Archives pour la catégorie Projets

Une aide au logement novatrice

________________________________________

A l’approche de la présidentielle américaine de 2020 et face à la crise du logement, CityLab relate la promesse d’un sénateur, candidat démocrate, de procurer une « tax refund » mensuelle à toute personne qui consacre plus de 30% de ses revenus à payer son loyer. Le crédit d’impôts médian pourrait se situer autour de $4,800 par famille.

Vu l’impossible encadrement des loyers d’un parc immobilier américain très largement privé, ce crédit d’impôt pourrait aider 57 millions d’Américains à vivre décemment. Le même sénateur promet aussi de procurer des   » baby bonds ”  aux citoyens qui veulent acquérir leur première maison.

Deux mesures qui tentent d’instaurer une justice sociale, dans un domaine où le marché fait la loi et laisse un certain nombre de citoyens dans l’impossibilité d’exercer leur droit à un logement décent, dans un pays cependant riche.

Bientôt, le tram du futur

__________________________________________

La STIB prépare l’avenir. Elle vient de commander 30 trams  « nouvelle génération » au constructeur canadien Bombardier. Ils s’ajoutent à une première commande de 60 véhicules faites en 2018. Les premiers exemplaires de ces 90 nouveaux trams circuleront dans nos rues vers le milieu de l’an prochain. Plus spacieux et confortables, ils bénéficieront de larges portes et (enfin) d’un plancher bas intégral. Selon leur longueur, ils offriront 182 ou 256 places, dont 47 ou 65 assises.

Cette commande devrait permettre d’accroître la capacité totale du parc de tram de la STIB de 10.000 places, soit environ 15% de capacité supplémentaire. Ils serviront avant tout à desservir les extensions du réseau de tram décidées par le gouvernement régional vers Neder-over-Heembeek et Tour &Taxis, ainsi qu’à renforcer le réseau existant. L’article de l’avenir.net vous en dit plus ICI.

C’est un budget total de 5,2 milliards d’euros que la STIB va progressivement investir en vue d’une meilleure mobilité, avec moins d’embouteillages, de pollution, de stress et de nuisances sonores. Elle détaille tout cela ICI, mais ne précise pas la part de ce budget qui ira à la création et à l’entretien de la future ligne de métro Nord, que d’aucuns continuent à contester et qui sera certainement sur la table du prochain gouvernement bruxellois.

>> si vous avez raté le film de Luc Jabon  » Bruxelles, une traversée urbaine «  il est désormais  possible de le visionner gratuitement en cliquant ICI.

 

Un nouveau boulevard urbain

____________________________________________

Le gouvernement bruxellois a donc décidé d’en finir avec le viaduc Herrmann-Debroux, il ne sera pas aménagé en promenade verte mais un projet de démolition sera mis à l’enquête publique à l’automne. Cette mesure cadre avec la volonté  de la Région de réaménager les autoroutes entrant vers Bruxelles en boulevards urbains. Le gouvernement avait déjà décidé de déclasser les tronçons bruxellois de l’A12 à Neder-Over-Hembeek et de la E40 à Reyers. L’avenue Charles Quint qui mène vers la Flandre fera également l’objet d’un réaménagement afin de donner plus de place aux transports publics.

La Libre livre ICI plus de détails et de belles simulations sur la démolition du viaduc Herrmann-Debroux, qui laissera la place à un boulevard urbain verdurisé  avec plus de place laissée à la mobilité douce. Didier Gosuin (Défi). “Le fait de réaménager le viaduc en boulevard urbain est un moyen de lutte contre la congestion automobile dans Bruxelles et cela va améliorer le cadre de vie des habitants d’Auderghem, qui vont certes subir les conséquences du lourd chantier, mais c’est un mal pour un bien. Par ailleurs, plusieurs alternatives vont voir le jour afin d’inciter la population à délaisser leur voiture à l’entrée de Bruxelles”.

Pour faire face aux 35 000 navetteurs qui empruntent encore le viaduc chaque jour, le gouvernement va lutter contre les voitures sans passagers et projette la construction d’un parking de dissuasion de 1 500 places situé du côté du centre sportif de l’Adeps, ainsi que la prolongation de 1,2 km du tram 8, qui sera prolongé en site propre de Roodebeek vers Rouge-Cloître. Le viaduc sera donc démoli dès que le parking et la ligne de tram seront en place, ce qui prendra environ cinq ans. Avec les obtentions de permis et les appels d’offres, la démolition ne devrait donc survenir que dans environ dix ans.

