Archives de catégorie : Logement

Aide sociale ou salaire décent ?

L’augmentation brutale du prix du gaz et la faible performance énergétique de nombreux logement bruxellois pourraient mettre nombre de ménages – sans contrat fixe – en difficulté cet hiver. Le tarif social, accessible à certaines catégories de locataires, peut y palier partiellement. Le gouvernement fédéral annonce aussi une prime unique de 80 € à chacun d’entre nous, pour faire face aux prix élevés de l’énergie.

Belle intention. Merci. Certains estiment cependant que même les salaires les plus bas devraient être suffisants pour couvrir les besoins fondamentaux et même pour mettre de l’argent de côté pour faire face à des imprévus. Comment le fédéral compte-t-il s’y prendre, pour qu’à l’avenir une partie importante de la ville ne reste pas tributaire de toutes sortes d’aides sociales ? Dès lors que certains salaires ou revenus de remplacement ne suffisent plus, n’est-ce pas ceux-là qu’il faut accepter de revoir sans tabou ?

Intervenir dans les frais de chauffage, alors que nombre de logements bruxellois sont de véritable passoires énergétiques, soulève une autre question pour l’avenir de la ville. Bruxelles Environnement propose un plan stratégique, il s’appelle Rénolution. Pour nombre de logements sociaux peu isolés, l’énergie est un puits sans fond. La situation n’est pas seulement coûteuse pour les locataires, mais aussi dommageable pour le climat, vu les gaz à effet de serre, inutilement envoyés dans l’atmosphère.

10.000 bâtiments vides

Alors que Bruxelles manque cruellement de logements, que des personnes dorment à la rue et qu’il est question de construire sur des sites comme Donderberg ou Chant des Cailles, … et sur les dernières réserves foncières de la Région, il y aurait au moins 10.000 bâtiments inoccupés à Bruxelles. C’est BX1 qui révèle les conclusions du travail d’une équipe de chercheurs ULB/VUB. C’est en croisant des données de Vivaqua, du Cadastre, du Registre National et de l’Urbanisme, qu’ils ont pu établir une première base de données qui pose question.

La Région a octroyé des subsides aux communes pour qu’elles puissent mettre en place des observatoires de logements inoccupés. Comme le relate un article détaillé de Bruzz, la majorité des communes n’ont pu fournir des chiffres précis et sont restées à un stade d’expérimentation des techniques d’identification de ces logements. La secrétaire d’État au Logement a donc finalement décidé de centraliser l’identification des logements inoccupés au niveau régional via Bruxelles Logement, qui mène déjà les enquêtes et instruit les dossiers d’infraction.

Les longs délais pour l’attribution d’un permis de rénovation ne sont pas pour rien dans cette situation. Tout comme la rentabilité des m2 commerciaux, qui explique parfois l’absence d’accès aux étages supérieurs laissés vides. La taxe sur immeuble abandonné n’est finalement pas assez dissuasive pour empêcher la spéculation. Il va donc falloir compter sur un travail proactif de la Région pour mettre fin à ce qu’il faut bien qualifier de scandale.

Photos Unsplash et Pixabay

projet Volta en vue de développer un habitat groupé et une école sur ce site abandonné

Quel avenir pour le Parking C ?

Vous voyez cet immense parking situé à l’arrière des palais des expositions au Heysel ? Largement inoccupé, en dehors des rares moments de grands salons comme celui de l’Auto ou de Batibouw, il est propriété de la Ville de Bruxelles, mais se situe en Flandre. C’est là que devait se construire le nouveau stade, qui est définitivement passé aux oubliettes. C’est que l’échevin Courtois (MR) n’avait pas jugé utile de se concerter avec la Région flamande, ni avec la commune de Grimbergen, qui s’y sont opposées. Le litige avec Ghelamco, promoteur du stade, n’est toujours pas réglé.

Bruzz vient de consacrer un dossier au processus de médiation initié par le gouvernement flamand avec diverses entités concernées. Sa traduction figure ICI. La Ville de Bruxelles, Néo et Brussels Expo n’ont pas souhaité y participer à ce stade. « Cette étude n’est pas un point final, mais juste un point de départ pour de nouvelles discussions ». Il s’agit de sortir ce terrain de 20 hectares de son isolement. Quatre scénarios ont été élaborés. Les parties concernées s’accordent à conclure que le parking devrait être réaménagé en faveur d’activités mixtes et d’espaces verts.

