Archives pour la catégorie Finances

La ligne de métro 3 en question

__________________________________________

Pour mettre le tronçon pré-métro aux normes d’un vrai métro entre les stations Albert et Gare du Nord, il faut faire sauter le bouchon Lemonnier, dont les courbes sont impraticables pour un métro. La STIB et la Région ont introduit une demande de permis pour une nouvelle station à hauteur de Stalingrad. Ce chantier gigantesque durerait plus de 7 ans, coûterait 125 millions et ruinerait les commerces de l’avenue de Stalingrad. Ce n’est pas tout: la Fondation pour l’Environnement Urbain aligne 6 autres inconvénients majeurs – dont l’abattage de 140 arbres –  et présente ICI une alternative très détaillée, dans le respect de l’accord de gouvernement.

Des comités de quartier, Inter Environnement et l’ARAU en profitent pour poser ICI la question de l’utilité de cette métroïsation de la ligne 3, qui coûterait 1,8 milliards d’euros et n’arriverait à Evere qu’en 2030. Ils proposent de maintenir la ligne en pré-métro en la dégageant des trams 82 et 51, qui se retrouveraient en surface. Moins cher (beaucoup) et très rapidement opérationnel. Ils s’en expliquent avec beaucoup d’arguments d’illustrations ICI.

La  » bataille de Stalingrad «  commence ce mercredi 19 à 9h à la Commission de Concertation, qui va entendre la STIB, la Région et de nombreux opposants d’une société civile très active et à laquelle vous pouvez participer, au 6 boulevard Anspach (M° De Brouckère). La plupart des Bruxellois sont partisans d’un plus grand réseau de métro, mais est-il payable sans pénaliser ceux qui dépendent du réseau de surface ? La congestion urbaine peut-elle encore perdurer plus de 10 ans avant de connaître des alternatives crédibles ? Combien d’automobilistes renonceront à leur voiture suite à la mise en service d’une coûteuse ligne de métro 3 ? Des questions à se poser avant de creuser …

documents IEB  et Le Soir

Gilets jaunes, gilets verts et cagoules noires

___________________________________________

  • Gilet jaune: « Nous somme surtaxés. L’essence et l’électricité ne sont pas des produits de luxe. Je ne vais jamais en vacances et mon salaire temps plein ne suffit pas. Ils vont tuer la classe moyenne » dit une mère de famille à Schuman. Témoignage du vécu des manifestants.
  • Gilet vert: « Le vrai enjeu est d’éviter que les gens qui sont les perdants de la mondialisation entrent dans une logique de radicalisation, y compris anti-climatique ». dit Nicolas van Nuffel, porte-parole de la Coalition Climat.
  • Cagoule noire: « En finir avec le capitalisme. Faites payer les riches » hurle un anonyme en noir, dont nombre de partenaires se sont trouvés isolés préventivement. Kairos proteste.

Une transition écologique s’impose, sans délais et avec beaucoup de pédagogie. Faut-il la faire payer par ceux qui peinent déjà à finir le mois ? La crise écologique est là, plus perceptible que jamais, mais son financement révèle l’explosion d’une crise sociale latente.  » Les riches toujours plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres « . C’est bien d’une crise du partage qu’il s’agit. Il va falloir la résoudre avant de taxer ou d’interdire tout ce qui engendre le changement climatique en cours. Augmentation des bas salaires, primes, crédit d’impôts, allocation universelle de base ? Les outils sont sur la table, il va falloir faire des choix et affiner. Avec la N.VA en moins, le gouvernement fédéral va-t-il s’y atteler ? et quid des Régions ?

Ce n’est peut-être pas (encore) le grand soir, mais ne sommes-nous pas dos au mur ?
– Ne rien faire, verra inévitablement des cohortes de réfugié « climatiques » envahir les pays épargnés et mettra l’espèce humaine en péril.
– Taxer indifféremment tous les citoyens pour financer la nécessaire transition écologique, ne peut qu’alimenter une révolte des plus démunis, qui finira par exploser.
« Quand les règles deviennent illégitimes, il faut à un moment les transgresser ».
Extinction Rebellion s’y prépare et s’y est déjà lancé à Londres.

Le 30 novembre, dans L’Echo, Frédéric Rohart se risquait déjà à faire le point.

Oui, il faut soutenir la transition écologique

__________________________________________

Sans doute avez-vous progressivement équipé votre logement de coûteuses – mais performantes – lampes LED à (très) basse consommation et à grande longévité ? Et vous disposez probablement de doubles vitrages ? d’une pompe à chaleur et d’un frigo A +++ ? Des investissements coûteux mais très rentables pour votre portefeuille comme pour la planète.

