Archives pour la catégorie Justice

Chiffrer les promesses

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Demain on rase gratis …
Fini les promesses non chiffrées en vue des élections du 26 mai. La loi sur le chiffrage des programmes électoraux de 2014 – révisée en 2018 –  a chargé le Bureau Fédéral du Plan (BFP) de se livrer à un réel exercice de transparence démocratique. « Le Plan se chargera d’établir une estimation chiffrée de l’impact de des priorités (des partis) entre 2020 et 2024 sur les finances publiques, le pouvoir d’achat, l’emploi, la sécurité sociale, l’environnement et la mobilité » précise l’article de La Libre.

 « Les membres du Bureau du Plan qui travailleront sur ce chiffrage des (priorités) des partis politiques seront sur le pont jour et nuit, et sans possibilité de prendre des jours de congé jusqu’à la remise des résultats ». Après plusieurs contacts avec les partis, le Bureau du Plan communiquera les résultats définitifs le 26 avril, un mois avant les élections.

Il faut saluer cette innovation démocratique qu’il sera nécessaire d’évaluer après cette première mise en œuvre. On pourrait faire le parallèle avec la proposition d’un lecteur, qui demandait que de manière systématique, le coût environnemental de toute décision ou permis soit chiffré et soit joint au dossier.

Avez-vous peur des pauvres ?

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Ils ne nous ressemblent pas. Ils ne nous ressemblent plus. Ils incarnent ce que nous ne voulons pas pour nous, ni pour nos proches. Les pauvres seraient-ils les nouveaux pestiférés, les intouchables de notre société ?  La peur ou l’indifférence qu’ils suscitent a donné naissance à un nouveau terme: la pauvrophobie.

Au coeur de la ville, la pauvreté s’affiche comme une réalité quotidienne. Selon Statbel, un Belge sur cinq n’arrive pas à joindre les deux bouts, et à Bruxelles ce serait  pire. « Les plus démunis et en particulier les sans-abri souffrent de l’ignorance et souvent de la condescendance de la société. Un isolement, un sentiment de déshumanisation qui sont parfois plus douloureux encore que la précarité elle-même. » RTBF – L’envers du décor sur 7 à la Une. En attendant une révolte du peuple des bas revenus ? déjà présente dans le mouvement des gilets jaunes.

La présence des personnes pauvres en rue, dans le métro, à côté des banques et des temples de la consommation, donne un visage au phénomène de la pauvreté au XXIè siècle. Difficilement supportable. Les cacher ou les bannir n’est en aucun cas admissible. Ce ne sont pas les pauvres qu’il faut chasser, mais la pauvreté et les bandes organisées qui les exploitent. Comment sont-il si nombreux à passer entre les mailles du filet social développé par notre société d’abondance ? La chute peut être rapide: une séparation, une perte d’emploi, des dettes, une maladie mentale ou physique, un choc. La générosité et la compassion n’en viendront pas à bout. Mais, si vous pouvez un regard, un sourire, une parole vraie, c’est  » un retour parmi la communauté des humains « , me dit quand même une ancienne assistante sociale – aujourd’hui sans domicile fixe.

Non, pas de photo.

Rendre justice sans être partisan ?

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Ce n’est pas parce que Pascal Smet est arrivé au gouvernement que le viaduc Reyers a commencé à s’effriter ou que les tunnels se sont dégradés les uns après les autres. Cinq ans d’inaction de Brigitte Grouwels et sans doute le secret espoir que les tunnels « tiendraient » encore le temps nécessaire pour assister au repli de la voiture individuelle, afin de ne pas devoir engloutir des sommes énormes dans des infrastructures qui appartiendront bientôt au passé. Pascal Smet n’a pas eu le choix et l’argent mis là et dans des parkings de dissuasion aux portes de la ville n’est donc plus disponible pour des projets porteurs pour l’avenir de la cité.

Très décrié pour son « inaction » face à la débâcle des tunnels, il le fut tout autant lorsqu’il a entamé – dans l’urgence – des travaux un peu partout pour les réparer, Pascal Smet aura été une tête de Turc commode pour les commentateurs. Vous trouverez sur son site et son compte twitter le bilan, évidemment flatteur, qu’il tire de son propre passage au gouvernement bruxellois et vous vous forgerez votre propre opinion sur cet homme politique hors du commun, qui a une vision pour Bruxelles et une certaine créativité, mais qui peine souvent à convaincre, même lorsqu’il inaugure un tunnel Porte de Hal, non seulement restauré, mais aussi joyeusement égayé par des artistes bruxellois.

