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Garantir un revenu minimum COVID-19 ?

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La nécessité, pour chaque Bruxellois, de pouvoir disposer d’un revenu de base minimum, fait à nouveau débat, à l’heure où nombre de personnes ont perdu tout, ou partie, de ce qu’elles touchaient, à cause du confinement obligatoire. Une occasion, pour le philosophe Philippe Van Parijs, de rappeler que l’existence d’un revenu universel aurait pu amortir très rapidement l’ampleur de la crise et favoriser la reprise. Le journal Libération l’interviewe et titre: Avec le Revenu Universel «Tout le monde aurait disposé sans délai de quoi survivre». En 2005 déjà, Yannick Vanderborght et Philippe Van Parijs avaient publié cet ouvrage « L’allocation universelle » disponible sans frais ICI.

« Que feriez-vous si l’Etat vous donnait, chaque mois, une somme d’argent, sans condition ? » est l’interrogation formulée par le média économique Start Les Echos, qui confronte le pour et le contre. Le média poursuit quelque peu cyniquement: « L’idée d’un revenu universel, temporaire, pour faire face à la crise, refait surface. Car avec la pandémie de coronavirus, notre économie tourne au ralenti, les plus précaires sont désoeuvrés et les ménages doivent retrouver le chemin de la consommation …

De nombreux penseurs y ont réfléchi, avec des variantes, au fil des siècles: les socialistes utopiques comme Charles Fourier, mais aussi les économistes libéraux américains comme Milton Friedman, ou encore des philosophes comme Michel Foucault. En pleine crise du coronavirus, le revenu universel est plus que jamais d’actualité: l’Assemblée de Corse vient de formuler son projet que son président voit comme un véritable filet de sécurité pour tous.

 

Happy Monday: les virus éliminés

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Eliminer les virus des textiles et des masques de protection, c’est ce que deux entreprises belges viennent de mettre au point à un moment très opportun.

C’est à Renaix qu’a été conçu un produit qui peut être ajouté aux textiles en cours fabrication ou pulvérisé sur des articles et même sur les rideaux des cabines d’essayage. Le processus permet d’éliminer près de 100 % des particules virales en deux heures, alors qu’il faudrait quatre heures pour une l’élimination naturelle de seulement 50 % de particules virales. Le produit reste efficace pendant deux à six mois. VRTnews FR en dit plus ICI, mais rien sur les produits chimiques qui composent la formule et sur les effets éventuels sur les consommateurs.

C’est une entreprise montoise qui a conçu la machine à chaleur sèche « M-steryl » qui peut décontaminer 1.400 masques FFP2 par jour. Ils protègent le personnel médical en  stoppant 95% des particules de 0,3 microns, mais ils doivent être jetés après quelques heures d’utilisation et sont rares sur le marché. La machine montoise peut aussi décontaminer plus de 2.000 masques chirurgicaux ou 150 blouses de protection chaque jour. La RTBF en dit plus ICI.

 

Traiter les malades plus tôt

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Alors que la plupart des personnes contaminées par le Covid-19 sont sans symptôme ou présentent des symptômes légers, à Bruxelles – comme dans le reste du pays – les efforts se sont essentiellement concentrés sur les malades qui développent une pneumonie grave, éventuellement compliquée par une réaction inflammatoire excessive, qui impose un traitement lourd en hôpital. La première ligne, que constituent les médecins généralistes et les laboratoires de ville, ont tardé à être mobilisés et équipés par le gouvernement pour dépister et développer une prise en charge aux premiers stades de la maladie. En hôpital, si 12.980 personnes contaminées sont sorties guéries, 8.415 sont rapportées décédées. On ne peut s’empêcher de se demander si on aurait pu faire mieux.

Comme il n’existe pas encore de traitement spécifique confirmé, des médecins testent les effets sur le Covid-19 de médicaments utilisés de longue date dans d’autres affections, dont on sait qu’ils sont suffisamment sûrs et qui seraient surtout efficaces en début d’infection. Certains laboratoires sont même disposés à les offrir. En attendant, lorsque des vies sont en danger, ne faudrait-il pas qu’un généraliste puisse soigner ses patients avec l’un ces traitement, même si toutes les preuves requises ne sont pas encore réunies ? Dans une Opinion publiée par La Libre, le Dr Maskens plaide « pour que l’on mise davantage sur l’application des traitements potentiels dès les premiers stades de la maladie ». Finalement, il s’agirait à la fois d’éviter des dégradations, de désengorger les hôpitaux et de sauver des vies. Avec davantage de tests, cela pourrait même permettre de lever certaines mesures de confinement devenues inutiles.

