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Métro ligne 3: un dossier à revoir

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Quoi qu’en dise Rudi Vervoort dans Le Soir, est-il souhaitable que ce dossier soit clôturé en fin de législature ?   » Impossible de prendre une décision éclairée sur base d’un dossier mal ficelé et auquel il manque un rapport coût /bénéfice impartial « . C’est la conclusion de quatre experts *, dont Michel Hubert et Pierre Laconte – lecteurs de ce blog – nous transmettent ICI une opinion dissidente publiée par La Libre.

Bien sûr, cela ne manquera pas d’occasionner du retard, mais un investissement de près de 2 milliards d’euros sur près de 20 ans, peut-il être engagé sans que les décideurs politiques disposent de tous les éléments d’appréciation ?

Ecolo/Groen – qui est le seul parti à avoir émis des doutes sur l’adéquation de cette solution – s’est vu attaqué de toutes parts par les autres partis, trop contents de pouvoir annoncer le creusement d’un nouveau métro à la veille des élections et de tailler des croupières sous les pas des « Verts anti métro ». Voilà le point de vue d’Ecolo /Groen confirmé par des experts reconnus et impartiaux.

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* Frédéric Dobruszkes (ULB, vice-président de la Commission régionale de la mobilité), Michel Hubert (USL-B et ULB, responsable académique de l’Observatoire de la mobilité de la Région de Bruxelles-Capitale), Christian Kesteloot (KU Leuven) et Pierre Laconte (secrétaire général honoraire de l’Union internationale des transports publics – UITP).

Happy Monday: un entrepreneur écologique et social ?

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Piet Colruyt est le cousin de Jef Colruyt, dont chacun connaît les supermarchés et la chaîne bio. Mais Piet est architecte et ne choisit pas la facilité. Son entreprise construit du logement de type social et du logement moyen accessible aux jeunes familles sur des sites urbains désaffectés, y compris à Bruxelles. Il favorise la passivité des bâtiments,  la lumière et les espaces communs.

Il regrette que tant de familles continuent de miter la campagne et de détruire ce qui reste de verdure. Leurs impôts échappent aussi aux villes qui manquent de moyens. Il estime que les frais que leur choix de vie occasionne (routes, riolering, transports publics, écoles et services, … ) doivent être à leur charge et non à la charge de la collectivité.

L’espace est un luxe qu’il apprécie, cependant il faudra accepter de vivre dans des appartements plus petits et bien conçus mais bénéficier d’espaces publics proches et de qualité. Il faut construire près des gares. Construire des communautés, pas des lotissements. Il faut lire iCI l’interview de cet entrepreneur social (ou sa traduction par un robot assisté). Si on peut le croire, il ne serait pas loin d’avoir accouché d’une entreprise rentable, mais à la fois éco et socio responsable. Pourrait-on donc être  à la fois riche et coopératif ?

Rendre justice sans être partisan ?

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Ce n’est pas parce que Pascal Smet est arrivé au gouvernement que le viaduc Reyers a commencé à s’effriter ou que les tunnels se sont dégradés les uns après les autres. Cinq ans d’inaction de Brigitte Grouwels et sans doute le secret espoir que les tunnels « tiendraient » encore le temps nécessaire pour assister au repli de la voiture individuelle, afin de ne pas devoir engloutir des sommes énormes dans des infrastructures qui appartiendront bientôt au passé. Pascal Smet n’a pas eu le choix et l’argent mis là et dans des parkings de dissuasion aux portes de la ville n’est donc plus disponible pour des projets porteurs pour l’avenir de la cité.

Très décrié pour son « inaction » face à la débâcle des tunnels, il le fut tout autant lorsqu’il a entamé – dans l’urgence – des travaux un peu partout pour les réparer, Pascal Smet aura été une tête de Turc commode pour les commentateurs. Vous trouverez sur son site et son compte twitter le bilan, évidemment flatteur, qu’il tire de son propre passage au gouvernement bruxellois et vous vous forgerez votre propre opinion sur cet homme politique hors du commun, qui a une vision pour Bruxelles et une certaine créativité, mais qui peine souvent à convaincre, même lorsqu’il inaugure un tunnel Porte de Hal, non seulement restauré, mais aussi joyeusement égayé par des artistes bruxellois.

