Archives de catégorie : Projets

« La voiture électrique n’a pas d’avenir »

« La voiture électrique avec batteries rechargeables est vouée au cimetière des dinosaures industriels ». C’est Yves Genin, qui s’en explique dans une Carte blanche à La Libre. Il est professeur émérite à l’UCLouvain et ancien président des conseils d’administration de Test-Achats ASBL & SC. Il envisage tout au plus la voiture à batteries comme une solution de transition, une fois interdits les véhicules diesel en 2030 et à essence en 2035.

On nous a déjà révélé que les véhicules hybrides sont loin d’être aussi verts qu’annoncé, dès qu’ils dépassent de brefs parcours urbains. Voilà qu’on nous annonce que les voitures électriques – qui ne font qu’arriver – sont déjà bonnes pour le cimetière, alors que la Région annonce à grand fracas que nos rues vont être équipées de 250 bornes de rechargement. Les constructeurs européens, qui ont longtemps privilégié le diesel à coup de mensonges, parient sur les batteries et négligent l’hydrogène, pour rentabiliser leurs investissements électriques. Si ils ne veulent pas se faire dépasser par l’Asie, les européens doivent d’urgence investir dans le moteur à hydrogène, dit Yves Genin. Tout savoir sur l’actualité hydrogène ICI.

Test-Achats a expérimenté les performances de la voiture à batteries en 2021 et elles sont assez pauvres. Ils ont fait de même avec une voiture à hydrogène en 2018. Elle s’en sort déjà nettement mieux, même si depuis trois ans la technologie a encore beaucoup progressé. Tout porte à croire, que pour les longues distances, l’hydrogène sera l’avenir et que la Région de Bruxelles ne peut se passer de stations de remplissage. Matière à réflexion quand il faudra, dans quelques années, envisager de remplacer vôtre véhicule, tout en sachant que la voiture la plus durable … sera toujours celle dont on peut se passer.

Faire peuple à Bruxelles

C’est la commémoration de la Marche blanche qui a évoqué ce peuple de 300.000 citoyens blancs et silencieux dans les rues de Bruxelles. La Marche en souvenir du meurtre de  Joe Van Holsbeeck en 2006 a rassemblé moins de monde, mais un peuple plus coloré et plus bruxellois. La dernière Marche pour le Climat fut nombreuse mais à nouveau plus blanche. Des marches plus modestes en nombre ont rassemblé des personnes de couleur victimes de violences policières et plus récemment, des femmes en colère contre le personnel qui les agresse dans les bars. Le futur de Bruxelles semble dans les mains d’une société civile qui se développe et se mobilise.

Comment faire peuple dans une société d’individus ? Pour faire peuple, il ne suffit pas que les individus vivent en société, il faut aussi qu’ils veuillent vivre ensemble, soient en mesure de dépasser leurs intérêts particuliers, aient des projets d’avenir qui les rassemblent. Faute de passé commun, la population de Bruxelles, riche d’un très grand nombre de langues et de cultures, doit pouvoir se construire un avenir commun. « Nous existons ! Wij bestaan ! We exist ! » étions-nous 10.000 à proclamer en 2006, comme l’évoque ce beau Bruxelles est à nous en conclusion de « Demain Bruxsels ».

Il y a un peuple flamand, un peuple wallon, un peuple de Dieu, un peuple de gauche, … Un peuple de Bruxelles est en train de naître sous nos yeux, presque à notre insu. Un peuple, pas une masse, pas une foule dissolue ou passionnelle. Un peuple qui se définit par un one will (1), une volonté, un « nous » commun. « Un futur qui tient compte des plus fragiles, sans attendre que les plus fortunés soient touchés pour que les choses fassent collectivement sens (2) ».

(1) Thomas Hobbs
(2) Abd al Malik

document extrait du reportage de BX1

NÉO se fait vieux

Plus de 10 ans que les projets visionnaires NÉO se succèdent pour reconfigurer un plateau du Heysel plutôt disparate. Les tuiles se sont accumulées après l’échec du stade national, la suppression du centre de congrès et de son hôtel de Jean Nouvel, le maintien du stade roi Baudouin, les permis recalés ou retardés par des actions en justice et les énormes indemnités réclamées par tous ceux qui ont travaillé sur des projets finalement abandonnés.

NÉO se met en valeur ICI avec de merveilleuses visions d’artistes, qui ne se réaliseront jamais. Inter Environnement se montre très critique dans cet article qui règle ses comptes avec NÉO. Même Ecolo, qui fait partie de la majorité à la Ville, se montre frileux sur la poursuite du projet commercial, dans cette analyse de Bruzz. La RTBF parle d’un projet de palais des congrès NÉO 3 pour sauver Brussels Expo, en difficulté depuis la Covid-19 et avec la fin des grandes foires commerciales. Ce projet semble de plus en plus mort-né, et peut-être faut-il s’en réjouir, même si son président affirme que son abandon n’est pas à l’ordre du jour.

