Archives de catégorie : Finances

Situation financière.

Bruxellois néerlandophone, Jan Wostyn est un commentateur régulier des billets de ce blog. Suite au billet La société civile se mobilise, il fait part de son inquiétude face à la direction que beaucoup veulent prendre, de manière assez aveugle et sans trop de sens de l’autocritique. Selon lui: si seulement depuis 2017, les académiques avaient passé autant de temps à analyser le budget bruxellois.

Pour lui le nœud du problème n´est pas le système électoral, mais plutôt que la Région va bientôt se retrouver avec une dette de 20 milliards et des charges d´intérêts de 700 millions par an. L’économiste Magali Verdonck (Dulbea ULB) est d’accord avec lui sur la question budgétaire, qui n’a pas été perçue comme importante par les précédents gouvernements. Et on en paie le prix aujourd’hui. Elle se réjouit cependant de voir le secteur associatif s’équiper pour pouvoir challenger les décideurs et aussi de voir un budget citoyen alternatif en construction.

Magali Verdonck est moins d’accord avec lui sur d’autres points. C’est précisément pour protéger la minorité néerlandophone que les institutions bruxelloise sont compliquées et aussi parce qu’elle peut être fière d’avoir accueilli une grande part de la population immigrée du pays. Elle demande des clarifications et conteste d’autres points du commentaire de Jan Wostyn. Vous les trouverez clairement repris ICI.

Plein feu sur Kanal.

Acheté pour 30 millions d’euros, l’ancien garage Citroën a donné le jour au projet Kanal. Il a pour a pour ambition de le reconvertir en un lieu d’art contemporain et d’échange ouvert à tous, mettant à l‘honneur la création bruxelloise et visant à renforcer l’attractivité culturelle et le rayonnement international de Bruxelles. Vous lirez ICI tout le bien que la BBC en pense. « Son lancement est considéré comme l’une des six ouvertures de musées les plus importantes au monde en 2026. Il devrait devenir « le nouveau bastion européen de l’art moderne et contemporain ».

Le bâtiment Art déco est qualifié de modèle de reconversion du patrimoine industriel. « La révolution industrielle nous a laissé de tels monuments. Ce sont nos cathédrales et nos châteaux d’aujourd’hui. » Rien que cela, mais ne disposant pas de collection propre, la Région a passé un accord assez coûteux avec le Centre Pompidou – qui est en chantier – et dont une partie des collections sera donc disponibles temporairement pour Kanal et pour les 10 expositions phares de son ouverture le 28 novembre.

Vision rassurante, on pourrait être fiers. Tout cela pourrait être magnifique pour la capitale de l’Europe, si ce n’était la révélation de dépassement budgetaires, la trentaine de millions de frais de fonctionnement annuels et le budget déficitaire de la Région. Sous-financée – et parfois mal gérée – la Région s’est engagée dans une aventure dont on aimerait assister à la réussite, mais qui risque de se faire au détriment d’autres projets socialement et économiquement plus urgents.

Les communes au pouvoir ?

Luckas Vander Taelen est bien connu de nos lecteurs et parfois contesté. Il s’est lancé dans une analyse décalée de la composition du nouveau gouvernement régional et de ses priorités. Comme principal responsable de ces 600 jours de perte de temps, il pointe Ahmed Laaouej (PS), finalement seul gagnant. Il a réalisé ses ambitions et obtenu à peu près tout ce qui était important pour son parti, comme vous le verrez ICI. Y compris la présidence de la Cocof.

En opposant son veto à la N-VA contre la majorité composée du côté flamand, il s’est révélé être un sapeur systématique des lois bruxelloises. Le coût de son opposition est facile à calculer. Chaque mois sans gouvernement, la dette de la Région de Bruxelles-Capitale a augmenté de 100 millions d’euros. Sur une année, cela représente donc 1,2 milliard d’euros supplémentaires à ajouter aux 15 milliards de dettes bruxelloises.

Dans son article, Luckas a donc fait le bilan de tout ce que le PS a remporté, sans compter le poste de ministre, qu’Ahmed Laaouej s’est attribué. Il relève aussi que la Conférence des bourgmestres semble désormais disposer d’une place permanente au sein du gouvernement régional: trois des cinq membres francophones du gouvernement sont ou ont été bourgmestres. Ahmed Laaouej veillera à ce que toute tentative de réforme soit étouffée dans l’œuf… Le pouvoir aux communes ?

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Le futur de notre Région.

Au cours d’un bref conclave de trois jours, les sept partis qui composent le nouveau gouvernement de la Région de Bruxelles Capitale ont rédigé une Déclaration de Politique Régionale, pour les trois années qui subsistent. Loin de la centaine de pages habituelle, elle ne compte que 24 pages. Elles sont disponibles intégralement ICI.

La mise en œuvre de ces différentes politiques devra donc encore faire l’objet d’un grand nombre de négociations entre partis en cours de législature. Ce sera d’autant plus difficile, qu’il faudra vérifier chaque fois leur impact sur un budget serré, qui  doit permettre un retour à l’équilibre en 2029.

Quel sera l’impact de ces mesures sur notre mode de vie et notre pouvoir d’achat ? Pas évident à établir, mais huit journalistes du Soir se sont risqués à énoncer « Les seize mesures qui vont changer le quotidien des Bruxelloises et Bruxellois ».Vous les trouverez  toutes ICI. Et pour éviter de nouveaux blocages politiques, les associations Respect Brussels et WeAreBrussels plaident pour un organe citoyen bruxellois chargé de revoir le cadre institutionnel de la Région.

 

Ministre-président de tous ?

Boris Dilliès est-il le ministre-président de tous ? Bien sûr que non. Mais Rudi Vervoort l’était-il ? Les Bruxellois ont fait du MR le premier parti de Bruxelles, après 20 ans dans l’opposition. Pas étonnant donc que le nouveau gouvernement penche à droite, comme le précédent penchait à gauche. Les priorités ne sont plus les mêmes. Nul en néerlandais et francophile, Boris Dilliès ne sera manifestement pas non plus le ministre-président des néerlandophones. Traduit pour vous, l’article de Bruzz le souligne à raison.

Ce gouvernement à sept partis, doit maintenant relever le défi de redresser – en trois ans – ce que le passé et ces mois d’immobilisme ont causé. Il faudra également regagner la confiance de la population. L’accord de gouvernement semble plutôt rassurant, mais comme il a été expédié en trois jours et ne compte que 20 pages, nombre de décisions resteront à préciser et à négocier durement.

Un autre article de Bruzz souligne aussi qu’à l’exception du ministre PS Ahmed Laaouej, aucun des nouveaux membres du gouvernement n’est issu de l’immigration. Cela contraste fortement avec la réalité bruxelloise, les listes électorales et même le parlement. L’article analyse aussi les critères et les obligations qui prévalent pour la formation d’un gouvernement de coalition à Bruxelles. En priorité, il faudra maintenant que la coalition produise un projet de budget réaliste et précis, qui révèlera clairement les priorités retenues.