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Métro ligne 3: un dossier à revoir

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Pierre Laconte, président de la FFUE, nous fait parvenir un billet. Extraits.
 » Le ministre Smet a annoncé dans la presse (Le Soir 21/1) qu’il passera la 1re commande du Métro Nord-Sud dès l’annonce du gagnant de l’appel d’offres – donc avant les élections – alors que le projet devra être profondément modifié par rapport au cahier de charges distribué, vu les demandes justifiées de Bruxelles et de St-Gilles « . Voir ICI le dossier de la Fondation pour l’environnement urbain.

 » Si le gouvernement de la Région bruxelloise accepte d’endosser la responsabilité politique de cette commande du Ministre Smet avant le 26 mai, celle-ci ouvrirait la porte à des suppléments importants et à des compensations pour les entreprises non retenues, sans compter d’autres incertitudes sur le coût du projet, rappelées par les signataires de la carte blanche de La Libre. Ces suppléments seront entièrement à charge des Bruxellois, puisque Beliris ne paiera que 500 millions pour l’ensemble de la ligne 3, pas un euro de plus, quel que soit le coût réel des travaux « . Cela laisserait plus d’un 1,5 milliards à charge de la Région.

 » Un engagement irréversible sur un projet qui obérerait ses finances pendant des décennies, alors que les budgets régionaux seront réduits d’année en année suite à la 6ème réforme de l’Etat qui en fixe la réduction annuelle « . La sagesse n’imposerait-elle pas d’attendre le 26 mai et de confier la décision finale à la nouvelle majorité sortie des urnes ?

Happy Monday: le photovoltaïque séduit les Bruxellois

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Du jamais vu en Région bruxelloise. Plus de 15 MW de nouvelles installations photovoltaïques enregistrés en 2018. Soit 50% de plus qu’en 2017 et trois fois plus qu’en 2016, écrit Christine Scharff dans un article de L’Echo. « On atteint une puissance cumulée de plus de 82 MWc à la fin décembre 2018. À ce rythme, la Région pourrait franchir le cap des 100 MWc de solaire photovoltaïque dans le courant 2020 ».  Selon Céline Fremault, vu le marché bruxellois, il n’y a cependant pas de risque de bulle au niveau des certificats verts négociables remis aux bénéficiaires.

Les primes sont importantes et maintenues. Alors pourquoi cette hâte ? Prudents, certains se sont dépêchés d’installer des panneaux pour profiter encore de la compensation (le compteur qui tourne à l’envers), dont la suppression est annoncée à Bruxelles pour 2020.

Il y a aussi les propositions alléchantes de Brussels Energy et Brusol, des tiers-investisseurs qui offrent « des panneaux photovoltaïques gratuits ! », en se payant avec les certificats verts pendant 10 ans. Une solution pour ceux qui ne peuvent consentir à l’investissement, bien qu’il existe le « prêt vert bruxellois » entre 0 et 2%, plus rentable mais plus compliqué administrativement.

Les riches paient-ils trop peu d’impôts?

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Paul De Grauwe pense que oui. Il s’en explique ICI dans Le Soir. C’est un économiste de la London School of Economics et il est membre du parti libéral flamand Open VLD, pas vraiment un gauchiste donc. C’est aussi la proposition de la nouvelle députée américaine démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, d’augmenter le taux d’imposition pour les revenus supérieurs à 10 millions de dollars, qui relance un débat qui préoccupe les économistes depuis longtemps sans pouvoir être qualifiés – comme elle – de « communiste ». Un débat d’actualité face à une révolte du peuple des bas revenus incarnée par de jaunes gilets.

Paul De Grauwe illustre la problématique par un exemple confondant. « Quand une personne qui gagne 2.000 euros par mois gagne 1.000 euros supplémentaires par mois, sa vie change radicalement (…) Donnez 1.000 euros supplémentaires à quelqu’un qui gagne 1 million d’euros par mois, et rien ne se passe dans la vie de ce millionnaire » qui ne le remarquera probablement pas. Il conclut: « Vous pouvez retirer ces 1.000 euros au millionnaire et le donner à la personne qui ne gagne que 2.000 euros par mois. Le millionnaire ne ressentira presque rien et vous rendrez l’autre très heureux ».

