Archives pour la catégorie Finances

Union Européenne: des décisions et vite

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Avec tous ses commerces fermés et tant de lieux de production à l’arrêt, Bruxelles est paralysée. La crise déclenchée par le coronavirus frappe progressivement toute les régions d’Europe et paralyse son économie. L’UE dispose cependant de nombreux outils pour ne pas réagir sur le mode du « trop peu, trop tard »: Banque centrale européenne, Banque européenne d’investissement, Mécanisme européen de stabilité, fonds divers …  Que peuvent et doivent faire les institutions de l’Union pour ne pas laisser chaque région, chaque pays, seul face à une telle situation ?  C’est la question que pose la revue Alternatives Economiques, dans un article bien documenté, qui propose une série de solutions, qui – selon elle – peuvent limiter les dégâts.

Dans l’immédiat, il ne s’agit pas, comme pendant une crise financière classique, de soutenir la demande et de relancer l’activité, puisqu’au contraire les Etats ont décidé de la réduire au strict minimum, pour bloquer progressivement l’épidémie. Il convient d’éviter les licenciements grâce à un chômage technique généralisé et bien indemnisé, d’empêcher les petites entreprises et les travailleurs indépendants de faire faillite, d’éviter que les banques ne soient étranglées et de financer un effort exceptionnel en matière de dépenses de santé. Tout cela en limitant la spéculation sur les marchés financiers, en particulier contre les dettes des Etats les plus fragiles.

Après un état des lieux, viennent 5 propositions, détaillées dans l’article d’Alternatives Economiques du 18 mars.

1 /La Banque européenne d’investissements doit accorder massivement des prêts aux PME
2/ Recourir sans conditions aux fonds du mécanisme européen de stabilité
3/ La BCE doit acheter des titres des Etats les plus en difficulté
4/ Renforcer les moyens de l’Union bancaire
5/ Financer le chômage partiel à l’échelle européenne

… depuis la BCE a sorti un bazooka de 750 milliards d’euros.

 

Climat: peut mieux faire

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Les jeunes exigeaient le vote d’une « Loi Climat », un document rédigé par des universitaires. Il ne s’est pas trouvé de majorité au parlement pour opérer les modifications à la Constitution nécessaires pour la voter. Alors, sous contrainte européenne, la Belgique – en affaires courantes – a additionné à ses propres plans, ceux des Régions pour présenter à l’Europe un texte pour un « Plan Climat Énergie » dit améliorable.

Une copie peu ambitieuse qui nous a fait reculer de quatre places dans le classement de l’Indice des Performances climatiques 2019. Classée 35ème, la Belgique figure pour la première fois parmi les pays à mauvais score climatique. Reste à attendre la réaction de la Commission d’Ursula Von der Leyen et celle des jeunes.

S’il faut se réjouir de voir le fédéral s’engager à investir 35 milliards dans les chemins de fer d’ici 2030, on s’étonne aussi de découvrir que l’Etat subsidie toujours les énergies fossiles et va attendre 2021 pour établir un plan pour réduire ces subsides et puis les supprimer en 2030. Les lobbies ont dû bien travailler .

1.135 euros: le loyer moyen d’un appartement

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On connaissait déjà les prix de vente élevés des appartements bruxellois, mais aujourd’hui un article de L’Echo révèle un montant moyen de loyer de 1.135 euros pour un appartement bruxellois, sur base  des estimations d’un premier baromètre de CIB Vlaanderen, qui s’étend désormais à Bruxelles. « Le moins qu’on puisse dire, c’est que les loyers négociés dans la capitale ont augmenté de manière plus rapide et plus significative que partout ailleurs en Belgique, y compris à Anvers ou à Gand. Soit 400 euros de plus qu’en Flandre. À ce montant mensuel, il faut ajouter les charges de l’immeuble » (L’Echo).

