Archives pour la catégorie Energie

Les jeunes ont changé la donne

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Là, tout le monde se doit de revoir sa copie. Il faut contrôler ses propos, limiter ses émissions nocives, arrêter de construire des logements non durables, en finir avec l’obsolescence programmée, tenter enfin de promulguer un règlement Climat … et vite verdir ses promesses électorales. Il y a des comptes à rendre à ces milliers de jeunes qui défilent dans les rues pour exiger un air respirable, un avenir durable et une planète vivable. Ils veulent des engagements et des preuves, pas de simples promesses.

Démonstration. Nous avons souligné ICI l’indigence du projet de reconstruction du site de la Cité administrative et il a été recalé en commission de concertation. Un projet remanié a été présenté la semaine dernière et malgré certaines améliorations, le moins qu’on puisse dire c’est que les nombreux citoyens présents à la concertation se sont montrés plus exigeants. Ils n’ont pas eu de mots assez durs pour constater que c’est comme si les auteurs de projet n’avaient rien entendu des exigences nouvelles qui ont vu le jour: « Pour qui construire ces 1779 emplacements de parking ? » « 443 logements dans des tours cubiques ? » « Abattre 397 arbres à haute tige pour les remplacer par des plumeaux »  « Faire de l’ombre aux logements existants » « Aucun bâtiment passif, du gaz mais pas de géothermie » « On dirait un projet des années 50 », …

Mais à y regarder de plus près, ne serait-ce pas le Plan Particulier d’Affectation du Sol, imposé par la Ville aux auteurs de projet, qui est obsolète et ne correspond plus en rien aux exigences  nouvelles de la lutte contre le réchauffement climatique ? Rédiger un nouveau PPAS causerait évidemment un retard considérable au projet, pourrait entraîner des indemnités pour dédommager les bureaux qui se sont basés sur ce PPAS pour élaborer leur projet. Tout cela pourrait-il justifier de se lancer aujourd’hui dans la construction d’un nouveau morceau de ville complètement dépassé avant même d’être construit ? La Commission de concertation a reporté son avis. Oui, la donne à vraiment changé.

Nouveau projet présenté en commission de concertation (source la DH)

Avion, train ou voiture ?

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Par les temps qui courent, la RTBF a cru bon de faire une comparaison entre modes de transport. Le calcul des émissions de carbone dépendant de nombreux paramètres, elle s’est basée sur des chiffres disponibles sur le site internet de la SNCF, ainsi que sur le calculateur mis au point par greentripper.org. Sans oublier que le comparatif a ses limites : prendre l’avion nécessite de se présenter à l’avance pour l’enregistrement, le temps d’un trajet en voiture est lui aussi souvent allongé par des bouchons, des travaux ou des pauses…

Trois exemples:

Bruxelles – Paris (distance: 312km)

  • En train, la durée de votre trajet s’élève à 1h35 pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 2,6 kg.
  • En avion, votre trajet s’étalera sur 55 minutes pour une émission de CO2 proche de 32 kg pour un aller-simple
  • En voiture, la durée de votre voyage est estimée à 3h30 de route pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 40 kg.

Bruxelles – Londres (distance: 372km)

  • En train, la durée de votre trajet s’élève à 2h55 pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 4,2 kg.
  • En avion, comptez 1h15 de voyage pour une émission de CO2 estimée à 44 kg.
  • En voiture, la durée de votre voyage est estimée à environ 5h pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 40 kg.

Bruxelles – Genève (distance: 793km)

  • En train, la durée de votre trajet s’élève à 5h20 pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 6,8 kg.
  • En avion, comptez 1h15 de voyage pour une émission de CO2 estimée à 68 kg pour un aller-simple.
  • En voiture, la durée de votre voyage est estimée à 8h pour une émission de dioxyde de carbone d’environ 90 kg.

La voiture électrique, la solution ?

