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Suite (et fin?) du Métro 3

En voie de concrétisation à Albert et Stalingrad, le métro 3 semble n’avoir jamais été aussi menacé. Ce projet, attendu par la population, comporte cependant un risque majeur pour les finances régionales. On le veut, mais peut-on se le permettre ? Hormis les Verts qui n’ont jamais caché leurs réticences, les partis de la majorité régionale sont peu sensibles aux objections de ces opposants, décrits comme des experts en chambre déconnectés des besoins bruxellois. C’est sans compter sur la Commission régionale de Mobilité, dont l’avis très critique n’a cependant pas fait l’objet du consensus habituel.

Les associations redoutent, à juste titre, que ce projet en compromette d’autres, tels que le développement de nouvelles lignes de tram et d’autres priorités importantes pour les habitants de la ville, tel la construction de logements sociaux. Sven Gatz (Open Vld) a déclaré qu’il ne serait plus tenable d’avoir 500 millions d’euros d’investissements stratégiques chaque année pour la mobilité.

Selon la synthèse de L’ECHO, qui en dit (beaucoup) plus ICI, ces dépenses peuvent être neutralisées par rapport à l’objectif de solde SEC (Système européen de comptabilité), mais viennent tout de même alourdir la dette régionale dont l’encours s’élèvera déjà à plus de 10 milliards fin 2024 ! La saga ne semble pas terminée.

Bilan du gouvernement régional

Il est à mi-mandat. Le gouvernement régional a donc dressé le bilan de son action et annoncé les gros dossiers à venir, relevés par BX1. Une gouvernance qui fut marquée par la pandémie et, plus récemment, par la guerre en Ukraine. Dont coût: plus d’un milliard d’euros pour le Covid dont 750 millions de soutien aux entreprises. Encore en cours de calcul, l’accueil des réfugiés ukrainiens et l’augmentation des prix de l’énergie. Ces trois années ont aussi été teintées de tension, particulièrement par le plan Taxi, l’abattage animal ou encore la neutralité du service public.

Peu de détails sur ce qui a été mis au vestiaire. La DH dit savoir que le ministre des Finances Sven Gatz (Open-VLD) croit toujours à la réforme de la taxation kilométrique (Smartmove) même si le projet est renvoyé à la prochaine législature. « Nous verrons plus clair avant l’été et la réunion du comité de concertation de début juin ». Il croit aussi  « à l’instar de l’ensemble des membres du gouvernement », à la controversée extension du métro 3 vers le nord.

D’ici la fin de la législature on devrait assister à l’inauguration la piscine à ciel ouvert au-dessus des abattoirs d’Anderlecht (printemps 2024), du musée Kanal (début 2024), du musée de la Bière sur la place de la Bourse (second semestre 2023) ou plus discret, la pérennisation des pistes cyclables Corona chères à Elke Van den Brandt (Groen). C’est tout ce qui a filtré et on n’entend rien sur le logement social.

Happy Monday: 4 bonnes nouvelles

Plus besoin de permis. Certains travaux sont maintenant dispensés de permis d’urbanisme. Isoler sa toiture, poser des panneaux solaires, décorer un mur avec une fresque, créer une toiture verte, utiliser une partie du logement pour une profession libérale, … Le gouvernement bruxellois a fixé de nouveaux arrêtés qui dispensent de permis ces travaux d’importance minime. Des précisions ICI.

Bons trieurs. Les Belges trient de plus en plus leurs déchets. Recycler ses piles est aussi devenu une (bonne) habitude en Belgique. Leur nombre bat des records : 3631 tonnes de piles ont été récoltées en 2021, mais seulement 149 tonnes à Bruxelles, qui dispose cependant de 2200 points de collecte. Il ne faut plus que nos piles finissent dans l’incinérateur.

Iles flottantes. Sortes de radeaux végétalisés, les premières viennent de faire leur apparition sur le canal. Ces plantes dépolluantes doivent permettre d’améliorer la qualité de l’eau, d’offrir plus de place à la faune et à la flore. La chaleur excessive du canal sera aussi absorbée et le dispositif écologique donnera au canal des allures de rivière naturelle. De belles simulations de Luc Schuiten ICI.

Un pont en lin  C’est une première et c’est aux Pays-Bas, avec la collaboration de la VUB et de la KUL. Ni béton, ni acier, ce pont est constitué de matériaux composites de récupération et de  fibres de lin. Si vous voulez en savoir plus, allez donc voir ICI, c’est étonnant et prometteur.

Un futur pour l’architecture

Construire pour qui ?

Au Bard College dans l’Etat de New York, l’architecture est envisagée sous l’angle d’une méthode critique, et non comme une profession dédiée à la construction d’abris. Plutôt que des visionnaires créatifs à l’échelle mondiale, ses praticiens sont plutôt présentés comme des fonctionnaires assaillis dans une chaîne mondiale de production de ressources et de consolidation des richesses – souvent du mauvais côté de l’histoire. Ce petit Collège d’arts libéraux d’Annandale-on-Hudson est connu pour sa philosophie éducative peu orthodoxe.

C’est une rupture par rapport à la plupart des formations en architecture, où les écoles visent à former des professionnels prêts à concevoir des appartements, des bureaux et des écoles, grâce à un mélange de compétences techniques et d’artisanat artistique, déployé le plus souvent de manière apolitique. Ici, ils sont formés pour interroger la façon dont l’architecture est pratiquée et ce qu’elle produit. L’objectif du programme, selon le co-directeur Ross Exo Adams, est d’inculquer une « culture spatiale ».

A Bruxelles aussi, on peut s’interroger sur la formation des futurs architectes de la ville. « Vont-ils continuer à concevoir l’architecture pour un monde donné », se demande le co-directeur du Bard. « L’architecture est toujours censée résoudre les problèmes dans le meilleur des cas, voire les renforcer la plupart du temps. Nous n’avons pas d’autre choix que d’imaginer un monde différent, car le monde dans lequel nous vivons est en train de mourir ». Il en dit plus dans cet article de Bloomberg CityLab  traduit ICI pour vous.

“An Atlas for Housing Justice,” a project called Housing and Collective Care. Photo Bard  

Impôt sur la dépense, pas sur le revenu

C’est Bruno Colmant qui évoquait cette idée, avancée par l’économiste anglais Nicholas Kaldor dans les années 50. Une taxation de la dépense aurait contribué à tempérer la consommation des biens disponibles et à contrarier l’inflation, assurant de ce fait une répartition raisonnable entre la consommation et les investissements.

Face à l’augmentation du coût de l’énergie, certains envisagent que les dépenses énergétiques deviennent, pour partie, contrainte par les revenus imposables. L’énergie coûterait plus cher, en termes relatifs, pour les hauts revenus et évidemment moins cher pour les bas revenus. L’idée est interpellante et, à certains égards, défendables bien que de nombreux obstacles techniques se dressent. Selon Bruno Colmant, elles reviendront sans doute dans le débat politique.

Les arguments de Kaldor s’articulaient autour de l’idée qu’il est plus équitable d’imposer les contribuables suivant ce qu’ils retirent de la communauté en dépensant, plutôt que ce qu’ils en retirent en acquérant des revenus, qui sont le produit de la mise à risque du travail et du capital. L’impôt sur la consommation est d’ailleurs conceptuellement proche de l’impôt sur la fortune, puisque l’accumulation d’épargne, soudainement dépensée, frappe la consommation mais diminue la fortune. Que faut-l en penser ?