Cela devient intenable pour une grande partie de la population, qui ne peut  envisager de consacrer la moitié de ses revenus à se loger. Pour mettre fin à la hausse constante des loyers et des placements immobiliers, Berlin veut procéder à un gel des loyers pendant 5 ans. Les propriétaires disent « Aucune ville ne déteste ses propriétaires comme Berlin le fait » et les locataires activistes d’affirmer « Un gel des loyers pendant cinq ans n’est qu’un bon début ». Berlin doit se préparer à exproprier des immeubles privés pour accroitre son parc immobilier public. La suite des réactions est à lire dans l’article de CityLab. Pendant ce temps, dans L’Echo, la société  Jones Lang LaSalle annonce sans vergogne un grand millésime pour le secteur immobilier de notre pays. Deux députés cdH réclament ICI plus de transparence sur les prix.

Mais peut-être avez-vous vu le commentaire Jean-Marc Sparenberg, un lecteur du blog, qui propose une réforme radicale au niveau fédéral et régional ?
« Ne serait-il pas urgent de remplacer le système archaïque du précompte immobilier, qui a même été épinglé par l’Europe, par une taxation plus juste, du genre:
– pas de taxation sur l’habitation principale (pour soutenir le droit au logement)
– une taxation des revenus immobiliers sur base des loyers réels, et avec un taux d’imposition nettement supérieur à celui sur le travail.
Pour le moment, les placements immobiliers sont incroyablement rentables, ce qui met une pression importante sur le marché et augmente considérablement le prix des logements… ».

 

Le gaz, c’est déjà le passé

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Bruxelles ne dispose que de (très) peu de sources d’énergie, elle s’équipe donc pour acheminer l’énergie qu’elle achète dans les deux autres Régions ou à l’étranger. Le gaz naturel en est un exemple. Ce gaz est une énergie fossile stockée dans la terre et ses gisements seront nécessairement un jour épuisés. Son usage va donc appartenir au passé, même s’il est nettement moins polluant que le pétrole.

Malgré cela, l’Allemagne tente de terminer un deuxième gazoduc à 10 milliards de dollars, qui doit relier l’Allemagne à la Russie en passant par la Baltique. Il sera en concurrence avec une initiative concurrente en Turquie. Les américains commencent à exporter leur gaz de schiste, extrait dans des conditions dénoncées par les écologistes. Chez nous, Zeebrugge a investi massivement dans son port méthanier, actuellement toujours rentable.

Pourquoi des États et des investisseurs continuent-ils à placer de l’argent dans une source d’énergie qui finira par se tarir ? Pourront-ils amortir leurs investissements avant la fin du gaz ? Ce rapport de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) est édifiant. « La transition climatique du secteur pétrogazier n’est pas seulement vitale pour le climat, elle l’est aussi pour ses actionnaires et des contribuables de nombreux pays ». Voyez comment il faut en finir avec les idées reçues à propos de l’énergie.

Bruxelles et les autres villes ne doivent-elles pas déjà se préparer à « l’après gaz » ? Pareil pour les stations de recharge d’énergie: électricité ou hydrogène ? Les mauvais choix pourraient s’avérer coûteux. L’immobilisme aussi. Gouverner c’est prévoir.

 

Happy Monday. Des investisseurs pourraient sauver la planète !

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Les investisseurs placent leur argent dans des entreprises qui ont un avenir et offrent des perspectives de développement. Voilà pourquoi ils commencent à devenir de plus en plus réticents à investir dans l’énergie fossile ou dans des entreprises peu soucieuses de l’environnement. Ils savent que certains consommateurs éclairés n’hésitent plus à bouder ces entreprises. Même Starbucks se sent contraint à réduire sa vaisselle à usage unique et MacDo cherche un substitut à ses emballages en polystyrène.

Un article d’Alternatives Économiques révèle que l’agence de notation Moody’s a déjà commencé à dégrader la note des entreprises qui ne font pas d’effort pour s’adapter à une économie qui évolue de plus en plus vers le bas carbone. Dans le secteur pétrolier, des entreprises de poids vont couler purement et simplement, entraînant avec elles des institutions financières qui continuent à leur prêter de l’argent.

Même si ce n’est pas nécessairement le sauvetage de la planète qu’il les motive, les investisseurs soucieux de l’avenir de leurs placements pourraient bien devenir des alliés inattendus pour une économie plus soucieuse de son impact sur l’environnement. Il faut s’en réjouir, mais le temps presse.