Archives de catégorie : Projets

Du haut de ses 101 ans

Edgar Morin sera le grand invité de l’hôtel de ville de Bruxelles, ce mercredi 16 novembre à 19:30. Philosophe et sociologue, ce grand penseur profitera certainement de l’occasion pour nous inviter à nous « réveiller » et nous sortir de ce qu’il appelle un « somnambulisme généralisé ». Cette sorte d’inconscience qui lui rappelle celle qu’a connu le monde de 1933 à 1940 et qui a conduit à la deuxième guerre mondiale.

A 100 ans révolus, Edgar Morin s’est senti le devoir de publier un court manifeste à l’impératif, Réveillons-nous ! (Denoël), pour nous alerter sur l’urgence à agir face à la crise de l’humanisme et à la crise écologique. A quelques jours près, il aurait pu ajouter « et face au retour de la guerre en Europe »… C’est Le Soir qui a publié cela début mars, dans un article qui donne largement la parole à Edgar Morin.

Il y prône une « nouvelle politique humaniste de salut public ». Le principe est de changer de voie, c’est abandonner la voie dite néolibérale qui non seulement consacre l’hégémonie du capital et du profit, mais privatise les indispensables services publics. Il s’agit d’opérer progressivement le recul de l’hégémonie des puissances d’argent, de dépasser l’alternative stérile entre croissance et décroissance, de faire croître les productions utiles et indispensables aux individus, y compris les biens culturels.

Photo extraite de The Conversation / Edgar Morin à l’Unesco, le 2 juillet 2021. AFP

Un développement urbain soutenable.

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faut densifier la ville. S’il s’agit de condenser plus de personnes dans un espace plus restreint, ce n’est pas forcément ce que souhaitent les habitants. Et pourtant l’étalement urbain n’est pas favorable non plus aux citoyens de la ville, même si certains arrivent à en jouir. Pour l’auteur de l’article republié par Transitions et Énergies, la ville est gagnante quand elle se densifie, à condition que cette densification soit planifiée et adaptée à chaque contexte.

Il y a des arguments environnementaux, économiques et sociaux qui viennent justifier cette évolution, que la raréfaction des énergies bon marché et le prix des terrains rendent encore plus urgente à Bruxelles. Il y a de moins en moins de boulangers, parce que le nombre d’habitants d’un quartier est souvent insuffisant pour rentabiliser une vraie boulangerie. Bruxelles compte un grand nombre de pavillons et de maisons à 1 ou 2 étages. Avec une superficie plus vaste que Paris intramuros, Bruxelles compte moitié moins d’habitants et n’affiche qu’une densité de 7.500 hab. au km2 contre 20.500 à Paris.

Le projet de ville du quart d’heure pourrait constituer une réponse à cette situation. Des quartiers mixtes, avec leurs commerces, leurs écoles, leurs loisirs, leurs espaces verts de proximité, leurs bureaux et leur entreprises urbaines, rendent la ville attractive, diminuent les temps de déplacements et procurent des ressources nouvelles et des contribuables aux collectivités locales. Vous en saurez bien plus en lisant ICI  l’article de Juste Rajaonson.

photo extraite de l’article de welcome to the jungle

Happy Monday. Recyclons.

Fini d’extraire, de fabriquer et de jeter, le recyclage des matières et des bâtiments progresse.

Gagner 900 milliards. C’est ce que l’Europe pourrait engranger d’ici 2030, si elle se convertissait à l’économie circulaire, plutôt qu’en suivant le modèle économique actuel, basé sur « Extraire, Fabriquer, Jeter ». C’est la Fondation Mac Arthur qui l’affirme. Elle en résume les principes de manière très brève, très simple et très claire ICI

 Energie solaire. Une société suisse est arrivée à faire fondre de l’acier issu du recyclage en concentrant le rayonnement solaire. Une première étape dans la décarbonation de la sidérurgie. Plutôt que d’acheter ses barres métalliques en Chine, Panaterre a décidé de produire son propre acier, de qualité horlogère, à partir du recyclage de nombreux déchets d’acier.

Occupations temporaires. Bruxelles compte un nombre incroyable de bâtiments inoccupés, on parle de sa vingtième commune ! Permettre à des associations d’en user temporairement constitue un progrès, en attendant une réaffectation définitive. See U, aux casernes, fut la plus grande de Belgique. Alle Du Kaai a abrité une trentaine d’organisations le long du canal. Aujourd’hui, la ville de Bruxelles met à disposition rue des Grands Carmes, un espace à l’abandon depuis 20 ans,  pour y créer un espace pluridisciplinaire LGBTQIA +. 

Happy Monday: l’architecture se mobilise.

L’Ordre des Architectes a rédigé une lettre ouverte pour dénoncer la pauvreté architecturale de Bruxelles. « La politique régionale menée l’est sans cohérence, sans vision à long terme, sans volonté de simplification et avec hypocrisie». Cela n’est pas précisément une bonne nouvelle, mais les architectes analysent huit causes de cette situation et proposent des remèdes au gouvernement régional. La Libre publie leur lettre ouverte.

Un groupe de jeunes architectes jette un regard sur la profession. « La façon dont nous continuons à construire, à occuper l’espace, à minéraliser les surfaces et à consommer des matériaux et de l’énergie entre en conflit avec les objectifs ambitieux en matière de climat, de circularité et de solidarité que nous nous sommes fixés en tant que société ».

Ils ont lancé une expo: « La Grande Transformation ». Elle comprend 40 projets architecturaux qui révèlent les germes de la nécessaire transition sociale et spatiale qui peut se traduire dans nos rues, nos quartiers, nos villes et nos paysages. Un programme de dix « lieux d’avenir » a été établi. Des chantiers stratégiques pourront être réalisés d’ici à 2030. Expo et visites guidées à voir jusqu’au dimanche 23 octobre au boulevard Pacheco 34.

La philo nous sauvera.

Vu la lenteur avec laquelle notre génération s’est préoccupée de l’avenir de nos conditions de vie, du temps qu’elle met à passer du productivisme à l’habitabilité, les 20 prochaines années des enfants seront dures. Il leur faudra des outils pour résister aux catastrophes que notre inaction va causer, à l’anxiété qui peut en naître. Les 20 années suivantes devraient être plus apaisées, une nouvelle civilisation aura émergé et la parenthèse moderne sera refermée. C’est Bruno Latour, qui vient de mourir, qui nous disait cela et que vous pouvez toujours entendre sur ARTE.

Il nous dit : « C’est tellement beau, la philosophie ! Elle est la gardienne des modes d’existence, elle garantit la diversité des vérités ». Pour celles et ceux qui ne trouveront pas le temps de partir à la découverte de ses nombreux écrits, ARTE propose 12 petits entretiens de 13 minutes, parmi lesquels on peut faire son choix … et qu’on finit très souvent par écouter tous, en zappant les pubs qui pourraient hélas parfois s’y introduire.

Cela commence par Nous avons changé le monde et puis La fin de la modernité, ensuite Gaia : notre nouvelle terre, et Où atterrir ? La nouvelle classe écologique, Inventer des dispositifs collectifs, La vérité du religieux, La science telle qu’elle se fait, Les modes d’existence, Le cercle de la politique, C’est tellement beau la philosophie ! et cela se termine par une lettre à son petit-fils.

portrait extrait de la vidéo Lettre à Lilo sur ARTE