Archives pour la catégorie Mobilité

Happy Monday: la fin d’un privilège ?

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Tax free kerosene. Seul carburant non taxé – en vue de développer l’aviation commerciale à la fin de la guerre – ce privilège  accordé au secteur aérien a-t-il encore un sens aujourd’hui, alors qu’il faut diminuer drastiquement les émissions de CO2 ? La Commission européenne a commandé une étude sur le sujet, mais comme la conclusion n’est pas celle qu’elle voulait entendre et contredit l’impact sur l’emploi agité par le secteur commercial, elle tarde à le publier.

Il faut remercier Bill Hemmings, directeur Aviation de l’association  Transport et & Environnement d’avoir mis la main sur le rapport. On y lit en conclusion : l’introduction d’accises sur le kérosène consommé par le secteur aérien ferait baisser le trafic aérien et la pollution, sans affecter l’emploi global et le PIB.

L’étude casse le mythe créé par l’industrie aérienne selon lequel l’économie du pays serait irrémédiablement endommagée par la taxation du carburant aérien. Par contre, le scénario des accises sur le kérosène entraînerait une baisse de 11% des émissions de CO2 (- 16,4 millions de tonnes) et de 8% des personnes affectées par les nuisances sonores.  On en dit plus ICI  et beaucoup plus dans The Conversation. Tout cela fait dire à Bill Hemmings qu’il est urgent  » de mettre fin à l’exonération fiscale sur le kérosène « .

Organiser la mobilité douce

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S’il faut se réjouir de voir la mobilité douce prendre plus rapidement sa place dans la ville et contribuer ainsi à la diminution du trafic automobile et de la pollution, peut-elle se faire au détriment des piétons et des usagers les plus faibles ? Ne sommes-nous pas tous piétons à un moment donné de nos déplacements ? Les communes semblent impuissantes à réguler le développement et le stationnement anarchique des vélos et trottinettes en « free-floating » (stationnement libre sans stations) et la Région reste à la traîne, même si elle promet d’agir.

Les vélos Jump rouges d’Uber, qui ont débarqué du jour au lendemain à Bruxelles-Ville, Ixelles, Saint-Gilles, Etterbeek, Saint-Josse et Schaerbeek, ont causé le ras-le-bol d’une partie de la population et poussé quelques personnes à amasser une dizaine de vélos rouges au coin de deux rues de Saint-Gilles, comme le relate La Libre. On en trouve aussi par terre à la Grand-Place, sur les passages piétons, devant des devantures de magasin, quand ils ne bouchent pas l’entrée d’un immeuble à appartements. Ils viennent d’ailleurs d’être déclarés illégaux. Un premier usager décédé en trottinette devrait accélérer la publication d’un cadre réglementaire plus contraignant.

L’ordonnance régionale impose aux compagnies en free-floating l’acquisition d’une licence, mais ne règle pas le problème de leur stationnement anarchique et ne donne aucun moyen financier aux communes pour l’encadrer. Risquons une piste : aménagement rapide de nombreuses pistes cyclables de bonne largeur, interdiction sur les trottoirs sauf au pas, responsabilisation civile (ICI) des usagers et des compagnies. Quant à la création d’espaces de rangement dédiés et obligatoires pour ces vélos et trottinettes, ils pourraient considérablement améliorer la situation, mais l’obligation d’en faire usage limiterait fortement l’attrait de ces engins que l’on dépose à destination … et donc aussi l’engouement pour cette réelle alternative à l’auto. Il sera intéressant de voir ce qui va sortir de la concertation de nos voisins parisiens annoncée par Le Monde.

photo circulant sur les réseaux sociaux 

 

Happy Monday: bientôt des boulevards urbains

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Fini les autoroutes urbaines de pénétration des années 60, Pascal Smet ne jure plus que par des boulevards urbains pour une ville apaisée et rendue à ses habitants. Les entrées d’autoroute A12 à Neder-Over-Hembeek et E40 à Reyers ont été déclassées. Coup sur coup il a introduit des demandes de permis pour l’aménagement d’une vraie place Schuman, d’une esplanade à Sainctelette face à Kanal, pour la suppression de 300 parkings en surface en vue d’aménager l’avenue de la Toison d’Or et le boulevard de Waterloo au profit des vélos et des piétons, ainsi que pour un « boulevard » Reyers où une expérimentation de réduction du nombre de bandes vient d’être lancée.

