Archives pour la catégorie Logement

Anticiper et organiser la reconversion

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Avant la délivrance de tout « permis de bâtir » le politique ne devrait-il pas d’urgence exiger de chiffrer l’impact environnemental du projet présenté et la possibilité de sa reconversion dans le futur ?

Dans 20 ans, la nouvelle génération n’habitera plus, ne se déplacera plus et ne travaillera plus comme aujourd’hui. Tout ce qui s’imagine et se construit actuellement, ne devrait-il pas être conçu pour pouvoir être reconverti aisément par les usagers du futur ? N’est-ce pas la seule manière d’éviter le gaspillage de matières premières précieuses et l’accumulation de déchets irrécupérables ?

L’exemple de Mercedes Benz – qui  se prépare à un avenir que la société imagine connecté, automatisé et électrique – montre que le privé s’y attelle à sa manière. La classe politique aura-t-elle la vision et le courage nécessaires pour s’y mettre, avant que l’évolution de la planète ne rende cette démarche sans objet ?

Des salaires plus élevés qu’annoncé

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La moyenne des salaires des Bruxellois est bien plus élevée que ne laissent croire les tableaux de Statbel. J’avais déjà attiré votre attention sur le fait que les salaires des Bruxellois résidant en périphérie n’étaient pas comptabilisés dans ces statistiques. Philippe Van Parijs réagit en détaillant le phénomène (1) et en mentionnant aussi les fonctionnaires internationaux et les diplomates, qui bénéficient de salaires confortables et paient évidemment des impôts dans leur pays d’origine, mais pas chez nous.

Il poursuit en écrivant « Ce n’est pas parce que ces revenus échappent à l’IPP belge (donc aux additionnels régionaux et communaux) et de ce fait aux statistiques aisément collectables qu’ils n’existent pas. Au minimum, pour avoir une comparaison sensée, on devrait enlever du dénominateur une estimation du nombre de fonctionnaires internationaux et de diplomates résidant dans chaque région ».

Il joint également une carte blanche, publiée en 2010 dans le Soir et De Standaard, où il attire l’attention (en page 2)  sur la triple spécialisation démographique de Bruxelles (qui se distingue de la Flandre et de la Wallonie). C’est essentiel, selon lui, pour bien interpréter les données – et surtout pour penser l’avenir de Bruxelles et du pays.

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(1) Les allocation familiales et les revenus d’intégration ne sont pas inclus dans les salaires collectés, mais ce biais est dérisoire par rapport à la non-prise en compte des dizaines de milliers de Bruxellois qui “gagnent lourd”, souvent même très lourd, mais dont le revenu n’est pas soumis à l’IPP fédéral belge. Au fil du temps, les “eurocrates” et autres diplomates et fonctionnaires internationaux sont proportionnellement de plus en plus nombreux à habiter dans la RBC (notamment en raison de la réduction de la taille moyenne de leurs ménages) et en plus, beaucoup d’eurocrates (généreusement) pensionnés continuent à résider à Bruxelles. Le résultat est, dans les « beaux quartiers », l’éviction de contribuables belges aisés (décédés ou partis en périphérie) remplacés par des ménages encore plus aisés, mais dont le revenu déclaré, étant nul, “appauvrit” la population bruxelloise dans les statistiques.

Des salaires 20% plus bas

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Les Bruxellois gagnent 20% moins que le Belge moyen. C’est ce que révèle Statbel, qui a publié des chiffres et tableaux avec les revenus fiscaux de l’ensemble des communes belges. BX1 les résume ICI  pour la Région de Bruxelles. D’autres infos révélatrices sur nos salaires et sur la navette ICI.

Ces statistiques sont évidemment discutables, dès lors qu’un grand nombre de Bruxellois aux revenus confortables ont fait choix de dormir en Brabant wallon, en Brabant flamand et même dans le Hainaut ou à la côte. Alors que leurs revenus sont produits à Bruxelles, c’est à leur lieu de résidence que profite le rendement de l’impôt. Nous l’avons déjà relevé à plusieurs reprises.

