Archives pour la catégorie Jeunes

Happy Monday: un dialogue est amorcé

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Entre la police et un certain nombre de jeunes, rien ne va plus. Plus de respect. Plus de confiance. Suite à la plainte introduite au comité P par les parents de mineurs maltraités, le bourgmestre Philippe Close a invité quatre jeunes, leurs parents et le délégué général aux droits de l’enfant à une rencontre à l’hôtel de ville. Bruzz était à la sorite et a réalisé cette vidéo et un compte-rendu de la rencontre, traduit ICI pour vous. « C’est unique. Il est rassurant de constater que nous sommes écoutés. J’espère que cette discussion débouchera sur des mesures concrètes pour que cela ne se reproduise plus jamais » Simon (16 ans).

Le bourgmestre se doit d’entendre le rapport de sa police mais il doit aussi entendre le point de vue des mineurs qui se disent victimes de brutalités injustifiées. C’est un premier pas, mais il est important pour tenter de rétablir une certaine confiance dans les forces de l’ordre. « La haine est encore très profonde en nous, mais je suis aussi conscient que les forces de police ne sont pas uniquement composées de pommes pourries ». Ils vont se revoir avec le bourgmestre dans un mois et comptent bien que des mesures concrètes soient prises. Le Soir a consacré un article intéressant à la problématique de la confiance en la police et y a interviewé le sociologue Xavier Rousseaux.

Trop souvent, des bavures policières sont classées sans suite ou se résument à un blâme ou une mutation. Des policiers racistes, violents ou sadiques restent dans les rangs et sont responsables de la dégradation de l’image d’une police, qui est là pour protéger. Je vous convie à regarder cette écoeurante vidéo de 2 minutes, filmée directement par les deux policières qui traitent les jeunes de macaques et de tapettes en rigolant par la fenêtre de leur véhicule de service. Elles n’ont plus leur place nulle part dans la police, mais deux plus tard, elles sont toujours en fonction. C’est tout simplement inadmissible, pendant que le commissaire lanceur d’alerte est torpillé.

image extraite de la vidéo de Bruzz

Nos libertés en berne

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Assignation à résidence dès 22h, limitation des rencontres, arrestation préventives avant manifestations, port obligatoire du masque, … qui eût cru que la population bruxelloise se serait soumise de bon gré à de telles privations de liberté en temps de paix ? Et tout cela sans débat démocratique au parlement. Si la plupart des citoyens ont accepté ces efforts collectifs en vue de limiter l’expansion de la pandémie et la saturation des nos services hospitaliers, d’autres commencent à trouver cela long et pas toujours adéquat, ni proportionné.

Pour faire respecter ces règles nouvelles, les policiers ont multiplié les contrôles, ont été en contact plus rapproché avec les citoyens et ont dû intervenir dans des domiciles privés. Cela ne s’est pas toujours passé dans le respect mutuel. Contrairement aux protestations violentes aux Pays-Bas, en Espagne ou au Danemark, jusqu’à présent la population bruxelloise s’est cependant montrée solidaire et a accepté ces privations de liberté annoncées comme temporaires.

Chaque année, l’hebdomadaire britannique The Economist publie son classement mondial des démocraties, dont les critères sont évidemment toujours discutables. Covid oblige, l’’année 2020 obtient le score global le plus bas jamais enregistré. Le score de démocratie de la Belgique n’est pas épargné, il chute depuis trois ans et nous passons cette fois au 36è rang. Ce classement a pénalisé les pays qui ont retiré des libertés civiles, qui n’ont pas permis un examen approprié des pouvoirs d’urgence ou qui ont refusé la liberté d’expression.

 

Il a 21 ans et de l’ambition

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Hassan Al Hilou veut rendre les jeunes de Bruxelles financièrement indépendants. Il a déjà réuni 1,5 millions auprès de grands noms de l’industrie pour réaliser son rêve. Il n’a pas eu peur de l’appeler Capital. C’est De Tijd qui raconte son aventure peu banale par les temps qui courent. Cela pourrait ressembler à un Happy Tuesday. Nous en avons traduit ICI de larges extraits pour vous avec DeepL.com.

Une fois la crise sanitaire terminée, les jeunes de Bruxelles trouveront dans cette maison de maître, proche de la station Yser, un large éventail d’installations, de projets et de parcours pour développer leurs talents. Capital a un objectif : rendre les jeunes de Bruxelles financièrement indépendants. « Un lieu où les jeunes pourront se ressourcer et entrer en contact avec les entrepreneurs et la société civile bruxelloise », déclare Al Hilou. Il appelle cet endroit un « guichet unique ». Sous un même toit, les jeunes trouveront toutes les installations nécessaires en fonction de leurs besoins.

