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La Région est-elle encore gouvernable ?

C’est la question que pose Pauline Deglume dans une analyse bien documentée, qu’elle a rédigée pour L’Echo. Depuis sa création, la Région bruxelloise s’est vu confier de plus en plus de compétences, ce qui s’est traduit par la création d’un grand nombre d’institutions. Ce paysage administratif, complexe et illisible, entrave le processus de régionalisation face aux 19 communes, qui s’efforcent de reprendre du pouvoir.

Selon les comptages effectués par un parlementaire de l’opposition, les organismes publics régionaux et communaux à Bruxelles représentent plus de 600 entités sous plus de 20 formes juridiques différentes (ASBL communales, sociétés anonymes, intercommunales…). Des États Généraux visant à aborder « sans tabou » les questions récurrentes relatives à l’organisation de la Région, des communes, CPAS et autres zones de police, devraient se tenir l’an prochain, pour tenter de mettre fin aux compromis anciens, qui nuisent à l’efficacité de la Région.

Ecolo et le PS étant au coude à coude électoral,  des dissensions s’étalent au grand jour et le leadership hésitant de Rudi Vervoort en a pris un coup avec la crise Uber/Taxis. Garant de l’accord de majorité, il a de plus en plus de peine à y astreindre ses ministres et même certains parlementaires socialistes. La journaliste de conclure son article: « Pour se forger un destin national et international, la Région bruxelloise devra à tout prix devenir plus efficace, lisible et aussi plus incarnée. Afin de pouvoir ensuite se défaire des baronnies. On en est pour l’heure loin du compte ».

Le délit de « pauvreté »

« Trop pauvre pour avoir la bonne voiture et avoir le droit de circuler à Bruxelles ». Un nouveau délit serait-il né ? Si l’élimination progressive des véhicules les plus polluants est un objectif louable de la Région en vue d’améliorer la qualité de l’air que nous respirons tous, plusieurs lecteurs regrettent l’absence de toute mesure d’accompagnement pour les particuliers qui ne peuvent se passer de voiture, mais n’ont pas les moyens d’en acheter une neuve. Pas même un peu de souplesse pour les retards de livraison.

Jean-Marc Sparenberg pense que les victimes risquent d’être nombreuses: on roule rarement en « vieille » voiture diesel par choix, mais plutôt par manque de moyens. Le danger me semble de rendre l’écologie impopulaire dans les milieux les plus fragiles, et de la voir creuser des inégalités sociales déjà bien profondes à Bruxelles. L’enfer (social) est parfois pavé de bonnes intentions (environnementales) ! C’est ainsi qu’est née la révolte des gilets jaunes en France et puis en Belgique

Robert Verstraeten constate que  certaines voitures Euro 4 sont équipées de filtre à particules (par exemple la Focus 110ch de 2009) et elles polluent moins qu’un gros SUV Euro 6 plus récent et plus gourmand. Les moteurs à essence modernes rejettent, quant à eux, des particules encore plus fines. Entre l’objectif plus louable et sa mise en œuvre, il y a un hiatus qui s’appelle lobby automobile. Et il se frotte les mains. Un parc automobile à renouveler servi sur un plateau !

Photo by ev on Unsplash

Je t’aime, moi non plus

Billet d’humeur d’une bruxelloise néerlandophone

« Bruxelles, je t’aime ». Tout comme Angèle dans sa déclaration d’amour musicale à Bruxelles, je peux sans peine rêver de ma ville en couplets. C’est Louise Hoon – politologue à la VUB – qui l’affirme dans une Mening parue dans De Standaard et traduite ICI avec Deepl.com.  Elle connait peu de pays où l’amour ou la haine de la capitale – sur le plan politique – est aussi fort. Ceux qui viennent d’ailleurs ont besoin d’un peu de temps pour saisir la place de Bruxelles dans le tissu politique belge. Pour de nombreux Flamands, Bruxelles est plus étrange que Paris ou Amsterdam.

Louise Hoon poursuit. Des recherches récentes menées par la KU Leuven et la Banque nationale  montrent que les transferts économiques en Belgique ne vont pas de la Flandre vers la Wallonie, mais du centre du pays (Bruxelles, et hinterland brabançon) vers la périphérie. Les navetteurs hautement qualifiés emportent leurs revenus dans des villages proprets où l’on pourrait manger par terre. Si Bruxelles pouvait taxer son hinterland, elle serait en mesure d’offrir davantage à tous ceux qui y vivent, habitent et grandissent.

La fragmentation des pouvoirs, les circonscriptions électorales communales et les six zones de police font de la responsabilité politique et de la transparence des notions très relatives. La culture et l’éducation sont également sous-financées en tant que matière relevant de la communauté flamande à Bruxelles et ne sont pas suffisamment axées sur les besoins spécifiques de la ville. Bruxelles n’est pas en manque d’amour. Ce dont elle a besoin, c’est d’argent, d’une représentation politique et d’un gouvernement qui reconnaisse et exploite tout le potentiel inutilisé de la ville. Et cette fois, ce n’est pas nous qui le disons.

Un stationnement trop bon marché

C’est le journal économique L’Echo qui l’affirme, dans un article qui se base sur une étude comparative du consultant Rebel. C’est bien du parking en voirie et des cartes de riverains qu’on parle. Nos tarifs seraient pour l’instant nettement plus bas que dans les autres villes européennes. En augmentant les prix du stationnement en surface, il s’agirait moins de remplir les caisses de la Région et des communes, que de rendre le parking souterrain plus attractif.

Les places de stationnement limitées en surface devraient être destinées aux arrêts de courte durée grâce à des parcmètres, qui assurent une bonne rotation des emplacements disponibles. Il devrait être plus cher de stationner en surface qu’en souterrain. Davantage de voitures dans les parkings souterrains et ce sont des trottoirs plus larges, plus de vraies pistes cyclables sécurisées, plus de plantations, plus de terrasses, plus de lieux de rencontre et plus de place pour les enfants. Nous en profiterions toutes et tous.

La première heure de stationnement peut monter jusqu’à 4 euros de l’heure à Paris. 4,70 à Copenhague et 7,50 à Amsterdam, alors qu’elle ne dépasse jamais 2 euros en Région bruxelloise. Prix en vigueur pour les cartes riverains: 245 euros à Berlin et 187 euros à Genève. Chez nous le prix varie d’une commune à l’autre. Pour atteindre les objectifs de Good Move (réduction des emplacements de stationnement et de l’utilisation de la voiture) les tarifs en voirie pourraient être majorés: 4 euros la première heure en zone rouge et 5 euros par heure supplémentaire. Une première carte riverain à 30 euros et la seconde à 100. Encore bien loin des tarifs d’Amsterdam. Il y a un scénario B plus coûteux dans l’article.

Image par Qywee de Pixabay