Le projet Reyers, qui devrait voir le jour dans quelques années avec l’arrivée d’une Cité des Médias, d’un quartier d’habitations et d’un nouvel espace vert, est le premier à connaître la mue de son entrée carrossable. Le street artist Bonome n’a pas attendu l’aboutissement de l’aménagement routier pour s’y illustrer avec une fresque qui donne un caractère artistique à des murs de béton aveugles, dont on avait fini par oublier l’existence. La ville change décidément avec la contribution de tous

Cela fait des années que des associations de la société civile, telles que l’ARAU, revendiquent de mettre fin à des aménagements qui font la part trop belle à la voiture individuelle. Aujourd’hui les temps sont apparemment mûrs et il se trouve un ministre et un gouvernement pour oser une vraie révolution qui laissera des traces. Bien sûr pas sans craintes, ni sans récriminations, de Ben Weyts d’abord, de BECI ensuite, mais avec cependant un avis favorable et inattendu du Vlaamse Automobilisten Bond et puis ceux repris par la VRT. Quant à l’éditorialiste de BX1 ne peut s’empêcher d’y voir des effets d’annonce liés à l’approche des élections et une manière aussi de tenter d’engager le nouveau gouvernement qui sortira des urnes le 26 mai.

Bruxelles ferait-elle la leçon à la Flandre ?

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Les Flamands sont de moins en moins satisfaits des services de De Lijn, selon un sondage qui donne 62% de voyageurs satisfaits contre 71% il y a deux ans.  C’est De Tijd qui l’écrit et Daardaar qui traduit ICI en français un article assez dur pour la compagnie régionale flamande. « Il serait donc faux de penser que la Flandre est nécessairement meilleure dans ce qu’elle fait elle-même, à savoir organiser les transports en commun. Le degré de satisfaction des usagers de la STIB est supérieur à celui recueilli par De Lijn et ne diminue pas ».

La STIB annonce effectivement un indice de satisfaction 7,1 sur 10, comme en 2016. Avec 417,5 millions de voyages réalisés en 2018, ce ne sont pas moins de 16,6 millions de voyages supplémentaires (+4%). Avec 72 % de Bruxellois qui déclarent avoir utilisé les transports publics au cours des 12 derniers mois, le transport public a dépassé la voiture.  84% des sondés estiment que la mobilité, avec la STIB, est restée stable ou s’est améliorée.

Un bon bulletin donc pour la STIB, qui ne doit pas nous empêcher de pointer ses manquements au niveau des fréquences, de trop nombreuses correspondances, d’abri bus manquants ou inconfortables, d’escalators en panne et puis une signalétique incohérente dont la station de métro Midi est le meilleur exemple avec la station Simonis qui s’appelle aussi Elisabeth …

Le ring doit-il disparaître ?

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Pendant que la Flandre songe à élargir le ring qui enserre Bruxelles, Paris s’interroge sur la reconversion du périphérique qui encercle Paris intra-muros et ses 2,3 millions d’habitants. Trop bruyant, trop polluant, trop enfermant, le périph’ parisien, symbole du tout-voiture, est appelé à radicalement changer. « Finissons-en avec le périphérique parisien ! L’assertion est devenue réalité, du moins dans les esprits des élus parisiens, toute tendance confondue ». Une fuite dans la presse révélée par Alternatives économiques annonce les premiers changements envisagés: réduction du nombre de voies dont une serait réservée aux transports en commun, limitation de la vitesse à 50 km/h contre 70 km/h, interdiction des poids lourds… C’est le premier enseignement qu’on peut tirer de la mission d’évaluation conduite par la mairie de Paris sur le devenir du périphérique

« Cette infrastructure autoroutière pose aujourd’hui davantage de problèmes qu’elle n’apporte de solutions. Avec une situation qui empire. Car au-delà des nuisances sonores et de la pollution de l’air, les métropoles, et Paris ne fait pas exception, sont confrontées à l’accélération du changement climatique. Avec à la clé une double nécessité de réduire le nombre de voitures en ville (certaines métropoles, comme Londres ou Milan, ont d’ailleurs mis en place des péages urbains pour l’accès en automobile à leur hyper-centre) et d’augmenter les surfaces dédiées aux espaces verts, pour « rafraîchir » la ville lors des épisodes de canicule ».

Vous en saurez (beaucoup) plus en lisant l’article complet qui se trouve ICI et vous en viendrez sans doute à espérer que la Flandre et Bruxelles le lisent aussi et décident de se retrouver (après les élections …) pour penser le futur et non pour aménager les infrastructures du passé.

photo Alternatives économiques