Archives pour la catégorie Projets

Que faire de nos tours ?

Encore très tendance dans le monde des entreprises, il y a deux décennies, la tour est aujourd’hui une espèce en voie de disparition dans pas mal de métropoles européennes. La dernière crise sanitaire et son télétravail ont encore renforcé cette tendance. Modèle d’un autre siècle, le quartier Nord à Bruxelles en est le meilleur exemple. Il est appelé à se métamorphoser. Rapidement.

Le quartier Nord est l’image emblématique (et inachevée) d’un certain futur urbain imaginé par le projet Manhattan de Paul Vanden Boeynants et Charly De Pauw, dans les années 60. Un article de la RTBF résume bien ce fiasco, illustré par la destruction récente des deux tours WTC. Situé sur un important nœud de communication intermodal, le site bénéficie cependant d’une situation stratégique qui attire, dès à présent, de nombreux projets dont la tour ZIN. Ces projets offriront cette grande mixité qui faisait défaut à ce quartier, qui regorgeait de bureaux qui ne correspondent plus aux attentes des clients et s’éteignaient tous  les jours à 17heures.

Un article de L’Echo – exagérément alarmiste –  décrit cependant bien la situation globale. Il donne la parole à la plupart des promoteurs intéressés par les lieux, ainsi qu’au bouwmeester. Chacun y va de ses projets et de ses rêves les plus fous. A  les entendre, on pourrait  bien s’acheminer vers un quartier exemplaire, rencontrant  tous les critères de la ville de demain, dans un environnement aussi vert que culturel. Vous pourrez le découvrir dans le pdf ci-dessous.

image extraite de la vidéo de Befimmo

Bruxsels 2030

En français, en néerlandais et en anglais Bruxels se projette directement dans le futur. Une candidature comme Capitale Européenne de la Culture 2030 a été lancée par la Région. On n’est pas les seuls dans la course. Des villes comme Liège, Gand, Hasselt et Leuven pourraient aussi être candidates. Des collaborations pourraient être envisagées dans le cadre de la célébration du 200ème anniversaire de la naissance de la Belgique.

Parmi 11 dossiers de candidature, la Région a retenu le duo Hadja Lahbib et Jan Goossens (1) pour préparer notre projet. Il et elle ont quelques solides réalisations à leur actif et travaillent déjà quotidiennement à définir les contours du projet, chacun à mi-temps. Ils se sont directement entourés d’un groupe de 18 personnes, parmi lesquelles on retrouve quelques abonnés de ce blog. Dans une interview très complète de Bruzz, Hadja et Jan assurent qu’après la pandémie, on aura l’occasion d’imaginer un nouveau projet de ville pour Bruxelles. Leur interview est traduite pour vous dans le pdf bas de page.

Leur projet ne sera en aucun cas un feu d’artifice d’un an, mais un processus dans lequel les artistes et la culture seront les moteurs d’autres développements, tels que l’urbanisme, la durabilité, la démocratie, la diversité et l’égalité sociale. Cela se fera avec le peuple de Bruxelles, les Belges et les Européens, en vue d’en finir avec l’image administrative de la capitale politique de l’Europe. Que nous soyons retenus où non, l’exercIce ne sera pas vain, 2030 est déjà dans le viseur, comme le détaille ce bel article de L’Echo que vous trouvez aussi en pdf en bas de page.

non, la photo du website AEON – Realchange, ne servira pas nécessairement de modèle

Des loyers impayables

Malgré l’absence de touristes, les loyers ne cessent d’augmenter à Bruxelles, faute d’une offre suffisante. La Région ne reste pas inactive, mais peine encore à juguler ces hausses de prix, comme le révèle cet article de L’Echo. Il peut être intéressant de se pencher sur la situation de Berlin, autrefois réputée pour ses logements publics et ses loyers abordables. De nombreux immeubles publics et privés y ont été rachetés par de (très) gros investisseurs immobiliers, ce qui n’a pas manqué d’entraîner de la spéculation immobilière et des excès de gentrification. Les loyers ont doublé en dix ans, un véritable problème dans une ville où 80% des habitants sont locataires de leur logement. Vu les taux bas, l’immobilier est devenu un investissement, une recherche de profit plutôt qu’une construction de logements. La Ville-Etat de Berlin a réagi.

