Archives pour la catégorie Logement

L’arrivée des migrants climatiques

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Après les réfugiés de guerre, les persécutés et les migrants économiques, voilà qu’arrivent les premiers migrants climatiques européens. Après l’Asie, l’Amérique latine, l’Afrique et l’Australie, ce sont des Européens qui sont contraints de quitter leur terre natale pour cause de changement climatique et ce ne devrait être qu’un début pour ces nouveaux sans abris inattendus et non reconnus. Le statut de réfugié demande de démontrer la persécution fondée sur la race, la religion, la nationalité, les opinions politiques ou l’appartenance à un groupe social particulier. « Mais vous ne pouvez pas démontrer ce genre de persécution liée au changement climatique« , déclare Mme Ionesco de l’OIM. Les réfugiés climatiques sont les oubliés du doit.

Euronews consacre un article impressionnant à ce phénomène et une série documentaire exclusive filmée dans 6 pays européens. Lorsque des catastrophes détruisent tout ce que vous possédez, vous risquez de vous retrouver migrant climatique et contraint de quitter votre foyer. Ces Européens exilés climatiques: une réalité jusqu’à maintenant largement ignorée par les médias. « Les mouvements de population dus aux catastrophes naturelles sont un phénomène mondial, même dans les pays à haut revenu comme ceux d’Europe« .

C’est lorsque des épisodes comme des inondations ou des incendies se répètent dans les mêmes zones qu’ils poussent les gens à se relocaliser ailleurs, s’ils en ont la possibilité. Près de 700 000 personnes déplacées en Europe au cours de la dernière décennie. « Nos projections climatiques montrent que les événements que nous classons aujourd’hui comme extrêmes deviendront plus fréquents à l’avenir… ils deviendront la nouvelle norme« , prévient Gianmaria Sannino, responsable du laboratoire de modélisation du climat à l’Agence nationale italienne pour les nouvelles technologies, l’énergie et le développement économique durable (ENEA).

Vienne prend soin de ses habitants

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Vienne a été plusieurs fois citée comme ville la plus agréable du monde. Elle compte aujourd’hui 220.000 logements publics, soit un quart de l’ensemble du parc immobilier de la ville. En moyenne, les loyers de ces logements varient entre 300 et 750 euros, du studio au quatre-pièces. Outre ses nombreux logements communaux, la municipalité verse également des subventions à des promoteurs qui  – en échange – construisent une part d’habitations à loyers modérés. C’est le deuxième pilier de la politique immobilière viennoise. Au total, 60 % des Viennois ont l’opportunité de vivre dans un appartement à loyer plafonné.
Un modèle pour résoudre la crise du logement à Bruxelles ?

Pour éviter la formation de «  poches de pauvreté  » ou de ghettos, les logements publics viennois sont répartis dans toute la ville, y compris dans le très touristique 1er arrondissement de Vienne.  «  Ici, nous aimons dire que tout le monde peut vivre dans un logement communal : du chauffeur de taxi jusqu’à l’universitaire. Cela assure une mixité sociale et permet de développer un esprit de communauté. L’adresse d’un habitant ne dévoile rien de ses revenus  ». Habiter un logement public viennois ne stigmatise donc en rien la personne ou la famille bénéficiaire.

Toutefois, leur attribution – quasiment à vie – est parfois critiquée : en effet, tout locataire peut rester dans son appartement, et ce même, si ses revenus augmentent et dépassent la limite. Vous en saurez plus ICI, même à propos du risque de voir arriver aux affaires, le parti conservateur viennois ÖVP (Österreichische Volkspartei)  après les municipales de 2020,  lui qui dénonce une «  intervention dirigiste  » d’un «  socialisme rétrograde  ».

 

1.135 euros: le loyer moyen d’un appartement

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On connaissait déjà les prix de vente élevés des appartements bruxellois, mais aujourd’hui un article de L’Echo révèle un montant moyen de loyer de 1.135 euros pour un appartement bruxellois, sur base  des estimations d’un premier baromètre de CIB Vlaanderen, qui s’étend désormais à Bruxelles. « Le moins qu’on puisse dire, c’est que les loyers négociés dans la capitale ont augmenté de manière plus rapide et plus significative que partout ailleurs en Belgique, y compris à Anvers ou à Gand. Soit 400 euros de plus qu’en Flandre. À ce montant mensuel, il faut ajouter les charges de l’immeuble » (L’Echo).

