Archives pour la catégorie Energie

Tram autonome et navette automatique

extrait de la XinhuaVideo de New China disponible sur Youtube ICI

« Grâce à son guidage optique qui suit un marquage au sol invisible, ce nouveau moyen de transport en commun offrirait l’avantage d’un coût d’installation cinq fois moindre qu’un tram sur rails. Enfin, rendue possible par des batteries qui se rechargent en 30 secondes lors de chaque arrêt, l’absence de caténaires lui permet d’être beaucoup plus souple dans le trafic urbain ». C’est la DH qui annonce de nouveaux tests de ce « tram » chinois, dont nous avons déjà parlé.

Lancé sans rails (les cyclistes apprécieront) en mai 2018, il vient d’être expérimenté en version sans conducteur et par une température de – 20°. Il sera bientôt testé dans d’autre villes chinoises. Quand on se souvient des années qu’il a fallu pour installer les rails au boulevard du Souverain et leur prolongation vers Roodebeek, on se prend à rêver d’un réseau de trams sans rails. Encore faut-il pouvoir leur assurer un site propre ou à tout le moins une bande de roulage réservée.

Dès cet été, la STIB va tester de navettes électriques autonomes pour le « dernier km ». Pas pour remplacer les bus ou les trams, mais pour prolonger les lignes vers des quartiers éloignés peu denses.  La STIB  ne publie pas de texte, mais propose ICI une courte vidéo très parlante.

Happy Monday: les jeunes ont été soutenus

Non, je n’étais pas seul samedi … nous étions 3 à la grève pour le Climat !
Les lecteurs d’un blog ne forment manifestement pas un mouvement. Bien sûr, certains d’entre vous manifestaient sous d’autres bannières, mais quand même. Fort heureusement des professeurs, des scientifiques, des syndicalistes, des ONG,  des médecins, les « Grands-parents pour le Climat », des femmes et des hommes politiques, étaient présents pour montrer leur soutien à ce vaste mouvement mondial initié par des jeunes inquiets pour leur avenir et parfois diversement jugés par leurs écoles. Malgré la pluie et le vent, la marche de 30.000 personnes était joyeuse et ponctuée de chants et d’applaudissements.

Ce dont la presse a peu parlé, c’est de la grande diversité et de la créativité des calicots agités par les jeunes. Loin du copié-collé et des slogans tout faits, il y avait de la rage, de l’espoir, de l’interrogation, de l’humour, du surréalisme et même de la poésie. Des messages très personnels qui excluaient toute instrumentalisation. Aucune violence, aucun débordement malgré une des présences des plus massives d’Europe. On entendait: des bravos les jeunes, vous avez fait bouger les lignes, imposé votre agenda à la campagne politique.

Si certains sont découragés, pensent que c’est plié, les verts viennent de publier ICI leur programme: une loi Climat, une mobilité douce, un partage des voitures, le triplement du nombre d’utilisateurs des transports en commun, un soutien à l’agriculture bio et aux filières courtes, l’isolation des bâtiments, aller vers 100 % d’énergie renouvelable … Si ce programme est moqué par les autres partis, les verts leur demandent simplement : c’est quoi votre alternative ? On en reparlera.

Les jeunes ont changé la donne

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Là, tout le monde se doit de revoir sa copie. Il faut contrôler ses propos, limiter ses émissions nocives, arrêter de construire des logements non durables, en finir avec l’obsolescence programmée, tenter enfin de promulguer un règlement Climat … et vite verdir ses promesses électorales. Il y a des comptes à rendre à ces milliers de jeunes qui défilent dans les rues pour exiger un air respirable, un avenir durable et une planète vivable. Ils veulent des engagements et des preuves, pas de simples promesses.

Démonstration. Nous avons souligné ICI l’indigence du projet de reconstruction du site de la Cité administrative et il a été recalé en commission de concertation. Un projet remanié a été présenté la semaine dernière et malgré certaines améliorations, le moins qu’on puisse dire c’est que les nombreux citoyens présents à la concertation se sont montrés plus exigeants. Ils n’ont pas eu de mots assez durs pour constater que c’est comme si les auteurs de projet n’avaient rien entendu des exigences nouvelles qui ont vu le jour: « Pour qui construire ces 1779 emplacements de parking ? » « 443 logements dans des tours cubiques ? » « Abattre 397 arbres à haute tige pour les remplacer par des plumeaux »  « Faire de l’ombre aux logements existants » « Aucun bâtiment passif, du gaz mais pas de géothermie » « On dirait un projet des années 50 », …

Mais à y regarder de plus près, ne serait-ce pas le Plan Particulier d’Affectation du Sol, imposé par la Ville aux auteurs de projet, qui est obsolète et ne correspond plus en rien aux exigences  nouvelles de la lutte contre le réchauffement climatique ? Rédiger un nouveau PPAS causerait évidemment un retard considérable au projet, pourrait entraîner des indemnités pour dédommager les bureaux qui se sont basés sur ce PPAS pour élaborer leur projet. Tout cela pourrait-il justifier de se lancer aujourd’hui dans la construction d’un nouveau morceau de ville complètement dépassé avant même d’être construit ? La Commission de concertation a reporté son avis. Oui, la donne à vraiment changé.