La BBC (en français) fait le point ICI sur les recherches actuellement en cours. Le Monde épingle cependant un manque de coopération européenne pour les essais cliniques Discovery. Cela, alors qu’un traitement efficace – plus rapidement disponible qu’un vaccin – permettrait de faire du coronavirus une maladie presque banale et ne justifierait plus le confinement et les pertes de libertés qui ont frappé la quasi totalité de la planète.

>>>  pour rappel l’analyse fouillée de l’anthropologue de la santé suisse Jean-Dominque Michel

 

Crash test pour le climat

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La pandémie, advenue par surprise avec l’arrivée d’un nouveau corona virus, pourrait bien faire office de crash test pour la crise climatique, qui ne va pas tarder à modifier les conditions d’habitabilité de la planète. Comme cette nouvelle crise ne se développera que progressivement, elle ne déclenchera certainement pas la même mobilisation planétaire, ni la libération des capitaux générés par le Covid-19.

La pandémie a démontré la fragilité de l’espèce humaine et a conduit la classe politique mondiale et le monde de la finance à se montrer plus humbles face à une situation qui bouscule leur sentiment de toute puissance. Les efforts fournis par l’ensemble de la population pour lutter contre ce corona virus ne doivent-ils pas nous engager à faire barrage à l’arrivée d’un prochain virus, lié à la mondialisation, aux voyages incessants et à une proximité nouvelle des  animaux avec les hommes ? Les énormes moyens réunis, en un temps record, pour lutter contre cette pandémie, ne doivent-ils pas être attribués, à des conditions très strictes – que L’Echo estime inopportunes – aux seules entreprises qui démontrent leur utilité sociale et qui s’engagent à une réduction importante de leur empreinte écologique ?

La Coalition Climat belge, le CAN pour l’Europe, Greenpeace, WWF, Oxfam, …  exigent une reconstruction de l’économie qui soit durable et procure du travail en Belgique. Ils s’opposent au retour à la situation de l’avant Covid-19. Interdit de manifestation, Extinction Rebellion Belgique se remet en scène avec un un discours qu’il place ironiquement dans la bouche de  la Première ministre Sophie Wilmès.

>>>  les Bruxellois futés sortent masqués … et les Bruxelloises aussi

Un Brabant en lutte

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Bruxelles était la capitale de cette unique province belge bilingue, qui constituait aussi son hinterland naturel. Il ne s’agit pas ici de se lamenter sur un passé révolu – qui avait ses avantages mais aussi ses inconvénients – mais il est intéressant de constater, qu’après tant années, une contestation commence à poindre à propos de cette annexion, par la Flandre et par la Wallonie, d’un territoire prospère, qui a longtemps fait partie du vaste Duché de Brabant.

C’est particulièrement dans la Brabant flamand – qui n’a jamais fait partie de la Flandre – qu’une certaine contestation de l’ordre établi se développe, souvent avec un certaine ironie. A l’occasion du 1er mai, le mouvement N-BB Nieuwbrabantsebelangen a publié un communiqué – dont vous trouverez ICI le contenu et sa traduction française – qui remet formellement en cause, l’annexion et la flamandisation de l’ancien Duché de Brabant par la Flandre. Ils ne disent rien de sa francisation par la Fédération Wallonie Bruxelles. Pas de réponse non plus à notre question à propos d’éventuels contacts réunificateurs avec le Brabant wallon.

En ce jour de lutte – même confiné – que représente toujours le 1er mai, le communiqué  du N-BB ne se contente pas de rappeler que le Brabant n’est pas en Flandre, il exige aussi une rupture avec le néo-libéralisme flamand, auquel le mouvement brabançon est diamétralement opposé. Le manifeste compare le modèle flamand au modèle Nieuwebrabantsebelangen. Et de conclure: C’est non à une société où les forces flamandes tentent de briser le pouvoir collectif des mouvements par un individualisme forcené. C’est non à une flamandisation qui tente de nous vendre une fausse identité, qui n’est pas la nôtre, afin que l’élite flamande puisse s’enrichir davantage.