Archives pour la catégorie Logement

Happy Monday: un entrepreneur écologique et social ?

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Piet Colruyt est le cousin de Jef Colruyt, dont chacun connaît les supermarchés et la chaîne bio. Mais Piet est architecte et ne choisit pas la facilité. Son entreprise construit du logement de type social et du logement moyen accessible aux jeunes familles sur des sites urbains désaffectés, y compris à Bruxelles. Il favorise la passivité des bâtiments,  la lumière et les espaces communs.

Il regrette que tant de familles continuent de miter la campagne et de détruire ce qui reste de verdure. Leurs impôts échappent aussi aux villes qui manquent de moyens. Il estime que les frais que leur choix de vie occasionne (routes, riolering, transports publics, écoles et services, … ) doivent être à leur charge et non à la charge de la collectivité.

L’espace est un luxe qu’il apprécie, cependant il faudra accepter de vivre dans des appartements plus petits et bien conçus mais bénéficier d’espaces publics proches et de qualité. Il faut construire près des gares. Construire des communautés, pas des lotissements. Il faut lire iCI l’interview de cet entrepreneur social (ou sa traduction par un robot assisté). Si on peut le croire, il ne serait pas loin d’avoir accouché d’une entreprise rentable, mais à la fois éco et socio responsable. Pourrait-on donc être  à la fois riche et coopératif ?

Le changement ? Lequel ?

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 » Nos inquiétudes les plus profondes sur l’avenir de notre lieu de vie sont incarnées par d’autres villes. »  Pour les Américains: la Manhattanization, la Brooklynification ou la Portlandification « , à en croire un article du New York Times cité par CityLab. Les Bruxellois pourraient craindre une Barcelonisation, une Berlinisation ou une Parisianisation de la ville, avec augmentation du prix des logements, tourisme de masse et encore plus de congestion. Nous souhaitons cependant toutes et tous un développement sans embouteillages, des emplois technologiques sans crise des sans-abris et des logements abordables sans étalement de la ville. Où sont les modèles ?

Un coup d’oeil en Amérique. Houston la cité modèle ? Le miracle de Mineapolis ?
Jacob Frey, le jeune maire démocrate, fraîchement élu de Minneapolis:  “the only thing people hate worse than the status quo is any change at all”. Il va falloir  » oser des solutions à la hauteur des préjudices que Mineapolis a subis dans le passé. Des efforts vont devoir être entrepris pour favoriser une belle diversité de personnes dans la ville et dans tous les quartiers ». La municipalité a décidé courageusement de mettre fin aux zones de logement unifamilial, qui ont longtemps perpétué la ségrégation. « Beaucoup de gens qui y vivent depuis longtemps, et parfois très mécontents de ce genre de décision, vont regarder autour d’eux et finiront par dire: « C’est une bonne chose. C’est toujours un endroit où il fait bon vivre ”. Et à Bruxelles ?

Nous sommes dans une période de transition entre: ce que la ville était, ce qu’elle est,  et ce que nous voulons qu’elle devienne. L’urgence de la nécessaire transition écologique et du partage des richesses plus la pression des jeunes conscientisés, vont devoir guider les choix que nous allons opérer. Ces choix construiront, dès aujourd’hui, la ville de demain et le nouveau mode de vie qui s’y développera. La fin de l’étalement de la ville, une cité plus dense, des logements plus petits, des espaces publics plus grands et de qualité, des objets partagés, … Même les Américains y pensent et contestent le modèle d’Houston.
C’est passionnant et enthousiasmant. Beau début d’année.

Architecture: une opportunité à saisir

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Vous vous souviendrez de l’opposition unanime suscitée par le projet mussolinien présenté pour l’aménagement du site de la Cité administrative. Bruzz annonce ICI que ce plan a été complètement revu et le premier architecte réduit au rôle d’exécutant.  Y a-t-on gagné au change ?