Depuis 10 ans le monde a changé et ces projets novateurs de l’époque apparaissent aujourd’hui bien obsolètes, avant même d’être sortis du sol. Ce temple du commerce de 72.000 m2, qui devait financer le centre de congrès, n’a plus de raison d’être quand on veut favoriser la ville à 15 minutes et les commerces de proximité. N’est-ce pas à la Région, plutôt qu’à la Ville, de se remettre à la table pour y dessiner un morceau de ville du futur. Une grande mixité de logements, composés de constructions passives avec des toitures vertes et puis aussi des crèches, des écoles et un plan d’eau nageable. Tout cela parmi les vestiges bien intégrés des différentes expositions universelles entourés d’espaces verts remarquables à mettre en valeur. 

Un stationnement trop bon marché

C’est le journal économique L’Echo qui l’affirme, dans un article qui se base sur une étude comparative du consultant Rebel. C’est bien du parking en voirie et des cartes de riverains qu’on parle. Nos tarifs seraient pour l’instant nettement plus bas que dans les autres villes européennes. En augmentant les prix du stationnement en surface, il s’agirait moins de remplir les caisses de la Région et des communes, que de rendre le parking souterrain plus attractif.

Les places de stationnement limitées en surface devraient être destinées aux arrêts de courte durée grâce à des parcmètres, qui assurent une bonne rotation des emplacements disponibles. Il devrait être plus cher de stationner en surface qu’en souterrain. Davantage de voitures dans les parkings souterrains et ce sont des trottoirs plus larges, plus de vraies pistes cyclables sécurisées, plus de plantations, plus de terrasses, plus de lieux de rencontre et plus de place pour les enfants. Nous en profiterions toutes et tous.

La première heure de stationnement peut monter jusqu’à 4 euros de l’heure à Paris. 4,70 à Copenhague et 7,50 à Amsterdam, alors qu’elle ne dépasse jamais 2 euros en Région bruxelloise. Prix en vigueur pour les cartes riverains: 245 euros à Berlin et 187 euros à Genève. Chez nous le prix varie d’une commune à l’autre. Pour atteindre les objectifs de Good Move (réduction des emplacements de stationnement et de l’utilisation de la voiture) les tarifs en voirie pourraient être majorés: 4 euros la première heure en zone rouge et 5 euros par heure supplémentaire. Une première carte riverain à 30 euros et la seconde à 100. Encore bien loin des tarifs d’Amsterdam. Il y a un scénario B plus coûteux dans l’article.

Image par Qywee de Pixabay

L’identité bruxelloise sur le tapis

Luckas Vanden Taelen s’est livré à une analyse des propos de Bart De Wever publiée dans Bruzz et il vous conseille de regarder A La Carte sur BRUZZ TV ce jeudi. Il en livre un avant-goût en titrant à l’usage des Bruxellois néerlandophones « Bruxelles comme région à part entière: Certains construisent leur propre « guillotine ». Vous lirez son article sur Bruzz avec de nombreux commentaires et si vous ne maîtrisez pas suffisamment le néerlandais, je vous ai préparé une traduction de l’article avec DeepL.com. Il n’est pas exclu que certaines nuances échappent à cette traduction automatique.

Quel avenir pour Bruxelles au sein d’une Flandre indépendante ? Et quel avenir pour la République flamande ? Car le Vlaams Belang l’a déjà annoncé: si les partis flamands obtiennent la majorité en 2024, le Vlaams Belang demandera un vote sur une déclaration d’indépendance. Pour De Wever, ce sera sans lui: « J’ai toujours dit très clairement que l’extrémisme de droite est la maladie de la Flandre et du Mouvement flamand. Un peu comme l’islamisme est la maladie de l’islam. Deux virus qui se renforcent mutuellement ».

 A propos de l’identité bruxelloise qui se développe, Bart De Wever constate sans plaisir: « Il y a une sorte d’aliénation en cours, dans laquelle les Flamands de Bruxelles se comportent aussi de plus en plus comme des Bruxellois flamands ». Et d’ajouter: « Si vous voulez devenir un Bruxellois et que vous rêvez d’une identité bruxelloise, sachez que le lendemain, vous deviendrez un nain politique ». « Les néerlandophones qui vivent à Bruxelles ne se comportent plus comme des compatriotes des Flamands, mais comme des Bruxellois. Cette aliénation est ressentie dans tous les partis ». Et de conclure : « Nous devrions être en mesure de briser cela ».

photo LEO Magazine van de N-VA