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Les articles ne manquent pas. Tentative de synthèse pour le futur de Bruxelles.
Le jour où toutes les voitures de Bruxelles seront électriques (?) d’où proviendra l’électricité nécessaire pour les alimenter ? Fera-t-on la file aux bornes de rechargement ? Certains prétendent que l’éolien et le photovoltaïque ne suffiront pas et qu’il faudra construire deux centrales nucléaires de plus … et gérer leurs déchets radioactifs en plus du recyclage des batteries. Voiture électrique ou non, il y aura toujours autant de congestion et il faudra toujours sacrifier autant d’espace public à la voiture individuelle. Il n’y a que la FEBIAC et son Salon de l’Auto pour s’en réjouir. La voiture électrique personnelle ne peut être une solution que pour un nombre limité d’utilisateurs dont le métier l’exige à tout prix. Va falloir chercher ailleurs. En savoir plus sur Futura-Sciences, Mediaterre, Etopia et l’avis d’un ancien ministre de l’Environnement québécois.

Des transports publics prioritaires performants quadrillant la ville et des transports plus individualisés pour « le dernier km » (vélo, trottinettes et autres mono-roues mais aussi des petites voitures électriques autonomes partagées) seront sans doute la norme. Faudra leur faire de la place et il faudra aussi limiter les déplacements (inutiles) en favorisant le télétravail, les quartiers mixtes (tout à 10 minutes à pied) plutôt que monofonctionnels. Vivre dans des villes plus denses et cesser d’aller dormir à la campagne. Quant aux addicts à la voiture propre, il ne s’agira pas de les bannir, mais de leur faire payer le prix social (élevé) de leur passion et d’affecter les recettes à la réduction des prix des transports pour tous.

Tout cela débouche sur une véritable révolution énergétique, qui s’ajoutera à la révolution écologique et nous obligera à sortir de notre zone de confort. Ce sera donc la révolution tout court. Ce n’est pas la fin du monde (il nous survivra) mais la fin d’un monde, celui que nous connaissons et qu’il faudra quitter pour en imaginer un autre. Vivre simplement pour que les autres puissent simplement vivre (Mahatma Ghandi). Un monde qui devrait nous permettre de vivre mieux avec moins. De toute manière, avec plus vivait-on vraiment mieux ?

Happy Monday: se chauffer grâce aux égouts

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La nouvelle maison communale d’Uccle pourrait bien être chauffée … grâce à l’eau des égouts. Vivaqua se livre depuis plusieurs années à l’expérimentation d’un procédé qui pompe l’énergie thermique contenue dans l’eau des égouts pour la restituer par des pompes à chaleur. Elle compte installer quelque 72 mètres d’échangeurs à Uccle d’ici novembre pour chauffer ou rafraîchir une partie de la nouvelle maison communale.

« Quand on se promène dans les égouts et qu’il fait froid dehors, il y fait chaud et il y fait frais quand c’est canicule dehors. C’est un milieu très stable, situé à environ 4 mètres de profondeur ». Il s’agit d’utiliser les températures – chaudes ou froides – dégagées par les eaux usées pour les insuffler dans les bâtiments.

Si elle obtient les subsides nécessaires de la Région, l’intercommunale envisage d’équiper 50 kilomètres de son réseau d’échangeurs de chaleur d’ici 2029. De quoi économiser la production annuelle de CO2 générée par l’incinérateur de Bruxelles. Le Soir en dit plus et Bruzz aussi.

 

Happy Monday: le photovoltaïque séduit les Bruxellois

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Du jamais vu en Région bruxelloise. Plus de 15 MW de nouvelles installations photovoltaïques enregistrés en 2018. Soit 50% de plus qu’en 2017 et trois fois plus qu’en 2016, écrit Christine Scharff dans un article de L’Echo. « On atteint une puissance cumulée de plus de 82 MWc à la fin décembre 2018. À ce rythme, la Région pourrait franchir le cap des 100 MWc de solaire photovoltaïque dans le courant 2020 ».  Selon Céline Fremault, vu le marché bruxellois, il n’y a cependant pas de risque de bulle au niveau des certificats verts négociables remis aux bénéficiaires.

Les primes sont importantes et maintenues. Alors pourquoi cette hâte ? Prudents, certains se sont dépêchés d’installer des panneaux pour profiter encore de la compensation (le compteur qui tourne à l’envers), dont la suppression est annoncée à Bruxelles pour 2020.

Il y a aussi les propositions alléchantes de Brussels Energy et Brusol, des tiers-investisseurs qui offrent « des panneaux photovoltaïques gratuits ! », en se payant avec les certificats verts pendant 10 ans. Une solution pour ceux qui ne peuvent consentir à l’investissement, bien qu’il existe le « prêt vert bruxellois » entre 0 et 2%, plus rentable mais plus compliqué administrativement.