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Pour qui voter ?

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Ce n’est pas de moi que vous attendez la réponse à cette question qui va se poser à vous trois fois le 26 mai. Toutefois, ceux et celles qui s’opposent au pouvoir excessif des partis ne voteront pas « tête de liste », pour ne pas se contenter d’avaliser l’ordre des candidats décidé par les états majors des partis. Ils pourront voter pour plusieurs candidat.e.s de leur choix sur une même liste, y compris pour des « candidats d’ouverture », qui soutiennent la liste sans être membres du parti. Cela ne manquera pas d’influer sur la liste des élus qui les représenteront dans les trois parlements ainsi que sur le choix des personnalités qui seront appelées à faire partie des différents gouvernements ou de la Commission européenne.

Les électrices et les électeurs qui estiment que la question du climat et d’un partage plus juste des richesses constituent des enjeux cruciaux pour cette triple élection, n’auront pas trop de peine à retrouver, dans les slogans et les programmes des partis, les candidats qui ont agi et prennent des engagements clairs sur ces sujets. Les élections ne sont-elles pas aussi une occasion de soutenir ou de sanctionner pour leur gestion les femmes et les hommes qui étaient en charge au cours de la dernière législature ?

Pour vous aider à y voir plus clair, un « test électoral » a été mis au point par des académiques à l’initiative de la RTBF, la VRT, La Libre, De Standaard, l’UCLouvain, l’Université d’Anvers et Tree company. Il vous permet de répondre « D’accord » ou « Pas d’accord » à une série de propositions pour chaque scrutin (fédéral, régional bruxellois ou européen) et savoir ensuite quels partis sont les plus proches de vos convictions. Je me suis livré à l’exercice et il me semble que cela ne manque pas d’intérêt, malgré les limites du genre.

 

Pourquoi quittent-ils Bruxelles ?

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La jeune classe moyenne continue de quitter Bruxelles et est remplacée par des populations plus pauvres ou plus riches. Je ne vous apprends rien, la situation n’est pas nouvelle. La cause principale mise en avant par un article du Soir, reste l’impossibilité de trouver un logement à prix modéré. Trop fortunés pour satisfaire aux conditions d’accès des logements sociaux mais pas assez pour se tourner vers les prix du marché, la situation les pousse à quitter définitivement Bruxelles, où la plupart travaillent.

Prix du logement trop élevés, mais pas que. Il y a aussi parfois un sentiment d’insécurité, la congestion automobile, la pollution de l’air, l’absence de jardin, … C’est en collaboration avec l’IHECS, que le journal Le Soir va plus loin dans un dossier assez fouillé dont j’ai regroupé un certain nombre d’extraits. Il en dira beaucoup plus à tous ceux d’entre vous qui s’inquiètent de ce phénomène qui déséquilibre la population de la ville et la prive des contributions de ces Bruxellois qui vont résider hors de ses frontières et iront rejoindre le groupe des navetteurs qui entrent quotidiennement à Bruxelles.

« Par rapport à Paris ou Berlin, Bruxelles n’est certainement pas hors de prix, observe Fouad Ahidar (SP.A), président de la commission Logement au parlement bruxellois. Mais quand on compare le salaire moyen d’un Bruxellois avec les prix de l’immobilier, c’est là qu’apparaît le problème ». En 2017, 50 % des locataires ont un revenu mensuel inférieur à 2.000 euros, plus d’un tiers de leur revenu est consacré au logement. C’est là que se situe le seuil au-delà duquel le logement devient inabordable. « Pour ceux qui touchent de petits salaires, il est devenu presque impossible de se loger à Bruxelles, à moins d’opter pour des habitations à la limite de l’insalubrité situées dans des coins où il ne fait pas bon vivre ».

 

Tram autonome et navette automatique

extrait de la XinhuaVideo de New China disponible sur Youtube ICI

« Grâce à son guidage optique qui suit un marquage au sol invisible, ce nouveau moyen de transport en commun offrirait l’avantage d’un coût d’installation cinq fois moindre qu’un tram sur rails. Enfin, rendue possible par des batteries qui se rechargent en 30 secondes lors de chaque arrêt, l’absence de caténaires lui permet d’être beaucoup plus souple dans le trafic urbain ». C’est la DH qui annonce de nouveaux tests de ce « tram » chinois, dont nous avons déjà parlé.

