Archives de catégorie : Commerce

Pourquoi l’huile est rationnée ?

Parce que l’on brûle chaque jour des milliers de litres d’huile de colza et de tournesol dans nos voitures sans le savoir. Pas moins de 19 millions de bouteilles d’huile disparaissent chaque jour en Europe pour fabriquer des biocarburants à partir de cultures vivrières. C’est pour cela que les rayons se vident dans certains supermarchés et que les prix s’envolent.

C’est l’ONG européenne T&E qui a lancé cette étude, traduite ICI pour vous. Elle préconise, en cette période de pénurie, de donner la priorité à la nourriture sur le carburant. C’est que l’Ukraine représente 40 % des exportations mondiales d’huile de tournesol et reste le premier fournisseur européen d’huile de colza. Le blocus russe des exportations ukrainiennes exerce une pression considérable sur la nourriture.

L’UE encourage encore toujours les biocarburants de culture dans sa législation sur les carburants verts – la directive sur les énergies renouvelables – une politique que T&E a déjà décrite comme « la chose la plus stupide que l’UE ait faite au nom du climat ». La pression sur les prix est tangible chez nous, mais si l’Europe ne change pas de politique, c’est le sud qui va connaître des famines, parce que nous brûlons aussi 10 000 tonnes de blé dans nos voitures. Rouler ou manger ?

Happy Monday: une créativité gagnante

Mohamed Sebbarh a 23  ans et désireux de terminer son master d’anglais en sciences commerciales au campus KUL Odissee à Bruxelles. Cela ne l’a pas empêché de créer sa propre entreprise de systèmes d’alarme à 20 ans. Aujourd’hui c’est à la réparation de téléphones à domicile qu’il consacre son énergie. Le confinement a été le déclencheur de son projet qu’un article de Bruzz détaille et traduit pour vous ICI.

Avec son « ambulance », l’étudiant-entrepreneur réanime votre smartphone sur place en moins de 15 minutes dans la plupart des cas et cela 24h sur 24. Il effectue aujourd’hui 80 à 120 réparations par jour. Lorsqu’il s’agit de la carte mère, il faut procéder à une microsoudure en atelier. Peu de personnes maîtrisent cette technique à Bruxelles. Il y a quatre mois, Seb n’a pas hésité à envoyer trois techniciens au Maroc pour apprendre le métier.

La clé du succès de son entreprise ? Il est très présent sur les médias sociaux avec Seb Telecom. Son marketing se fait via les influenceurs, Instagram, Snapchat, etc. A Bruxelles la plupart des jeunes connaissent Seb. Aujourd’hui, il dispose de 7 camionnettes et a engagé 9 personnes. A terme, il veut s’étendre en Flandre et en Wallonie et rêve de conquérir l’Espagne, le Maroc et Dubaï. Vous avez dit success story (1) ?

Photo de Ivan Put dans l’article de Bruzz

photo Ivan Put

(1) La locution anglo-américaine « success story » tend à se répandre largement en France et en Belgique. C’est un récit ou une analyse, à la fois chronologique et synthétique, de la réussite d’une personne qu’on souhaite présenter comme modèle.

Fini la malbouffe ?

Nous avions déjà déploré ici que l’offre alimentaire proposée aux jeunes sur le piétonnier, mais aussi aux alentours des écoles, se limitait trop souvent aux frites, aux divers burgers, dürüm et autres mitraillettes. Sel, graisses , calories vides et sucres au programme et risques d’obésité au bout de ce régime arrosé de canettes de sodas sucrés ou de bières. Un futur pour Bruxelles ?

Passer des heures à table devient ringard, mais le fast food doit-il nécessairement être synonyme de junk food ? Manger sur le pouce peut devenir sain et le succès commence à être au rendez-vous pour ceux qui parient sur le « fast-good ». Quelques illustrations. 

Poké House propose des bols de riz avec du poisson cru, des fruits, des légumes et des sauces hawaïennes. Rapide, sain et économique et même rentable. Knees to Chin a créé divers rouleaux de printemps créatifs  de saison et toujours ultra frais. Après la pandémie, Exki retrouve des couleurs ainsi que le Pain Quotidien, mais avec un autre budget. Les Sushis et les Woke ressurgissent, même si ces derniers s’agrémentent trop souvent de sauces industrielles. Voilà cependant quelques alternatives et saines aux burgers frites. 

… désolé pour toutes ces formulations anglo-saxones et le GoodFood cher à la Région, pour lesquels le français n’a souvent pas d’équivalents d’usage courant 😉

 

Rue Neuve: un révélateur

Principale artère commerçante du pays, la presse annonçait il y a peu que la rue Neuve avait retrouvé le même nombre de chalands qu’avant la pandémie. Quelques jours plus tard Bruzz analyse et s’inquiète du nombre de commerces vides et de pop-up stores temporaires dans une rue qui semble avoir perdu le nord. Même Galeria Inno a dû mettre son personnel au chômage pendant plusieurs jours …

Alors qu’on y comptait 3 cinémas et un théâtre, un nightclub, un glacier et des restaurants, la rue Neuve vivait jour et nuit. Ils ont été remplacés par des chaînes de vêtements prêtes à débourser des loyers faramineux pour s’y installer. Les propriétaires n’ont pas hésité. Aujourd’hui tous les volets se baissent à 18 heures et les clients aux revenus confortables n’y viennent plus, vu la banalité de l’offre. Chez Primark on continue à faire la file. Les fast food et les baskets se multiplient. Les commerces se sont adaptés à la clientèle très homogène de la rue … dont le pouvoir d’achat a diminué.

Comment arrêter l’hémorragie ? Comment faire revenir en ville une clientèle avec des revenus plus confortables ? La Ville a peu de prise sur les choix commerciaux des propriétaires, et sur Anspach – où elle est gros propriétaire – elle tarde à améliorer le mix commercial. Ajoutez à cela les propriétaires gourmands qui ont chassé les jeunes designers de Dansaert et l’offensive de la commune d’Uccle pour débaucher les beaux commerces du centre, et vous verrez mieux de quoi la crise de la rue Neuve est le révélateur. N’est-il pas urgent d’agir pour plus de mixité en centre-ville ?

Favoriser l’entre-soi ?

Billet d’humeur

En offrant des primes et en promettant un dumping fiscal aux commerces de standing du centre-ville qui accepteraient de venir s’installer dans les rues commerçantes d’Uccle, le bourgmestre et son échevine du Commerce espèrent débaucher quelques belles enseignes, voire même des théâtres. Ils semblent ne pas avoir de scrupules à accentuer sans vergogne la ville duale. Créer leur petit Neuilly-sur-Senne ?

Avec des commerces de luxe à leur porte, avec des livraisons à domicile et des cyclistes sous-payés pour leur apporter leurs repas, les Ucclois ne devront-t-ils bientôt plus quitter leur commune ? L’entre-soi érigé en mode de vie et la voiture individuelle en mobilité prioritaire ? Avec le bois de la Cambre comme autoroute urbaine …

Le retour des paroisses serait-il le futur de Bruxelles ? Peut-être une question de génération. Il est des jeunes qui finissent par s’ennuyer à Uccle. On commence à les voir au centre dès le jeudredi. Ils se donnent RV à la terrasse du café Au Soleil ou au Fontainas. Ils s’habillent chez Ramon et Valy ou chez  Privejoke. Ils sortent au Belgica, au Cabaret Mademoiselle ou Chez Maman ou alors à Saint Géry. Ouf !

Plus dans les analyses du Soir et de L’Echo.