Mes proches voisins ont deux enfants et de faibles revenus. Ils s’éclairent encore avec de l’incandescence et un peu d’halogène, parce que les lampes LED sont trop chères pour eux. Ils le paieront au fil des mois. Ils n’ont pas de doubles vitrages, leur frigo baille et ils se chauffent avec la vieille chaudière au mazout qui équipe l’appartement hérité des parents du mari. Ils le payent aussi au fil des mois. Sans aides spécifique et crédits d’impôts, ils seront les innocentes victimes de la transition écologique et finiront sans doute par descendre dans la rue en gilets fluos …

Sacrifier la nouvelle taxe carbone pour les carburants sur l’autel de la paix sociale est lâche, démagogique et irresponsable de la part du gouvernement. Comprendra-t-il qu’il faut maintenir et même majorer cette taxe ? Et dans le même temps fournir les aides indispensables aux personnes à bas revenus pour qu’ils puissent prendre part à l’indispensable transition écologique, qui ne peut-être un sport de riches. Ou faudra-t-il encore attendre le gouvernement qui sortira des urnes en mai … et qui sera nécessairement plus vert ?

Face à une véritable crise du partage, le Mouvement français pour un revenu de base fait ICI une proposition proche des revendications de certains gilets jaunes.

Des salaires plus élevés qu’annoncé

________________________________________

La moyenne des salaires des Bruxellois est bien plus élevée que ne laissent croire les tableaux de Statbel. J’avais déjà attiré votre attention sur le fait que les salaires des Bruxellois résidant en périphérie n’étaient pas comptabilisés dans ces statistiques. Philippe Van Parijs réagit en détaillant le phénomène (1) et en mentionnant aussi les fonctionnaires internationaux et les diplomates, qui bénéficient de salaires confortables et paient évidemment des impôts dans leur pays d’origine, mais pas chez nous.

Il poursuit en écrivant « Ce n’est pas parce que ces revenus échappent à l’IPP belge (donc aux additionnels régionaux et communaux) et de ce fait aux statistiques aisément collectables qu’ils n’existent pas. Au minimum, pour avoir une comparaison sensée, on devrait enlever du dénominateur une estimation du nombre de fonctionnaires internationaux et de diplomates résidant dans chaque région ».

Il joint également une carte blanche, publiée en 2010 dans le Soir et De Standaard, où il attire l’attention (en page 2)  sur la triple spécialisation démographique de Bruxelles (qui se distingue de la Flandre et de la Wallonie). C’est essentiel, selon lui, pour bien interpréter les données – et surtout pour penser l’avenir de Bruxelles et du pays.

____________
(1) Les allocation familiales et les revenus d’intégration ne sont pas inclus dans les salaires collectés, mais ce biais est dérisoire par rapport à la non-prise en compte des dizaines de milliers de Bruxellois qui “gagnent lourd”, souvent même très lourd, mais dont le revenu n’est pas soumis à l’IPP fédéral belge. Au fil du temps, les “eurocrates” et autres diplomates et fonctionnaires internationaux sont proportionnellement de plus en plus nombreux à habiter dans la RBC (notamment en raison de la réduction de la taille moyenne de leurs ménages) et en plus, beaucoup d’eurocrates (généreusement) pensionnés continuent à résider à Bruxelles. Le résultat est, dans les « beaux quartiers », l’éviction de contribuables belges aisés (décédés ou partis en périphérie) remplacés par des ménages encore plus aisés, mais dont le revenu déclaré, étant nul, “appauvrit” la population bruxelloise dans les statistiques.

Boire l’eau du robinet

______________________________

Boire l’eau du robinet, le faites-vous ? Ou transportez-vous chaque année des centaines de kilos d’eau en bouteille ? … qui vont aboutir dans vos poubelles, si ce n’est dans les rivières ? Mettre fin à cette assuétude vous fera des économies (200 fois moins cher) et aura un impact positif sur l’environnement, en réduisant les émissions de CO2 et les déchets plastiques. A Bruxelles, nous avons la chance de disposer d’une eau de distribution de qualité, très largement supérieure aux normes. Profitons-en allègrement et n’écoutons pas trop les habiles messages publicitaires.

Si le goût du chlore – qui est ajouté pour en garantir la qualité bactériologique vous déplaît – comme à moi – il suffit de remplir une carafe et de la placer dans votre frigo pendant quelques heures pour que le chlore s’évapore. Quelques gouttes de citron ou quelques feuilles de menthe en feront une boisson appréciée de tous. Quant au calcaire, il n’est pas néfaste à la santé, mais une cartouche filtrante vous permettra de l’éliminer pour un thé ou un café d’aspect irréprochable.

Des études de Test Achats dont parle Ecoconso ont démontré que nombre d’eaux en bouteille sont trop chargées en minéraux et vous conviennent souvent moins bien que l’eau du robinet. Bruxelles Environnement a publié une information qui résume bien la situation. Les députés européens viennent de voter une nouvelle législation qui devrait favoriser une plus forte généralisation de la consommation de l’eau du robinet.

Bon pour la santé, bon pour votre porte-monnaie et bon pour la planète. Qu’attendons-nous ?