C’est aussi toute la liaison de la Région bruxelloise avec son hinterland nord et avec le Ring qui est en question. Comme d’ailleurs l’opportunité de  construire du logement à bonne distance de ce Ring.  Comme vous les verrez dans l’article de Bruzz, la rencontre a soulevé toute une série des questions capitales pour l’avenir de ces 20 hectares isolés, sans pour autant y apporter de réponses définitives. Ce n’est qu’un point de départ pour de nouvelles discussions, lorsque des questions cruciales comme le bail foncier et la route de raccordement, auront été démêlées.

photo extraite de l’article de Bruzz

Un chez soi

Le nombre de personnes sans-abri à Bruxelles ne cesse de croître. Le « sans-chez-soirisme » (mot plus correct pour le « sans-abrisme ») aurait augmenté chez nous de 149 % en 10 ans. S’il faut faire la différence entre les personnes qui logent en rue faute de toute forme de revenus, en raison de problème de santé mentale, par refus d’être hébergés collectivement, en attente d’un statut de réfugié ou victimes d’une forme de mafia qui les exploite, il reste insupportable d’assister impuissants à cette déchéance qui touche des individus et des familles avec des enfants. Faire l’aumône n’y change rien, un bonjour ou un sourire non plus, mais témoigne d’une reconnaissance.

Disposer d’un lieu dans lequel on se sent bien. Un besoin essentiel pour tout être humain et pour la plupart des êtres vivants, même pour les oiseaux. A partir de ce lieu de ressourcement, une vie peut se dérouler et s’épanouir. Les pouvoirs publics et les CPAS doivent assumer leurs responsabilités face à une situation qui reste difficile à gérer. Ils doivent en tous cas pouvoir mettre fin à l’exploitation de la misère humaine qui sévit encore dans nos rues. Il y a urgence à la veille de l’hiver.

C’est aussi l’occasion de signaler les 10 ans d’existence de DoucheFLUX, qui s’est fait connaître par son camion douche. Il comporte aussi une machine à laver et offre une multitude d’activités qui visent redonner confiance en soi et dignité aux personnes sans chez-soi… L’association va bientôt fêter ses 10 ans avec ses bénévoles et ses sympathisants. Ils vous proposent ICI diverses manières de soutenir cette initiative réjouissante.

la rolling douche, image extraite d’une vidéo de la DH

NÉO se fait vieux

Plus de 10 ans que les projets visionnaires NÉO se succèdent pour reconfigurer un plateau du Heysel plutôt disparate. Les tuiles se sont accumulées après l’échec du stade national, la suppression du centre de congrès et de son hôtel de Jean Nouvel, le maintien du stade roi Baudouin, les permis recalés ou retardés par des actions en justice et les énormes indemnités réclamées par tous ceux qui ont travaillé sur des projets finalement abandonnés.

NÉO se met en valeur ICI avec de merveilleuses visions d’artistes, qui ne se réaliseront jamais. Inter Environnement se montre très critique dans cet article qui règle ses comptes avec NÉO. Même Ecolo, qui fait partie de la majorité à la Ville, se montre frileux sur la poursuite du projet commercial, dans cette analyse de Bruzz. La RTBF parle d’un projet de palais des congrès NÉO 3 pour sauver Brussels Expo, en difficulté depuis la Covid-19 et avec la fin des grandes foires commerciales. Ce projet semble de plus en plus mort-né, et peut-être faut-il s’en réjouir, même si son président affirme que son abandon n’est pas à l’ordre du jour.

Depuis 10 ans le monde a changé et ces projets novateurs de l’époque apparaissent aujourd’hui bien obsolètes, avant même d’être sortis du sol. Ce temple du commerce de 72.000 m2, qui devait financer le centre de congrès, n’a plus de raison d’être quand on veut favoriser la ville à 15 minutes et les commerces de proximité. N’est-ce pas à la Région, plutôt qu’à la Ville, de se remettre à la table pour y dessiner un morceau de ville du futur. Une grande mixité de logements, composés de constructions passives avec des toitures vertes et puis aussi des crèches, des écoles et un plan d’eau nageable. Tout cela parmi les vestiges bien intégrés des différentes expositions universelles entourés d’espaces verts remarquables à mettre en valeur.