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Le partage des richesses

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« Les entreprises belges cotées ont enregistré une belle année 2018. Deux tiers d’entre elles ont augmenté leur chiffre d’affaires » apprenons-nous dans un article de L’Echo ». A qui doit-on ces résultats ? Au cadres ? aux administrateurs ? aux travailleurs ? aux actionnaires ? La question n’est pas tranchée, mais ce qui est confirmé c’est que ces entreprises ont distribué de généreux dividendes aux actionnaires.

Cela pose crûment la question de la redistribution des richesses produites. Bien sûr, si les actionnaires ne bénéficient aucunement de cette augmentation des bénéfices ils investiront ailleurs. Pareil pour les cadres qui pourraient filer à la concurrence. Mais la productivité des entreprises n’est-elle pas aussi à mettre au crédit des travailleurs, souvent très sollicités par des mesures de « restructuration » et de flexibilité accrue de leurs horaires de travail ? Pourquoi leurs salaires ne profiteraient-ils pas aussi de ces bénéfices ? C’est la question que L’Echo ne pose pas.

C’est l’occasion de revenir sur l’irruption de l’intelligence artificielle et des robots qui assistent les travailleurs quand ils ne vont pas jusqu’à les remplacer … sans contribuer à l’approvisionnement des caisses de la sécurité sociale, vu que le travail des robots en est exonéré. Là aussi, le gain de productivité revient uniquement aux propriétaires des machines et ne profite pas aux travailleurs. Ils ne verront pas leur temps de travail allégé, ni leur salaire revu à la hausse. C’est une question qui devrait être traitée au niveau de l’Europe. Son nouveau parlement ne devrait-il pas mettre sur la table la taxation des robots évoquée par Bruno Colmant, mise en avant par Paul Jorion sous le nom de « taxe Sismondi » et aussi par le libéral Georges-Louis Bouchez, qui l’a reprise à son compte dans un article de la Dernière Heure.

Happy Monday : bientôt des écoles multilingues 

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Les recteurs de l’ULB et VUB s’affirment demandeurs. Des communes se disent très intéressées par une expérience en ook in het Nederlands. Des écoles normales forment des enseignants bilingues. Le Plan Marnix s’active. La presse s’intéresse et en parle. Dans une interview, Rudi Vervoort et Guy Vanhengel font un véritable plaidoyer en faveur d’une école mutlilingue réellement bruxelloise et mettent la pression sur la Communauté flamande et sur la Fédération Wallonie Bruxelles. Auraient-ils lu les chapitres Enseignement et Langues: mobilisation générale ! dans l’ouvrage Demain Bruxsels ?

A ce stade rien n’est fait et les obstacles demeurent nombreux, mais l’émergence d’une école bruxelloise multilingue soutenue par les deux Communautés fait son chemin. Si rien n’a changé sur le terrain, les mentalités ont évolué et les langues se délient. La rectrice de la VUB : « seules les écoles européennes sont multilingues, mais tout le monde n’y accède pas, le coût est très élevé. Il faut normaliser le multilinguisme dans notre ville « .

Les partis divergent encore comme le relèvent Bruzz et BECI. Il va falloir surveiller leurs programmes avant de donner notre voix et il faudra scruter les accords de majorité après les élections. Il va aussi falloir réactiver le Comité de concertation pour définir entre entités fédérées les besoins de la nécessaire exception bruxelloise. On n’a jamais été aussi près but.

La société civile passe à l’action

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Une réactualisation s’impose à propos de mon billet  » La société civile s’engage « . Une partie (croissante ?) de la population ne sent plus ses préoccupations prises en compte par les partis traditionnels ni par les syndicats. Elle s’inquiète et parfois se mobilise pour la préservation de son pouvoir d’achat, pour une transition écologique qui tarde ou pour une juste répartition de son coût. Des Gilets jaunes ont déboulé dans les rues et puis sont arrivés les 35.000 jeunes de Youth for the Climate et les 75.000 familles de Claim the Climate et maintenant des campeurs pour l’exigence d’une loi Climat contraignante. Tout cela témoigne de l’existence d’une société civile vivante, dynamique et vigilante. Elle ébranle les partis qui voient venir une vague verte et une remise en cause du partage des richesses.

Des citoyennes et citoyens insatisfaits ont voulu redynamiser la démocratie en créant de nouveaux partis comme Pro Bruxsel en son temps et puis, plus récemment, Plan BAgora et d’autres partis comme Oxygène, Demain, Islam, Parti libertarien, Be.One ou le Parti pour la Poésie … qui n’en est pas vraiment un. D’autres changent de nom et de programme comme le SP.A qui devient One.brussels.

