Archives pour la catégorie Logement

A la découverte des Gilets Jaunes

____________________________________

Que savons-nous réellement de ce mouvement, qui s’essouffle en Belgique et qui est miné en France par l’intrusion d’un nombre considérable de casseurs étrangers aux revendications du peuple des bas revenus, qui ne peut faire les frais de la nécessaire transition écologique.

François Ruffin et le réalisateur Gilles Perret sont partis à la découverte de la France d’aujourd’hui et nous livrent un film brut. Tourné en six jours, à la mi-décembre 2018, « J’veux du soleil ! » est le premier film à suivre les « gilets jaunes» au plus près des barricades, des cabanes et des ronds-points. Vingt semaines après le début de ce mouvement d’insoumission exceptionnel, il sorti en salle en France et a déjà été acclamé par 250.000 spectateurs.

Présenté en Belgique par Libération Films et Attac, la séance du 13 mai au cinéma Aventure (Galerie du Centre) est déjà complète, mais vous pouvez encore réserver ci-dessous, la séance du 16 mai, qui sera suivie d’un débat avec des Gilets Jaunes et Mateo ALALUF, professeur de sociologie du travail à l’ULB.

Réservation :
https://cinema-aventure.be/index.php?mact=Agenda,cntnt01,DetailEvent,0&cntnt01id_event=2660&cntnt01returnid=45

 » Soudain, de simples gens d’habitude résignés, longtemps abattus, se redressent, se lient et se liguent. Contre les pouvoirs, ils opposent leurs corps, leurs barricades, leurs cabanes. Leurs voix, surtout : la parole se libère, déchaînée, pour réclamer une part de bonheur. « 

 

Rénover sans déloger

______________________________________

Redonner de l’espace et de la lumière tout en limitant les déperditions énergétiques au profit des personnes qui habitent les 530 logements sociaux de la cité du Grand Parc à Bordeaux était la mission des architectes français Lacaton et Vassal. Ils ont relevé le défi en accrochant aux bâtiments – tel un jeu de construction – une structure enveloppante qui vient s’ajouter à l’une des anciennes façades.

Cette transformation a été réalisée en site occupé sans déloger aucun habitant. La formule a permis de faire d’appréciables économies par rapport à l’habituelle logique de destruction/reconstruction affirme ICI le journal Le Monde. Cette solide greffe modulaire, en béton et en métal, offre à chaque logement 25 à 45 m2 supplémentaires. Ces espaces, qui disposent de grands rideaux occultant et de fenêtres coulissantes en polycarbonate, peuvent devenir des pièces à vivre, des terrasses ou des jardins d’hiver. Le gain de confort et d’usage est stupéfiant, l’intervention transformant les petites baies d’origine en généreuses portes-fenêtres

Les nouvelles extensions offrent un équilibre bioclimatique qui profite au portefeuille des occupants, et en accord avec le maître d’ouvrage, l’équation générale du programme a permis d’augmenter la surface de logements… mais pas le prix des loyers. Les architectes viennent de recevoir à Bruxelles le prix Mies van der Rohe 2019, prix d’architecture contemporaine bisannuel décerné par l’Union européenne.

cité du Grand Parc à Bordeaux. PHILIPPE RUAULT


Une transition écologique ratée

_________________________________

Vous vous souvenez, c’est un tout nouveau morceau de ville qui devait se construire entre la colonne du Congrès et le boulevard Pacheco, avec ses logements, son école, sa crèche, ses marches et ses jardins. Une occasion unique de bâtir un quartier du futur, un quartier vert, durable, économe en énergies et convivial pour ses occupants et visiteurs. Le premier projet avait été recalé, voilà que le second – à peine meilleur et objet d’une vive opposition de riverains – vient de recevoir un avis favorable (tout à la fin du fichier) de la Commission concertation, certes avec pas moins de 50 conditions contraignantes et souvent judicieuses à lire ICI et qui vont obliger les architectes à revoir leur copie.

Soyons de bon compte, la Commission s’est livrée à un travail très approfondi qui tient compte d’un certain nombre de remarques exprimées par les plaignants. Elle exige notamment 30% de logements sociaux ou conventionnés, demande d’améliorer la mixité des types de logement,  des accès aux personnes pmr, aux vélos cargos, 20 emplacements pour des voitures partagées, un local à destination des riverains, des toilettes publiques  (seulement étudier la faisabilité), une végétalisation plus accrue et diversifiée, constituer une « forêt urbaine », avoir accès à la salle de sport de l’école, les caractéristiques des revêtements de sol (clairs?), … mais rien à propos de bâtiments passifs qui pourraient produire plus d’énergie qu’ils ne consomment, rien à propos d’îlots de chaleur, rien à propos de perspectives paysagères, d’ensoleillement …

Pourquoi la Commission de concertation n’a-t-elle pas oser remettre un avis défavorable à ce projet du siècle passé, plutôt que d’appliquer des emplâtres sur une jambe de bois ?  C’est qu’avec les diverses conditions à remplir, le projet sera conforme au Plan Particulier d’Affectation du Sol de la Ville (PPAS). Un plan qui date et ne tient pas compte des engagements Climat qui ont été pris. Oui, il eût fallu avoir le courage de dire que ce PPAS est obsolète et que la nouvelle majorité de la Ville devait se voir contrainte de le réécrire. Une occasion ratée. Peur sans doute que les auteurs d’un projet conforme aux prescriptions du PPAS ne réclament des indemnités ?