Si le nouveau projet tente de relier le quartier Congrès au bas de la ville et si le mur aveugle du parking Pacheco régresse quelque peu, le projet manque toujours de sensibilité urbaine et d’ambition environnementale, comme tous les commentaires le révèlent. Qui rêve de vivre là ?

Soyons de bon compte, le Plan particulier d’affectation du sol (PPAS) de la Ville est catastrophique, dense et contraignant. Avec Change Brussels et Ecolo/Groen aux manettes, peut-on espérer rediscuter du cahier des charges de ce qui devrait devenir un nouveau quartier bruxellois exemplaire du XXIe siècle ?

 

 


© Max Dudler Architects                                                 Projet refusé  Jaspers-Eyers/Archi 2000

 

Anticiper et organiser la reconversion

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Avant la délivrance de tout « permis de bâtir » le politique ne devrait-il pas d’urgence exiger de chiffrer l’impact environnemental du projet présenté et la possibilité de sa reconversion dans le futur ?

Dans 20 ans, la nouvelle génération n’habitera plus, ne se déplacera plus et ne travaillera plus comme aujourd’hui. Tout ce qui s’imagine et se construit actuellement, ne devrait-il pas être conçu pour pouvoir être reconverti aisément par les usagers du futur ? N’est-ce pas la seule manière d’éviter le gaspillage de matières premières précieuses et l’accumulation de déchets irrécupérables ?

L’exemple de Mercedes Benz – qui  se prépare à un avenir que la société imagine connecté, automatisé et électrique – montre que le privé s’y attelle à sa manière. La classe politique aura-t-elle la vision et le courage nécessaires pour s’y mettre, avant que l’évolution de la planète ne rende cette démarche sans objet ?

Des salaires plus élevés qu’annoncé

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La moyenne des salaires des Bruxellois est bien plus élevée que ne laissent croire les tableaux de Statbel. J’avais déjà attiré votre attention sur le fait que les salaires des Bruxellois résidant en périphérie n’étaient pas comptabilisés dans ces statistiques. Philippe Van Parijs réagit en détaillant le phénomène (1) et en mentionnant aussi les fonctionnaires internationaux et les diplomates, qui bénéficient de salaires confortables et paient évidemment des impôts dans leur pays d’origine, mais pas chez nous.

Il poursuit en écrivant « Ce n’est pas parce que ces revenus échappent à l’IPP belge (donc aux additionnels régionaux et communaux) et de ce fait aux statistiques aisément collectables qu’ils n’existent pas. Au minimum, pour avoir une comparaison sensée, on devrait enlever du dénominateur une estimation du nombre de fonctionnaires internationaux et de diplomates résidant dans chaque région ».

Il joint également une carte blanche, publiée en 2010 dans le Soir et De Standaard, où il attire l’attention (en page 2)  sur la triple spécialisation démographique de Bruxelles (qui se distingue de la Flandre et de la Wallonie). C’est essentiel, selon lui, pour bien interpréter les données – et surtout pour penser l’avenir de Bruxelles et du pays.

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(1) Les allocation familiales et les revenus d’intégration ne sont pas inclus dans les salaires collectés, mais ce biais est dérisoire par rapport à la non-prise en compte des dizaines de milliers de Bruxellois qui “gagnent lourd”, souvent même très lourd, mais dont le revenu n’est pas soumis à l’IPP fédéral belge. Au fil du temps, les “eurocrates” et autres diplomates et fonctionnaires internationaux sont proportionnellement de plus en plus nombreux à habiter dans la RBC (notamment en raison de la réduction de la taille moyenne de leurs ménages) et en plus, beaucoup d’eurocrates (généreusement) pensionnés continuent à résider à Bruxelles. Le résultat est, dans les « beaux quartiers », l’éviction de contribuables belges aisés (décédés ou partis en périphérie) remplacés par des ménages encore plus aisés, mais dont le revenu déclaré, étant nul, “appauvrit” la population bruxelloise dans les statistiques.