Archives de catégorie : Projets

La guerre des trams.

Un tram rapide devait relier Willebroek à Bruxelles en logeant l’autoroute A12. La ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA) estime que ce projet n’est plus une priorité, face à un manque de soutien de la part des bourgmestres du Brabant flamand. Pour le député flamand Hans Bonte, c’est un pur réflexe NIMBY. Il menace de faire passer à la poubelle un investissement colossal de 550 millions d’euros, destiné à améliorer les transports publics dans le Rand.

La ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen) n’a pas caché son mécontentement. Ce projet devait aligner une autoroute, une ligne de tram rapide et une piste cyclable. Un report modal était attendu. L’analyse coûts-bénéfices montre que les avantages sont au moins deux fois supérieurs aux coûts. Selon Elke, cette décision risque d’entraîner une augmentation des embouteillages à Bruxelles et dans le Rand. Elle s’en explique ICI dans Bruzz.

Lundi, la même ministre Annick De Ridder et le PDG de l’aéroport Arnaud Feist ont donné le coup d’envoi du tram qui doit relier Brussels Airport à la gare du Nord. Ni la STIB, ni Elke Van den Brandt, ni la Région bruxelloise n’étaient invitées. Il s’agit pourtant d’un projet transfrontalier, qui sera exploité par la STIB et pour lequel des travaux ont également été réalisés du côté bruxellois …

Le projet de ligne de tram A12 – photo Bruzz

Retour à Bruxelles.

Ils ou elles ont quitté Bruxelles pour le rêve américain ou l’effervescence asiatique, pour les projecteurs de Paris ou la verdure du Brabant. Ils y ont mené leur vie et parfois réalisé leurs rêves. Aujourd’hui, il en est que reviennent à Bruxelles et non des moindres. Ancien patron du marketing d’Apple sous Steve Jobs et conseiller d’autres start-ups à succès, James Vincent a choisi de revenir à Bruxelles. Qu’est ce qui l’a décidé ?

Il parle d’un environnement « plus civil », plus humain, moins brutal que l’Amérique contemporaine. Il ne cherchait pas seulement un refuge, pas une base européenne entre deux avions. Mais un endroit où la technologie peut encore être regardée à hauteur d’homme, dans une société qui n’a pas totalement sacrifié l’existence au rendement. Il admire la densité de talents que produit ce petit pays, dans la mode, le design, l’image, l’architecture ou la création au sens large.

« Dans le monde de Trump, on s’est demandé où l’on avait envie d’élever notre fille adolescente. On explorait l’idée d’un endroit qui mette davantage l’humanité et le comportement civilisé avant une certaine brutalité américaine. À Paris, on peut parfois rester dans l’idée, dans le concept. Ici, on vous dit: montre-le, fabrique-le, fais-le. Il y a ici quelque chose d’artisanal dans la créativité, une manière de construire vraiment les choses. » Il en dit plus ICI sur l’image qu’il a de Bruxelles .

Lettre aux enfants.

« Moi, qui étais certaine que nous lui avions épargné la guerre, que nous avions enterré les démons qui avaient fait les camps de concentration et les génocides et érigé, entre lui et le monde, un mur en forme de promesse : « Plus jamais ça ! » C’est ainsi que commence la lettre que Béatrice Delvaux écrivait à son fils au lendemain des attentats de Bruxelles de 2016.

10 ans plus tard, elle écrit à sa petite-fille et ne change pas un mot à ce texte, où elle demandait pardon de l’avoir abreuvé durant vingt ans de mensonges, avec pour seule et unique excuse d’y avoir cru elle-même. Ces valeurs défendues pour la démocratie contre les extrémismes, pour l’égalité contre les exploitations, pour le pluralisme contre l’obscurantisme, que nous avions reçu en héritage. Béatrice Delvaux en dit plus dans sa lettre complète.

Elle y parle de l’Ukraine, des terroristes du Hamas, de l’extermination du peuple palestinien à Gaza, de cette attaque déclenchée sur l’Iran. Elle veut cependant embrasser sa petite-fille et lui rappeler la force de la vie: sois émerveillée, sois gaie ! Pas par naïveté, innocence ou déni mais parce que la gaîté est une façon d’affronter la vie avec courage. Un message pour tous les enfants de Bruxelles et du monde.

Molenbeek place de la Bourse.

Surprise. A la veille des commémorations du 10ème anniversaire des attentats de Bruxelles, Molenbeek a traversé le canal pour installer un immense salon de thé Place de la Bourse.  Plein de tapis et de coussins partout. Un grand atelier d’écriture. Du monde, du soleil et de la joie en centre-ville, en ce premier jour de printemps, symbole de renouveau.

L’équipe de Molenbeek 2030 sert le thé et offre des pâtisseries à tous les passants, montrant ainsi que la commune est bien autre chose qu’un repaire de terroristes. Même si Molenbeek 2030 n’est arrivée qu’à la deuxième place dans la course au titre de Capitale européenne de la Culture, elle a déclenché une dynamique qu’elle aimerait voir s’étendre à tout Bruxelles.

Les terroristes n’ont pas gagné. Bruxelles est debout et reste cette grande ville multiculturelle où chacun peut être soi-même. Sadaka, les sourires et l’amabilité des jeunes qui servaient le thé l’ont démontré. L’intervention du mari de Loubna, fauchée le 22 mars 2016, était empreinte d’amour et de réconciliation, plaidait pour un continent de paix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une démocratie vivante ?

Après avoir laissé la ville sans direction pendant près de deux ans, la classe politique bruxelloise aura fort à faire pour regagner la confiance des citoyens qui se sont sentis lâchement abandonnés. Il ne leur reste que trois ans pour nous démontrer qu’ils peuvent établir un budget qui ne nous prive pas de ce qu’ils peuvent considérer comme accessoire, mais qui nous importe, comme le secteur associatif, la culture et la cohésion  sociale. Et donc où va la démocratie ?

Il n’y a pas qu’à Bruxelles que la démocratie s’avère en danger et la montée de l’autoritarisme dans le monde ne sera pas simple à combattre. Il s’agit de réinventer la démocratie pour qu’elle puisse à nouveau faire rêver les citoyens. Le retour des citoyens ordinaires dans le processus de décision démocratique sera essentiel. Il est urgent de mériter leur confiance en leur donnant un plus grand rôle dans la conduite des affaires publiques, et en leur proposant une véritable initiation à la démocratie.

Si la démocratie n’est plus qu’un mot et non une réalité pour la plupart, si elle relève exclusivement des professionnels de la politique ou d’institutions hors d’atteinte, fermées et sourdes à toute contribution externe, à quoi bon s’y intéresser ou la défendre ?  C’est dans The Conversation, en français, que vous trouverez une réflexion de fond sur la démocratie, une évocation d’expériences à l’étranger et la relance un outil de démocratie directe.