Néanmoins, Bruxelles a créé quelques 700.000 emplois, dont un certain nombre hautement qualifiés. Pourquoi profitent-ils davantage aux 330.000 navetteurs qu’aux Bruxellois ? Sans trop craindre de se tromper, on peut se hasarder à incriminer l’absence de programmes d’intégration et de maîtrise des langues efficaces, mais aussi un enseignement inadapté à une ville dont les emplois sont majoritairement dans le domaine de la production de biens immatériels et de services. D’accord ?

Mobilité et développement urbain: qui est en charge ?

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Partout dans le monde, les défis environnementaux et une forte augmentation de la congestion font du transport des personnes et des marchandises, ainsi que de la répartition de l’espace public, des questions centrales pour le débat politique et l’aménagement du territoire. Dans la Belgique fédérale, une partie importante de cette mobilité traverse les frontières régionales et soulève donc des questions institutionnelles épineuses.

Le groupe Re-Bel initiative a décidé de se pencher sur la question. Il se demande quels sont – et devraient être – les rôles respectifs de l’État fédéral, des Régions et des autorités locales dans la politique de mobilité ? À quel.s niveau.x les infrastructures de transport doivent-elles être décidées et qui doit les financer ? Comment coordonner la politique de mobilité avec les politiques de développement urbain et ses objectifs, tels que des logements adéquats, la place des espaces verts et de la biodiversité ? Les décisions relatives à la répartition de l’espace peuvent-elles s’arrêter aux frontières d’une commune, d’une région, de l’État fédéral ? Quel est le meilleur moyen de répartir et de coordonner les pouvoirs de décision entre ces différents niveaux ?

Ces questions se posent évidemment de manière accrue pour la Région de Bruxelles, victime d’une complexité institutionnelle invalidante. Elles seront débattues en anglais le 13 décembre de 14 à 18h à la Fondation Universitaire. Le programme détaillé et le nom des intervenants sont disponibles ICI.  La participation à la rencontre est gratuite, mais l’inscription est obligatoire.

 

 

 

Quel avenir pour le centre-ville ?

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C&A ouvre son plus grand magasin de Belgique à la rue Neuve, après deux ans de travaux et un investissement de 10,5 millions d’euros, titrent L’Echo et BX1.  Pas le genre de nouvelles que je répercute sur ce blog centré sur le futur de notre Ville-Région. Un tel investissement au cœur de la ville, en plein développement du commerce en ligne et avec la menace de l’ouverture du méga shopping center Néo au Heysel est cependant une preuve de confiance incontestable dans l’avenir du centre-ville et cela me réjouit.

Dans la plupart des grandes villes, le centre historique est recherché et les citadins aux revenus confortables y sont installés depuis des générations. Ils constituent une clientèle privilégiée pour les commerces spécialisés du centre-ville. Chez nous, la bourgeoise et les classes moyennes ont progressivement quitté le coeur de la ville pour s’installer dans la banlieue verte où ils paient aussi leurs contributions. Un certain nombre de commerces haut de gamme les y ont suivi, que ce soit à Fort Jaco ou à Waterloo.

Le centre historique de Bruxelles ne peut accepter de se voir réduit n’être qu’un parc à thème pour touristes en quête de Grand-Place, de Manneken Pis, de frites, de bière et de gaufres. Pour retrouver la mixité qui lui fait défaut, pour faire vivre ses commerces spécialisés d’exception et ses nombreux lieux de culture et de fête, le cœur de Bruxelles doit pouvoir compter sur la visite régulière des Bruxellois aisés, qui en ont perdu le chemin et pris d’autres habitudes depuis le lock out, les attentats et les travaux du piétonnier. C’est pourquoi la réouverture de C&A, l’arrivée d’Uniqlo Tokyo et plus tard l’installation de la grande surface de délicatesses italiennes Eataly à la Bourse sont de bonnes nouvelles. Reste au prochain Collège de la Ville d’y assurer une propreté et une sécurité qui y font encore défaut et dont chacun doit pouvoir jouir.