Archives pour la catégorie Justice

Les transferts financiers en question

______________________________________

Suite au billet paru à propos des transferts financiers, Philippe Van Parijs – qui est philosophe mais aussi économiste – nous précise que l’étude d’Eric Dor est une mise à jour de celle de Capron, cité à la fin de la section de son livre  » Belgium: une utopie pour notre temps « , sur  » Les transferts financiers entre régions « . Vous pouvez lire ce chapitre ICI, pour avoir une vue plus exacte sur la question des transferts « en notre faveur ».

Des études, telles que celles de Capron et Dor – dit Philippe Van Parijs – se basent exclusivement sur les écarts entre parts du revenu primaire (avant taxes et allocations) et parts du revenu disponible (après taxes et allocations) des ménages résidant dans une région, une province, un arrondissement. Il néglige par conséquent les transferts résultant de la TVA et de la taxation des entreprises (y compris les cotisations employeurs) et des dépenses en matière d’enseignement et de soin de santé. Par contre, l’’étude de Decoster et Sas, préparée pour le gouvernement flamand, inclut ces autres éléments. C’est sur elle que se base principalement le texte de mon livre.

Vous voilà éclairés, mais peut-être pas encore satisfaits ?

De nouvelles habitudes alimentaires

_________________________________________

Notre alimentation urbaine va devoir évoluer, à la fois pour des raisons de santé – qui réclame plus de légumes et de fruits, vu une consommation au plus bas en 10 ans – et pour sauver le Sud de la planète, dont nous enrichissons les grands propriétaires terriens par nos importations massives, mais dont nous affamons la population … qui finira par venir frapper à nos portes. Oui, il va falloir diminuer volontairement notre consommation de viande – n’en déplaise au MR – parce que sa production mobilise trop de terres et d’aliments.

C’est Michael Hall, professeur à l’université d’Oxford, qui fait le point de la situation dans un nouvel article pour The Conversation. En conclusion, il propose 8 pistes pour éviter une crise alimentaire globale. C’est encourageant, c’est en anglais, mais particulièrement facile à comprendre.

Les pistes évoquées demandent des changements radicaux tant de la part des producteurs que des distributeurs. Ils devront être stimulés par des politiques coordonnées d’encouragements et de contraintes par les Etats, notamment au niveau européen. Toutefois, plusieurs de ces pistes sont aussi à la portée des consommateurs éclairés et responsables que nous devenons. Et si ce qui est bon pour la planète est aussi bon pour notre santé, c’est du Win-Win, surtout si nos talents culinaires reconnus en font aussi une découverte et un plaisir.

 

Des transferts des deux Brabants vers Bruxelles

____________________________________________-

A partir d’une étude d’Eric Dor (1), sur les transferts de la Flandre vers Bruxelles et ( … surtout ) vers la Wallonie, ne tente-t-on pas de culpabiliser les Bruxellois et de poursuivre le bashing de notre Région ? Comment ce transfert de 918€ par an par personne au profit de la capitale, balancé sans  trop d’explications par la presse, peut-il être accepté par le contribuable de Flandre qui se sent vache à lait ? On comprend les réactions de la presse flamande et le profit qu’en tire un Jan Jambon.

À y regarder de plus près, selon L’Echo, deux gros contributeurs nets à ces transferts sont cependant le Brabant flamand (3.543 euros par personne), suivi par le Brabant wallon (2.699 euros). Nombre d’habitants de ces deux riches Brabants doivent leur emploi ou leurs revenus, à la richesse produite par Bruxelles. Comme ils ne contribuent en rien à alimenter les caisses de la Région bruxelloise, n’est-il pas équitable qu’ils y contribuent par le biais de ces transferts ? (2)

Lorsque ces transferts prendront fin en 2030, que sera-t-il mis en place pour compenser cette injuste perception de l’impôt sur l’unique base du lieu du domicile et rien au profit du lieu où la richesse est produite ? L’élargissement des frontières de la Région de Bruxelles aux communes de la périphérie (sans toucher à la frontière linguistique) pourrait être une solution. Une autre pourrait être un partage des impôts des personnes physiques entre lieu de résidence et lieu de travail. En 2030 un statu quo ne serait pas acceptable.

Qu’en pensent nos lecteurs économistes ?

—————————
(1) directeur des Etudes économiques à l’IESEG School of Management de Paris et Lille
(2) Selon un document de la Banque Nationale évoqué dans l’article de la RTBF, la contribution flamande va nettement diminuer, elle passera de 2% à 0,8% du PIB en 2030. Bruxelles déboursera quasiment autant que la Flandre, au profit de la Wallonie.  » Bruxelles deviendrait le premier contributeur à la solidarité entre les Belges « .

 

La foi ne fait pas la loi

_____________________________________

Alors que la majorité des Belges étaient baptisé.es et que beaucoup fréquentaient les églises catholiques ou protestantes, la loi – qui s’impose à toutes et à tous – a finalement consacré la séparation de l’Etat et de l’Eglise, après une longue histoire retracée dans un texte très personnel de Robert Calmon, publié par Wikisource.

A Bruxelles aussi, la liberté de culte est garantie et même subsidiée par l’Etat, mais son exercice reste subordonné au prescrit de la Constitution et aux lois du peuple belge. «La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne veut pas faire la loi» écrivait Le Soir en 2016. C’est une condition essentielle pour le maintien d’un État démocratique impartial.

Il y a plus de trois siècles déjà, la philosophie politique de Spinoza disait en conclusion, que le but de l’état de société est la paix et la sécurité. « Le meilleur État, par conséquent, est celui où les hommes vivent dans la concorde, et où la législation nationale est protégée contre toute atteinte ». Le droit au respect des croyances, des opinions ainsi que des diverses minorités qui composent la ville, constituent la base d’une démocratie urbaine saine. Y adhérer n’est-il pas un devoir pour toutes celles et tous ceux qui désirent continuer à vivre en paix avec les autres citoyennes et citoyens bruxellois.

 

Happy Monday: la transparence a gagné

________________________________________

La Ville de Namur a été déboutée par la justice à la suite de son action en référé à l’encontre de Transparencia, qui a publié des informations en lien avec des réunions du conseil communal. La commune s’est attaquée au site web qui revendique « le droit de savoir ». Il y a eu des menaces et des tentatives d’intimidation pour que l’on se censure, affirme le porte-parole de l’antenne namuroise de Transparencia, qui confirme son intention de continuer à publier les informations relatives aux prochains conseils communaux, tant que la commune ne le fera pas elle-même.

Les séances de conseil communal sont publiques dans toutes les communes. Il n’y a donc pas de raisons que l’on ne puisse y filmer sans déranger et que les citoyens – qui ne peuvent se libérer pour y assister – ne puissent en prendre connaissance par les médias. Liège et Mons se sont engagées dans la voie de la transparence. A Bruxelles, dans les 19 communes, la situation est plus  contrastée, comme le montre cette carte. A partir du 1er juillet, la Ville de Bruxelles retransmettra ses conseils communaux sur son site. Un dossier du Soir fait le point ICI sur la les aspects juridiques et démocratiques de la situation à Bruxelles et ses 19 communes.

Si vous vous réjouissez de lire de bonnes nouvelles, il faut que je vous communique le lien vers le site  » Victoire Bonnes Nouvelles « , dont cette condamnation namuroise est extraite. Leur site récolte quotidiennement des alternatives et des nouvelles qu’il considère comme bonnes, à travers le monde. Vous pouvez les sélectionner par pays. Happy Monday !

photo BX1