Archives de catégorie : Justice

Sobriété volontaire ou subie ?

Sobriété. L’expression n’est pas neuve. Elle s’est illustrée en 2010 avec Pierre Rabhi et son «Vers la sobriété heureuse ». Elle fait la une aujourd’hui, suite à l’envolée des prix de l’énergie et à la montée de l’inflation. Etre sobre. Ne pas dépenser plus que ce que nous appelons nos besoins. Cela semble une évidence, mais n’est-ce pas contredit par cette injonction permanente à consommer, à se déplacer, à dépenser, à jeter, dans des proportions énormes, alimentée par un marketing, des publicités et des ventes en ligne fort efficaces ?

« Consommer plus ne rend pas plus heureux » disent les tenants de la frugalité heureuse. En consommant mieux, mais moins, ils entendent lutter contre les changements climatiques et la destruction de la biodiversité. Ils veulent sortir nos sociétés productivistes d’une trop grande dépendance aux énergies fossiles et aux industries extractives. Ce qu’ils envisageaient de faire par sagesse devient aujourd’hui une urgence que les crises imposent.

Cairn s’interroge ICI sur la notion de sobriété. Face à la sobriété volontaire de certains, se cache ce que d’autres ont osé appeler « la sobriété subie ». La sobriété qui est imposée est-elle autre chose qu’un renforcement de la pauvreté ? Lorsque les richesses se font plus rares, leur partage équitable ne se fait-il pas plus pressant ? Pendant que d’aucuns s’envolent pour leur minitrip à Venise, ce soir, des enfants et des familles dorment dans la rue à Bruxelles.

Bancontact se fiche de nous.

Bientôt la fin des distributeurs de billets dans les agences bancaires. Le projet Batopin va procéder progressivement à l’installation de distributeurs Bancontact neutres. Ils promettent une répartition équilibrée, avec un distributeur à moins de 5 km de chez vous. A pied, cela pourrait faire 10 km aller-retour pour retirer du cash !

Pour une grande partie de la population, l’argent liquide reste vital. Comme les banques ne remettent plus d’argent aux guichets, il ne reste plus que les distributeurs de billets pour se procurer du cash. Déjà aujourd’hui, il est des quartiers où l’on fait de longues files pour pouvoir retirer l’argent que l’on a confié aux banques. C’est avec l’accord des grandes banques, que Bancontact va encore réduire le nombre d’automates.

Trends Le Vif détaillent ICI ce projet de régression, que critiquent vivement Test Achats et Financité. Le ministre fédéral de l’Économie Pierre-Yves Dermagne (PS) juge aussi cette future offre de distributeurs de billets insuffisante. Bien sûr, ce réseau occasionne des frais et ne rapporte rien aux banques. N’est-ce toutefois pas un service dû à la clientèle, depuis que les banques ont fait l’économie d’un grand nombre d’agences, ainsi que de personnel, et que nous ne pouvons plus récupérer auprès d’elles l’argent qu’on leur a confié ?

Neuf personnes font déjà la file ici pour récupérer leur argent déposé en banque

6
1

Le crime d’écocide.

Les notions de génocide, d’homicide et – plus récemment – de féminicide, nous sont familières, tout comme d’ailleurs celles d’herbicide ou de pesticide, depuis les procès du Roundup de Monsanto. Ce sont aujourd’hui les atteintes graves portées à l’environnement – commises de manière délibérée ou par imprudence – que l’on dénomme « écocide« , lorsqu’elles entraînent des dommages majeurs à l’écosystème.

L’usage de l’agent orange par les Américains pendant la guerre du Vietnam, les tirs qui ont touché des bâtiments de la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine, les innombrables marées noires, mais aussi la pêche à l’explosif ou la destruction des barrières de corail, n’en sont que quelques exemples. Tout savoir ICI.

La Belgique a été le premier pays européen à plaider pour faire de l’écocide un crime de droit international et pour étendre la compétence de la Cour pénale internationale à ce crime. Cela nécessitera cependant encore la modification du Statut de Rome, à la majorité des deux tiers des États membres de la Cour. La RTBF en dit plus. Notre parlement fédéral devrait bientôt examiner la possibilité d’inclure l’écocide dans le code pénal belge.

A Bruxelles, la biodiversité commence à se défendre mieux face aux bétonneurs, les arbres sont mieux protégés, la Senne se retrouve partiellement à l’air libre, les  herbicides ne sont plus utilisés par les pouvoirs publics pour supprimer les « mauvaises herbes ». Quelques pas dans la bonne direction.

Réguler les loyers ?

Cette question se pose avec plus d’acuité depuis l’impact de l’inflation sur l’indexation des loyers. Vous lirez ICI comment le gouvernement espagnol Podemos/PS a voulu agir pour réguler les loyers. Des mesures qui devaient permettre une « avancée sans précédent » dans l’accès au logement de tous les habitants, et notamment des personnes « les plus vulnérables » – dont les jeunes – a assuré le Premier ministre, qui annonçait aussi la construction de près de 20.000 logements sociaux – avec la réhabilitation de quartiers entiers, pour un milliard d’euros.

Cette régulation montre l’ampleur des mesures possibles, si la volonté politique est au rendez-vous. Elle allait se traduire par un encadrement des loyers pour les propriétaires de plus de 10 logements, sur la base des indices de référence des loyers. Cela vise à « obliger les grands propriétaires à baisser le prix des loyers » en cas de niveau « abusif » et devrait permettre de « lutter contre les spéculateurs ».

Des subventions étaient prévues pour les propriétaires qui acceptent de réhabiliter leurs logements, et des aides de 250 euros par mois pendant deux ans pour les jeunes disposant de ressources limitées. « Pour les familles les plus vulnérables », des aides plus directes pouvant aller jusqu’à 40% » du loyer. Cette loi devrait être mise en œuvre au second semestre 2022. Mais, patatras, le 14 janvier, le Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ), dans les mains de la droite, rejette le projet de loi socialiste, comme le détaille l’article d’Enbata. Affaire à suivre.

 

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_espagne-une-serie-de-mesures-reguleront-les-loyers?id=10855001

Ville à deux vitesses

A la station Schuman luxueusement rénovée, chaque fois qu’un tag apparaît sur les murs, la STIB l’efface. Si c’est un tag à l’acide, elle le recouvre immédiatement d’un autocollant couleur pierre. Cela décourage les tagueurs qui voient leur signature disparaître trop vite. Ainsi la station Schuman conserve intacte son image d’ouverture sur le quartier européen de Bruxelles. Qui s’en plaindrait ?

Par contre, à la station Horta à Saint-Gilles, les tags s’accumulent et ont fini par envahir progressivement tous les murs, sans que la STIB semble soucieuse de les effacer. Les tags appellent les tags et les usagers de la station peuvent avoir une impression de négligence et le sentiment que tout y est permis.

Il n’y a pas que dans le métro qu’il semble y avoir deux poids deux mesures en ville. Le ramassage des dépôts clandestins semble également s’effectuer plus rapidement dans certaines communes que d’en d’autres. Les espaces verts sont aussi tellement plus nombreux par ici que par là et même l’asphalte des rues y semble parfois plus lisse. Les Bruxellois ne sont-ils pas tous égaux ?