Archives pour la catégorie Projets

Se protéger sans s’isoler

Se protéger de l’arrivée massive et quotidienne de milliers voitures dans une cité déjà congestionnée, suppose de pouvoir contrôler les flux entrants. Aujourd’hui, les automobilistes qui résident dans les deux autres Régions pénètrent quasiment tous par une des nombreuses sorties aménagées le long de cette autoroute dénommée Ring, qui sert de boulevard périphérique de l’agglomération bruxelloise. C’est donc là, que pourrait s’effectuer le réglage des flux entrants. Le Ring qui entoure Bruxelles étant en grande partie sur le territoire de la Flandre, c’est elle qui détient la clé, faute d’avoir réussi à mettre en place la Communauté métropolitaine de Bruxelles, prévue par la 6ème réforme de l’Etat.

Bruxelles a pu rétrécir l’accès à la ville à Reyers et l’envisage pour Hermann Debroux, qui se situent sur son territoire. La Flandre développe son propre programme pour le réaménagement de « son » Ring, avec ses propres critères. Les projets pour les Quatre Bras suscitent des craintes et certains n’hésitent pas à parler d’un projet « d’asphyxie de Bruxelles ».

Bruxelles compte donc utiliser la taxation kilométrique pour tenter réguler la circulation et d’améliorer la qualité de l’air … avec l’opposition que ce plan suscite tant en Flandre qu’en Wallonie. La (difficile) concertation a cependant débuté. Que ce soit pour l’installation d’entreprises ou pour la fréquentation de nos commerces et des nos institutions culturelles, nos projets, comme ceux  de la Flandre, pourraient conduire à isoler Bruxelles du reste du pays, dont elle est la capitale. Une analyse détaillée de L’Echo éclaire tous les enjeux de ces différentes opérations. De larges extraits dans le pdf ci-dessous.

L’Islam de Belgique se fait attendre

Le mois de jeûne a débuté pour les Bruxelloises et les Bruxellois de confession musulmane dans des conditions difficiles pour cause de Covid-19. Malgré diverses suggestions et protestations, aucune dérogation ne leur a été accordée, comme cela fut le cas pour les commémorations des autres religions reconnues. Cette situation soulève à nouveau la question de l’instauration d’un islam de Belgique soumis aux lois du peuple belge. sur laquelle la revue Hommes et Migrations jette un regard. L’Allemagne aussi se trouve dans la même situation.

L’ingérence du salafisme de l’Arabie Saoudite, celle de la Turquie – avec sa Diyanet – et celle de l’ambassade du Maroc, s’avèrent être des obstacles à l’émergence d’un véritable islam de Belgique, dans lequel certains voient une tentative de « vaticanisation » par l’Etat (voir pdf en bas de page). C’est l’Exécutif des musulmans de Belgique qui est supposé prendre l’organisation du culte en charge. Musulmans d’origine marocaine et turque s’y partagent le pouvoir, mais faute de nouvelles élections, il est dans la tourmente, ne se réunit plus et ne décide donc de rien. Il est attendu du ministre de la Justice et des Cultes – qui participe à son financement – qu’il oblige ses membres à fixer un calendrier pour la tenue d’élections.

C’est à cet Exécutif qu’il appartient de jeter les base d’un Islam de Belgique adapté au contexte démocratique belge et européen, respectueux de ses lois et de ses valeurs fondamentales, notamment la séparation Eglise/Etat, la liberté d’expression, l’égalité hommes/femmes, le rejet de tout forme de radicalisme violent. C’est lui aussi – en collaboration avec les autorités compétentes – qui doit se charger d’organiser la formation des imams. Trop souvent, ils ne parlent aucune des langue de notre pays et en ignorent les structures politiques et institutionnelles. Les bases se trouvent dans différents documents, dont le pdf de la Commission mise en place par le ministre Marcourt.

Image par Ahmad Ardity de Pixabay

Les motards en ville

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Tout comme les vélos, les motos et les scooters sont de plus en plus nombreux en ville depuis la crise sanitaire. Alors que les immatriculations automobiles ont chuté de plus de 21%, celles des deux-roues motorisés ont crû de 3,5%. Jean-Christophe Willems en dit plus ICI sur ce marché. Il faut s’en réjouir, puisque les motos prennent moins de place dans la circulation et dans les emplacements de parking. Un certain nombre de Bruxellois se plaignent cependant de conducteurs pratiquant des vitesses excessives, de leurs moteurs lancés à fond, de pots d’échappement trafiqués, de circulation sur les piétonniers ou de stationnement sur les trottoirs.