 

Organiser la mobilité douce

________________________________________

S’il faut se réjouir de voir la mobilité douce prendre plus rapidement sa place dans la ville et contribuer ainsi à la diminution du trafic automobile et de la pollution, peut-elle se faire au détriment des piétons et des usagers les plus faibles ? Ne sommes-nous pas tous piétons à un moment donné de nos déplacements ? Les communes semblent impuissantes à réguler le développement et le stationnement anarchique des vélos et trottinettes en « free-floating » (stationnement libre sans stations) et la Région reste à la traîne, même si elle promet d’agir.

Les vélos Jump rouges d’Uber, qui ont débarqué du jour au lendemain à Bruxelles-Ville, Ixelles, Saint-Gilles, Etterbeek, Saint-Josse et Schaerbeek, ont causé le ras-le-bol d’une partie de la population et poussé quelques personnes à amasser une dizaine de vélos rouges au coin de deux rues de Saint-Gilles, comme le relate La Libre. On en trouve aussi par terre à la Grand-Place, sur les passages piétons, devant des devantures de magasin, quand ils ne bouchent pas l’entrée d’un immeuble à appartements. Ils viennent d’ailleurs d’être déclarés illégaux. Un premier usager décédé en trottinette devrait accélérer la publication d’un cadre réglementaire plus contraignant.

L’ordonnance régionale impose aux compagnies en free-floating l’acquisition d’une licence, mais ne règle pas le problème de leur stationnement anarchique et ne donne aucun moyen financier aux communes pour l’encadrer. Risquons une piste : aménagement rapide de nombreuses pistes cyclables de bonne largeur, interdiction sur les trottoirs sauf au pas, responsabilisation civile (ICI) des usagers et des compagnies. Quant à la création d’espaces de rangement dédiés et obligatoires pour ces vélos et trottinettes, ils pourraient considérablement améliorer la situation, mais l’obligation d’en faire usage limiterait fortement l’attrait de ces engins que l’on dépose à destination … et donc aussi l’engouement pour cette réelle alternative à l’auto. Il sera intéressant de voir ce qui va sortir de la concertation de nos voisins parisiens annoncée par Le Monde.

photo circulant sur les réseaux sociaux 

 

Happy Monday: bientôt des boulevards urbains

_______________________________________

Fini les autoroutes urbaines de pénétration des années 60, Pascal Smet ne jure plus que par des boulevards urbains pour une ville apaisée et rendue à ses habitants. Les entrées d’autoroute A12 à Neder-Over-Hembeek et E40 à Reyers ont été déclassées. Coup sur coup il a introduit des demandes de permis pour l’aménagement d’une vraie place Schuman, d’une esplanade à Sainctelette face à Kanal, pour la suppression de 300 parkings en surface en vue d’aménager l’avenue de la Toison d’Or et le boulevard de Waterloo au profit des vélos et des piétons, ainsi que pour un « boulevard » Reyers où une expérimentation de réduction du nombre de bandes vient d’être lancée.

Le projet Reyers, qui devrait voir le jour dans quelques années avec l’arrivée d’une Cité des Médias, d’un quartier d’habitations et d’un nouvel espace vert, est le premier à connaître la mue de son entrée carrossable. Le street artist Bonome n’a pas attendu l’aboutissement de l’aménagement routier pour s’y illustrer avec une fresque qui donne un caractère artistique à des murs de béton aveugles, dont on avait fini par oublier l’existence. La ville change décidément avec la contribution de tous

Cela fait des années que des associations de la société civile, telles que l’ARAU, revendiquent de mettre fin à des aménagements qui font la part trop belle à la voiture individuelle. Aujourd’hui les temps sont apparemment mûrs et il se trouve un ministre et un gouvernement pour oser une vraie révolution qui laissera des traces. Bien sûr pas sans craintes, ni sans récriminations, de Ben Weyts d’abord, de BECI ensuite, mais avec cependant un avis favorable et inattendu du Vlaamse Automobilisten Bond et puis ceux repris par la VRT. Quant à l’éditorialiste de BX1 ne peut s’empêcher d’y voir des effets d’annonce liés à l’approche des élections et une manière aussi de tenter d’engager le nouveau gouvernement qui sortira des urnes le 26 mai.