Archives de catégorie : Finances

Une esplanade gare du Nord.

L’Atelier d’Action et de Recherche Urbaine (ARAU) a la fâcheuse réputation d’être toujours contre tout. Méritée ou non, cette réputation pourrait bien changer avec le retour des contre-projets. Pendant des années, l’ARAU a présenté des alternatives aux projets qu’elle combattait. Ici, l’Atelier propose autre usage pour le projet de tours « très Manhattan » présenté par les promoteurs. Un usage plus centré sur les besoins des Bruxelloises et des Bruxellois que sur le profit.

L’ARAU ne se contente pas de s’opposer aux quatre tours à construire sur la dalle devant la gare du Nord, il propose la création d’un parvis, pour mettre en valeur l’architecture de qualité de la gare du Nord, redécouverte à la faveur de la démolition du CCN. Plutôt une grande esplanade verte et bleue, qui identifie clairement ce nœud de communication de la  SNCB, de la STIB, de De Ljn, du nouveau tram 15, des taxis et des bus internationaux.

Une esplanade qui peut aussi accueillir les nombreuses manifestations qui y démarrent. Une esplanade qui inclut la belle sculpture de Tapta et se prolonge visuellement jusqu’à Tour et Taxis. La plus grande place de Bruxelles avec ses perspectives multiples. Un projet étudié dans le détail avec la collaboration d’un architecte. Cela suppose le rachat du terrain des quatre tours et un budget d’aménagement considérable . A charge de la SNCB ? du Fédéral ? de l’Europe ?

 

5000 euros brut pour tous.

Un revenu de 5000 euros brut par mois pour toutes les Bruxelloises et les Bruxellois et même partout sur la terre, sans faire exploser les limites planétaires. C’est l’économiste français Thomas Piketty qui l’affirme avec d’autres chercheurs, dans un « Rapport sur la justice mondiale ». Ils y détaillent les façons de réduire les inégalités dans le monde, tout en sortant de l’économie carbonée néfaste pour la planète d’ici 2100.

Un impôt mondial sur la fortune permettrait de converger vers un revenu moyen de 5000 euros brut pour tous les citoyens. Une fiction scientifique, un grand plan utopique assumé par les auteurs. Il résulte de deux ans d’un travail appuyé par une quarantaine de chercheurs internationaux qui ont abouti à cette proposition de plan de transformation de l’économie mondiale.

Ils partent d’un constat simple : si on ne propose pas un autre modèle, l’Inde, l’Afrique, l’Amérique latine, vont s’enrichir en utilisant finalement le même modèle que celui qui a été utilisé en Europe, en Amérique du Nord, avec énormément d’émissions carbone, et prenant inévitablement la trajectoire d’un réchauffement estimé au-delà de 4°C d’ici 2100.

 

KANAL: un rétropédalage.

« À quelques mois de l’inauguration du musée Kanal, il n’est pas inutile de revenir sur les 12 années d’une saga politique et économique et surtout de poser la question de son futur, suite aux décisions budgétaires du nouveau gouvernement bruxellois et au contexte de la crise actuelle. » C’est Yves Bernard, qui l’écrivait déjà en avril de cette année dans une bonne synthèse parue dans Bruxelles en Mouvement d’Inter Environnement Bruxelles.

On allait évidemment terminer ce chantier pharaonique, pas question d’un chantier abandonné supplémentaire à Bruxelles. Pour ce qui est du fonctionnement, on revient à des montants plus raisonnables et un peu plus supportables pour un Bruxelles désargenté. Le couperet pour le futur de Kanal est tombé: oui pour les 50 millions permettant la fin des travaux (mais ce ne sera finalement qu’un prêt); non pour les 30 millions de subsides de fonctionnement annuels.

Kanal devra faire avec trois fois moins dès 2029, juste 10 millions. Si on en croit le directeur général sur le départ Yves Goldstein, le budget alloué ne couvrira que les frais de  fonctionnement… rien pour les expos et événements. On parle de privatisation partielle, de location, d’événements rentables, de rupture avec le Centre Pompidou. Une affaire à suivre.

>>> une lectrice propose  d’aller plus loin sur » La droite extrême progresse » avec Résister 

© Milena Strange – 2026

Particratie sans complexes.

Le gouvernement fédéral doit trouver entre cinq et onze milliards. Or, la cacophonie menace au sein de l’Arizona. Georges-Louis Bouchez, président du MR, proposait la semaine dernière de réunir un conclave des présidents de partis dans un lieu clos, à la Dehaene. Il s’y agira aussi d’une nouvelle réforme de l’État. Les budgets des Régions et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, poseront les francophones en demandeurs.

Dans un article de Trends Tendances, l’économiste Bruno Colmant exprime son indignation à l’idée de ce retour aux sources de la particratie. « Cela ne choque-t-il personne que des présidents de partis pourraient se réunir en conclave pour discuter de notre avenir fiscal, social, écologique, énergétique et budgétaire? »

La Belgique est une démocratie parlementaire. L’article 33 de la Constitution est limpide : « Tous les pouvoirs émanent de la Nation. » Et ces pouvoirs ne s’exercent que de la manière établie par la Constitution. Elle connaît le Parlement. Elle connaît le gouvernement. Elle ne connaît pas le pouvoir des présidents de partis. Ils ne répondent pas devant le Parlement. Ils ne prêtent pas serment pour exercer le pouvoir exécutif.

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L’isolation des bâtiments.

Le gouvernement flamand vient de décider d’une série de mesures en vue de réduire la consommation d’énergie des ménages, des écoles et des entreprises. Il mise sur la rénovation. Le budget du prêt à taux réduit pour la rénovation sera augmenté de deux fois 70 millions d’euros dans les deux prochaines années, 100 millions d’euros iront à la rénovation des écoles et 25 millions à celle des logements sociaux. Avec des mesures structurelles et ciblées il entend protéger le pouvoir d’achat des familles.

La Région de Bruxelles compte environ 230 000 bâtiments, dont 180 000 logements. Avec beaucoup d’immeubles datant d’avant 1940, notre parc immobilier est très souvent peu ou pas isolé et compte beaucoup de copropriétés fort complexes. 70 à 75 % des bâtiments sont considérés comme mal isolés ou très énergivores.

Le nouveau gouvernement ne poursuivra pas l’attribution des primes « Renolution ». Il va surtout miser sur des  financements alternatifs, dont des prêts à taux réduit comme ECORENO via le Fonds du logement et d’autres prêts “verts” qui peuvent descendre jusqu’à 0–2 % pour un public aux revenus faibles ou moyens. A part la TVA qui reste réduite à 6 % pour les logements de +10 ans, tout le reste attend encore confirmation.