N’est-il pas temps de faire le point ? Attention, c’est un motard depuis 30 ans qui se charge de répondre à cette question pour la RTBF, il ajoute: et ça va faire mal ! Il est question d’un contrôle technique très contesté, malgré une série d’exceptions qui font que le motard qui n’a jamais fait d’accident et qui revend sa moto à un concessionnaire ne devrait jamais passer le contrôle. Comme le code de la route a été régionalisé, il va falloir que les Régions s’entendent entre elles (bien la peine d’avoir régionalisé …) sur les modalités de ce contrôle, qui s’appliquerait aux motos à partir de 125cc.

Pas sûr encore que le niveau sonore sera examiné, ni que le pot d’échappement ad hoc ne sera pas retiré après le passage au contrôle. La députée bruxelloise MR Anne-Charlotte d’Ursel tente de saisir le gouvernement de la problématique de ces nuisances sonores sans trop de résultats concrets. La brigade cycliste intervient parfois en cas de flagrant délit, mais il reste à convaincre un certain nombre d’irréductibles qui nous imposent un bémol au plaisir de voir le nombre de motards augmenter. Cela ne doit pas nous empêcher d’exiger un meilleur entretien des routes, dont ils sont souvent les premiers à pâtir.

Des quais plus verts et plus bas

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Le  canal est le seul cours d’eau qui traverse entièrement la ville à l’air libre. Son niveau est très bas dans le centre pour permettre aux péniches de passer sous nos nombreux ponts. Il faut souvent se pencher pour  y voir couler l’eau. La seule manière de remédier à cette situation serait d’abaisser certains quais. Cette intention figure dans le texte de l’accord de majorité qui affirme vouloir « renforcer le lien entre l’espace public, l’eau et la nature ».

Une fois de plus, Bruzz est le premier média à annoncer que le gouvernement vient de discuter de l’étude de faisabilité réalisée par deux bureaux d’étude pour l’abaissement du quai de Péniches et  des Armateurs à hauteur du bassin Vergote. L’espace y est assez large et central pour verdir ces quais et les abaisser par paliers. Le gouvernement espère inclure ces projets dans l’accord de collaboration avec Beliris, dont la bruxelloise Karine Lalieux (PS) a aujourd’hui la tutelle.

Ce scénario favoriserait l’extension du parc Maximilien et inclurait la construction d’un nouveau complexe sportif Vergote. La possibilité d’une cafétéria avec une terrasse au bord de l’eau est en cours de discussion. Le point le plus bas du quai serait environ à deux mètres de moins qu’il ne l’est actuellement. Vous en saurez plus en lisant l’article de Bruzz ou sa traduction avec DeepL.com sous la photo.

simulation extraite de l’article de Bruzz

Une jonction verte

La ville de Bruxelles a chargé le Bureau Bas Smet d’élaborer un plan directeur pour faire de la cicatrice de la jonction nord-midi une véritable forêt urbaine. Pour l’équipe de l’architecte paysagiste, ce vaste espace public doit avant tout devenir plus vert et plus frais. « Il y a 100 ans la construction de la jonction ferroviaire a provoqué une rupture dans le centre de la ville. Aujourd’hui, nous pouvons transformer cette zone centrale en un paysage urbain avec lequel nous allons créer un microclimat. »

C’est Bruzz qui reprend cette bonne nouvelle annoncée par l’échevine de l’Urbanisme Ans Persoons. « Nous voulons réaménager cette zone au cours de la prochaine décennie afin qu’elle devienne un modèle en Europe en terme de plantation d’arbres, de collecte d’eau et de mobilité douce. Nous voulons rendre ce quartier plus agréable à vivre et à visiter, mais nous allons aussi augmenter la résilience de Bruxelles à l’avenir. »

Il s’agit d’une mission de 3,5 ans, en collaboration notamment avec Espaces Mobilité et le professeur Eric Corijn de la VUB. Avec la participation de partenaires culturels et sociaux, la mission doit déboucher sur un plan directeur contraignant pour les futures constructions et aménagements. Toutefois, le Bureau Bas Smets fera lui-même des propositions pour deux zones réservées: la place de l’Albertine et l’espace public proche de la gare centrale, dont vous voyez déjà une première esquisse dressée par les paysagistes.

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