Archives pour la catégorie Finances

Et si nous arrêtions d’enrichir les riches ?

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Billet d’humeur

Les riches de plus en plus riches, parce que nous buvons leur Jupiler, consommons leur eau en bouteille, brunchons dans leurs Pains Quotidiens multinationaux, achetons leur pétrole et portons fièrement leurs vêtements griffés LVH ou COST.

L’intérêt des consommateurs que nous sommes est-il de continuer à enrichir les Bernard Arnault, les Spoelberch, les Bettencourt, les Albert Frères ou la famille Lhoist, qui se moquent de l’Environnement et exploiteront les ressources de la planète jusqu’à épuisement … puis se tireront en Nouvelle Zélande avec leur argent du Panama, comme les magnats de la Silicon Valley, pendant que nous mangerons des racines.

Notre pouvoir de consommateur est énorme et inexploité. Il peut  forcer les délinquants des paradis fiscaux du luxe et de l’extraction à mettre la clé sous le paillasson … mais ils nous ont si bien conditionnés à les aimer et à les nourrir ! Pour des raisons de prudence, les investisseurs commencent cependant à bouder les entreprises pétrolières et certains extracteurs de terres rares. Moody’s va dégrader la note de l’entreprise pétrolière ExxonMobil: trop risqué face à la vague verte. Quelques détails ICI.

Alors chiche, on essaie de ne plus donner nos petits sous aux nantis en 2020 ?

 

Happy Monday: Berlin futur paradis des locataires ?

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« Parce que se loger ne devrait pas être un luxe » peut-on lire sur des calicots berlinois.
Il y a longtemps que la plupart des êtres humains ne sont plus nomades et se sont sédentarisés dans des villages et des villes. Disposer d’un lieu pour dormir et installer sa famille est une condition de base pour s’épanouir. À Bruxelles, comme à Berlin, la majorité des citoyens sont locataires de leur logement et doivent souvent y consacrer un part (trop) importante de leurs revenus.

Sous le régime communiste, le logement était public à Berlin Est. Après la chute du mur, la nouvelle équipe municipale berlinoise a cédé des pans entiers de son parc immobilier au privé. Aujourd’hui, la municipalité s’est décidée à les racheter. En juillet, déjà 670 logements sur Karl-Marx-Allee et ce n’est qu’un début, parce que le gouvernement s’est engagé à augmenter de 55 000 le nombre de logements public: 30 000 par la construction, le reste par l’achat.

En avril 2019, 40 000 Berlinois défilaient dans le centre-ville pour dénoncer « la folie des loyers ». Ils s’en prennent aux omnipotentes agences immobilières et collectent des signatures en vue de forcer la ville de Berlin à exproprier toute agence immobilière possédant plus de 3 000 logements. Sous la pression de la rue, Berlin va rejoindre le club des rares villes européennes qui plafonnent strictement l’évolution des prix de l’immobilier. Une véritable expérience pilote en Europe qu’Alternatives Economiques détaille ICI.

photo illustrant l’article d’Alternatives Economiques

Des parkings pour dissuader

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C’est pour tenter de dissuader les automobilistes d’entrer dans Bruxelles avec leur voiture, que la Région consacre de (gros) budgets à la création de parkings dits « de dissuasion ». Le dernier en date est celui de Uccle Stalle – toujours complet – mais qui va voir sa capacité  doublée au prix de 12 millions d’euros (un demi milliard de francs belges quand même). Et d’autres suivront, à Crainhem, au Heysel et à Auderghem. C’est BX1 qui rapporte cette décision de notre ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen).