Nouveau projet présenté en commission de concertation (source la DH)

Avion, train ou voiture ?

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Par les temps qui courent, la RTBF a cru bon de faire une comparaison entre modes de transport. Le calcul des émissions de carbone dépendant de nombreux paramètres, elle s’est basée sur des chiffres disponibles sur le site internet de la SNCF, ainsi que sur le calculateur mis au point par greentripper.org. Sans oublier que le comparatif a ses limites : prendre l’avion nécessite de se présenter à l’avance pour l’enregistrement, le temps d’un trajet en voiture est lui aussi souvent allongé par des bouchons, des travaux ou des pauses…

Trois exemples:

Bruxelles – Paris (distance: 312km)

  • En train, la durée de votre trajet s’élève à 1h35 pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 2,6 kg.
  • En avion, votre trajet s’étalera sur 55 minutes pour une émission de CO2 proche de 32 kg pour un aller-simple
  • En voiture, la durée de votre voyage est estimée à 3h30 de route pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 40 kg.

Bruxelles – Londres (distance: 372km)

  • En train, la durée de votre trajet s’élève à 2h55 pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 4,2 kg.
  • En avion, comptez 1h15 de voyage pour une émission de CO2 estimée à 44 kg.
  • En voiture, la durée de votre voyage est estimée à environ 5h pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 40 kg.

Bruxelles – Genève (distance: 793km)

  • En train, la durée de votre trajet s’élève à 5h20 pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 6,8 kg.
  • En avion, comptez 1h15 de voyage pour une émission de CO2 estimée à 68 kg pour un aller-simple.
  • En voiture, la durée de votre voyage est estimée à 8h pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 90 kg.

La voiture électrique, la solution ?

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Les articles ne manquent pas. Tentative de synthèse pour le futur de Bruxelles.
Le jour où toutes les voitures de Bruxelles seront électriques (?) d’où proviendra l’électricité nécessaire pour les alimenter ? Fera-t-on la file aux bornes de rechargement ? Certains prétendent que l’éolien et le photovoltaïque ne suffiront pas et qu’il faudra construire deux centrales nucléaires de plus … et gérer leurs déchets radioactifs en plus du recyclage des batteries. Voiture électrique ou non, il y aura toujours autant de congestion et il faudra toujours sacrifier autant d’espace public à la voiture individuelle. Il n’y a que la FEBIAC et son Salon de l’Auto pour s’en réjouir. La voiture électrique personnelle ne peut être une solution que pour un nombre limité d’utilisateurs dont le métier l’exige à tout prix. Va falloir chercher ailleurs. En savoir plus sur Futura-Sciences, Mediaterre, Etopia et l’avis d’un ancien ministre de l’Environnement québécois.

Des transports publics prioritaires performants quadrillant la ville et des transports plus individualisés pour « le dernier km » (vélo, trottinettes et autres mono-roues mais aussi des petites voitures électriques autonomes partagées) seront sans doute la norme. Faudra leur faire de la place et il faudra aussi limiter les déplacements (inutiles) en favorisant le télétravail, les quartiers mixtes (tout à 10 minutes à pied) plutôt que monofonctionnels. Vivre dans des villes plus denses et cesser d’aller dormir à la campagne. Quant aux addicts à la voiture propre, il ne s’agira pas de les bannir, mais de leur faire payer le prix social (élevé) de leur passion et d’affecter les recettes à la réduction des prix des transports pour tous.

Tout cela débouche sur une véritable révolution énergétique, qui s’ajoutera à la révolution écologique et nous obligera à sortir de notre zone de confort. Ce sera donc la révolution tout court. Ce n’est pas la fin du monde (il nous survivra) mais la fin d’un monde, celui que nous connaissons et qu’il faudra quitter pour en imaginer un autre. Vivre simplement pour que les autres puissent simplement vivre (Mahatma Ghandi). Un monde qui devrait nous permettre de vivre mieux avec moins. De toute manière, avec plus vivait-on vraiment mieux ?