Cela devient intenable pour une grande partie de la population, qui ne peut  envisager de consacrer la moitié de ses revenus à se loger. Pour mettre fin à la hausse constante des loyers et des placements immobiliers, Berlin veut procéder à un gel des loyers pendant 5 ans. Les propriétaires disent « Aucune ville ne déteste ses propriétaires comme Berlin le fait » et les locataires activistes d’affirmer « Un gel des loyers pendant cinq ans n’est qu’un bon début ». Berlin doit se préparer à exproprier des immeubles privés pour accroitre son parc immobilier public. La suite des réactions est à lire dans l’article de CityLab. Pendant ce temps, dans L’Echo, la société  Jones Lang LaSalle annonce sans vergogne un grand millésime pour le secteur immobilier de notre pays. Deux députés cdH réclament ICI plus de transparence sur les prix.

Mais peut-être avez-vous vu le commentaire Jean-Marc Sparenberg, un lecteur du blog, qui propose une réforme radicale au niveau fédéral et régional ?
« Ne serait-il pas urgent de remplacer le système archaïque du précompte immobilier, qui a même été épinglé par l’Europe, par une taxation plus juste, du genre:
– pas de taxation sur l’habitation principale (pour soutenir le droit au logement)
– une taxation des revenus immobiliers sur base des loyers réels, et avec un taux d’imposition nettement supérieur à celui sur le travail.
Pour le moment, les placements immobiliers sont incroyablement rentables, ce qui met une pression importante sur le marché et augmente considérablement le prix des logements… ».

 

Implanter du logement social, mais où ?

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Se loger est un besoin primaire et devrait être un droit.
Une étude de Brussels Studies a fait le point sur le logement à Bruxelles, produit un diagnostic, des enjeux et des cartes ICI. C’est parce que le montant des salaires les plus bas et des indemnités de remplacement ne permettent pas à de nombreuses familles d’accéder à un logement privé, qu’il est toujours indispensable que les communes et la Région construisent et entretiennent d’urgence des logements sociaux abordables et de qualité.

La Région de Bruxelles disposait en 2016 de 36.117 logement sociaux, alors qu’il y a près de 40. 000 familles bruxelloises inscrites et éligibles pour un logement social.  Nicolas Bernard fait une analyse de la situation ICI.  Alors oui, il faut construire du logement social. Vite et bien. Particulièrement dans les communes qui n’en disposent pas ou peu. C’est essentiel pour assurer une mixité sociale et éviter les ghettos, qui se répercutent jusque dans la population des écoles.

A Molenbeek, à Anderlecht ou dans le Pentagone, faut-il encore construire un seul logement social ? On y trouve déjà une concentration bien trop forte. C’est une remarque des habitants eux- mêmes et un obstacle au retour des classes moyennes en ville, pour assurer une meilleure mixité. N’en déplaise à ceux qui n’y voient que « gentrification ». Par contre, il est urgent d’y rénover le parc existant – 10% du parc est inhabitable selon la RTBF – et d’en diminuer les consommations, dont les charges peuvent parfois excéder le montant du loyer, faute d’isolation.

Des voeux pour un projet Néo

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Sur le plateau du Heysel, Néo continue de rêver à la réalisation de son plan d’urbanisation.
Un projet indispensable pour héberger un nombre croissant de Bruxellois, évoluant à l’intérieur d’un territoire limité à 19 communes. Conçu il y a 10 ans déjà, Néo est toujours un projet du XXe siècle. Avec, en son centre, un immense temple de la consommation redoutable pour le commerce de centre ville, un grand centre de congrès permanent, dont l’occupation sera occasionnelle, une bretelle d’autoroute d’accès, des parkings supplémentaires et la fin de l’espace aquatique « nageable » prévu pour remplacer le très populaire plan d’eau Océade, chassé du site.

« En octobre, face à l’imbroglio des obstacles qui se sont accumulés, la Ville de Bruxelles faisait montre de sa volonté de remettre à plat le dossier: Néo 1 et son centre commercial (72 000 m²) assorti de 750 logements, d’un côté, Néo 2 et son centre de congrès assorti d’un hôtel de haut standing, de l’autre. Un mois plus tard, en plein salon de l’immobilier au Mapic de Cannes, Ville et Région reviennent à la charge pour faire savoir que les permis pour Néo1 seront prochainement délivrés ». IEB, fédération de comités d’habitants, donne plus de précisions dans sa newsletter.

Une action est en cours au Conseil d’Etat à l’initiative d’ONG de la société civile bruxelloise. Après audition des plaignants, le Conseil devrait très bientôt décider de suivre (ou non) l’avis positif de son Auditeur. Ce serait l’occasion pour la Ville repenser les programmes de Néo 1 et 2, pour en faire un projet d’intérêt général, plus en phase avec les besoins sociaux et économiques de la Région et de ses habitants, plus respectueux aussi de l’environnement.

Ce sont nos vœux constructifs pour un nouveau Néo 2020

vision d’artiste pour l’actuel projet Néo