Pas le lieu ici d’orchestrer une propagande électorale pour une femme ou pour un homme politique. Mais face à trop d’injustice et de procès d’intention de toutes parts, ne fallait-il pas tenter de présenter un portrait plus équilibré, dont chacun tirera les conclusions qui lui conviennent ? Surpris aussi, par la décision abrupte de Didier Gosuin de ne plus se représenter, j’aimerais rendre hommage à ce vrai Bruxellois ordinaire, généreux et enthousiaste, qui aura su garder une certaine fraîcheur que certains confondaient volontiers avec de la naïveté. Au-delà des consignes du parti auquel il appartenait, il nous aura accompagnés depuis la création de la Région bruxelloise, tant sur le plan de l’Environnement – qu’il a soutenu pendant plus d’une décennie – que sur le plan de l’Emploi, où il aura réussi à faire régresser le chômage bruxellois et celui des jeunes en particulier. Merci à lui.

Le parlement est-il représentatif des Bruxellois ?

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Quand on sait que 420.000 habitant.e.s de Bruxelles (source Ibsa) ne pourront pas voter aux élections régionales du mois de mai, le parlement issu des urnes sera-t-il une représentation démocratique crédible d’une population bruxelloise, dont 34,79% – européens et non européens réunis – sont réduits au silence, selon L’Echo mais aussi La Libre et Bruzz ?

Si ces citoyen.ne.s peuvent s’exprimer aux élections communales, aux régionales, la loi le leur interdit et elle est de compétence fédérale. Cela n’a pas empêché le parlement bruxellois de mettre cette question en débat. Le but est d’arriver à une position commune que puisse défendre le gouvernement bruxellois face au Fédéral, à qui il revient de pouvoir de modifier la loi électorale. Mais il faut une majorité des deux tiers dans chacune des deux chambres, en plus de la majorité dans chaque groupe linguistique … C’est dire que ce ne sera en aucun cas applicable pour les régionales de mai.

La question de la crédibilité de notre système de démocratie représentative se pose déjà de manière très générale, mais de manière plus évidente à Bruxelles que dans les autres Régions, vu le pourcentage élevé de personnes étrangères résidant sur le territoire bruxellois. Pas exclu que les deux autres Région ne soient pas partie prenante de cette modification. Alors uniquement pour Bruxelles ? Pensable dans une loi fédérale ?

Encore beaucoup de patience et d’impatience ? Oui, sauf si notre Région fusionne ses 19 communes, comme le propose Aula Magna dans un chapitre de synthèse du livre Demain Bruxsels intitulé  » En finir avec l’imbroglio institutionnel « , qui sera présenté le 4 février à La Tentation.
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Happy Monday: les brosseurs ces héros !

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… et ces héroïnes !  Il ne s’agissait pas d’école buissonnière, ni d’une balade romantique. La pluie, le froid, les menaces des Communautés et de certaines directions d’école, n’ont pas découragé 12.500 jeunes de revenir à Bruxelles jeudi dernier pour exiger leur droit à un héritage sain auprès d’une génération et d’une classe politique qui manquent de courage et de volonté. Il y a des mesures impopulaires à prendre et une répartition des richesses à revoir. Elles s’imposent d’urgence à tous les partis. Merci à la génération montante de le rappeler avec détermination et dignité. Bravo ! 12.500 fois bravo !

Du côté des Communautés et des écoles, la prudence était de mise. Loin de se réjouir de la mobilisation de leurs élèves, certaines ont veillé avant tout à dégager leur responsabilité. Ont interdit de participer, ont exigé des décharges des parents ou proféré des menaces sérieuses après plus de 3 absences aux cours injustifiées. Même des heures de retenue pour arrivée tardive. D’autres établissements ont décidé de soutenir le mouvement, d’accompagner les élèves, d’organiser une « excursion » à Bruxelles, de les encourager du bord du trottoir. Vous aurez vu tout cela dans la presse et ICI vous lirez la belle carte blanche d’un David Van Reybrouck ému dans De Morgen.

Les deux jeunes filles, qui ont démarré l’action en Flandre et rejoint Youth for Climate Belgium, veulent étendre leur mouvement à tout le pays. Elles s’organisent et rêvent de faire de la capitale de l’Europe le point de départ de l’indignation de toute une génération. Du jamais vu, pas même en mai 68.

“ Wij zijn de eerste generatie die de concrete effecten van de klimaatopwarming beleeft en de laatste die er iets kan aan doen”. Traduction:  Nous sommes la première génération à  vivre les effets concrets du réchauffement climatique et la dernière à pouvoir y porter remède.

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