Al Hilou veut transformer le bâtiment en un « écosystème de co-création ». Une fertilisation croisée doit y avoir lieu, qui aide les jeunes à franchir les barrières sociales. « C’est non seulement bénéfique pour le jeune, mais aussi pour les entreprises. Les entreprises ou les services publics peuvent venir ici pour relever des défis concrets. Si la Défense est à la recherche de 100 personnes, nous pouvons l’aider », dit-il. Le ministre flamand pour Bruxelles, Benjamin Dalle (CD&V), est sous le charme de Capital. Ce projet part du talent des jeunes. C’est une entreprise audacieuse dans laquelle nous voyons beaucoup de potentiel. C’est donc un ‘what’s in it for me’ et non de la pure philanthropie ». On ne demande qu’à voir.

photo extraite de http://www.bloovi.be/

Quelle police pour Bruxelles ?

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Oui, nous voulons une police pour notre cité. Quelle police ?  Une police à l’image de la ville ? mais moins de 25% de nos policiers habitent Bruxelles. Une police au service de quel ordre public ? Un usage de la force proportionné et un sang froid professionnel ? Une formation de base et une formation continue ? Bodycam versus smartphone ? Où est le respect mutuel ? Quelle place pour la famille et l’école dans l’éducation à la citoyenneté et de l’inburgering pour les nouveaux arrivants ? Voilà quelques questions évoquées lors du hearing d’Aula Magna du 9 janvier, entre le directeur de l’Ecole de police, le porte-parole de la police Bruxelles-Ixelles, le directeur de la Ligue des Droits Humains et une professeure de criminologie de la VUB.

Vous avez raté le débat ? Vous inquiétez pas, sont disponibles, la copie du débat et celle des questions ainsi que les slides de l’Ecole de police. Vous entendrez les réactions de Guy Vanhengel – président de la commission Police du parlement bruxellois – mais aussi les questions des participants, qui élargissent le débat et l’approfondissent. On ne se vole pas dans les plumes entre société civile et policiers, pas d’affrontements, mais de vrais questionnements. Pas le temps d’écouter ? un participant à rédigé un résumé en vol.

Une autre police serait-elle en gestation ? Une police qui protège ? Des valeurs qui doivent s’imposer ? Qu’en pensent les policiers de terrain ? leurs syndicats ? nos parlementaires ? les jeunes, absents du débat ? Plus tard, il faudra aussi aborder la question des « casseurs professionnels« , qui infiltrent et dénaturent de nombreuses manifestations pacifiques.

C’est quand la dernière fois qu’un policier vous a demandé votre carte d’identité ? Pour certains, c’est toutes les semaines. Contrôle au faciès, propos racistes, arrestations abusives, harcèlement, violences policières, … des bavures. Pas évident pour des jeunes – qui y sont régulièrement confrontés – d’oser témoigner et encore moins de porter plainte ou de croire en la justice. Un confinement qui crée de la tension. On peut les lire ICI à propos de Saint-Gilles. Des jeunes d’Anderlecht se livrent sans langue de bois à ZINTV, pour une discussion de 10 minutes. A condition de respecter leur anonymat, de peur de représailles. Ils sont encore sous le choc de la mort d’Adil, victime d’une course-poursuite avec la police.

image extraite de la vidéo ZINTV

 

 

Respect mutuel en question

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En ces temps de confinement imposé et de nervosité grandissante, la police se voit de plus en plus chargée de faire respecter des gestes barrière alignés par le gouvernement ainsi que le contrôle de réunions strictement limitées. Une fonction assez neuve que la police la police tente d’intégrer, même si l’usage proportionné de la force n’est pas toujours observé pour y parvenir. Pareil pour les citoyens, qui contestent parfois de manière violente les consignes que la police doit leur imposer. Le manque de respect entre citoyens et forces de l’ordre est parfois criant et pas évident de savoir qui a commencé le premier à manquer de respect.

Nous avons déjà consacré trois billets à cette problématique exacerbée par la crise sanitaire. Nous avons rappelé que la protection des citoyennes et citoyens est une tâche fondamentale de la police, mais que ce rôle éducatif est assez neuf pour certains policiers qui peuvent manquer de contact avec la population de leur territoire. Une partie de la population se montre aussi excédée par les contrôles réguliers dont elle est l’objet et adopte des comportements inadmissibles vis à vis de tout ce qui représente l’autorité, y compris le caillassage des voitures de police, de pompiers et même de véhicules la STIB et De Lijn.

Après la remise de novembre,  Aula Magna tentera de faire le point ce samedi en donnant la parole au responsable du recrutement et de la formation des policiers, au porte parole de la police de Bruxelles-Ixelles, au responsable de l’antenne Police Watch de la Ligue des Droits Humains et à une professeure de criminologie de la VUB. Vous entendrez aussi les commentaires du président de la commission Police du parlement bruxellois. Mais vous pourrez aussi poser vos questions en direct en vous connectant à Zoom ce samedi à 10h à partir du lien que vous pouvez demander à l’adresse bruxselscity@gmail.com

photo extraite de Studyrama