement peut-il encore se considérer comme représentatif ? Le parlement bruxellois en est conscient et vient de consacrer un débat à cette situation que le groupe de réflexion Aula Magna dénonce depuis 10 ans. Le mouvement 1bru1vote a lancé une pétition et diverses actions médiatiques pour revendiquer ce droit de vote pour tous les habitants de Bruxelles aux élections régionales.

Pour les élections européennes, les ressortissants de pays membres de l’Union disposent du droit de vote depuis 1994 et ils sont éligibles. Ils doivent toutefois s’inscrire sur la liste électorale de leur commune avant le 28 février. Mais voilà … la lettre qui le leur rappelle n’a été envoyée par le ministère de l’Intérieur que le tout dernier jour, pour ce qui est des 20.000 courriers destinés aux Européens de Bruxelles et d’Anderlecht. Un expat réagit à ce sujet dans Bruzz. Il a l’impression qu’il s’agit d’une obligation imposée par l’Europe mais que la Belgique le désire pas vraiment. Il regrette aussi que la lettre soit rédigée en français et en néerlandais, mais pas en anglais, alors qu’elle s’adresse à des personnes de toute l’Union Européenne.

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(1) A condition de s’être inscrits sur les listes électorales. Les ressortissants de pays hors UE  ne peuvent toutefois voter qu’après 5 ans de résidence légale et à condition de signer un document dans lequel ils s’engagent à respecter la Constitution, les lois belges et la Convention européenne des droits de l’homme. Ils ne sont pas éligibles.
(2) La fonction de bourgmestre reste réservée aux nationaux belges.