D’autres membres de la société civile ont pris le risque de quitter leurs fonctions pour entrer dans un parti comme  » candidats ouverture «  en vue d’agir à l’intérieur de partis existants. Pas de simples  » attrappe-voix «  comme l’explique ICI Henri Goldman. Faut dire que la page blanche bruxelloise de Zakia Khattabi et les manifestations pour le Climat ont créé un véritable appel d’air chez Ecolo/Groen, où l’on constate l’arrivée d’une série de spécialistes comme Olivier De Schutter ancien rapporteur ONU Alimentation, Isabelle Pauthier de l’ARAU, Henri Goldman de la revue Politique,  John Pitseys chercheur au CRISP, Benjamin Vella de ProBruxsel ou An Descheemaeker du BRAL, devenue chef de cabinet de l’échevin de la Mobilité Groen à Bruxelles. D’autres encore ont dû faire leur apparition dans différents partis, comme Delphine Chabbert, de la Ligue des Familles, entrée au PS ou François De Smet, le directeur de Myria, qui se présente chez Défi … tandis que moi je reste au balcon, malgré quelques appels du pied.

Favoriser la participation citoyenne

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C’est à l’initiative du groupe eChange – que la RTBF présente ICI – qu’un débat  » Démocratie et participation citoyenne «  a eu lieu entre divers politiques, sur base du travail préparatoire du groupe eChange et avec intervention de citoyens. Il s’est déroulé dans le respect, l’ouverture et la recherche de convergences, c’est sans doute inédit ?

Quelques convergences se sont dégagées :
* Le diagnostic et l’impact négatif du fonctionnement actuel des partis en Belgique.
* L’accord des représentants de tous les partis présents pour se mettre autour de la table pour tenter de dégager ensemble les axes d’amélioration du fonctionnement de la démocratie.
* L’ambition de rendre la démocratie plus efficace et plus participative:
– financement plus équitable des partis, en ce compris dans le cas de la création d’un nouveau ou d’une re-fondation de partis existants,
– diminution de leur impact sur le choix des élus (primaires internes, suppression de l’effet dévolutif de la case de tête)
– émergence positive d’innovations telles que l’assemblée citoyenne (en complément de l’assemblée représentative) et du référendum d’initiative citoyenne dans certaines conditions.

Vous trouverez aussi ICI quelques réflexions de participants.

Un nouveau débat public sera organisé par le groupe eChange sur la question de la Mobilité ce mercredi 27 mars à 19H30 à Bozar (Rotonde Bertouille). Vous pouvez vous inscrire ICI.

 

Qui décide ? Qui nous représente ?

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Ce sont nos élus et les gouvernements qu’ils mettent en place qui gèrent la cité et doivent veiller au respect de l’intérêt général. Ce type de démocratie basée sur des personnes élues, supposées nous représenter, est de plus en plus souvent remis en cause et souvent qualifié de  » particratie « . “ Il lui est reproché de couper les mandataires des préférences et du vécu de la population, de produire des processus de décision opaques et peu compréhensibles pour les citoyens, de permettre la défense des intérêts privés ou partiaux des représentants, et de décourager les citoyennes et les citoyens de s’investir dans la vie de la cité (John Pitseys – CRISP) ». « Une fois désignés, en pratique, on peut dire qu’ils ont un chèque en blanc et cette indépendance n’est pas tempérée. Ce débat, davantage posé par la société civile que le monde politique, plutôt perplexe et divisé, n’est pas clos. » (Vincent de Coorebyter)

Des tentatives de démocratie directe émergent malgré les objections que celles-ci soulèvent. Des demandes se font jour pour une démocratie plus participative, pour le droit de vote pour toutes et tous, pour des consultations populaires (comme en Suisse), pour des consultations internet, pour des représentants tirés au sort … Le CRISP vient d’y consacrer un dossier complet que vous pouvez consulter ICI.

On se souviendra des tirages au sort du G1000 de David van Reybroeck, que d’aucuns estiment trop individualiste et ayant produit peu de résultats. Plus récemment, la Communauté germanophone a décidé de se doter, dès l’automne, d’une assemblée de 24 citoyens tirés au sort, dont les détails sont livrés ICI. Leurs voisins luxembourgeois attendent de vérifier si cela va renforcer la participation citoyenne, améliorer la compréhension du processus de décision et renforcer les institutions démocratiques, à l’heure où la confiance dans les partis politiques est historiquement basse.

>>> Anuna De Wever, la pionnière néerlandophone des marches pour le Climat en Belgique, estime que l’enterrement de la loi Climat est une insulte à l’égard des jeunes.