Archives de catégorie : Energie

Bruxelles à l’avant-garde

La société EnergyVision est principalement active à Bruxelles sous le nom Brusol. Etablie à Jette, elle s’est spécialisée depuis 2014 dans la production et l’installation de panneaux solaires. Elle n’opère pas seulement en Belgique, mais aussi au Maroc et en Chine. Dans un article de Bruzz – traduit ICI – on apprend que la société installe plus de 400 000 panneaux solaires par an et qu’elle réalise un chiffre d’affaires annuel de 100 millions d’euros. Marc Coucke vient de lui témoigner sa confiance en décidant d’y investir 20 millions d’euros.

Pour Marc Coucke, l’aspect environnemental n’était pas seul à compter : « L’aspect social a également joué un rôle. Depuis plusieurs années, EnergyVision travaille avec des personnes disposant d’un statut de réfugiés pour installer ses panneaux solaires à Bruxelles ».

 Le Premier ministre De Croo, présent à la conférence de presse, y a aussi vu une « innovation économique ». Les personnes qui ont investi dans des panneaux solaires souffrent beaucoup moins de l’augmentations de prix de l’électricité, contrairement au moins fortunées. C’est pourquoi Brusol leur propose dinstaller gratuitement ses panneaux solaires et la société se rembourse avec les certificats verts des bénéficiaires.

Aide sociale ou salaire décent ?

L’augmentation brutale du prix du gaz et la faible performance énergétique de nombreux logement bruxellois pourraient mettre nombre de ménages – sans contrat fixe – en difficulté cet hiver. Le tarif social, accessible à certaines catégories de locataires, peut y palier partiellement. Le gouvernement fédéral annonce aussi une prime unique de 80 € à chacun d’entre nous, pour faire face aux prix élevés de l’énergie.

Belle intention. Merci. Certains estiment cependant que même les salaires les plus bas devraient être suffisants pour couvrir les besoins fondamentaux et même pour mettre de l’argent de côté pour faire face à des imprévus. Comment le fédéral compte-t-il s’y prendre, pour qu’à l’avenir une partie importante de la ville ne reste pas tributaire de toutes sortes d’aides sociales ? Dès lors que certains salaires ou revenus de remplacement ne suffisent plus, n’est-ce pas ceux-là qu’il faut accepter de revoir sans tabou ?

Intervenir dans les frais de chauffage, alors que nombre de logements bruxellois sont de véritable passoires énergétiques, soulève une autre question pour l’avenir de la ville. Bruxelles Environnement propose un plan stratégique, il s’appelle Rénolution. Pour nombre de logements sociaux peu isolés, l’énergie est un puits sans fond. La situation n’est pas seulement coûteuse pour les locataires, mais aussi dommageable pour le climat, vu les gaz à effet de serre, inutilement envoyés dans l’atmosphère.

76.500 véhicules interdits

Vieux de 11 ans et plus, les véhicules diesel de la norme EURO 4 ne pourront plus circuler à Bruxelles dès le 1er janvier. Ils ne représentent que 12% du parc automobile, mais faute de filtre à particules, ils sont responsables de près de la moitié des émissions de particules. Leur interdiction en zone LEZ  (Low Emission Zone) vise à protéger la santé des personnes qui vivent ou travaillent à Bruxelles. La pollution de l’air serait à l’origine de 9.000 décès prématurés par an en Belgique. Vérifiez ICI le statut de votre véhicule et consultez le calendrier 2025/2035.

Pour ceux qui décideront de se passer de voiture – comme 55% des Bruxellois – la prime Bruxell’Air a été quadruplée et proposera une offre en fonction des revenus du ménage. Il sera aussi possible de tester en ligne des alternatives, comme marche à pied, vélo, vélo cargo, transports en commun, voitures partagées ou taxis. Le Soir propose de les comparer.

Pour les professionnels qui doivent remplacer un utilitaire désormais interdit, la prime LEZ sera renforcée. Certains montants et plafonds sont revus fortement à la hausse (jusqu’à 15.000€) alors que les modalités administratives sont simplifiées. Pour les particuliers qui auront des difficultés pour financer l’achat d’un nouveau véhicule, rien ne semble prévu, malgré le moratoire demandé par le MR.

photos Pixabay

Un quota carbone individuel ?

Puisque nous savons ce que la planète est capable d’absorber en matière de CO2 produit, il suffirait de diviser ce montant par le nombre d’habitants de la planète pour attribuer annuellement à chacun son « compte carbone », sorte de « droit de tirage ». Une étude récente révèle ce à quoi les Européens seraient prêts à renoncer pour y parvenir. Ce n’est pas la première fois que cette idée – simple, juste et logique – revient sur le tapis. On l’évoquait déjà dans les années 90 et  Alternatives Economiques y revenait en 2018. Certains parlaient d’une carte de rationnement …

Aujourd’hui, c’est même un quotidien économique et financier français (La Tribune)  qui y consacre une Opinion. Attribuer à chaque personne un même quota annuel de carbone, qu’il pourra consommer à sa guise, un peu à la manière d’une carte de crédit, avec laquelle on achète ce que l’on veut, dans la limite de l’argent disponible sur son compte. Chacun serait libre de consommer ce quota selon ses souhaits: voyage, énergie pour son logement, déplacements, etc. Le montant de ce quota serait dégressif chaque année, pour arriver en douceur à la neutralité carbone souhaitée pour 2050.

Les personnes qui ne consomment pas l’entièreté de leur quota annuel pourront les revendre à ceux qui sont à court. Grâce à  ce « marché », un cercle vertueux pourrait s’enclencher, avec pour résultat une diminution des inégalités sociales et environnementales, qui entraînerait dans son sillage une amélioration de niveau de vie, d’accès à l’éducation, de santé publique, de natalité et réduction des migrations, des famines, des épidémies, etc. Certains préconisent de lancer cette formule sur base volontaire. D’autres se lancent même dans des prévisions chiffrées.

image extraite du site http://www.protegez-vous.ca/maison/credits-carbone/calculateur-ges