Pour enrayer la montée des prix du logement, Berlin avait instauré un plafonnement des loyers pour une durée de 5 ans. L’industrie immobilière parle d’un empiétement sur le droit de propriété et a été en justice. La Cour constitutionnelle casse le gel des loyers, promulgué par le Land de Berlin. Il le considère non conforme à la Constitution. La population s’y oppose en se basant sur l’article 15  « les terres, les ressources naturelles et les moyens de production peuvent… être transférés à la propriété publique » en échange d’une compensation. Une liste circule pour réunir les 175.000 signatures nécessaires pour l’organisation d’un référendum demandant à la Ville de racheter des logements aux propriétaires qui possèdent plus de 3 000 appartements. Un pdf (en bas de page) traduit de Vice World News, précise la situation et cet autre article publie une carte originale, qui affiche le prix des loyers par station de métro. Paris et Lille font aussi des tentatives de régulation (voir 2ème pdf).

Un logement est indispensable pour dormir, pour étudier, pour travailler, pour être proche de la ville ettout simplement pour vivre. Le droit à la ville n’est-il pas un droit humain ? L’immobilier peut-il se réduire à un simple objet de spéculation ? Trop de citoyens quittent encore la ville faute de logements moyens abordables et faute de logements sociaux dans les quartiers qui en sont démunis. Les communes et la Région ont leurs responsabilités  peuvent-ils encore se contenter d’insuffisantes promesses ?

photo comité pour l’abolition des dettes illégitimes

Nager en plein air

Ce n’est pas la première fois que l’on parle ICI de jouer dans l’eau et d’une piscine en plein air à Bruxelles. Pascal Smet en a fait son dada et les militants de Pool is Cool poursuivent leur combat pour des espaces nageables en ville. Néo avait promis un étang destiné aux nageurs et nageuses au plateau du Heysel, avant de se rétracter. Nous y avons déjà consacré plusieurs billets, qui ont finalement abouti à ce seul constat: si vous n’avez pas les moyens de vous offrir une carte de membre au David Lloyd Clubs, vous ne nagerez pas en plein air à Bruxelles, alors que Paris le peut et dispose déjà d’un très bel aménagement en eau vive.

Les choses pourraient changer. La Région vient d’approuver l’étude de l’installation d’une piscine à ciel ouvert sur le toit du projet Manufakture, soutenu par le fonds européen FEDER sur le site Abattoir. Les fondations ont été revues pour supporter cette installation, qui récupèrerait aussi la chaleur émise par les entrepôts frigorifiques pour chauffer la piscine. L’étude de faisabilité a été confiée à la Société d’Aménagement Urbain (SAU) qui doit vérifier si ce projet fait sens financièrement et juridiquement.

Ce n’est donc pas encore cet été que vous nagerez en plein air, avec vue imprenable sur tout Bruxelles, mais un espoir est né et L’Echo en dit plus dans le pdf en bas de page. D’autres projets ont aussi vu le jour du côté du canal, mais rien de concret ne semble encore se dessiner à l’heure actuelle.

La structure de la Manufakture a déjà été renforcée dans l’optique d’accueillir la piscine en toiture. ©Baukunst

Tout progrès est-il un progrès ?

Des images à couper le souffle: en effet. Le plus grand avion du monde a décollé pour la deuxième fois. Une envergure de 117 m, double fuselage, six moteurs, une longueur de 73 mètres, 15 mètres en hauteur et masse maximale au décollage de 590 tonnes. Le plus grand avion du monde sera sans doute aussi le plus bruyant et le plus polluant avec ses 6 réacteurs. On espère bien ne jamais le voir traverser le ciel bruxellois.

Cette prouesse technique, que détaille longuement l’article de Business AM – vidéo à l’appui – pose la question du progrès. Tout progrès est-il vraiment un progrès pour l’humanité et pour la planète. Tout ce qui est techniquement possible est-il nécessairement désirable ? Pour qui ? A côté des ingénieurs, trouve-t-on aussi des philosophes et des décideurs éclairés ? Il faut l’espérer, à lire les « progrès » qui suivent.

Selon l’information diffusée par L’Opinion, des chercheurs américains et chinois ont annoncé avoir réussi à fabriquer des embryons associant cellules humaines et cellules de singe. Si la valeur scientifique de ces travaux est potentiellement colossale, l’utilisation de primates si proches des êtres humains soulève la question des conséquences involontaires, du bien-être et du statut de ces embryons hybrides. Par ailleurs, on peut lire dans Le Monde que des « robots-tueurs » – sorte de soldats autonomes – viennent aussi de faire parler d’eux. Un comité éthique français s’est prononcé contre l’usage de toute forme d’arme programmée, dont l’homme n’aurait pas la maîtrise complète …