Pas le lieu ici d’orchestrer une propagande électorale pour une femme ou pour un homme politique. Mais face à trop d’injustice et de procès d’intention de toutes parts, ne fallait-il pas tenter de présenter un portrait plus équilibré, dont chacun tirera les conclusions qui lui conviennent ? Surpris aussi, par la décision abrupte de Didier Gosuin de ne plus se représenter, j’aimerais rendre hommage à ce vrai Bruxellois ordinaire, généreux et enthousiaste, qui aura su garder une certaine fraîcheur que certains confondaient volontiers avec de la naïveté. Au-delà des consignes du parti auquel il appartenait, il nous aura accompagnés depuis la création de la Région bruxelloise, tant sur le plan de l’Environnement – qu’il a soutenu pendant plus d’une décennie – que sur le plan de l’Emploi, où il aura réussi à faire régresser le chômage bruxellois et celui des jeunes en particulier. Merci à lui.

Un autre Bruxelles est possible

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Il semble y avoir des problèmes d’accès à ce billet: le revoilà. Sorry.

En paraphrasant Ecolo/Groen et son interview décapante  “ Une autre Belgique est possible ”, en la rapprochant avec la sortie prochaine du “ Demain Bruxsels ” d’Aula Magna et avec la mobilisation climatique déterminée de la génération montante, notre Ville-Région pourrait se trouver à la veille de grands changements après les élections de mai. Ville plus verte et plus solidaire ?

Tous les partis vont devoir prendre position par rapport à l’urgence de la transition écologique et énergétique et préciser qui va la payer. S’ils mettront tous du vert à leur programme, il n’est cependant pas exclu qu’Ecolo/Groen – dont c’est la raison d’être – s’avère incontournable au soir du scrutin régional et soit à la barre d’une nouvelle coalition. Carrément un changement de paradigme ? en route pour une autre ville ? une autre vie ?  Je n’ai pas de boule de cristal, mais il semble que l’on n’ait jamais été aussi proche d’un grand chambardement urbain et de l’émergence de nouveaux modes de vie qui tourneraient le dos à une civilisation de consommation ?

Certains se demandent si Ecolo/Groen en est capable ? S’il dispose du personnel politique compétent pour mener la révolution qui s’annonce ? pour imposer un autre partage des richesses ? Bien sûr que non – ils ne sont pas prêts – mais qui l’est ? Les résistances de la population seront énormes, dès lors qu’il s’agirait de changer d’habitudes, de quitter sa zone de confort et de se voir imposer plus de solidarité … Ne vivons-nous pas des temps exaltants ?

Les riches paient-ils trop peu d’impôts?

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Paul De Grauwe pense que oui. Il s’en explique ICI dans Le Soir. C’est un économiste de la London School of Economics et il est membre du parti libéral flamand Open VLD, pas vraiment un gauchiste donc. C’est aussi la proposition de la nouvelle députée américaine démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, d’augmenter le taux d’imposition pour les revenus supérieurs à 10 millions de dollars, qui relance un débat qui préoccupe les économistes depuis longtemps sans pouvoir être qualifiés – comme elle – de « communiste ». Un débat d’actualité face à une révolte du peuple des bas revenus incarnée par de jaunes gilets.

Paul De Grauwe illustre la problématique par un exemple confondant. « Quand une personne qui gagne 2.000 euros par mois gagne 1.000 euros supplémentaires par mois, sa vie change radicalement (…) Donnez 1.000 euros supplémentaires à quelqu’un qui gagne 1 million d’euros par mois, et rien ne se passe dans la vie de ce millionnaire » qui ne le remarquera probablement pas. Il conclut: « Vous pouvez retirer ces 1.000 euros au millionnaire et le donner à la personne qui ne gagne que 2.000 euros par mois. Le millionnaire ne ressentira presque rien et vous rendrez l’autre très heureux ».

100 % sur le revenu qui dépasse un million c’est effectivement beaucoup et sans doute peu raisonnable, mais le prélèvement « pourrait facilement être porté à 70 %, par exemple, sans perte de productivité significative ». Il faudra d’abord se mettre d’accord sur le principe et puis réfléchir à la manière de l’appliquer à l’échelle internationale, pour éviter les déménagements de fortunes. « Si un tel revirement dans les pensées se produit, ici et dans d’autres pays, un nouveau consensus social sera créé, qui rendra possible un relèvement du taux d’imposition des revenus les plus élevés ». Une autre redistribution des richesses qui pourrait éviter une révolte qui couve.

… et le Fonds monétaire international (FMI) de Madame Lagarde a déclaré en novembre « qu’il fallait davantage taxer les plus fortunés pour favoriser la croissance « .