De la Porte de Hal à la Porte d’Anderlecht, les terre-pleins des boulevards du Midi et Poincaré sont transformés, depuis des décennies, en parking sauvage et en dépôts d’immondices, où tout semble possible. Ce chaos au cœur de la ville révèle les conséquences visibles de la fragmentation territoriales bruxelloise, écrit Kris Hendrickx dans un édito de BRUZZ traduit pour vous ICI.
Ces boulevards se trouvent en effet à cheval sur les territoires de la ville de Bruxelles, sur ceux des communes de Saint-Gilles et d’Anderlecht et celui de la Région. Comment transformer ce « no man’s land » en un « iedersland » (pays de tous) ? Comment mettre fin à la fragmentation qui contribue à la situation dramatique de ce terre-plein ? Une question épineuse, qui débouche rapidement sur un débat de tranchées : « Fusionner les communes » ou « Ne pas y toucher ».
Tout le monde est compétent, mais personne n’est responsable. Une spécialité bruxelloise. La Région ne devrait-elle pas commencer par un réaménagement de ce boulevard et de ces bermes ? Même s’il y a fort à parier que le bourgmestre de la ville de Bruxelles et divers lobbies y mettront leur veto pour pouvoir y accueillir tous les étés la Foire du Midi. Cette foire pourrait cependant très bien déménager au vert au Heysel, comme la foire du Trône à Paris. La balle est dans le camp de Elke Van den Brandt (Groen), ministre de la Mobilité.
Opération nettoyage, stationnement sauvage, Foire du Midi




@ M. Sautois : très juste, l’éducation a un rôle évident à jouer. Mais le côté pérenne de cette saleté bruxelloise me saute aux yeux … depuis 70 ans ! 70 ans, c’est fou… Sur cette durée, j’ai été le témoin de profonds changements sociaux et comportementaux et cela m’amène à une conclusion : la division de la RBC en 19 baronnies est, sans aucun doute, la cause première et la seule qui puisse expliquer la longévité de cette saleté . Seule option : régionaliser les moyens communaux dédiés à la propreté au profit d’une agence régionale re-visitée.
Bruxelles a déjà investi énormément dans l’aménagement de ses boulevards, avec des travaux récents de qualité : trottoirs refaits, pistes cyclables, espaces mieux organisés.
Mais le problème numéro un n’est pas la qualité des infrastructures — c’est la propreté.
On peut faire les meilleurs aménagements possibles, s’ils ne sont pas respectés, cela ne sert pas à grand-chose.
Plutôt que de consacrer encore des millions d’euros à de nouvelles études et à des travaux sans fin, il faudrait investir davantage dans l’éducation, le respect de l’espace public et le savoir-vivre.
Car même les aménagements les plus réussis perdent tout leur sens si l’environnement reste sale.
Le vrai enjeu à Bruxelles aujourd’hui, c’est la propreté.