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Sois un homme comme ta mère

Oui, c’est une vidéo. Et vous n’aimez pas cela. Pas le temps. Mais alors, gardez-là  précieusement pour la regarder ce WE. Vous n’en reviendrez pas. Toute la presse a parlé de Sara Lou, y compris Arabel et le journal belgo-turc La Manchette, parce qu’elle a produit une vidéo où elle traite de  » petits merdeux «  ces jeunes qui ont notamment cassé une pharmacie le 1er janvier. Elle les a félicités d’avoir travaillé bénévolement pour l’extrême-droite, d’avoir noirci l’image de Molenbeek que d’autres construisent pas à pas avec leurs voisin.e.s. Elle se fâche pour de bon. Elle a de l’humour et pas peur des mecs qui ne pensent qu’à eux.

Mais ce n’est pas tout, elle a produit plusieurs autres vidéos. Celle qu’il faut choisir à tout prix, c’est son plaidoyer pour les femmes:  » Sois un homme, comme ta mère « . Un  petit bijou, qui parle de ces femmes fortes et responsables qui font vivre toute une famille pour que personne ne manque de rien. Aux mecs qui se la coulent douce, elle dit leurs quatre vérités. Cela dure moins de 6 minutes, mais tout est dit … et les mecs regardent leurs baskets en allumant une cigarette.

Mais ce n’est toujours pas tout. Sara a aussi un mari: Zakia. Ils produisent des petites capsules vidéos à deux. Lui, il distribue aussi ses bons conseils dans de courtes séquences sur le mode de l’humour décapant: Etre un musulman discret, Les signes de la radicalisation, Mais où sont les musulmans ? et même un Lexique des mots maroxellois. Oui, à Bruxelles, on peut rire de tout – et surtout de soi. Je vous le promets, vous ne vous ennuierez pas.

Temps de lecture: 2 minutes

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Vous êtes passionnés par le futur de notre ville, mais votre temps est compté. Voilà pourquoi je m’efforce – depuis bientôt cinq ans – d’aborder dans de brefs billets quotidiens, les questions essentielles, et parfois les plus délicates ou les plus légères, avec un titre explicite et seulement 3 paragraphes. Lisibles directement sur l’écran en moins de 2 minutes, sans scroller et sans remettre à un très improbable demain. Faute de pouvoir les rédiger en plusieurs langues, ils s’adressent  à l’ensemble des citoyen.ne.s de la ville, dans la langue véhiculaire de Bruxelles – sa lingua franca. Si certains d’entre vous se proposent de traduire certains billets, je les publierai toujours très volontiers.

Il m’arrive que ce soit un challenge de résumer une problématique complexe en 3 paragraphes, mais c’est le prix à payer pour espérer être lu. Un choix nécessairement politique et engagé, mais qui se veut non partisan. C’est une manière de susciter un intérêt auprès de lecteurs dont certains sujets ne sont pas nécessairement la tasse de thé et que les longs articles, le jargon des spécialistes et les initiales non décodées découragent.

Des abonné.e.s au blog me disent parfois rester sur leur faim, veulent aller plus loin, apprécieraient plus de nuances ou des points de vue différents. Vous aurez constaté que j’ai commencé à sélectionner plus d’extraits, découverts dans la presse FR et NL et parfois dans la presse internationale. Il suffit de cliquer sur les liens oranges pour les découvrir et en savoir plus, sans même y être abonné. Tous les billets précédents restent accessibles ICI.

L’information: un devoir démocratique ?

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« Chaque soir de la semaine, alors que les Belges francophones regardent un film, une série ou un match de foot, un certain public flamand se régale d’une heure d’information approfondie sur ce qui fait l’actualité de la Belgique et du monde. Un régal ! » c’est Béatrice Delvaux, qui écrit cela dans un éditorial sans complaisance, à lire ICI. Matière à réflexion pour les Bruxellois unilingues francophones  😉

Pour la bonne santé de la démocratie, il est capital que les médias nous fournissent une information de qualité qui prend le temps d’expliquer, d’autant plus nécessaire depuis la circulation de tant de fake news sur les médias sociaux. Mais n’y a-t-il pas aussi, un devoir de s’informer de la part du citoyen et de la citoyenne qui vivent en démocratie ? De préférence à plusieurs sources ? Pour les francophones, il n’y a rien de quotidien et de passionnant, comme Terzake et De Afspraak à la VRT, pas même un C’est dans l’air quotidien comme sur France 5, juste une fois par semaine Jeudi en Prime à la RTBF ou Les Experts sur BX1 et en radio le CQFD quotidien d’Arnaud Ruyssen. Mais sans doute, j’en oublie quelques uns.