Lancé sans rails (les cyclistes apprécieront) en mai 2018, il vient d’être expérimenté en version sans conducteur et par une température de – 20°. Il sera bientôt testé dans d’autre villes chinoises. Quand on se souvient des années qu’il a fallu pour installer les rails au boulevard du Souverain et leur prolongation vers Roodebeek, on se prend à rêver d’un réseau de trams sans rails. Encore faut-il pouvoir leur assurer un site propre ou à tout le moins une bande de roulage réservée.

Dès cet été, la STIB va tester de navettes électriques autonomes pour le « dernier km ». Pas pour remplacer les bus ou les trams, mais pour prolonger les lignes vers des quartiers éloignés peu denses.  La STIB  ne publie pas de texte, mais propose ICI une courte vidéo très parlante.

Métro ligne 3: un dossier à revoir

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Pierre Laconte, président de la FFUE, nous fait parvenir un billet. Extraits.
 » Le ministre Smet a annoncé dans la presse (Le Soir 21/1) qu’il passera la 1re commande du Métro Nord-Sud dès l’annonce du gagnant de l’appel d’offres – donc avant les élections – alors que le projet devra être profondément modifié par rapport au cahier de charges distribué, vu les demandes justifiées de Bruxelles et de St-Gilles « . Voir ICI le dossier de la Fondation pour l’environnement urbain.

 » Si le gouvernement de la Région bruxelloise accepte d’endosser la responsabilité politique de cette commande du Ministre Smet avant le 26 mai, celle-ci ouvrirait la porte à des suppléments importants et à des compensations pour les entreprises non retenues, sans compter d’autres incertitudes sur le coût du projet, rappelées par les signataires de la carte blanche de La Libre. Ces suppléments seront entièrement à charge des Bruxellois, puisque Beliris ne paiera que 500 millions pour l’ensemble de la ligne 3, pas un euro de plus, quel que soit le coût réel des travaux « . Cela laisserait plus d’un 1,5 milliards à charge de la Région.

 » Un engagement irréversible sur un projet qui obérerait ses finances pendant des décennies, alors que les budgets régionaux seront réduits d’année en année suite à la 6ème réforme de l’Etat qui en fixe la réduction annuelle « . La sagesse n’imposerait-elle pas d’attendre le 26 mai et de confier la décision finale à la nouvelle majorité sortie des urnes ?

Happy Monday: le photovoltaïque séduit les Bruxellois

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Du jamais vu en Région bruxelloise. Plus de 15 MW de nouvelles installations photovoltaïques enregistrés en 2018. Soit 50% de plus qu’en 2017 et trois fois plus qu’en 2016, écrit Christine Scharff dans un article de L’Echo. « On atteint une puissance cumulée de plus de 82 MWc à la fin décembre 2018. À ce rythme, la Région pourrait franchir le cap des 100 MWc de solaire photovoltaïque dans le courant 2020 ».  Selon Céline Fremault, vu le marché bruxellois, il n’y a cependant pas de risque de bulle au niveau des certificats verts négociables remis aux bénéficiaires.

Les primes sont importantes et maintenues. Alors pourquoi cette hâte ? Prudents, certains se sont dépêchés d’installer des panneaux pour profiter encore de la compensation (le compteur qui tourne à l’envers), dont la suppression est annoncée à Bruxelles pour 2020.

Il y a aussi les propositions alléchantes de Brussels Energy et Brusol, des tiers-investisseurs qui offrent « des panneaux photovoltaïques gratuits ! », en se payant avec les certificats verts pendant 10 ans. Une solution pour ceux qui ne peuvent consentir à l’investissement, bien qu’il existe le « prêt vert bruxellois » entre 0 et 2%, plus rentable mais plus compliqué administrativement.