Archives pour la catégorie Justice

Oui, on peut combattre l’inégalité

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Une enquête de Thomas Piketty de plus de 1 200 pages sur la formation et la justification des inégalités. Le Monde, Alternatives Economiques et Libération interrogent et analysent pour vous.

Le Monde en parle ICI. L’étude des différentes trajectoires historiques et des multiples bifurcations inachevées du passé est le meilleur antidote tout à la fois au conservatisme élitiste et à l’attentisme révolutionnaire du grand soir. Le marché et la concurrence, le profit et le salaire, le capital et la dette, les travailleurs qualifiés et non qualifiés, les nationaux et les étrangers, les paradis fiscaux et la compétitivité, n’existent pas en tant que tels. Ce sont des constructions sociales et historiques qui dépendent entièrement du système légal, fiscal, éducatif et politique que l’on choisit de mettre en place.

ICI, c’est Alternatives Economiques qui se penche sur l’ouvrage. La Révolution française n’a pas changé grand-chose à la concentration des richesses. Profiter des recettes pour distribuer à chacun une dotation en capital, une sorte d’héritage pour tous. Le XIXe siècle pousse le niveau de protection de la propriété à un niveau de sacralisation quasi religieux. Les partis sociaux-démocrates ont accepté la libre circulation des capitaux sans réclamer des systèmes d’échange d’informations entre pays sur qui détient quoi, ce qui empêche de taxer correctement ces patrimoines et leurs revenus

ICI, c’est Libération qui parle. L’inégalité n’est pas économique ou technologique, elle est idéologique et politique. Héritage pour tous, forte imposition des plus hauts revenus et du patrimoine, cogestion en entreprise. Après «Capital au XXIe siècle» Piketty s’attaque au dogme de la propriété pour inverser la courbe explosive des inégalités. Renversant. L’histoire des inégalités que vous retracez dans votre livre montre pourtant qu’à certaines périodes, on n’a pas hésité à remettre en cause les principes de la propriété ? Je défends l’idée qu’on peut dépasser la propriété privée en instaurant une autre forme de propriété, sociale et temporaire.

« Capital et Idéologie » aux éditions du Seuil, un livre qui enquête sur la formation et la justification des inégalités.

Deux visions pour la société de demain

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Le journal économique français LesEchos a publié un entretien avec Patrick Artus (banque Natixis) dans lequel il estime que « le capitalisme a été à la hauteur de ce qu’on attendait de lui » et que les critiques sont liées à l’émergence « du creusement les inégalités dans les pays riches et au dérèglement du climat ». Le  fondateur du magazine Alternatives Economiques lui répond dans un article qui se demande si le capitalisme est encore adapté aux temps qui viennent ?

Extraits. « Patrick Artus, pour justifier son satisfecit met en avant « la très forte élévation du niveau de vie des populations », mais au prix de fortes inégalités et d’une mise en péril climatique. Alter Eco avait d’ailleurs relevé l’une de ses notes antérieures où il affirmait que « la dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx ». En d’autres termes, le Bon Dieu (capitaliste) traîne derrière lui des casseroles pas très ragoûtantes. C’est cela qui perdra le capitalisme ».

« La vraie question est de savoir si (le capitalisme) est capable de prendre un tournant majeur avant qu’il ne soit trop tard. Je crains que non. En effet, le capitalisme est miné par la démesure dont il est porteur, cette course au toujours plus – la croissance illimitée et la plus forte possible – qui est son moteur essentiel. Sa dynamique repose sur l’intérêt personnel, la concurrence et l’envie, alors que notre défi est de parvenir à construire ou fortifier les biens communs sur lesquels toute société s’appuie.

 

Happy Monday: Bruxelles libérée

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Jusqu’au 3 septembre 1944, Bruxelles était occupée – depuis plus de 4 ans – par l’Allemagne nazie. C’est le 4 septembre à  9:30 que les Bruxellois assistèrent, dans un enthousiasme indescriptible, à l’entrée magistrale des troupes de libération anglaises, de la brigade Piron et des résistants, sous le commandement du Maréchal Montgomery. British Pathé en fournit une très émouvante petite vidéo de 5 minutes, qui annonce la fin d’un drapeau abhorré.

75 ans plus tard c’est cette liberté – toute aussi précieuse aujourd’hui – qui va être fêtée ce 4 septembre aux Halles Saint-Géry. Elles seront le théâtre d’une soirée exceptionnelle, rythmée au son du swing, de danses de l’époque, de décors, mobiliers et voitures des années 40. Du plaisir et des émotions au programme de cette soirée dont vous trouverez les détails ICI.

Il a cependant fallu attendre avril 1945 pour que la libération de la ville soit complète.  En décembre 1944 Hitler se décida encore à créer un statut particulier pour Bruxelles qui ne manque pas d’intérêt: un District de Bruxelles – capitale bi-culturelle de la Flandre et de la Wallonie – qui demeura sous l’autorité équivalente d’un Gauleiter. Bruxelles fut proclamée  » Ville libre du Reich « , lui accordant donc le même statut que les villes d’Hambourg, Berlin et Vienne.

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Les transferts financiers en question

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Suite au billet paru à propos des transferts financiers, Philippe Van Parijs – qui est philosophe mais aussi économiste – nous précise que l’étude d’Eric Dor est une mise à jour de celle de Capron, cité à la fin de la section de son livre  » Belgium: une utopie pour notre temps « , sur  » Les transferts financiers entre régions « . Vous pouvez lire ce chapitre ICI, pour avoir une vue plus exacte sur la question des transferts « en notre faveur ».

Des études, telles que celles de Capron et Dor – dit Philippe Van Parijs – se basent exclusivement sur les écarts entre parts du revenu primaire (avant taxes et allocations) et parts du revenu disponible (après taxes et allocations) des ménages résidant dans une région, une province, un arrondissement. Il néglige par conséquent les transferts résultant de la TVA et de la taxation des entreprises (y compris les cotisations employeurs) et des dépenses en matière d’enseignement et de soin de santé. Par contre, l’’étude de Decoster et Sas, préparée pour le gouvernement flamand, inclut ces autres éléments. C’est sur elle que se base principalement le texte de mon livre.

Vous voilà éclairés, mais peut-être pas encore satisfaits ?

De nouvelles habitudes alimentaires

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Notre alimentation urbaine va devoir évoluer, à la fois pour des raisons de santé – qui réclame plus de légumes et de fruits, vu une consommation au plus bas en 10 ans – et pour sauver le Sud de la planète, dont nous enrichissons les grands propriétaires terriens par nos importations massives, mais dont nous affamons la population … qui finira par venir frapper à nos portes. Oui, il va falloir diminuer volontairement notre consommation de viande – n’en déplaise au MR – parce que sa production mobilise trop de terres et d’aliments.

C’est Michael Hall, professeur à l’université d’Oxford, qui fait le point de la situation dans un nouvel article pour The Conversation. En conclusion, il propose 8 pistes pour éviter une crise alimentaire globale. C’est encourageant, c’est en anglais, mais particulièrement facile à comprendre.

Les pistes évoquées demandent des changements radicaux tant de la part des producteurs que des distributeurs. Ils devront être stimulés par des politiques coordonnées d’encouragements et de contraintes par les Etats, notamment au niveau européen. Toutefois, plusieurs de ces pistes sont aussi à la portée des consommateurs éclairés et responsables que nous devenons. Et si ce qui est bon pour la planète est aussi bon pour notre santé, c’est du Win-Win, surtout si nos talents culinaires reconnus en font aussi une découverte et un plaisir.