100 % sur le revenu qui dépasse un million c’est effectivement beaucoup et sans doute peu raisonnable, mais le prélèvement « pourrait facilement être porté à 70 %, par exemple, sans perte de productivité significative ». Il faudra d’abord se mettre d’accord sur le principe et puis réfléchir à la manière de l’appliquer à l’échelle internationale, pour éviter les déménagements de fortunes. « Si un tel revirement dans les pensées se produit, ici et dans d’autres pays, un nouveau consensus social sera créé, qui rendra possible un relèvement du taux d’imposition des revenus les plus élevés ». Une autre redistribution des richesses qui pourrait éviter une révolte qui couve.

… et le Fonds monétaire international (FMI) de Madame Lagarde a déclaré en novembre « qu’il fallait davantage taxer les plus fortunés pour favoriser la croissance « . 

Que penser d’un métro nord ?

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La demande de permis pour creuser – durant 5 ans – une nouvelle station Toots Thielemans sous l’avenue de Stalingrad, a ouvert une boîte de Pandore – dont je vous ai déjà livré le contenu sulfureux – qu’il sera difficile de refermer …  Pas moins de 81 réactions à la Commission de concertation, y compris celles de la Ville et de Saint-Gilles. Si les deux communes – au Collège résolument plus vert – ne disent pas non au projet, elles y mettent de  très sérieuses conditions. La contestation de la part de la société civile ne vise pas uniquement la nouvelle station, mais questionne aussi le rapport coût/bénéfice d’une ligne 3 transformée en métro lourd.

La Commission a reporté son avis au 22 janvier pour complément d’information. Certains espèrent d’ailleurs que cette décision – non contraignante – sera reportée après les élections de mai. Elles pourraient donner naissance à un parlement et a un gouvernement régional plus vert, décidé à rouvrir l’ensemble du dossier ligne 3. Il devra être compatible avec une éventuelle nouvelle politique de transports publics, destinée à mettre fin à la congestion automobile et à l’intolérable pollution de l’air de la Région.

Faut-il regretter cette contestation qui engendrera des retards inéluctables ? Faut-il se réjouir qu’une réflexion plus en profondeur soit confiée à un nouveau gouvernement régional, qui devra définir ses priorités en matière de transition écologique et de répartition des richesses ?
Des extraits de l’article de Véronique Lamquin dans Le Soir et un billet TDN avec plan et illustrations dans Bruzz, révèlent des avis divergents au sein des décideurs mais aussi de la société civile.

Bruxelles: pauvres enfants pauvres

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Dans la riche capitale de l’Europe, des enfants ne mangent pas à leur faim et n’ont qu’une paire de chaussures. 15% sont en situation de déprivation. Une honte. Tout simplement inacceptable. Des familles n’ont qu’une vieille diesel pour aller travailler et ne peuvent plus entrer, ni circuler à Bruxelles. Nous revoilà face à la crise du partage de l’immense richesse générée par la ville.

La Rtbf consacre un article à la pauvreté des enfants sur base de l’excellente étude publiée par la Fondation Roi Baudouin. En Belgique on est considéré comme pauvre, si le ménage dispose de moins 885€ par mois. 885 euros ? même avec 1.000€ par mois, seriez-vous capable de payer un loyer et de faire vivre votre famille ? Dans la population sans emploi à Bruxelles, plus de 50% des enfants sont déprivés. En cause, des allocations sociales trop basses qui permettent tout au plus d’essayer de survivre. La Ligue des Familles commente. Voilà des conséquences et des statistiques.

En cause aussi, l’incapacité d’accéder aux emplois disponibles à Bruxelles par méconnaissance d’une langue véhiculaire et d’une formation. L’Allemagne d’Angela Merkel s’y est attelée avec succès. «  La langue est le principal obstacle à une bonne intégration. Mais (beaucoup de) réfugiés l’ont appris très vite et ont été en mesure d’occuper rapidement une place d’apprentissage. Pour la culture, c’est plus difficile mais nous apprenons l’un de l’autre », assure un patron allemand ravi, par contre des syndicats moins enthousiastes.