Dans un Bruxsels multilingue, il serait possible de multiplier les sources d’information sans grands frais, en généralisant le sous-titrage dans les télés communautaires et les traductions, comme le font déjà largement la VRT De Redactie et Bruzz. Mais rien côté francophone, pourtant en recherche d’audience. La formule créerait aussi des ponts entre les deux grandes communautés et avec les expats.

Dernière minute: je déroge à ma règle des trois paragraphes, pour vous annoncer que Daardaar – qui traduisait bénévolement « le meilleur de la presse flamande en français » – est au bord de la faillite. Notamment, à cause d’une incroyable exigence des journaux flamands, qui lui réclament le paiement de droits d’auteurs, pour les articles que Daardaar leur traduisait sans frais … et dont je me servais régulièrement pour vous informer de l’état d’esprit de l’autre côté de la frontière linguistique. Vous pouvez, comme moi, aider Daardaar à survivre ICI.

Happy Monday: le parcours d’intégration débarque

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A Bruxelles, à partir de 2020, il sera obligatoire de participer à des cours de langue (français ou néerlandais) et d’orientation sociale, pour les primo-arrivants de moins de 65 ans qui séjournent en Belgique depuis moins de 3 ans, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 2.500€. Une info résumée en français, en néerlandais, en anglais et en allemand par VRT NWS.

La Flandre à rendu ce parcours Integratie en Inburgering obligatoire, avec un certain succès, depuis plus de 10 ans et la Wallonie l’a imposé en 2016. A Bruxelles, ce parcours n’était pas obligatoire et l’offre de formation insuffisante. Le parcours sera finalement obligatoire en 2020, avec la collaboration des Bureaux d’Accueil des Primo-Arrivants de la CoCoF et de l’agence flamande Agentschap Integratie en Inburgering. Si les communes sont chargées d’informer les nouveaux arrivants de ce caractère obligatoire de la formation, il suffira de la suivre, sans obligation de résultat, pour obtenir une attestation de fréquentation … à défaut d’avoir prévu une petite cérémonie  de bienvenue officielle et joyeuse dans la communauté bruxelloise.

Même si (beaucoup) trop tardive, je me réjouis de cette mesure, cependant controversée. Faut espérer que les budgets suivront. L’apprentissage de la langue de la ville d’accueil est la clé du processus d’intégration des nouveaux arrivants. Une initiation à la vie culturelle et sociale de Bruxelles doit aussi leur permettre d’élargir leur horizon et de savoir où ils mettent les pieds. C’est évidemment trop tard pour toutes les personnes d’origine étrangère qui ont dû se débrouiller seules depuis tant d’années. Comme cette formation ne peut être imposée aux ressortissants de l’Union Européenne – qui constituent actuellement la majorité des nouveaux arrivants – ce pourrait malgré tout être un coup dans l’eau.

Des salaires 20% plus bas

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Les Bruxellois gagnent 20% moins que le Belge moyen. C’est ce que révèle Statbel, qui a publié des chiffres et tableaux avec les revenus fiscaux de l’ensemble des communes belges. BX1 les résume ICI  pour la Région de Bruxelles. D’autres infos révélatrices sur nos salaires et sur la navette ICI.

Ces statistiques sont évidemment discutables, dès lors qu’un grand nombre de Bruxellois aux revenus confortables ont fait choix de dormir en Brabant wallon, en Brabant flamand et même dans le Hainaut ou à la côte. Alors que leurs revenus sont produits à Bruxelles, c’est à leur lieu de résidence que profite le rendement de l’impôt. Nous l’avons déjà relevé à plusieurs reprises.

Néanmoins, Bruxelles a créé quelques 700.000 emplois, dont un certain nombre hautement qualifiés. Pourquoi profitent-ils davantage aux 330.000 navetteurs qu’aux Bruxellois ? Sans trop craindre de se tromper, on peut se hasarder à incriminer l’absence de programmes d’intégration et de maîtrise des langues efficaces, mais aussi un enseignement inadapté à une ville dont les emplois sont majoritairement dans le domaine de la production de biens immatériels et de services. D’accord ?