RAC 4 – S.A.

 

 

Pourquoi quittent-ils Bruxelles ?

___________________________________

La jeune classe moyenne continue de quitter Bruxelles et est remplacée par des populations plus pauvres ou plus riches. Je ne vous apprends rien, la situation n’est pas nouvelle. La cause principale mise en avant par un article du Soir, reste l’impossibilité de trouver un logement à prix modéré. Trop fortunés pour satisfaire aux conditions d’accès des logements sociaux mais pas assez pour se tourner vers les prix du marché, la situation les pousse à quitter définitivement Bruxelles, où la plupart travaillent.

Prix du logement trop élevés, mais pas que. Il y a aussi parfois un sentiment d’insécurité, la congestion automobile, la pollution de l’air, l’absence de jardin, … C’est en collaboration avec l’IHECS, que le journal Le Soir va plus loin dans un dossier assez fouillé dont j’ai regroupé un certain nombre d’extraits. Il en dira beaucoup plus à tous ceux d’entre vous qui s’inquiètent de ce phénomène qui déséquilibre la population de la ville et la prive des contributions de ces Bruxellois qui vont résider hors de ses frontières et iront rejoindre le groupe des navetteurs qui entrent quotidiennement à Bruxelles.

« Par rapport à Paris ou Berlin, Bruxelles n’est certainement pas hors de prix, observe Fouad Ahidar (SP.A), président de la commission Logement au parlement bruxellois. Mais quand on compare le salaire moyen d’un Bruxellois avec les prix de l’immobilier, c’est là qu’apparaît le problème ». En 2017, 50 % des locataires ont un revenu mensuel inférieur à 2.000 euros, plus d’un tiers de leur revenu est consacré au logement. C’est là que se situe le seuil au-delà duquel le logement devient inabordable. « Pour ceux qui touchent de petits salaires, il est devenu presque impossible de se loger à Bruxelles, à moins d’opter pour des habitations à la limite de l’insalubrité situées dans des coins où il ne fait pas bon vivre ».

 

Les jeunes ont changé la donne

_________________________________________

Là, tout le monde se doit de revoir sa copie. Il faut contrôler ses propos, limiter ses émissions nocives, arrêter de construire des logements non durables, en finir avec l’obsolescence programmée, tenter enfin de promulguer un règlement Climat … et vite verdir ses promesses électorales. Il y a des comptes à rendre à ces milliers de jeunes qui défilent dans les rues pour exiger un air respirable, un avenir durable et une planète vivable. Ils veulent des engagements et des preuves, pas de simples promesses.

Démonstration. Nous avons souligné ICI l’indigence du projet de reconstruction du site de la Cité administrative et il a été recalé en commission de concertation. Un projet remanié a été présenté la semaine dernière et malgré certaines améliorations, le moins qu’on puisse dire c’est que les nombreux citoyens présents à la concertation se sont montrés plus exigeants. Ils n’ont pas eu de mots assez durs pour constater que c’est comme si les auteurs de projet n’avaient rien entendu des exigences nouvelles qui ont vu le jour: « Pour qui construire ces 1779 emplacements de parking ? » « 443 logements dans des tours cubiques ? » « Abattre 397 arbres à haute tige pour les remplacer par des plumeaux »  « Faire de l’ombre aux logements existants » « Aucun bâtiment passif, du gaz mais pas de géothermie » « On dirait un projet des années 50 », …

Mais à y regarder de plus près, ne serait-ce pas le Plan Particulier d’Affectation du Sol, imposé par la Ville aux auteurs de projet, qui est obsolète et ne correspond plus en rien aux exigences  nouvelles de la lutte contre le réchauffement climatique ? Rédiger un nouveau PPAS causerait évidemment un retard considérable au projet, pourrait entraîner des indemnités pour dédommager les bureaux qui se sont basés sur ce PPAS pour élaborer leur projet. Tout cela pourrait-il justifier de se lancer aujourd’hui dans la construction d’un nouveau morceau de ville complètement dépassé avant même d’être construit ? La Commission de concertation a reporté son avis. Oui, la donne à vraiment changé.

Nouveau projet présenté en commission de concertation (source la DH)