Certains estiment que ces parkings devraient se trouver à l’extérieur de la ville pour éviter sa congestion, mais là, ils dépendraient de la bonne volonté de la Flandre et de la Wallonie, qui semblent peu intéressées à consacrer des moyens pour délester Bruxelles. La Région prend ses responsabilités, même si l’ARAU – qui conteste cette politique – a pu vérifier, qu’à Stalle, ce sont surtout les locaux et les commerçants qui saturent les 380 places gratuites existantes …

De tels investissement sont à amortir en 30 ans. Pensez-vous qu’en 2050 la nouvelle génération se rendra encore à Bruxelles en voiture individuelle, même électrique et autonome ? Se pose  donc la question d’une possible reconversion de ces parkings pour d’autres usages. Nous avions suggéré d’imposer des hauteurs de plafond suffisantes pour pouvoir les reconvertir en logement, écoles ou hôpitaux. Pas sûr que ce soit grâce à nous, mais la ministre précise “le projet prévoit la modularité du bâtiment, de manière à ce qu’une réaffectation partielle en logement ou d’autre fonctions soit possible“. Dont acte.

La Belgique a-t-elle à encore un avenir ?

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Alors que le pays connaît sa première vraie crise existentielle depuis des décennies – selon un long entretien de Vincent De Coorebyter et Marc Uyttendaele dans Le Soir – tout le monde s’en fiche, comme si la confiance dans le système belge avait chuté et qu’il ne se trouvait plus personne pour proclamer publiquement qu’il faut le sauver à tout prix.

Le constitutionnaliste et le philosophe, dont les propos ont suscité pas mal de commentaires, évoquent une logique de cogestion des intérêts fédéraux par les entités fédérées, s’il n’est pas possible de voir émerger une coalition au niveau fédéral. Ils évoquent même la question d’un référendum sur l’avenir du pays, bien que non prévu par la constitution et dont l’issue est imprévisible.

Il y a quelques années une étude publiée par Academia s’interrogeait déjà sur “L’avenir du fédéralisme belge » à partir des programmes des partis. Ses conclusions sont ICI.
Et puis, tout récemment, l’ancien parlementaire européen – Olivier Dupuis – vient de se fendre d’une Lettre ouverte au Roi Philippe: De l’avenir de la Belgique et de ses nations, qui ne peut manquer d’en rappeler une autre, adressée à Albert 1er en 1912. Il y esquisse ses solutions que vous lirez ICI en français en HIER in het Nederlands.

Si l’Informateur Paul Magnette devait échouer à rassembler une majorité pour gouverner le pays, quelle carte resterait-il à jouer par le Roi pour maintenir un Etat fédéral ? Sortir un Guy Verhofstadt ? Quelqu’un ou quelqu’une pour prendre la tête d’un gouvernement de salut public ? pour un pays qui ne peut se disloquer, à cause d’une immense dette publique à partager (1), à cause de Bruxelles et à cause de la nécessaire représentation de la Belgique au sein de l’Union européenne … voire même suite à un sursaut patriotique d’un certain nombre citoyens ébranlés par l’annonce de la fin du pays, par incapacité de la classe politique à trouver un accord ?

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(1) Dette publique: 460 milliards d’euros fin 2018, soit 100 % des richesses produites pendant un an en Belgique. La dette sert essentiellement aux entités fédérées (Régions et État fédéral) pour financer des dépenses publiques. Son poids freine les investissements (document RTBF). Chaque citoyen hérite d’une dette de 43.000 euros à la naissance, selon La Libre.

Réduction des emplacements de parking

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C’est la disponibilité (probable) d’une place de stationnement en rue, à proximité de sa destination, qui pousse l’automobiliste à se déplacer avec son véhicule personnel. Parking en surface, parking  souterrain public ou d’entreprise, agissent comme de puissants aspirateurs à voitures. C’est pour diminuer la congestion, la production de CO2 et pour améliorer la qualité de l’air que nous respirons, que les autorités ont osé commencer à prendre des mesures – pas toujours très populaires –  et avec la crainte de voir diminuer le nombre de personnes visitant la ville.

Supprimer 65.000 places  de parking en surface en 5 ans en les remplaçant par du stationnement souterrain et renforcer les zones à basse émission, est au programme de la Région. Elle vient aussi de rendre plus coûteuse la taxe sur les emplacements de parking à construire par les bureaux. Elle tente enfin, d’unifier la politique de stationnement régionale en ralliant les communes à son Agence de stationnement … avec encore de nombreuses communes  réfractaires comme Saint-Josse.